Bonjour !
Alors déjà je débute ce chapitre avec un gros merci. Pourquoi ? On a atteint 991 views ! x) un chiffre qui frôle le 1000 d'ailleurs. Je sais que ce n'est rien mais je ne croyais vraiment pas que ma fan-fiction aurait autant de fans, de succès va-t-on dire (parce-que 1000 views c'est nul par rapport à d'autres écrivains). Je remercie les gens qui ont reviewé jusqu'là : Nekoko3, emylou, LinKonasa, MRScarpoute, TMVioletta. Vous n'êtes que cinq mais c'est votre fidélité qui m'a permise d'avancer et de poster, car : qu'est-ce qu'est un auteur sans son public ? (ce que je dis là est beau)
LinKonasa : Disons qu'Eren ne s'est pas déclaré… correctement. Même s'il sait que Levi est au courant de ses sentiments, qu'il les peut-être accepté il ne sait pas s'il l'aime. Il cherche la réciprocité, on va dire.
MRScarpoute : Chaque chose a une fin, bonne ou mauvaise ! Oh non la branlette ! '^' Il existe des pères comme ça, tu sais xD –dont on cite le mien–. Voici la suite !
Bonne lecture !
« Marie, c'est une catastrophe ultime putain ! Qu'est-ce qu'on va faire ?! » Fis-je, au bord de la crise de nerfs.
« Du calme Yumi, du calme ! Je cherche une solution, et Lucie par pitié arrête de tourner en rond tu m'fous la gerbe ! Ce ne sont pas tes cents pas qui vont- .. »
« Mais je ne peux pas me calmer, on est dans la merde ! » S'affola Lucie.
Vous vous demandez surement pourquoi moi et mes amies crions comme des demeurées depuis toute à l'heure, et bien c'est simple : Le premier devoir de mathématique aura lieu la semaine prochaine. Non non, là n'est pas le problème ! Le truc qui manque de me faire péter un câble est que je n'ai strictement rien révisé depuis le début de l'année, ni même ouvert un cahier, ni même suivit le prof' pendant ses longues explications. On a déjà débuté les cours, on en est même au cinquième de notre long programme et notre cher instituteur a jugé ce nombre idéal pour voir si ses élèves suivent correctement le cours ou pas –étant donné que ses séances se passent dans le plus grand boucan–. Je le savais que les profs' de math' étaient maléfiques ! Le pire c'est qu'aucune de nous trois n'a comprit aucune leçon, donc la vieille technique du « je révise avec mes amies » peut tomber à l'eau.
C'est ainsi qu'on s'était retrouvées ici, moi assise sur ce vieux banc du gymnase, Marie assise à mes côtés et Lucie debout les bras nonchalamment croisés dans une mine pensive.
« On peut essayer de réviser avec un intello ? » Fis soudain Lucie en écarquillant ses yeux, comme si elle avait trouvé l'illumination du siècle.
« Je te rappelle qu'il n y'a aucun élève un tant soit peu ''intello'' dans notre classe, dit Lucie avant de tourner son regard vers moi et continuer sur un ton plus agressif. À part cette conne de Yumi qui a passé le premier trimestre à s'occuper des histoires de Levi et Eren pour à la fin se trouver dans la merde ! »
Je relevai un regard noir vers elle.
« Si je comprends bien, alors que tu passais ton temps à ragoter avec ta camarade, tu te disais dans ta tête : ''oh mais c'est bon pas la peine de s'inquiéter ! J'ai cette CONNE de Yumi qui m'expliquera à la fin des cours de toute façon '' » L'avais-je imité à la fin, prenant une voix confiante.
« Eh ! On se calme !-… » Tenta Marie, avant de se faire violemment couper par Lucie qui me lança un regard tout aussi foudroyant.
« Moi au moins j'ai compris une tronche des leçons, pas comme toi qui bloque au titre ! » Elle croisa ses bras en me regardant de haut.
J'applaudis, merveilleusement amusée par cette baston. Le défaut le plus marquant de Lucie était la constante impression de supériorité qu'elle exerçait sur le groupe, comme si elle était le tout puissant et que j'étais la sous-merde qui a mal effectué sa tâche –tâche qui consiste en prendre des notes telle une fourbe pendant que ses deux amies bavardent, pour ensuite se casser la tête à réviser avec elles pendant la période d'examen–. Au fond, je sais qu'elle ne disait pas ça pour me blesser mais ça me laisse l'impression qu'elle me côtoie juste pour tirer profit de mes bonnes notes, et je vous assure que ce n'est pas la première fois qu'on a ce genre d'embrouille.
« D'accord, d'accord ! Dis-je ironiquement en levant mes mains vers le ciel telle une criminelle. J'ai rien dis, je suis la fautive, ça t'conviens ? »
« Yumi, arrête » Répliqua Marie à ma mauvaise attention.
Je détournai mon regard emprunt d'une petite pointe de méchanceté vers le mur. Si on continue de se lancer des répliques cinglées, ça ne finira jamais et dieu sait qu'on peut rester ainsi jusqu'à la fin de la récréation.
« Bon, je vois qu'on est obligées à sortir la technique non-désirée » Soupira Marie, récoltant un regard impatient de la part de Lucie et moi.
« La révision avec toute la classe » conclut-elle.
Un rire moqueur s'échappa inopinément de la gorge de ma camarade se tenant debout –Lucie–, ce qui fit grogner mon autre camarade.
« Pourquoi tu ris, Lucie ? Je ne vois rien de drôle »
« Les révisions avec toute la classe tu veux dire ? Mais ma parole Marie, il faut évoluer ! Tu n'vas quand même pas inviter quarante personnes dans la même salle à étudier dans le plus grand des calmes, c'est impossible ! »
« Si ! Je sais que notre classe est irrécupérable mais avec un peu d'organisation et des règles strictes nous pouvons-.. ! »
Lucie coupa la parole à son amie. « Et puis je suis sûre qu'il y'aura ce petit malin qui commencera à bavarder à un certain moment et qui entraînera le groupe avec lui. Et même, aucune de nous trois voir même aucun de nos chers camarades ne possède une baraque assez immense ni un parent assez tolérant pour accueillir tout un groupe d'adolescents en pleine crise»
Je fixai la réaction de chacune : la concernée était calme, écoutant jusqu'au bout l'avis de son amie. Quand elle eut fini, elle daigna prendre la parole.
« Qui t'as dis qu'on fera ça dans une baraque ? »
Ce fut à mon tour d'halluciner. D'un ton moqueur, je lançai.
« Non plus sérieusement, on révisera chez Jawad »
« Quel humour lamentable.. » murmura Lucie en roulant des yeux.
« Nous fixerons un endroit de rendez-vous dans un lieu communautaire avec le minimum de calme, continua Marie. Chacun ramènera le nécessaire d'affaires avec lui. Pour ne pas trop s'embrouiller, nous diviserons nos groupes en deux : celui des filles, celui des garçons. Le principe est simple : s'entre-aider pour sur les cours compliqués »
« Einstein, on a un problème » L'interrompais-je, semant un grognement de sa part.
« Quoi encore ? On dirait que vous cherchez toutes les deux à me mettre des bâtons dans les roues ! Bah allez-y débrouillez-vous ! »
« Non attends, je ne veux pas dire que ton plan n'est pas bien, au contraire ! Dis-je en secouant mes mains innocemment. Mais tu crois sérieusement que nos parents seront assez compréhensifs pour nous laisser réviser avec UN GROUPE mélangé entre filles et garçons qui de plus sont, dans un lieu public ? Ma mère répliquera toute de suite : ''vous serez trop nombreux et je suis sûre que vous ferez un vacarme pas possible dans un lieu public, ce qui t'empêcheras de te concentrer correctement '' »
« Pour une fois qu'tu dis quelque chose d'intelligent, Yumi ! » Dit Lucie, convaincue par me dire tandis que je me contentai d'hocher la tête.
« Mais non je suis certaine qu'on le pourra ! Je vous l'ai déjà dis : le premier à faire du vacarme ou à être hors-sujet, je m'occuperai moi-même de son cas ! Beaucoup de filles de notre classe ont comprit le cours et ça serait vraiment dommage de rater une telle occasion, en plus ça fera des choses à tester pour voir l'efficacité de ce plan ! »
« C'est bon hein, ce n'est pas comme si t'es montée sur la lune… »
« Ta gueule Yumi, moi au moins j'ai eu bonne idée contrairement à toi ! »
« Bah t'as finis de parler, non ? Ton idée c'est de regrouper des personnes droguées pour faire quelque chose de censée au milieu de la verdure et des gens, et je dois te dire que je suis-..»
« Oui je sais déjà que tu es-… »
« Laisse-moi parler »
Elle grogna, voilà que sa propre réplique se retournait contre elle !
« D'accord avec toi »
Elle écarquilla les yeux en me regardant comme si j'avais décroché une étoile. Oui, ça n'a aucun sens, moi qui il n y'a même pas cinq minutes protestait est maintenant d'accord avec cette idée cinglée. Mais bon, tel le vieux proverbe : Plus on est, plus on est fous ! Non en fait, j'y vais pour deux raisons : la première est connue, pour réviser mais la deuxième est juste un souhait éphémère que Levi et Eren s'y trouvent. Moi aussi j'ai un plan secret que je dois appliquer.
Lucie soupira. Elle n'avait plus le choix de toute façon.
« D'accord, d'accord vous avez gagné, mais il nous reste un problème : convaincre les parents »
« Lucie, c'est pas comme si on allait organiser une partouze dans un parc ! »
« Merci pour le langage fleuri, Marie » Pouffai-je.
Ma camarade me répondit par un doigt d'honneur, à mon plus grand rire. Finalement, je sens que cette après-midi va bien se passer.
L'après-midi
Le parc forestier n'est pas l'endroit le plus visité de la ville, ni le plus délaissé.
En y-entrant déjà, le visiteur est accueilli par la verdure et les chants des oiseaux, les bancs aléatoirement posés avec juste à gauche un bac à sable et autres divertissements pour enfants. Bonus ! Un stand pour garer les vélos a été récemment ajouté. Bref, tout ceci est le cliché d'un parc à l'américaine ! Mais en s'avançant un peu plus, vient la découverte d'une zone surveillée, entièrement camouflée par d'immenses arbres datant de milliers d'années. L'humidité se fait bien ressentir et les rayons de soleil sont rares à cette partie du parc. C'est un endroit idéal pour les vieux séniles qui souhaitent lire un journal tranquillement, ou les longs footings pour les sportifs téméraires, ou tout simplement pour se balader quand nos idées débordent. Juste au dessous de ces anciens spécimens, se trouve des tables publiques conçues pour les pique-niques en famille, et c'est exactement là que je vais me rendre avec ma classe.
On est Mercredi, et donc après-midi libre. Marie a fixé le rendez-vous à 14h, après avoir interrogé chaque élève de la classe : la stricte moitié a refusé, jugeant que ''le temps est beau pour se faire chier à réviser inutilement'' –sans oublier que 10% des élèves n'étaient pas mis au courant pour le devoir–. Au fond j'étais soulagée : ils étaient en désaccord avec notre plan pour la simple et bonne idée qu'ils voulaient y aller pour foutre le bordel. Heureusement que Lucie a intervenu à temps, expliquant les règles strictes de cette réunion sans queue ni tête. Pour ceux qui ont accepté de venir, ils étaient dix garçons et dix filles dont je cite :
Levi Ackerman, après un effort titanesque conclu par la prononciation du mot magique « Eren », car c'est bien connu : ces deux amis de toujours ont rarement eu l'occasion de se rencontrer en dehors des cours, et je sais qu'aucun des deux ne raterait l'occasion de voir l'autre –même si ils ne se l'avoueront jamais, qu'ils sont adorables !–. Bon, en deuxième place vient Eren Jaeger –bien évidemment– qui a accepté sans vraiment se poser des questions. Enzo, le mec adorable que j'aime tant. Marco, le mec chiant que je hais tant et d'autres personnes que j'ai rarement côtoyés. Du côté des filles il y'avait moi, Marie, Lucie, Lily –pour mon plus grand malheur, espérons qu'il ne se passera rien–, Petra –oui vous avez bien lu–, Julie, Sophie… enfin, le reste du troupeau, assez sympathiques et qui ont accepté sur un coup d'tête. Les trois pimbêches que j'ai éduquées l'autre jour ont refusé de venir –et tant mieux–.
13H30. L'heure de sortir ! Je sortis de chez-moi, simplement équipée de mon sac à dos rouge dans lequel se trouvaient les cahiers de maths, un stylo bleu et une règle ainsi qu'une calculatrice datant de l'an dernier. Je n'allais pas non plus aller conquérir le monde, et inutile de demander comment se fait-il que ma mère ait accepté, ce serait bien trop long et chiant, mais bon en gros : elle a toléré après dix longues minutes de supplication incessante. Sur le chemin j'ai rencontré quelques garçons et filles qui s'y dirigeaient, et un sourire ne put s'empêcher d'étirer mes lèvres : même si j'agis souvent en loup solitaire, je suis toujours volontaire pour le travail d'équipe.
14H. Tout le monde est réunit sur un petit banc près d'un arbre, discutant le temps de l'arrivée des derniers participants. Il y'avait deux tables proches pour chaque sexe et sous l'ombre d'un gigantesque arbre. On ne pouvait pas rêver mieux comme lieu de travail ! En plein air, la verdure, en compagnie de ses amies… et ennemies. Je sentais d'ici les futures problèmes qu'allait me provoquer Lily. L'arrivée de Marie et Lucie stoppa tout bavardage, et après une brève annonce de la règle principale : « ne pas provoquer des bavardages inutiles, soit hors-sujet », tout le monde y-comprit moi se mit à sortir ses affaires, commençant le travail dans un silence presque religieux.
De temps à autre, je ne pouvais m'empêcher de jeter des petites œillades à Levi et Eren. Ils étaient assis côte à côté, chacun concentré sur son livre. Une envie paranoïaque m'envahit dangereusement l'esprit, et je jetai un regard nerveux et précipité sur les cuisses des deux garçons. Non ! Pas que je sois perverse –même si je le suis– mais je voulais juste voir si Levi n'avait pas posé indiscrètement sa main sur la cuisse de son partenaire, s'ils n'avaient pas lié leurs mains dans une étreinte silencieuse comme dans les Yaoi romantiques.
Oui je sais, je deviens dingue. Il y'a 3 jours, Eren m'avait promit de commencer à faire des approches ''romantiques'' à Levi. Je l'ai cru sur ce coup-là, mais c'est qu'il en met du temps ! Je suis carrément devenue parano à la moindre parole ou geste qu'ils esquissent. 'Ne manquerait plus que je leur tienne la bite quand ils pissent.
Mon dieu, je suis irrécupérable. Mes pensées me font rire moi-même, et je dois me retenir de ne pas exploser en rire. Je pinçai nerveusement mes lèvres, tournant frénétiquement mon regard vers la table des filles puis celle des garçons. D'accord, il y'a juste Enzo qui me scrute avec une mine désespérée et un sourire moqueur, qu'il finit par abandonner en se concentrant une seconde fois sur ses révisions –ce garçon est au courant des dangereuses pulsions que j'ai, donc bon !–
«…Et c'est seulement là que j'ai su que ma petite-sœur a faillit mettre le chat dans la machine à laver, Haha ! » Explosa Lily en un énorme fou-rire, une jambe appuyée sur l'autre et sa tête tournée vers son amie dans une pose digne d'un homme posé dans une cafétéria.
Nous, nous étions regroupées autour de la table, la regardant désespérément. Comment lui demander poliment de fermer sa gueule ? Ca fait une bonne dizaine de minutes qu'elle a fermé ses livres et ses cahiers, discutant bruyamment. Je jetai un regard à Marie et Lucie, mais elles haussèrent les épaules dans une mine impuissante. Lily n'est pas vraiment pas le genre de personnes à mettre dehors aussi facilement. Inconsciemment, je claquai ma langue contre mes dents, agacée de ce discours hors-sujet.
« Qu'est-c'que t'as, toi ? »
Mon cœur rata un battement. Inutile de préciser qu'à présent, je suis dans la merde. Je fis mine de n'avoir rien écouté et fronça mes sourcils en continuant à écrire cette maudite équation de-…
« Oi, j'te cause, l'intello ! »
Sa voix haussée dans un mauvais ton résonna entre la petite assemblée, et certains gens levèrent le nez de leurs cahiers pour regarder la scène.
Ma gorge se noua dangereusement, tandis que mon ventre se tordit douloureusement. Merde, merde… du calme Yumi. C'est extrêmement facile, réfléchis dans la logique des choses : Parler ou regarder froidement ? Deux solutions se présentent, et je sais qu'importe la décision que je prendrai elle me causera des problèmes. Lily est du genre à provoquer intentionnellement les problèmes, ça je le savais très bien, et mieux que quiconque –étant la première victime–. Je finis par prendre ma décision et d'un regard froid, je relevai mon regard froid –dans lequel j'essayai vainement d'imiter Levi–, fixant mon ennemie qui s'était relevée de sa place, son bassin tourné vers moi.
« On essaye de réviser Lily, on discutera plus tard si tu veux » Le timbre que j'ai employé était extrêmement calme, tellement calme qu'il a trahit ma nervosité. Ca se voyait à des kilomètres que j'hésitais à lui répondre, que j'avais peur de lui répondre.
Grave erreur : Lily l'a remarqué et c'est bien connu qu'une fois que l'agresseur est dans la certitude que sa victime a peur de lui, il en tira profit au maximum. Une belle citation que je viens de créer à l'instant. La peur fait des miracles, n'est-il pas ? J'esquissai malgré moi un sourire amusé. Yumi, tu es pire qu'irrécupérable. Penser aux joies de la littérature pendant que tu es dans la merde, il n y'a que toi pour faire ça.
« Tsk. Tu souris toute seule ma pauvre, va t'faire soigner. Avec ton écriture de merde et ta compréhension frôlant le zéro. Déjà, pourquoi l'avoir invité ici ? »
Ah, on n'a plus le droit de penser tranquillement ? Elle tourna la tête vers Lucie, la personne censée avoir invité le monde présent ici puis, reposa des orbes provocateurs sur moi.
« Elle ne sert à rien ! Et puis s'il te plaît, tout le monde sait que tes moyennes de 20 sur 20 tu les as en trichant ! Si tu arrêtais de le faire, moi-même je te surpasserai avec mes 14 que j'ai avec mon propre travail ! Tss. T'es ici pourquoi déjà ? Déguerpis» conclut mon ennemie avec un ton froid.
Lily ne changera décidément jamais. Le moindre de ses mots me fait toujours cette drôle de sensation de poignard au cœur, de quelqu'un qui brûle mes entrailles, qui m'étouffe petit à petit, qui décompose ma confiance. Mes yeux me piquent et mon corps bouillonne de l'intérieur et je ne peux m'empêcher de taper nerveusement le sol avec mon pied. Pourquoi? C'est la question qui me tue à chaque fois. Mon visage se laisse submerger par la douleur, mon nez et mes yeux se plissent, mes lèvres se tordent. Ne pas craquer.
Elle avance vers moi, sûre d'elle, prend mon cahier de maths et le jette violemment par la terre, manquant d'arracher une page. Comment peut-on être si sûr de soi-même ? D'où lui vient toute cette assurance ? Pourquoi elle et pas moi ?
Pourquoi elle et pas moi ?
Pourquoi c'est toujours à elle de me crier dessus telle une gamine de cinq ans ? Pourquoi c'est toujours elle qui enclenche les bastons l'une après l'autre ? Pourquoi c'est toujours elle qui sort les vieilles archives oubliées sur l'histoire avec Marco ? Ne peut-elle pas juste oublier cette histoire et avancer, arrêter de me pourrir la vie, arrêter de m'accuser et de me laisser ces disputes sur la conscience alors qu'elle dort sur ses deux oreilles la nuit ? Parce-que tu ne lui as pas cloué le bec dès le début, parce-que tu continues à fermer stupidement ton bec, parce qu'elle a vu en toi une personne faible qu'elle peut monopoliser quand elle veut.
Parce-que ça doit changer.
Mon stylo s'appuie avec violence sur la feuille, la déchirant. Ma rage est telle que je le jette de l'autre bout de la table avant de me lever rapidement, laissant Lily impressionnée, mais surtout amusée et impatiente de voir comment Yumi Kairi va reprendre les choses en mains.
Show me how defenseless you really are
Je me poste en face d'elle. C'est fou comme notre différence de taille est ridicule et remarquable, que cette naine même pas foutue de mesurer normalement me fait un effet néfaste. Le silence polaire précédemment installé entre nous deux voles en éclats, tout aussi que ma patience qui a dangereusement débordé des limites convenues.
« Toi aussi arrête de mentir, j'ai très bien vu comment tu trichais sur Marie et Lucie, comment tu donnais des coups de pieds dans leurs chaises pour qu'elles te montrent les réponses, commençai-je d'une voix tremblante mais calme. Oui, je l'avoue, j'ai triché plusieurs fois aux examens comme toi mais je ne recopie pas une feuille entière. Je demande simplement à mon amie de me rappeler le mot que j'ai oublié pour me remémorer ensuite tout le paragraphe » Je pris une courte pause pour reprendre mon souffle, puis continuai « Hum…En revanche, je ne recopie pas toute une feuille. Et puis, qu'est-ce que ça peut te foutre que je triche ou pas ? Tout le monde le fait, et tout le monde l'assume »
J'hésite, avant de rajouter encore.
« Tu cherches à ramasser mes défauts à la cuillère, que ça soit mon style vestimentaire ou mes notes à l'école. Je me suis excusée auprès de toi pour l'histoire avec Marco mais tu ne veux pas me pardonner. De mon côté, c'est oublié »
Pendant tout le long, Lily est restée calme, n'esquissant aucune geste pouvant aller contre son encontre. Elle est si confiante et sûre d'elle que j'en suis jalouse. Si inébranlable que j'ai juste envie de prendre un feutre pour dessiner sur son visage une expression douloureuse. Ce calme finit par être interrompu par un rire. Un très mauvais rire qui lui échappe.
« Mais… » Encore un rire « Ma pauvre, tu es vraiment stupide ! » Elle prend le temps de pouffer de rire une seconde fois « Je me venge. Le plus beau cadeau que tu m'as donné est de te voir flipper, suer des mains quand tu parles avec moi, faire mine de porter tes couilles et essayer de répondre avec assurance alors qu'en vérité tu trembles de tout ton être. Ton indiscrétion est presque ironique»
MAIS PUTAIN ! Que veut-elle à la fin, cette fille ?! Elle cherche quoi exactement ?! J'en ai MARRE putain, j'essaye de lui parler mais elle ne fait que de contourner ma question. Quel genre d'ennemi te dirait ça ouvertement, qu'il prend un plaisir sadique à te voir souffrir ?!
« Excuse-moi de mettre des limites à ta vengeance qui a duré trop longtemps alors. Tu m'as vu pleuré le jour même de notre première dispute, et cette histoire date depuis le collège »
« Parce-que… »
« Lily, ça suffit ! » Intervint Marie en tirant cette source de problèmes par le bras, hochant négativement de la tête en la regardant. Lucie imita son geste, venant me reposer à ma place en me chuchotant de me calmer.
« Si tu n'es pas contente de réviser avec nous ou que tu viens ici pour provoquer les problèmes, je te conseille de sortir ! » Continua mon amie en prenant ma défense.
« Oi toi, tu me parles sur un autre-.. »
« Vous pouvez la fermer, salles morveuses ? » La voix de Levi surgit du côté des garçons, froide et ferme, instaurant le silence dans les deux clans. Son stylo toujours rivé sur son cahier, il nous fixe simplement, mais s'attarde un peu plus sur moi.
Tout le monde retient son souffle.
« Et toi, gamine de mes deux. Tu vas sagement arrêter de chercher la merde et descendre de ton p'tit nuage, sinon c'est à coups d'pied dans l'cul que j'te vire d'ici » Continue-t-il d'un ton bien ferme et sans rappel, s'adressant à mon ennemie.
La malfaisante tourne violemment la tête vers lui, dans une moue incompréhensive de chaton maltraité. Alors salope, on se tait ? Je ne remercierai jamais assez Levi pour son intervention. Putain, j'étais sur le point de craquer et là il vient juste de rafraîchir mon cœur avec sa réplique. C'est connu : la seule personne à qui personne ne peut tenir tête est bien l'Ackerman. Elle range rageusement ses affaires, non sans manquer de me tuer du regard –regard que j'ignore royalement en me concentrant sur mon cahier–. Néanmoins, avant de partir elle tapote trois fois sa main sur mon épaule et se penche sur moi pour me murmurer.
« Ce n'est pas finit entre nous deux, on verra ça un autre jour »
Elle décroche son vélo du stand, monte dessus et longe un raccourci pour rentrer chez elle, disparaissant entre les passants et les voitures. C'est finit ? Elle est enfin partie ? Je peux enfin respirer sans être jugée ? Je soupirai longuement, posant mon stylo et commençai à effectuer de réguliers gestes avec mon pouce sur mon crâne, voulant refroidir mon cerveau en surchauffe. Un silence de mort s'installe. Personne n'ose interrompre le calme oppressant, et tout le monde replonge dans ses études.
« Yumi ! »
Un soupir bruyant m'échappe. Qui encore ? Je tournai ma tête vers les filles, et l'une d'elles m'indique d'un hochement de tête que ça provient du côté des garçons. J'haussai un sourcil et suivis le mouvement jusqu'à y-voir… mon petit oursin en peluche aux yeux verts qui me fait signe de le rejoindre –vous l'aurez bien comprit, c'est Eren–. Voyant que je ne réagis pas, il suit sa phrase.
« Je n'arrive pas à comprendre l'exercice 22, tu m'aides ? »
Je repose immédiatement mes prunelles sur le livre et cherche nerveusement cet exercice. Merde, il est ou putain, de quoi parle-t-il ?! Un rire de la part d'Eren attira mon attention et enflamma mes joues.
« Page 36 »
Je souris gênée en bredouillant un « Merci ». Toutes les filles me regardent bizarrement, y-comprit Marie et Lucie. Et merde ! Je dois passer pour la vieille fillette amoureuse alors que ce n'est pas le cas ! Je ne sais pas s'il y'a encore des gens qui shippent le Eremi –Eren x Yumi– mais j'espère que non. Je sélectionnai la page et fixai l'exercice avec attention. Bon, à première vue ce n'est pas si difficile que ça excepté des choses qu'on a étudié au collège et pendant l'ombre d'une seconde, je me demande si Eren n'a pas prétexté une excuse pour que je vienne le voir.
Je finis par lever mon visage à nouveau souriant vers le brun, hochant de la tête en prenant mon livre. D'un pas ferme je me dirigeai vers lui, avant de voir s'il y'avait une place libre pour m'installer. Intérieurement, je souhaitais m'asseoir entre Levi et Eren mais vu que c'est trop beau pour être vrai, je dus me pencher sur l'épaule du brun, déposer le livre et lui expliquer dans cette position douloureuse. Je n'ai toujours pas compris s'il m'a appelé plus pour l'exercice que pour quelque chose de plus secret.
Soudain, Eren se colla dangereusement à moi –d'une manière qui trahissait la distance personnelle–, réduisant la proximité entre nous deux et mon cœur rata un battement. Dans un murmure presque imperceptible, je lui murmurai, gênée : « Euh Eren… » Il me coupa rapidement par un léger clin d'œil, et je compris immédiatement le secret derrière ce petit cirque monté de toute pièce : le regard insistant de Levi me brûlant petit à petit le dos ne pouvait tromper personne. Je pouvais sentir d'ici ses prunelles me happer avec une violente froideur, tellement qu'un frisson parcourut ma colonne vertébrale. Je continuai à jouer la comédie, l'air de rien, n'hésitant pas à m'approcher un peu plus d'Eren pour lui demander s'il avait comprit telle question –lui-même fut étonné par mes talents d'actrice !–. Pour les autres tels que Marie et Lucie ça ne laissait qu'une seule suggestion : je draguais ouvertement Eren. Moi, je me sentais presque privilégiée d'avoir à joué ce rôle.
Un grave raclement de gorge retentit derrière moi, et mon cœur fit un bond : Levi ne cherchait plus à être indiscret. Ses simples œillades s'étaient carrément transformées en des regards noirs, broyant mes yeux tels une tempête et pendant un instant, je tournai mon regard vers lui, voulant juste m'assurer de la tronche du petit-ami parfaitement jaloux qu'il tire. Hein ? Ou est-il ? Il n'est plus…
« AIE ! Putain, plus gentiment tu veux ! »
Quelqu'un m'avait violemment poussé par terre, me projetant sur l'herbe fraîche. Le cul au sol, j'essayai au maximum de calmer la rage et la forte douleur à mon postérieur, et alors que j'allais lancer une réplique parfaite à mon agresseur je vis le spectacle le plus niais qu'il soit : Levi s'était encore plus collé à Eren, avait prit le livre de mathématique et dit d'une voix toute à fait maîtrisée.
« Bon, il est ou cet exercice que t'as pas gobé, merdeux ? »
Je n'arrive pas à y-croire. Non seulement monsieur se permet de me pousser, mais en plus il est carrément entrain de nous faire une démonstration de jalousie. Eren lui, était plus rouge pivoine mais tout aussi incompréhensif que moi. Depuis quand Levi Ackerman est-il jaloux ? Oh, facile comme calcule : depuis qu'il est amoureux d'Eren Jaeger.
« Je… merci, mais Yumi m'a déjà expliqué… »
Eren semble incroyablement gêné et parle non sans balbutiant et je peux cerner sans difficulté le combat livré entre sa raison qui lui souffle de reculer de quelques centimètres, son cœur qui l'oblige à rester ou il est, mais surtout ses hormones qui lui ordonnent de sauter sur la bouche de son ''ami'', et pas la peine de me demander comment j'ai su tout ça : Les yeux de ce mec sont pire qu'un livre lu à haute voix. Espérons juste que son matricule ne se mette pas en marche, car la proximité de leurs visages est, hum, disons… plus qu'intrigante.
Levi de son côté reste là, à fixer son camarade avec son habituel masque indéchiffrable mais finit par lâcher un brusque « Tsk », signe d'agacement. Il s'éloigne du brun et revient à sa place comme si de rien n'était, replongeant le nez dans ses cours. Quant à moi, je peux lire d'ici l'urgente détresse dans les yeux d'Eren, tel un silencieux : « Ne t'écarte pas ! ». Son corps crie à l'insuffisance, le besoin d'en recevoir plus, d'être constamment regardé, de…
« Yumi, tu vas rester allongée dans l'herbe avec cette tête de constipé pendant le reste du cours ? »
Je relevai violemment ma tête vers Enzo. Merde, merde et puis merde ! Ca fait dix bonnes minutes que je fixe Levi et Eren et avec un peu de chance, il ne se doute de rien. Mais vu que le légendaire mot « chance » ne fait aucunement partie de mon dictionnaire, mon camarade se contente de me lancer un regard coquin, signe qu'il est au courant. Bon, la série je suis dans la merde continue avec un deuxième épisode. Je suis sûre que je pourrais récolter la fortune de Bill Gates en un jour rien qu'en racontant ma vie passionnante.
Je soupirai lourdement avant de me lever. Allez, plus qu'une demi-heure et je pourrais enfin rentrer chez moi ou je ne sais pas quoi.
Fin du chapitre !
Sinon, j'ai décidé de passer l'explication aux parents car sinon le chapitre serait beaucoup trop long, et puis je sais que certains de vous s'en foutent pas mal de la vie de Yumi x) mais je suis obligée de la raconter parce que c'est une partie intégrante de l'histoire !
Désolée pour les fautes, trop la flemme de relire un texte de 5000 mots.
À la prochaine, reviewez ou je vous mange ! é.è
