Vers 10h , Daryl décide enfin que c'est l'heure d'aller chasser. Je vais mettre mes chaussures et chercher le reste de mes armes. Je garde constamment sur moi un couteau à ma ceinture et un à ma cheville, mais pour sortir je dois m'armer complètement. Je monte dans la chambre et prend mon pistolet, il ne reste que trois balles, alors je les économise. Je prends aussi une hachette, que j'accroche dans mon dos, grâce à ma ceinture. Et enfin un énorme clou, que j'accroche dans la bretelle de mon soutien-gorge... ça peut servir énormément quand on est totalement désarmé, ou quand on arrive pas à atteindre ses autres armes. En plus de ça, c'est discret. Si jamais on se fait attaquer par des humains, j'aurai une ultime défense.

Je rejoins Daryl en bas, adossé près de la porte. Il a dû m'attendre un peu, mais ça n'a pas l'air de le déranger.

- « Prête ? » me demande-t-il quand j'arrive à sa hauteur.

- « Oui . »

- « Alors allons-y. Si t'arrive à tuer notre repas, je te laisserai le dépecer. » me dit-il avec un clin d'œil.

- « Alors ne t'étonnes pas si on ne ramène rien ! » je lui réponds avec un grand sourire. J'adore quand il me taquine. Ça le rend encore plus sexy.

Il laisse échapper un très léger soupir, qui ressemble à un éclat de rire. Mais je ne pourrais en être sûr. Il a l'air amusé, c'est déjà ça.

Nous sortons prudemment, et croisons un rôdeur à environ 15 mètres. Je me précipite sur lui et l'achève d'un coup de couteau au sommet du crâne. Il s'effondre à mes pieds et je suis plutôt fière de moi.

- « Joli .» me murmure Daryl, à l'oreille. Il m'avait rejointe rapidement, pour pouvoir intervenir si ça se passait mal.

- « J'ai eu un très bon professeur. » lui dis-je avec une voix suave, et légèrement aguicheuse.

Il me dévisage avec un léger sourire puis soudainement son regard fixe quelque chose derrière moi. Il a arrêté de sourire.

- « Tu vas pouvoir continuer de t'entraîner... » Me dit-il très sérieux. Je me retourne et vois trois rôdeurs approcher à 10 mètres environ.

Je lance à Daryl un regard entendu et nous nous lançons en même dans la ''bataille''. Il achève le premier avec une flèche, et s'écarte légèrement pour me laisser les deux autres, mais reste assez près pour sauter sur l'un deux, s'ils m'approchent trop. Mais je ne laisse pas les choses aller aussi loin. L'adrénaline monte en moi et je sors le couteau accroché à ma cheville, attend que les deux rôdeurs soient à la même distance de moi. Je lève les bras en l'air et abat mes couteaux au bon moment, sur la tête des rôdeurs. Puis arrache rapidement mes armes de leur tète d'un geste précis avant qu'il n'entraîne mes couteaux avec eux, dans leur chute. Je me tourne précipitamment vers Daryl.

- « T'as vu ?! » je suis surexcitée. C'est la première fois que j'arrive à en tuer deux en même temps, d'un seul geste. J'avais vu Daryl le faire quelques fois. Et là j'avais réussi du premier coup. J'ai commencé à apprendre comment tuer un rôdeur dans la prison, Maggie m'aidait à m'entraîner avec les mordeurs contre les grilles. Et dans la forêt avec Daryl, j'ai appris à tuer quand j'étais réellement en danger. Il m'a montré comment me servir de l'adrénaline et comment achever avec précision, sans bruit. Je le remercie intérieurement pour ça.

- « Oui, j'ai vu. C'était pas mal, mais fais attention la prochaine fois. Tu as eu de la chance, ça sera sûrement pas toujours le cas... » me dit-il lentement. Je vois qu'au fond, il est fier de moi, mais je sais aussi qu'il a peur pour moi. C'est pour ça que je décide de ne pas me vexer.

- « Comme tu veux. Mais en attendant, c'était super ! » lui dis-je avec un grand sourire.

- « Mhmhmh. » me grogne-t-il presque. Ce n'était pas agressif, c'est juste sa façon de me répondre la plupart du temps.

On recommence à avancer et arrivons à l'entrée de la forêt. On évolue discrètement à travers les arbres et pour l'instant il n'y a rien à signaler.

Trois heures passent, et toujours rien. Je commence à avoir mal aux pieds.

- « Dis, Daryl, en temps normal, combien d'heures doivent passer avant que tu décides de rentrer parce que tu n'as rien trouvé ? » je lui demande en le regardant, un léger sourire en coin.

- « Je sais pas, mais plus d'deux heures en tout cas... » me répond-t-il, brisant tout espoir de repos.

- « Bon, d'accord. Mais est ce qu'on peut faire un pause au moins ? »

- « Mouais, mais pas longtemps. Je suis pas sorti pour te voir faire des pauses toutes les cinq minutes. » me répond-t-il, légèrement agacé... Ouch. Bon c'est mérité, mais, de sa part, ça fait mal. Je déteste penser que je le déçois. Et c'est ce qui est en train de se passer. Je le regarde, un peu blessée et triste, et essaie de d'interpréter l'expression sur son visage. Il ne me regarde pas et son expression est indéchiffrable. Il regarde un point fixe sur le sol, à côté de moi.

Un peu énervée, je renonce à ma pause, et marmonne un « C'est bon... » un peu agressif. Je repart sans l'attendre et fais trois pas avant de l'entendre :

- « Beth ! »

Je me retourne vers lui, avec un peu d'espoir.

- « Il y a des traces par terre. » me dit-il sans me regarder, toujours en fixant le sol.

- « Ah... » je lui réponds un peu déçue. Je reviens sur mes pas et observe le sol, au même endroit que lui.

- « T'en pense quoi ? » me demande-t-il. Il sait exactement ce que c'est, mais me pose la question pour me tester. Il m'a aussi, appris deux ou trois trucs sur la traque. Je me concentre quelques secondes.

- « Un petit animal, sûrement un lapin. Il y a peu de temps. » je suis légèrement la piste sur quelques mètres. Daryl sur les talons.

- « Plusieurs feuilles sont retournées, les traces sont plus profondes, et certaines branches sont cassées. Il n'aurait pas fait autant de bruit si ce n'était pas pour fuir. Je pense qu'il nous a entendu approcher. Il ne doit pas être loin. » j'observe. Puis je regarde Daryl dans les yeux pour connaître son verdict.

- « Bien. Vas-y, je te suis. » me dit-il enfin.

Bon il ne faut que j'en espère plus. Je continue la traque et avance le plus silencieusement possible. Daryl est derrière mais je ne l'entends pas, lui est naturellement silencieux. Moi je dois encore faire de gros efforts pour y arriver.

Après une bonne demi-heure, j'arrive enfin à apercevoir le lapin. Il est entre deux arbres, à environ 10 mètres et ne bouge quasiment pas. Daryl me passe doucement son arbalète, et je lui donne mon couteau en échange. Je fais encore un pas, vise, respire et tire. La flèche atteint le lapin au niveau de la nuque. Oui ! Encore une victoire aujourd'hui.

- « Très bien. Maintenant vas le chercher. » Il n'est vraisemblablement pas décidé à se montrer enthousiaste aujourd'hui.

- « On s'est levé du mauvais pied ? » je lui demande, voulant le faire réagir.

- « Mhmmh » me grogne-t-il simplement. Raté.

Je m'avance vers le pauvre lapin. J'arrache la flèche de son petit corps, puis réarme l'arbalète, pour la tendre à Daryl. Il la prend et hoche la tête pour me remercier. Je prend le petit animal dans mes mains et m'excuse intérieurement de l'avoir tué. J'ai toujours adoré les animaux, et n'ai jamais supporté les personnes qui leur faisait du mal. Aujourd'hui, je sais que nous n'avons plus le choix. Mais je reste triste de devoir devenir un de leurs prédateurs.

Nous marchons silencieusement, quand tout à coup Daryl m'attrape par le bras pour me plaquer entre lui et un arbre. Il me serre contre le tronc, et je sens son corps entier contre le mien. Ses mains sont contre ma taille. Il me tient si fort que je ne pourrais pas m'échapper... enfin si je le voulais, bien sûr. Je l'interroge du regard. Même si la situation ne me dérange pas le moins du monde, sa réaction est inhabituelle. Il lève doucement un doigt contre sa bouche pour me faire signe de ne faire aucun bruit. Je tends l'oreille et entends des grognements de rôdeurs au loin...