Salut à tous,

Je suis désolé pour la qualité de cette introduction de chapitre, mais je suis totalement déprimé et je n'arrive pas à faire mieux. Alors voilà la suite et tant pis si c'est nul.

DbZ0

PS : Merci pour les ajouts en fav et les commentaires. Excusez moi si je n'ai pas pris la peine de répondre à tous ici, disons que mon humeur à été écrabouillée par un échange de mails difficile. Il y a des gens qui prennent plaisir à triturer les autres pour les faire se sentir être des merdes. Je ne comprends pas le pourquoi de ces agissements, mais c'est l'amer sensation qu'il me reste après tout ça. Bon ben, à plus.


Un diner presque parfait

― Scott ! J'ai besoin que tu descendes pour me donner un coup de main ! cria Mélissa dans la cage d'escalier. La femme était vêtue d'un tablier de cuisine et elle tapait impatiemment du pied sur la première marche permettant l'accès à l'étage de sa maison.

― J'arrive, répondit la voix étouffée d'un adolescent blasé.

― Non, tu n'arrives pas, tu viens ! renchérit sa mère qui commençait à sérieusement s'agacer.

Des pas rageurs retentirent au plafond et une porte s'ouvrit prestement pour être négligemment claquée ensuite. Un marmonnement se fit entendre, mais la femme n'avait pas l'ouïe assez fine pour déterminer les propos qui étaient tenus. Elle continua à tapoter du pied et lorsqu'elle vit son fils apparaître en faisant une tête peu amène, elle sentit la colère bouillir en elle, d'autant qu'il était évident qu'il n'avait rien fait de ce qu'elle lui avait demandé.

― Tu peux m'insulter dans ta barbe inexistante jeune ingrat, mais ne crois pas que tu l'emporteras au paradis, dit-elle froidement avant de lever les yeux au ciel quand elle le regarda descendre les marches, avec une nonchalance qui lui donna envie de le baffer.

― Je t'insultais pas, répondit le jeune d'une voix plate, ses cheveux en pétard.

― Ah oui ! Alors pourquoi tu n'as pas dit ce que tu pensais tout haut dans ce cas ? rétorqua Mélissa qui enjoignit son fils à se diriger vers la cuisine pour mieux le suivre. Scott se sentit mal un instant, mais fit celui qui n'était pas atteint par la remarque de sa mère. Il se contenta d'obéir et d'aller sans entrain, là où la femme lui commandait de se rendre.

― Regarde-moi ça, tu as les mêmes habits depuis trois jours et tes cheveux ressemblent à un tas de nœuds confectionnés par des oiseaux pour y faire leur première couvée, reprocha Mélissa qui tentait de retrouver son calme sans y parvenir. Sans compter que tu sens le chien mouillé… je t'avais dit de prendre une douche et de te changer, mais non, les jeux vidéos sont plus importants que le fait de recevoir tes amis chez toi. Décidément, je ne comprendrais jamais l'ordre de tes priorités, lui reprocha Mélissa alors qu'ils arrivaient dans la cuisine. Scott se retourna vers elle et ses yeux semblèrent devenir noirs de contrariété.

― Derek n'est pas mon ami, lâcha-t-il sans ambages.

― Ce garçon a pourtant fait en sorte que tu retrouves Stiles après toutes ces années, rétorqua sa mère avant de lui montrer un blender qu'elle venait d'essuyer. Tiens est-ce que tu peux me ranger ça tout en haut du meuble s'il te plait ? J'ai failli me casser la binette en le descendant… Et j'aimerais que tu sortes la belle vaisselle pour dresser la table, dit-elle avant de s'arrêter, poser ses mains sur ses hanches et soupirer son dépit. Non, pas le meuble là, Scott on dirait que tu ne vis pas dans cette maison !

― Je me suis jamais servi de ce machin, je ne savais même pas qu'on en avait un, répliqua immédiatement l'adolescent qui se montrait contrarié depuis le début de cette journée. Et à propos de Derek, c'est pour Stiles qu'il nous a payé des vacances à New York, pas pour moi, ni pour toi, ajouta-t-il avant de faire ce que sa mère lui demandait. Alors qu'il s'activait, Mélissa le regarda et reprit la parole.

― C'est pour ça que tu ne fais aucun effort, parce que tu n'as pas envie de voir le tuteur de ton ami ? questionna dubitativement la femme, qui avait du mal à comprendre son fils. Tu ne l'aimes pas alors que tu n'avais que des éloges à faire sur lui quand on est revenu… un jour blanc l'autre noir, soupira-t-elle. Tu as toujours été jaloux de ce garçon, même lorsque tu ne le connaissais qu'à travers les anecdotes de Stiles, réfléchit la femme tout haut, tandis que les épaules de Scott s'affaissaient.

― N'importe quoi, murmura-t-il entre ses dents, avant de retourner dans le meuble pour y sortir les belles assiettes.

― Scott, je ne pouvais pas seulement inviter ton petit pote pour que vous fassiez une soirée télé popcorn, se justifia Mélissa qui tentait d'apaiser la nervosité dont son fils faisait preuve. Et Derek est un mec super, qui assume beaucoup de choses pour son âge. Est-ce que tu sais qu'il a fini premier de sa promotion de licence ? Il est un bon exemple pour un adolescent, il est sérieux et bosseur, expliqua-t-elle tout en se rapprochant de son garçon qui semblait s'enfermer dans une bouderie de plus en plus sérieuse.

― Tu m'en diras tant, répliqua Scott qui fit en sorte d'éviter qu'elle ne le touche. On dirait que tu veux l'épouser. Pourquoi t'as cuisiné comme un jour de fête alors que c'était censé être un simple repas « entre amis », dit-il ironiquement avant de se gratter la tête sous le regard perplexe de sa mère.

― Je veux les recevoir comme il se doit, ces deux jeunes gens méritent de se sentir considérés par nous, dit-elle en jetant un regard sur le four dans lequel cuisait son plat. Et ce que tu dis ne tient pas debout gros bêta. Je te rassure, je ne suis pas désespérée au point de vouloir mettre le grappin sur un héritier de vingt ans mon cadet.

― Ouais, ben j'ai le droit de pas apprécier ce gars, même si tu cherches pas à en faire mon beau-père, dit Scott qui se rembrunit sans savoir comment se tenir devant Mélissa. Quelque chose le perturbait, mais il ne parvenait pas à l'exprimer autrement qu'en se renfermant sur lui-même.

― Bon Scott, mais y un peu du tien bordel, s'agaça la femme qui lui pressa affectueusement l'épaule. Mais qu'est-ce qui t'arrive ? demanda-t-elle tout en caressant sa joue pour récolter un soupir las en retour. J'ai pas le temps pour ça, il faut encore que j'aille me changer, me maquiller et ils seront là dans moins d'une demi-heure, dit-elle en se reculant pour retirer son tablier et l'accrocher sur la patère prévue pour le ranger. Je croyais que ça te faisait plaisir de savoir que Stiles était de retour pour le mois d'août. Quand je t'ai dit que ça serait bien qu'on dine ensemble, tu m'as paru content, ajouta-t-elle en revenant vers Scott, et tenter d'avoir le droit à un regard plus franc de la part de son rejeton.

― T'inquiètes maman, c'est rien, j'ai juste… je sais pas d'accord. J'ai un poids dans la poitrine, et j'ai… rien, dit-il, un désœuvrement étrange dans la voix. Va te préparer, je vais ranger et mettre la table, ajouta-t-il sur un ton qu'il souhaitait plus détaché, mais qui ressemblait néanmoins à une feinte. Il embrassa rapidement la joue de sa mère pour s'excuser de son drôle de comportement et elle retint son bras alors qu'il s'apprêtait à retourner dans la salle à manger.

― Même si t'es un ado ingrat, tu restes un bon gamin, souffla-t-elle, son visage s'imprégnant d'affection. Je vais faire vite et après c'est ton tour. Le passage à la salle de bain n'est pas une option jeune homme, sourit-elle alors que Scott levait les yeux au ciel.

Scott fit tout ce que Mélissa lui avait demandé et lorsqu'il descendit vêtu d'une belle chemise et d'un jean repassé, il récolta le regard admiratif de sa mère. Il s'était coiffé, mais la femme en profita pour réorganiser sa chevelure avant de lui baiser une joue et se reculer d'un pas afin d'observer et apprécier son allure générale tandis que le jeune paraissait blasé. Elle parut satisfaite et dans sa simple robe noire, elle avait des allures de femme du monde. Elle n'eut pas le temps de faire un commentaire qu'une sonnette retentissait dans leur maison. Stiles et Derek avaient dix minutes de retard, mais elle se retrouva tout de même à se précipiter sur ses talons hauts pour les inviter à entrer.

Le début de soirée fut totalement engoncé, et en dépit des efforts de Stiles pour injecter une humeur joviale dans l'atmosphère, le comportement de Scott avait tendance à plomber l'ambiance. Ils étaient tous biens vêtus et apprêtés, ils parlaient de leurs quotidiens respectifs, mais leur réunion manquait d'un sein naturel. Mal à l'aise, Derek ne parlait que si Mélissa lui posait des questions et répondait succinctement à chaque fois. Le fils de l'infirmière ne disait tout simplement rien et ne faisait que réagir par des mimiques un peu floues. La maîtresse de maison tentait d'éviter les blancs en multipliant les sujets de discussion et Stiles rebondissait sur toutes les occasions pour essayer de faire en sorte que Scott lui explique ce qui se passait de son côté, sans succès.

Autant dire que Mélissa était sous tension et elle avait juste envie de crier sur son fils qui imposait à tous, le poids de sa fermeture au partage. Derek fut sollicité pour ouvrir une bouteille de vin et durant le laps temps où la femme et lui partirent à la cuisine, le silence s'abattit entre les deux adolescents. Stiles jetait des regards d'incompréhension à Scott qui levait les épaules, ne cherchant à donner aucune justification à son comportement distant. Les tentatives d'apaisement comique que fit le surdoué s'en trouvèrent tout bonnement réduites à néant et lorsqu'ils se retrouvèrent autour de la table pour trinquer, Stiles n'avait plus rien envie d'autre que de partir. Il se força à plaquer un sourire sur ses lèvres et observa Mélissa servir le vin aux adultes. Quand elle voulut lui verser un soda, Stiles lui dit non poliment et se tourna vers son tuteur.

― Je peux avoir un verre de vin aussi ? demanda-t-il, alors que les yeux de Derek s'écarquillaient dans l'incrédulité.

― Stiles, souffla-t-il alors que le refus se distillait sur son faciès. Le regard de l'adolescent se fit perçant, comme s'il tentait de lui parler en pensée. « Je suis assez mûr pour coucher avec toi, mais pas pour boire un verre de vin ? » étaient les mots qui pouvaient traduire au mieux la mimique du jeune dont les lèvres se pincèrent.

― Aller Derek, un fond de ballon, juste pour savoir ce que ça fait de manger en profitant du goût d'un vin pour se rincer la bouche, tenta-t-il en retrouvant un comportement moins irrévérencieux. Derek s'était pourtant glacé de sévérité, ayant mal vécu ce qu'il avait compris de leur échange silencieux. Mélissa était désarmée par la scène et regardait les jeunes sans savoir quoi dire.

― C'est parce que tu baises avec ton tuteur que tu te prends pour un adulte, Stiles ? intervint Scott d'une voix blanche, instillant la stupeur sur tous les visages.

― Quoi ? répondirent de concert les trois autres convives, tandis que Stiles rougissait d'une colère mal contenue.

― C'est bon, ne fais pas l'innocent, renchérit Scott avec une arrogance qui ne lui ressemblait pas. Je vous ai entendu quand je suis venu ce matin. Ce n'était pas discret, finit-il en se servant un verre de boisson énergisante.

― Scott, qu'est-ce que t'es en train de faire ? demanda Mélissa qui fulminait littéralement en constatant le mal silencieux qui rongeait à présent Derek et l'envie de meurtre que Stiles tentait de planquer en se recomposant une attitude digne.

― Mais quoi, c'est vrai maman ! s'enflamma Scott. Je suis allé au manoir ce matin, et… quand je suis entré parce que personne ne venait m'ouvrir, je les ai vus sur la table de la salle à manger. Stiles est mineur ! cria-t-il en jetant des regards accusateurs à tout le monde.

― Et c'est maintenant que t'en parles, parce que c'est vrai, c'est le moment idéal, lui reprocha Mélissa qui passa une main tremblante de rage sur son front. Sans compter que tu es rentré chez eux sans leur consentement. Et puis, tu amènes tout ça avec une telle délicatesse et un tel tact... Mais c'est pas vrai, qu'est-ce que t'as dans le crâne ! cria-t-elle en se levant pour faire quelque pas. Scott se renfrogna, mais ne se détacha pas de son humeur belliqueuse. Tout s'explique, murmura la femme qui paraissait anéantie de voir son invitation se transformer en règlement de compte.

― Putain, j'étais persuadé d'avoir entendu quelque chose, tu vois que j'avais pas rêvé Derek, intervint Stiles qui avait retrouvé une attitude presque normale. En fait, c'était seulement Scott qui venait chez nous, nous matait discrètement en train de copuler et repartait chez lui avec l'intention de nous humilier le soir même grâce à sa découverte, dit-il avec une ironie qui glissa vers la sourde menace tandis qu'il percutait son ami du regard et le forçait à baisser les yeux. L'aura du surdoué vibrait d'une colère froide qui annonçait de violentes représailles, et nul ne pouvait douter qu'une décision venait d'être prise.

― Stop ! Scott excuse-toi tout de suite ! commanda Mélissa qui revint s'assoir et tenta de calmer ses ressentiments en respirant calmement. Ses yeux noirs semblèrent se charger d'une dangereuse électricité et pourtant, son fils n'alla pas dans son sens et continua de s'entêter sur la voie qu'il avait empruntée.

― C'est illégal maman ! Comment tu peux les soutenir ? Et t'as même pas l'air surprise en plus, comme si tu le savais déjà, dit-il sur un ton de déception qui n'atteignit personne et contribua seulement à prolonger le silence.

― Mélissa, nous allons y aller, se décida l'homme tout en se levant. Stiles suivit son exemple et continua à jeter de regards froids à celui qu'il avait cru être son ami.

― Non Derek, personne ne sort de table avant que cette histoire ne soit réglée, ordonna Mélissa sur un ton autoritaire qui força tout le monde à reprendre sa place. Je n'ai pas cuisiné tout l'après-midi pour me retrouver à devoir jeter mon repas à la poubelle parce que mon fils a décidé de foutre la merde, dit-elle en se retournant vers Scott qui paraissait redescendre sur terre et commençait à montrer des signes de culpabilité. Oui, j'étais au courant qu'ils étaient ensemble, et alors ? Je sais reconnaître de l'amour quand j'en vois, et je crois qu'ils ont assez soufferts pour qu'on les empêche de vivre leur histoire, justifia la femme devant son entêté de gamin qui avait le bon goût de paraître contrit. Alors ce n'est peut-être pas « légal », mais j'ai choisi de fermer les yeux sur ce qui est gênant et accepter de voir ce qui est beau, finit-elle d'expliquer en se saisissant de son verre pour boire une gorgée de vin apaisante.

― En parlant de légalité, intervint Stiles avec un calme déconcertant. Je ne voulais pas le dire maintenant parce que… parce que rien n'est encore sûr et que j'attendais un moment romantique pour ça, laissa-t-il en suspens alors que tous le regardaient désormais sans comprendre ce qu'il tentait de faire. Mais, puisque mon « meilleur » ami me menace d'être un délateur auprès des autorités sous prétexte que j'ai osé demander un verre de vin, ma situation avec Derek pourrait bien changer, définitivement, assura-t-il à son mutique compagnon qui le questionnait gravement du regard. En fait, l'État de New York autorise le mariage à partir de seize ans si une demande est faite auprès d'un tribunal et que les parents ou le tuteur légal donnent leur accord. Alors j'ai constitué un dossier et je l'ai envoyé début juillet au bureau d'un des juges de notre district. Je devrais normalement obtenir un rendez-vous pour nous au mois de septembre et une délibération pour le mois d'octobre, si tout se passe bien, exposa l'adolescent, qui paraissait être fier de l'effet de son annonce.

― Quoi ? demandèrent Derek et Scott d'une même voix où l'hébétude semblait vaincre toute autre réaction.

― Ils sont tous fous, se plaignit Mélissa qui reprit son verre en main pour le finir d'une traite. De son côté l'homme était complètement figé dans la stupéfaction et seuls les battements erratiques de son cœur compressé lui donnaient la sensation d'être en cohérence avec la réalité.

― Derek Nathaniel Hale, est-ce que tu veux qu'on partage le même nom ? l'interrogea Stiles dont tout le comportement glissa dans la fébrilité que sa propre audace instillait en lui. Craintif, il attendit que son compagnon montre les signes d'une formulation de réponse, mais rien ne vint. Mélissa et Scott étaient relayés au rang de simples spectateurs et la femme était tant perturbée qu'elle ne savait plus quoi ressentir. Elle se saisit de la bouteille et se resservit un verre.

― Stiles, t'as fait quoi ? demanda calmement le jeune adulte qui avait l'air d'avoir pris un coup de massue sur la tête. Il avait l'impression que le décor se réduisait de seconde en seconde, que le monde s'effondrait dans l'impensable.

― Tout ce que je viens d'expliquer à Scott et Mélissa, répliqua naturellement sa pupille, comme si c'était évident qu'il en arriverait là. Je sais que pour toi, c'est important d'avoir le droit de m'aimer et j'ai travaillé pour l'obtenir. J'aurais préféré te faire la surprise plus tard, mais puisque je suis poussé dans mes retranchements, je te le demande maintenant devant témoins. Veux-tu m'épouser ? réitéra-t-il avec une insistance qui dévoilait un douloureux doute. Pour que des petits cons jaloux de la vie sexuelle des autres n'essaient plus de nous menacer, pour qu'on puisse être ensemble sans que ça soit une infraction, sans avoir honte d'être un couple, renchérit-il pour retrouver son aplomb que le comportement de Derek fragilisait malgré lui.

― Et si la demande est rejetée, tu as pensé aux conséquences ? lâcha l'adulte qui paraissait céder lentement à la panique.

― La demande ne sera pas rejetée Derek, affirma Stiles. J'ai pris soin de choisir le bon juge, celui sur lequel on peut user de moyens de pression parce qu'il a des casseroles au cul et que j'ai fait tous mes devoirs pour comprendre le pourquoi du comment, ajouta le jeune qui faisait montre de son caractère calculateur. Je ne pense pas qu'on en arrivera à cette extrémité, mais si jamais ce devait être nécessaire, je possède déjà les arguments avec preuve à l'appui pour détruire sa carrière, dit-il sur un ton qui laissait sous-entendre qu'il n'aurait aucune hésitation à se servir de ses trouvailles. Fais-moi confiance, renchérit-il avec une douceur suppliante. Il se mit debout et s'autorisa à caresser la barbe de son amant qui dévoilait tout son trouble.

― J'ai fait appel à un avocat du groupe Hale qui a engagé des enquêteurs privés. Je n'ai pas agi sans savoir où je mettais les pieds, j'ai pris toutes les précautions pour que nous soyons protégés. Alors je te le demande encore une fois, et je risque d'être vexé si tu ne me donnes pas une réponse claire, dit-il avant de s'accroupir devant Derek, instillant l'embarras dans le cœur de Mélissa, le refus dans celui de Scott qui détourna le regard de la scène. Loup des bois, est-ce que tu veux épouser ton bébé renard qui te prie à genoux, oui ou non ?

L'homme était au pied d'un mur qu'il n'avait jamais envisagé et alors que ses pensées se percutaient dans l'absurdité de ses émotions bouleversées, son corps n'exprimait qu'une anxiété glacée. Stiles commença à se déconfire et jeta un coup d'œil à Mélissa qui buvait, les yeux vides et la mâchoire crispée. Quant à Derek, il n'en revenait tout simplement pas et son effarement s'éternisait dans ses iris de cristal alors qu'il songeait : « T'es totalement… redoutable et imprévisible, je sais pas quoi dire. Là tu… tu me sidères et vraiment, je crois que je t'aime encore plus. Quand as-tu pris le temps de faire ça, comment ? »

― Oui, répondit platement Derek alors que son corps se revivifiait lentement d'oser y croire.

Il prit une longue inspiration et répéta sa réponse avec une chaleur qui démontrait sa réelle acceptation. Stiles se releva et l'embrassa devant leurs hôtes. Les deux amoureux agissaient comme si cela était tout à fait normal, comme si le plus grave était passé et qu'ils pouvaient désormais se détendre sans avoir à se soucier du reste. Face à cette situation qu'il ne comprenait plus, Scott se leva énergiquement, exprima toute sa contrariété avant de soupirer tristement et s'enfuit à toute jambe dans sa chambre.

― Merci la Terre, les éléments et toutes les entités de la création, merci, chuchota Stiles qui retenait ses larmes et souriait en même temps.

― Vous êtes… tellement mignons, intervint Mélissa dont le maquillage se ruinait dans un imprévisible flot de larmes. Bon je vais aller chercher ce fameux gratin qui m'a donné tant de fil à retordre ajouta-t-elle, en se levant maladroitement. Si je ne mange pas quelque chose, je risque de sombrer lentement dans l'alcoolisme, dit-elle sur un ton qui suggérait déjà une ivresse bien entamée. Et je suis désolé pour le comportement de Scott. J'ai envie de lui tordre le cou, assura-t-elle alors qu'elle reprenait son ballon pour finir son verre. Mais, je crois comprendre qu'il a le béguin pour toi Stiles, laissa-t-elle en suspens avant de partir vers la cuisine, choquée par sa propre déduction. Stiles et Derek s'observèrent dubitativement.

― Je vais aller lui parler, murmura Stiles qui saisissait subitement ce que son ami avait tenté de faire ce soir.

― Je vais donner un coup de main à Mélissa alors, répondit Derek qui observa son renardeau courir sans plus attendre vers les escaliers.

Stiles se retrouva rapidement devant la porte de la chambre de Scott. Il respira lentement, se remémorant furtivement toutes les fois où il était venu jouer là. Même dans la pénombre du couloir, il pouvait constater que les choses n'avaient pas tant changé que cela ici. Il entendit les voix de Derek et Melissa au rez-de-chaussée, et n'essaya pas de deviner ce qu'ils pouvaient bien se dire. Pour l'heure, l'important était de se rabibocher avec son meilleur ami, expurger le mauvais qu'ils s'étaient l'un et l'autre inspirés au court de ce début de soirée chaotique. Il se donna du courage et frappa doucement la porte vernie.

― Scott, ouvre-moi, il faut qu'on parle. Excuse-moi Scott, insista-t-il en se penchant vers l'huisserie comme si cela allait l'aider à convaincre son pote d'enfance de faire ce qu'il lui demandait.

― Tu l'aimes à ce point, tu vas vraiment épouser Derek ? demanda l'autre, ouvrant sa chambre dans laquelle régnait un désordre révélé par la lumière d'une lampe de chevet. Stiles sourit timidement devant la frimousse désillusionnée qu'il découvrit.

― Je suis marié à son ombre depuis que je sais marcher Scotty, se justifia affectueusement Stiles qui fit mine de vouloir rentrer. C'est juste une formalité administrative pour avoir le droit d'être avec lui, mais en ce qui me concerne, je le considère comme mon âme sœur depuis toujours, ajouta-t-il tandis que son ami capitulait pour lui laisser le droit au libre passage. Tu comprends ? insista Stiles qui le regarda fermer la porte pour ensuite s'assoir sur son lit défait.

― J'voulais pas faire de la merde tu sais, se défendit Scott qui baissait la tête. Je suis vraiment un connard parfois, mais quand je vous ai vu, ça… ça m'a retourné, avoua-t-il, des trémolos dans la voix. Il redressa son visage et réserva un regard profond à son alter ego qui lui faisait face.

― Vous aviez l'air d'être tellement bien et j'avais rien à faire là, aucun rôle à jouer, souffla douloureusement le jeune. Quand on s'est revu le mois dernier… personne ne m'avait donné la sensation que j'étais si important avant toi. J'ai cru que ton aveu d'homosexualité était une manière de me dire que ben… tu me voulais comme petit copain, mais que tu savais pas comment faire. J'ai rien dit parce que je… j'avais jamais pris le temps de me poser la question si je pouvais être aussi attiré par les hommes, confessa-t-il, se sentant bête d'avoir cru tout ça. Quand tu m'as dit que tu revenais à Beacon Hills, ça m'a encore titillé. J'ai cru que tu venais pour tenter ta chance avec moi et je savais toujours pas si j'avais envie d'essayer d'aimer un gars même si ça faisait son bonhomme de chemin dans ma tête, rit-il nerveusement. Mais quand je vous ai vu, j'ai su, et ça me fait chier de l'avoir compris comme ça, conclu-t-il sérieusement, affecté par sa confidence. Stiles vint s'assoir à ses côtés, et entoura ses épaules avec son bras.

― Déjà, je ne suis pas homosexuel Scott, mais Derek-sexuel, j'ai jamais souhaité personne d'autre, lui dit-il sur un ton apaisant. Et pis, c'est pas parce qu'on ressent de l'excitation quand on voit deux mecs se prendre qu'on est gay, affirma-t-il sans détour. Le sexe c'est excitant tout court. La plupart de ceux qui se révulsent, c'est parce qu'ils n'assument pas d'avoir eu ce petit pic d'adrénaline pour quelque chose qui n'est pas censé avoir lieu. Après on a tous des préférences et si t'as envie d'essayer les gars pour comprendre les tiennes, ben tente le coup. T'es vraiment important pour moi Scotty boy, mais pas comme un amoureux. Tu devras te choisir quelqu'un d'autre pour partager ça, mais il faut que tu saches que t'es la seule personne de mon âge qui ne me juge pas et qui accepte que je sois différent. C'est pour cette raison que je t'aime et ça a toujours été vrai. Est-ce que ça a changé pour toi ? demanda-t-il, une crainte dévoilée au cœur de sa manière d'agir.

― Non, répondit immédiatement Scott qui le regarda et l'enlaça dans la foulée.

L'embrassade fut longue et silencieuse. Les deux jeunes se rassurèrent ainsi, dans un contact affectueux qui les reconnectait progressivement à leur relation et le rôle que l'un et l'autre y jouaient depuis leur enfance. Scott soupira son soulagement et Stiles lui tapota le dos, comme s'il réconfortait un petit frère qui avait fait des bêtises et qui ne savait plus comment se faire pardonner. Il se détacha ensuite de son ami et baisa son front avant de lui destiner une mimique comique. Scott ne put faire autrement que de sourire.

― On descend manger alors ? demanda-t-il précautionneusement. L'autre se laissa tomber dans son lit et roula jusqu'à avoir la tête collée dans son oreiller.

― Putain, j'ai trop la honte mec, je sais pas si je pourrais regardé Derek et ma mère en face, dit-il d'une voix étouffée. Stiles se moqua de lui gentiment avant de se rouler également dans le lit pour se coller au dos de Scott.

― C'est vrai qu'on a poussé le bouchon loin ce soir, rit-il sincèrement. Aller, ça va aller, et puis je serais là, la dream team peut tout encaisser, t'inquiètes, conclu-t-il avant de se relever.