Bonjour !

Les révisions ont reprit, un vrai calvaire. Comment allez-vous ? Moi cho va. Aujourd'hui je vais à une sorte de Japon-expo dans la capitale ! :D Je suis tout sourire.

En fait, bande de morveux. Le 2 Octobre, c'était mon anniversaire :c et personne ne me l'a souhaité *tu n'as prévenu personne, normal quoi .* Ta gueule petite voix . * - *

Lin Konasa : Contente que ça te fasse autant d'effet, merci pour les compliments encourageants. Je t'aime aussi ~ :v

IMPORTANT :

Je pense ouvrir une page Facebook, dédiée à mes fan-fictions (comme l'a fait Boadicee et d'autres auteurs). Pour partager un peu avec vous mes folies, vous donner des signes de vie, raconter ma vie, communiquer avec vous plus souvent, pour que vous me donniez quelques propositions. Parce que je me suis rendue compte que J'ADORE parler avec les fans *^* (Lin Konasa sur Skype, par exemple D ainsi qu'un autre fan silencieux mais qui est venu m'envoyer un message sur Facebook.. il se reconnaitra si il lit ça xD)

Bref, donnez vos avis en reviews !

Bonne lecture.


Parce que

PDV Eren

« Détends-toi ». Surement le plus gros mensonge de ma vie. Comment je peux lui demander de se détendre alors que j'ai besoin de me mettre une couche pour bébés, tant je stresse? Lui au moins il sait se contrôler, ne pas en dévoiler trop sur ses intentions, comment être entreprenant en quelque sorte. Et là, j'ai plus que peur du double sens que comporte ce mot. Car dans l'un des cas, il peut se retirer, abandonner simplement la prise de sa main sur mes cheveux pour me murmurer « Oublie, gamin », et je sens d'ici la sourde douleur qui gonfle mon cœur à cette suggestion. Suggestion. D'un côté, moi aussi j'ai envie qu'il se retire, pour conserver une santé mentale propre et toute à fait saine. Car s'il continue ainsi, penché dans cette position ou son souffle caresse mon visage, mon nez risque d'exploser en pétards sanglants.

Finalement, le moment tant redouté arrive e il se penche vers moi. Si vite que je n'ai le temps de rien comprendre, à part mon cœur qui partit violemment au galope (pourtant, je me suis préparé à une telle fin). Il dépose ses lèvres avec brutalité sur les miennes, comme s'il mettait fin à un dilemme.

Quelle description dois-je user pour décrire ce soudain pétard qui transforme mes jambes en gelée ? Quel passage du roman « Roméo & Juliette » est assez digne de…-. C'est simple, résumé en trois mots qu'on entend tous les jours, qu'on nous fait boire à des litres dans les romans à l'eau d'rose, dans les films tel que « Titanic ». Pourtant, jamais je n'aurai douté que ces trois mots auront un tel impact.

Il m'embrasse.

Avec toutes les syllabes que ces deux-trois mots contiennent. Leur prononciation est gênante, facile, se complique au niveau du M mais finit par sortir presque naturellement au dernier bout.

Il m'embrasse. Levi est entrain de m'embrasser.

Des papillons dans le ventre ? Sans blague. Là, c'est carrément la bombe d'Hiroshima.

Rien n'existe. Mes yeux sont fermés contre mon propre-gré. Je ne peux rien voir ni sentir. Et tant mieux. Parce que si c'est pour me réveiller d'un rêve, je préfère sombrer dans un coma éternel. Que, quand je rouvrirai mes yeux, je trouverai ces deux billes argentées remplies d'émotions indescriptibles et toutes plus farfelues les unes que les autres, non pas le plafond immaculé de ma chambre. Autrement, je me jette depuis le dixième étage. Mais d'un côté, je sais que ce n'est pas totalement faux. Que je suis dans les vestiaires des garçons, assit sur le banc avec juste à mes côtés Levi. Que la bombe nucléaire qui vient d'exploser dans mes reins est bien réelle, et que ces petits lutins qui ont soudainement élu domicile dans mon ventre –dieu sait d'ou– sont bel et bien entrain de se cramponner à mon intestin, comme si c'était les enfants d'la jungle.

Ressentir un tel nombre de sentiments en même temps devrait être interdit, mériterait un psychologue professionnel. Comment est-ce que les couples font pour ne pas perdre pédale à chaque baiser ? À chaque toucher ? Ou est-ce que Levi est simplement un cas spécial ? Ma conscience se demande si ce dernier ressent la même chose que moi en ce moment, ou si je suis le seul humain doté d'un corps aussi dosé en glandes. Je finis par ouvrir partiellement les yeux, tel un élève qui a peur de se faire prendre entrain de tricher, à fin de fixer les paupières closes en face de moi avec toute la discrétion du monde. Parce que c'est trop tôt pour ouvrir les yeux.

Son visage est si beau lorsque ses sourcils sont moins froncés, lorsque ses yeux sont fermés, lorsque son nez habituellement plissé l'est encore plus, lorsque ses mèches corbeaux chutent sur son front, et mon esprit est trop hors-champ pour instaurer une image d'un Levi endormit dans ma conscience. De peur de disjoncter, peut-être. Parce que je vous assure qu'avec la quantité d'hormones qui courent dans mon corps, je remporterai sans problème une large place dans le «Livre Guinness des records » avec comme surnom «les hormones de cet homme sont plus rapides et efficaces que ceux d'une femme en pleines règles ! Incroyable ! ».

Je souris niaisement contre les lèvres de mon compagnon, qui continue à me happer les babines d'une telle sensualité, qu'elle en devient monstrueuse. Cruelle. Trop brusque pour ma naïveté qui me hurle de faire quelque chose pour lui répondre. Parce que oui, c'est moi qui ai provoqué le taureau en premier. C'est moi qui ai dressé le drapeau rouge devant ses yeux. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais j'étais comme sous l'effet d'un anesthésiant sentimental qui vient de prendre fin quand il m'a...

Rha ! Ce mot est encore naissant dans mon esprit, beaucoup trop frais pour être prononcé par un pudique tel que moi –question pudeur, on aura tout vu. Je ne sais pas ce qu'il m'a prit quand je lui ai demandé de se détendre, mais j'étais trop… calme et serein pour installer la possibilité d'une fin aussi aguicheuse. Tout le contraire de maintenant, ou mon esprit et mon corps sont sous la totale emprise des petits connards surnommés en médecine : hormones.

Je coupe court à mes pensées, et quitte à disjoncter pour toujours, décide d'interagir un peu plus avec lui. La paume de ma main décolle petit à petit de la surface du banc, et il le sent, car je vois le bout de son œil droit s'ouvrir pour intercepter le geste. Quant à moi ? Je suis tellement inspiré par la vue paradisiaque qu'ont ses yeux, que je pose ma main sur sa joue alors qu'elle était destinée à rencontrer ses cheveux.

Froide.

Sa peau est si froide, glaciale… et il est si beau comme ça. Si… magnifique, fabuleux, que je le touche comme si c'était la première et dernière fois. Je n'ai jamais pu toucher Levi plus loin que sa main, ou ses cheveux pour lui indiquer de les couper, mais lui toucher les pommettes était jusqu'là imprévu… jusqu'aujourd'hui. Là, j'ai comme la permission de le frôler de plus prés, le caresser, l'effleurer de ma main et je sais que cette opportunité n'est offerte qu'une fois tous les siècles. Alors je referme mes yeux, me noyant dans le noir de mes paupières, laissant mon pouce caresser les rides qui séparent ses joues osseuses de son nez pour remonter jusqu'au profond épiderme sous son œil à moitié clos, que je trace lentement de ce même doigt. Il essaye de camoufler les frissons qui le parcourent mais en vain, et je prends ceci comme un encouragement.

Mais ce fut à mon tour de frémir quand une petite main, douce et de la même froideur que sa joue, trouva son chemin jusqu'à mon cou qu'elle entoura jalousement. Mon cœur rate un battement pour la énième fois de la journée, et, d'un accord silencieux mais commun, je rapproche mon corps de lui. Nos torses ne sont qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, nos jambes se frôlent, et aucun de nous deux ne semble esquisser un geste qui puisse nous éloigner ou nous rapprocher. Je continue à le caresser sous son œil, lui, garde son bras autour de ma nuque pour plus d''intimité''.

Nos fronts sont inconsciemment collés, mais je le discerne à la chaleur qui se diffuse peu à peu sur la peau de mon visage. Nos lèvres quant à elles, semblent hypnotisées et complètement hors contrôle : toujours de cette même lenteur, elles fondent l'une contre l'autre dans une danse automatiquement calculée par nos esprits. Telle une valse. Et je me dis que si je pouvais passer l'éternité comme ça, je le ferais sans hésitation.

Encore, ce n'est que le début, me rappelle une voix optimiste au fond de moi. On vient à peine de franchir le premier pas, de tourner la page d'un grand livre pour un nouveau chapitre. Et la manière dont Levi m'embrasse, dont je réponds à son baiser ne trompe personne. Ca ne peut pas être qu'un « faux geste », comme quoi nos lèvres se sont accidentellement croisées. Car si c'était le cas, j'aurai été le premier à rompre cette accolade. Et dieu sait que tu veux lui bouffer les lèvres, intervint cette voix pour une deuxième fois.

Putain… c'est tellement bon que j'en deviens schizophrène… et que je parle des mots niais qui n'ont aucunement l'habitude de franchir mes lèvres, par pudeur ou simple sentiment d'être une fée. Toutefois, je me rends compte qu'avec Levi, une simple embrassade manque de me faire bondir jusqu'au plafond –ou de faire bondir mon engin, à voir. J'ai pu constater, aussi, comment sa peau peut être glaciale à certains endroits de son visage, alors que ses lèvres ne sont pas plus chaudes qu'un faible feu de cheminée.

Le bruit de salive, les minis gémissements qu'on produit de temps à autre ne fait que d'embraser la flamme de l'envie à l'intérieur de nos corps. Nos deux nez s'effleurent timidement, en une sorte de ''bisou esquimau'', me procurant un doux électrochoc au frottement de nos os, et entre ce mélange de bien-être et de sentiments, je pousse instinctivement un soupir de bien aise contre ses lèvres. Comme si je risquais d'exploser si je n'évacue pas le trop de bonheur qui m'envahit. Levi profite de ce bref instant pour reculer son visage de quelques millimètres, quoique suffisants pour décoller nos fronts –et ainsi mettre un terme à ce langoureux baiser, et je poussai un grognement étouffé.

« On est fâché, gamin ? »

Sa voix est une sorte de retour à réalité, et je sursaute violemment, mon cerveau encore embrumé par le baiser. Nos deux lèvres sont un peu plus gonflées que la normale, mais surtout rouges, témoignant que le fougueux échange dont j'étais le partenaire principal n'est pas qu'un songe. Ce fut seulement après quelques secondes passées en se fixant tels des cons, que sa question refit correctement le tour de mon cerveau… pour enflammer mes joues à nouveau. Je grommelai une série de justifications pas vraiment crédibles, ce qui lui arracha…

Un sourire.

Levi sourit.

… Merde ! Que la personne qui choisit notre destin* me prévienne avant de m'asséner deux surprises dans la même journée. D'abord il vient de m'embrasser –ce mot est plus facile à prononcer maintenant, pas d'inquiétude– et maintenant il sourit. Il me sourit. Je l'ai fait sourire. J'ai étendu les commissures de ses lèvres habituellement indomptables en un étirement –si on veut traduire ça de manière plus compliquée. Et j'insiste toujours autant sur le pronom « Je », comme si c'était une montée sur la lune… alors qu'en fait non. Une personne inconnue dirait surement : c'est quoi le truc bizarre dans le fait de voir quelqu'un sourire ? Et bien j'ai juste envie de lui répondre que Levi n'est pas ''quelqu'un''. Levi n'est pas n'importe qui. Levi est Levi, et puis voilà. Parce que c'est une vérité universelle.

« Eren »

Son ton suave et la manière dont il roule mon nom font chavirer mon cœur, et je relève mon regard empreint d'émotions toutes plus différentes les unes que les autres vers le sien. Son sourire a disparu, je n'en doute pas. Les choses rares sont souvent les meilleures. Et tout en Levi est rare. Tout. En commençant de ses yeux, puis descendant jusqu'à son caractère. Parce que la logique de Levi n'a aucune logique et c'est ce qui fait que sa spontaniété est louche aux yeux des autres, tout simplement.

Parce que c'est elle, d'habitude foireuse et problématique, qui nous a apporté à deux ce changement tant attendu et qu'on redoutait depuis le jour ou je me suis maladroitement déclaré à lui. Le fait qu'on appréhendait ce moment depuis l'instant ou nos regards se sont croisés dans des chiottes... jusqu'au jour ou ce fut à nos lèvres de s'emmêler, toujours dans ces mêmes chiottes. Depuis ce jour ou je l'ai aimé. Parce qu'il est mon premier et dernier amour, même si c'est effrayant de le déclarer dès les premiers instants de la relation.

Mon esprit déborde d'émotions toutes plus guimauves les unes que les autres et toute cette affection trace son chemin jusqu'à mes yeux, qui me piquent soudainement, et je suis le premier à remarquer ces goutelettes de larmes coincées dans l'angle de mon regard. Levi écarquille aussitôt les yeux, rendant ses prunelles plus petites. Il doit surement croire que je regrette. J'ai justement peur qu'il le croit. Qu'il entreprend de s'excuser, qu'il doute de ma sincérité. Je capte un léger mouvement de sa main droite posée sur le banc, et j'y reporte aussitôt mon regard, faisant vibrer les goutelettes salées qui finissent pas se résumer en une pilule de larme attentive au moindre mouvement, et prête à tomber à tout moment.

Il dut le remarquer car il rebaisse sa main, avant de la relever tantôt. Il hésite, pas vraiment coutumier avec ce genre d'interactions. Il ne sait pas comment réagir. Il a peur de me blesser par maladresse parce qu'il ne sait pas comment répercuter, alors il préfère ne rien faire.

Mais je suis impatient, et je finis toujours par craquer.

N'en pouvant plus, et dans cette position maladroite (ou mon postérieur est toujours aussi collé à sa précédente place mais que mon buste est entièrement penché vers Levi), je m'élance sur lui d'une attitude brusque, rejetant ma tête sur son torse. Cette attitude fut si inopinée qu'il sursauta, et je peux le sentir aux battements effreinés de son cœur qui reprend un judicieux marathon à travers sa cage thoracique, mais qui, à son tour, l'emprisonne toujours à l'intérieur tel un détenu. Je pose mon oreille sur ce doux endroit, et finalement, il met de cotés ses hésitations et lève ses bras à fin de les serrer autour de ma taille avec, me semble-t-il pendant une demi-seconde, de l'affection.

Dans l'ombre de cet instant, je me rends subitement compte de la surface qui sépare un câlin amical d'un câlin… amoureux. Des émotions complètement disproportionnées qui les différencient, rend chacun des deux unique. Mais je me répéte encore : que les calins avec Levi ne sont pas que de simples accolades visant à réunir deux corps, mais surtout, une étreinte de deux cœurs. De deux mélanges entre plusieurs sentiments réciproques qui n'ont pas lieu d'être communiqués. Parce que Levi a rarement eu droit à un câlin, et qu'il sait tirer profit de chaque moment passé avec ses amis. Parce que c'est encore nouveau pour lui, tout ça.

« Levi ? » dis-je sur un petit ton, de peur de briser le silence.

« Mmh… ? » marmonna-t-il.

Sa main froide vint s'incruster dans ma flamboyante touffe brune, m'arrachant un ronrement félin qu'il ne manqua pas. Toutefois, je ne laissai pas ces douces caresses me distraire de mon but, et déclarai d'un ton bas mais direct.

« Je t'aime »

La main qui caressait mes cheveux se stoppa soudainement, tout aussi que son corps dont je sens l'évidente immobilisation..

Et les larmes retrouvent leur chemin perdu vers mes prunelles qui s'en tarissent.

Mes lèvres sont sur le point de s'ouvrir pour lui réprimander les faux espoirs qu'il a fait naitre dans mon esprit, de comment j'étais sincère en l'embrassant, du pourquoi ça l'amuse tant de jouer ainsi avec les cœurs des autres. Parce que le fait que ça l'a choqué témoigne qu'il ne s'était pas attendu à ça. Alors que merde, il le fallait ! Je n'embrasse pas la première personne que je croise dans les vestiaires, et… rien ne témoigne que lui aussi est comme moi. Après tout, il a toutes les filles et garçons à ses pieds. Personne ne refuserait un baiser de sa part encore moins un naif tel que moi. Mais avant que je puisse ajouter quelque chose, son pouce, propre et agile, trace le dessous de mes yeux, récoltant les goutes salées petit à petit. Mon expression est toute aussi figée que mon cœur, et, doucement, lentement, je relève mes yeux pour voir le peu d'émotions que retranscrit son visage en faisant ça.

Il sourit. Un petit peu, mais pour la deuxième fois de la matinée, il sourit. Mais cette fois-ci, je suis énervé vis-à-vis de ce rictus que je juge moqueur. Ah ! Parce-que non seulement il s'amuse de-…

Mes pensées et toute autre activité cérebrale dans mon esprit sont coupées par une paire frigide de lèvres se posant sur les miennes, et mon cerveau reconnait immédiatement le gout de cette dernière. Levi vient de m'embrasser une seconde fois. Mais… ou veut-il en venir ? Qu'il m'aime aussi, ou qu'il fait ça pour me provoquer ? Mon esprit s'affole tout seul, tel un petit enfant qui a perdu son chemin entre un trop grand nombre d'arbres. Et cette fôret dans laquelle je me suis perdu est le cœur de Levi. Non seulement ! Le plus ironique c'est que je me suis moi-même trainé, de mes propres pieds, de ma propre volonté vers cet endroit mystérieux, inexploré par son propre propriétaire.

Et malgré le dilemme intérieur qui fait l'effet d'un brasier qui brule toutes mes espérances, je réponds à son baiser. Parce que je suis déjà accro à lui et à sa personnalité de parfait connard. Parce que je ne peux pas refuser un baiser de sa part. Parce que, même pour faire semblant, je ne peux pas lui en vouloir. Parce que je suis irrécupérable, tout autant que lui. Moi qui croyait tout officialiser… j'ai finalement perdu la partie. Tandis que mes larmes continuent leur chute libre sur mes joues –sans le coup de pouce de Levi (et sans jeu de mots nul), un sourire triste étire mes lèvres qui continuent à se presser contre leur congènére, se défoulant d'une brutalité propre à elles. Sans que je ne puisse rien contrôler. Parce que mon corps est tout aussi impulsif que moi. Mes sourcils sont plus froncés que la normale, mes prunelles remplies de larmes qui m'embrouillent la vue. Je ne ferme pas les yeux. Je veux le voir entrain de m'embrasser, avec ou sans les mêmes sentiments. Même si le fait que mon amour soit un jour partagé n'est qu'un songe éphèmère.

Il finit par quitter mes lèvres, et une petite voix moqueuse dans mon esprit crie : Ah, déjà ? Bah c'était rapide. La même qui me hurlait de poursuivre, toute à l'heure. Pfff… même pas fichu d'être correctement schizophrè pensées sont entièrement contradictoires.Tout comme ton comportement avec lui. Réétire-t-elle, tandis que je souris inopportunément en levant mon avant bras gauche dans le but d'effacer les ridicules larmes qui ont élues domicile sur mes joues. Mais encore, il interrompt mon geste en posant sa main sur mon bras. Ah, j'avais oublié sa force phénoménale. Je lève des yeux interrogateurs vers lui, auquel il me répond avec une expression neutre. Encore une fois, c'est lui qui débute la parole.

Je m'étais attendu à tout. À une remise majestueuse dans la friendzone, à un pouf de rire, à un oui qui témoignerait de la réciprocité de mes sentiments.

« Pourquoi tu pleures, gamin ? »

…Tout, sauf ça.

Pourquoi je pleure ?! Non mais, j'espère que là, il blague. Et si c'est le cas, il a très mauvais goût. Bah bien sur, c'est pas lui qui se fait friendzonner dès le premier baiser. Un mauvais rire m'échappe, quoique pas crédible vu les nombreux sanglots qui bloquent la traversée des paroles, qui semblent cachées derrière ce mur d'émotions étouffées. Encore toi, maudite petite voix. Ils ont peur de sortir ou quoi, les mots ?! C'est le moment propis pour faire un truc ! Aller Eren, porte tes couilles pour une fois

Le seul truc que j'ai pu faire, et qui est d'ailleurs sortit de mon inconscient sans que je ne puisse le gérer, fut un regard noir. Car en plus de me faire un mal de chien, il s'amuse de se moquer de moi tel un… un vrai gosse.

« Me regarde pas comme ça, morveux. Ce n'est pas de ma faute si tu juges trop vite »

J'hausse un sourcil. Juger trop vite ? De quoi est-ce qu'il parle, bon sang ? Pourtant, quand je me suis déclaré à lui, il a bloqué comme si je lui avais annoncé que j'allais rejoindre l'ISIS.

« Moi aussi je t'aime, Eren » complète-t-il d'un ton neutre, mais un peu plus doux et sincère.

Et la petite torche d'espoir qui grandissait dans mon cœur devint un brasier de flammes.

XxX

Le temps que le reste de l'équipe arrive, moi et Levi avions profiter de ces moments de calme ensemble. Sachons qu'on se croise rarement en dehors de l'école, la quinzaine de minutes qu'il nous restait étaient parfaites. Même si je sais que ça ne sera jamais assez. Que je deviens déjà accro à ses lèvres et à leur goût oscillant entre le sucré et… son haleine à la senteur de menthe. Le tout résulte une bouche au contact divin et presque radioactif.D'autre part, sa maladresse presque enfantine me fait rire à chaque fois. Il est si inhabitué avec les interactions humaines pourtant banales qu'on voit tous les jours dehors ,que son inexpérience est attendrissante. Evidemment, je ne lui dirais jamais ces mots en face, de peur de mourir –et dieu sait à quel point ça serait con de mourir alors qu'on vient juste de trouver son bonheur.

Mais aussi à quel point tu es niais.
Bon… je crois que je commence à apprivoiser cette voix !

Le vacarme des élèves se fait entendre d'ici quelques mètres, et on se retire prestement l'un de l'autre à fin de reprendre nos positions initiales. Pour ne pas laisser place au doute de s'aménager, il décide de se lever après quelques minutes d'hésitations, et maintenant, mes yeux suivent le moindre ondulement de son corps comme si ça me concernait. Comme si le moindre oretil, le moindre muscle, le moindre regard qu'il fait allait avoir un impact sur mon corps. Je lâche un souffle épuisé. C'est pire qu'avant. Si je continue de me comporter ainsi, je batterai Mikasa avec toute l'aisance du monde dans le concours « mère-poule »!

« Eh ! Venez voir ce qu'elle a! »

On hausse simultanément un sourcil. Le bruit provient de l'intérieur des vestiaires. Je me lève rapidement, piqué par la curiosité et à peine fus-je au seuil de la porte, que mes yeux s'écarquillèrent.

Yumi… allongée par terre, les yeux clos, avec un long filet de sang tracé depuis son nez et visible depuis mon emplacement. Levi est tout aussi choqué que moi et…

Mon dieu ! Je reste quelques secondes bloqué, avant de soudainement crier à Enzo qui vient à peine d'arriver sous les cris des élèves:

« Vas vite prévenir le prof de sport ! »

Il bugue quelques secondes en me regardant, avant de secouer la tête et de courir tel un demeuré vers la sortie. Moi, j'accours auprès de la brune à fin de m'accroupir à ses côtés, essayant de la secourir comme je peux. Je ne suis pas médecin urgentiste mais bon ! Levi arrive près de moi, et lâche un « Tsk… » en tirant une drôle de grimace dégoûtée. Moi, je plisse les yeux dans une moue fluette.

Aie… Elle a une hémorragie nasale, et pas des moindres vu le sang qui s'étend jusqu'à ses lèvres (et je sens d'ici la lutte intérieure que mène Levi pour contrer l'envie d'aller lui nettoyer la bouche à coups de serviette).

« Gamin, tu penses à ce que je pense ? » murmura mon pseudo petit-ami, au milieu des garçons qui assènent à l'évanouie de légères claques sur la joue dans l'espoir de la réveiller.

Je soupire en tournant mes yeux vers Levi qui me fixe de son habituel air blasé, avant de lui répondre sur un ton bas mais toutefois audible.

« Evidemment »


PDV Yumi – 4 heures plus tard

« Moi aussi je t'aime, Eren »

« Je t'aime »

Here in the darkness i know myself…

« Détends-toi »

Can't breakfree until i let it go ! ''Let me go !''

« Yumi… Yumi ! »

« Yumi ! Bon sang, réveilles-toi ! Est-ce que ça va»

Mes paupières s'ouvrent brusquement, et je manque de pousser un cri. Hein ? Qu'est-ce que je fais… ou suis-je… ? Eh, ça ne ressemblerait pas au plafond de ma chambre, ça ? Tout blanc et dégueulasse avec de la vieille peinture… Et qu'est-ce que ma mère fait en tenue de ménage dans mon lycée… Hein, attends, tenue de ménage… Oh mon dieu ! Ma mère est venue en tenue de ménage dans mon école ? Rien qu'à imaginer la hantise qu'elle va me causer, ma tête se déloge automatiquement de l'oreiller pour en avoir le cœur net.

Bordel de merde, ça ne serait pas mon bureau, ce bout de bois dégueulasse avec un PC datant de la troisième guerre mondiale ? Et… je baisse les yeux vers les draps m'enveloppent, d'une couleur verte semblable à celle du vomis. Ca ne laisse qu'une supposition : ce sont mes draps. Je les ai reconnus rien qu'à leur odeur moisie de paresse. Du coup… je suis réellement dans ma chambre! Mais genre, juste, je ne suis pas censée être dans le cours d'EPS de monsieur Shadis ?! Alors pourquoi, merde, je me retrouve dans mon putain de lit, situé dans ma putain de chambre avec ma putain de mère à côté de moi et… un putain de monsieur inconnu en blouse blanche ?! Bon, ça par contre, c'est un médecin.

Ma mère pose une main sur ma poitrine dans le but de me rallonger, et je suis bien trop embrouillée pour essayer de la repousser –après ce qui s'est passé ce midi–.

« Reste allongée ! »

« Mais… qu'est-c'… tu fais… » Grommelai-je dans une langue extraterrestre, et je remercie intimement ma mère d'être habituée à déchiffrer mon langage de koala paresseux.

« Tu es à la maison. Tu n't'en souviens pas ? Ton professeur de sport t'a ramené ici. Tu t'es soudainement évanouie dans les vestiaires des garçons… mais pourquoi ?! Quelqu'un t'a fait quelque chose ?! Dis-moi Yumi ! »

Evanouie dans les vestiaires des garçons? Les garçons…

Merde.

Putain, ça me revient maintenant.. Levi et Eren se sont embrassés sous mes yeux, et je n'ai pas du supporter de voir ça alors j'ai… j'ai réellement eu une hémorragie nasale ? À ce point ?! Quand même, je trouve ma réaction un brin excessif. Tandis que ma mère continue à blablater tout et n'importe quoi, je me remémore la scène dans ma tête… quand Levi a attaqué les lèvres d'Eren, quand ils ont commencé à flirter ensemble, quand Eren a pleuré et que Levi a séché ses larmes… quand ils se sont déclarés. Presque par automatisme, mes joues redeviennent cramoisies et mes narines reprennent leur couleur rouge, et ma mère est sur le point de crier si ce n'est le médecin qui l'interrompt, droit, les mains croisées sur son ventre dans une position mal à l'aise mais digne de son emploi.

« Mmh.. mademoiselle Kairi. Je crois savoir la cause de votre épistaxis»

Pendant un instant j'ai cru entendre le mot épilation. Il vient de dire quoi ? Sérieusement, c'est ce genre de termes compliqués qui me découragent à prendre le chemin de la médecine (même si c'est un travail bien payant, qui procure une bonne réputation). Je n'arrive même pas à faire la différence entre ma gauche et ma droite, et décapiter des rats dans un labo avant de poster des photos de leurs organes génitaux sur Facebook (comme des milliers d'étudiants le font) n'est pas vraiment ma tasse de thé ! Même si ma mère m'encourage à le devenir… mais bof.

Revenons au présent : L'interlocuteur soupire aux mines ahuries et incompréhensives qu'on tire moi et ma mère, puis, finit par briser le silence d'un ton bas.

« Saignement du nez »

« Le fan girl… » Roulai-je aussitôt des yeux en murmurant, et ma mère tourne précipitamment sa tête en poussant un « Hein ?! ».

« Dans son cas, c'est dû à une émotion excessive, un sentiment… puissant. Une sorte de choc émotionnel, si vous le voulez » conclut-t-il sur un ton sage en tournant sa tête vers moi, qui le fixe d'une drôle de façon.

« Dans le mauvais sens ? » Questionna ma génitrice, intriguée.

Le savant lève une main pour replacer correctement ses lunettes de vue sur son nez, avant de déclarer.

« Peut-être oui, peut-être non. Ca dépend de ce que mademoiselle Kairi a vu »

Il soupire en jetant un regard furtif sur sa montre.

« En somme, rien de bien méchant ! Une bonne alimentation et un peu de repos, et elle sera de nouveau sur pieds dès demain. Evitez en tout cas les forts rayons de soleil, on ne sait jamais ! »

Ma génitrice finit par abandonner ses questionnements, remarquant l'évident empressement du plus vieux, puis le guide vers la sortie sans plus de paroles.
Quant à moi, je lâche un pouf de rire en tournant mon regard vers la fenêtre entre-ouverte de ma chambre. Quelque soit le degré de la naïveté de ma mère, ou le QI intellectuel de ce médecin, aucun des deux ne pourra comprendre la réelle raison de mon hémorragie.

Parce que seule une Fujoshi le peut.

XxX

Pendant le reste de la journée, je suis restée clouée au lit avec mon vieux PC portable sur mes cuisses, entrain de raconter ma fabuleuse tragédie à mes copines (pas que ça me déplaise). Le toubib a dit que je pourrais revenir à l'école d'ici demain, ce qui m'a un peu déçu… c'est connu que nous les élèves, on cherche le moindre prétexte pour échapper à l'enfer des cours ! Mais ma maladie (ou je ne sais quoi) n'a remplit qu'à moitié le critère « l'inquiétude de la mère » et « les consignes du docteur ». Pff. C'est quand même injuste ! Chaque année, 5000 personnes dans le monde s'absentent à cause d'une… d'une ''épilation'' ou je ne sais quel terme a utilisé l'autre intello.

En tout cas, le vieillard m'a rudement conseillé de bien manger pour rattraper la quantité de sang perdue, résultat : mère poule à supporter pendant une semaine + deux tronches de viande à chaque repas ! À se demander comment ma mère a pu se procurer tout cet argent. Non mais ! Dans les jours normaux, quand je lui demande de m'acheter un peu d'escalopes, elle refuse en se justifiant avec son ''budget instable''. Voilà que maintenant, elle se permet d'acheter une cuisse de poulet chaque jour ! –et dieu sait combien le poulet est rare dans notre région. Le seul KFC est à 400km, donc, la joie de trouver une boucherie est presque comparable à celle de découvrir les portes d'Eden–.

J'évite de trop penser à Eren et Levi pour l'instant. Demain, la première chose que je ferais est de chopper Eren dans un coin ! Mais je ne crois pas que ça soit possible après sa mise en couple avec Levi. Leur mise en couple. Putain, qui aurait cru qu'un jour, mon OTP deviendra canon ? Encore ce n'est que le début ! Je n'imagine même pas la quantité de sang qui coulera de mon nez d'ici la fin de l'année. Déjà, je commence à songer à leur petite querelle de couple… se tiendront-ils la main sur le chemin ? Oseront-ils s'embrasser devant les élèves (et tout le lycée) ? Songeront-ils à montrer leur amour publiquement ? Leur amour.
Encore, putain, encore… je ne me lasserai jamais de prononcer ces deux et Eren sont en couple. Levi et Eren sortent ensemble. Levi et Eren sont amoureux l'un de l'autre. Levi et Eren, Levi et…

Merde. Ce n'est qu'en ressentant ce violent maux de tête semblable à un tonnerre qui s'abat sur ma tête, que je compris que je viens encore de saigner. Aussitôt, je me dépêche de sortir un papier depuis la longue boîte juste à mes côtés, puis le couper en deux bouts que je roule dans une boule avant de les fourrer dans mes narines (une action plutôt dégueulasse, sur le moment). Même pas le droit de penser à mes deux bébés tranquille… ah et puis ma tête ! Ca fait un mal de chien, ce truc !

Tandis que je suis occupée à râler en tenant fermement mon crâne entre mes mains, une soudaine musique s'élève dans la pièce, provenant de ma table de chevet.

Things keep ending up this way

Je sursaute mais reconnais aussitôt ma sonnerie de téléphone, que je m'empresse de prendre dans ma main pour lire le nom. Depuis quand quelqu'un s'inquiète pour moi, après…-

Oh.

Another notch is carved away

« Sarah ». Putain ! C'est SARAH ! Un mois sans appeler, je vais l'étriper puis la donner aux corbeaux pour ensuite jeter ses restes dans de l'acide-… Argh et puis pas le temps, vite ! Je décroche sans me poser la moindre question, puis porte le téléphone à mon oreille.

« Salooope ! Tu m'as manquée, tu le sais, ça ? »

Mon cœur loupe plusieurs battements en parlant. Ah putain, je suis sure qu'avec les deux trucs dans mes narines je dois avoir la voix d'un ovni-

« Me traite pas d'salope »

In the thoughts of mass decay

Résonna la voix morne de l'autre bout de file, ce qui a pour don de calmer immédiatement mon enthousiasme. Je reste silencieuse un moment avant de rire nerveusement en disant sur le même ton criard.

« Non mais t'as quoi ! Depuis quand tu prends mes plaisanteries au sérieux ? »

« Ouais. Ca va ?»

Ouf. Pendant un instant, j'ai cru qu'elle a prit ça au sérieux. C'est quand même bizarre entre meilleures amies de prendre au sérieux une blague qu'on s'adresse tous les jours, mais je chasse ce sentiment de malaise qui a commencé à se développer dans le creux de mon ventre.

« Tu n'appelles plus si souvent, tu m'manques ! » Criai-je.

« Bref »

« Quoi ? Je ne te manque pas ? »

« Ouais, ouais tu m'manques »

Funny how things end up this way

Seule la manière dont elle a prononcé ses mots, témoignent de l'énorme mensonge qu'elle vient de me dire. Dire deux fois le mot « ouais » est une signification de « non », et la boule qui s'est précédemment logée dans mon ventre refait le tour jusqu'à ma gorge.

« Bref, je ne vais pas pouvoir rester trop longtemps »

Oh.

« A-Attends Sarah ! Pourquoi tu n'appelles plus si souvent ces derniers temps ? Q-…Quelque chose ne va pas ? Tu sais que tu peux tout m'dire »

« Laisse tomber. J'ai plus trop envie d'appeler, en fait. Ces derniers temps je me bourre la gueule avec des fan-fictions. Ouais, rien ne va »

Elle continue de se vider sans aucune incitation de ma part, moi qui reste toujours si attentive au moindre de ses paroles.

« Mes parents se sont embrouillés. Ma mère surveille de prêt chacun d'mes gestes, ça m'pourrit la vie c'truc »

« Oh mon dieu ! » Lâchai-je « Le même problème que moi ! Je ne te raconte même pas ce qui s'est passé ces derniers jours avec ma mère. Je me suis faite renvoyer, ma mère a découvert mon manga Yaoi et plus important : Levi et Eren sont en couple depuis hier ! »

Je ne pus contrôler le bref cri de joie qui s'échappa de ma bouche à la dernière annonce. Tout est encore si frais dans mon cerveau, que le moindre souvenir me fait sourire.

« C'est cool ça. Attends, attends. Comment ça, on t'a renvoyée ? T'as fait quoi comme connerie ? »

« Bah j'ai diffusé une rumeur sur une meuf qui était amoureuse de Levi »

« Ah. Tu l'mérites, alors» Le retour du ton ennuyé.

Encore ce sentiment de couteau dans le ventre. Pourquoi, ô grand seigneur, ai-je l'impression qu'il n y'a aucune pointe de rire ou d'inquiétude dans ses paroles ? Sarah parle d'un ton tellement sérieux et nonchalant, que j'en ai mal au ventre. Que ça me met mal à l'aise. Peut-être que ses problèmes l'ont rendu ainsi ?... Je ne sais pas, mais j'ai cette saumâtre sensation de malaise. Un truc encore jamais arrivé avec elle, la personne en qui je place une confiance aveugle. Pendant un instant, j'imagine le simple fait que Sarah me trahisse. Qu'est-ce que je deviendrais sans elle ? Pourquoi la seule personne en qui je fais confiance me tourne le dos si brusquement ? On dirait presque des inconnues qui apprennent à se faire connaissance. Je tente alors une simple approche, juste pour savoir si mes craintes sont fondées.

Parce que ça fait un mal de chien.

« Sarah ? »

« Ouais ? »

« J't'aime, petite salope »

Bah oui. Parce que dire « je t'aime » tout sec serait un point romantique, un peu comme pour Levi et Eren. On a l'habitude de se lancer ces deux mots aléatoirement, au milieu d'une quelconque conversation, même si c'est hors-sujet. C'est généralement moi qui fait le premier pas, et elle, comme pour habitude, répond souvent « moi aussi, bitch » ou encore la fameuse « moi non plus ! Haha ! ». Mais qu'importe sa réponse, je sais qu'elle m'aime. Ca serait même impensable de songer qu'elle me déteste.

« C'est toi la seule salope ici »

Et merde…

Je m'en doutais. Beaucoup trop. La façon dont elle change de sujet à chaque fois que je veux me montrer affective avec elle, me provoque un pincement au cœur. Pardon : la sensation d'avoir les couilles compressées (pour un homme), et celle de frapper une pré pubère dans ses seins. Oh mon dieu… même mes comparaisons prennent un sens plus inquiétant qu'hilarant. La boule qui était dans ma gorge remonte petit à petit, semblant, le temps d'une infime seconde, vouloir emprunter le chemin de ma bouche (dégueuler, en langage courant). Mais finalement elle continue à monter jusqu'à cet endroit indésirable… mes yeux. Là, ce n'est plus de la plaisanterie coutume que je perçois dans son timbre, mais carrément du dégoût. Loin d'être la Sarah que je connais.

Du dégoût. Je vais exploser.

Pourquoi, ô Jesus Christ (ou n'importe quelle divinité tant qu'elle m'écoute), serait-elle si soudainement dégoûtée de moi ?! Elle vient de se découvrir des penchants homosexuels avec moi, ou quoi ?! Si c'est le cas, quitte à la baiser sauvagement, je ferais tout pour ramener la vraie Sarah. Celle qui me répondait affectueusement, celle avec qui je partageais les meilleurs moments, celle avec qui je riais, me confiais, partageais mes pires génocides (secrets), juste pour la voir rire.

Moi qui croyais avoir la meilleure discussion du monde après tant de temps sans se parler… voilà que j'ai lieu à la pire sensation de l'univers. Celle de se sentir lâchement abandonnée par l'unique personne la plus chère à mes yeux. Celle de qui j'attendais tous les jours un appel, un SMS ou n'importe quel signe de vie, se comporte maintenant avec l'indifférence la plus totale. Tellement que ça doit être grisant pour elle, de se retrouver dans le rôle de la méchante. J'ai envie de me confier à elle. J'avais des choses à lui raconter ! Des trucs drôles, importants, inutiles… pleines de choses ! Mais voilà qu'avec son début de conversation merdiquement réussi, j'ai l'impression de…

La peine éparpillée de part et autre de mon corps (mon ventre et mes jambes qui semblent paralysés depuis plusieurs minutes), finit par se réunir entièrement dans mes deux prunelles qui se remplissent petit à petit de ces goûtes salées appelées « larmes ». Je sais que c'est trop tard pour reculer. Pour lui raccrocher au nez. Parce que, le simple fait de parler ou de renifler, de mal retenir un sanglot lui donnerait une évidente preuve que je pleure. Quand je pleurais. Quand j'étais de mauvaise humeur, je lui envoyais souvent de longs messages vocaux ou rédigés, qui aboutissaient la plupart du temps par un sanglot. Et elle… elle m'écrivait des pavés pour me réconforter.

Particulièrement une phrase, que je ne cesserais jamais de me répéter :

« Pleure pas ! Je suis là ! Même si le monde entier te tourne le dos, je serais toujours là ! »

Trop tard. Je pleure. Le pire, c'est que tu ne peux rien faire pour me réconforter. Parce que pour une fois, c'est toi la cause de mes larmes. Alors qu'au début tu étais la personne la mieux choisie pour les sécher, voilà que maintenant, tu es la pire pour les provoquer. Sarah. Tu me l'as dis une fois, tu te souviens ?

« Allô ? »

Je raccroche à ton nez, morose, les larmes ruisselant à flot sur mes joues rosies. Je finis par m'écrouler sur mon lit, lance mon téléphone de l'autre côté de la chambre puis, recommence mon rituel de larmes dans de déchirants bruits de sanglots, qui résonnent à peine entre les murs de ma chambre.

« Tu es trop naïve et innocente, Yumi ! »

Une remarque que tu m'as donnée. Mais, sais-tu, chère Sarah que jamais je ne pourrais appliquer ce conseil avec toi ? Que jamais je ne pourrais te faire la gueule ? Même maintenant, pendant que je pleure… Je ne pleure pas à cause de toi. Seulement parce que c'est quelque chose de rare. Que je suis trop naïve, que je fais confiance trop vite. Je pleure pour ce bon vieux temps. Je compare nos anciennes conversations à celles de maintenant, et je me rends compte de la cruauté à quelle les choses peuvent changer.

Mais jamais je t'en voudrais. Tu sais pourquoi ?

Parce que la faute vient de moi. Celle d'être trop naïve.


1) C'est nommé « Parce que », parce que c'est remplit de ''parce que'' et que j'ai trouvé ça idéal pour bien décrire.

2) Je n'ai pas tout relu, épargnez donc les fautes de conjugaison. En plus, en relisant le chapitre 14 j'ai trouvé pleines de fautes !-. J'm'en excuse ! ^^'

Elle est bien susceptible Yumi ! '^'

Ce que j'ai eu du mal à écrire –contre toute attente– était le PDV Yumi '-' j'ai eu un léger blocage (qui a duré quelques jours :v) à introduire le début de la scène.

En tout cas, j'ai consacré 4000 mots à la description extrêmement guimauve des émotions d'Eren ! J'ai un doute là-dessus, justement, j'ai peur d'avoir mélangé le style d'écriture propre à décrire les émotions de Yumi avec celui d'Eren ! (je ne me suis pas cassée la tête sur ce point-là, j'ai écrit comme ça… parce que j'étais d'une humeur étrangement mièvre .-.)

Enfin bref ! Ca fait longtemps qu'on parle de ce chapitre, comme quoi je ne me sentais pas capable de bien décrire, mais finalement il est bien là ! Et j'espère que ça vous plaîra, encore une fois. Si il y'a un problème à signaler, un conseil à donner, dîtes le.

Au plaisir de recevoir vos reviews !