Merci pour vos messages et votre soutient encore une fois! Allez je vous ai assez fait languir :
Bonne lecture!
Erik planta son nez dans le cou de Charles, en quête de son odeur, il le trouva glacé et trempé. Il décida de le déshabiller, de le sécher, de le mettre en pyjama, chose rare depuis qu'ils étaient ensemble et de l'allonger sous les draps. Une fois qu'il eut fini il se retrouva étrangement désemparé, tant qu'il avait de quoi occuper ses mains, sa tête suivait, mais maintenant que tout était fini… Il se trouvait bien inutile. Charles était là, contre lui, il respirait doucement, parfois il s'assurait que sa respiration était toujours bien présente et régulière.
Il aurait dû insister ! Convaincre Charles de ne pas faire cette folie… avait-il bien fait d'épargner Hank ? Il était perdu… il voguait dans un état second, berçant Charles de temps à autre dans ses bras, puis guettant à la porte le retour de Raven ou d'une nouvelle quelconque du Cerebro. Plus le temps passait plus la situation lui semblait inextricable et rien ne changeait. Il décida de soulever une paupière pour voir si Charles réagissait à la lumière. Il poussa un cri et relâcha la bande de peau sur l'œil… Ce n'était pas possible… Il… il n'y avait plus son doux regard bleu, à la place l'orbite entière était noire. Un noir de jais dans lequel se reflétait l'image déformé d'un Erik mort d'inquiétude. Erik s'obligea à respirer avant de vérifier ce qu'il venait de voir aux deux yeux. Le regard de ténèbres de Charles lui donna froid dans le dos. Qu'est-ce que le Cerebro avait donc pu faire pour arracher à Charles ses yeux bleus ?!
Il ne savait plus ni quoi faire, ni quoi penser, il en serait même venu aux prières, choses qu'il avait abandonné depuis des années, pour trouver du réconfort. Au lieu de ça ses pensées sombres tournèrent au vinaigre à l'encontre de son Dieu.
- C'est comme ça que tu joues avec la vie des gens ? Tu me donnes le bonheur et ensuite tu me l'arraches, tu ne cesses de jouer à ça avec moi depuis des années ! Mes parents ! Mes amis mutants ! Ma femme ! Ma fille ! Et maintenant Charles ! Charles ! L'homme qui mérite le moins sur cette terre de souffrir de la sorte tu le prive de sa conscience et de sa vie ?! Quel Putain de Dieu tu es à la fin ?!
De rage il cogna dans une pile de livre que Charles laissait toujours de son côté du lit les nuits d'insomnie. L'un des ouvrages tomba face devant Erik, sa couverture l'appelant à la lecture : « Le Prince et le Pauvre » de Mark Twain. Erik se pencha et attrapa la reliure en cuir vert, il y avait un marque page en tissu, indiquant une page vers la fin de l'œuvre. Il ouvrit le livre à cet emplacement et parcouru les quelques lignes souligné d'un fin trait de crayon de papier… Charles faisait toujours cela dans ses livres, il soulignait les passages importants pour mieux les retrouver et les exploiter dans ses cours. Erik trouva cela touchant et s'en voulu de trouver un simple trait de crayon aussi émouvant. Il n'était pas mort ! La lecture de ces lignes ne lui apporta pas de grandes révélations, ni n'apaisant son âme au supplice. Rien… Néanmoins, il venait de se trouver une occupation et commença à lire le roman du début.
Ce n'était pas du tout le genre de lecture qu'il avait l'habitude d'entreprendre, mais pour une fois il se laissa volontiers glisser dans cette Angleterre du passé, en compagnie de ces jeunes garçons. Les minutes et les heures s'envolèrent au rythme lent de la pendule murale, qui d'ordinaire faisait moins de bruit que les soupires d'Erik et Charles quand ils étaient au lit. C'est le manque de lumière qui tira Erik de ses lignes. Il faisait nuit. Rien n'avait évolué. Erik reposa le roman et se sentit encore plus perdu qu'auparavant. Il embrassa la bouche sèche de Charles et colla son front au sien.
- Reviens-moi…
Le blond sentit comme une décharge lui courir le long de l'échine et il se sentit étrangement apaisé. Il ouvrit les yeux, il connaissait cette sensation, il avait éprouvé la même chose lorsque Charles l'avait abordé au beau milieu de l'océan ! Oui, c'était obligé ! C'était Charles ! Pourtant, le corps du brun ne bougeait pas, il ne réagissait pas. Néanmoins la sensation s'accentua en Erik, si bien qu'il finit par comprendre que Charles essayait d'établir une connexion psychique avec lui !
- Je t'écoute, je suis là, parle-moi, chuchota Erik au plus près de Charles.
Erik.
Le blond sentit de nouvelles larmes le gagner ! Charles résonnait dans sa tête avec douceur, voir faiblesse.
- Est-ce que tu vas bien ?
Aide-moi.
La gorge d'Erik se serra, que pouvait-il bien faire ? Il n'était pas un foutu télépathe !
Je suis dans le noir…
- Je suis là, à côté de toi, je te tiens la main. Tu peux me sentir ?
Non. Tu es si loin…
La voix de Charles perdait en puissance. Erik commençait à sentir que les effets de l'apaisement du télépathe se dissipaient peu à peu.
- Qu'est-ce que je peux faire ? Dis-moi !
Jean Grey… Je t'aime.
Erik se sentit à nouveau profondément seul et désespéré. Charles ne rôdait plus dans les parages, son esprit était à nouveau captif de son enveloppe charnelle, telle une âme prise au piège dans une coquille vide. Les poings d'Erik se crispèrent à plusieurs reprises. Il hésitait franchement entre tout envoyer balader ou hurler de rage. Alors que cela ne lui était pas arrivé depuis des décennies il se surprit à lâcher une flopée d'insultes en allemand, faisant vibrer sa voix puissante contre les murs et le plafond. Il n'en ressentit aucun soulagement.
Il avait compris que Charles lui demandait de confier son destin à une ado écervelée… Mais il n'était pas certain qu'elle en soit capable ! Après tout ce n'était qu'une gamine… Pourtant Charles l'avait réclamé… il devait agir et au plus vite ! La condition dans laquelle se trouvait son amant ne devait pas durer ! Il était seul, plongé dans le néant et il était de plus en plus faible ! Erik décida d'agir. Il se moquait bien d'avertir Hank ou n'importe qui, il se dirigea d'un pas rapide et sûr dans la direction des chambres des filles. Alors qu'il ouvrait la porte de Jean il se figea à l'entrée. La « gamine » était seins nue devant Scott déjà complément déshabillé et … « prêt ». La rousse poussa un hurlement, tandis que Scott tomba au sol en quête de quelques habits pour cacher sa droiture. Erik avait déjà vu bon nombre de femme seins nu, et même bien plus, alors ce n'était pas une nouvelle paire qui allait l'affoler, encore moins, une à peine formée !
- Jean j'ai besoin de vous, dit-il en restant sur le palier mais en regardant ailleurs pour ne pas gêner la jeune femme. Dépêchez-vous de vous habiller et suivez-moi !
- On peut tout expliquer, on…
- La ferme Summers, je n'en ai rien à foutre de vos batifolages !
Le jeune homme fini par enfiler un jogging vert, tandis que Jean mortifiée trouvait un débardeur à la hâte sur une pile de vêtements fraichement repassé.
- Summers, je vous conseille de retourner dans votre chambre et de vous faire le plus discret possible… Quant à vous Jean, suivez-moi.
- Bien professeur, dit l'adolescente en passant devant Erik les bras croisés cachant sa poitrine encore trop honteuse de s'être fait surprendre de la sorte.
Erik tiqua.
- Je ne suis pas votre professeur ! dit-il en lui montrant la direction à prendre en guise de préambule.
- Pardon Monsieur Lehnsherr…
Il ne répondit pas, mais marchait à vive allure, si bien que Jean peinait à suivre sa cadence.
- Vous avez besoin de moi pourquoi ? osa-t-elle demander en descendant d'un étage à la suite d'Erik.
- C'est Charles, il te demande…
- J'ai fait une bêtise ?
Erik pila devant la porte de leur chambre. Il toisa la gamine. Jaugeant si elle était capable d'accomplir le miracle qu'il allait exiger d'elle.
- Oui tu en as fait une en voulant coucher avec Scott, mais je ne suis pas ton père, alors fait autant de bêtises que tu le souhaites, ce n'est pas de mon sort… Pourtant c'est Charles qui a besoin de toi. Il y a eu un problème grave avec le Cerebro et toi seul peut l'aider.
- Moi ? répéta incrédule la rousse.
- Ne le déçois pas, avertit Erik en ouvrant la porte sans y toucher.
Rien n'avait bougé. Erik s'approcha de Charles et lui prit la main avant de lui chuchoter que tout allait bien et que Jean était là.
- Qu'est-ce qu'il a ? demanda d'une voix mal assurée Jean en se retenant de trop s'approcher.
Jamais elle n'avait vu l'intérieur de cette pièce, c'était si intime, si personnel, que Jean se sentait mal à l'aise et Erik envoyait de telle sondes de meurtrier qu'il lui était difficile de se concentrer.
- Il est bloqué dans son cerveau…
- Ah…
- Il faut que tu l'aides à revenir à lui-même.
- Ah…
- Tu peux y arriver oui ou non ?
- Je… j'en sais rien…
- Quoi ?!
- J'ai jamais fait ça ! Je… C'est lui qui m'enseigne tout sur mon pouvoir, sans lui, je ne sais même pas par où commencer !
- Donc tu ne vas rien faire ? demanda d'un ton extrêmement menaçant Erik.
La rousse, s'avança sous le regard noir d'Erik. Elle jeta un regard perdu vers son directeur, il semblait comme endormit. Il lui fit penser à la Belle au Bois dormant ou Blanche Neige. Une princesse qui attend son prince charmant, pour rompre le mauvais sort… sauf que la Blanche Neige en question était un homme au cerveau surpuissant et se brancher dessus devait juste relever du suicide, que son prince charmant était là et plus menaçant que le grand méchant loup et la méchante belle-mère et surtout que Jean n'avait aucune foutue idée de comment s'y prendre !
- Si, je vais essayer, souffla Jean en s'asseyant sur le bord du matelas.
Erik la regardait nerveusement. Jean posant ses longs doigts fins contre les tempes de Charles. Elle se sentit aspirer dans une spirale infernale qui la tirait vers le bas, mais surtout elle sentait l'onde négative d'Erik planer autour d'elle. Elle relâcha la pression et se tourna vers le blond.
- Heu… pourriez-vous… vous détendre, ou vous calmez ?
- Et comment espérez-vous que je me calme alors que Charles est à moitié mort ! aboya-t-il.
- Ou alors, sortez…
- Sortir ?!
- … oui…
- Certainement pas !
- Alors, calmez-vous !
Erik fulminait, mais il se trompait de cible, ce n'était pas Jean qui était responsable de cette situation catastrophique. Et elle lui demandait de se calmer… comme Charles le lui avait déjà demandé… Erik décida de faire un effort et jugula son esprit. Jean sentit la différence et elle recommença son travail sur Charles. Elle plongea d'un seul coup vers le bas, dans les tréfonds des abîmes de l'esprit obstrué de son directeur. Elle chuta un long moment, c'était vertigineux, avant de trouver un sol sous ses pieds. Elle trouva le professeur Xavier assit, calmement en tailleurs avec pour seul lumière un briquet qu'il tenait devant son visage.
- Professeur ? appela timidement Jean.
- Jean… Je t'attendais, j'ai eu peur que mon message ne soit pas passé. Approches, n'ai crainte.
- Pourquoi vous ne remontez pas à la surface ?
La jolie rousse s'accroupit face à son directeur un peu effrayée par les ténèbres des lieux.
- Car je suis enchaîné, dit-il en montrant les entraves qu'il avait aux chevilles.
- Mais… vous êtes seul ici… qui vous retiens ?
- Eh bien ça… c'est moi-même.
Jean eut l'air perplexe.
- J'ai dû m'attacher à la hâte à mon propre corps car le Cerebro a voulu m'en arracher pour m'insuffler dans un autre mutant… Un dérèglement tout à fait fâcheux… Mais vois-tu j'ai trop bien fait mon travail pour me protéger du Cerebro et je n'arrive plus à me libérer. Je suis fatigué il faut dire…
- Qu'est-ce que je dois faire ?
- Avec ta télékinésie : me libérer.
- Mais on est dans votre esprit ! Je ne saurais pas faire…
- Si Jean, tu sais le faire, tu n'as pas de limite… tu me l'a déjà montré par le passé…
- Professeur, vous m'avez appris à endiguer mon pouvoir.
- Et bien dans certaines circonstances fâcheuses, il faut apprendre à le libérer.
- Et si j'endommageais votre cerveau ?
- J'ai confiance en toi, Jean.
- …
L'adolescente fit la moue. Elle se savait capable du pire, elle avait peur de son esprit plus que tout le reste.
- Laisse-le couler de toi et dirige son flux vers mes chaines, encouragea doucement Charles dans un sourire tendre.
Jean se détendit, après tout, elle en était capable, si le professeur Xavier le pensais, elle pouvait le faire…
Erik regardait depuis vingt bonnes minutes Jean et Charles sans que rien ne se produise de concret. La gamine semblait chuchoter le front plissé les yeux clos, tandis que chez Charles rien ne se produisait. Soudain Jean poussa un cri et retira ses mains du front du brun comme si elles avaient étaient brulées au fer blanc. Charles rouvrit les yeux, les pupilles noires fixèrent le plafond et peu à peu le jais se dilua et le bleu profond reprit sa place. Charles aspira l'air environnant d'un grand coup et il soupira lentement.
- Merci Jean, souffla-t-il en refermant les yeux épuisé.
- Charles ! s'écria Erik en lui agrippant la main.
- Erik, répondit le brun en étirant doucement sa bouche pour sourire.
- Professeur, vous allez bien ? chercha à confirmer Jean alors qu'elle se frottait encore vigoureusement les paumes.
- Oui, grâce à toi.
La rousse fut terriblement soulagée, puis foutrement mal à l'aise lorsqu'elle vit fondre sur Charles la bouche d'Erik. Elle ne voulait absolument pas assister à ça !
- Oui, tu peux y aller Jean, dit Charles avant qu'Erik ne l'embrasse.
La jeune fille disparue rapidement, emportant avec elle son parfum capiteux. Erik couvrit de baisers son Charles, accompagnant le tout de baisers tendres et salvateurs.
- J'ai eu si peur…
- Il ne faut pas. Je reviendrais toujours vers toi.
- … Ne recommence plus jamais.
- C'est un ordre ? sourit Charles en recevant les caresses d'Erik.
- Non, une supplique.
Charles se redressa pour aller à nouveau goûter aux lèvres d'Erik. A ce moment la porte s'ouvrit à la volée, Hank déboula, le front en sueur et le sweat rempli de traces sombres.
- J'AI TROUVE… J'ai… Il est réveillé ?! Professeur vous êtes réveillé !
- Oui, Hank, je suis réveillé…
- Et ce n'est pas grâce à toi, grogna Erik en se redressant menaçant.
Erik s'interposa entre le lit et Hank, lui interdisant l'accès au chevet de Charles.
- Mais, comment ? s'éberlua Hank.
- Nous avons eu le droit à l'intervention de la talentueuse Jean Grey, expliqua Charles en s'asseyant dans son lit avec l'aide d'Erik.
- Impossible…
- Charles a besoin de repos, donc tu l'ennuieras demain avec tes conneries, dit Erik en bousculant Hank vers la sortie.
- Mais Charles, je…
- Demain, Hank, fit le brun soulagé qu'Erik ne laisse pas Hank s'éterniser.
- Je…
La porte claqua au nez du Fauve et Erik verrouilla la porte pour être certain de rester seul avec son amant pour cette nuit.
- Quelle heure est-il ?
- Presque vingt-deux heures…
- Tant que ça.
- Oui, tu as fait une sacrée sieste…
Charles sourit.
- Merci pour la lecture.
- Le Prince et le Pauvre ?
- Oui… j'ai écouté ta lecture dans ton esprit, ça m'a guidé vers toi.
- Toi, alors… qu'est-ce que tu ne sais pas faire ?
Erik retira ses habits pour la nuit.
- Tellement de choses encore…
- Cette petite, Jean, son pouvoir…
- Il dépasse largement le mien et j'ai peur qu'un jour il la submerge… C'est beaucoup… elle ne le contrôle pas, alors j'ai, placé des barrières mentales pour l'aider à juguler.
- Tu la brime
- Histoire qu'elle ne se laisse pas consumer.
Le blond fit la moue tout en prenant place dans le lit.
- Je sais que tu n'es pas d'accord, mais si tu savais ce qu'elle peut faire sans ces protections…
- Pour les autres ou pour elle ?
- Les deux.
- … Oui, je n'approuve pas, mais tu es suffisamment sage pour savoir ce qu'il y a de mieux à faire.
- C'est un beau compliment.
- C'est surtout les paroles d'un homme qui a craint pour ta vie et qui est prêt à ne pas débattre de ça avec toi au moment de dormir.
- Merci aussi…
- Charles…
- Hum ?
Les deux hommes se regardèrent, les lumières étaient éteintes, les volets fermés. Plus rien ne bougeait dans l'école, le silence était tombé comme une chape de plomb. Ils leur semblaient, qu'ils étaient seuls au monde.
- J'étais sérieux tout à l'heure…
- Je ne recommencerais pas.
- J'ai cru mourir moi-même.
Ils s'embrassèrent tendrement, l'étreinte n'était pas charnelle, elle était chaude, réconfortante. Blottit l'un contre l'autre, ils trouvèrent refuge pour la nuit et s'endormirent rapidement, épuisés par la route et les événements du soir.
On approche de la fin de cette fiction comme vous vous en doutez...
Arf, je n'aime pas les fin de fictions, c'est toujours compliqué de faire une fin cohérente et qui plaise à tout le monde, je bosse dessus depuis quelques temps déjà et j'espère que cal vous plaira beaucoup :D
En tout cas je compte sur vous pour me laisser un petit message te me dire ce que vous en pensez ! :D
A très vite !
