Hellooo !
Allez pas trop de blabla, juste:
BONNE LECTURE!
Erik avait regardé Charles préparer un sac de voyage, placer une trousse de toilette et sélectionner ses habits avec soin. Il l'avait regardé faire cela, complètement nu, allongé sur le lit après avoir pris ensemble une bonne douche crapuleuse. Il adorait l'élégance que Charles mettait dans le moindres de ses mouvements, une sorte de chorégraphie précise et virile. Erik observait les mains de Charles plier un pantalon, organiser des paires de chaussettes. C'était reposant, et envoûtant. Erik, n'avait pas cette délicatesse lorsqu'il préparait ses affaires. Il prenait et rangeait, il ne perdait pas de temps avec l'ergonomie.
Oui, il l'avait observé sans dire un seul mot, tandis que la fraîcheur de la nuit envahissait la chambre par la fenêtre ouverte. Une fois les affaires préparées, Erik avait attiré Charles dans le lit, non pas pour remettre à nouveau le couverts, mais au contraire, pour le garder contre lui et s'imprégner de son odeur, de son aura, de sa présence. Ils étaient là, tous les deux enlacés, silencieux, avec pour seule musique le battement de leur cœur respectif, leur respiration lente et les quelques volatiles nocturnes qui s'éveillaient dans le parc.
- Je pourrais rester là pour toujours… Toi, le calme. Et rien d'autre…
Erik écouta les paroles de Charles, il en savoura le contexte et palpa leur résonance en lui.
- Oui, sauf que tu aimes bien trop les gens pour te mettre à vivre en ermite avec moi comme seul compagnon.
- Tu ne sais pas recevoir de compliment.
- J'ai appris à me méfier des choses qui semblent trop belle.
- Accepte simplement ce que je te dis…
- Ce n'est pas dans ma nature.
Charles soupira, Erik était têtu quand il le voulait, et il le voulait souvent. Il changea son angle d'attaque :
- Alors, pas trop nerveux de partir demain ?
- Non, pas vraiment…
- Excité alors ?
- Je dirais impatient… quand je vois Peter, je me dis qu'il n'a décidément pas hérité du meilleure coté, alors que pour sa jumelle… Étrangement, je sens que l'on se ressemble d'avantage elle et moi.
- Ah ?
- …
- Pourquoi ?
- Eh bien, tout d'abord, elle n'est pas venue ici et, pour ma part, si j'étais un jeune mutant et que je ne te connaissais pas, je ne serais jamais venu dans cet institut.
- Merci…
- Ne le prends pas mal, mais ce n'est pas le genre d'endroit qui me fait vibrer… Ne fais pas cette tête, je parle d'être étudiant, pas de vivre avec toi !
- Hum…
Erik tira doucement sur une mèche qu'il entortillait autour de son doigt à la base de la nuque de Charles pour chasser la grimace qu'il lui faisait.
- Hey !
- Monsieur Xavier, ne faites pas l'enfant ! Je ne suis pas du genre à rester enfermer dans un lieu, aussi beau soit-il, avec des gens-là pour me dire quoi faire, ou quoi penser… Je suis trop libre pour ça…
Charles ferma les yeux. Evidemment Erik évoquait à mots couverts sont passé dans les camps en Pologne. Charles avait remarqué qu'il en avait tiré deux choses essentiels sur sa personnalité : premièrement, il ne laissait plus personne lui dicter quoi que ce soit et deuxièmement, il ne supportait absolument pas le gâchis alimentaire et chaque repas il le finissait, jusqu'à la dernière bouchée, dusse-t-il s'en rendre malade.
- Navré de t'emprisonner.
- Charles, soupira Erik en baissant son regard vers celui de son amant.
- Je sais…
- Bref, je pense que Wanda et moi avons plus en commun que Peter et moi.
- Ce n'est pas un jugement trop hâtif ?
- C'est un voleur de petites culottes !
- Dis-toi au contraire que c'est le chef d'un gang d'objet de contrebande… Là cela devrait plus de plaire et te rappeler ton passé.
- Crétin.
- Adorable crétin, rectifia Charles en se hissant sur un coude pour mordiller le menton d'Erik.
Erik profita de cet instant pour garder Charles tout contre lui et lui dévorer la bouche de baiser rudes.
- Et toi professeur X, pas trop triste de laisser sa marmaille a d'autre ?
- Triste non, légèrement anxieux, oui.
- Il ne va rien se passer, tu le sais ?
- C'est souvent lorsque l'on dit cela qu'il arrive un malheur.
- Alors quoi ? Tu voudrais que je dise : quelque chose de terrible va s'abattre sur ton institut durant ton absence ?!
- Chut, tu vas nous porter la poisse !
Ils échangèrent un petit rire. En vérité l'un et l'autre était stressés et bien qu'ils se refusaient à le reconnaître vraiment, ils faisaient de leur mieux pour camoufler leur tension.
- Et si on dormait un peu avant de prendre la route demain ? fini par proposer Charles une fois que la nuit avait parfaitement envahit la pièce et le Comté.
- Tu as sommeil ? ronronna subitement Erik avec une nouvelle idée à l'esprit.
- Que suggères-tu ? embraya Charles dans un sourire conquis.
- Eh bien… Je t'ai pris dans le jardin, on s'est branlés sous la douche, mais… je ne t'ai pas sucé aujourd'hui…
- Ah oui ?
- Oui… Il ne me semble pas.
Le petit discours d'Erik ralluma en Charles son désir et son souffle se fit subitement plus court.
- Ça te dit ?
- Ecoutes, si ça peu te faire plaisir, sourit Charles.
- … petit pervers, souffla Erik au creux de l'oreille du brun.
Erik déposa un baiser furtif sur les lèvres rouges de Charles avant de se redresser et de descendre sans préambule au niveau du sexe du brun. Il lui retira sans ambages son pantalon de pyjama en tweed écossais et sourit de toutes ses dents en trouvant le membre en train de se gorger peu à peu de sang.
- Et dire que je n'ai fait que le suggérer à voix haute…
- Tu devrais voir ce que ton cerveau m'envoie, se défendit Charles en laissant Erik s'installer entre ses cuisses offertes.
- Ne te sers pas de ta télépathie comme d'une excuse : tu es un pervers, point !
- Je ne vais pas contrarier le type qui s'apprête à me faire une gâterie… Quelque chose me dit que ce serait une erreur stratégique.
- En effet…
Le premier coup de langue fit taire la réplique de Charles, le second réduit à néant toute tentative de communication verbale et le troisième plongea l'éminent professeur dans un état de transe sensoriel. Les lèvres ourlets d'Erik s'arrondirent, avant d'engloutir le membre brûlant de Charles, lui arrachant un gémissement sifflant. Erik n'excellait pas encore dans l'art de la fellation, mais il éprouvait un tel plaisir et un tel désir de faire jouir Charles avec sa bouche, que cela n'avait que peu d'importance. Il y mettait tout son cœur et tous ses fantasmes. Recueillant comme preuve de son petit savoir-faire, les gémissements et les ondulations incontrôlés de son amant. Rapidement sur le palet d'Erik une giclé salé l'envahit, récompensant tous ses efforts. Charles transit, tremblant, essayait de reprendre pied à la réalité. Sa tête lui tournait et le frisson du plaisir refusait de le quitter. Erik à genoux, passa le revers de sa main sur sa bouche, effaçant les dernières traces de sperme de son visage. Il souriait, non pas un sourire tendre ou apaisé, mais un sourire plus ombre, plus lubrique. Il baissa son visage vers Charles et l'embrassa, partageant cette saveur musquée et salé qu'il avait encore en bouche. Le brun se laissa faire, totalement alanguit. Et avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce soit, Erik le préparera à subir une nouvelle pénétration en missionnaire.
- Oh bordel ! s'écria Charles alors le sexe gonflé d'Erik rentrait en lui jusqu'à la garde.
- J'adore quand tu es vulgaire.
- … n'importe quoi…
Erik mordit volontairement fort à la base de sa nuque, il voulait laisser sa trace, il voulait marquer sa peau blanche, il voulait que tous sache à quel point il tenait à lui et qu'il n'y avait que lui qui pouvait se permettre ce genre de chose !
Hank, dans le couloir, avait attendu qu'ils finissent de discuter et au moment où il allait frapper, il avait clairement entendu gémir le professeur Xavier… Alors, évidemment il était là, comme un idiot, les bras ballants face à la porte en bois de chêne vernis. Il avait été incapable de bouger, pas même lorsque Charles avait jouit… Et maintenant que ce qu'il entendait ne laisse aucune supposition possible sur ce qu'il se passait dans cette chambre, Hank ne bougeait pas. Il ne savait pas si c'était uniquement pour parler du Cerebro ou parce qu'il avait un petit côté voyeur… Oui, il devait parler à Charles pour la machine, le sujet le préoccupait beaucoup, mais… entendre, cet homme qu'il respectait et estimait tant, gémir avec aussi peu de pudeur et se donner à ce point à cette… bête, faisait naître en Hank une sensation terriblement désagréable. C'était comme s'il apprenait que sa célébrité favorite tournait dans un porno… Pour Hank, Charles était une sorte d'icône… quelque chose d'inviolable. Entendre Erik le labourer de la sorte, c'était comme d'éjaculer sur le David de Michel-Ange : de l'irrespect total !
Pourtant Hank n'arrivait pas à se décider entre les interrompre et mettre fin et cette ignominie, ou retourner continuer de s'occuper du Cerebro, qui décidément ne tournait plus rond… Alors, il restait là, les bras balans, le cœur cognant et l'oreille aux aguets. Il écoutait, comme on surprendrait un rut animal en forêt. Il se figurait - sans le vouloir, mais les sons désobligeants poussaient son imagination dans des recoins interdits - Charles nu sous le corps bien trop lourd et volumineux d'Erik. Il voyait la scène, comme s'il avait la capacité de voir à travers les choses. Charles… écrasé par l'autre en sueur, l'écume aux lèvres, les yeux révulsés, en pleine transe, ne se souciant guère de son partenaire, mais assouvissant au contraire une pulsion bestiale…
Hank esquissa un sourire mauvais, oui, lui le Fauve, renommer un autre que lui : « La Bête »… Pourtant il s'agissait bien de cela : Erik était une bête, un monstre d'égoïsme et un salaud de première ! Oui il fallait couper court à ça… il leva le poing et le colla contre le chambranle… Charles gémissait de plus en plus fort et le lit suppliait également qu'on lui foute la paix. La main de Hank resta en l'air, impossible de cogner. Il avait la gorge sèche… Un grondement sourd vînt confirmer ses pensées : Erik était un animal !
- Tu espionnes maintenant ?
Hank sursauta et vira au bleu poilus en un quart de seconde avant de se tourner vers Logan qui terminer de monter les marches de l'étage, une bouteille à la main.
- Non, je… non…
Il chuchota précipitamment en s'éloignant, comme un enfant pris en faute, de la porte. Logan un sourire mielleux aux lèvres, lui s'approcha et colla son oreille sur le bois. Hank fut horrifié.
- Pas de panique boule de poils, le calma Logan en dévissant sa bouteille pour en prendre une gorgée.
- Mais qu'est-ce que tu fous ?! chuchota de plus belle Hank.
- Je suis curieux… Oh, ils s'en donnent à cœur joie là-dedans, je n'aimerais pas être à la place de Prof' !
- Mais tais-toi !
- Sinon quoi ? Erik va sortir sa queue du cul de Charles pour venir nous demander gentiment de dégager ?
Hank qui n'était plus bleu, ni poils, devînt rouge tomate.
- Et pourquoi pas ?!
- Parce que, quand tu te paluche mon chéri, au moment de jouir, tu as envie de tout stopper pour aller te fritter avec quelqu'un ?
- Je ne me…
- Chut, n'essaie pas de mentir et la réponse est : « Non ». Tu termines ce que tu as à faire !
- T'es vraiment dégoûtant !
Logan bu une belle gorgée et sourit à nouveau.
- Et ? Tu penses m'apprendre un truc ? Après tout, c'est qui le mec qui était là devant la porte en mode pied de grue ?
- Je… Je…
- Tu-tu bégaies ? C'est nouveau ?
- Merde !
- C'est mature, j'aime bien.
Hank à bout tourna les talons, rouge de colère ou de honte et dévala les escaliers, sentant son poil se hérisser dangereusement sous sa chemise à motif.
- C'est ça, vas te tripoter en pensant à eux, marmonna Logan cherchant un peu plus l'ivresse au fond de sa bouteille.
Logan écouta quelques secondes de plus et fit la grimace, non, ces trucs-là, ce n'était pas fait pour lui, ça ne l'émoustillait pas du tout… Il préféra bifurquer plus loin dans le couloir et respirer profondément son parfum à elle qui émanait par l'interstice de sa porte. Oui, Logan savait que c'était mal… Qu'il ne devait rien attendre, mais… elle avait capturé son cœur et son âme et il ne pourrait pas se libérer de son regard. Elle était là, elle dormait et lui, comme un con, il l'écouter respirer lentement, il humait son odeur… Il était irrécupérable ! Pas étonnant qu'à chaque fois ses expéditions pour quérir de nouveaux mutants, s'éternisait un peu plus ! Il ne devait pas céder, elle n'était pas faite pour lui et lui ne méritait rien, pas le moindres amour, pas la moindre reconnaissance, rien.
Il but à nouveau au goulot avant de regagner son lit, et de chercher le sommeil, sans parvenir à le trouver, car, encore et toujours, elle allait le hanter.
Charles sentit le liquide chaud et collant le remplir, cette sensation plus que les coups de hanches, le fit monter en pression et il jouit dans la minute qui suivit. Erik subissait un orgasme délicieux, qui se prolongea une fois que Charles explosa à son tour, son corps subissant des soubresauts incontrôlables et des vagues de contractions.
- Erik… Erik…
Celui-ci haletait en se retirant délicatement avant de s'affaler sur le dos en quête d'air frais.
- Ça valait bien le coup de prendre une douche, dit tout bas Charles avec un sourire.
- Oui, ta peau a l'odeur du savon…
Le nez d'Erik vînt se nicher dans le cou de Charles pour y déposer une série de baiser tendre. Le brun ferma les yeux et savoura, la tête lui tournait encore un peu et il refusait de revenir à la réalité. Pour le moment son corps flottait dans l'espace et d'ici peu, il le savait, il sentirait les courbatures, les gouttes de sueurs et le sperme sur sa peau.
- Je suis épuisé, confia Erik en s'étirant. Tu m'as donné beaucoup de travail.
- Parce que tu n'as pas aimé ?
- Au contraire…
Ils se sourirent encore avant que les lumières ne s'éteignent et que la fenêtre ne se verrouille d'elle-même.
- Il faut dormir… demain on a une longue route…
- Je suis crasseux, riposta Charles en sentant la fatigue alourdir ses membres.
- Demain on prendra une douche…
- Comme celle que l'on a prise tout à l'heure ?
- Pourquoi pas, si ça t'aide à te réveiller !
Ils n'attendirent pas longtemps avant que le sommeil ne vienne les cueillir au cœur d'une nuit devenue enfin paisible.
L'aube était à peine levée que déjà la Mustang bleu électrique quittait le manoir, emportant avec elle ses trois passagers. Peter s'endormit dans la demi-heure qui suivit leur départ, le visage collé contre la vitre bavant à grandes eaux sur son menton. Erik au volant, cherchait une station qui ne diffusait pas des banalités affligeantes, tandis que Charles préparait leur itinéraire sur une carte routière dégotée dans la portière passager du véhicule.
- Je m'arrêterais bien dans un dinner's pour le petit déjeuner, dit Charles joyeusement.
Erik avec ses grosses lunettes de soleil visées sur son nez, tourna subrepticement son visage vers Charles. Il voulait voir son sourire matinal et surtout ses cheveux encore humide danser dans l'air frais du matin. Il était tôt, mais déjà on sentait que la journée allait être chaude. Erik portait une chemise étroite sombre, avec des boutons ouverts, dévoilant le haut de son torse et quelques poils dorés, ses fesses et ses cuisses étaient moulées dans un jeans et ses pieds enfermé dans des chaussures de villes. Il portait également une belle ceinture à la boucle en argent représentant un anneau double, lorsque le soleil tapait dessus, il éblouissait Charles.
- Je ne dirais pas non, nous ne sommes pas pressés après tout.
- Œuf aux lards, haricots et pancake, récita Charles connaissant d'avance le menu commander par Erik.
- Tu te souviens de tout ma parole…
- Café noir, sans sucre, sans lait…
- Et pour toi se sera : toasts, thé vert ou citron s'il n'y a pas ton premier choix, haricots en sauce et gaufres.
- On se connait si bien l'un et l'autre.
Erik capta à nouveau le sourire charmeur de Charles, avant que son regard ne soit à nouveau happé par la route. Charles avait passé un haut de couleur floral, un pantalon en lin et une paire de sandales tout à fait laides, mais qui lui allait bien. Ses cheveux encore bien humides étaient tirés en arrières dégageant son front et lui donnant un style différent.
Plus ils s'éloignaient plus Charles laissait sa culpabilité de côté. IL devait profiter de ces moments avec Erik, c'était grâce à cela qu'il allait savoir s'ils étaient vraiment fait l'un pour l'autre : sortir du cocon de l'institut.
Ils avalaient la route à vive allure, Erik s'amusant à plusieurs reprises en dépassant les limitations de vitesses sur une portion déserte. Il aimait la vitesse, il aimait dépasser les automobilistes et il aimait encore plus voir Charles se tendre quand il faisait quelque chose d'un peu dangereux.
Finalement après deux heures de routes, la Mustang se gara sur le bas-côté d'une route. Charles réveilla en douceur Peter qui s'essuya le menton avec son sweat avant de rejoindre le couple dans le restaurant ouvert 24/24. Ils mangèrent tranquillement avant de reprendre la route, Erik insista pour garder le volant, prétextant qu'il ne voulait pas fatiguer Charles, mais en vérité : il adorait rouler !
Peter, qui ne dormait plus, commença alors son babillage, habillant l'après-midi de ses monologues abrutissants, exaspérant un peu plus Erik, à chaque nouvelle phrase. Charles, plus compréhensif, essayait de discuter avec lui, mais rapidement, le jeune homme divagua et bientôt, ni son père, ni son professeur ne firent attention à lui.
- Au prochain arrêt, je l'attache à un piquet et je pars sans lui ! avertit Erik qui n'en pouvait plus.
- Il nous rattraperait avant même que l'on puisse regagner la voiture, soupira Charles.
- Fais-le dormir alors ! s'exclama Erik en augmentant le son de la radio pour tenter de couvrir la voix de Peter.
- Je n'use pas de mes pouvoirs pour…
- Tu veux encore l'entendre te raconter comment il a perdu sa virginité ?!
- Okay…
Charles pressa mentalement le cerveau du jeune homme et celui-ci sombra quasi instantanément dans l'oubli.
- Ah… merci ! Enfin la paix…
- Ce n'est pas la meilleure solution.
- Mais s'en est une efficace !
Le soir tomba et il devînt évident qu'il n'attendrait pas leur but avant de passer une nuit dans un motel. Charles ne fut pas mécontent de quitter le siège en cuir de la Mustang pour s'étirer, avant d'aller réserver leurs chambres pour la nuit. Peter sortit à son tour, en pleine forme et commença à nouveau à abrutir son père de palabres.
- J'me souviens d'un Conte de la Crypte – que j'adore soit dit en passant – où le protagoniste va pieuter…
- Dormir, interrompit Erik en levant les yeux au ciel encombré d'étoiles.
- Hein ? ah oui, donc, le mec, il va dormir dans un motel miteux, un peu comme celui-là, où il y a une affiche disant en gros que les lits, sont des lits massant ! Le pied quoi !
- Je ne vois pas où tu veux…
- Attends ! J'ai pas fini !
- Ah… Dommage…
- Donc le mec, il prend une piaule…
- Une chambre !
- Ouais, une chambre et il se met au pieu, heu, au lit et hop il teste les massages !
- Oui et ?
- Attends, j'ai pas fini ! Et en fait, le mec, il se rend compte que, oui ça bouge sous le matelas, mais c'est pas un lit massant ordinaire, non, car enfaite c'est grouillant de vers, de cafard et de petits insectes, qui en se déplaçant dans la housse, font le « massage » !
- Quel est l'intérêt de cette histoire ? fini par demander exaspéré Erik.
- Bah, ça serait cool, que se soit comme dans le Conte quoi… Qu'enfaite il y ait plein de bestioles partout !
- J'ai dormi à même le sol avec des insectes pour seule compagnie ou repas, pendant presque trois ans de ma vie et je ne vois pas en quoi cela peut-être « cool ».
Peter fronça ses sourcils sans comprendre.
- Tes parents étaient pas cool…
- Tes grands-parents étaient déjà morts à ce moment-là…
- Ah merde, t'es orphelin ! T'as grandi à la DASS !
- Bordel Peter ce que tu peux être con !
- Hein ?
- J'étais dans un camp de concentration !
- … un camp de concentration, répéta Peter avant que les mots ne se frayent un chemin à son cerveau.
Le garçon pâlit brutalement.
- Oh… merdeeeeeee, je savais pas !
Erik serra les dents. Non, en effet, il ne pouvait pas savoir, ce n'était pas le genre de chose qu'Erik plaçait dans une conversation au détour d'un apéritif. En général il ne pensait pas à ces choses, à ce passé qui avait bousillé sa vie. Là il regardait son « fils » et il prit subitement conscience qu'il ignorait tout de sa vie, mais aussi, qu'il allait en être l'héritier. Erik se radoucit.
- J'ai été raflé avec mes parents en Allemagne…
Erik s'assit sur le capot de la Mustang, invitant Peter à faire de même. Les rares voitures, qui filaient dans la nuit éclairaient par moment la route perdue entre deux Etats.
- On a été envoyé en Pologne…
- Pourquoi ?
- Ne me dis pas que tu n'as pas étudié ça en cours !
- Si, mais heu… pourquoi vous ?
- Je suis Juif.
- Ah ouais ?
- Oui.
- Moi aussi alors ?!
- Non…
- Ah…
- La religion se transmet par la mère et si ma mémoire est bonne, ta mère n'est pas Juive.
- Non, elle est bouddhiste, ou un truc comme ça.
- Donc… Tes grands-parents et moi avons vécu dans un camp, mais rapidement ma mère et mon père y ont été assassiné…
Erik serra les dents. Son tatouage sur l'avant-bras, lui brûla la peau.
- Tu fête le Noël Juif ? demanda le plus naturellement du monde Peter attirant Erik vers plus de lumière dans son esprit.
- Non.
- Pourquoi ?!
- Je ne pratique plus ma religion depuis ce temps.
- Pourquoi ?
- … je ne suis plus croyant et avant que tu dises « Pourquoi ? », je te dirais : parce que !
- Ah, okay… Ah ! V'la M'sieur Xavier !
Peter, comme un chien fou sauta du capot et trottina joyeusement vers Charles, qui lui tendit une clef.
- Tu as le numéro quinze et nous le seize.
- Je ne suis pas dans votre chambre ?!
- Heu, eh bien non…
- Tant mieux ! siffla Erik en sortant leurs bagages du coffre. Un peu de paix !
Ils se dirigèrent à la lueur des lampadaires défectueux vers les petites maisonnettes en rondins de bois qui jalonnaient un sentier de terre. Peter entra dans son cabanon en poussant une exclamation joyeuse, il salua les deux hommes et courut se mettre tout nu sous la couette pour regarder un programme télé. Erik et Charles prirent place dans le cabanon suivant. Il sentait fort le renfermé et l'humidité, le tout masqué par un désodorisant bon marché vaporisé quelques heures plus tôt.
- Ça fera l'affaire pour la nuit, estima Charles en s'approchant du lit double.
Erik ferma la porte au nez des moustiques et balança leurs sacs sur un fauteuil.
- Attends ! dit-il en voyant Charles s'apprêter à sauter sur le lit pour en tester la mollesse.
- Quoi ?
Erik tira les draps et inspecta le matelas.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? Tu as peur des punaises de lit ?
- Non, mais Peter m'a raconté une histoire abracadabrantesques sur des matelas grouillant d'insectes et du coup, je voulais vérifier.
- Tu te mets à croire à tout ce qu'il raconte ?
- … Tu as raison, c'est stupide.
- Non, c'est adorable.
Charles s'approcha de lui et l'enlaça tendrement pour l'embrasser.
- Quoi ? sourit Erik après ce baiser.
- Tu es un bon père, affirma Charles.
- Et toi, bien trop sexy pour ne pas te retrouver nu avec moi dans ce lit.
- Ah oui ?
- Oui.
- Mais avant je prendrais bien une douche, la journée en voiture m'a un peu épuisé, l'eau me fera du bien.
- Je t'en prie.
- Tu ne veux pas venir avec moi ?
Bien que tous les sens d'Erik se mirent aussitôt en alerte à cette proposition alléchante, il déclina l'offre.
- Ça doit être un petit carré de douche une personne et je ne suis pas un acrobate.
- Je serais rapide.
Charles s'éclipsa dans la seule pièce attenante et fut forcé de constaté, qu'en effet, certes la salle d'eau était spacieuse, mais le coin douche était minuscule. Il se déshabilla rapidement avant de se glisser sous un filet d'eau tiède. Il se savonna énergiquement, ne désirant pas rester trop longtemps dans cet endroit exigu. Une fois hors de l'eau il s'enroula les hanches dans un grand carré de serviette. Il s'observa un quart de seconde dans la glace embuée avant de quitter la pièce. Il retrouva Erik assit torse nu sur le lit, un livre sur les genoux. A en croire par sa couverture usée, Charles déduisit qu'il s'agissait d'un livre du motel. Erik leva les yeux, ferma le bouquin d'un coup sec.
- Alors cette douche ?
- Alors cette lecture ?
- J'ai demandé le premier.
- Agréable…
- Pour moi la vue en tout cas l'est infiniment.
- Et ce livre ?
- Shining…
- Sympa. Tu m'en lis un extrait ?
- Tu aimes ce genre de lecture ?
- Il y a encore pas mal de chose que tu ignores sur moi, fit Charles en fouillant ses affaires pour un tirer un peigne en bois et organiser ses mèches mouillées.
Erik ouvrit à nouveau le livre et chercha le passage qu'il était en train de lire.
- C'est le moment où Jack commence à entendre la voix de son père mort dans la radio…
- Il va la détruire non ?
- Oui, à coup de… attends, je cherche…
- Hache ?
- Hum… ou de maillet, je ne trouve plus…
- Intéressant que tu lises ce passage, analysa Charles en rangeant son peigne.
- Ah oui ?
- Hum-hum, confirma Charles.
- Et tu peux m'en dire plus, professeur ? sourit Erik en délaissant pour de bon le livre sur la table de chevet.
- Eh bien, tu viens de devenir père de jumeaux et étrangement tu lis le livre le plus emblématique sur la famille que King ait écrit.
- Tu trouves ?
- Oui… un père torturé par ce qu'il a connu, a peur de reproduire ses erreurs sur son enfant.
- … ne rentres pas dans ma tête.
- Pas besoin.
Charles dénoua d'un doigt la serviette de ses hanches, dévoilant son intimité face à Erik.
- C'est le cours de littérature le plus improbable et excitant que j'ai jamais eu…
- J'espère bien.
Charles poussa Erik sur le matelas.
- Je continue mon analyse ?
- Je t'en prie…
- Je ne vais bientôt plus pouvoir parler, prévînt Charles alors que ses doigts s'attaquèrent la braguette d'Erik.
- Je ne t'en voudrais pas…
Eh? Quoi? Je coupe là? oui... Oui, c'est mesquin ! :D
Allez dites moi ce que vous pensez ce tout ce qui se mets en place! J'ai hâte d'avoir vos retours !
A très vite !
