Salut à vous tous qui me suivez,
Voilà un nouveau chapitre tout frai. Je vous préviens, il n'est pas très guilleret, mais je le considère important pour mieux comprendre l'état d'esprit de Derek. De toute façon et je pense que vous l'avez compris, cette histoire reste un drame à la base. Attention, les sujets abordés peuvent choquer certaines sensibilités du fait de leurs caractères tabous. Je préfère prévenir parce qu'on ne sait jamais. J'ai tenté de rendre le tout acceptable même si je suis conscient que cela ne peut réellement l'être pour tous. Dans tous les cas, je tiens à préciser qu'il n'est nullement dans mon intension de créditer, seulement comprendre, d'ailleurs, le personnage de Derek n'a rien initié, il est resté droit dans ses bottes.
Enfin, je vous laisse découvrir ce nouvel épisode dans la vie de Stiles et Derek, sur leurs présents débris. N'hésitez pas à venir partager ce que vous en avez pensé.
Bisoux!
PS : RAR en bas !
Dans les draps de la vérité
― Dis, pourquoi tu ne me parles jamais de tes parents ? demanda inopinément Stiles qui se rapprocha du corps chaleureux de Derek, allongé à côté du sien.
La journée avait été longue, ils avaient pas mal bougé aujourd'hui et ils s'étaient couchés tôt ce soir, mais manifestement, le jeune ne parvenait pas à trouver le sommeil. Derek soupira d'être pris ainsi au dépourvu. Il ouvrit les yeux pour constater que son amant le fixait et attendait patiemment la réponse à la question qui lui avait trotté dans la tête. Il se releva légèrement pour poser sa main sous sa joue et réfléchit sérieusement à ce qu'il pouvait dire.
― Je ne sais pas. Parfois, quand je pense à eux, j'ai l'impression que je ne les connaissais pas tant que ça en définitive. Je suis passé à côté, sans savoir qui ils étaient vraiment et je n'aurais plus jamais l'occasion d'apprendre leur histoire autrement que par l'intermédiaire des gens qui les ont côtoyés. Ça me fait mal et ça me rend triste, alors je préfère ne pas y penser. C'est tout, je crois, dit l'homme qui observait Stiles par intermittence tout en détournant le regard pour éviter d'être contaminé par son air grave.
L'éphèbe lui caressa la joue tendrement et se pencha vers lui pour lui baiser les lèvres avec un raffinement appréciable. Cela parut détendre l'aîné du couple et la soudaine tristesse qu'il avait ressentie à l'évocation des membres de sa famille s'estompa dans la chaleureuse montée de désir qui l'investit malgré lui. Le jeune cessa ses doux attouchements et vint se caler tout contre son homme qui leva un bras pour enserrer ses épaules tandis que les doigts fureteurs de son complice s'attardaient dans la toison qui recouvrait ses pectoraux.
― Je comprends, je ressens la même chose vis-à-vis de mes propres parents, intervint Stiles dont la voix se fit évasive. Pourtant, j'avoue que je suis un peu jaloux. Vous avez discuté des tiens avec la mère de Scott et à moi, tu ne me dis rien alors qu'ils étaient quand même ma marraine et mon parrain, ajouta-t-il, l'ombre d'un reproche enfantin dans sa voix qui avait mûri.
Derek comprit que la discussion n'allait pas durer deux minutes et dérangea son chéri pour changer de position et poser son dos contre la tête du lit. L'adolescent l'imita sans être en mesure de décrypter les pensées qui traversaient l'esprit de son bien-aimé et revint quelque peu troublé, se blottir contre son flanc musclé. L'adulte soupira une nouvelle fois et contempla l'incertitude qui s'inscrivait sur les traits juvéniles de son interlocuteur. Il sourit de façon énigmatique avant de laisser ses yeux se porter sur le mur en face de lui.
― Je n'ai pas vraiment parlé de mes parents avec Mélissa, avoua-t-il sans oser constater la réaction de son chéri qui s'était légèrement détaché. Elle vous a menti pour que Scott et toi ne vous inquiétiez pas, mais la vérité, c'est que je lui ai confessé ce que je ressentais à ton endroit, continua Derek d'une voix qui s'embrumait à mesure que les mots sortaient de sa gorge. Stiles se sépara immédiatement de son amant et s'imposa à sa vision pour lui dévoiler toute l'incrédulité qui paralysait désormais son visage noyé d'ombres.
― Je… je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça, intervint le jeune, complètement déboussolé.
― Parce que j'avais besoin d'en discuter avec un adulte aguerri, avec une mère ou une grande sœur. Je voulais savoir si j'étais fou de t'aimer comme je t'aime, si ce que nous partagions ne signifiait pas que nous allions nous perdre dans une passion destructrice. Je voulais être certain que je n'allais pas avoir un rôle nocif vis-à-vis de toi et t'empêcher de vivre ta jeunesse, inconsciemment, expliqua Derek qui tentait d'apaiser l'effarement de Stiles à grand renfort de cajolerie. Et puis, ne me dis pas que tu n'as rien dit à Scott, souffla l'aîné tandis que Stiles le repoussa et se recula pour se mettre assis en face de lui. La consternation émanait de son corps dénudé suivant les ondes du choc qu'il avait éprouvé aux propos de son partenaire.
― J'ai rien dit à Scott, assura-t-il avec un authentique aplomb. Mais, pourquoi tu penses toujours comme si tout était mauvais, lâcha-t-il en astreignant sa peine sous sa peau, ne lui donnant pas le droit de redessiner ses mimiques. Moi, je le sais que nous sommes bons l'un pour l'autre. Alors pourquoi tu doutes du meilleur en permanence et que tu cherches à le transformer en problèmes ? l'accusa le jeune qui ignorait les raisons pour lesquelles il réagissait aussi mal aux propos de Derek. Il fallait dire qu'apprendre que quelqu'un savait pour eux le mettait dans une angoisse qu'il ne s'expliquait pas. L'ainé se pencha vers lui, se retrouvant à genoux sur le matelas et il posa une main sur la cuisse de son amant.
― Je t'aime comme un fou Stiles… comme un fou, réellement. Ça me fait redouter le pire de te ressentir aussi intensément, parce que je pourrais faire n'importe quoi. J'ai tellement peur de te perdre ou de te faire souffrir malgré moi. De toute façon, Mélissa m'a fait comprendre que mes sentiments étaient beaux, qu'à partir du moment où je te respectais, il n'y avait pas de soucis. Elle ne m'a pas jugé. Ne me fais pas la tête bébé renard, ça nous ferait trop mal pour rien, argumenta-t-il avec une douceur qui laissait poindre une crainte étouffée. Scott et Melissa sont notre famille maintenant, en tout cas, j'espère qu'ils accepteront cet espoir et si tu veux parler de nous à ton meilleur ami, je pense qu'il ne faut pas que tu te retiennes. Ça pourrait te libérer de te confier à quelqu'un d'extérieur à nous, de pouvoir dire ce secret à une personne de confiance, renchérit-il devant un Stiles qui relevait ses ambres boudeurs vers lui et semblait réfléchir au discours de son chéri avec une humeur moins inquiète.
― J'ai dit à Scott que j'étais homo, c'est tout. Il a souri, genre il le savait depuis longtemps. Il m'a dit que c'était cool, qu'il n'avait pas de problème avec ça, mais il a pas été plus curieux sur le sujet. Y en a qui disent que quand on est amoureux on veut le crier à la Terre entière, mais moi je veux garder ça que pour nous, parce que ça nous appartient. Tu es mon plus beau secret, depuis que je suis en âge d'aimer. Peut-être qu'un jour je l'annoncerais, mais là, maintenant, non. Je veux seulement vivre notre histoire et apprendre l'existence à tes côtés. Si Scott me pose la question, je lui raconterais la vérité, mais pour l'instant, j'ai juste envie de profiter de ce qu'on partage. Dis-moi que tu sais que c'est bon, que tu ne doutes pas Drek, parce que je ne sais pas si je supporterais que tu t'engages et que tu te rétractes dans la foulée parce que tu t'inquiètes à mon sujet, demanda Stiles qui avait posé sa main sur celle de son compagnon.
Derek se rapprocha de lui, lui dédia un sourire que les ombres planantes dans la pièce voilèrent. Puis, dans un allant des plus fougueux, il kidnappa son jeune amant pour l'emprisonner dans ses bras puissants. Il lui bécota le front, les tempes, les paupières et Stiles se laissa faire, cherchant seulement à prendre une position confortable pour profiter des attentions de son homme. Ils finirent par se réinstaller contre la tête de lit, Derek enserrant Stiles sur son torse musculeux. Leurs respirations devinrent sereines, comme si leur contact seul avait le pouvoir d'atténuer tous les stress qui pouvaient survenir.
― Depuis que j'ai parlé à Mélissa, je me sens mieux. Je ne me rétracterais pas, je suis certain que tu es mon plus beau choix. Avoir perdu ma virginité avec toi était l'expérience la plus magnifique qu'il m'ait été donné de vivre Stiles. Je ne pourrais jamais renier ça, je veux que ça continue, pour toujours, susurra l'homme qui choyait son bien-aimé sans retenue. Nous sommes engagés ensemble et je ferais tout pour te contenter mon amour, ajouta-t-il, une émotion qui laissait transparaître toute sa sincérité dans sa voix.
― Moi aussi Drek, intervint l'adolescent. Je souhaite que tu sois heureux, j'ai besoin de savoir que je te fais du bien, que ce qu'on partage te comble. Quand tu pleures mon cœur s'arrête de battre, et l'autre jour… j'ai cru…, laissa-t-il en suspens pour relever sa tête et baiser chastement les lèvres de son chéri. On a assez souffert mon ténébreux compagnon, assez, souffla-t-il comme s'il expirait un mal inconsistant pour mieux le dissiper et le laisser s'évanouir dans l'air.
― Tu es mon unique bonheur Stiles, chuchota l'homme.
Ils restèrent ainsi enlacés, à profiter de leurs odeurs mélangées, des caresses qu'ils se confiaient telles des confidences que les mots auraient trahies. Leurs cœurs battaient de concert, suivant le rythme d'une nocturne que même Chopin n'aurait pas pu écrire, une mélodie qui leur appartenait et dont les notes étaient un soulagement d'émotion. Derek ferma les yeux, profitant de cet instant de calme qui conduisait son esprit vers des mondes oniriques. Il se laissa bercer par la suavité de son bien-aimé et cela suffisait à engendrer les plus belles images dans ses pensées. Alors qu'il allait s'endormir, la voix de Stiles le ramena subitement à la réalité.
― J'aimerais qu'avant la fin des vacances d'été, nous retournions à Beacon Hills, dit-il sans ambages, forçant Derek à s'interroger sur la raison d'une telle envie.
― Pourquoi ? demanda l'aîné du couple, la voix pâteuse et l'esprit brouillé.
― Je voudrais faire l'amour avec toi dans le manoir de ta famille, dans ta chambre d'adolescent, dit-il avec une étrange timidité de ton. Si nos parents avaient été encore en vie, c'est comme ça que ça se serait passé entre nous et je veux le vivre, expliqua le plus jeune, songeur. Je souhaite aussi retourner au chalet, pour les mêmes raisons et parce que c'est l'endroit où j'ai compris que je ne pourrais jamais tomber amoureux d'une autre personne que toi. Je n'étais peut-être qu'un mioche, mais c'est ça que je ressentais à l'époque et c'est toujours vrai aujourd'hui, sept ans plus tard. Et… et je veux aller sur la tombe de mes parents, leur rendre l'hommage que j'étais trop jeune pour pouvoir leur dédier quand ils sont morts, conclu-t-il avec une tristesse qui ne lui donnait pourtant pas envie de s'épancher. Elle était juste là, comme un regret logé dans ses entrailles, mais que le temps avait rendu supportable.
Derek rouvrit les yeux et resta interdit quelques instants, imaginant ces autres possibles que Stiles explorait alors que rien de tout cela ne lui était jamais apparu nécessaire de son côté. Il bougea pour allumer la petite lampe qui ornait sa table de chevet et se frotta le front, embarrassé de constater qu'il était bien plus terre-à-terre que son amant. Jamais il n'avait tenté de projeter ce qui aurait pu être dans d'autres circonstances. Il se contentait de s'adapter aux événements qui leur tombaient dessus et d'envisager l'avenir sur cette unique base. Stiles se plaignit de la lumière, mais se contorsionna pour pouvoir observer le trouble qu'il avait instillé dans le corps de son amant.
― D'accord, répondit confusément Derek qui paraissait être ailleurs.
Il se pencha et constata le sourire de son complice qui prenait plaisir à se laisser aller dans ses bras. Ils échangèrent un nouveau baiser et se frottèrent affectueusement l'un à l'autre. Le jeune promena ses doigts dans la barbe naissante de son homme qui apprécia visiblement la caresse. À chaque fois qu'ils se retrouvaient ainsi enlacés, le monde ne se résumait qu'à leurs deux corps s'extasiant d'un besoin essentiel de se compléter. C'était comme s'ils étaient faits l'un pour l'autre et Derek n'imaginait pas pouvoir ressentir une telle complémentarité avec une personne qui ne soit pas Stiles.
― Tu crois que nous serions ensemble si tout ce qui nous est arrivé n'avait pas eu lieu ? Tu penses vraiment que ce qu'il y a entre nous était inéluctable ? demanda rauquement l'homme qui profitait allégrement de la tiédeur de son amant, de ses subtils effleurements.
― Oui Drek, je le pense. Depuis que j'ai huit ans je désire que tu sois mon chéri, j'aurais tout fait pour que cela arrive entre nous, quel que soit le contexte. Ça aurait peut-être mis plus de temps, parce que tu serais parti à la faculté et nous aurions certainement été séparé par nos expériences, mais j'aurais fini par venir me glisser dans ton lit lors d'une de tes visites au bercail, j'en suis sûr. Tu ignores toute l'étendue de ma propre folie d'amour mon Loup et je peux t'assurer qu'elle ne date pas d'hier, en convint Stiles avec une assurance qui se logea immédiatement dans le cœur de son amoureux, pour y faire naître une lumière triomphante.
― Quoi qu'il advienne, la seule réalité qui importe c'est toi et moi réunit, répliqua Derek avant de forcer Stiles à le regarder.
Leurs prunelles se rencontrèrent et chacun y voyait le reflet de sa propre ferveur, de cette irrépressible impression d'évidence. Ils s'embrassèrent fougueusement et Stiles ne retint pas ses gémissements de plaisir, flattant l'ouïe de son compagnon qui prenait un soin fabuleux à lui offrir la plus belle galoche du siècle. Ils finirent par se séparer lentement, un filet de salive reliant leurs bouches. Derek l'aspira avant qu'il ne s'échoue dans les poils de son menton et dédia un sourire coquin à son amant.
― Je sais que tu as raison Stiles, peu importe les vies que nous aurions eues, nous aurions fini par partager ce que nous avons désormais. Je… je ne te l'ai jamais dit, mais… quand t'avais huit ans et que tu venais te blottir contre moi, je bandais déjà, avoua l'homme dont l'aura devint subitement fébrile, s'amenuisant dans les réminiscences d'une douleur ancienne. Le cœur de l'adolescent s'emballa de constater que le point de vue de Derek sur leur histoire était bien plus tourmenté que le sien. Il ne dit rien, se contentant de rassurer silencieusement son aimé dont le cœur faisait de mélancoliques embardées.
― J'étais extrêmement mal à l'aise de cette situation, j'avais honte comme tu ne peux pas te l'imaginer, parce… parce que tu étais petit et que j'étais persuadé d'avoir des idées de détraqué, reprit Derek dont la voix se fit murmurante. Déjà à cet âge, tu m'avais entièrement conquis. Comprend et excuse-moi mes peurs quand même… j'ai longtemps cru que j'étais anormal bébé, j'en voulais à mon corps de réagir comme ça à ta présence. Parfois, j'avais envie de te rejeter violemment parce que j'étais persuadé d'être un pervers complètement paumé, d'avoir un grave problème. Pourtant je ne suis jamais parvenu à te refuser quoi que ce soit, jamais, souffla-t-il douloureusement, comme s'il s'en voulait encore d'avoir nourrit ses dilemmes tout ce temps. Les yeux ambrés de Stiles étaient voilés d'une prise de conscience qui le rendit mutique et lui commanda toutefois de rassurer l'homme qui lui confiait ses vérités, pour la première fois. Il étreignit Derek du plus fort qu'il le put, baisa son cou tandis que son compagnon reprenait la parole.
― J'ai attendu si longtemps Stiles, j'ai cru mourir tant de fois alors que tu dormais dans mes bras et que je luttais contre moi pour rester inerte, ne rien ressentir, demeurer digne de ton admiration d'enfant, ne jamais te souiller de mes intolérables désirs, dit-il alors que des larmes traitresses coulaient sur ses joues pour s'échouer dans sa barbe. Tu verras toujours les choses différemment, mais lorsque j'avais ton âge Stiles, tu n'avais que neuf ans. Est-ce que tu t'imagines ressentir ce que tu ressens pour moi envers un gamin ? demanda l'homme dont le regard s'embua de toutes ses tristes pensées qu'il avait combattu des années durant.
― Non, je… je ne l'envisage pas, répondit Stiles, la gorgé nouée de comprendre seulement maintenant ce qu'avait traversé Derek. Pour lui, tout n'avait été que rêves naïfs et fantasmes sans fin, tandis que pour son aîné, c'était devenu une torture inextricable dans laquelle il se sentait lentement dépérir, d'année en année.
― C'est une chose terrible à éprouver. J'ai souvent souhaité éteindre ces sensations, ces sentiments qui n'avaient pas lieu d'être. J'ai voulu disparaître tant de fois… mais qui se serait occupé de toi ? Je ne pouvais pas t'abandonner, te laisser seul sur cette terre, je ne pouvais pas quand bien même je me haïssais secrètement, pleura-t-il déclenchant les sanglots de Stiles par la même occasion.
― Pardonne-moi si parfois je suis comme je suis mon bébé. J'ai tant bataillé contre mes envies que je reste piégé dans ce réflexe. Ça n'a jamais été contre toi, mais je devais te préserver de ma folie, tu comprends ? Dis-moi que tu comprends mon amour, réclama Derek qui semblait sombrer dans un univers sans lumière.
― Oui, répondit faiblement Stiles qui embrassa la joue velue de son loup des bois, caressa sa peau avec une adoration qu'il désirait palpable. L'homme expira son soulagement et inspira ensuite l'odeur de son destiné.
― Je n'ai jamais pu envisager quelqu'un d'autre que toi, pourtant, j'ai essayé… pour me guérir, mais ça n'a jamais fonctionné, lâcha Derek qui vidait son sac et mettait son âme à nue comme jamais il ne se l'était permis avant. Ce n'était pas ton corps immature qui m'attirait, c'était tout ce qui te composait, ta présence vibrante, ta chaleur, ta personnalité, ton esprit magnifique et tout cet amour que tu me donnais. Seuls tes yeux me rendent vivant. Tu es mon obsession Stiles et même maintenant, alors que ton corps est formé, je me sens abusif de te désirer à ce point, admit-il en s'essuyant les yeux.
Le jeune changea de position et vint se mettre à califourchon sur lui pour être bien en face. Les mains de l'adulte se posèrent machinalement sur les hanches de son amant et ils se contemplèrent silencieusement. L'accablement qui imprégnait le visage de Derek se répercutait comme un écho dans les iris d'ambre de Stiles qui continuait d'appliquer ses réconfortantes caresses sur la peau velue de son amant. Ce qui venait d'être dit serrait le cœur de l'adolescent et paradoxalement, il avait l'impression d'être le plus chanceux des garçons. Il tenta une risette pour apaiser son homme, embourbé dans les affres de ces tourments anciens qu'il avait si longtemps claquemurés dans l'inexprimable.
― Je ne savais pas tout ça, susurra le jeune qui baisa l'une des mains de son compagnon. Je me rends compte que j'ai été très égoïste avec toi Derek, je te voulais tellement pour moi-même que je n'ai jamais pensé à ce que cela impliquait de ton côté, avoua-t-il à contrecœur alors que Derek lui réservait toute la douceur de ses orbes d'émeraudes. Je n'ai jamais tenté de me mettre à ta place, je… tu étais mon caprice, comme si tu m'appartenais et que tu devais l'accepter sans condition parce que ma joie en dépendait, renchérit-il en se rongeant la lippe. En fait, je viens de comprendre que je te faisais du chantage et je suis désolé, vraiment désolé de t'avoir fait subir ça, finit-il par dire alors qu'il baissait la tête vers le torse de son amant.
― Tu n'es responsable de rien mon amour, tu étais un enfant, tu ne savais pas, intervint l'aîné du couple avec une autorité qui signifiait que cet argument était irrévocable, indiscutable, qu'il constituait la seule vérité à laquelle Stiles devait se tenir. Pourtant, le jeune sembla se dépiter davantage.
― Et tu dis que je suis surdoué… je t'ai fait du mal Drek…
― Non ! s'exclama l'homme d'une voix sans appel. Je me suis fait du mal tout seul, se radoucit-il en contraignant une nouvelle fois son amant à le fixer. Je ne veux pas que tu croies autre chose. Dis-le Stiles, je veux te l'entendre dire, commanda l'aîné qui se montrait grave et déterminé.
― Je ne peux pas, gémit Stiles, ça fait des années que je fais tout pour que tu me veuilles, sanglota-t-il en tentant d'échapper à la poigne de son amant qui le maintenait captif. Je t'ai fait du mal, répéta l'adolescent qui sombrait dans la culpabilité à grand renfort de larmes. Derek l'obligea à poser sa tête sur son torse et l'étreignit avec une possessivité tangible.
― Tu étais un enfant, réitéra Derek. Les enfants sont innocents, surtout quand ils font des choses dont les conséquences dépassent ce qu'ils peuvent projeter à cause du manque d'expériences, chuchota-t-il à l'oreille de son tendre protégé. Et puis, il ne s'est rien passé avant la semaine dernière, nous avons su empêcher que les choses ne sombrent dans d'irrémédiables situations. Alors, dis-le mon bébé renard, dis que ce n'est pas de ta faute, c'est important que tu l'exprimes, pour moi. Je veux que tu avances dans la vie, pas que tu culpabilises pour ce que je me suis moi-même infligé. Dis-le Stiles, insista l'homme dont la conviction était contagieuse.
― Ce… ce n'est pas de ma faute, finit-il par lâcher d'une faible voix alors que pour mieux se détendre, il inspirait l'odeur qui émanait de la pilosité ornant les pectoraux de son chéri. Tu es si fort, tu es si bon Derek. Où as-tu été chercher tout ce cran ? Je ne sais pas si c'est possible, mais je crois que je te veux encore plus qu'avant, trembla Stiles qui ressentit dès lors une montée de désir ravageur. Prends-moi mon Loup d'amour, s'il te plait, demanda-t-il fiévreusement tandis que Derek se jetait sur sa bouche.
RAR :
Bayruna : Merci pour ton commentaire. J'essaie de mettre du positif dans cette histoire et j'y arrive principalement au travers des sentiments que nos deux héros nourrissent l'un pour l'autre. Je suis content que leur évolution te plaise, mais j'avoue que je l'aurais été encore plus si le lemon t'avais fait perdre la tête. J'ai encore des efforts à faire alors. Merci beaucoup pour tes gentils mots ! Biz
Julie-deolivera : Oh, tu es trop choupinette ! Ça me va droit au cœur ce que tu m'écris là. Je suis super joyeux de parvenir à te toucher et transmettre dans des mots, des sensations qui te parlent. J'espère que les discussions de Stiles et Derek continueront d'avoir cet attrait à tes yeux, d'autant que le chapitre qui vient d'être posté n'est rien d'autre qu'un nouvel échange de confidences! Bien à toi jolie Julie, et à bientôt j'espère. Bisous
Neiko-san-sei : Oui, moi aussi j'adore le Derek que j'écris ! D'aucun pourrait dire qu'il est OCC, mais il a eu une vie différente, où il ne porte pas les mêmes culpabilités. Dans les prochains chapitres, vous découvrirez un peu mieux son passé et la raison pour laquelle il est devenu ce gros nounours qu'on jalouse tous à Stiles. Je suis content que le citron t'ait plu, je voulais vraiment faire quelque chose de hot. Mais t'es le seul à me le dire, donc peut-être que c'est excitant pour les gars. Pour ce qui est du mot "maître", je ne sais pas, je le trouvais vachement sexy dans les pensées de Stiles. Le jeune est quand même un rebelle né que rien n'arrête et la seule personne qui est en mesure de le calmer, c'est Derek. Pour le jeune, en faire son maître, se soumettre à ses désirs, c'est hyper excitant compte tenu de son insoumission permanente pour tout le reste. Et Derek est la seule personne à qui il confierait les clefs de son destin, pour en faire le maître de sa vie, ce qu'il est déjà puisqu'il a quelque part influencé l'intégralité de ses choix. C'est cette confiance aveugle qui justifie les pensées de Stiles, mais l'inverse peut devenir vrai. Aussi, le jeune exprime dans le chapitre 4 qu'il aime que son homme lui apprenne l'existence, et maître prend un tout nouveau sens dans cette confidence. Enfin, tu l'auras deviné je ne veux pas l'enlever parce que j'aime l'idée d'avoir tellement confiance en quelqu'un, qu'on a envie de l'appeler maître quand il nous défait de pudeur lol. Je vais voir si je peux trouver une façon plus subtile de l'amener. Au fait, je t'ai déjà dis que j'étais une grande targette lol. Check ma gueule comme on dit dans les cités.
