Je me réveiller doucement, le jour commence tout juste à se lever, j'ai dû dormir au moins 7 heures ! Ça fait des semaines que ça n'est pas arrivé. Je tourne la tête et voit que Daryl n'est plus à côté de moi. Évidemment, lui ne peut pas dormir autant. Je ne sais même pas si il a fermé les yeux. C'était notre première nuit ici, et c'est dans sa nature de rester sur ses gardes, quoi qu'il arrive.

J'entends de légers bruits en bas. Je décide d'aller me laver un peu, car ça fait au moins une semaine que je garde mes vêtements sur moi. Je prends mon sac et vais dans la salle de bain. Une fois de dedans, je tourne le robinet de la douche, l'eau coule, c'est un miracle. Je suppose que pour laver les cadavres, ils devaient être reliés à un réseau indépendant, qui n'avait sûrement pas besoin d'électricité pour fonctionner. Un peu comme à la ferme de mon père.

Je me déshabille rapidement et m'observe un instant dans le miroir. Je suis plus maigre que la dernière fois, et plus sale aussi. Mais je me trouve plutôt jolie, je n'ai, certes, pas une très volumineuse mais ce serait bizarre sur mon corps. Je suis assez mince est petite, mais je ne ressemble plus à une petite fille depuis un certain temps. Je m'aime bien comme je suis. Avant ce n'était pas le cas, loin de là ! Je glousse. Il aura fallu un apocalypse pleine de rôdeur pour que je commence à m'accepter comme je suis.

Je passe de l'eau doucement, partout sur mon corps, mais ne vais pas directement sous la douche car l'eau reste froide. J'ai trouvé deux bouteilles de gel douche, et une de shampoing. Encore un miracle. Je termine de me laver rapidement, et m'essuie avec une serviette. Je constate que mes cheveux ont terriblement besoin d'être coiffés. Je fouille dans tous les tiroirs et trouve un petit peigne... Bon c'est pas terrible mais c'est déjà ça. Je commence à me coiffer et bataille pendant cinq bonnes minutes, avant d'arriver à vaincre tous les nœuds.

Quand je veux me rhabiller, je constate que mes vêtements sont sales et tâchés, et je refuse de les remettre après m'être lavée. Je pense à la pièce remplie de vêtement, et décide d'y aller. J'attache la serviette autour de moi. Elle est un peu petite, on voit la base de mes seins et cache mes fesses de justesse, mais je me dis que ce n'est pas grave. Daryl est sûrement encore en bas et je n'ai que quelques mètres à faire. Je passe la tête par la porte et ne vois personne, alors je sors et avance rapidement avec un léger sourire aux lèvres. Et là Daryl sors d'une des chambres. On se retrouve nés à nés...

On stoppe net et avons comme un bug. Il me regarde avec un air surpris, et moi je dois sûrement avoir l'air gêné. Lentement, l'expression sur son visage change de ébahie à fascinée. Je baisse les yeux vers ma serviette et remarque qu'elle ne cache vraiment pas grand chose. Il me regarde intensément, plus que d'habitude, et ses yeux commencent à parcourir mon corps. Je sens les papillons dans mon ventre, les frissons dans mon dos, la chaleur dans ma poitrine, le rouge sur mes joues et le sourire sur mes lèvres... J'ai l'impression de m'embraser de l'intérieur. Lui, ne sait toujours pas comment réagir, mais je vois que lui aussi s'enflamme, et je vois le désir dans ses yeux.

Je m'avance vers lui, doucement, mais il semble prendre conscience de la situation, et se retourne pour ne plus me regarder.

- « Désolée Daryl, je pensais que tu étais en bas. Maintenant je dois aller dans la pièce devant toi, et à moins que tu veuilles que je reste avec ma serviette, on va devoir y entrer ensemble. » J'ai envie de le taquiner un peu. Il se retourne pour jauger la situation, et se retrouve de nouveau face à moi, il se concentre vraiment sur le fait de ne pas me regarder. Le couloir est trop étroit donc il ne pourrait parvenir à l'escalier qu'en se collant à moi, et vu la situation actuelle, c'était sûrement une mauvaise idée (enfin... question de point de vue). Il aurait pu rentrer par la porte par laquelle il est sorti, mais je me suis plantée devant, et n'ai aucune intention de bouger. Il se résigne donc, et ouvre la porte de la pièce des vêtements, il y rentre et je le suis. Il découvre, à son tour, le choix incroyable de tenues qui sont présentes (j'essaie d'éviter de penser au fait que c'était sûrement destiné aux enterrements).

- « Ça te dit un peu de shopping ? » je lui demande avec un grand sourire.

Il me lance un regard furtif, et j'ai l'impression qu'il est légèrement énervé, comme si je venais de le piéger... Bon en fait, c'est exactement ce que j'ai fait.
Il se tourne vers un coin de la pièce et commence à fouiller. Je fais pareil et trouve quelques vêtements à ma taille. Je me dépêche d'aller me mettre derrière le paravent au fond de la pièce pour aller les premier est un t-shirt bleu clair tout simple avec un pantalon noir, très moulant. J'ai bien sûr mis un soutien gorge en dessous, il est noir, simple et se voit légèrement à travers le t-shirt, je trouve ça plutôt joli. Je sors de derrière le paravent, me tourne vers Daryl qui est dos à moi.

- « Alors ? T'en pense quoi? » je lui demande, avec une voix un peu plus aiguë qu'elle n'aurait dû l'être.

Il se tend et se tourne alors lentement vers moi, comme s'il s'attendait à ce que je sois toujours en serviette derrière lui. Quand il se décide enfin à me regarder, ce n'est d'abord qu'un regard furtif qui se pose sur moi, puis il se fait plus prolongé. Il finit par hocher la tête pour me montrer son approbation. Je sais que pour Daryl, ça veut déjà dire beaucoup alors je m'en contente, je retourne derrière mon paravent avec un sourire.

J'essaie un autre ensemble, cette fois c'est une chemise beige avec de petites fleurs rouge foncées, très fluide et large, mais très décolleté, avec un pantalon noir lui aussi mais un peu moins moulant que le précédent. Je regarde rapidement le résultat et ne trouve pas ça très joli sur moi. Je décide de passer à la tenue suivante, sans montrer celle-ci à Daryl. Cette fois j'essaie une petite robe rouge simple, un peu trop sexy pour moi mais plutôt élégante. Je sors et demande une nouvelle fois à l'homme ce qu'il en pense. Il hausse les épaules, traduction : « Sans plus ».

Je retourne à mes essayages. La prochaine tenue est une veste en cuir près du corps, avec un débardeur blanc, et un jean bleu foncé. Je trouve l'ensemble vraiment sympa, et veut le montrer à Daryl. Quand je sors de derrière mon cher paravent, je découvre que Daryl a arrêté de chercher des affaires pour lui. Il est assis sur un large coffre en bois, près de la porte et semble attendre que je lui montre ce que je porte. Il lève les yeux vers ma tenue et je vois, dans ses yeux, qu'il apprécie beaucoup. Je pense que c'est la veste en cuir. Je lui souris et m'approche de lui, jusqu'à me trouver à seulement quelques centimètres de lui, et retire ma veste.

- « Qu'est ce que tu fais ? » demande-t-il presque inquiet.

Je le saisis à la taille, il se tend, puis j'attrape son couteau. Je m'éloigne un peu de lui et m'assois par terre, pour taillader la magnifique veste. Daryl se rassois sur le coffre devant moi, et m'observe d'un air interrogateur. J'y passe au moins 15 minutes, mais une fois terminée, la veste ne ressemble plus en rien à ce qu'elle était avant, et quand j'y pense, c'est un peu comme moi. J'ai arraché les manches et ai gravé sur le cuir, dans le dos, le contour de deux grandes ailes. Je prends la veste dans mes mains et admire mon œuvre. Elle est sublime... Je la mets et je peux voir les étincelles dans les yeux de Daryl, je crois qu'il la préfère comme ça aussi. Il se lève et s'approche. Une fois face à moi, il me fait me retourner. Je me retrouve dos à lui. Il passe la main dans mes cheveux et les ramène sur mon épaules, je sais qu'il est en train d'observer les ailes.

- « J'aime bien... » me dit-il doucement, avec une voix grave.

Je souris, me retourne et me mets sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue. Il se laisse faire et esquisse un très léger sourire.
Je décide de garder cette tenue sur moi aujourd'hui. J'aime la sensation de vêtements propres et neufs (enfin... j'espère) sur ma peau.

- « Tu ne te changes pas ? » je lui demande, avec un léger sourire en imaginant la scène.

- « Ben j'attendais... » me dit-il en laissant sa phrase en suspend.

- « Oui je comprends. Je descends. »

Je sais qu'il attend que je parte pour se changer, alors je lui laisse l'intimité dont il a besoin.
Je sors de la pièce, et descends l'escalier. Une fois en bas, je décide de manger un peu. J'ouvre une boîte de céréales et m'en verse un peu dans un bol.
J'entends que Daryl est dans la salle de bain et fait couler l'eau. Et là, je l'imagine lui, sous la douche... et bizarrement je ne trouve plus aucun intérêt à mes céréales. Je me perds dans mes pensées. Je sais que c'est ridicule de fantasmer sur un homme (plus âgé) alors qu'il n'y a rien entre nous. Mais d'un autre côté, j'ai l'impression que lui aussi me trouve jolie. Peut-être que ça ne veut rien dire. Il peut me trouver jolie sans avoir envie de coucher avec moi !
Pendant que je pense à tout ça, l'eau arrête de couler et je sais qu'il ne va pas tarder à sortir de la salle de bain. Je reprends donc mon repas et l'attends.

Quelques minutes plus tard, il descend l'escalier et me rejoins dans la cuisine.

- « J'ai mangé sans toi, j'espère que ça ne te dérange pas. » je lui lance. Il hoche la tête sans répondre. Il n'a jamais vraiment fait partie des personnes bavardes. Au départ, je trouvais ça déstabilisant, mais maintenant, je sais que ça fait partie de lui. C'est comme ça, c'est tout.

- « On pourrait peut-être aller chasser, tout à l'heure ? » je lui demande doucement, ayant peur qu'il me dise non. Maintenant qu'on est en sécurité, il pourrait vouloir que je reste enfermée ici.

- « Si tu veux. » me répond-t-il sans me regarder.

Oui ! Ça me fait terriblement plaisir que Daryl ne me considère pas comme une gamine inconsciente et incapable de se défendre. Les autres, ma famille surtout, ils m'ont toujours vu comme ça, et c'était pesant à force. J'étais toujours mise en arrière quand il y avait un combat. Personne ne pensait à moi pour une mission de ravitaillement. J'étais la baby-sitter officielle de Judith. Je ne sais même pas pourquoi. Je veux dire, j'adorais Judith, mais je n'ai jamais vraiment demander ce titre. Et puis, je n'étais pas la seule à savoir m'occuper d'un bébé. Maggie, et Carole encore plus, pouvait le faire aussi, mais la différence c'est que, pour les autres, je ne pouvais rien faire d'autre. Quand on était avec le groupe, j'essayais de ne pas y penser, pour ne pas créer de tensions, ou de conflits. Et puis Rick et mon père était bien trop occupés pour penser à ça, alors je ne disais rien. Mais depuis que je suis avec Daryl, j'ai compris que je pouvais faire tout ce que faisait les autres, et que je ne peux plus être qualifiée de « faible ». Inconsciemment, Daryl m'a toujours incitée à me montrer forte, je me sens invincible avec lui.

Il est en train de nettoyer son arbalète et je l'observe. J'aime le regarder nettoyer ses armes, ça me détend.

- « Tu as bien dormi ? » je lui demande, après quelques minutes.

- « Mouais. »

- « Tu t'es levé tôt. » j'essaie de faire un peu la conversation, parce que même si lui n'est pas bavard, moi je le suis.

- « Mhmmh. » me grogne-t-il.

Bon il n'a vraiment pas l'air d'humeur à parler alors je laisse tomber. Je vais le laisser tranquille jusqu'à ce qu'on aille chasser. Je décide d'aller chercher un livre dans la bibliothèque du premier étage et redescends pour m'asseoir et lire près de Daryl. Avec le temps, on s'est habitués à la présence de l'autre, et nous séparer, quand nous n'y sommes pas obligés, paraît ridicule.

J'ouvre le livre et commence à lire silencieusement, pendant que Daryl se concentre de plus belle sur son arbalète.