Salut les amis,

Décidément, ce n'était pas prévu que cette histoire soit autant inspirante. Voici ce que j'ai pensé cette nuit et ai écrit ce matin au levé. Peut-être bonne lecture !

Bien à vous,

DZ0

PS : Si ça vous a plus, n'hésitez pas à le faire savoir ! Réponse au RAR en bas !


Une boussole pour un cœur perdu

Quand Stiles s'était donné le courage de demander à Derek si Scott pouvait venir à la maison pendant les vacances d'été, l'homme s'était en premier lieu demandé qui était ce fameux Scott que son petit ami voulait inviter chez eux. Il avait fallu que le surdoué redouble d'évocations pour qu'enfin, l'étudiant de vingt et un ans se souvienne qu'il s'agissait d'un camarade de leur ancienne vie à Beacon Hills. Derek ignorait que Stiles avait gardé le contact avec ce garçon. Il fut d'ailleurs surpris d'apprendre qu'il le considérait encore aujourd'hui et malgré toutes ses années d'absence, comme son meilleur ami. Les outils modernes leur avaient permis d'entretenir le contact et même si Stiles en parlait peu, Derek se rendit compte que Scott faisait partie du quotidien de son bébé renard.

Ne sachant pas pour quelles absurdes raisons il aurait dit non, l'aîné du couple avait accepté à condition qu'il ne vienne pas plus d'une semaine. Les choses s'étaient néanmoins un peu compliqués, parce que de son côté, la mère de Scott était réticente à l'idée pas que son fils traverse tous les États-Unis seul et surtout, elle n'avait pas les moyens de lui payer ce voyage dont le prix était tout bonnement exorbitant. Dans tous les cas, la venue de Scott McCall à New York semblait plus que compromise et cela rendait Stiles vraiment morose. Il s'était fait une telle joie à l'idée de revoir cet ami avec lequel il avait noué des liens qui avaient résisté à des milliers de kilomètres de distance et des années de séparation, que l'impossibilité d'une réunion le minait.

De guerre lasse, le dernier des Hales avait appelé la mère célibataire et si Mélissa McCall avait eu des difficultés à approuver, elle avait fini par céder au fait que ce serait Derek qui paierait le voyage pour elle et son fils. Il avait dû redoubler d'arguments et de persuasion pour que l'infirmière capitule, mais il était parvenu à ses fins en lui disant qu'il avait largement les moyens de les inviter et surtout, que cela ferait du bien à Stiles qui n'avait pas d'autres amis que son fils. Touchée par les propos du jeune adulte, la femme n'avait plus eu la possibilité de refuser.

C'est ainsi qu'au début du mois de juillet, le quotidien des amoureux secrets fut bouleversé par la venue de leurs deux invités. À l'aéroport, les retrouvailles des adolescents avaient été très émouvantes et Mélissa s'était cramponnée au bras de Derek tandis qu'elle observait les garçons se sauter dessus, se prendre dans les bras, se faire une fête inimaginable et rire comme jamais. Les yeux humides, elle s'était retournée vers le tuteur de Stiles et avait dit « merci » sans qu'un son ne puisse sortir de sa gorge nouée d'émotions.

Puis, ils étaient retournés à l'appartement pour décharger les valises et manger un morceau. Il avait été décidé que la femme et son fils dormiraient dans la chambre de Derek dans laquelle un lit d'appoint avait été installé, tandis que les hôtes crècheraient ensemble dans la chambre de Stiles. Les deux jeunes étaient survoltés et l'alchimie naturelle qui existait entre eux réchauffait les adultes qui demeuraient spectateurs de leur belle complicité. Tout se passait comme dans un rêve et Derek avait le cœur gonflé d'espoir. Cela faisait si longtemps que son bébé renard ne s'était pas montré si joyeux que le seul fait de le voir ainsi suffisait à le rendre heureux en retour.

Les premiers jours furent éreintants. La frénésie de la mégalopole et toutes les activités qu'elle proposait avaient accaparé tout leur temps. Des visites de lieux, de musées, aux cinémas et autres restaurants exotiques, ils n'en finissaient pas de sillonner les vastes boulevards de long en large pour complaire au besoin de découverte de leurs convives. Alors que les deux orphelins n'avaient pas changé de ville pour les vacances, il leur était étrange de faire autant de choses, de n'avoir plus un seul moment de répit, d'être aspiré dans cette spirale qui leur faisait voir New York par l'intermédiaire des yeux avides de Scott et Mélissa.

En milieu de semaine, il fut décidé qu'ils ne feraient rien d'autre que de rester à l'appartement pour la soirée, et Derek fut content de constater que Mélissa paraissait autant soulagée que lui à cette idée. Ils mangèrent à domicile, dans une atmosphère familiale et décontractée. Le jeune adulte sembla se détendre, enfin. Quand les adolescents partirent dans la chambre de Stiles pour jouer sur l'ordinateur, Derek soupira son contentement de retrouver un peu de calme. Mélissa se moqua gentiment de lui et ils firent la vaisselle ensemble avant de s'installer dans le canapé, un verre de vin à la main.

― Et les amours ? demanda Mélissa, curieuse. Un beau jeune homme comme toi doit-être un vrai bourreau des cœurs, ajouta-t-elle avec malice. Derek reposa son verre à pied sur la table basse et tout en avalant sa gorgée de Bordeaux, il secoua la tête négativement. La femme fut indubitablement troublée par cette révélation.

― Comment ça, tu ne sors avec personne ? demanda-t-elle surprise, tout en repliant ses genoux sur le divan. Je peux t'assurer que si j'avais vingt ans de moins et que j'étudiais dans la même université, je ferais tout pour avoir un rencard avec toi, dit-elle tandis qu'un tendre sourire étirait sa lippe. L'étudiant s'essuya la bouche avant de bafouiller :

― C'est Stiles.

À ces mots, Mélissa se perturba davantage et finit par se séparer de son verre pour poser une main compassionnelle sur l'avant-bras de Derek. Celui-ci la contempla quelques instants, ses yeux d'émeraude s'embuant sans qu'il ne puisse retenir l'expression mélancolique qui investit dès lors tout son visage. La femme replaça ses cheveux derrière ses oreilles et caressa la joue velue de l'étudiant. Elle était manifestement déconcertée par le comportement étrange de son jeune hôte qui s'était tendu dans l'inconfort.

― Ce n'est pas parce que tu as des responsabilités que tu dois t'empêcher de vivre ta jeunesse Derek. Je… je sais bien que Stiles et toi êtes passés par d'effroyables tragédies. J'étais de service aux urgences le soir de la fusillade, et quand j'ai appris pour ta sœur, j'en ai été bouleversée pour vous. Enfin bref, dit-elle en secouant la tête pour éviter de sombrer dans l'émotion tenaillante que ces évocations éveillaient en elle. Tout ça pour te dire que… que tu dois profiter de la vie tant que tu le peux, faire des expériences, des erreurs de jeunesse. Tu as vécu assez de malheurs pour t'interdire d'être heureux. Avoir un jeune de quinze ans sous ta coupelle ne signifie pas qu'il te faut te dédier à lui sans plus penser à ton propre bienêtre. Et je sais de quoi je parle, rit-elle pour tenter de dissiper la soudaine morosité de l'atmosphère. Je suis sûr que Stiles voudrait que tu prennes du temps pour toi, argumenta-t-elle comme le ferait une mère se rendant compte que son fils était bien trop sérieux pour son âge.

― Ce n'est pas ça Mélissa, je… je ne m'empêche pas de vivre, répondit Derek, hésitant et mal à l'aise. Il soupira et reprit une inspiration avant de regarder fixement la quinquagénaire, puis il se lança :

― Je suis amoureux de Stiles, murmura-t-il en baissant les yeux pour ne pas constater la surprise figer le minois de la femme qui lui faisait face. Je ne veux personne d'autre, ajouta-t-il alors que ces mains se mettaient à trembler.

Les grands yeux noirs de Mélissa s'écarquillèrent et il lui fallut plusieurs secondes, pour trouver en elle la force de sortir de cet état de choc que la révélation de Derek imprimait dans son corps et son esprit. Elle déplia ses jambes et se saisit de son verre de vin qu'elle finit d'une traite avant d'expirer sa confusion. Derek commença à se sentir vraiment mal et son instinct lui cria de partir, de s'enfuir loin de la femme, mais il était tétanisé par la peur de ce qu'elle pourrait faire de cette information. Elle se retourna de nouveau vers lui et l'observa s'enfermer dans l'effroi que sa propre audace avait suscité.

― Pourquoi est-ce que tu me dis ça ? demanda doucement Mélissa. Tu aurais pu me mentir, me raconter ce que je voulais entendre et… je ne sais pas, nous éviter tout cet embarras. Pourquoi tu me confies la vérité Derek ? finit-elle par le questionner, les larmes aux coins des yeux.

― Parce que je n'ai personne à qui en parler à part Stiles lui-même, répondit faiblement Derek. Parce que même si j'ai honte de le dire à haute voix, j'ai besoin de savoir si je suis complètement détraqué de focaliser tout mon amour sur lui. Parce que vous êtes ce qui se rapproche le plus d'une figure parentale pour moi, ici et maintenant et que je ne peux plus garder ça enfermé en moi, avoua Derek, la voix pleine de trémolos tandis que de tristes soubresauts secouaient son corps.

Mélissa se bouleversa de voir les larmes s'écouler dans la barbe de l'étudiant. Elle resta quelques instants interdite, à ne pas savoir quoi dire, perdue devant la sincérité du jeune qui lui dévoilait ses sentiments torturés. Elle se saisit de la bouteille de vin rouge et se servit un nouveau verre pour se donner de la contenance et réfléchir à ce qu'elle pourrait exprimer pour apaiser la situation. Elle but une gorgée et décida à ce moment qu'elle ne devait pas se faire juge, qu'elle devait jouer sérieusement le rôle que Derek attendait d'elle.

― Stiles est au courant ? demanda-t-elle précautionneusement et elle vit Derek acquiescer. Oui bien sûr qu'il est au courant et j'imagine que c'est réciproque en plus. Combien de fois j'ai entendu Scott se plaindre que Stiles n'avait qu'un nom en bouche dès qu'il revenait du week-end au chalet, rit-elle avec ce qui ressemblait à du désabusement. « Stiles ne fait que parler de Derek, on dirait qu'il est amoureux de lui », ajouta-t-elle dans une imitation enfantine de son fils. Bien évidemment qu'il a toujours été entiché de toi. Elle reprit une gorgée de vin et osa fixer le jeune homme sans sourciller ou être tentée de détourner le regard.

― Je ne vais pas te mentir et te dire que si j'apprenais que Scott était en amour pour un homme bien plus âgé je sauterais de joie, ou même que je l'approuverais. En fait, je ne sais pas comment je réagirais. Mais… quand j'avais leur âge, je flashais sur les garçons du tien et… et je n'ai pas oublié ce que ça fait d'avoir quinze ans, dit-elle tout en s'autorisant un sourire contrit. J'imagine qu'il ne s'est encore rien passé entre vous, continua-t-elle dans une tactique évidente d'avoir la réponse à une question qu'elle n'osait pas directement formuler. Derek hocha de la tête négativement tout en s'essuyant les joues.

― On dort ensemble, depuis quelques mois on s'embrasse, mais ça n'a jamais été plus loin, avoua-t-il avant de se pencher pour se saisir de son verre à moitié plein. Je sais bien que ça frustre énormément Stiles, mais j'ai tellement peur de le perdre… si jamais ça venait à se concrétiser et que, par je ne sais quel sombre coup du hasard les autorités l'apprenaient… ce serait dramatique et je ne pense pas que nous pourrions nous en remettre, finit-il par dire, soucieux et assombrit par ses propres pensées. Mélissa eut un sourire sincère et posa une main chaleureuse sur la cuisse de son interlocuteur.

― Ah Derek, si tous les garçons étaient aussi prévenants et investis que toi, les filles comme moi n'auraient pas connues des premières fois aussi désastreuses. J'ai eu ma première expérience à quinze ans, il s'appelait Henry Finshbird et avait quatre ans de plus que moi, un vrai canon, mais un véritable connard si tu veux mon avis actuel. Pourtant, j'étais persuadée d'être amoureuse de lui à l'époque. En fait, il ne souhaitait qu'une chose et stupidement, j'ai cru que si je lui cédais, nous resterions ensemble. Je ne te fais pas un tableau, mais ce fut un fabuleux fiasco, en tout cas pour moi. Je suis presque jalouse de ce que tu vas offrir à Stiles en comparaison, avoua-t-elle un peu gênée de se confier en retour et de laisser sous-entendre qu'elle admettait à demi-mot la relation illégale entre le tuteur et sa pupille.

Derek se détendit subitement et il réussit même à sourire en retour à cette femme qui se montrait ouverte d'esprit et compréhensive. Alors qu'il finissait son verre, il se dit qu'il avait bien fait de suivre sa petite voix intérieure en ne lui mentant pas. Il savait qu'il s'était adressé à la bonne personne et son cœur se chahuta à la pensée que sa relation avec Stiles n'était pas aussi inadmissible qu'il l'avait envisagé dans les moments où le doute fondait sur lui.

― Est-ce que vous pensez que… que ça peut continuer entre lui et moi ? demanda Derek dont les prunelles s'éclairaient d'espoir. La femme s'embarrassa et elle se gratta le sommet du crâne avant de répondre par une série de questions.

― Est-ce que vous êtes bien l'un avec l'autre ? Est-ce que ce que vous partagez vous rend sincèrement heureux ? Est-ce que cela vous permet d'aller de l'avant et vous fait entrevoir votre avenir comme quelque chose de beau ? l'interrogea-t-elle tout en constatant les réactions positives qui se relayaient dans les expressions faciales du jeune homme. Si tu peux répondre « oui » à chacun de ses points, tu es plus chanceux que la moitié des couples qui se forment dans ce bas monde. Ce n'est pas à moi de te dire si cela doit continuer ou s'interrompre Derek, il faut juste que vous soyez prudents et discrets, que vous continuiez à vous respecter, c'est le plus important, je crois. Il reste pas mal de temps avant que Stiles soit majeur et ne soit plus considéré comme ta pupille, ne gâchez pas votre chance de vivre ensemble, c'est la seule chose que je peux te conseiller et crois-moi, en tant que mère, ça me coûte, admit-elle en fronçant les sourcils. Derek acquiesça et Mélissa se retrouva à triturer ses doigts avant de s'enfoncer dans la confortable assise du canapé.

― Quand as-tu su que tu étais en amour pour ce jeune turbulent ? demanda-t-elle comme si leur différence d'âge s'était soudainement réduite et qu'elle parlait à un ami. Peut-être que le vin commençait à distiller l'ivresse en elle, toujours fut-il que cela permit à Derek de se détendre davantage.

― Il avait cinq ans, confia le jeune homme dont les clairs iris se voilèrent de nostalgie. Quand nos familles se voyaient, il m'énervait parce qu'il me suivait partout, je ne pouvais rien faire sans qu'il ne soit dans mes pattes et il fallait que je le surveille en permanence. C'était vraiment agaçant, je me sentais piégé avec lui. Et puis, il y a eu ce jour où je l'ai poussé parce qu'il m'énervait. Il est tombé, s'est fait mal et s'est mis à pleurer à chaudes larmes. Nous étions loin des adultes et j'ai culpabilisé comme jamais. J'ai vraiment eu peur et j'y ai mis du mien pour parvenir à le réconforter de ce que je lui avais fait subir. C'est là qu'il m'a regardé avec des yeux si tendres et avec sa petite voix fluette il m'a dit qu'il m'aimait. C'est con, mais pour le gamin de onze ans que j'étais, c'était comme s'il m'avait offert la lune, comme si j'étais soudainement devenu la personne la plus importante du monde. C'est à ce moment que j'ai su, j'ai su que je ne pourrais plus jamais rien lui refuser, raconta Derek qui se troubla d'être aussi sincère devant Mélissa. Comme ça faisait du bien de pouvoir dire tout ça à quelqu'un, comme c'était libérateur. La femme eut un rire tendre et leva les yeux vers le plafond, imaginant la scène sans difficulté.

― À quatorze ans, je suis devenu son baby-sitter et dès que les parents de Stiles s'octroyaient une soirée, j'étais sollicité parce que leur garnement ne voulait personne d'autre pour veiller sur lui. J'ai toujours refusé d'être payé pour passer du temps avec lui. En fait, je ne sais pas qui de lui ou de moi s'amusait le plus, toujours est-il qu'après ma famille, il était la personne la plus précieuse que je connaissais. J'ai toujours été introverti, je n'ai jamais vraiment eu d'amis et même si nous avions six ans d'écart, Stiles était mon seul copain. Quand, à mes seize ans, ce fou furieux a fusillé tous les gens dans le restaurant où nos parents s'étaient réunis pour fêter la Saint Valentin, Stiles dormait dans ma chambre au manoir. Le lendemain matin, je ne sais pas ce que j'aurais fait si je n'avais pas eu la responsabilité de le calmer alors qu'on nous annonçait que nos parents étaient… que nos parents étaient morts.

Un silence pesant se fit dans le salon et Derek prit sur lui pour ne pas laisser l'émotion l'envahir de nouveau. Il se contint avec brio et la présence de Mélissa l'y aida pour beaucoup. En dépit de son empathie, la femme resta tranquille, observant l'étudiant sans essayer d'intervenir ou de rajouter quelque chose. Elle attendit simplement qu'il continue parce qu'elle avait l'intuition qu'il n'avait pas fini son récit, une histoire qu'il n'avait racontée à personne avant, en tout cas, pas en ces termes. Malgré tout ce qu'elle ressentait, elle demeura imperturbable, ouverte et bienveillante. Derek renifla et reprit la parole dans la foulée, s'octroyant un nouveau verre de vin.

― Nous sommes venus vivre à New York avec Laura, parce que mes parents étaient les parrains de Stiles, que notre famille avait été désignée pour s'occuper de lui si jamais il leur arrivait quelque chose. Stiles et moi sommes devenus inséparables, on dormait ensemble toutes les nuits, on ne pouvait pas se quitter, c'était… c'était comme si le monde s'était subitement réduit à la présence de Laura pour gérer le quotidien et notre seule relation, fusionnelle. Ça n'a plus jamais changé et c'est même devenu plus intense quand ma sœur nous a quittés à son tour. On s'est replié dans ce qu'on partageait, on a survécu grâce à notre lien si puissant. Je… je ne sais pas ce que je deviendrais si jamais… si jamais je devais le perdre. Il est mon unique repère, ma boussole dans les ombres du passé et la lumière de l'avenir. Je… je ne peux pas vivre sans lui, ce serait impossible, ça me détruirait littéralement, lâcha le jeune homme avec une intensité qui fit pleurer Mélissa.

― Oh, Derek, c'est terrible et magnifique à la fois, lâcha-t-elle dans un irrépressible sanglot. Comment veux-tu que je sois contre ce que vous partagez, renchérit-elle en essuyant ses joues. Aimez-vous, préservez-vous l'un l'autre mes enfants, mais ne vous interdisez pas d'être heureux, dit-elle avec un ébranlement communicatif.

Elle prit Derek dans ses bras et ils pleurèrent ensemble, comme s'ils se connaissaient depuis toujours, comme si Mélissa était une grande sœur compatissante que le destin mettait sur la route de Derek pour l'aider à comprendre sa vie et les choix qu'il faisait. Leur embrassade était tellement évidente et incongrue à la fois, que cela les fit rire en même temps qu'ils épanchaient leurs émotions. Quand les ados revinrent dans la salle pour prendre un verre de soda, ils se figèrent devant le spectacle qui s'imposa à eux.

― Qu'est-ce qui se passe ? demanda Scott, troublé de voir sa mère pleurer. De son côté, Stiles ne savait pas comment réagir, il était simplement pétrifié de voir Derek dans cet état.

― C'est rien les garçons, on a seulement parlé du passé, justifia Mélissa tout en se détachant de l'étudiant. Je connaissais les parents de Derek et évoquer leur souvenir avec lui nous a un peu chamboulés, je crois, dit-elle en souriant alors que ses yeux continuaient de se remplir d'eau.

― Ah, fut la seule chose que réussit à répondre Scott qui se retourna immédiatement vers son ami pour l'évaluer. Il remarqua qu'il se rassérénait doucement malgré le fait que ses yeux restaient rivés sur son tuteur à l'air si triste.

― Ne t'inquiète pas Stiles, ça va, ça m'a fait du bien d'en parler, intervint Derek.

Les jeunes se consultèrent silencieusement et décidèrent de s'assoir autour de la table basse avec leurs aînés. Ils discutèrent tous ensemble de choses plus légères et lorsque Mélissa constata les petits gestes attendrissants que partageaient Stiles et Derek, elle ne put empêcher son cœur de battre pour eux. La soirée se finit dans une ambiance cool et chaleureuse où chacun pouvait être lui sans avoir la sensation de trahir l'instant. Cette nuit-là, quand Loups des bois s'endormit, son bébé renard dans les bras, il eut l'impression que sa famille venait de s'agrandir et le sentiment qu'il éprouva alors, lui conféra une sérénité nouvelle.


RAR

Julie-deoliveira : Merci de m'avoir laissé de nouveau un commentaire. Cela me touche sincèrement et me rend heureux qu'une simple histoire puisse susciter de si gentilles réactions. J'espère que la suite continuera de te plaire. Amicalement DZ0

Neko-san-sei : Tes encouragements me sont très précieux. Mille mercis pour ça et pour ton avis éclairé. J'ai bien aimé écrire le chapitre deux et j'ai bien rigolé à imaginé le personnage de Kate et les réactions de Stiles. Apparemment cela s'est ressentit dans l'écrit. Enfin, j'espère que la suite ne sera pas source de déception pour toi. Bisous