Salut les lecteurs !

Voici une suite un peu bizarre dans sa narration, mais que je n'ai pas réussi à exprimer autrement. J'espère que ça vous plaira. Sachez en tout cas que rien n'était prévu, j'improvise les scènes au gré de mes caprices d'imaginaire concernant l'histoire de Stiles et Derek. Merci à tous ceux qui suivent nominativement ou de manière anonyme, cette suite de chapitre qui commence à devenir cohérente malgré elle.

Bon je vous laisse, et si vous avez le temps de me laisser vos impressions, ça me ferais plaisir aussi vous savez :)

PS : RAR en bas


Les liaisons dangereuses

Stiles s'était endormi, mais Derek avait lutté contre sa propre fatigue pour pouvoir le contempler et veiller sur ses rêves. Ils l'avaient fait, enfin. Ils étaient arrivés à Beacon Hills la veille, un retour aux sources des plus ensorcelants. Ils s'étaient retrouvés au manoir des Hale et avaient simulé une autre vie dans laquelle Stiles s'introduisait discrètement dans la chambre d'adolescent de l'homme qu'il aimait, pour lui avouer ses sentiments, le déshabiller de pudeurs. Et maintenant, après cette extase fabuleuse qu'ils avaient partagée là, l'aîné du couple s'apaisait d'entendre la respiration régulière de son amant. Le sexe avec Stiles dépassait de loin tous les fantasmes ternes qu'il avait pu nourrir avant d'en faire réellement l'expérience. Leurs collisions d'amour touchaient à l'insensé, elles étaient tellement intenses qu'il en revenait à chaque fois bouleversé, métamorphosé à l'aune de leurs paroxysmiques échanges.

Le dernier héritier de la famille Hale n'était plus le même depuis que Stiles s'était offert à lui, et cela avait été vrai chaque fois que la magie avait été amorcée. Son bébé renard s'était également transformé sous ses coups de reins, sous ses baisers et il l'aimait un peu plus à chaque fois que leurs mondes s'interpénétraient. La réalité s'était réduite à leur relation et Derek avait le sentiment que tout était possible, absolument tout. À chaque battement, son cœur se gonflait d'espoirs pour les diffuser jusqu'à son âme et l'apaiser de toutes ses noirceurs qu'il ne comprenait pas toujours. Stiles l'irradiait de lumière, lui donnait l'impression de surexister et chamboulait toutes ses croyances sur la vie, l'amour.

Comme il avait apprécié cette scène à l'aéroport, au moment où ils étaient venus acheter leurs billets d'avion pour leur retour vers le passé, le temps de quelques vacances improvisées. Le guichetier avait clairement exprimé sa désapprobation quant au fait de devoir servir deux hommes en couple. Henry, comme l'indiquait son badge, avait foudroyé le plus âgé du regard et s'était permis une mimique de dégoût à son endroit. Il ne connaissait pas encore alors, la capacité de Derek à se montrer redoutable dans ses silences glacés et lorsqu'il avait compris la menace qui pesait sur lui, le quarantenaire jugeur s'était affaissé sous le dangereux froncement de sourcils qu'il avait déclenché. Pourtant, Stiles avait estimé qu'en dépit de cette démonstration de remise au pas, Henry ne s'était pas encore montré suffisamment coopératif. Il s'était alors penché au plus près de la vitre qui le séparait de l'employé et avait parlé d'une voix si basse que son interlocuteur en avait frissonné de malaises.

― Si vous regardez encore une fois mon compagnon de cette manière, Henry, je transforme cette journée en votre nouvel enfer personnel. Croyez-moi, j'en suis parfaitement capable, avait-il affirmé avec un calme olympien, un sérieux et une assurance qui laissaient entendre qu'il pouvait détruire une vie en un claquement de doigts. Si c'est l'esclandre que vous souhaitez, continuez sur la voie de l'erreur professionnelle, je serais ravi de vous y conduire, avait-il ensuite développé, un sourire carnassier plaqué sur les lèvres. Dans le cas contraire, baissez les yeux, faites votre travail avec le minimum de politesse dont vous êtes capables et nous repartirons tranquillement de notre côté. Vous pourrez ainsi continuer votre job avec d'autres personnes, peut-être plus acceptables pour votre petit esprit d'agent étriqué, avait-il ajouté avec une précision linguistique écrasante, quoique toujours claire et flegmatique.

Le riche héritier s'était senti tellement fier à ce moment, qu'il avait acquiescé aux paroles de son amant sans se départir de sa dangereuse aura. Il avait rendu son regard si perçant que leur interlocuteur s'en était angoissé dès qu'il l'avait entraperçu. L'agent de de la compagnie aérienne avait montré une mine terrifiée, ses yeux s'exorbitant comme ceux d'un mouton face à la mort. En dépit de son âge, le dénommé Henry était devenu un caniche obéissant en un rien de temps et Stiles s'était tourné vers son amoureux avec une expression dans laquelle s'épanouissait toute son admiration qui s'était colorée d'une exigeante concupiscence. « Lorsque renards et loups s'allient, le monde vacille, rien ne peut leur résister », et le guichetier du bureau 2 de l'aéroport était l'un des premiers qui avaient fait les frais de ce nouveau mantra que le jeune homme s'était inventé dans l'avion.

Derek se sentit euphorique en revisitant ce souvenir tout frais. Son bien-aimé s'était montré si prompt à le défendre que cela l'avait surpris, ému et figé dans l'appréhension. Jamais il ne l'avait vu ainsi, aussi dangereux qu'un homme de pouvoir pour qui les rouages du système étaient si clairs que rien n'était en mesure de l'arrêter. Il avait manipulé ses mots avec une telle efficacité, une telle maturité, qu'il en était devenu redoutable, comme si ces connaissances étaient des armes dont il userait en virtuose du combat d'esprit. Le palpitant de Derek s'emballa à cette pensée. Son amour était un être au potentiel si vaste que son âge s'effaçait derrière ses propos percutants, ses manières maîtrisées. Et il était devenu son protecteur, son pilier, sa raison d'être. La vie ne pouvait pas trouver une plus belle ironie que Stiles pour motiver son compagnon à prolonger sa propre existence.

Son amoureux lui permettait d'entretenir de très beaux souvenirs, et alors qu'il attendait un repos qui ne venait plus malgré la fatigue, Derek mesura toute la chance dont il était pourvu. Il repensa au moment où ils étaient arrivés sur les terres anciennes de sa famille. Le taxi les y avait déposés vers midi et le jeune couple avait pu contempler la vieille bâtisse au milieu des arbres, illuminée par les rayons dardant du soleil d'été. Comme cette vision lui avait manqué sans même qu'il ne le soupçonne. C'était ici que tous les Hales avaient grandi depuis huit générations, et l'homme se rendit compte à ce moment que l'idée de son impétueux amoureux de revenir aux sources lui donnait la possibilité de se réconcilier avec une partie de lui-même.

Muni de leurs valises, le couple était entré dans la demeure familiale pour y constater que Derek avait eu une idée fantastique en faisant appel à une entreprise de nettoyage la semaine passée. Comme il avait été agréable de redécouvrir cet intérieur familier sans avoir à s'occuper d'autre chose que d'y retrouver ses marques. Tout avait été briqué et remis à la place qui lui était assignée pour redevenir le foyer que l'homme avait toujours connu. Un drôle de sentiment de joie l'avait frappé quand il avait regardé Stiles courir de pièce en pièce pour le rejoindre et lui raconter rapidement les anecdotes qui lui revenaient et paraissaient désormais si lointaines. Derek avait su à ce moment-là que leur retour au bercail serait comme une reviviscence de tous les possibles qui avaient trop longtemps hiberné en leurs cœurs.

Comme il avait été agréable de se replonger dans les discussions sur avant, comme cela leur avait fait du bien d'évoquer les gens qu'ils aimaient et qui n'étaient plus, de pleurer ensemble. C'était la première fois qu'ils échangeaient aussi librement à ce propos et la délivrance qui en découlait avait des allures de guérison. Ils avaient ensuite dépaqueté leurs bagages et avaient mangé sur le pouce, une pizza qu'ils s'étaient fait livrer en plein cœur de la forêt de Beacon Hills. Stiles avait plaint et récompensé le pauvre bougre qui avait dû s'aventurer en scooter jusqu'au manoir, mais les deux complices de toujours avaient conclu que les commissions attendraient le lendemain.

Et puis, après leur repas, Stiles était redevenu sérieux et avait proposé à Derek de ne plus repousser le moment, de jouer avec lui à cette autre vie à côté de laquelle ils étaient passés. L'homme en tremblait encore d'excitation tant ce que son protégé lui avait fait vivre était fou et merveilleux à la fois. L'adolescent était monté à l'étage, s'était directement dirigé vers la chambre qu'occupait son amoureux lorsqu'il résidait ici et s'était assis sur le bord de son lit pour attendre qu'il l'y découvre. En bas, Derek avait tourné en rond quelques instants, appréhendant cette récréation que Stiles composait pour eux. C'était une initiation pour le jeune homme qui n'avait pas eu réellement l'occasion de s'octroyer le droit de jouer, de profiter avec insouciance et légèreté d'un nouveau divertissement. Une drôle d'excitation l'avait dès lors investi.

― Drek, avait soufflé Stiles quand son amant était apparu sur le seuil de ses appartements. Le jeune aux mille grains de beauté s'était empourpré comme s'il ne l'avait pas vu depuis des mois, rentrant aisément dans la peau d'un adolescent qui avait un béguin non avoué pour le fils de ses parrains.

― Je ne m'attendais pas à te trouver ici Stiles, avait rétorqué le plus âgé, manifestant son trouble d'une manière réservée. Le garçon s'était levé pour fermer la porte sous le regard indéchiffrable de l'étudiant et était revenu au centre de cette pièce trop bien rangée pour que quelqu'un y réside au quotidien.

― J'y ai de bons souvenirs « loup des bois », et j'en avais marre des discussions de nos parents. C'est toi que je suis venu voir, c'est toi qui m'intéresses, avait dit l'adolescent dans un chuchotis des plus enjôleurs. Tu n'as pratiquement pas parlé de l'université, comment c'est New York, est-ce que tu as une petite amie sur ton campus ? avait-il renchérit, une timidité qu'il interprétait avec brio s'inscrivant dans toute son attitude. Je suis tellement content de te revoir et je ne comprends pas pourquoi tu es si distant Derek, tu n'as pas répondu à la moitié de mes messages ces dernières semaines. On était pourtant complice avant…

― Excuse-moi, j'ai beaucoup de travail, je me concentre sur mes objectifs pour réussir mes études, avait rétorqué Derek qui improvisait des défenses au gré du rôle que lui confiait Stiles dans cette étrange histoire.

― Et tu ne peux pas y arriver si tu penses à moi de temps en temps ? avait demandé le cadet, du tac au tac, révélant le comédien qu'il pouvait devenir sans lâcher l'état d'esprit qui guidait ses envies.

― Ce n'est pas ça…, avait soupiré Derek, attentif à ce que Stiles mettait en place pour justifier le revirement de comportement qu'il imposait à son personnage. L'adolescent s'était remis assis sur le rebord du lit pour croiser ses jambes et prendre un air mélancolique.

― Pourquoi ça se passe ainsi entre nous Derek ? avait murmuré le jeune. Pourquoi tu es aussi silencieux avec moi alors que quand j'étais gamin, tu étais mon héros ? Pendant tout le repas, tu as évité de me regarder. Est-ce que c'est vrai pour toi, loin des yeux, loin du cœur ? avait-il continué de l'interroger, pour finir par poser sur lui de grands yeux tristes. Le centre vital de Derek s'était serré au point qu'il en avait subitement oublié que tout ça n'était qu'une comédie.

― Non, jamais, avait-il répondu d'une voix fiévreuse dans laquelle avait résonné toute sa sincérité. Stiles avait eu un sourire craquant avant de reprendre la parole.

― Tu sais que je suis amoureux de toi, n'est-ce pas ? avait-il dit dans la foulée, se voilant d'un mystère qui avait fait fondre Derek. « Oui » était la seule réponse qu'il avait pu formuler, troublée de se laisser prendre au jeu de cette façon. L'homme s'était alors détourné pour aventurer son regard vers la fenêtre et Stiles s'était relevé pour tenter de redevenir le centre de son attention.

― Et ? avait-il demandé en s'approchant précautionneusement du jeune adulte qui lui tournait ostensiblement le dos pour continuer d'interpréter son personnage du mieux qu'il le pouvait.

― Je suis désolé que tu ne parviennes pas à passer à autre chose que ton béguin de gamin, avait rétorqué Derrek en évitant de regarder son amant. Tu es encore jeune Stiles, tu as plein de gens à découvrir. Et puis, même si j'en avais envie, tu crois que notre relation survivrait à la distance ? De toute façon, je ne suis pas gay et je t'aime comme un petit frère, avait-il inventé pour ajouter du piment à la fiction qu'ils étaient en train de s'autoriser à vivre.

― Oh mon dieu, non, pas cet argument de l'amour fraternel Drek, s'était insurgé Stiles, qui avait semblé s'abîmer immédiatement dans une ébullition de rage contenue. On n'évite pas de regarder son petit frère parce que son corps a changé durant notre absence. On ne cherche pas à camoufler dérisoirement son trouble au point de devenir mutique et de permettre à tous les invités de croire qu'on vit une peine de cœur au loin. Pourquoi tu mens ? s'était plaint l'adolescent qui s'était révélé être un acteur fabuleux.

― Stiles, arrête ça, laisse-moi d'accord, avait grogné Derek entre ces dents, reprenant sa respiration lentement, comme s'il avait cherché à calmer une colère qu'il ne ressentait pourtant pas. Ça m'a fait plaisir de discuter avec toi, mais maintenant j'aimerais me reposer, avait-il dit ensuite avant de se diriger vers son siège de bureau pour mieux s'y laisser tomber, passer une main sur ses yeux censés être fatigués, et surtout, donner du corps à son lui fictif.

― Je ne partirais d'ici que si tu me prouves que j'ai tort de continuer à t'espérer, et pour l'instant, tu ne m'as pas convaincu, avait affirmé son partenaire, revenant à la charge avec une assurance nouvelle.

― Pourquoi faut-il que tu agisses de cette façon ? s'était faussement dépité Derek, qui avait tenté d'exprimer au mieux la déconvenue que son personnage lui réclamait d'éprouver.

― Parce que je t'aime et que j'en ai assez de faire comme si de rien n'était, de jouer le rôle d'un membre de ta famille que je ne suis pas, avait répondu Stiles. Regarde-moi et dis-moi que tu ne ressens rien de similaire, que tu ne me désires pas, avait-il continué tout en s'approchant pour le toucher, laisser sa main fraiche faire frissonner la peau de son complice.

― Ne fais pas ça, avait craché Derek alors qu'il n'espérait que ce contact, qu'il avait souhaité ce frôlement. Stiles s'était ensuite assis sur ses cuisses et avait commencé à murmurer au creux de son oreille :

― Je suis venu perdre ma virginité avec toi, j'attends ce moment depuis des mois et même si tu le redoutes, je peux sentir que tu en as envie aussi. Laisse-toi aller Drek, nous avons l'âge de nous découvrir autrement.

― Lâche-moi ! avait dès lors crié l'homme qui ne savait plus pourquoi il agissait ainsi.

L'athlète s'était ensuite relevé subitement, amenant Stiles à tomber rudement sur son séant et lorsque l'aîné avait constaté le regard blessé de son amant, il avait cru que son cœur s'arrêtait tout bonnement de battre. Il avait eu devant lui la résurgence du gamin de cinq ans qu'il avait repoussé des années auparavant, pour mieux le réconforter dans la foulée. Comme dans ce souvenir ancien, Derek s'était alors précipité pour s'accroupir et enlacer son chéri, se faire pardonner de s'être ainsi laissé emporter, malgré lui.

― Excuse-moi Stiles, je ne voulais pas être violent, que tu te fasses vraiment mal, s'était-il justifié tout en baisant le front de son bébé renard. Il était redevenu le tuteur attentionné et cela avait fait rire sa pupille.

― Continue mon loup, t'assures grave ton rôle, j'adore, avait alors répondu le jeune. Il lui avait ainsi destiné un sourire manipulateur qui détonnait avec l'éclat larmoyant de ses yeux si expressifs.

― P'tit con, t'es vraiment trop doué, avait susurré Derek qui s'apaisait de retrouver leur complicité.

― Si tu veux aller jusqu'au bout, reprends là où on s'est arrêté, avait alors laissé en suspens le comédien en herbe. « Grrr » fût la seule réponse du plus âgé, et il s'était relevé pour faire quelques pas dans la carrée afin de retrouver l'état d'esprit de ce Derek d'une autre réalité, qu'il tentait d'interpréter pour satisfaire les lubies de son jeune amant.

― Tu vois ce que tu me fais faire, arrêtes de jouer avec mes nerfs Stiles et redescends pour rejoindre les parents, avait-il repris, essayant de faire preuve d'une sévère contrition.

― Non. Je ne peux plus faire marche arrière, c'est trop tard maintenant, s'était opposé l'adolescent qui se relevait pour retrouver toute sa dignité. Alors si tu veux réellement que je parte, il va falloir que tu me montres ce que t'as dans les tripes Derek. Soit tu ne ressens rien de similaire et tu le dis clairement, soit on vit ce qu'on doit vivre et on recommence pour le plaisir de se redécouvrir. Mais je ne m'en irais pas comme ça, sans m'être battu pour t'avoir, avait-il asséné avec une force de conviction qui avait fait chavirer l'adulte. Il avait alors bafouillé :

― Nos parents sont dans le salon, ce n'est…

― Que des arguments de merde, l'avait coupé Stiles qui s'était rapproché de lui. Ils savent que nous avons beaucoup de choses à nous dire après autant de mois d'absence. À chaque fois que nous nous voyons, nous passons tout notre temps libre ensemble. Dis-moi que tu ne me désires pas réciproquement et tout s'arrête Drek, mais ne cherche pas à gagner du temps en tergiversant à l'infini. De quoi as-tu si peur ?

― Qu'est-ce que tu crois ? Que c'est si facile ! s'était alors emporté l'athlète d'une voix chuchotée, comme s'il y avait réellement d'autres personnes qui pouvaient les entendre au rez-de-chaussée.

― Oui, ça l'est, avait riposté Stiles qui semblait prendre un plaisir grandissant à cette situation qu'il avait mise en scène.

― Ça ne changera rien, pourquoi tu fais ça ? Si je cède, je retournerais de toute façon à New York et nous ne nous verrons plus pendant des mois. Pourquoi faut-il que tu souhaites précipiter les choses, avait soupiré Derek, ravi de constater qu'il surprenait son partenaire en empruntant une ligne scénaristique qu'il n'avait pas envisagée. Et nos parents, tu y as pensé ? Ils… ils ne pourront jamais accepter ça. Je ne vais pas détourner un mineur, même si je crève d'envie de lui faire sa fête, avait-il alors grogné tout en se retournant promptement.

― C'est là que tu te trompes, c'est moi qui te détourne Drek, pas l'inverse, avait rebondit Stiles alors qu'il forçait l'homme à lui faire face. Et nos parents s'en foutent royalement. Ils nous savent complices et ça suffit à les rassurer, quelle que soit la nature de nos liens. Je crois d'ailleurs qu'ils ont raison de fermer les yeux sur nos sentiments respectifs, c'est une liberté qu'ils nous offrent, notre chance est dans leur manque de vigilance envers nous, avait murmuré l'adolescent tout en vibrant d'une excitation qui s'était répercutée immédiatement en son interlocuteur.

― Tu t'entends ? J'y crois pas, mais t'es complètement dingue, avait répondu Derek sans parvenir à se dépêtrer de ses véritables envies. Qu'est-ce qu'on fait maintenant, tu te fous à poil sur mon lit et je te baise là, ou tu préfères un autre endroit ? avait-il improvisé tout en adoptant une défiance qu'il avait espéré crédible.

― Tu peux me prendre où tu veux Derek, avait alors susurré Stiles pour mieux justifier le fait qu'il collait son corps contre celui de son désiré. À même le sol, dans ton lit, la salle de bain, dans les bois que tu regardes depuis tout à l'heure, dans ta voiture, sur le toit de la maison ou que sais-je encore. Le cadre importe peu tant que nos corps s'imbriquent et se refondent dans l'extase. La seule chose qui compte c'est que tu me prennes, que tu me fasses tien, que tu vives tes pulsions et combles les miennes, avait-il ajouté avec provocation tandis que Derek déglutissait. Celui-ci n'avait d'ailleurs plus essayé de bouger tant la tentation que Stiles avait instillée dans l'échange le soufflait réellement sur place.

― J'ai envie que tu me domines, que tu m'enchaînes à toi, de devenir ton ami, ton amour, ton amant, ta salope, avait fini par chuchoter Stiles, pour continuer d'exciter son partenaire. Tu peux pas savoir depuis combien de temps je rêve que tu me ravisses, que tu me fasses l'amour, que tu me baises sauvagement, que tu me prennes mon innocence et me transformes en ton esclave dévoué. J'ai désespérément besoin de toi, et je sais que c'est pareil de ton côté, je le sais, je peux le sentir. Alors, déshabille-toi, arrache-moi mes vêtements, et soumets-moi à la toute-puissance de ta grosse bite. Féconde-moi de toute ta virilité, entrave-moi dans ton plaisir, pilonne-moi jusqu'à ce que j'en perde toute raison pour ne murmurer plus que ton nom... Derek, avait conclu Stiles, se montrant sous un jour des plus lubriques. Félin, il s'était presque mis à ronronner d'anticipation et l'homme de ses désirs en était resté béat d'envies alors qu'il s'était contraint à demeurer impassible.

― Putain, comment tu fais ça Stiles, je bande comme un malade, avait-il lâché, abandonnant son personnage pour exprimer sa véracité. Où tu vas chercher des idées pareilles, comment on peut improviser et dire autant de choses aussi indécentes avec un tel naturel ? s'était-il entendu parler pour calmer l'ardeur qui martelait son cœur.

― Il suffit de le penser pour de vrai, même si on joue la comédie mon loup, avait expliqué l'adolescent, complètement désinhibé. Tu veux que je continue ?

― Oh Mieczyslaw Noah Stilinsky, que ne me ferais-tu pas accepter ? avait soupiré la victime de ce jeu sulfureux dans lequel il avait craint un instant de se brûler les ailes. Il était content d'avoir vu la surprise imprégner les pupilles de Stiles alors qu'il disait son véritable prénom, sans aucun accro.

― Derek Nathaniel Hale, il est temps, avait éludé l'adolescent, comme si la scène ne s'était pas interrompue. Prends enfin ce qui t'appartient, abuse de mon corps, je t'en supplie, je serais ce que tu voudras, avait-il pleurniché, tel un drogué prêt à tout pour avoir sa dose. Kidnappe-moi, réveille-moi la nuit, force-moi à te contenter comme tu désirerais l'être si tu étais Dieu et que tu disposais de tous les droits sur moi. Je me consume pour toi, viens éteindre mon mal. Mon seul et unique maître, je t'en prie, je t'en conjure, abîme-moi dans ta passion, avait renchéri le plus jeune, se mettant à genoux pour observer la bosse se tendre davantage dans le pantalon de son complice. S'il était fier de lui, il ne l'avait pas montré et s'était contenté de prolonger sa comédie. Il était parvenu à obtenir ce résultat en gémissant toutes ces obscénités et cela semblait lui plaire plus que de raison de devenir cet être asservi par ses désirs.

― Tu feras tout ce que je te dis ? avait alors demandé Derek qui avait été obligé de maintenir son souffle tant son palpitant se déréglait à la vue de son amant qui jouait si bien la soumission.

― Oui. Je veux…

― Tu ne veux rien, l'avait coupé l'adulte avec une autorité qui ne souffrirait aucune protestation. Je veux et tu disposes, c'est bien ça ? avait demandé Derek, s'octroyant le droit de devenir pernicieux à son tour. Stiles avait vibré sa satisfaction sur place, son regard rendu vitreux d'appréhension.

― Oui, avait-il platement répondu, baissant la tête en signe d'acceptation.

― Alors, je veux t'aimer Stiles, de toutes les manières qui existent. Je ne suis ni ton maître ni un dieu, je suis seulement ton protecteur. Relève-toi et sois mon égal, montre-moi que j'aime un homme qui s'assume comme je suis prêt à le faire pour nous. Sois impudique si c'est ce que tu souhaites me dévoiler de toi, mais ne fais jamais rien que tu n'es pas prêt à pleinement endosser, avait rétorqué Derek, le cœur en berne, une douceur pénétrante dans la voix.

― Tu ne joues plus là, s'était plaint l'adolescent tout en se relevant. Il avait semblé perturbé, peut-être un peu déçu que son Loup ne suive pas totalement la trame du fantasme qu'il avait préparé pour eux.

― Si, avait souri Derek, mais je dis ce que je pense.

― Ben dans le jeu t'es pas mon tuteur, c'est dans la vraie vie, avait boudé Stiles qui vibrait encore de son besoin d'être subordonné aux volontés de son compagnon.

― Est-ce que tu sais que j'ai une érection de tous les diables dans la vraie vie aussi, avait alors susurré ce dernier, rapprochant Stiles de son corps sans le prévenir, pour lui faire ressentir toute l'ampleur de ce qu'il avait déclenché en lui.

― Ouah, avait dit le jeune dévergondé, tout sourire. Mais qu'est-ce que t'attends pour t'en servir et la mettre dans la bouche d'un Stiles prêt à tout recevoir de toi, en âme et conscience ?

Tout s'était débridé à partir de ce moment. Derek ne se souvenait pas avoir connu une perte d'esprit si intense. Il s'était déshabillé aussi vite qu'il l'avait pu, il avait réellement arraché les vêtements de Stiles, de son maillot à son caleçon. Il en avait fait des lambeaux et sa victime consentante l'avait regardé comme s'il était le messie redescendu des cieux pour lui offrir la transfiguration. L'un et l'autre s'étaient déchaînés dans leur incommensurable besoin de s'éprouver, de se pomper, de s'embrasser, exprimant une passion disproportionnée, ne réfléchissant plus à rien d'autre qu'à leurs moyens de se subjuguer. Stiles avait commencé à gémir avec désinhibition et Derek avait alors posé sa grosse paluche sur ses lèvres humides de leurs baisers avides.

― Chut ! Nos parents vont nous entendre, avait-il chuchoté pour entretenir la flamme de leur jeu.

― Je m'en fous… Je souhaite que tout le monde entende le bonheur que tu insémines en moi, j'veux rendre jalouses nos mères et faire savoir à nos pères que t'es un homme plus doué qu'eux pour donner du plaisir. Je désire que ta sœur regrette de n'avoir pas nourri de pensées incestueuses pour vivre sa première fois, avec quelqu'un qui sait faire de sa bite une offrande divine, avait répondu le plus jeune, rendu fiévreux de son érotique asphyxie. À ces propos, Derek s'était figé au-dessus de lui, incapable de comprendre pourquoi son sexe devenait plus dur alors qu'il entendait des choses aussi dérangeantes.

― Bordel, Stiles, comment tu peux dire des insanités pareilles et rester excitant ? T'es un putain de démon.

― Un démon renard qui a besoin d'être recadré par son dieu loup pour redevenir gentil. Punis-moi…, avait supplié l'adolescent tandis que son tortionnaire lui donnait un coup de buttoir destiné à le mettre au pas. Et le rythme endiablé de leurs ébats avait repris de plus belle.

De gémissements en râles, plus rien n'avait été retenu. Ils s'étaient abandonnés à une frénésie qui atteignait des sommets impossibles à décrire et Derek ne pouvait que bander en y repensant. Leurs orgasmes avaient été dévastateurs, synchrones, si puissants qu'ils avaient pleuré leurs joies d'être pulvérisé ensemble, dans la passion mutuelle qu'ils s'inspiraient sans détour. Alors qu'il revisitait ce souvenir, le dernier héritier de la famille Hale eut un soupir nostalgique. Stiles bougea pour prendre une autre position et Derek lui baisa l'épaule délicatement, pour ne pas le réveiller. Il désirait graver chaque instant qu'il passait avec l'élu de son cœur, dans l'éternité. Sentant le sommeil l'envahir, Derek s'autorisa de repenser aux dernières paroles que son précieux complice lui avait destinées avant de se laisser sombrer dans les bras de Morphée.

― Toi seul, oui, tu es le seul… Comment es-tu parvenu à rendre mon prénom sexy entre tes lèvres, je ne le comprendrais jamais, mais ça marche, je t'assure, avait-il rêveusement murmuré.

Et Derek songea avant de se laisser engloutir à son tour par la léthargie: « Je me suis entrainé à dire ce nom que tu détestes tant, à le répéter et le chuchoter des dizaines de milliers de fois depuis que je te connais Mieczyslaw. Il n'est pas une rature comme tu le crois, il est devenu la nature même de ton essence, le symbole de ma foi. Je voulais que tu apprennes à l'apprécier dans ma bouche, j'ai tout fait pour que tu me dises ces mots un jour. Je t'aime tellement, jusqu'à l'éternité du toujours... »


RAR :

Julie-deolivera : Oui c'était triste, mais je souhaitais exprimé que rien n'est simple, même si l'amour est au rendez-vous. En plus, c'était aussi une manière de prolonger le fantasme en jouant sur des sujets tabous. Enfin, tes petite messages me font toujours très plaisir, et je suis tout joyeux de savoir que cette histoire te plait. Bisous

Bayruna : De rien, j'espère seulement que le suivant continuera de te plaire. Bisous et un merci chaleureux pour le temps que tu as pris afin de me laisser une petite bafouille. C'est toujours très agréable de savoir qu'on est lu.