Bondour ! Comment cha'va ? :'3

Je voulais vous informer de quelque chose d'important *se racle la gorge, prend sa feuille et lit* : Aujourd'hui en ce 3 Septembre 2016, deuxième jour de la rentrée scolaire maudite, je me suis dise : « et pourquoi ne pas réconforter mes fans avec un chapitre dépassant les 5000 mots ?»

Heh oui ! xD Avouez j'suis trop gentille :v Je ne sais pas si je vais régulièrement continuer à écrire des chapitres AUSSI LONGS, ou si c'est juste pour cette fois mais ça me tente, pas vous ? x'3
Pour la réponse aux Reviews, je l'ai fais dans le chapitre « Note d'auteur ». Je m'excuse auprès de celles et ceux que j'ai précédemment oublié ! (notamment toi, MRScarpoute. Ne me boudez pas, maîtresse ! :'C)

Bonne lecture !


Un cahier rouge venait de cogner contre le mur avec violence, provoquant un léger bruit de feuilles déchirées avant de retomber vulgairement à terre, comme une araignée qui a finit par trop s'accrocher à sa toile. À terre, on pouvait distinguer les grandes lettres écrites en noir au milieu de cette couverture rouge, affichant d'une formalité ennuyante : « LIVRE DE MATHEMATIQUES ». Aussitôt, ma petite trousse rouge qui abritait mes stylos et autres affaires rejoignit brutalement le livre, non sans embrasser le mur. Je m'excuse pour cette petite scène de violence classée -2 ans, mais s'il y'a une matière que je déteste réviser, c'est bien les maths'. Entre ces équations ridicules, ces questions sans aucun sens qu'on nous demande à résoudre et surtout, ces chiantes règles à appliquer, je sens que je vais perdre l'usage de mes neurones. Evidemment, vous me diriez que j'ai déjà révisé avec ma classe toute à l'heure, mais vers la fin ça s'est un peu mal passé : le plan drague d'Eren –qui a plutôt bien fonctionné– et la chieuse de Lily m'ont bien fait déconcentré ! Et là, je me retrouve avec tout un livre de leçons à rattraper. Bah oui ! Même dans les petites choses banales de la vie, c'est toujours Yumi qui doit payer les frais !

Je poussai un soupir agacé, laissant ma tête retomber contre le bureau d'une mollesse spectaculaire. La faible lumière de table aveugle mes yeux, et je proteste en détournant ma tête vers l'autre côté. La luminosité permet à mon ombre de se refléter sur les murs de ma chambre, tel un film cinématographique –ce terme est très vieux–.Wow… L'image que je me donne maintenant ne ressemble aucunement à celle que les gens ont prit de moi : aux yeux du grand public connu de ma mère, je suis la fille intello qui est admirée des petits garçons, que les parents pointent du doigt pour montrer un exemple à leurs progénitures –qui me regardent avec envie, le plus souvent–. Aux yeux de mes proches, cette image est un peu plus défigurée : je suis une vraie pile électrique qui n'hésite pas à piquer des fou-rires pour un rien, qui parle vaguement de sujets douteux (pervers). Mes amies sont également au courant pour le fait que je déteste Marco et que ma mère est une complexée dans l'âme –c'est impoli de l'avouer ainsi, mais la vérité se doit d'être dite–. Quoi encore ? Ha oui, sans oublier que trois de mes proches savent que j'aime regarder des animés et lire des mangas-…

Merde ! Mes mangas Yaoi ! C'fait longtemps que je ne les ai pas vus !

Trêve de pensées, je relève brusquement ma tête de mon bureau –tout autant que je déloge mon fessier de ma chaise– et me dirige avec hâte vers mon lit. Je soulève le matelas, tournant frénétiquement mes prunelles de gauche à droite, à la recherche d'un fin livre doté d'une couverture érotique de deux beaux gosses tous nus entrain de regarder le lecteur. Ne me demandez pas pourquoi je cherche avec une telle précipitation un simple magazine gay : avec une mémoire de poisson rouge et une mère extrêmement homophobe et complexée, le pire peut se produire à tout moment et dieu seul sait que la confiance –imaginaire– que place ma mère en moi peut s'envoler en un éclat. Même si ma génitrice prend un air calme la plupart du temps, je n'aimerais pas trop me retrouver entre ses griffes quand elle divulgue sa colère –et la punition que j'ai subit à mon renvoi en est un petit exemple de ce qu'elle peut faire si elle retrouve ces mangas avant moi–.

Le matelas échappe brutalement de mes mains, tandis que j'essaye de retrouver un tant soit peu mon sang froid. Bon Yumi ! Calme-toi ! Déjà, pourquoi t'es si affolée pauvre conne ?! –m'auto-insulter quand je suis anxieuse est une habitude–. Allez gros tas d'vache ! Réfléchis ! Je jette un furtif regard à ma bibliothèque, puis m'attarde un peu dessus. Et s'ils étaient là ? Non impossible. C'est le premier endroit que ma mère nettoie le matin –étant donné la quantité astronomique de poussière et d'autres trucs extraterrestres qui résident entre ces livres abandonnés depuis mille ans–. N'oublions pas que le terme « nettoyer » a sa propre définition chez une mère comme la tienne : « fouiller la bibliothèque pour s'assurer que sa fille ne se shoote pas, n'a pas de relations avec d'autres garçons dont elle reçoit des lettres romantiques, n'a pas de livres bizarres ». La première suggestion est absurde, la deuxième aussi –ça serait suicidaire de ma part–, la troisième… euh… un peu trop vraie ? Et pourquoi ne pas aller jeter un coup d'œil ? J'avance avec vivacité vers ma biblio', une moue –exceptionnellement– sévère et sérieuse collée à mon visage. Mes mains dansent entre les livres, mes yeux suivent chaque mouvement que j'esquisse mais mes recherches sont comme prédit, inutiles.

« La chasse au Yaoi » continue, et je suis au bord d'écrire un avis de recherche sur internet. Chaque coin fouillé en vain, chaque petit échec manque de me faire pleurer de stress. S'il n'est pas là, peut-être qu'il est là ? Ou encore là et là ?... Cette technique ne marche plus. Le livre est introuvable et la seule piste qui me reste : la chambre de ma mère. Pourquoi ne vais-je pas enquêter dedans ? Parce-que c'est comme la pièce interdite, vous savez dans les restaurants il y'a ce petit espèce pour le personnel ou il est écrit « défense d'entrer » ? Voilà, je pense que c'est suffisant. Je ne sais pas si ma mère a quelque chose à cacher à propos de son passé –pas si sordide que ça, si on omet son histoire avec mon ex-père–, ou si, tout comme moi, elle cache des magazines érotiques.

Bref, aucune possibilité d'infiltration dans sa chambre n'est envisageable, vu qu'elle ferme la porte avec des clefs qu'elle ramène avec elle partout et sur qui elle détient un œil précieux comme si c'était l'objet qui allait ouvrir le coffre contenant le One Piece et qu'elle devait le donner au mangaka de cet animé à la fin –encore faut-il le OP soit réel–. Mais… en y-repensant bien, s'ils étaient réellement dans sa chambre, il n y'aurait que elle pour les ramener. Ca voudrait dire alors qu'elle les a déjà vus ! Mais si c'était vraiment le cas, elle m'en aurait parlé à la minute même ou elle a découvert ces magazines ! Je connais bien ma mère, et elle n'est pas du genre à contenir sa colère trop longtemps.

Un soupir m'échappe. Cette suggestion a manqué de me rajouter un brin d'espoir.

« Yumi ?! »

Sa voix manque d'arracher un battement à mon pauvre cœur, et je détourne lentement mon regard vers elle, tandis que moi, suis scotchée au milieu du couloir telle une bougie –visiblement à la recherche de quelque chose depuis une bonne dizaine de minutes–. Bon, là vient la fin de ma vie. Chers inconnus qui suivent la routine de ma vie, je vous remercie pour toute cette attention étrange que vous me donnez. Veillez à rendre l'Ereri canon, dîtes à Petra que je ne suis pas désolée, dîtes à Mikasa que je l'emmerde, dîtes à Marie et Lucie de se trouver une autre partenaire pour tricher et à Lily, de trouver un autre souffre-douleur. Dîtes à Marco que je méritais, dîtes à Enzo de formater mon compte Facebook au maximum ainsi que mon téléphone –ce dernier étant un petit génie en informatique–, et enfin, dîtes leurs, tous réunis, que je les aimais. Ah ! N'oubliez pas de prévenir Sarah que c'est une salope et que je ne serais pas là pour la Japon Expo.

Accepter son sort, essayer de mentir.

Mon cerveau est en pleine élaboration d'un mensonge solide qui puisse prétexter un minimum l'arrivée mystérieuse de ce genre de mangas dans ma chambre. Avant même que je ne puisse me justifier, elle lance d'un ton inquiet mais tout aussi accusateur.

« Qu'est-ce que tu cherches ? Tu as perdue quelque chose ? »

Je reste figée quelques secondes, avant qu'un imperceptible souffle de soulagement ne m'échappe. Putain ! Tout ce screamer pour une question si stupide ! Sérieux man', tu devrais t'engager comme actrice dans l'univers hollywoodien ou les films Western. Vous savez, ces moments ou il l'héroïne fait planer le suspens avant d'annoncer qu'elle voudrait bien manger des hamburgers dans le Mc'Do du coin, et que les autres personnages soufflent de soulagement en ricanant. Bon, j'arrête de divaguer.

« Mmhmpf… »

Quoique pas si stupide que ça… avec les grimaces que je tire depuis toute à l'heure et ma fabuleuse indiscrétion, j'aurais du me rendre compte qu'elle se doutait de quelque chose.

« J'ai perdu mon billet de cinq euros quelque part, donc je le cherche » Répliquai-je d'un ton glaciale, tout en la fixant d'un air nonchalant qui ne laisserait rien transparaître de mon malaise.

« Depuis quand je t'ai prêté cinq euros, moi ?... » M'interrogea-t-elle en arquant un sourcil.

Ah, quoique. Je commence à m'énerver de toutes ces questions futiles. Ce n'est vraiment mais alors VRAIMENT pas le moment de me faire chier, man'. Soudain, une pensée furtive passe tel un flash sur mon cerveau et me rappelle que je n'ai toujours pas trouvé mon magazine érotique et que je viens de délaisser mes révisions pas encore abouties. Une boule de stress –de la taille d'un ballon d'rugby– me remplie presque aussitôt la gorge. Normal d'être comme ça, surtout quand tu t'rends compte que la personne qui va te castrer dans un futur proche se tient à quelques centimètres de toi. Là, t'auras juste envie de déguerpir, jeune personne irréelle à qui je confesse mes peines.

« Et puis quoi encore ? Tu doutes de ce que je peux faire avec cinq euros ?! » Dis-je en haussant le ton, énervée.

Elle serre les poings et me répond sur un ton tout aussi colérique.

« Oh mais ! Excuse-moi de remplir mon rôle de mère ! »

« Exact, t'es une mère, pas un agent du FBI » Avais-je rendu en lui lançant un regard noir, avant d'accourir dans ma chambre et de claquer la porte –comme à pratiquement chaque fois–.

Merde, cette dispute n'a fait que de renforcer les tentions. La boule de stress qui bloquait précédemment ma gorge ne fait que de grandir, allant même jusqu'à me couper l'appétit –chose miraculeuse–. Je suis dans la merde, et pour de bon. Maintenant, ma mère est fâchée, ce qui me donne l'occasion de légèrement entrevoir l'excessivité de sa réaction quand elle remarquera les mangas érotiques –et donc les conséquences désolantes dans lesquelles je vais quitter ce monde–. Un soupir m'échappe, tandis que mon attention se reporte par instinct sur mon livre de maths' –qui léchait le sol–. Si j'ai une bonne note au devoir, j'aurais une excuse crédible non ?

Exactement ! Je dois essayer la fameuse technique du « remboursement » qui consiste à remplacer sa connerie par une bonne nouvelle. Je n'ai pas très envie de bosser, surtout en ce moment ou le stress ne fait que de grandir dans mon esprit, mais maintenant j'ai une bonne raison qui me pousse à réviser : celle de ne pas recevoir la pluie d'insultes –et de coups ?– qui viendra plus tard. Je me dirige lentement là ou réside le livre maltraité, m'accroupis et l'empoigne en fixant la page froissée : comme par hasard, les exercices que je bossais dessus n'ont pas disparu, et je prends ça tel un signe du destin qui m'incite à réviser. Aussitôt, je m'affale avec paresse sur la chaise du bureau et me remet au travail.


« Yumi ! N'oublie pas de relire trois fois la question avant de répondre » débuta ma mère « concentre-toi sur chaque question ! Tu as une heure, ne traîne pas non plus ! »

Avant chaque examen, chaque devoir, ma mère doit me refaire cette fameuse tirade. J'y suis tellement habituée maintenant, que je fuis carrément de chez moi pour éviter son blabla répétitif. Alors que je descends les escaliers de l'immeuble –on habite au quatrième étage, ce n'est pas bien long–, la voix de ma mère continue à me gueuler dessus des instructions inutiles dont je n'ai pas besoin. Je suis déjà assez stressée comme ça, pas la peine d'en rajouter et puis, je trouve ma génitrice assez dingue pour crier ainsi dans tout le bâtiment à une heure si matinale.

Lorsque je finis par sortir à l'air frais, je prends une grande inspiration. J'ai toujours aimé me libérer de l'espace de la maison, sortir le matin ou la nuit quand le courant d'air est renouvelé, sentir cette goulée d'air me refroidir les poumons, se libérer de l'ambiance chaleureuse et étouffante de la maison à celle glaciale des débuts d'hiver. J'ai toujours cette impression de renaissance qui me parcourt le corps, m'incite à marcher lentement tout en profitant des dernières étoiles nocturnes que le ciel bleu se charge d'éliminer, petit à petit. Ah, comme c'est relaxant les oiseaux qui commencent à peine de chanter…

« Eh, la chevelue ! »

Oh, pardon, je voulais dire Lucie qui commence à peiner de chanter et qui me fout des envies génocidaires dès le matin.

Je ne suis pas vraiment d'humeur à rigoler, voir même pas du tout. Que quelqu'un pense à planter un drapeau rouge sur ma tête, par pitié. Je me retourne en lâchant un soupir. Oh tiens, elle est seule. Ou est Marie ?

« Hey »

Ma voix est aussi audible qu'un murmure, aussi basse qu'une personne enrhumée et mon amie le devine sans grands efforts. Bah ouais, depuis quand Yumi Kairi laisse passer une insulte sans y répondre ironiquement ? –surtout l'matin–. Elle s'approcha de moi, m'ouvrit la paume de sa main –une invitation à ''tcheker''–, et intimement je sais qu'elle jugera de mon état d'âme actuel à partir de la manière dont je vais répondre à ce salut. Alors, je claque ma main de façon toute à fait banale contre la sienne.

« Qu'est-ce qui n'va pas ? »

Oups. Je n'ai pas bien agis. Lucie n'est pas spécialement chiante, enfin pas du genre de personnes à t'harceler de question pour savoir ce qui cloche chez toi, mais comme toute fille, elle cherchera à en savoir plus si ça continue à persister. Chacun de nous développe une curiosité naturelle envers ses proches, et elle n'y fait pas exception. Pourtant, elle devrait être habituée à me voir ainsi : après tout, ça fait 2 ans qu'on fait le trajet ensemble et elle doit être la première à savoir que je ne suis pas bavarde le matin. Je ne veux pas vraiment lui parler de mes problèmes de Yaoi, surtout car elle n'est pas au courant que je shippe des couples gay. Elle est comme la plupart des gens : dans les affaires telles que l'homosexualité, Lucie garde un avis neutre mais qui penche vers le négatif.

Revenons-en au présent : J'use d'une technique d'esquive assez fâcheuse pour contourner sa question.

« Boff, c'est juste le devoir de maths' qui m'fait chier. Sinon, elle est ou Marie ? »

Cette question me vient naturellement. Depuis quand Marie et Lucie ne font plus le trajet ensemble ? Après tout, ces deux amies –pour ne pas dire deux sœurs– sont à la limite de vivre sous le même toit. Quand l'une commence quelque chose, l'autre la finit. Quand une baston s'enclenche entre les deux, c'est souvent pour une cause débile, mais c'est –toujours– Marie qui s'excuse : Lucie est sensible et facilement irritable ce qui peut créer une spirale sans fin –qui se conclut la plupart du temps par l'arrivée des parents–.

« Elle n'a pas trouvé son cahier de géo', alors elle met du temps à le chercher»

Je lâchai un simple « Oh », pas très intéressée. J'espère néanmoins qu'elle le trouvera, notre professeur est assez chiant sur ce point-là.

« T'imagine si le devoir est en réalité aujourd'hui ? » me lança mon amie, tout en marchant à mes côtés « Putain ! Heureusement qu'on a révisé hier, l'instituteur a dit que ce n'était pas nécessairement la semaine prochaine »

« Mphf.. » grommelai-je, avant de dire d'un ton paresseux. « Je préfère que ça soit aujourd'hui »

« Pourquoi ? » M'interrogea-t-elle en me fixant du coin de l'œil.

J'haussai les épaules.

« Bah, pour ne pas avoir ce devoir sur la conscience… on s'en débarrasserait »

« M'ouais, t'as raison » dit-elle. « Mh.. » elle hésite, avant de continuer « Tu crois que Lily a oublié ? Après tout… elle n'est pas du genre à pardonner facilement, tu sais »

Elle accompagne sa phrase d'un rictus faussement moqueur, ce qui provoque mon agacement.

« Ecoute Lucie, je ne veux vraiment pas en parler » commençai-je d'un ton ferme « Qu'elle fasse ce qu'elle veut, je ne suis pas sa punching-ball, alors bordel de merde, foutez-moi la paix avec cette fille ! »

Elle tourna un regard surprit vers moi, essayant de rectifier sa phrase mais je la coupai aussitôt.

« Je croyais qu'elle deviendra un peu plus mature mais finalement non. Je n'lui plais pas ? Tant mieux, c'est réciproque maintenant. J'l'emmerde» finis-je sur un timbre haineux.

Certes, c'est vrai que par rapport à hier je tremble de tout mon être rien qu'en pensant à ce qu'elle me dira aujourd'hui –ou ce qu'elle me fera–, mais je dois faire semblant d'être confiante jusqu'à le devenir réellement –une information recueillie sur Wikihow, d'ailleurs–. Ce n'est pas son langage cru ni sa force qui me feront reculer. Elle a le même âge que moi, on est dans la même putain de situation périlleuse surnommée « l'adolescence » alors je peux sans grande difficulté devenir comme elle. Elle veut la guerre ? Elle l'aura.

Mon bas-ventre est ravagé par des flammes, et mes épaules sont crispées rien qu'en y-pensant. Mais soudain, une main se posant sur le haut de mon crâne me fit relâcher toute la tension. Lucie venait d'établir un simple contact avec moi, autant physique que visuel.

« Je suis là pour t'aider, Yumi »

Je tournai mon regard vers elle, et hochai la tête en lui souriant, reconnaissante. C'est vrai qu'il y'a des fois ou elle s'amuse à se moquer de moi pendant que je me fais tabasser par Lily, mais elle partage à peu près la même haine que moi. On se fait mutuellement confiance, et je crois que le plus important pour le moment, c'est d'avoir quelqu'un sur qui appuyer sa confiance.


« Bien, maintenant, rangez vos affaires de mathématique, sortez une feuille blanche et un stylo ! Devoir surprise ! » Annonça notre professeur de maths', monsieur Smith.

Une violente poussée d'excitation mélangée à de la peur envahit mon cœur, celle qu'on a quand on est prit au dépourvu. La moitié de la classe pousse un énorme « HUH ?! », vite étouffé par le regard sévère de l'instituteur qui commence déjà à distribuer les feuilles, laissant les élèves marmonner dans leurs barbes. Etant assise à la première table, l'honneur fut à moi de visualiser le sujet en premier, puis à camarade –après la réconciliation de Levi et Eren, Petra s'est rassise à mes côtés. Je m'en fous un peu, je me contente de l'ignorer–. Mes yeux s'attardent aussitôt sur le premier exercice.

Oh mon dieu non… le seul cours que je n'ai pas révisé.

Bien, vous devez tous connaître les lettres X et Y, classées et à l'ordre alphabétique? Exactement. À cet instant même, je peux me promettre de ne plus jamais employer ces deux alphabets maudits. Putain, s'il y'a bien une chose que je ne peux supporter en maths', ce sont les calculs pour trouver les chibres mystérieux, euh pardon je voulais dire les chiffres mystérieux. L'idée de tricher me vient aussitôt, mais en me rappelant que j'ai comme surveillant le « blond sourcilleux » –tel l'appelle les élèves–, toute tentative fuit mon esprit. Ce prof' a des yeux de lynx, ce qui lui fait un léger point commun avec Levi. Marie et Lucie m'interpellent de loin. Je ne réponds pas à leurs appels, alors trop concentrée sur les autres questions. Je n'sais pas si je dois en rire ou en pleurer.

Le reste a l'air plus ou moins facile, excepté la dernière question jonchée d'obstacles. Je soupirai, posant mon regard sur Petra qui s'attèle déjà à sa tâche. Eh Petra, ça n'te dit pas de servir à quelque chose pour une fois ? Pff. Monsieur Smith ordonne d'une voix glaciale de mettre un cartable entre chaque table, et la meilleure, c'est qu'il le dit en me fixant méchamment, me transmettant une sorte de : « N'y pense même pas ». Super… non seulement il ne se rase jamais les sourcils, mais en plus il utilise ses deux grands machins pour effrayer les autres.

Le contrôle commence, toute la classe est silencieuse à part quelques chuchotements vite calmés par notre professeur qui semble destiné à nous surveiller. De temps à autre, lorsqu'il se dirige vers deux élèves soupçonnés de tricher, j'en profite pour essayer de jeter un coup d'œil discret sur la feuille de ma camarade, ou bien tenter d'établir un quelconque contact avec quelqu'un de la classe. En vain : cette dernière camoufle partiellement sa feuille avec sa chevelure rousse et les autres sont tous concentrés, si on excepte Marie qui relève la tête de temps à autre pour lâcher un soupir stressé.

À un moment donné, elle me jette un regard puis bouge lentement ses lèvres, tel un message codé. Un « T'as compris ? » muet, auquel je réponds discrètement par un hochement négatif. L'ambiance est oppressante et malgré le léger courant d'air hivernal qui plane dehors, je sens la température monter dangereusement –surement mon cerveau en surchauffe–.

Alors que je suis décidée à replonger ma tête dans ma feuille, un petit bout d'papier plié chute brutalement sur ma table. Qu'est-ce que… hein ?! Mais wtf ?! On va m'accuser de tricher ! Un grave raclement de gorge retentit de l'autre bout de la salle, et je tourne précipitamment mon regard vers ce denier. Levi me regarde, non, me fusille du regard puis baisse ses yeux sur la feuille. Attends, attends… depuis quand Levi triche de cette manière ?! Déjà, depuis quand Levi triche, lui qui accuse ce genre de comportement « d'enfantin ? » ?! Bien décidée à savoir son mystérieux partenaire –je ne suis pas plus intéressée que ça par les réponses qui se trouvent dans cette feuille, même si c'est comme une aide divine–, je déplie le papier à fin d'y lire clairement :

Levi : « Oi morveux, passe la réponse du deuxième exo, et plus vite que ça »

Eren : « Je te signale que je suis tout autant dans la merde ! »

Levi : «Je m'en fous »

Eren : « Attends j't'ai dis ! Mais t'es vraiment têtu ma parole ! »

Un sourire idiot, non mais extrêmement idiot et bête orne mes lèvres en ce moment. Putain, putain… encore une preuve qu'ils se sont réellement réconciliés ! Pourtant, je ne sais pas si je dois exploser de rire ou pleurer de joie en lisant ce papier sacré qui mérite sa place dans le musée le plus raffiné de la ville. Ils se parlent putain, même si ce n'sont pas des paroles gentilles mais je m'en bats les couilles ! Il y'a une interaction entre eux et même si elle est écrite sur une feuille froissée et banale pour des fins illégales, ça ne change pas le fait que j'ai l'impression d'avoir trouvé une carte de trésor.

Un second raclement de gorge me fit sortir de mes pensées féériques. Je tourne frénétiquement ma tête vers Levi qui renforce sa moue renfrognée, comme un avertissement, puis vers Eren qui tient sa tête rouge de honte entre ses mains. Mon sourire ne fait que de s'agrandir et je peux sentir d'ici le regard luisant d'espoir de Marie qui croit que je souris car j'ai trouvé la réponse. Je reportai mon attention sur le petit grincheux auquel je fis un clin d'œil, vérifiai si l'instituteur ne me regardait pas… apparemment non, et notai quelque chose dessus avant de le plier et de le lancer le plus rapidement et précisément possible vers Levi. Mes capacités sportives vont faire leurs preuves là… BINGO !

« Mademoiselle Kairi ! »

Mon corps entier se crispa, tandis que mes camarades tournèrent leurs regards vers moi. Mon prof' continue d'une voix énervée.

« Concentrez-vous sur votre feuille, s'il vous plaît ! »

Je jetai un sourire désolé à mon instituteur qui me fixait, mécontent, avant de me ré-concentrer sur ma feuille d'examen, non sans lâcher un soupir. Et toi concentre-toi sur ton cul… putain, toute la classe est entrain de tricher et y'a que moi qu'il a trouvé pour me faire chier ! Laissez-moi copier en paix ! Non mais j'vous jure, quel irrespect de la part d'un prof' de déranger ses élèves en pleine mission !

Revenons-en à Levi, qui a caché le papier sous la lanière de son cartable. Une fois la fureur du prof' calmée, il le reprend entre ses doigts, le déballe et arque aussitôt un sourcil. Moi, je me contente de fixer sa réaction d'un œil discret. Il finit par me regarder un peu plus calmement, et je lui souris de manière assez maligne, ce auquel il répondit par un simple « Tsk » –rien de bien méchant– avant de recopier ce que je lui ai écris sur sa feuille.

Un étrange sentiment de satisfaction me dépose sur un petit nuage imaginaire, comme un accomplissement victorieux. Au moins, j'ai contribué à une bonne chose dans ma vie –même si tricher n'est pas le meilleur des actes–. Je replonge ma tête une bonne fois pour toute dans ma copie, continuant avec cet étrange sourire qui est à la limite de décrocher ma mâchoire. Levi, je compte sur toi pour ne pas être égoïste –et donc montrer ce papier à Eren–…

Une demi-heure plus tard, la cloche retentit et monsieur Smith nous ordonne de poser immédiatement nos stylos. Je lâche un grognement –comme toute la classe–, m'assure une dernière fois que j'ai bel et bien écris mon nom et prénom et lui passe la feuille –tout en ignorant superbement le regard noir qu'il me lance–. Je range mes affaires sans plus de questions et alors que je m'apprête à franchir le seuil de la porte au milieu du brouhaha des élèves, quelque chose glisse avec agilité dans la poche de mon jean.

Je n'ai ni le temps de comprendre, ni de protester : je sais juste que mon expéditeur a choisit le bon timing, car juste après son départ, Marie et Lucie reviennent à l'assaut avec leurs questions sur le devoir. Néanmoins, je doute qu'elles eurent remarqué l'étrange couleur pourpre qui me couvre les joues, ni mon attention reportée sur la petite silhouette aux cheveux corbeaux qui s'étouffe progressivement entre les autres personnes dans le hall du lycée.


« L'exercice deux était ultra difficile meuf ! »

« ..Non mais, de toute façon j'ai discrètement sortis mon cahier et… »

«..Mais non je t'ai dis que ce n'était pas moi qui a volé la culotte sportive de…! »

« .. Haha la bonne blague ! »

« David ta gueule on n'entend rien ! … »

Les toilettes des filles, c'est un peu comme l'espace commentaires dans Youtube. Il y'a pleines de discussions et de mots qui fusent d'ici et là-bas, méchants ou gentils, mais surtout un endroit remplit de délinquantes. Certaines filles arrivent même jusqu'à emporter avec eux leur palette de maquillage, écouter de la musique et danser… ect. Ha bah oui ! Et au milieu de tout ça, je suis un peu comme la typique noob qui porte un appareil dentaire et des lunettes avec une chemise à carreaux et un large pantalon beige, et intérieurement j'essaye de me persuader que ce n'est plus la même ambiance qu'au collège. Que les surveillants s'en foutent un peu de la délinquance des élèves maintenant grands pour se mêler de leurs culs, qu'ils ne veulent plus qu'on les materne et qu'on surveille le moindre de leurs gestes. Ils sont tout à fait adultes pour savoir qu'à cet âge, le taux d'hormones dans le corps n'est pas très instable…

La question qui se pose dans tout ce bordel : que fais-je, moi, une fille aux apparences toutes à fait ordinaires et fiables, dans un tel lieu jonché de Barbie-girls ?

Bien, la réponse est simple et efficace : juste une poussée de curiosité. Non ! Pas envers le magnifique monde des fashion-girls mais c'est plutôt parce-que j'ai une patience en plastique, et que d'attendre deux heures entières pour pouvoir lire le papier que m'a glissé Levi –car oui je sais que c'est lui– dans la poche n'est pas du tout mon genre. Enfermée dans une cabine de toilettes puante, je déballe le message, aussi excitée qu'une vierge à sa nuit d'noces.

« Je ne savais pas que t'as les couilles pour tricher. Merci gamine »

Mon cœur palpite par tant de gentillesse, pendant que j'évacue le trop de fangirl en tapant de mes pieds contre le sol.

«Ah ! »

Ah ?! Il a dit « Ah », les gens ! Quoi, « Ah » ?!

« La prochaine fois, garde tes mains pour toi. On n'approche pas ce qui m'appartient
–L »

Il parle du fait que j'ai approché son petit Erinou ? C'est ça ? Hein, dîtes-moi qu'il parle de ça ? Approuvez-moi juste ce fait, et je pourrais disjoncter en paix.

Chers gens… AIDEZ-MOI !

Mais ça voudrait dire que… que… Oh mon dieu il est jaloux, il est véritablement, universellement et excessivement et je ne sais pas quoi, jaloux ! « Jaloux », en accentuant bien sur les syllabes, ce mot fait le tour de ma base de données Fujoshi –responsable du Fangirl et autres pêchés, shame on me !–. Une chaleur dévastatrice manque d'anéantir complètement mon bas-ventre, tandis que je sens une immense envie de toute dégager –crier– remplir mes poumons. J'ai envie d'hurler ma joie en lisant ça. Non mais vous avez pas comprit ?! Ca voudrait dire que les sentiments d'Eren sont réciproques ! Mais alors attendez, attendez… on ne s'enflamme pas, s'il vous plaît ! Mais alors Levi, qu'est-ce que tu attends putain ?! DO IT. Fais le premier pas, baise Eren putain ! J'attends que ça, moi ! Depuis des putains d'années, depuis l'apparition jusqu'à la disparition des dinosaures, depuis que je suis née j'attends le moment ou vous allez vous mettre en couple et que vous allez faire un énorme Fuck à tout l'monde !

Telle une folle, je mets mes mains dans ma bouche –oui, mes deux bonnes grosses mains– pour éviter de crier, tandis que je balance mon bassin de gauche à droite, étant assise sur la cuvette sale des toilettes –je m'en bats les ovaires, putain !– LE ERERI EST FUCKING CANON ALORS, C'EST BON ?! Je manque de saigner du nez en les imaginant ensemble, entrain de s'embrasser, entrain de se câliner, se toucher, se baiser… hum hum. J'ai l'air d'un pédophile qui a vu un petit enfant de cinq ans lécher une sucette et qui s'retient de le violer, car il est dans un espace public.

Bon, je ferais mieux de retourner au réfectoire ! Après tout, de la vieille purée avec des saucisses mal-cuites, ça ne se rate pas ! C'est ainsi que je me lave les mains –base de l'hygiène– avant de descendre les escaliers du lycée, pour enfin pénétrer à travers ces énormes portails blancs de bloc opératoire qui nous servent d'accueil pour la cantine. En y-entrant déjà, tu peux sentir l'énorme malaise qui plane. Tout le monde parle bruyamment, l'odeur de la nourriture est nauséabonde, il y'a de la sauce blanche sur le carrelage –et non je ne sous-entends rien de pervers–. Enfin bref, un vrai bordel ! Toutes les tables sont alignées à la verticale, et juste à côté il y'a quatre stands de nourriture. Je cherche du regard ma classe –ce qui n'est pas très évident entre une foule de 200 personnes en constante agitation–, et finit par apercevoir la tête de Levi, au coin.

Yosh !

Je me dirige vers le premier stand de nourriture.

« Bonjour ! » m'adressai-je au serveur avec un grand sourire.

Ce dernier se contente de me fixer avec ennui, comme s'il était habitué à entendre ça, et ça ne m'étonne pas plus que ça. Son boulot doit être chiant, la vache ! Servir une bande d'adolescents pas satisfaits –et j'en passe sur les filles au régime–. Il remplit mon plateau de purée, trois longues saucisses et un verre de jus puis me le passe en soupirant. J'évite de le causer plus que ça et m'éclipse avec mon déjeuner vers le fond…

« Par là, Yumi ! »

Marie me fait signe en se levant de sa chaise, et j'essaye de suivre la source de sa voix jusqu'à la voir, entrain de me faire des signes complètement aléatoires avec ses mains. Je pouffe de rire : ce qu'elle a l'air conne comme ça ! Mine de rien, je jette un coup d'œil furtif sur les occupants de la table à côté.

Oh mon dieu. Putain, Marie tu es un génie, merci d'avoir choppé la table avoisinante à celle de Levi et Eren. Franchement, MERCI ! Je suis à la limite de lui faire un salut militaire. Je me dirige vers elle, toute souriante et n'hésite pas à toiser discrètement Levi qui, lui, a trouvé un meilleur boulot apparemment.

« Putain morveux, mange plus proprement ou déguerpis d'à mes côtes ! T'es dégueulasse » Lança Levi sur un ton dégoûté en regardant Eren, qui visiblement, ne semble pas plus gêné que ça de saisir une saucisse avec ses mains.

« Moi au moins je ne noue pas un torchon blanc autour de mon cou pour ne pas me salir, comme un bébé !» dit-il avec moquerie, la bouche toute pleine –laissant entrevoir la nourriture en pleine décomposition–.

Levi tire une grimace de pur dégoût et détourne vite son regard de ce spectacle odieux, sous les regards mi-interloqués mi-habitués des autres élèves. Je pris place entre Marie et Lucie, pose mon plateau tout en empoignant proprement mes couverts –pour faire plaisir à monsieur maniaque– et commence à manger. Enfin ! La nourriture délicieuse réanime mon corps et expulse une nouvelle vague de fatigue hors de mon corps. Il faut reprendre des forces car cet après-midi on aura une séance sportive –avec comme entraîneur monsieur Keith Shadis, un vieil homme aux forces extraterrestres–. Heureusement qu'on n'a pas cours pour les deux prochaines heures, ce qui nous permettra au moins de rentrer chez nous et bien nous reposer ! Car je peux vous l'dire, cet entraîneur est sans pitié.

Tout se passe au mieux jusqu'à maintenant, si ce n'est cette désagréable sensation de… je ne sais pas quoi ni comment l'expliquer, mais je sens que quelque chose manque… pourtant, je n'ai rien oublié ? Je tourne mon regard sur mes amies qui mangent silencieusement, ou papotent discrètement. Je suis la seule à ressentir cette sorte de malaise ? Peut-être que je suis malade, que la purée est périmée. Je pose lentement mes couverts sur la table, tout en regardant frénétiquement chaque personne. J'ai une sorte de pressentiment putain, comme si je suis entrain de raté quelque chose. Peut-être que c'est mon imagination ? Bah oui Yumi, tu t'prends la tête pour rien ! Mange et ignore donc cette mauvaise boule que t'as au ventre –à moins que tu as tes règles, ce qui est parfaitement regrettable–. Alors que je reprends peu à peu possession de ma cuillère, un bruit suspect résonnant de l'autre table m'interpelle.

J'y repose immédiatement mon regard, tel un instinct –comme si mon malaise allait disparaître en regardant la table voisine, pff–. Tout le monde mange, il n y'a rien. Mais pourquoi le côté des garçons est beaucoup plus silencieux que celui des filles ? Pourquoi ils ne bavardent pas comme d'habitude ? Je prends comme spécimen Enzo, que j'interpelle discrètement.

« Eh, Enzo ! » dis-je en haussant un peu le ton.

Ce dernier relève précipitamment sa tête vers moi –tel un criminel prit en flagrant délit–. C'est là que j'ai la confirmation de mes doutes : y'a un truc glauque qui se passe du côté des garçons. Je penche mon bassin vers l'arrière, à fin d'avoir une vue meilleure. Tiens ? Pourquoi Levi et Eren se fixent ainsi ? Je balance mon bassin un peu plus vers l'avant, semant un regard interrogateur de Lucie qui décide donc de suivre le mouvement de mes yeux-…

Merde. Bordel de putain de merde.

Je comprends maintenant pourquoi tout le monde est silencieux. Ils sont gênés. Gênés par ce qu'il se passe entre… putain. Merde. Mes ovaires vont craquer. Je vais disjoncter.

Soudain, Levi renferme doucement sa paume autour de sa saucisse, la saisissant pleinement d'une lenteur presque malsaine, sans se soucier de sa main maintenant dégoulinante de sauce. Son regard luisant d'une dangereuse montée de luxure, semble fixe intensément Eren, qui lui, déglutit en suivant chacun des gestes de son partenaire. Il est comme hypnotisé, déconnecté de la réalité. Personne n'existe dans la salle actuellement, à part lui et Levi. Ce dernier gobe entièrement la saucisse, la maintenant bien entre ses lèvres avant de l'aspirer avec soif, puis la pousse hors de sa gorge, laissant un filet de bave le relier au bout. Ses joues sont rougies, ses lèvres entre-ouvertes, son regard lance des électrochocs toxiques, donnant un tableau ô combien orgasmique, au plaisir des yeux de son « ami » qui rougit violemment mais sans pour autant détacher son regard. L'Ackerman réitère son geste une seconde fois, provoquant des bruits de succion que n'importe quel aveugle aurait jugé comme indécents. C'fait combien de fois que cette saucisse a eu le plaisir de sortir et rentrer dans sa bouche ? Exactement cinq fois. Cinq fois, et je peux sentir d'ici l'évidente érection du pauvre Jaeger qui plie précipitamment ses jambes, à la limite de soulever la table avec son engin maintenant réveillé.

Le spectacle se finit rapidement –à mon plus grand dam–, l'Ackerman pose sa saucisse, prend son habituel mouchoir pour essuyer sa bouche et sa main avant de se lever en prenant soin de ramener son plateau, lançant à Eren un regard lubrique, lourd de sous-entendus. À peine quitte-t-il la table, que les deux assemblées lâchent un énorme souffle, comme si tout le monde avait retenu sa respiration pendant ce moment ô combien palpitant et oppressant. Enzo lance à Eren des œillades mélangées entre la perversion et le doute, Marco a détourné son regard pendant tout le long, tandis que le concerné aux yeux de jade n'ose même plus relever sa tête pour fixer les regards des autres. Il ne prend même pas la peine de débarrasser son plateau et fuit en courant du réfectoire –ignorant le fait que son petit soldat fait un salut militaire à toutes les personnes présentes–.

Bon… le bilan médical maintenant ! : rien de bien grave. J'ai juste… deux ovaires pétés, un neurone en moins, une hémorragie nasale, une folle envie de tuer quelqu'un à coup d'fourchette dans les boules en hurlant, le besoin de me défouler en courant à poils dans tout le réfectoire et en foutant de la purée sur mes organes génitaux en criant telle une possédée.

NON mais attend ! Y'a pas que ma classe qui ont assisté à cette scène digne d'un film pornographique, mais deux des classes voisines ! Mon cerveau est bien trop déconnecté pour me poser des questions sur le « comment un garçon populaire aimé de toutes les filles peut faire ça au plaisir d'un autre garçon, tout ça au milieu d'une foule qui regroupe les plus bavards du lycée ? » La seule réponse que j'ai est plus simple : « il s'en contre bat les couilles d'avoir l'attention des autres, lui ce qu'il veut, c'est son Eren » –et ça ne me dérange pas comme conclusion–.

« Bien ! » Fis-je en me levant brusquement, frappant de mes mains contre ma table. Voyant que j'ai l'attention de ma classe –et même celle des autres classes–, je continue sur un ton tremblant.

« On va dire que j'enterre mon corps et vous, vous vous occupez de mettre la terre dessus, d'accord ? »

Je me remémorai toujours cette première fois ou mes camarades n'ont fait que d'acquiescer, sans chercher à comprendre pourquoi j'ai dis ça.


« Maman, j'suis rentrée ! » dis-je en jetant mon cartable par terre.

C'était une journée rude, chargée d'émotions toutes aussi négatives que positives. Rien n'équivaut maintenant qu'un bon repos avant de retourner cette après-midi… Le truc bien c'est que ce soir, j'ai uniquement deux heures de sport –sachant que notre instituteur nous accorde la deuxième heure pour jouer à la corder, ou faire du basket–. Yeaah, mon emploi du temps est cool sur ce point là. Au collège, moi et les filles (telles que Marie et Lucie) passions la deuxième heure dans l'une des classes vides à ragoter tranquillement. J'espère que l'on pourra refaire cette ancienne habitude sans nous faire chopper !

Revenons-en au présent. Je relève ma tête, et sursaute en croisant le regard à la fois effondré mais colérique de ma mère, tandis qu'elle tient ses deux mains dans son dos en une position… mal prometteuse. Son menton est relevé, ses yeux me fixent avec dédain. Je me relève, le dos droit, avant de débuter d'une voix polaire.

« Qu'est-ce qu'il y'a ? »

Elle ne répond pas, se contentant de décroiser ses mains derrière son dos à fin de me montrer… Oh non.

« C'est quoi, ça ? » m'a-telle craché au visage.

Mon manga Yaoi.


Fin du chapitre !

Désolée, je n'ai pas relu tout le chapitre ! Ne vous étonnez donc pas de trouver des fautes d'orthographe, des phrases incomplètes. Ce sont généralement des fautes d'inattention.

6970 mots, je ne pouvais pas faire plus, désolée ! x) Le prochain chapitre contiendra un peu plus d'Ereri que celui-là ! :'3 J'espère que je ne précipite pas trop les choses ?

À la revoyure ! (ta réplique, emylou xD)