Salut à tous !
Merci à vous de continuer de venir lire ce patchwork d'idées et de fantasmes. J'espère toujours que vous prenez autant de plaisir à les découvrir que moi à les écrire. Enfin, je suis vraiment attaché au chapitre ci-dessous, parce que même s'il est un peu triste, il est... il est tellement romantique, enfin, l'idée que je me fait du romantisme. Bonne lecture ou peut-être pas, il semble que j'ai perdu un follower sans le vouloir. Désolé d'avoir été décevant, j'espère que je me rattrape dans celui-là.
Bon, ben n'en faisons pas plus et place à la fiction !
DbZ0
PS : RAR en bas
Marbre et pluie
―… mais à quoi est-ce que t'as pensé Derek ! Est-ce que tu te rends compte que ton comportement risque de faire partir en éclat ce que je me suis battue pour obtenir ! Tu veux te retrouver dans un centre de redressement pour jeunes perturbés ou dans une famille d'accueil, loin et séparé de nous ? Tu veux que Stiles n'ait plus personne parce qu'on me jugera incapable d'être une tutrice responsable ? cria Laura qui claquait la porte de l'appartement avec une violence qui démontrait l'état de nerf dans lequel elle était. Tu crois que je n'ai que ça à faire, recoller les morceaux de tout ce que tu brises parce que tu ne penses qu'à toi ? demanda-t-elle, excédée, tout en jetant ses grôles dans l'entrée avant de se diriger nerveusement vers le salon et constater que Stiles la regardait avec des yeux craintifs.
Derek ne put pas supporter que Stiles se tourne vers lui, il avait vraiment, mais vraiment merdé pour le coup. Cherché le soutien visuel de son renardeau, ça aurait été se dédouaner de la culpabilité qu'il ressentait, mais surtout, cela aurait apaisé la colère qui lui bouffait les entrailles et il ne voulait pas retrouver son calme. Laura était dans un état lamentable de furie, jamais il ne l'avait vue ainsi. Il ne souhaitait pas ça, toutefois, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la rancœur envers elle, parce qu'elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas…
― Qu'est-ce qui se passe ? demanda le maigrelet de dix-ans qui s'était relever du canapé avec méfiance et cherchait désormais son aîné du regard.
― Qu'est-ce qui se passe ? répliqua aigrement leur tutrice. Il se passe que Ton Héro, Ton fameux Derek chéri a littéralement démoli la face du gars qui le taquinait et il en a profité pour retourner et plier tous les casiers dans le couloir où l'altercation a eu lieu. Il est viré du lycée et on va devoir rembourser les frais de santé du connard qui l'a provoqué, faire fonctionner l'assurance civile pour entamé une procédure d'acquittement envers l'établissement scolaire. Encore heureux que le directeur connait notre histoire sinon ça aurait pu aller jusqu'au tribunal ! Même s'il a viré Derek, il a quand même intercédé en notre faveur auprès des flics et de la famille de ce merdeux qui a fait chier gratuitement mon petit frère. Nous voilà embringué dans des conneries à n'en plus finir, il faut même que je lui trouve un psy pour qu'il apprenne à gérer sa colère ! Et cet ingrat, qui ne sait pourparlers qu'avec ses poings ! Voilà ce qui se passe Stiles ! Pleura-t-elle de hargne.
Si le résumé de la situation avait jeté la honte sur Derek, ce fut quand il vit les yeux tristes de son petit protégé qu'il se figea dans l'humiliation d'être lui. L'air malheureux du gamin lui retourna les tripes et même s'il essaya de venir à sa rencontre, l'adolescent l'évita pour s'enfuir dans sa chambre et claquer la porte. Il entendit Laura crier après Stiles, lui ordonnant rageusement de ne pas le suivre, que son frère ne méritait pas d'être réconforté. En entendant ça, Derek tomba à genoux sur la moquette de sa chambre et jeta rudement son carton d'affaires récupérées au lycée. Il écouta son renardeau hurler à leur tutrice qu'il n'avait pas fait exprès, qu'on lui avait fait du mal pour qu'il en arrive là. Putain, alors qu'il était inexcusable, Stiles le défendait encore. Laura devint hystérique et s'égosilla dans des : « mais c'est pas vrai, il va encore plaider en sa faveur en plus ! ».
― Stiles ! appela Derek du plus fort qu'il le put pour qu'il l'entende malgré la porte. Toujours à genoux, il contraignait désormais sa tête pour la river vers la moquette.
― Arrête ! renchérit-il. Laura à raison ! Elle a raison, c'est moi le pauvre con, ajouta-t-il en ravalant un sanglot.
Il entendit le son étouffé d'une main derrière la cloison et Laura qui restait à l'entrée du couloir en menaçant sourdement Stiles qu'il n'avait pas intérêt à entrer dans la chambre de Derek. La protestation de la femme prit des allures de menace ultime, et un grand coup de vent balaya le dos du coupable à genoux dans sa carrée, tandis que la seule issue praticable s'ouvrait, se refermait et se verrouillait à la vitesse de l'éclair. Puis il perçut des petits pas précipités et sentit le corps chaud de l'enfant qui s'affaissa dans son dos pour l'enlacer. Ils sursautèrent quand Laura boxa la porte en bois qui les séparait d'elle. Le gamin repris pourtant vite sa position et caressa Derek qui pleurait silencieusement son horripilation.
― Mais putain ! Putain de frère qui n'en fait qu'à sa tête ! Putain de filleul qui l'idolâtre, qui le soutien dans tout, même dans la connerie ! Putain de vie ! J'ai rien fait pour mériter ça ! brailla Laura qui se mettait dans un état lamentable de l'autre côté. J'ai vingt et un an bordel ! Je devrais m'occuper de mon avenir et au lieu de ça, je me retrouve à devoir gérer des enterrements, des problèmes juridiques, financiers, des inscriptions et tout un tas d'emmerdes plus impossibles les unes que les autres ! Et ce n'était pas suffisant, non, il a fallu que l'autre tête brûlée perde tout contrôle et se la joue viking illettré! Comment veux-tu que je bosse comme il faut pour la fac et que je valide mon année après ça ! Comment ? se plaignit-elle avant de hurler son désarrois.
Stiles se mit à sangloter dans le cou de Derek qui lui caressa la tête aveuglément avant de le déstabiliser pour le faire glisser jusque dans ses bras et pleurer contre son petit torse chaud. L'aîné répéta que tout était de sa faute, qu'il n'en pouvait plus, qu'il ne voulait pas engendrer du mal, mais qu'il ne savait plus ce qu'il faisait. Il expliqua en bafouillant que les types de l'équipe l'avaient pris en grippe depuis qu'il était arrivé dans le lycée, que Brandon le harcelait et l'avait agressé plusieurs fois. Et aujourd'hui, cette raclure avait parlé de leurs parents morts en lui disant qu'il n'avait pas à se plaindre parce qu'il était putain de riche, qu'il ferait mieux de se réjouir. Derek continua de serrer le gamin qui pleurait avec lui tout contre son corps et il reprit sa justification d'une voix écorchée.
― J'ai vue rouge… je voulais… je voulais qu'il meurt, geint gravement Derek avant de reparler. Je sais pourtant que ce ne sont que des figurants, des figurants, souffla-t-il comme s'il cherchait à convaincre son renardeau. Mais j'ai pas pu me retenir. Il a insulté ma mère de pute zombie, il a dépassé les bornes en parlant de Laura, de toi…. Et tout ça parce qu'il est jaloux qu'une connasse de cheerleaders dont je me fous totalement me reluque. Ce pauvre naze a soi-disant mis une option sur elle parce qu'il veut faire une ascension de popularité. Et il m'a fait tout ce mal pour de la merde… c'est la goutte qui a fait débordé le vase bébé renard, je… je ne voulais plus l'entendre, je savais plus qui j'étais. Ils ignorent tous ce que je ressens, personne ne comprend à part toi ! Toi, tu sais que je les vois mourir toutes les nuits, dit-il en sombrant de nouveau dans ses pleurs d'expiation.
― Vous n'êtes pas les seuls à avoir perdu vos parents dans une putain de tuerie gratuite le quatorze février de cette année, répliqua froidement Laura qui s'était probablement assise dans le couloir, pour mieux s'affaisser contre la porte. Et elle lâcha un pleur déchirant, sans tenter de rendre inaudibles les soubresauts de son désœuvrement.
― Il faut aider Laura, il faut qu'on la réconforte aussi Derek, dit Stiles d'une petite voix pleurnicheuse. Pour qu'on reste tous les trois ensemble, on doit être gentil, pour elle, ajouta-t-il avant de renifler et baiser la joue de son héros de toujours.
Derek se réveilla, paralysé dans son doute. Ce rêve, non, ce souvenir l'avait bouleversé. Mal réveillé et flagada, il sentit tout de même que Stiles n'était plus contre lui et ouvrit les yeux alors qu'il tendait ses bras au hasard afin de trouver son amoureux, par tous les moyens sensoriels dont il disposait. Sa main droite caressa un dos et son regard suivit la sensation pour découvrir la peau dénudé de son bien-aimé qui respirait doucement. L'homme ressenti un soulagement immédiat et son cœur se calma automatiquement, comme si le monde tournait dans le bon sens tant que Stiles était encore dans leur lit, auprès de lui.
Le jeune adulte se détendit et se mis sur le dos pour observer le plafond noyé d'ombres, frottant les poils de son torses dans une habitude matinale qui lui permettait de se concentrer sur la remise en route de son esprit conscient. Derek ne savait pas pourquoi il avait fait ce rêve et cela le troublait. Il s'entendait se justifier contre le torse de l'enfant que Stiles avait été, et le mot « figurant » le heurta de plein fouet. Il l'avait dit ce jour-là, c'est lui qui avait tenu des propos que son bébé renard lui avait resservit des années après, dans une salle de bain ruinée par une crise de nerfs hors de contrôle.
Derek écarquilla les yeux en comprenant que lui et son admirateur pas si secret s'étaient tant influencés, qu'ils étaient devenus indissociables et qu'il serait certainement impossible de déterminer qui avait le plus remodeler l'autre. Pauvre Laura, pensa alors subitement l'homme qui ne parvenait pas à sortir de l'ambiance pesante que lui avait imposé son onirique réminiscence. Même si ce n'était pas contre elle, lui et Stiles en avait fait voir de toutes les couleurs à la jeune femme, alors qu'elle avait eu à gérer tant de soucis autour d'elle.
Désormais, c'est lui qui avait vingt et un ans, et resonger à la vie de sa sœur lui fit mal. Elle n'avait pas eu de compagnon comme Stiles à aimer, et en dépit de sa proximité affective avec ses deux pupilles, est-ce que cela avait été suffisant pour contrebalancer le vide intérieur qu'elle avait ressenti à un moment crucial de sa vie ? Elle avait fini par périr dans un accident de voiture deux ans plus tard, avec deux grammes d'alcool dans le sang. Auraient-ils pu éviter cette tragédie s'ils avaient pris conscience avant, du fardeau qu'elle portait ?
Des tintements étouffés devinrent l'arrière fond sonore et Derek comprit qu'au dehors, il pleuvait à grosse gouttes. Cela allait de pair avec la tristesse qui l'avait accompagné au sortir de sa veille et il soupira toute la mélancolie qu'il éprouvait. Il se sentait coupable et même la proximité de son bébé renard ne lui permettait pas de retrouver un état d'accalmie intérieur. Ses tempétueuses émotions tournaient comme un cercle vicieux duquel il était un prisonnier tourmenté, revisitant son passé pavé de drames et autres tragédies incompréhensibles.
― Eh, je ne sais pas ce que t'a fait ce plafond mais si tu continues de le fusiller du regard comme ça, je crois que tu vas réussir à le fendre et vu le temps à l'extérieur, on risque de prendre la sauce, intervint Stiles d'une voix ensommeillé. Il bailla et posa sa main sur celle de son amant.
― Je veux bien être mouillé si c'est ta sueur que tu étales sur ma peau, ta salive ou ton sperme, mais hors de question que je prenne la pluie en pleine gueule au réveille, s'insurgea Stiles qui montra dans la foulée, sa frimousse gonflée de rêves. Tu veux qu'on en parle ? ajouta-t-il quand il constata que Derek était à deux doigts de pleurer et se retenait par la seule force de sa hargne.
― Je… je pensais à Laura, souffla-t-il, perturbé. J'ai pas été sympa avec elle, je lui ai pas suffisamment montré qu'elle comptait. Je lui ai créé des ennuis et peut-être… peut-être qu'elle serait encore…
― Non, arrête ça mon Loup, ne dis pas ce que je crois que tu vas dire. En tombant dans le travers des « si » et des « peut-être » on fait du regret une religion, s'emporta Stiles qui grimpa sur le corps de son amant, profitant de la lumière tamisée par les nuages au dehors, pour devenir le centre d'attention de l'homme qui dormait avec lui. Stiles frotta son érection matinale contre Derek et l'embrassa à pleine bouche, ignorant facilement tous les désagréments d'un baiser pâteux pour ne profiter plus que des retrouvailles de leurs lèvres.
― Nous avons été cons, intelligents, gentils, désagréables, tristes. Nous avons aimé, détesté, oublié, appris, mais nous ne sommes pas responsables de la mort de nos parents. Nous ne sommes pas responsables de ce qui est arrivé à Laura. On l'a aidé du mieux qu'on a pu, en tentant de dépasser nos troubles personnels pour ne pas en rajouter aux siens. Cela n'a pas été aussi facile et efficace qu'on l'aurait voulu, mais ça ne veut pas dire qu'on l'a tué, tu m'entends. Je refuse de porter la culpabilité de son accident ou que tu te tortures avec des idées malsaines, palabra Stiles avant d'embrasser chastement son homme et de se lever pour constater la grisaille et la pluie qui faisaient l'air du temps à l'extérieur.
― Dire que tu n'as pas encore seize ans Stiles et j'ai parfois l'impression que tu comprends mieux la vie que moi, intervint le jeune homme qui se redressa dans le lit, apposant son dos musclé contre la tête de lit. Même si tu ne veux pas l'entendre, tu es vraiment surdoué bébé, tu saisis des choses qui restent des énigmes et des casse-têtes pour moi, tant que tu ne me les as pas expliquées, souffla-t-il, admiratif. Et en prime, tu es un si bel éphèbe. Qu'ai-je fais pour te mériter ?
― Tu m'as aimé quand tout le monde me repoussait parce qu'on me trouvait insupportable, répondit platement Stiles qui était nu, sa silhouette en contrejour devant la fenêtre dépourvue de rideaux. Cette journée est parfaite pour une visite au cimetière, qu'en penses-tu ? éluda Stiles qui ne se retourna pas pour cacher l'humeur morose qui avait fondu sur lui aux propos matinaux de son aimé.
― J'en dis que tu lis trop de romans et que tu regardes trop de films. Ça te donne envie de mettre en scène les expériences dont tu veux te souvenir mon amour, répondit l'homme qui s'assit sur le rebord du lit pour prendre le temps d'en sortir. Nous irons où tu veux quand tu veux Stiles, même si ça implique de passer une heure dans un cimetière, à prendre la flotte pour finir de se les geler, bailla Derek qui était désormais debout, étirant son corps nu. Je vivrais avec toi tout ce que tu décideras de faire, même si je ne dois être qu'un spectateur ou un garde-fou, ajouta-t-il en frottant les poils de son ventre qui restaient collés entre eux. Stiles se retourna et ne put contraindre son sourire attendri.
― Alors on prend un taxi dans une heure ? Non deux… peut-être cet après-midi, dit Stiles dont le sexe recommençait à monter à la vue de son mâle qui était tellement sexy avec les cheveux en pagaille ainsi que toute sa fabuleuse pilosité.
Après une séance d'amour tendre, un petit déjeuné, un interlude de sexe torride, le doute que quelqu'un soit venu toquer chez eux, une sieste de vingt minutes, une douche, le couple se retrouva dans un taxi qui les mena jusqu'au cimetière de Beacon Hills. La pluie n'avait pas cessée de tomber et Stiles avait refusé catégoriquement de prendre un parapluie. Les deux complices se retrouvèrent ainsi trempé, à marcher lentement à travers les diverse allées, accablés par l'humidité qui faisait imperceptiblement trembler leur corps.
L'aîné du duo était magnifique dans cet état. L'eau coulait sur son visage fermé, imprégnant ses cheveux pour les plaquer sur son front, suivant les courants anarchiques qui entrainaient leurs formes. L'homme s'égouttait de toute part et avançait pourtant, sa mâchoire velue crispée par le froid, ses mains prisonnières des poches du long manteau noir emprunté à son défunt père. Il était ténébreux au possible et il paraissait émaner de lui une sombre aura de tristesse que ses épais sourcils esquissaient humidement. A quelques pas devant, Stiles se retourna plusieurs fois pour le contempler et admirer le sérieux qui figeait ses traits, comme si sa peau blanche était un marbre éclairé par deux iris d'un vert foudroyant, contrastant avec une pilosité corbeau.
Derek ne put s'empêcher de sourire à la vue de son renardeau qui s'arrêta une nouvelle fois pour le regarder. Stiles avait des idées fougueuses, il était tellement vivant, que même sous cette pluie battante, l'homme avait la sensation d'être dans la tiédeur du paradis alors que des ambres pétillantes se focalisaient sur lui. Il admirait son visage coquin, sa gestuelle désordonnée par cette énergie particulière, ce supplément d'âme qu'il n'avait constaté chez personne d'autre et qui lui conférait cette connaissance intuitive de l'existence. Sous cette averse, ses vêtements du dimanche complètement ruinés par les intempéries, l'adolescent avait des allures de héros romantique et Derek ne pouvait rien faire pour contrarier la fierté qu'il ressentait à être l'élu de son cœur.
― Je crois qu'on est perdu, intervint Stiles qui s'accrocha au bras de son compagnon quand celui-ci l'eu rejoint.
― Non, tu as bonne mémoire, leur tombe est dans l'allée J à côté du tombeau avec la statue, là, sur ta gauche, répondit l'homme d'une voix posée. Sa barbe était trempée mais quand bébé renard insinua ses doigts dedans, loup des bois pris plaisir à la caresse.
― T'es sûr que tu veux m'accompagner, j'ai beaucoup de choses à dire, intervint l'adolescent qui commençait déjà à trembler.
― Et c'est maintenant que tu me préviens, rit Derek qui secoua la tête pour faire gicler l'eau qui plaquait sa tignasse. Il s'arrêta et Stiles mordilla sa lèvre.
― Prend tout ton temps. J'assure tes arrières, je te soignerais quand le satané rhume que t'auras mérité te tombera dessus, dit-il en passant une main chaleureuse sur la pommette érodée de son amant. Quand est-ce que tu vas comprendre que je reste, que tu n'as pas à t'inquiéter parce que tout ce que tu veux vivre, je le veux aussi, simplement parce que je souhaite être au cœur de ton histoire, renchérit-il avec une affection plus débordante que toute la pluie redessinant leurs paysages. Allons-y, conclu-t-il alors que son chéri acquiesçait timidement avant qu'ils échangent un baiser mouillé.
Ils arrivèrent bientôt devant la stèle que Stiles avait cherchée et quand ils virent qu'elle était nue de décorations, parsemée de lichen, quelque chose se troubla en eux, comme pour leur faire savoir qu'ils étaient ingrats d'avoir cherché à oublier, de n'être jamais venu là où reposaient les corps des gens qu'ils aimaient. Derek ne se laissa pas abattre par cette sensation dérangeante qui l'investit à la lecture de l'identité des morts qui pourrissaient ici. Ce n'était plus les parents de Stiles, ils n'étaient que des enveloppes enterrées, rien de plus que des ossements habillés pour rendre hommage à une vie qui les avait quitté il y avait maintenant cinq années.
― Papa, Maman, commença le plus jeune qui s'était raidit devant la pierre tombale. Je sais que vous n'êtes probablement pas là, que je parle certainement dans le vide parce que vos âmes ont aussi disparue et que même si elles existaient encore, elles ne passeraient pas l'éternité dans cet endroit débile alors qu'elles pourraient traverser les dimensions, mais dans le doute, digressa-t-il avant de marquer une pause pour se retourner vers Derek qui l'écoutait silencieusement. Ce dernier lui fit un signe de tête pour l'encourager à continuer et Stiles reprit la parole.
― Je suis triste de ne pas avoir eu le temps d'écrire d'autres souvenirs en votre compagnie, de ne pas avoir eu l'occasion de vivre ce que la plupart des gosses ont, quand des grands casses pieds qui les aiment s'inquiètent pour leur avenir, et veulent en diriger la réussite. Pourtant, il faut que vous sachiez que je suis heureux, vraiment heureux. Pas parce que vous n'êtes plus à mes côtés, jamais pour ça, mais parce j'aime la vie en dépit du malheur qu'a été votre absence dans les moments où elle était terrible, souffla l'adolescent, trempé de la tête aux pieds. Il reprit après avoir rouvert ses yeux.
― Papa Noah, Maman Claudia, Parrain Nathaniel et Marraine Thalia, Laura… malgré les trous béants que vos morts ont creusées dans mon cœur, je veux vous dire… Merci. Merci de m'avoir laissé entre les mains d'un ange, d'un être aussi fabuleux, d'un protecteur comme Derek. Merci de nous avoir toujours permis de nous aimer, même si vous l'ignoriez, que vous trouviez ça bizarre ou peut-être malsain. Merci d'avoir fait en sorte que lui et moi restions ensemble alors que nous perdions tout le reste. Tu avais tout compris Laura, n'est-ce pas ? demanda Stiles qui prit une respiration pour calmer sa montée d'émotivité. Dans son dos, l'homme s'était figé pour contraindre ses sentiments et paraissait sévère alors qu'il luttait pour rester stoïque.
― Même si vous auriez trouvé inacceptable ce qu'on partage, je vous aurez quand même dit merci, parce que naître pour rencontrer son âme sœur, c'est magnifique et ça balaye tous les malheurs. Ce sublime humain qui attend sans rien dire derrière moi, c'est le plus beau cadeau d'adieu que vous pouviez me laisser. Il est mon héro parce qu'il est fort, résistant, intelligent, tendre, protecteur, qu'il a un corps de rêve, qu'il est viril et que j'ai envie de lui depuis que je suis en âge de prendre plaisir à bander, déclara Stiles, sur un ton devenu un tantinet coquin malgré le fait qu'il était pris par de détestable tremblotements de froid.
― Stiles, t'a vraiment le diable au corps, soupira Derek, un sourire dans sa voix faussement dépitée.
― Quoi, ils sont morts, ils ne nous entendent pas pour de vrai. Tutut, ne me rejoints pas tout de suite monsieur beau gosse, j'ai pas fini, répliqua l'adolescent en se détournant du jeune adulte pour rediriger rapidement son regard vers la tombe et se laisser imprégner d'une humeur nouvelle.
― Père, Mère, vous l'aurez compris, Derek n'aime pas que je parle de cul si on n'est pas dans une chambre. Il trouve que ça fait tâche dans un cimetière, que ce n'est pas très convenable. Mais si vous saviez ce qu'il me fait vivre… Putain, j'en suis à venir ici, sous la pluie battante, sans protection, simplement pour qu'il me réconforte de sa chaleur quand on rentrera au manoir. J'ai envie de refaire le monde seulement pour avoir d'autres décors au rêve de vivre avec lui. Il… il a… il a appris à dire le satané prénom que vous m'avez donné, et… et quand c'est lui qui le prononce, mon dieu… c'est magique. Est-ce que vous saviez qu'une telle chose arriverait, qu'un jour, j'aimerais l'entendre, susurrer entre les lèvres de l'élu de mon cœur ? Je crois que oui, n'est-ce pas Maman ? demanda Stiles sans se soucier de son amant qui s'était rapproché d'un pas pour profiter de cette déclaration détournée.
― J'ai peut-être des problèmes psychologiques non résolus parce que vous êtes mort si brutalement, et que j'étais déjà pas tout net à la base, mais ça se gomme, ça s'efface quand je suis dans les bras de mon loup. Si j'ai envie de pleurer, là, maintenant, c'est pas parce que vous me manquez, vous n'étiez simplement plus là. Pardonnez-moi. En fait, j'arrive pas à croire que je vis vraiment ça, vous comprenez ? C'est un bonheur tellement intense que… que je ne sais pas l'exprimer autrement qu'en versant des larmes. Il n'y a pas de mots pour dire ce que ça fait d'être aimé de Derek Hale. J'ai pas eu besoin de sillonner la terre entière pour trouver l'ange qui allait illuminer ma vie, je connais la bonne personne depuis toujours et c'est grâce à vous, merci, pleura Stiles.
L'adolescent tomba à genoux dans l'eau crasseuse qui recouvrait le marbre sous lequel étaient enfouis les restes de ses parents. Derek se précipita dès lors pour l'enlacer, pour accoler toute l'ambigüité de ses émotions à celles de son renardeau, pour calmer les trémulations de son corps. Il le souleva, le retourna et l'embrassa follement, même si la pluie était désagréable, même s'il avait froid d'être resté à prendre l'eau, même si les doigts de Stiles étaient glacés contre ses joues velus, même si bouger dans des vêtements mouillés était pénible. Ils mêlèrent leurs langues et cela les réchauffa, leur permettant d'oublier toutes les humeurs du temps pour ne retrouver plus que leur amour qui changeait tout en bon.
RAR :
Julie-deolivera : Moi aussi j'ai adoré l'idée le jeu de rôle, mais je ne savais pas comment faire pour bien l'écrire, pour que ça soit fluide. Écrire au plus que parfait n'a pas été simple, je me suis tiré les cheveux pour essayer de ne pas faire de fautes et rester dans le bon ton. Enfin, je te remercie pour ta régularité dans tes commentaires, et les gentils mots que tu me laissent. Ils sont un vrai moteur pour avoir envie de continuer, parce que j'ai l'impression de ne pas être seul à apprécier cette histoire et ça fait un bien fou de la partager. Bisous et pleins de cœurs dans les yeux.
Micky54 : Oh c'est super sympa ! Merci tout plein. Je souhaite sincèrement que ce que tu viens de lire ne te donne pas envie de revenir sur le premier commentaire que tu m'as laissé. Bien à toi
Voili-voilou les amis, nous sommes déjà en bas de la page. Purée, j'ai pas vu le temps passer et vous ? hi hi hi... Bon ben je ne sais pas comment vous le demandez sans paraître quémandeur, mais si vous avez apprécié, laissez une petite impression. Ça prend deux minutes pour réchauffer le cœur d'un écrivain en herbe qui tente de vous faire rêver avec lui.
Place aux commentaires et à plus dans le bus !
DbZ0
