Blabla de l'auteure

Heeey !

J'espère que vous allez bien et que vous supportez cette horrible vague de froid mieux que moi !

Ce chapitre aura mis du temps à sortir, et sachant que le suivant n'a que quatre pages à son actif, vous allez devoir être patient(e)s… sorry ! (faisunepetitetêted'ange)

Réponses aux reviews :

Ssyela : je suis heureuse que le chapitre t'ait plu, celui-là remuera un peu plus ! Merci pour ta régularité !

CelesteDiam1789 : Oualala ! :O Beaucoup de questions auxquelles l'histoire répondra en temps voulu pas de panique ! )

Iajyuyay : ça marche, sache que réécrirai sans fautes chaque pseudo que tu créeras ! Pour Gimli, je pense que l'affection que je porte à ce personnage s'en fait sentir dans la fic ! x)

Plop59 : Merci pour ton commentaire ! :D

Arwalia10 : J'espère que la suite te plaira toujours autant !

Bon, mille MERCIS à toutes et à tous ! ça fait chaud au cœur de voir que ce que l'on écrit plaît ou fait simplement plaisir à des lecteurs, même s'il n'y en a que quelques-uns !

Une nouvelle fois merci à ma BETA Klara du compte Klaralynn qui a dû se réapprovisionner en thé chaï pour s'atteler au chantier qu'était la première version de ce chapitre ! Vous pouvez l'applaudir ! (moi je le fais !)

Disclamer : bon, comme d'habitude excepté Olympe et sa famille rien ne m'appartient c'est à Tolkien et JK Rowling !

Sur ce, fin du Bla Bla de l'auteure.


Chapitre 6

Il faisait encore nuit et la lune étincelait encore entre les nuages quand Gandalf les réveilla. Olympe soupçonnait le vieux sorcier d'avoir attendu qu'ils s'endorment pour les faire lever aussitôt mais sans montre, il était difficile de le confirmer.

Elle aurait donné n'importe quoi pour un thé fumant avec des scones et des toasts. Au lieu de ça elle avait de l'eau et du lembas.

De la même manière, elle n'aurait pas craché sur un moyen de transport moldu car le vent était glacial quand ils reprirent la route. Ils cheminèrent ainsi le reste de la nuit. Olympe prit discrètement une photo de Gimli en flagrant délit de somnolence derrière Legolas, se jurant de la dévoiler au moment opportun. Une partie du trajet, elle réchauffa ses mains gelées contre l'encolure de Mewyn.

Quand les premiers rayons du soleil passèrent l'horizon, Olympe se délecta de sa chaleur sur sa peau. Elle ferma les yeux, détendant tous ses muscles et sa fatigue s'estompa peu à peu. Elle n'était pas aussi lessivée qu'elle l'avait pensé. Malheureusement ce court instant de bon humeur laissa vite sa place à l'ennui du voyage. Chevaucher sans interruption et sans discuter n'était pas très distrayant. Elle sortit sa baguette et se divertit en invoquant des oiseaux qui tournoyaient un instant autour d'elle avant de disparaître avec le pop ! d'un bouchon de champagne.

Cela fit beaucoup rire Gimli et tira des sourires au reste de la communauté. Mais Olympe finit rapidement par se lasser et n'ayant pas d'autre idée pour faire passer le temps elle commença à compter les nuages.

Elle en était au quarante-deuxième quand Aragorn l'interrogea.

- Quand vous avez dévoilé votre magie, vous avez invoqué un animal de fumée. Je n'en avais jamais vu de semblable…De quoi s'agissait-il ?

- C'était une panthère…une sorte de très gros chat sauvage. C'est mon patronus.

- Votre quoi ?

- Mon patronus, une sorte de bouclier. L'ennemi en face s'acharne dessus plutôt que sur le sorcier. Mais j'avoue que j'ai été moi-même très surprise ! Les patronus corporels sont les plus durs à réaliser. Ce n'est que la troisième fois que je l'invoque aussi bien : La plupart du temps c'est un nuage bleu sans forme distincte. Je devais être tellement soulagée de trouver un sorcier que je l'ai parfaitement réussi.

- Alors votre état d'esprit est important dans la réalisation de vos sortilèges, médita Gandalf.

-Pour le patronus, oui. C'est une charge positive : Pour en créer un, il faut se laisser envahir par un souvenir heureux très puissant. Le réussir est en soit un exploit. Tout le monde n'en est capable. L'utiliser dans la vie réelle c'est autre chose : Penser à un souvenir agréable quand on est en danger de mort n'est pas à la portée de n'importe qui.

- Mais vous n'avez pas l'air d'être n'importe qui, souligna Gandalf en souriant.

- J'ai eu un très bon professeur et comme je vous l'ai dit : ce n'est que la troisième fois que je le réussi… Une chose à savoir aussi c'est que nous ne choisissons pas l'animal. Les plus fréquents sont les chats et les chiens, des animaux de la vie courante. Ça m'a fait un de ces chocs quand j'ai vu le mien.

- Ces animaux ne sont pas habituels chez vous ?

- Les panthères ? Non, enfin pas là où j'habite. Je n'en ai vu qu'une fois dans ma vie. Je devais avoir huit ou neuf ans et j'étais partie en Afrique avec mes parents. C'est un endroit où il fait vraiment très chaud et qui est très loin de là où j'habite, c'est sur un autre continent en fait. On est partis en Afrique du Sud dans un village de sorcier. Mon père était passionné de toutes sortes de magies et les africains n'utilisent pas de baguette magique, donc à peine en avions-nous entendu parler que nos valisent étaient faites. C'était vraiment magnifique. Le village était caché au beau milieu de la forêt tropicale. Et puis, à un moment je m'ennuyais. Mes parents étaient occupés à leurs études et je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête mais je suis sortie du village. J'ai joué un moment dehors et d'un coup je me suis retrouvée nez à nez avec une énorme panthère ! Bon, je pense qu'elle était de taille normale mais j'étais petite donc tout me paraissait très grand. Elle était immobile à moins d'un mètre de moi et elle me regardait droit dans les yeux. De là ou j'étais, je pouvais entendre sa respiration. J'étais tétanisée, seule face à un animal capable de me tuer d'un seul coup de griffe.

- Pourquoi ne pas avoir utilisé votre magie ? questionna Gimli.

- On ne reçoit une baguette qu'à l'âge de onze ans. Je ne sais pas combien de temps je suis restée pétrifiée face à elle, peut-être 15 secondes ou peut être plusieurs minutes mais ils s'étaient aperçu de ma disparition au village. Un sorcier est arrivé et a créé un bouclier entre elle et moi. J'ai cligné des yeux et elle n'était plus là. J'ai eu une des plus grandes frousses de ma vie…et la plus grosse engueulade aussi ! Ajouta-t'elle en rigolant. Je ne vous dis pas ma surprise quand j'ai réussi mon premier patronus corporel et que je me suis retrouvée nez à nez avec la même panthère que j'avais croisée des années auparavant !

- Dites-moi, vous n'avez pas de restriction de magie ? demanda Gandalf.

- Comment ça une restriction ?

- Une limite à son utilisation pour ne pas trop l'utiliser.

- Non, bien sûr que non ! Le monde des sorciers est presque entièrement bâti sur l'usage de la magie. On s'éclaire avec, on se déplace, on construit… On fait ce qu'on veut. Enfin presque, nous avons des interdictions bien sûr. Par exemple les sortilèges impardonnables. Si on utilise l'un d'eux on bénéficie d'un allez simple en prison.

- Quels sont les effets de ces sortilèges ?

- Il y a un sort de torture et un qui permet de prendre le contrôle de l'esprit d'un autre être. Le dernier tue.

- Vous les connaissez ?

- Hum… Oui… Mais ils sont interdits. Olympe avait du mal à saisir le fil de sa pensée. Vous n'allez pas me demander de les utiliser tout de même ?

- Bien sûr que non. Votre magie m'intrigue. N'a-t-elle donc pas de limites ?

- La vie, l'argent, la connaissance, la nourriture et l'amour, ce sont les cinq limites de la magie. Et rien qui n'est créé par magie n'est éternel. Mais je pense avoir assez raconté ma vie. Racontez m'en un peu sur vous ! Vous avez des fiancées qui attendent votre retour ? Ils la regardèrent surpris. Vous m'avez posé la question hier soir, je pense être en droit de demander, plaida-t-elle.

- Je crains que nous vous décevions, aucune femme ne nous attend là nous d'où venons. Dit calmement Aragorn en fixant l'horizon.

Ça pour une déception c'était une déception, aucun ragot à apprendre.

- Effectivement je suis déçue. C'est nettement moins amusant comme ça… Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Dit-elle de façon théâtrale en levant les bras au ciel. L'ennui me dévore de l'intérieur !

Et c'était vrai, Olympe s'ennuyait ferme. Pourtant, aucun de ses compagnons de route ne semblait vouloir lui fournir un quelconque moyen de distraction. Elle songea à recommencer à compter les nuages quand Gandalf s'exclama.

- Arrêtez donc de vous plaindre, vous voulez entendre quelque chose de distrayant : nous sommes bientôt arrivés.

- Cool ! Enfin… « Bientôt » dans quelques heures ou « bientôt » dans deux jours ?

- Bientôt dans moins d'une heure si nous nous remettons au galop.

Il n'en fallu pas plus pour qu'Olympe donne le coup à l'étrier et crie « Au premier arrivé ! ».

Effectivement, au loin elle pouvait distinguer un village entouré de murailles protectrices. Elle fut rapidement rattrapée puis distancée par le reste de la troupe.

- ATTENDEZ-MOI ! Finit-elle par hurler.

C'était agréable de sentir le vent fouetter son visage et faire voleter ses cheveux dans son dos. À ce moment-là, elle comprit enfin vraiment de quelle manière la répartition de son poids influençait la vitesse de sa jument. Une fois la meilleure position trouvée, elle rattrapa le groupe et se concentra pour ne pas être désarçonnée.

Gandalf ordonna une halte avant d'entrer dans la cité et prit la parole.

-Edoras et le château d'or de Meduseld. C'est là que réside Théoden, le Roi du Rohan dont l'esprit a été vaincu. L'emprise de Saroumane sur lui est désormais très forte. Olympe, as-tu un moyen de bloquer l'ouverture de ton sac ?

- Oui, pourquoi ?

- Alors ferme le, ils ne te laisseront pas entrer avec. Et dissimule ta baguette dans tes vêtements. Prenez garde à ce que vous dites. Nous ne sommes pas les bienvenus.

Evidemment, sinon ce serait pas drôle.

Ils arrivèrent devant une grande porte surveillée par de nombreux gardes. Son regard fut attiré vers le ciel. Un étendard vert brodé d'un cheval blanc, sûrement arraché à son mat, flottait dans les airs. Il ondoya sur plusieurs mètres avant de s'étendre tristement sur l'herbe.

Puis ils entrèrent dans la cité. Pour la première fois, Olympe prit réellement conscience de la différence entre son monde et le leur. Elle se serait cru au milieu d'une reconstitution cinématographique moyenâgeuse. Si la vue était splendide, bordée par de magnifiques montagnes aux sommets enneigés, les habitants avaient la mine sombre et restaient silencieux.

- Et bien, c'est plus gai dans un cimetière. Dit Gimli devant l'accueil des villageois.

Vu l'endroit où ils vivent, moi aussi je tirerais la tronche.

Ils mirent pied à terre au bas des marches du château, confiant les chevaux à un garde. Olympe mit son sac en bandoulière puis pointa sa baguette dessus en formulant le sortilège « collaporta ». Un léger bruit de sucion se fit entendre et après avoir vérifié qu'on ne pouvait plus l'ouvrir elle le replaça sur ses épaules et dissimula sa baguette dans sa manche. Ils gravirent les nivelés de pierre blanche jusqu'à une gigantesque porte close.

Un garde leur barra le passage.

- Vous ne pouvez pas voir le Roi Théoden ainsi armé, Gandalf Maisongrise. Par ordre de Gríma Langue de serpent.

Olympe pouffa en entendant ce nom absolument ridicule mais voyant le regard sévère qu'Aragorn lui lançait, elle simula une crise de toux par-dessus son rire.

Gandalf leur fit signe d'obéir et un nombre incalculable d'armes défila sous ses yeux. Epées, arc, poignards, flèches, dagues, coutelas… tout y passait. Jamais elle n'aurait imaginé qu'ils puissent transporter tout ça. Elle constata tout de même que Gimli tendait sa hache à contre-cœur.

Ne semblant guère apprécier le fait de la voir rester les bras ballants, un Rohirim s'approcha d'elle et la saisie par l'épaule avec l'intention de la fouiller. Olympe fut impressionné par force de cette poigne qui l'avait fait ployer. Cet homme était si grand qu'elle était obligée de se tordre le cou pour le regarder dans les yeux. Le visage dur et quelque chose comme du dégoût tordant ses lèvres, il la dévisageait, une lueur peu amène dans l'œil.

- Un probl…commença-t-elle.

- Puis-je savoir ce que vous faites ? interrogea froidement Legolas à côté d'elle.

Si elle avait trouvé le regard du garde inquiétant, les yeux de ses compagnons, eux, étaient carrément flippants. Ils avaient tous arrêté de bouger et fixaient le soldat en fronçant les sourcils.

- Je vous prierais de lâcher ma filleule, l'averti Aragorn.

Devant tant d'hostilités il relâcha son emprise.

- Elle pourrait très bien dissimuler des armes, plaida-t-il d'un ton rude.

- Je n'ai rien sur moi, dit-elle en levant ses mains devant elle.

- Ouvrez votre sac.

- Vous n'allez tout de même pas fouiller dans les affaires personnelles d'une jeune femme, s'exclama-t-elle d'une voix haut perchée.

Il interrogea son supérieur du regard, ne sachant apparemment pas comment gérer la situation.

Mais c'est que je devrais me reconvertir en comédienne, moi !

- Ha…Mais je peux le laisser là si cela peut vous rassurer, souffla-t'elle d'un ton faussement las en lui tendant son sac, les yeux baissés. Elle saisit le bras que lui tendait Legolas comme les grandes femmes du monde le faisaient dans les films.

Dans une autre situation ça l'aurait fait rire, mais elle se contenta de remercier doucement l'elfe de l'avoir tirée de là.

- Votre bâton, réclama le garde sur le seuil à Gandalf.

Soudainement il eut l'air contrit et abattu par le poids des ans, il ressemblait vraiment à un grand père.

- Oh ! Vous n'allez pas priver un vieillard de son appui ?

Aragorn lui prit le bras pour le soutenir, afin d'approuver ses dires.

Mais c'est que j'ai déjà de la concurrence !

Le garde abdiqua et ils purent enfin pénétrer dans la salle du trône. La pièce était à l'image du village : froide, triste et sombre. Ils traversèrent une longue allée de colonnes gravées d'entrelacs. Quelques courtisans curieux étaient tapis dans l'ombre mais Olympe ne les remarqua pas, son attention happée par le vieil homme recourbé sur un trône sculpté. Ses cheveux et sa barbe étaient presque aussi blancs que sa peau fripée. Ses yeux de ce bleu pâle presque transparent caractéristique des personnes âgées étaient englués à leurs extrémités par d'énormes croutes jaunâtres qui coulaient vers ses joues. À la couronne qui reposait sur sa tête, Olympe dut admettre qu'il s'agissait bel et bien du roi du Rohan.

Un homme se pressait à ses côtés, telle une ombre planant au-dessus de lui. Son visage était encadré d'une masse huileuse de cheveux noirs de jai. Sa peau cireuse et blanchâtre faisait ressortir ses lourdes paupières marquées par d'énorme cernes. Outre son physique, quelque chose dans son regard était extrêmement dérangeant.

Rogue ?

Olympe se cramponna plus fort au bras de l'elfe et resta derrière Gandalf pour éviter de devoir de nouveau lever les yeux vers cet homme.

- Mon Seigneur, Gandalf le Gris s'approche. Il est annonciateur de malheur.

- La courtoisie de votre demeure a quelque peu diminué ces temps-ci, Roi Théoden, dit Gandalf d'une voix forte.

- Il n'est pas le bienvenu, chuchota l'ombre à l'oreille du roi.

Théoden prit la parole.

- Pourquoi vous ferais-je bon accueil, Gandalf Corbeau de Tempête ?

- Question très pertinente, mon suzerain. Il se releva et s'approcha de Gandalf. L'heure est tardive où ce Magicien choisit de réapparaître. Mauvaises nouvelles comme je le nomme. Car ces nouvelles font mauvais hôte.

Il observa fixement chaque personne de la communauté s'attardant sur Olympe qui détournait le regard, écœurée.

Ô qu'elle lui semblait désirable, la belle fleur fragile et délicate au milieu des ronces qui montaient la garde autour d'elle. Inaccessible, telle la blanche dame du Rohan qui bientôt serait à lui.

- Fais silence ! Cria Gandalf. Gardes ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent ! Dit-il en le menaçant de son bâton.

- Son bâton ! Je vous avais ordonné de prendre son bâton ! cria t'il se repliant sur lui-même en reculant.

Au moindre danger le serpent retourne dans son trou…

À peine ces paroles eurent-elles dépassé ses lèvres qu'une dizaine de gardes leur tombèrent dessus, ses compagnons se défendant au corps à corps pour protéger le Magicien.

- Théoden, fils de Thengel, depuis trop longtemps vous êtes resté dans les ombres.

Olympe s'empara de sa baguette au moment où un garde surgissait devant elle, un sourire malsain et pervers fendant son visage.

- STUPEFIX !

Le soldat décrivit une courbe de plusieurs mètres dans les airs avant de s'écraser avec un craquement sinistre contre une colonne, inconscient. Olympe, déséquilibrée par la puissance de son sortilège, tomba sur les fesses.

Houa mais il s'est passé quoi là ?

Troublée par l'effet démesuré que le Stupefix avait eu, elle se contenta de lancer des Petrificus Tolalus à tous ceux qui s'approchaient trop. Du coin de l'œil elle aperçut Gimli qui avait plaqué Gríma au sol.

- Je resterais tranquille si j'étais vous, lui intima-t'il.

- Ecoutez-moi ! Ordonna Gandalf au roi, Je vous libère de l'envoûtement…

Le vieillard émit un ricanement sinistre.

- Vous n'avez aucun pouvoir ici, Gandalf Le Gris !

Le magicien ôta soudainement sa cape et la lumière de ses vêtements d'une blancheur éclatante envahit la salle du trône, aveuglant le Roi.

- Je vous aspirerai, Saroumane, comme on aspire le poison d'une plaie, lui promit-il en plaquant le souverain à son dossier par la puissance de son bâton.

Une femme aux long cheveux blonds se précipita vers le Roi mais Aragorn la retint et lui ordonna d'attendre. Olympe l'observa plus attentivement : elle possédait des traits fins encadrés d'une cascade de cheveux platines qui dansaient autour de sa silhouette élancée, habillée d'une magnifique robe blanche ceinturée d'or. Elle était absolument superbe la parfaite représentation de la princesse du moyen-âge.

- Si je sors, Théoden meurt, menaça le roi d'une voix qui n'était pas la sienne.

- Vous ne m'avez pas tué moi... alors vous ne le tuerez pas !

- Le Rohan est à moi !

- Partez !

En guise de réponse, le roi se jeta sur le magicien qui se défendit avec son bâton. Un violent jet de lumière éclata dans la salle. Le roi bascula dangereusement vers l'avant, rattrapé de justesse par la jeune femme qui s'agenouilla devant lui.

Olympe crut halluciner lorsqu'elle vit les rides et la chevelure blanche de Théoden se transformer. À la place du vieillard se tenait un homme aux cheveux et à la barbe blonde, la prime jeunesse passée, le regard d'un bleu vif, fier.

- Je connais ton visage, murmura-t-il à la jeune femme devant lui. Éowyn ? Éowyn ! il se tourna vers le magicien tandis qu'il reprenait ses esprits. Gandalf ?

- Respirez de nouveau l'air libre, mon ami.

Avec l'aide d'Éowyn, le roi du Rohan se releva doucement jusqu'à surplomber la salle de sa stature.

- Sombres ont été mes rêves ces temps-ci.

- Vos doigts se souviendraient mieux de leur ancienne force... s'ils empoignaient votre épée.

Un écuyer s'approcha du roi en lui tendant la précieuse lame. Théoden glissa doucement ses doigts sur le pommeau avant de la saisir et de la brandir devant lui. Sa mémoire sembla lui revenir quand ses yeux trouvèrent son conseillé maintenu à terre par Gimli que le tenait par le col.

Des gardes prirent le relais, sur son ordre, et le menèrent hors de la salle du trône. Le pas encore peu assuré, Olympe se mêla à la foule qui suivait le souverain. Les hommes du roi jetèrent Gríma sans cérémonie dans les escaliers blancs que le groupe avait gravis plus tôt. La Langue de Serpent ressemblait désormais à un mendiant replié sur lui-même dans la poussière et la terre. Elle aurait aimé tirer satisfaction de ce qu'elle voyait car il n'était qu'un monstre au regard pervers mais à présent, elle avait pitié de lui.

Devant les grandes portes, Olympe chercha son sac des yeux. Elle le trouva dans les mains d'un garde qui essayait d'en forcer l'ouverture. Elle le lui arracha des mains.

- Vous gênez pas surtout !

Il lui offrit un regard contrit pour excuse. Tout autour d'eux à présent le péron était envahi par une foule qui contemplait la scène. Elle joua des coudes pour essayer rejoindre Gimli et Legolas.

- Je n'ai jamais fais que vous servir, mon Seigneur ! plaida Gríma en reculant devant son suzerain qui avançait sur lui l'air menaçant.

- Votre science médicale m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme une bête ! hurla le roi qui reprenait constance.

- Laissez-moi rester à vos côtés !

Théoden s'approcha en levant son épée au-dessus de sa tête. Le verdict tombait : il allait mourir. Elle détourna le regard.

- Non, mon Seigneur! La lame fendit l'air un instant avant d'être bloquée par Aragorn qui s'était précipité sur le roi. Non, mon Seigneur. Laissez-le partir. Trop de sang a déjà été versé à cause de lui.

La colère de Théoden s'estompa petit à petit et il abaissa sa lame avant de reporter son regard sur son ancien conseillé. Aragorn tendit une main généreuse a Gríma dont les traits étaient tordus par la colère. Il cracha dessus puis s'enfuit, bousculant tous les paysans agglutinés devant les marches.

Trop bon trop con.

- Salut à vous, Roi Théoden ! s'exclama une voix, suivie par les acclamations de la foule.

Le visage de Théoden n'était pas empreint de joie ou de soulagement comme Olympe l'aurait imaginé, mais voilé par une soudaine inquiétude.

- Où est Théodred ? Où est mon fils ?

Assise en haut des marches du château, sa cape de voyage remontée sur sa tête, la jeune sorcière observait le triste spectacle qui s'offrait à elle en contre-bas. L'enterrement du fils du roi. Elle avait assisté aux débuts de la cérémonie au plus loin de la sépulture. Aragorn et Gandalf n'avaient émis aucune objection quand elle leur avait fait part de son souhait de rester à l'écart. Elle avait suivi les premiers badauds qui retournaient vers la cité et à présent, elle attendait ses amis.

Elle ne voulait pas assister à l'enterrement. Elle se serait sentie de trop : elle, la fille perdue qui assiste aux funérailles de quelqu'un qu'elle ne connait pas juste pour faire bonne figure. Sa morale le lui interdisait. Pour sa famille, l'enterrement était un moment intime où ils rejoignaient leur proches pour se soutenir les uns les autres et partager leur chagrin.

À la mort de son père, seule la famille proche avait vu la mise en terre. Elle aurait été remontée que de parfaits inconnus décident de s'incruster.

- C'est une autre culture, souffla-t'elle pour elle-même.

De là où elle se tenait, elle pouvait apercevoir Éowyn, Gandalf, Aragorn et Legolas près du roi, le triste cortège ou la dépouille du prince était installée s'enfonçant dans la foule avant de pénétrer dans le tombeau.

Après un moment, la multitude de personnes se désagrégea. Ses amis se retirèrent, excepté Gandalf qui resta aux côtés du roi.

- Madame ? l'interpella une voix féminine derrière elle.

C'était une jeune femme, à peine plus âgée qu'elle. Ses cheveux foncés étaient tressés et ramenés en chignon à l'arrière de son crâne, révélant un cou délicat. Elle portait une robe de lin épais au col rond ainsi qu'un surcot vert sombre ajusté par des laçages grossiers de chaque côté de sa taille.

- Oui ?

- Désirez-vous être amenée à votre chambre ? Nous y avons préparé un bain pour vous.

D'un bref coup d'œil, elle avisa ses compagnons qui passaient les grandes portes de la cité et hocha la tête. La jeune femme la mena dans le château, traversant de nombreuses pièces et couloirs. Les murs étaient taillés de pierre brute incrustée de décorations en bois le motif du cheval revenait régulièrement. La servante devant elle marchait en silence d'un pas souple mais assuré, faisant onduler les plis épais de sa robe. Seul l'écho de ses pas résonnait dans le couloir, les bandelettes qui lui servaient de chaussures n'étant pas des plus bruyantes.

Olympe s'apprêtait à prendre la parole lorsque la jeune femme s'arrêta devant une des nombreuses portes d'un interminable couloir en la priant d'entrer. La pièce était chaleureusement éclairée un ensemble de vitraux colorés et le centre de celle-ci était occupé par une baignoire métallique, remplie d'eau fumante. Un drap blanc étendu dépassait de chaques côtés. Sur un côté siégeait une coiffeuse avec un miroir et de l'autre, une cheminée allumée, un lit double ainsi qu' une commode en bois.

La servante déplia un paravent devant elle, dissimulant la baignoire du reste de la chambre.

- Laissez vos affaires ici, dit-elle en lui désignant une chaise. Je pars vous en apporter des propres.

- Hm…qu'allez-vous en faire, demanda Olympe suspicieusement.

La servante écarquilla les yeux puis éclata d'un rire clair avant de lui répondre :

- Les laver, bien évidement ! Allons, dépêchez-vous avant que l'eau ne refroidisse.

Olympe se glissa derrière le paravent et se déshabilla rapidement, laissant ses affaires à l'endroit indiqué. excepté son écharpe qu'elle garda avec elle. La servante les récupéra, déposa plusieurs draps de bains et tourna les talons.

- Excusez-moi ? appela Olympe, ses sens ravis par les vapeurs parfumées qui s'échappaient de la baignoire.

- Oui ?

- Comment vous appelez-vous ?

- Fréa.

- Fréa, merci pour tout.

- Pas besoin de me remercier voyons.

Olympe entendit la porte se refermer et entra dans l'eau chaude avec délectation. Elle garda les yeux fermés longtemps, appréciant simplement l'effet de la chaleur sur son corps. Il lui semblait que c'était la première fois depuis son arrivée dans ce monde complètement fou qu'elle n'avait pas froid. Des chevaliers, des trajets à cheval, des femmes ne portant que des robes… Tout cela était tellement surréaliste. Et pourtant c'était vrai. Et c'était elle qui le vivait.

Elle lança une dizaine de sortilèges sur ses cheveux pour les démêler avant de plonger la tête sous l'eau.

Sur le rebord de la baignoire, quelques savonnettes étaient posées sur un socle et elle entreprit de se laver minutieusement. Plusieurs fois elle dut récupérer le savon qui lui glissait entre les doigts.

Elle était épuisée… tellement épuisée. Elle avait l'impression de ne plus rien ressentir, d'être spectatrice, sans la force ni l'envie de faire quoi que ce soit, de rester passive sans esquisser le moindre mouvement. Sans doute était-ce la fatigue qui lui faisait croire cela.

Elle reposa sa tête en arrière sur le bord de la baignoire.

Que ce serait-il passé si elle n'était pas tombée sur Aragorn ? Elle serait sans doute morte à l'heure qu'il est. De faim, de froid…ou tuée par un orc. Ou pire, enlevée ! Un élan d'horreur incontrôlable la submergea tout à coup et elle s'enfonça la tête sous l'eau pour chasser cette émotion, sans succès. Elle décida donc de sortir.

Elle s'enroula dans les draps de bains, si fins qu'il lui en fallut trois rien que pour ses cheveux et découvrit les vêtements que Fréa lui avaient déposés. Elle ne l'avait pas entendue entrer.

Elle enfila un sous-vêtement en coton et banda sa poitrine d'une large bande de tissus. Il y avait deux robes, toutes les deux blanches mais l'une était en tissu fin décorée de broderie et l'autre plus épaisse ainsi qu'un surcot rouge.

Devait-elle choisir entre ces robes ? La première était un peu fine pour se balader sans rien d'autre…

A moins que…

Elle passa la première robe puis la seconde plus épaisse. Elle attrapa les chausses en laine laissés sur le dossier de la chaise. Elles lui arrivaient au-dessus des genoux et se fixaient par un lacet. Par-dessus elle enfila le surcot et l'ajusta en resserrant les laçages de chaque côté de sa taille. La paire de souliers en cuir sous la chaise complétait la tenue. Elle observa son reflet dans le miroir. Elle était habillée comme Fréa à ceci près que cette tunique était carmin, pas verte.

Elle s'approcha et pour la première fois depuis son arrivée, elle examina son reflet dans la glace. Ses cheveux encore humides goutaient paresseusement sur son dos et ses épaules, ses lèvres étaient gercées et fendues à de nombreux endroits, sa peau sèche, rougie par le froid et le vent. Elle nota tout de même l'absence de cernes sous ses yeux fatigués. C'était moins grave qu'elle ne l'avait imaginé.

Plusieurs pots en verre terre cuite étaient soigneusement disposés sur la coiffeuse à côté de différents peignes. Elle en ouvrit un et le huma. Il s'agissait d'une pâte blanche à l'odeur de miel. Un autre sentait la lavande et du dernier provenait une senteur épicée qu'elle ne sut distinguer. Elle déposa une noisette de l'onguent à la lavande au creux de sa main puis l'étala sur les rougeurs de son visage.

Une fois ses cheveux peignés, elle attrapa son sac et quitta sa chambre. Elle ignorait combien de temps elle y était restée mais le soleil était bien haut dans le ciel.

Bien, où sont mes amis maintenant ?

Après un court instant de réflexion dans le couloir, elle décida de retourner à la salle du trône. Après tout, Gandalf avait eu des choses urgentes à discuter avec le Roi.

Elle emprunta le chemin qu'elle avait pris à l'aller et se trompa plusieurs fois de porte avant de retrouver le passage menant à la grande salle. Elle ne croisa personne, excepté deux ou trois gardes reconnaissables au tintement métallique qui les caractérisaient.

Olympe s'approcha de la porte d'un pas assuré évitant les regards des deux hommes qui la gardaient, leur main posée négligemment sur le pommeau de leur épée. Elle levait la main vers la poignée quand elle fut interrompue par une voix forte qui la fit sursauter.

- Halte là ! dit le premier garde, le roi est en réunion de crise. Il ne doit pas être dérangé. Vous n'avez pas le droit d'entrer.

- Je suis une amie de Gandalf et de ses trois compagnons, je dois les retrouver.

L'homme pouffa.

- Bien sûr ! Quant à moi, je suis le prétendant de Dame Eowyn ! Allons, ne cherche pas les ennuis petite, passe ton chemin.

- Mes amis m'attendent, laissez-moi entrer !

- Écoute, retourne à ton travail et laisse-nous faire le nôtre, répliqua t'il en échangeant des œillades complices avec son compagnon.

- Je vous demande pardon ? Pourrais-je savoir où exactement je devrais travailler ? En cuisine ? Au ménage ?

- Vous voyez, vous avez devinez toute…

- C'était une question rhétorique, je n'attendais pas de réponse, le coupa t'elle en lui faisant les gros yeux, élevant la voix.

- Écoute gamine, tu commences sérieusement à nous énerver. Nous t'avons prévenue, si tu ne déguerpis pas tout de suite nous utiliserons la force !

- Ah bah j'aimerais bien voir ça ! s'écria t'elle en brandissant sa baguette de laquelle s'échappaient de petites étincelles. Croyez-moi, je peux vous faire bien plus de mal que vous ne pouvez m'en faire avec vos pauvres armes de minables babouins primitifs !

Durant cette tirade, les portes s'étaient ouvertes sur Legolas, les yeux légèrement élargis par la stupeur.

De par sa tenue ? De par la menace que qu'elle venait de déblatérer, baguette levée ? Elle n'en savait rien, mais il se reprit rapidement.

- Il me semblait bien vous avoir entendue, souffla t'il en la saisissant par l'épaule et en la poussant à l'intérieur de la pièce. Allons, venez. Je pense que vous les avez assez traumatisés.

Et sans un dernier regard pour les deux gardes qui la fixaient, bouche-bée, elle pénétra tête haute dans la grande salle.


Eeeeet voilà !

- Avant tout je tiens à préciser ce que certaines personnes pensent être une erreur de ma part est en réalité une erreur faite dans presque toutes les fanfictions mettant une scène d'habillage féminin de la période du moyen âge. AYant eu une note là dessus je préfère clarifier les choses :)

-ça va les chevilles ?

- Mes chevilles vont très bien, merci Olympe. Rends moi le micro. Bref petit cours d'histoire du costume.

Hum hum, la pièce de costume appelée corset comme tout le monde se l'imagine n'apparait pour la première fois qu'en 1860, période du second Empire.

Ce qui est porté avant (du XVIème au XVIIIème) est le corps a baleine suivit un peu plus tard du corps piqué qui donnent une forme de plot inversé au corps. ATTENTION il ne s'agit PAS de corset !

Au moyen Age rien de comprime et ne déforme le corps de nos demoiselles. La silhouette idéale était une jeune personne menue avec peu de poitrine (voilà pourquoi elle la bande) mais n'était pas pour autant modifiée.

- Finalement heureusement que je ne suis pas arrivée plus tard, je n'imagine même pas l'horreur que ça doit être de devoir en porter un…

- Tu n'imagines pas l'horreur dans laquelle je suis à chaque fois que je lis une fanfic et que je les vois enfiler quelque chose inventé que cinq siècle plus tard. Surtout que parfois elles les mettent seule et ça veut dire qu'il s'agit d'un corset à bolducs avec laçage à la paresseuse inventée en…

- C'est bon ! Stop ! tu vas leur faire peur ! Merci Pour cette petite, grosse précision !

- Mais tu es mon personnage ! Comment peux-tu me couper la parole ?

- Parce que je pense que tu as déjà perdu la moitié des lecteurs… Je sais que tu es passionnée mais si je ne t'arrête pas je sais que tu peux continuer comme ça pendant des heures.

-Oh ! Désolée… Bref, au moins le message est passé haha !

- Parfois j'ai honte de dire que tu es ma créatrice….


Dites-moi comment vous avez trouvé ce chapitre en commentaires !

Que pensez-vous des réactions d'Olympe face aux Rohirim ? Pensez-vous qu'elle devrait calmer le jeu ou au contraire s'enflammer encore plus et tout faire péter ?

Comment imaginez-vous la suite ?

Espérez-vous une romance dans l'histoire ? Si oui avec qui ?

Bref, lâchez-vous ! Même si c'est juste pour dire que vous n'aimez pas (bon, expliquez pourquoi quand même !)

Bisouilles !