Bonjour, Bonsoir,

voici, enfin, le fameux et mystérieux chapitre 35 ! (qui a changé de titre depuis le dernier chapitre, parce que j'ai du me planter quelque part...) Alors pourquoi mystérieux me demanderez-vous ? Eh bien parce que c'est un POV surprise. Voilà. A vous de découvrir qui ce cache derrière le ''Je'' dans le premier paragraphe de ce chapitre. Attention, ça va aller vite...!

No spoil, mais plus on avance, plus les personnages de Supernatural sont présents et ont des choses à nous faire découvrir.

Encore merci pour vos reviews (80 c'est pas rien !)

Sur ce, Bonne lecture !

POV : ?

Musiques : Thalia's Story (Andrew Lockington) / Devil, Devil (Milck) / In The Air Tonight (Natalie Taylor)


Derrière les ombres (I). There's Still Hope

Tant qu'on vit, il y a de l'espoir.

Quoi qu'il arrive, il ne faut jamais abandonner. Car derrière les ombres, il y a la lumière.

Alors lèves-toi Nephilim et bats-toi. Ton combat n'est pas terminé !

?.?.?

Où vont les Nephilim quand ils meurent ? C'est une question que je ne m'étais jamais posée avant. Je m'en fichais éperdument, en fait. Mais les autres, ça leur a sûrement effleuré l'esprit au moins une fois, non ? Nous, les aberrations, créatures dont l'existence est prohibée, nous ne pouvons ni aller au Paradis, ni en Enfer, alors existe-t-il un après pour les choses telles que nous, ou sommes-nous seulement bons à être jetés au Néant, condamnés à errer éternellement ?

Je ne sais pas où je suis, je ne vois strictement rien. Je sens que je chute mais c'est sans fin. C'est à se demander si je vais atterrir un jour, quelque part... Si sol il y a, en bas...

... ... ...

Pfffff... C'est long... L'ennui me tuerait si je n'étais pas déjà mort.

... ...

Pitié, ne me dites pas que je vais passer l'éternité à me parler à moi-même ?! Ne peut-on pas mourir une seconde fois ?

...

Faites que ça s'arrête.

... !

Et soudain, un vrombissement vient secouer l'épaisse couche de ténèbres dans laquelle je suis plongé et je me retrouve projeté dans l'atmosphère, la terre apparaissant brusquement à des miles plus bas. Le vent me fouette le visage tandis que je tombe toujours plus vite, sans pouvoir m'arrêter. Agiter les bras et les jambes ne sert à rien et mes ailes ne répondent pas. Elles brûlent... ! Le sol se rapproche dangereusement et lorsque je percute la terre ferme, c'est avec force, tel un météore. La violence de l'impact fait trembler la terre et créé un immense cratère duquel je me sors en rampant et en toussant à cause de la poussière soulevée.

Soufflant comme un bœuf, j'arrive à me hisser hors du trou et me laisse tomber sur le dos le temps de reprendre des forces.

-Merde. Je lâche entre deux grandes inspirations, essoufflé.

J'aurai dû me briser avec cette chute vertigineuse. Mais non, je suis bel et bien en un seul morceau. A croire qu'il en faut plus pour me tuer. Un crétin de Rick, par exemple. Je grogne dans ma barbe et ouvre les yeux pour éviter de penser à ce connard fini. Ce que je vois me semble si familier... Un pan de ciel noir voilé, qui ressemble étrangement à celui de la Terre. Suis-je vivant ? Impossible. Et pourtant... Je me redresse sur mes coudes et jette un œil autour de moi. Des conifères dont les sommets viennent chatouiller le ciel, se balançant lentement au gré du vent. Je m'empresse de me relever pour essayer de comprendre où j'ai bien pu atterrir.

-C'est quoi ce délire ? Je lâche pour moi-même en observant la forêt immense qui s'étend tout autour de moi.

Des bruits étranges résonnent depuis le fin fond de la forêt.

-…Jurassic Park ? Je tente en haussant un sourcil.

Je m'avance en trébuchant entre les pins, intrigué, les branches mortes craquant sous mes pieds. Je finis par m'enfoncer dans les bois, où règnent un silence mystérieux et un épais brouillard me glaçant les os. Suis-je tombé en plein milieu du Canada ? Bon, c'est pas que me retrouver nez à nez avec un ours ou un orignal me botte mais ça me rassurerait de savoir que je ne suis pas le seul con à me les peler ici et surtout ça prouverait que je suis revenu à la vie.

Les flammes d'Abby me manquent. Elles réchauffaient ma peau en permanence froide lorsqu'elle se trouvait non loin de moi.

Ahhh, Abigail... Qu'est-ce qu'elle doit penser ? Je l'ai abandonné. Je me suis laissé avoir par Rick et le seul moyen que j'avais à cet instant pour protéger Sumiko était de prendre sa place et donc d'y laisser la vie.

J'ai déjà échoué par le passé à protéger Abby...

Je m'en veux encore. Pire, je me déteste pour cela.

***[FlashBack]***

Devant leur corps inertes, je pleure toutes les larmes de mon corps.

Pourquoi ne se réveillent-ils pas ? Est-ce parce que je n'ai pas été à la hauteur ? Je n'ai pas été assez vite. Pardon maman, pardon ! Je ne voulais pas ! Mais s'il-te-plait ne me laisse pas tout seul !

Un homme apparaît dans le salon et se dirige à grand pas vers moi lorsqu'il m'aperçoit. Je lève mes yeux bouffis vers lui alors qu'il s'agenouille devant moi. Il est beaucoup moins grand que papa, a des yeux qui ressemblent à de l'or et il sent la cannelle et le caramel.

-Hey, bébé. Souffle-t-il gentiment en caressant ma joue mouillée.

-C-c'est m-ma faute. Maman m-m'a dit d-de cacher Ab-by m-mais je n'-ne étais pas a-assez vite... Je dis en sanglotant fort.

-C'est rien kiddo. M'assure le blond en me souriant doucement. Tu n'aurais rien pu faire... Michel y a été avec force... Murmure-t-il pour lui-même en regardant papa et maman toujours immobiles sur le sol du salon.

Puis il pose à nouveau ses yeux dorés sur moi, comme pour m'analyser. Je me rends compte que lui aussi, arbore un air triste et discerne sur son visage quelques larmes qui se sont taries.

-Michel n'a pas réussi à te prendre tes souvenirs... Il ne t'a pas vu ?! S'exclame-t-il.

-N-non, j'étais caché !

-Ecoutes bébé, je vais m'occuper d'Abby et de ton papa et ta maman mais d'abord, il faut que je t'emmène loin d'ici, d'accord ?

-M-mais ils ne se réveillent p-pas ! Je geins.

-Je suis désolé, il va falloir que tu sois fort kiddo.

Le blond pose deux doigts sur mon front et je me sens partir, la fatigue m'emportant.

***[end flashback]***

Lorsque je l'ai revu pour la première fois depuis des années, le jour où nous allions chercher Malia à Devils Lake, je l'ai tout de suite reconnu. Sa chevelure rousse flamboyante, son tempérament de feu, elle avait tellement grandi... Je n'osais m'approcher et ne la laissais pas me toucher, de peur que le Lien -Gabriel m'avait tout expliqué à ce propos- se rompe et qu'elle se souvienne. Qui suis-je, si je ne puis protéger ma propre petite sœur ? C'est pour cette raison que j'ai préféré garder mes distances. Je ne voulais pas lui faire revivre ça. Toute cette souffrance, je l'ai prise et l'ai gardé pour moi et moi seul.

Maintenant qu'elle sait, j'espère qu'elle comprendra.

Des bruits s'élèvent dans la forêt et se rapprochent au fur et à mesure que j'avance entre les arbres. J'aperçois alors un groupe de personnes se battre. Je me stoppe à quelques mètres sans même me soucier d'être vu et observe des hommes se liguer contre une seule femme, qui les repousse adroitement à l'aide d'un bâton aux extrémités faites avec deux pierres pointues. Elle semble leur donner du fil à retordre bien qu'ils soient à cinq sur elle et armés d'os taillés et tranchants comme des rasoirs. D'un geste vif et précis, la jeune femme tue le premier qui se jette sur elle en lui enfonçant sa lance dans la poitrine. Je vois un bref instant son visage, et bon sang, c'est une bombe. Avec ses cheveux châtains retenus en arrière en une longue tresse et son regard féroce, elle a tout l'air d'une vraie guerrière. Elle me fait penser à une amazone. Je croise son regard avant d'être projeté brutalement à terre, un homme venant de nulle part chargeant sur moi. Je me débats pour me défaire du sauvageon, qui a sorti de longues dents pointues -ben voyons, manquait plus que ça, je vous ai déjà dit que l'ours et les dinosaures me bottaient pas ? Bah je le regrette finalement- en lui jetant un coup de poing dans les côtes et en lui donnant un coup de tête. Le colosse roule par terre et aussitôt que je me relève, un autre s'apprête à me foncer dessus, arme de poing en avant. Je l'évite de justesse et l'envoie valser en lui volant son poignard. Il heurte un tronc tête la première et s'étale au sol, assommé.

-C'est ça, couché. Je ricane en faisant demi-tour tout en détaillant l'arme. Alors nous voilà revenu à l'âge de pierre que- woah !

Je me stoppe net en voyant la pointe d'une lance à cinq centimètre de mon œil. La petite guerrière me fait face et projette sûrement de me tuer si je fais le moindre geste. Je lève les deux mains en signe de réédition, sans lâcher pour autant mon arme. Vivement je lance le poignard, qui frôle le visage de la jeune femme et file droit se ficher dans le front d'un des attaquants qui allait la poignarder dans le dos. La jeune femme se retourne surprise et me fait face à nouveau, en abaissant légèrement son arme et en me jaugeant du regard.

-C'est quoi leur problèmes ? Je fais en désignant les types au sol.

-C'est moi leur problème. Tu es nouveau, hein ? Alors c'est toi qui es tombé tout à l'heure. Très discret comme atterrissage au passage. Pas étonnant qu'ils se lancent tous à tes trousses.

-Pardon ? Qui ça, eux ? Je l'interroge, perplexe.

-Eux et tous les autres monstres qui se trouvent dans les environs. Annonce la brune en allant récupérer le poignard que j'ai fiché dans le crâne du vampire. Ils veulent tous être les premiers à tuer le petit nouveau. C'est un jeu pour eux. On ferait mieux de ne pas s'attarder ici, suis-moi. Me lance-t-elle en me tendant le poignard et en s'éloignant.

-C'est un remerciement ? Je demande, mi-amusé, mi-intrigué.

-Aller, ne traine pas. Fait-elle sans se retourner.

C'est qu'elle est autoritaire celle-là.

-Quel est cet endroit ? Je demande, sur ses talons.

-On l'appelle le Purgatoire. Réponds la guerrière.

Alors c'est donc ça...

-C'est là où toutes les créatures atterrissent à leur mort.

-Génial, ça doit être simpa un feu de camps. On doit s'en raconter des bonnes, des histoires monstrueuses. Je ris.

-Rêves pas, tout ce qui les intéresse c'est de s'entre-tuer. Pour survivre, il faut être rusé et être sans cesse en mouvement. Lance la jeune femme.

-Et qu'est-ce qui arrive à ceux qui meurent ? Je veux dire, on est déjà mort non ?

-Aucune idée. Personne ne le sait. Pourquoi, tu veux tester ? Demande-t-elle en s'arrêtant pour me faire face.

-Sans façon, je grogne en repensant à ma propre mort. Une fois, ça me suffit.

-Qu'est-ce que tu es au juste ? Demande-t-elle en plissant les yeux.

-...

Je jette un coup d'œil dans mon dos, sentant encore le feu dévorer mes ailes.

-A vrai dire, je ne sais plus trop bien... Et toi t'es quoi, Xéna la guerrière ?

-Mon nom est Olympea, gros rigolo et je suis-

Un bruit monstrueux s'élève dans la forêt infinie.

-Qu'est-ce qu-

-Oh non, les Léviathans... M'interrompt Olympea en s'agenouillant et en regardant dans toutes les directions. Ce sont les pires... On ne doit pas rester là !

Alors qu'elle s'apprête à filer, je l'attrape par le bras.

-Attends, tu as bien dit les Léviathans ? Je siffle tout bas.

-C'est vraiment pas le moment. Me signale Olympea en tirant sur son poignet entravé.

Oooh que si... Maintenant j'en suis sûr : si ces créatures sont ici, ça ne veut dire qu'une seule chose...

-Ma mère est ici. Je lâche.

-Quoi ?! S'exclame l'amazone, ne me suivant pas du tout.

-Et il faut que je la retrouve avant eux. Je déclare sombrement en me redressant et en me mettant à courir dans la direction du bruit.

Olympea m'interpelle avant de se mettre à ma poursuite. Elle réussit à me rattraper et à me plaquer dos à un tronc. Je me retrouve alors avec la jeune femme tout contre moi tandis qu'une bête ressemblant à une anguille passe juste devant sans nous voir. Je baisse la tête pour voir la brune soupirer de soulagement et relever les yeux vers moi.

-Qu'est-ce qui t'as pris bon sang ? Crache-t-elle, l'air réprobateur. Qu'est-ce que t'as pas compris dans "Ce sont les pires" ?

-Je sais qui ils sont. Je réplique. Et ils en ont après ma mère. Tu piges ? Il faut que je la sorte de là au plus vite.

-Il n'y a aucun moyen de sortir d'ici ! A part si...

-Si quoi ? Je la presse, à bout.

Je n'ai plus une minute à perdre... Mère est proche et en danger...

***[Flashback]***

-Alors, quelle sont les news ? Je lance à l'Archange alors qu'il apparait dans le salon.

-...

Gabriel arbore un air sombre, et je lâche aussitôt le bouquin que je suis en train de lire et me lève du canapé pour le rejoindre. Cet appartement est le sien. Il me l'a offert, ou plutôt m'a mis à l'abri ici, au dernier étage du John Hancock Center en plein centre de Chicago. J'ai maintenant quatorze ans et Gabriel vient souvent me rendre visite pour me donner des nouvelles de ma famille, que j'ai dû quitter pour ma sécurité et celle des autres.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? Je m'empresse de demander.

-Je suis désolé Matt... Ta mère a disparu... M'annonce mon oncle.

-Comment ça "disparue" ? Je fais en plissant les yeux.

-Elle est partie combattre les Léviathans et en les terrassant elle... Elle a disparu. Explique l'Archange.

J'essaie de rester calme.

-Et... et papa ?

-Il est fou de rage et la cherche partout. Il n'était pas au courant que Charlie participait à la chasse. Elle le lui a caché. Elle ne voulait pas impliquer ton père.

-Parce qu'il est humain ?

-Oui.

-Elle est humaine aussi ! Je m'écrie, en colère. Gabe' dit moi ce qu'on peut faire ?!

-Tu dois continuer à veiller comme tu le fais sur Malia.

Je serre les poings pour contenir ma fureur. Gabriel semble comprendre à quel point c'est difficile pour moi de faire ce qu'il me demande et pose une main sur mon épaule qu'il presse.

-Il faut que tu restes fort Matt. Je vais faire tout mon possible de mon côté et toi aussi. Tu connais les enjeux. Le lien qui vous unis vous protège.

C'est la dernière fois que je vis mon oncle. Il ne revint pas et je me retrouvais tout seul à me démerder pour survivre, me construisant ma forteresse en dessinant des symboles et autres sorts dans l'appartement pour le rendre sûr et impénétrable par de possibles ennemis. Car je savais que ce qui allait venir serait difficile. Je savais que des épreuves m'attendraient quand bien même j'apprenais à contrôler ma Grâce...

***[End Flashback]***

-…Si elle est humaine. Souffle la guerrière Xéna, pensive.

Je fronce les sourcils alors qu'elle s'écarte lentement de moi en tapotant sur mon torse.

-Je sais comment faire ! S'exclame-t-elle.

-Oh ! Et ça t'embêterait de m'expliquer ? Je fais en levant les bras et haussant les épaules comme elle est déjà en route.

-Benny, un ami vampire, m'a parlé de l'existence d'un portail. Il permettrait de sortir du Purgatoire. Tu veux sauver ta mère ? Alors allons la chercher.

-C'est la meilleure chose que tu aies dit jusqu'à présent. Je lui sors, avec un sourire motivé.

Le sourire qu'elle me rend est empli de sympathie. Cette fille me plait bien.

*o*o*o*

Les galets qui bordent la rivière crissent sous mes pieds lorsque je marche dessus. Le bruit alerte aussitôt la femme agenouillée au bord de l'eau. Elle saute sur ses pieds et se retourne vivement vers moi en brandissant une longue lame ornée de dents animales et me regarde avec deux yeux apeurés. Sa chevelure rousse ébouriffée vole dans son dos et son visage salit par la poussière et fatigué par ses incessantes fuites et luttes pour la survie me chamboule et me coupe le souffle. Ce regard, cette lueur dans les yeux... Elle ressemble tellement à Abby... Je m'avance doucement, par petit pas, en levant les mains à hauteur d'épaule.

-Je ne suis pas là pour te faire de mal... Je dis doucement pour la rassurer, tout en continuant à avancer.

Elle fronce les sourcils et cligne des yeux, immobile.

-Tu sais que je ne le pourrais jamais, maman.

-Est-ce que... Est-ce que c'est toi... Matt ? Souffle-t-elle, semblant reconnaitre les traits de mon visage.

-Je ne peux pas nier que je ressemble trait pour trait à papa, malheureusement, maman... Je fais, la voix rauque à cause de l'émotion.

Je m'avance jusqu'à elle et elle m'attaque brusquement avec sa lame que j'attrape à main nue sans broncher pour l'arrêter.

-Tu…Tu es réel. Souffle ma mère.

Charlie laisse alors tomber son arme et se jette sur moi pour m'étreindre. Je l'accueille dans mes bras et elle se colle aussitôt à moi, enfouissant sa tête contre ma poitrine. Je passe mes mains dans son dos, pour la serrer plus fortement. Elle est si petite et si maigre... Si fragile. Le flot d'émotions qui me traverse est indescriptible et je suis obligé de prendre une profonde inspiration pour ne pas laisser les larmes me monter aux yeux. Ma mère elle, sanglote doucement contre moi, ne pouvant contrôler son soulagement et sa joie.

-Je suis là, maman... Je t'ai retrouvé. Je murmure en caressant sa tête et en enfouissant mon nez dans ses cheveux.

***[Flashback]***

-Ma' don-moi ma poupée ! Supplie Abby en tendant ses petites mains vers sa peluche que je tiens entre mes mains.

Je l'agite devant son visage pour la taquiner un peu et elle rit en essayant de l'attraper. Soudain, nous entendons papa se mettre en colère et la porte d'entrée claquer suivit d'un craquement et de la casse dans la cuisine. Maman arrive en courant, l'air paniquée.

-Maman..?

-Matt ! Abby ! Venez par-là ! Nous presse maman en nous prenant tous les deux par le bras.

-Qu'est-ce qui se passe maman ? Je geins, la peur s'emparant de moi.

-Ecoutes-moi bien Matt. Je veux que tu emmènes ta sœur et que vous vous cachiez d'accord ? Tu peux faire ça mon amour ?

-Mais-

-Et surtout ne faites pas de bruit, on ne doit pas vous trouver. Aller, chéri, va, dépêches-toi !

Elle nous embrasse tous les deux sur le front avant de nous pousser. J'agrippe la main de ma petite sœur qui ne comprend pas ce qui se passe alors que nous voyons maman refermer la porte derrière elle, nous laissant tout seul. Je réagis enfin et entraîne Abby avec moi vers la chambre de papa et maman. Il y a un grand placard où on peut se cacher aisément.

-Ma poupée ! S'exclame Abby en tirant sur mon bras comme elle vient de la faire tomber en plein milieu de notre course.

Je la tire cependant dans le placard et la fait asseoir. Elle gémit, ne voulant pas laisser sa poupée au milieu de la chambre. Rah, si je ne vais pas la chercher, elle va continuer à pleurnicher et maman nous a dit de ne pas faire de bruit !

-Je vais la chercher, mais tu ne dois pas bouger ! Je lui demande.

Elle hoche la tête en cachant sa tête entre ses bras et je referme le placard sur elle avant de me mettre à courir pour attraper la poupée. Cependant j'entends maman crier puis plus rien avant d'entendre l'escalier craquer et des bruits de pas se rapprocher. Le cœur battant, je me précipite et me glisse sous le grand lit, n'ayant pas le temps de retourner dans le placard. La porte s'ouvre et j'aperçois des pieds s'avancer dans la chambre, faisant grincer le plancher. Je retiens ma respiration tremblante, ayant trop peur...

Un petit froissement s'entend depuis le placard et là c'est l'effroi... L'inconnu se dirige vers le placard et ouvre grand les portes, pour y découvrir Abby.

-Papa...? Minaude ma petite sœur avant de rencontrer les yeux de l'étranger.

Je veux bouger, mais la peur me paralyse alors que l'homme se penche pour attraper Abby qui crie. Je ne sais pas quoi faire. Il la tient et alors qu'Abby se débat férocement en tapant des pieds, l'homme pose ses deux doigts sur son front en prononçant des mots qui me sont incompréhensibles et ma sœur devient soudainement silencieuse. L'homme la repose délicatement au sol et s'en retourne alors que je fais de mon mieux pour qu'il ne me remarque pas. De longues minutes s'écoulent avant que je ne me décide à sortir de ma cachette. Je m'empresse de rejoindre Abby, allongée au sol.

-Abby ! Abby ! Je crie en la secouant pour qu'elle ouvre les yeux.

Mais elle ne se réveille pas. Je me mets à courir à travers la maison à la recherche de papa et maman. Je les trouve dans la même situation qu'Abby, allongés à même le sol du salon sens dessus-dessous.

-Papa ! Maman ! Je crie en les secouant eux aussi. Pourquoi vous vous réveillez pas ?!

Je commence à pleurer, la peur au ventre.

***[End Flashback]***

Au bout d'un long moment, Charlie se sépare de moi pour me regarder, en posant ses mains sur mes joues avec un sourire tremblant d'émotions.

-Tu es tellement grand, et beau.

-Comment tu te sens ?

-Oh, tu sais, comme dans un mmorpg PvP, du genre WoW quoi. Sourit la jeune femme en laissant échapper un petit rire tendu.

-Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Je demande, confus.

-Allons, ne me dit pas que ce jeu n'existe plus ! C'était très joué à l'époque !

Je ne peux imaginer tout ce qu'elle a pu subir ici, et seule qui plus est. Sur Terre cela correspondrait à cinq ans qu'elle est au Purgatoire, mais le temps s'écoule différemment ici.

-Je... J'ai juste joué deux ou trois fois à Mortal Combat... Je fais en haussant les épaules.

-Okay... Tel père, tel fils, j'imagine. Tu...comment tu m'as retrouvé ?

Je la fixe dans les yeux sans répondre. Elle se doute de la réponse mais demande quand même.

-Oh fils... Fait-elle désolée en caressant mes joues. Qu'est-ce qui s'est passé ?

-ça n'a plus d'importance maintenant. Je fais en posant ma main sur la sienne. On a un moyen de sortir d'ici. Abby, papa, et tous les autres, ils ont besoin de nous là-bas. Il y a... une guerre en ce moment.

Olympea apparait d'entre les buissons.

-Il faut faire vite. M'annonce-t-elle. Ils sont proches.

-Okay. Allons-y. J'acquiesce en prenant la main de mère et en l'entraînant avec moi.

Je jure de ne plus la lâcher. Nous nous en sortirons. Ensemble.

C'est la course effrénée. La respiration courte, nous sprintons depuis déjà plusieurs minutes pour échapper au Léviathans qui nous poursuivent.

-Il faut qu'on arrive là-bas avant eux ! Je hurle à Olympea, tout en resserrant ma prise sur les doigts de Charlie, de peur de la perdre.

Mais elle tient bon et continue de courir à mes côtés.

-On y est presque ! Me hurle en retour Olympea.

Un des Léviathans se rapproche et nous l'apercevons qu'il gagne du terrain. Il n'est plus qu'à une trentaine de mètres derrière nous.

La jeune guerrière me regarde et je comprends ce qu'elle veut faire. Elle veut les retenir pendant que l'on fuit. Je dis à ma mère de continuer et la pousse en avant, avant de rejoindre Olympea qui s'est arrêtée pour faire face à nos ennemis.

-Il est hors de question que je te laisse là. Je dis, déterminé.

-Je ne passerai pas le portail, Matt. Seuls les humains le peuvent. Allez, rattrape-là, je vais vous faire gagner du temps ! Déclare la jeune femme.

-Pourquoi nous avoir aidés alors ?

-Peut-être parce que j'avais besoin de quelque chose auquel me raccrocher. Un but... Je me suis sentie utile, Matt. Déclare-t-elle en haussant les épaules.

-Qu'est-ce que tu es ? Je murmure.

Elle tourne ses yeux bleus vers moi.

-un sang-mêlé. Fille d'un dieu grec et d'une humaine. M'avoue-t-elle.

-C'est la raison d'une telle beauté... Je souffle avec un sourire en jouant avec le bout de sa tresse.

Nous nous jetons sur la bouche de l'autre. C'est un baiser brutal et désespéré. La petite demi-déesse me repousse et me somme de partir. Je recule en le regardant une dernière fois, alors qu'elle fonce sur l'ennemi.

*o*o*

-Matt ! S'écrie Charlie, juste devant le portail.

-Okay. Je fais en la rejoignant. J'imagine que c'est là.

-On n'a qu'à...plonger dedans c'est ça ? Suppose la rousse en observant le vortex bleu en face de nous.

Elle entrelace nos doigts et s'approche du portail.

-Non. Je réplique sans bouger. Ma mère se retourne vers moi en fronçant les sourcils.

-Je suis désolé, il va falloir que tu le fasses seule. Je fais tristement.

-Comment ça ?

-Seuls les humains peuvent traverser le portail. Et je ne suis pas...

-Je refuse-

-Tu dois me laisser là. Je dis sèchement. Il le faut.

Déjà, le vortex l'emporte, car elle est trop près et elle ne peut pas lutter. Elle a beau resserrer ses doigts autour des miens, nos doigts glissent et le portail se referme sur elle et son visage en pleurs.

-Je suis désolé maman... Je chuchote, la mâchoire crispée et les yeux baissés avant de faire volte-face et me mettre à courir pour retrouver Olympea.

J'ai confiance aux autres. Ils parviendront à s'en sortir face à Rick.

Tant qu'on vit, il y a de l'espoir.

Quoi qu'il arrive, il ne faut jamais abandonner. Car derrière les ombres, il y a la lumière.

Mon combat n'est pas terminé.


J'espère que ce chapitre vous a plu ou au moins rassuré sur le fait que Matt Bradburry n'est pas (définitivement) mort.

Ce chapitre aura eu le don de modifier la série : ici, ce n'est plus Dean mais Charlie qui aura vaincu les Léviathans et atterrit au Purgatoire. Elle a en quelque sorte, pris sa place, pour le sauver.

Bisouilles mes petits angelots et à la prochaine (reviewez, c'est bon pour ma motivation) pour un chapitre sur... Malia et on reprend là où on l'a laissé avec un certain personnage angélique de la série qu'elle a invoqué.

Derrière les Ombres (II) - No One Else Will Die

''-Gabriel ?

La fumée se dissipe pour laisser place à la silhouette d'un homme élégant dans son trenchcoat beige malgré ses cheveux noirs en pagaille. Lorsque l'ange se tourne vers moi pour me faire face, je recule d'un pas.''