Petit mot avant de commencer le chapitre! Merci à la personne qui suit et qui a mit l'histoire dans ses favoris!
Il va se passer un petit peu plus de choses dans ce chapitre. J'en avais un peu marre que les choses ne tournent que autour de Daryl, Beth et la maison.

Bonne lecture!

...

Quand je me réveille, pour de bon cette fois, Daryl n'est plus n'est plus avec moi et le soleil est déjà bien haut dans le ciel. Il doit sûrement être aux alentours de 11h/12h. Ça faisait des semaines que je n'avais plus fait de grasses mâtinées. Je sors du lit, m'habille rapidement, vais chercher ma veste dans la salle de bain, puis descends au rez-de-chaussée. Daryl n'est pas là. Je le cherche partout puis aperçoit un bout de papier sur la table de la cuisine. Je le prends et voit écrit : « Suis parti chasser. T'avais pas l'air de vouloir te réveiller. »

Daryl est parti sans moi ? Je ne pensais pas qu'il pourrait aller chasser tout seul. Je sais qu'il n'a besoin de personne pour ça, et qu'il ne se gênait pas pour sortir, sans rien dire à personne, quand nous étions encore dans la prison, mais les choses ont changé... On est sensés rester ensemble. Et puis j'aime bien y aller avec lui, c'est quelque chose que nous partageons.

Je dois donc l'attendre, sûrement durant des heures.
Attendez... Qui dit que c'est ce que je dois faire ? Je ne vais pas rester ici à angoisser toute seule, en me demandant s'il va bien, s'il est blessé... Non, je vais le rejoindre.

Je remonte à l'étage, et entre dans la chambre pour récupérer mon sac et mes armes. Je rattache toutes mes armes au même endroit que la dernière fois, et descends en courant.

Je passe la porte en prenant garde à ne pas endommager notre système de sécurité, et regarde attentivement les traces autour de la maison, pour voir dans quelle direction il est parti. Je vois quelques empreintes difficilement visibles, mais je sais tout de suite que c'est lui. Il marche toujours en laissant le moins de traces possible, il ne s'en rend même pas compte, la plupart du temps.
Si les pas avaient été ceux d'un rôdeur, les traces auraient été plus profondes, évoquant la démarche d'un homme bourré. Ce n'est visiblement pas la cas ici.

Je suis donc la piste et pénètre dans la forêt. Je marche en me hâtant, et tombe sur un rôdeur. Il s'approche de moi. Il a la moitié du visage complètement déchirée... C'est affreux. Je sors donc le couteau attaché à ma ceinture, en attendant qu'il n'arrive à ma hauteur. Une fois qu'il est à une distance propice, je fais un pas vers lui et plante mon couteau directement dans son œil. Il s'effondre, mon arme toujours plantée dans sa tête. Je me penche et lui arrache de la tête avant de reprendre mon chemin.

Il fut un temps où j'avais envie de vomir rien que d'en voir un de loin. Alors les approcher, les sentir et les tuer était inenvisageable. Mais ça, c'était quand j'avais encore la possibilité de rester à l'écart. Maintenant, même si je trouve ça encore écœurant, j'y suis totalement habituée. C'est incroyable à quel point les choses peuvent changer, en si peu de temps.

Un jour tu es une adolescente normale, avec des problèmes d'adolescente, et le lendemain tu vois ta famille se faire tuer, et tu vis avec des cadavres ambulant qui ne veulent qu'une chose : te tuer. Alors tu deviens, à ton tour, une tueuse... de cadavres. Tu apprends à te battre, à te défendre, à ne pas mourir. Et petit à petit tu oublies ce que c'était qu'une vie normale avant.

Les empreintes de Daryl sont vraiment difficiles à suivre, parfois les seules preuves de son passage ne se résument qu'à une brindille fissurée.
J'essaie de me dépêcher car il a sûrement beaucoup d'avance sur moi. Je ne sais pas combien de temps passe. Une heure, peut-être deux. Toujours est-il que la piste semble de plus en plus fraîche à mesure que j'avance. Il a sûrement moins d'une demi-heure d'avance sur moi.

Trois rôdeurs sortent de derrière un talus, la panique commence à monter en moi. Je ne prends qu'un couteau en main. Avoir les deux mains prises pourrait m'handicaper si je devais en repousser un.

Je me retourne et me mets à courir pendant trente secondes, pour que l'écart entre les trois se creusent. C'est un peu comme quand ils étaient vivants, certains sont plus ''récents'' et d'autres plus ''anciens'', du coup, ils ne se déplacent pas tous à la même vitesse, selon leur niveau de décomposition.

Je m'arrête, me retourne et me jette sur le plus proche. Il essaie de m'attraper le bras, mais mon couteau lui traverse le crâne bien avant. Il tombe au moment exact où le deuxième m'attrape l'épaule. Je fais volte-face et me retrouve face à un rôdeur d'au moins deux mètres... ça complique les choses. Je décroche rapidement son bras de mon épaule, place un pied derrière une de ses chevilles, et le pousse de toute mes force. Il tombe lourdement sur le sol. Je saute sur lui, joins mes mains autour de mon couteau et lui donne le coup fatal au sommet du crâne. Je me relève prête à affronter le troisième quand je l'aperçois au loin... Il rampe par-terre. Il a dû perdre une jambe en essayant de me suivre. Bien. Je me lance vers lui. Une fois en face, je me penche et plante mon couteau dans sa tempe.

Je me relève, mais tout de suite je vois deux autres rôdeurs sortir de derrière les arbres.
Je n'ai pas le temps de réfléchir et courre en direction du plus proche, lui assène un rapide coup de couteau dans l'oeil, m'assure qu'il est bien mort (mon père a perdu sa jambe en ne pensant pas à vérifier si un cadavre à ses pieds était bien hors d'état de nuire), puis me tourne automatiquement vers le deuxième. Il est un peu plus proche que je ne le pensais, je recule automatiquement d'un pas, mais butte dans le rôdeur que je viens de tuer, et tombe par terre. Il me tombe dessus et m'empêche de bouger. Je suis obligée de le tenir à la gorge pour qu'il ne me morde pas.

Donc ma main, celle qui tient le couteau est bloquée par son bras, et l'autre tient sa gorge. Il est très lourd et je ne vais pas pouvoir le retenir longtemps. Je sais ce que je dois faire. Me mettre volontairement en danger pour prendre le dessus. C'est la seule solution. Je lâche mon couteau, enfonce mes doigts dans l'herbe, sur le sol, et prends appuis afin me servir de la main qui enlace son coup pour le retourner. Je le laisse rapprocher sa mâchoire de mon coup pour changer la position de ma main. Mes doigts se trouvent maintenant sur le côté de son cou, et plus au milieu de sa gorge.

Ma prise commence à lâcher, c'est le moment ou jamais. Je le fais basculer de toutes mes forces sur le côté, en utilisant mes jambes, mes mains et mes hanches. Même si ça me dégoûte au plus haut point, je n'ai pas vraiment le temps de me pencher là-dessus. J'ai réussi et il est maintenant à côté de moi, j'en profite pour m'asseoir sur lui. Je me rappelle que mon couteau est à présent sous lui. Génial ! D'une main, je lui tiens toujours le cou pour l'empêcher de me mordre, et de l'autre je saisis la hachette accrochée dans mon dos. D'une main je la lève puis frappe la tête du rôdeur avec. Le coup ne le tue... C'est pour ça que je déteste me servir de cette hachette. Elle peut être redoutable, si on a des bras aussi musclés que ceux de Daryl. Mais pour moi, ça revient à essayer de tuer un rôdeur en lui tapant la tête contre un arbre. C'est dur, et ça sert à rien.

Je tiens fermement le manche de la hachette, toujours plantée sur le crâne du mordeur, puis me relève en vitesse. Sans laisser le temps au rôdeur de réagir, j'enfonce l'arme dans sa tête grâce à mon pied. J'appuie de toutes mes forces et je le vois arrêter de bouger. Enfin !

J'arrache mon arme de sa tête puis je m'éloigne légèrement, épuisée par la bataille et m'assois contre un arbre pour reprendre mes esprits. Je sens encore l'adrénaline dans mon corps. Mon cœur bat à une vitesse folle. Et il faut que je me calme, je prends donc de grande inspiration, et cela semble marche. Je commence à réfléchir à ce qu'il vient de se passer.

Les grognements des trois premiers ont dû attirer les deux autres. D'ailleurs je pense que c'est pour ça qu'ils se déplacent en horde parfois. Les grognements qu'ils font les réunissent. En gros, ils s'attirent entre eux, et si l'un d'entre se déplace, un autre va automatiquement suivre le bruit, puis un autre, et ainsi de suite. Et au final, quand un rôdeur nous vois, des dizaines d'autres réagissent sans même savoir qu'un humain est présent.

- « Beth ! » me crie la voix d'un homme.

- « Daryl ? » je demande, reconnaissant l'homme en question.

- « Je rentrais de la chasse, et j'ai entendu du bruit. Ça va ? » m'explique-t-il, en arrivant jusqu'à moi en courant. Il a l'air très inquiet. Je dois sûrement avoir du sang un peu partout, et avoir l'air totalement épuisée.

- « T'inquiète pas, ça va. »

- «Bien sûr que je m'inquiète ! T'as quoi dans la tête ?! Qu'est ce que tu foutais là d'ailleurs ?! » il me crie dessus avec de la colère et de l'inquiétude dans la voix.

- « Je... euh... Je suis désolée, je voulais juste te rejoindre. Et puis ils sont arrivés. » lui dis-je faiblement en lui désignant les cinq cadavres sur le sol.

Je le vois se radoucir.

- « Oh... » me dit-il doucement. « Tu ne dois pas sortir seule ! Jamais. » reprend-t-il plus fermement.

- « D'accord. On peut rentrer s'il te plaît ? » l'adrénaline disparaît peu à peu et je sens mes muscles trembler d'épuisement.

- « Viens. » Il se relève et me tend une main pour m'aider à me relever. Je la prends et essaie de tenir sur mes pieds. C'est compliqué.

Il regarde rapidement la scène devant lui et plonge ses yeux dans les miens.

- « C'est toi qui as fait tout ça. » il ne me pose pas la question, il le sait.

- « J'avais pas le choix, et puis, je t'ai eu comme professeur. » lui dis-je lentement, comme si c'était l'évidence même que je ne pouvais que survivre. En vérité, il n'y rien d'autre qui m'a permis de m'en sortir aujourd'hui.

- « Tu es forte Beth, tu n'as pas besoin de moi. » murmure-t-il presque.

- « Bien sûr que j'ai besoin de toi ! » Si seulement il savait à quel point.

Nous restons debout l'un en face de l'autre, les yeux dans les yeux quelques secondes.

- « Allez viens ! » me lance-t-il en m'attrapant par le dos.

Il commence à marcher, mais j'ai du mal à le suivre. Je n'ai plus aucune force dans les muscles.

- « Daryl... » Je m'effondre à genoux. Il se retourne et me demande ce qui ne va pas, mais j'ai la tête qui tourne. Il se penche vers moi, m'allonge, passe un bras dans mon dos, et l'autre sous mes genoux. Il me soulève doucement, et je pose ma tête contre son torse. J'aime bien être dans ses bras, c'est tellement rassurant. Je sais qu'il me protège, rien ne peut plus m'arriver maintenant. Il commence à avancer.

Je garde tout de même conscience, avec un peu de difficulté, mais je ne veux pas m'évanouir. Après tout, je me suis juste battue avec des rôdeurs. Ça peut arriver tous les jours, il n'y a rien d'exceptionnel à ça. Que mes muscles me lâchent, après avoir lutté comme ça, c'est normal, mais pas que je m'évanouisse.

...

Une fois rentrés, Daryl monte directement dans la chambre pour m'allonger sur le lit. Il est agenouillé en face de moi, par terre. Mais il est encore trop loin. Je me décale et lui fais signe de s'allonger à côté de moi.

- « Beth... » grogne-t-il.

- « S'il te plaît. » lui dis-je faiblement, en le regardant dans les yeux.

Il grogne une nouvelle fois de résignation, puis acquiesce. J'ai juste besoin de sa présence, rien de plus. Il s'allonge sur le dos juste à côté de moi. Je me tourne dos à lui, mais entraîne une de ses mains avec moi, pour qu'il se colle à moi.

Je suis dans ses bras, mon dos est collé à son torse, et je ne me suis jamais sentie aussi bien de ma vie. Nous restons dans cette position un long moment.