Voilà, c'est le dernier chapitre, j'espère qu'il vous comblera de bonheur!

Merci encore de continuer à me lire et à me laisser des commentaires!

Bonne lecture!


Charles avait entendu quelque chose… le plancher qui grince légèrement juste à trois pas de lui. Probablement rien… quoique ? Depuis quand un parquet grince de lui-même sans aucune sollicitation ? Charles avait ouvert son esprit avant ses yeux. Rien, juste Erik et… quelqu'un se camouflait. A deux pas de lui, il sentait un vide, comme un trou noir, assez mal fait… une seconde. Il lui avait fallu seulement une seconde pour mettre en place une parade.

Charles usant de son pouvoir prit possession d'Erik et juste à temps il avait pu dévier la balle qui lui était destinée ! Celle-ci se ficha dans un bruit terrible contre le lambris de la pièce. Charles se redressa, il ne voyait pas la personne qui l'agressait, mais il se servit du pouvoir d'Erik pour rejeter l'adverse au loin. Il gifla mentalement son amant au passage pour le réveiller.

Erik ouvrit les yeux, le bruit de la balle résonnait encore et il sentait le métal d'un pistolet à quelques mètres. Charles était tendu face à lui.

- Qui est là ? demanda d'une voix presque trop douce le télépathe.

Wanda apparue alors, elle se remettait sur ses jambes après avoir valsé contre un mur. La porte de la chambre s'ouvrit à la volée, Hank, devenu le Fauve, se tenait là, armé d'une batte de baseball, les crocs de sortis. Sans plus réfléchir Hank se jeta sans ménagement sur Wanda, surprise, qui retomba à la renverse. Erik bondit hors du lit en poussant un cri. Les lumières de la pièce s'actionnèrent toutes en un instant. Charles déglutit, il n'était pas passé loin de la mort.

- Arrêtes Hank ! Arrête ! C'est ma fille !

Le Fauve, perplexe, relâcha son étreinte autour du mince corps de Wanda, ce qui fut son erreur. Aussitôt la jeune fille, en profita pour se défaire de lui et riposta avec force et pouvoir. Erik leva la main, Wanda fût immédiatement plaquée au plafond. Elle se débattait sans pouvoir plus bouger que sa tête.

- Wanda ! Qu'est-ce qui te prend voyons ?! cria Erik en volant à sa rencontre.

- Il n'est pas digne de toi ! s'exclama Wanda en lançant à Charles des regards si noirs qu'ils montraient toute sa haine à son encontre.

- Charles ? interrogea Erik sans oser trop y croire tant c'était impensable.

- Il te rend faible ! Il t'aveugle avec ses discours de paix ! Et il te prive de ta gloire ! de Nôtre Gloire à tous les deux ! Père ! Penses à ce que nous pourrions accomplir ensemble ! Ensemble nous serions si forts ! Si Puissants !

Hank qui avait rampé un peu sonné jusqu'au lit, dit d'une voix qui ne voulait que Charles comme témoin :

- Pas de doute, c'est bien sa fille !

- Wanda ! J'ai renoncé à ce chemin ! Il était bien trop dangereux et il ne menait à rien !

- Si ! Avec moi tu peux y arriver ! Ensemble ! On peut les dominer ! On peut asseoir notre suprématie et soumettre les humains à notre règne ! Nous sommes la prochaine évolution ! Tu l'as dit toi-même : nous sommes l'avenir ! Nous sommes le pouvoir !

Effectivement Erik reconnu ces paroles. Il les avait prononcé bon nombre de fois, non seulement à ses disciples de l'époque, mais aussi devant quelques caméras lors de sa tentative d'assassinat du président… Oui, il était responsable de ce qu'il avait mis sans le vouloir, dans la tête de sa fille ! Il l'avait plus qu'influencé.

- Wanda, j'ai essayé, et le fait d'être ensemble n'y changera rien, j'avais une confrérie à une époque, nous étions nombreux, bourrés d'idéaux et tu sais comment cela a fini ?

- Oui, cette merde de Xavier t'a fait abandonner tes rêves.

Le Fauve gronda. Charles posa une main apaisante sur l'épaule d'Hank. Depuis le début de leur conversation, il maintenait la fille dans une bulle qui annihilait ses pouvoirs, aussi bien télépathiques, que les autres. Il ne voulait pas de nouvelles mauvaises surprises. Et elle semblait pleine de ressource !

- Hank, je vais bien, peux-tu aller voir les élèves, qui se sont inquiété et réunis au sous-sol comme l'a préconisé notre plan d'alerte ? Il faut les rassurer.

- Je les remonte dans leur chambre ?

- Pas encore. Pas tant qu'elle est là.

- Épinglée au plafond ?

- Non, au Manoir.

Le Fauve, perdit peu à peu sa fourrure, il regardait Charles d'un air presque étonné. Il n'allait pas garder l'enfant d'Erik sous son toit ? Il n'allait pas lui pardonner et lui donner une chance de lui prouver qu'elle avait tort ?

- Hank, ce n'est pas le moment avec tes questions ! coupa sèchement Charles de son regard perçant.

- Pardon professeur.

Aussitôt Hank quitta la chambre.

- Tu n'as pas le droit de débarquer dans ma chambre et de tenter d'assassiner Charles au beau milieu de la nuit ! grondait la voix noire de colère d'Erik.

- Parce que si je viens en plein jour j'aurais le droit ? riposta Wanda avec une ironie terrifiante.

- Ne m'oblige pas à sévir ! Je suis relativement clément pour le moment, ne me le fait pas regretter !

- Tu agis encore comme un lâche !

- Pardon ?!

- Tu me vois comme ta fille, alors tu te montres moins rude ! Mais moi, moi je veux la tempête ! Je veux qu'éclate ta colère ! Je veux que tu déchaîne tes pouvoirs, que tu rases cet endroit et que tu t'unisses à moi pour…

- Dominer le monde ? coupa Erik l'air menaçant.

- Oui ! Qu'y-a-t-il de mal à vouloir ce qu'il y a de mieux ?!

- Il y a d'autres moyens pour y parvenir ?!

- Ah oui ? Lesquels ?! Tu veux sans doute parler de celui qui consiste à BAISER ce type ?! Non, très peu pour moi !

- Wanda ! s'écria Erik en faisant vrombir de rage les murs et tout le bâtiment.

- Tu n'aimes pas que je parle en mal de ton joujou ?! Si c'est ce que je dois faire pour te permettre de déployer ta rage, je ne vais pas me priver !

- Je t'interdis de parler de lui comme ça !

- C'est une fiotte ! Un faible ! Un ami à humain ! Il t'a perverti !

- TAIS-TOI !

Une fissure apparue au plafond. Wanda poussa un cri, ou un rire terrible, une joie malsaine entourait son visage. Soudain, plus rien ne l'anima et elle sombra dans le néant. Erik se retourna vers Charles.

- Cela ne menait à rien, cet échange était stérile, dit le télépathe.

- Elle t'a blessé ?

- Physiquement ? Non. Moralement ? Non plus.

- Charles, je suis tellement désolé de ce qui vient de se produire, je…

Le blond regagna le sol et le chevet de son amant.

- S'il t'était arrivé quoi que ce soit, je ne sais pas de quoi j'aurais été capable.

- C'est ce qu'elle espérait.

- Elle me connaît bien, mais ce n'était pas mon cas on dirait.

- Nous l'avons sous-estimé. Nous ne ferons plus cette même erreur.

Charles semblait froid, distant, Erik lui caressa la joue, le brun leva des yeux durs vers lui.

- Quoi ?

- Rien, c'est juste que… j'ai réalisé que j'ai failli mourir… encore.

- Dieu merci, tu n'as rien.

Erik colla son front contre celui-ci de Charles, mais il sentit encore comme une gêne.

- Qu'as-tu ?

- Je me demande seulement si son discours t'a plu ?

- Pardon ?!

- Pas le fait qu'elle m'insulte, ça non, mais son discours sur le pouvoir et la suprématie mutante ?

- Charles ! J'ai renoncé à tout cela ! J'ai tout quitté !

- Pour moi ?

- Oui ! Pour toi !

- Et si je n'étais plus là… tiendrais-tu encore cet engagement de paix ?

- …

Erik écarquilla les yeux.

- Je…

- Non, ne dit rien, la réponse, je la connais déjà.

- Charles, je…

- C'est pour moi que tu sacrifie qui tu es, mais es-tu vraiment convaincu de cela ? Crois-tu en cette paix ?

- Oui…

- Non, c'est faux. Tu le voudrais, tu le voudrais de toute ton âme, mais je vois bien que c'est faux.

- Ne lis pas dans la tête.

- Je n'ai pas besoin de le lire… Wanda ne s'est pas tellement trompée. Elle voulait juste te remettre sur ta voie en m'éliminant. Je suis le seul barrage à cette guerre humains-mutants, n'est-ce pas ?

Erik ne savait plus quoi dire, quoi faire.

- Je te suis loyale !

- Je le sais !

- Je t'aime !

- Mais il n'est pas question de ça !

- Charles, tu me fais peur avec ce regard et ce que tu me dis.

- Moi ce qui me fait peur c'est que si ce soir Wanda avait réussit son coup, tu n'aurais pas traîné pour redevenir Magnéto…

- Qu'aurais-tu voulu à la place ?!

- Que tu prennes ma succession ici.

- Que je… quoi ?!

Soudain le blond comprit ce que voulait lui dire Charles : ce n'était pas parce qu'il n'était plus là, qu'il fallait re-sombrer aussi sec vers ses mauvais penchants. Erik saisit le visage de Charles, il empoigna son menton et le regard avec toute la tendresse dont il était capable.

- Charles…Charles, je te jure que je ne ferais plus cette erreur.

- Vraiment ?

- Je le jure sur ce que j'ai de plus cher : notre amour.

- Mais tu le fait pour moi, non parce que tu y crois…

- Si, Charles, si j'y crois, mais parfois, c'est vrai je peux me tromper, ou avoir tort… tu n'as pas toujours raison non plus, dit-il avec une note d'humour. Ta présence m'aide à tenir le cap et si jamais je me retrouve un jour privé de toi…

Erik imagina le pire, sa gorge se noua, celle de Charles également. Ils s'embrassèrent.

- Je jure d'essayer de garder ce même cap, car je crois en toi Charles.

Les deux hommes se regardèrent encore un instant avant de se prendre dans les bras l'un de l'autre. Des larmes douces amères glissèrent des yeux de Charles et mouillèrent le torse nu d'Erik.

- Je t'aime tellement Charles.

- Erik, j'ai eu si peur, confia le brun en levant ses yeux vers la silhouette flottante de Wanda.

Ils s'embrassèrent encore et encore, jusqu'à ce que leurs cœurs se calment peu à peu et puis Charles se mit à sourire doucement.

- Quoi donc ? demanda Erik en caressant ses joues humides.

- Tu es tout nu.

Erik prit soudain conscience de sa nudité et sans être gêné le moins du monde, éclata d'un rire sonore et franc, le genre de rire qui redonne confiance et foi en tout.

- Comme ça Hank arrêteras à tort de se faire appeler : le Fauve !

- Ah bon ?

- Eh bien oui : maintenant qu'il m'a vu, la comparaison n'est même plus envisageable !

Charles retrouva son Erik en quelques secondes : plus doux, débonnaire et souriant. Une part de sa personnalité qu'il ne présentait qu'à lui et dont seul Charles avait les clés.

- Bon et que fait-on de Wanda ? tu ne comptes tout de même pas la laisser au plafond ?

- Le lustre ne manquait pas de compagnie ? demanda taquin Erik pour garder sa belle humeur.

- Je ne crois pas, répondit Charles dans un sourire.

- Je peux la mettre dehors tout simplement.

- C'est ta fille Erik… fait comme tu l'entends.

- On ne peut pas la garder prisonnière ici et lui faire subir un lavage de cerveau je suppose ?

- En effet…

Erik soupira longuement.

- Moi qui aie toujours voulu avoir une fille qui me ressemble, je crois que mon vœu s'est un peu trop bien excusé.

- Que dirais-tu de la confier à Logan ?

- Cette brute patibulaire ? Non !

- On pourrait lui parler et lui proposer de rester un peu, voir si elle s'adapte.

- … Charles elle a tenté de te tuer ! Elle recommencera, non, l'idéal serait de la renvoyer chez sa mère et qu'elle y reste.

- Si tu la rejette à ce point sa haine et sa rage vont grandir d'avantage.

- Quoi que je fasse je suis piégé j'ai l'impression.

- Je n'ai pas de solution miracle…

- Moi j'en ai bien une, mais elle ne va pas te plaire.

Charles fronça les sourcils.

- Je t'écoute.

- Et si je la raccompagnais chez elle, sur le chemin, je pourrais lui parler, lui montrer autre chose… la convaincre.

Rapidement le télépathe pesa le pour et surtout le contre, mais il finit par reconnaître que c'était sans doute la meilleure chose à faire.

- Bien… tu n'as qu'à faire ça !

- Mais ?

- Mais… ne tarde pas trop à revenir, tes élèves vont te réclamer.

Erik sourit.

- Uniquement mes élèves ?

- Moi également, tu le sais bien…

- Je ne serais pas long je te le jure.

- Ne laisse pas dix ans s'écouler, c'est tout ce que je te demande.

- Dix ans ! Mais qui prendrais soin de toi ? s'amusa Erik en enlaçant Charles.

- Hank, dit malicieusement le brun pour piquer au vif Erik.

La réaction ne se fit pas attendre et une belle paire de dents vint se planter dans la nuque de Charles. Bientôt ils rirent, roulé l'un sur l'autre, au milieu du lit.

- Erik, chuchota Charles sentant que l'humeur d'Erik était complément différente.

- Hum ?

- Il y a toujours ta fille au plafond…

- Ah oui ! s'exclama Erik en se redressant.

Il enfila un bas cachant le début d'érection qu'il avait et guida Wanda toujours dans les vapes, au-dehors de la pièce. Tandis qu'Erik menait sa fille à l'étage du dessous, Charles prévint Hank, qu'il pouvait rapatrier les élèves dans leur dortoir, le danger été passé. Le télépathe écouta le pas lents et les conversations à voix basses de ses étudiants alors qu'ils regagnaient leur lit au milieu de la nuit. Il se posa encore une fois la question qui le taraudait parfois : « Et si ? »… et s'il n'avait pas bu jusqu'à se tromper de numéro, volontairement ou non d'ailleurs… et s'il n'avait pas appelé Erik complètement ivre par une nuit semblable à celle-ci ? Que serait sa vie ?... Cela ne faisait que quelques mois que tout avait changés, mais… mais, tout de même, il se demandait s'il aurait pu continuer encore longtemps à jouer à celui qui ignore ses sentiments ? Aurait-il craqué ? Serait-il allé trouver Erik ? Aurait-il continué à se terrer dans son mutisme ridicule ? Ou bien, tout simplement aurait-il fait comme Logan le lui avait conseillé : tourner la page et voir autour de lui… Est-ce que Charles pouvait seulement oublier à quel point Erik l'avait rendu dépendant de lui, sans rien avoir besoin de faire ? Aurait-il seulement pu envisager sortir avec une autre personne, n'importe qui d'ailleurs ?!

Il en était à peu près là de ses tergiversions, lorsque celui qui accablait ses pensées, fit irruption.

- Elle va dormir pour la nuit ? demanda Erik en refermant la porte sans l'avoir touché.

- Oh oui.

- Tant mieux !

Le blond se débarrassa de son bas de pyjama et se plongea sous les draps avec délectation.

- Tu es fatigué ? demanda-t-il d'une voix douce tandis qu'il attirait à lui le corps chaud de Charles.

- Plus tellement, chuchota à son tour le brun qui se défit de ses pensées en un quart de seconde.

- Moi non plus…

Charles ondula imperceptiblement du bassin, juste assez pour qu'Erik saisisse parfaitement le message.

- Alors comme ça on est d'humeur légère ?

- C'est toi qui as commencé ! protesta doucement Charles.

- A t'écouter, c'est toujours moi…

- A t'écouter je suis un vieux dépravé…

- En quoi c'est faux ? mordit Erik avec sensualité.

Le brun se retourna. La lumière était éteinte à nouveau, il faisait nuit noire.

- Combien de temps avant que l'on ne doive se lever ? questionna Charles en embrassant les joues tendres et râpeuses d'Erik.

- Deux heures, peut-être trois…

- Mettons-les à profit dans ce cas… après tu vas partir et je ne veux pas à avoir à regretter quoi que ce soit !

Le sourire d'Erik brilla dans la chambre, tandis que Charles repoussait les couvertures et montait à califourchon sur son amant.

- Tu vois, qu'est-ce que je disais : dépravé, grogna Erik.


Erik s'ennuyait ferme. Une semaine déjà qu'il avait ramené Wanda chez elle, et déjà quatre jours, qu'il venait quotidiennement la voir, chez elle, enfin, chez son ex, pour essayer de discuter avec elle. Peine perdue, la gamine était plus buttée qu'un âne ! Sans compter que son ex, dès qu'elle le voyait ne cessait de lui jeter un regard plein d'opprobre et de dégoût… le meilleur séjour de sa vie ! Et Charles… Charles qui lui manquait terriblement… il ne c'était pas aperçu à quel point le petit télépathe pouvait lui manquer jusqu'à maintenant. Depuis combien de temps au juste était-il mordu de lui ? Comme d'habitude, Charles avait su avant lui ce qui finirait par arriver entre eux… Erik trop aveuglé par toute sa folie, n'avait rien vu, ou rien voulu voir…

Charles lui manquait… il lui manquait à un point qu'il ne jugeait pas possible. Passé les premières heures où sont parfum avait cessé de l'accompagner, passé les deux premiers jours, où il avait dû réhabituer son corps à une abstinence nouvelle, passé ses nuits où le sommeille ne venait pas à cause de trop d'espace… Erik avait bien été obligé de constater que Charles lui manquait ! Mais pas comme un manque habituel… non, c'était, bien plus profond ! Erik avait l'impression d'être, comme entre parenthèse, comme s'il ne vivait qu'en sourdine et dès qu'il trouvait un bon mot, ou voyait une situation drôle, il cherchait du regard son ami-amant pour partager avec lui cela… il n'était pas là… personne ne le comprenait comme Charles le pouvait. Que pouvait donc être la conclusion de tout cela ?

Plus il y pensait, moins il écoutait le discours de rage de sa fille. Il se contenter de la laisser débiter ses absurdités, se rendant compte qu'il en était l'instigateur… comme il avait été jeune, comme il avait été con ! Il avait confondu les nazis avec les humains, il le comprenait désormais. Etait-il trop tard pour faire entendre raison à Wanda ?

Erik avait perdu beaucoup dans sa vie… mais jamais l'absence cruelle de Charles ne le faisait sentir aussi, vide, aussi, insignifiant. Et si c'était ça ce qu'il devait retenir de sa vie ? Peu importait les pouvoirs… seuls les sentiments. Charles avait compris depuis longtemps cette vérité. Erik la touchait seulement du bout des doigts.

Soudain il se leva, sa fille était attablée avec lui, elle lui détaillait son envie de mettre derrière les barreaux les « bourreaux à mutants ».

- Où tu vas ? demanda-t-elle étonnée par la brusquerie du mouvement d'Erik.

- Je rentre chez moi.

- Quoi ? Mais…

- Wanda, ma chérie, quoi que tu dises, quoi que tu puisses faire, tu resteras ma fille, c'est comme ça, cependant ne me demande pas de reprendre une bataille que j'ai abandonné à ton profit. Tu veux te battre contre les injustices de ce monde, soit, mais n'use pas la voie de la violence, elle ne donne jamais rien de bon. C'est mon seul conseil.

- Tu m'abandonnes ? Encore ?

- Je rentre chez moi, je ne te dis pas adieu, je ne te quitte pas pour toujours, cependant tu dois comprendre que j'ai déjà perdu beaucoup trop de temps dans ma vie à être en colère, ou haineux… depuis peu j'apprends à me défaire de ces poisons et je me sens bien mieux. Tu sais où me trouver, mais n'attends pas de moi une folie comme : redevenir qui j'étais. Wanda, tu es plus belle et plus intelligente que je ne l'ai été, ne simplifie pas tout par noir et blanc, gentil et méchants… les nuances sont parfois dures à trouver, mais elles sont là. Et à l'institut, j'ai trouvé ma paix.

- …avec lui.

- Oui, avec Charles.

- …

- Je sais que tu ne l'aimes pas et je m'en fiche. C'est ma vie, c'est mon choix, je ne juge pas tes choix, ne te permets pas de faire de mêmes avec les miens et pour finir : Wanda, si tu essayes encore une seule fois de t'en prendre à Charles où à nous de quelques manières que ce soit, il n'y aura plus de « père-fille » qui tienne et je te tuerais.

Erik avait dit cela d'une voix presque trop calme, ce qui renforçait cette aura de puissance et de danger. Le message était passé, il le voyait dans le regard sourd de sa fille. Il acheva sa visite par une caresse dans ses cheveux de flamboyant et un baiser sur le haut du crâne, il quitta la pièce sans se retourner.


Charles avait entendu l'esprit d'Erik avant qu'il n'arrive à moins de vingt kilomètres de la propriété. Il était depuis dans un état d'excitation telle qu'il remuait comme une pile électrique. Il avait interrompu sa séance avec le Cerebro, il était remonté à sa chambre quatre à quatre, surprenant ses élèves de le voir courir. C'était débarrassé de ses habits du jour, il avait sauté dans sa douche, frictionné son corps avec son savon préféré : lavande, puis séché en vitesse avant de passer une chemise et un petit pull gris, un pantalon épais. Il était en train de se peigner lorsqu'il entendit le moteur de la Mustang vrombir dans l'allée qui serpentait jusqu'au manoir. Charles avait jeté, dieu sait où, le peigne, avant de dévaler encore plus vite les escaliers en sens inverse, recroisant les mêmes étudiants sidérés. Charles déboucha à grands pas sur le hall, avant de s'élancer dehors, rejoignant la Mustang qui tournait à l'angle de la bâtisse en direction du garage. Charles ne ralenti son allure pressée qu'en apercevant Erik, qui claquait la portière de la voiture une paire de lunettes posées négligeant sur le haut de son crâne. Les deux hommes se virent. La peau de Charles le brûlait, Erik avait des fourmillements dans le corps. Le blond lâcha son sac de voyage et fit les quelque spas qui le séparait de Charles. Ils se prirent dans les bras l'un de l'autre. Leur étreinte était forte et intense. Ils ne c'étaient pas vu depuis presque dix jours, une véritable éternité désormais pour eux !

Aucun des deux ne trouvait les mots pour traduire le bonheur qu'ils ressentaient à tenir l'autre contre lui. Charles se hissa sur la pointe des pieds et embrassa les lèvres chaudes et offertes d'Erik.

- Tu sens la lavande, chuchota finalement Erik en enfouissant son nez dans la nuque de Charles.

- Et toi la sueur, sourit Charles tellement heureux et soulagé de tenir enfin Erik contre lui.

- Tu avais peur que je ne revienne pas ?

- Non, mais que tu mettes plus de temps… Je savais que tu reviendrais, tu me l'as promis.

- Et j'ai aussi promis que je te suivrais partout.

- Partout ?

- N'importe où.

- Je fais le même serment.

- Jusqu'au bout du monde s'il le fallait.

- Jusqu'à notre prochaine vie…

Ils s'embrassèrent encore rassasié de mots. Et puis dans les rires et les retrouvailles, Erik rattrapa son sac et ils montèrent tranquillement au manoir pour discuter de son voyage. Croisant au passage Raven, qui était revenue de son voyage, plus pimpante que jamais. Elle donna quelques nouvelles de Logan, qui était retourné se balader au Canada. Erik salua son fils, qui lui rendit la pareille avant de filer à toute allure rejoindre son petit copain – la chose était devenue officielle – Kurt. Hank émergea de son laboratoire les lunettes de travers et il fit un geste simple en guise de bonjour à Erik, celui-ci l'accepta, après tout, le Fauve n'était pas un mauvais bougre. Oui, tout allait bien. Il avait arrangé les choses avec Wanda et il espérait du fond du cœur que son discours aurait l'effet escompté. Mais le plus important il était à nouveau avec Charles.

Les deux hommes montèrent jusqu'à leur chambre, attendant d'être sagement enfermé dans leur pièce favorite pour laisser libre court à leur amour.

Tout allait bien.

Oui, ils étaient ensemble et ils étaient chez eux.


Fin

J'espère que cette histoire vous aura fait rêver! Merci de m'avoir accompagné durant ces semaines! Merci à ceux qui la découvrent maintenant, une fois qu'elle est terminée! Bref merci d'être toujours aussi nombreuses et nombreux à me lire te m'écrire!

N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour conclure non seulement ce chapitre, mais également cette fiction! J'espère vous retrouver très vite sur ma nouvelle Fict' qui ne va pas tarder à Sortit! Merci!

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