Petite note avant de commencer : Merci à la nouvelle personne qui a mit ma fic dans ses favoris et merci beaucoup à Dormousse pour la review, cela me fait vraiment extrêmement plaisir de voir que mon histoire vous plaît !

J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre, même s'il ne se passe pas grand chose. Je vous promet qu'il y aura plus d'actions dans le suivant.

…...

- « Beth, il faut qu'on redescende. »

Cela fait maintenant au moins une heure que nous sommes enlacés, et je n'ai aucune envie de m'éloigner de lui.

- « Je sais... » lui dis-je en m'accrochant fermement à ses bras autour de moi.

C'est vrai, je sais que nous devons nous séparer. Il faut aller faire le feu pour les deux écureuils que Daryl a réussi à attraper aujourd'hui. Au départ, je n'avais pas vu qu'il avait ramené quoi que ce soit, mais quand il m'a portée sur le chemin du retour, j'ai remarqué remarqué que les deux pauvres animaux étaient accrochés à sa ceinture.

Et oui, rien ni personne ne peut résister à l'archer. Et moi encore moi.

Je le sens essayer de se dégager doucement de mon emprise, mais je ne le laisse pas faire.

- « Encore cinq minutes ! » je le supplie.

- « Et dans cinq minutes, tu vas me demander cinq minutes supplémentaires, c'est ça ? » me demande-t-il en soupirant.

- « Je me demandais combien de temps je pourrais jouer à ça, avant que tu comprennes le truc. » lui dis-je en gloussant légèrement. « Pas longtemps visiblement. Bon allez... on y va. » je reprends, puis me résigne à le libérer.

Il sort du lit et je fais de même quelques secondes après. Il fait encore jour, on doit sûrement être aux alentours de 18/19h. Après manger, je ne tarderai pas à remonter me coucher.

Une fois en bas, Daryl s'installe à la table de la cuisine et commence à dépecer le premier écureuil. Je prends le deuxième dans mes mains, et lui retire aussi la peau, grâce à mon couteau. J'avais appris à le faire avec mon père (nous vivions tout de même dans une ferme), mais je n'ai jamais aimé faire ça. Et puis quand nous étions à la prison, j'ai bien été obligée de le faire, pour aider à préparer le dîner. Dîner que Daryl ramenait toujours sans que je le remercie.

Je pense à quoi ressemblait notre relation avant. Enfin avant que je n'apprenne à le connaître. Je crois que lui n'a pas beaucoup changé, c'est juste que maintenant, j'arrive à voir qui il est derrière sa mauvaise humeur et sa mine de mauvais garçon.

La première fois que je l'ai vu, il était sur sa moto, et roulait en direction de notre ferme. Il paraissait si impressionnant, j'en avais peur. Je ne lui ai presque pas parlé du temps où le groupe séjournait chez nous. Juste quelques fois. Il s'était blessé en allant à la recherche de Sophia, et je venais le voir de temps en temps pour lui apporter des médicaments et de quoi manger. Il ne m'a pas remercié une seule fois, mais je m'en fichais. Mon père nous avait dit de ne pas nous attacher à ce groupe, car il n'allait pas tarder à partir. Avec Daryl, c'était je l'ai écouté. Puis Shane est devenu fou, et a tué ma famille dans la grange. Maintenant je sais qu'ils étaient déjà morts, mais c'était quand même incroyablement violant et sans cœur, la façon dont il a agi.

Après ça, j'ai mit beaucoup de temps avant de m'en remettre. J'ai même fait une tentative de suicide. Je le regrette mais sur le moment, vivre semblait impossible, et tout ce qui venait de se passer me semblait insurmontable. Et puis j'ai compris que la situation peut toujours s'aggraver, mais que, malgré ça, on doit continuer de se battre. On n'a pas le droit d'abandonner comme ça. Alors je me suis battue. Et là, je me retrouve seule avec l'homme qui me faisait peur. Sauf que je n'ai plus du temps peur de lui, et que je l'apprécie un peu trop.

En y réfléchissant, je trouve ça un peu pathétique, de vouloir coucher avec un homme d'au moins vingt ans mon aîné. Est-ce que j'en ai envie parce que c'est la seule personne qu'il me reste ? Ou est-ce que c'est plus profond que ça ?

Je ne me reconnais plus vraiment. Je me rappelle de l'innocente fille que j'étais avant, la jeune et jolie petite fille de Hershel Greene. Jamais cette fille là n'aurait agi comme ça avec un homme plus âgé qu'elle. Qu'est ce que ça dit de celle que je suis devenue ?
Comment j'ai pu passer d'une jeune fille pure à une fille qui fantasme sans arrêt sur toutes les choses qu'elle pourrait faire avec l'homme qui est en face d'elle ? Une fille qui essaie de faire craquer le dit homme en se servant du sexe.

D'un autre côté est-ce juste une attirance physique ? Peut-être que je ressens autre chose pour Daryl, peut-être que c'est bien plus que ça.

C'est ce que je vais devoir découvrir avant d'aller plus loin avec lui. Je ne veux pas céder à mes pulsions, si c'est juste pour le sexe. Daryl mérite mieux que ça. Et je ne veux pas me réveiller un matin en regrettant ce que j'ai fais. En plus de ça, Daryl et moi, on est coincés ensemble pour un moment, je ne veux pas risquer de briser notre relation.

- « A quoi tu penses ? » me demande-t-il de manière légèrement désinvolte, me sortant ainsi de mes pensées.

- « Euh... rien... » lui dis-je, gênée qu'il m'ait prise sur le fait.

- « Dis moi. On aurait dit que tu essayais de trouver une solution pour sauver le monde. C'était marrant à voir. Et en plus t'es en train de rougir, alors dis-moi à quoi tu pensais. » me dit-il amusé par la situation. S'il savait.

- « Daryl, tu crois que j'ai changé ? En mal, je veux dire. »

- « Euh... je m'attendais pas vraiment à ça. Oui, tu as changé, je te l'ai déjà dit. Mais certainement pas en mal. » me répond-t-il, ne comprenant pas vraiment le sens de ma question. J'étais en train de lui demander s'il pensait que mon envie de coucher avec lui ne fasse de moi une mauvaise fille. Mais c'est peut-être bien qu'il n'ait pas compris le sous-entendu.

- « Pourquoi je croirais ça ? » m'interroge-t-il.

- « Je ne sais pas... c'est rien, oublie. » je lui réponds, voulant mettre fin à la conversation.

- « Ok. » me dit-il simplement, un peu vexé que je ne veuilles pas développer.

Nous terminons rapidement de préparer les écureuils et nous descendons à la cave pour refaire un feu. Cela ne fait que quelques jours que nous sommes là, mais nous commençons à développer une routine, et c'est plutôt agréable de retrouver ce semblant de normalité.

Daryl s'occupe du feu et pendant ce temps, j'inspecte une nouvelle fois le sous-sol. Je remarque que les deux cadavres ne sont plus là. Il a dû les sortir ce matin pendant que je dormais. Et je préfère. Faire à manger dans une pièce remplie de cadavres n'est certainement ce qu'il y a de plus sain.

Daryl tient le premier animal au dessus du feu grâce à une pique, et me passe le deuxième pour que je fasse de même. Je m'assois à côté de lui, son épaule contre la mienne, et saisis la pique pour faire cuir notre dîner.

Mon ventre gargouille et je vois un très léger sourire se dessiner sur ses lèvres.

- « C'est bientôt prêt. » me dit-il.

Cinq minutes plus tard, il éteint le feu et nous remontons pour enfin manger notre repas.

Nous nous asseyons l'un en face de l'autre, comme les autres soirs. Je ne peux m'empêcher de penser à notre vie comme à celle d'un couple. Nous faisons tout ensemble. On dort ensemble, on vit ensemble, on cuisine ensemble ... et on se dispute aussi. En fait même les rares fois où il n'est pas avec moi, je pense à lui. C'est comme ça. Il fait partie de moi maintenant, et je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Qu'en penserait mon père s'il nous voyait ? Et Maggie ?

Je n'en ai aucune idée... Tout ce que je sais, c'est qu'ils ne sont pas là, et que Daryl m'a sauvée de toutes les manières possibles.

Et j'aime notre vie. Par dessus tout, j'aime être avec lui. Sans penser au sexe, j'aime sa présence, sa façon d'être, sa façon de me protéger et de me parler parfois. Il est là pour moi. Mais est-ce que ce serait le cas si nous étions avec tous les autres ? Continuerait-il à agir comme ça s'il pouvait passer du temps avec d'autre personnes ? M'apprécie-t-il seulement parce que je suis la seule personne qu'il lui reste ?
Je voudrais qu'il m'apprécie autant que moi je l'apprécie, est-ce le cas ? Je ne sais pas si je le saurais un jour.

Perdue dans mes pensées, je mange lentement mon écureuil. En fait je n'ai jamais vraiment aimé en manger, mais dans un monde comme le nôtre, on n'a pas vraiment l'occasion de se poser la question. Alors je mange, et regarde distraitement Daryl manger son repas.

Je crois que j'ai vraiment un problème. Je le trouve sexy alors qu'il est juste en train de manger un écureuil. Je veux dire, cet homme met dans sa bouche tout un tas de trucs bizarres, style opossum, vers de terre, serpent... et je suis là en train de supplier le ciel pour qu'il me laisse être la suivante.

Je laisse échapper un petit rire en pensant à ça.

- « Quoi ? » me demande-t-il surpris.

- « Rien, rien. »

- « Bah si, dis moi. » insiste-t-il, avec des yeux interrogateurs.

- « J'étais juste en train de me dire que t'es vraiment sexy parfois. » Après tout, on a failli s'embrasser, on est plus à ça près.

De surprise il avale de travers et manque de s'étouffer, et se met à tousser de manière compulsive puis se calme.

- « Quoi ?! » me dit-il médusé.

- « Pourquoi tu réagis comme ça? C'est vrai. » je lui réponds de la manière la plus innocente possible.

- « Beth ! Tu peux pas me dire des choses comme ça ! » me dit-il un peu embarrassé et stupéfait.

- « Pourquoi pas ? »

- « Parce que ! Tu es jeune et... » essaie-t-il de me répondre.

- « Et ? Et puis en quoi le fait que je sois jeune change quoi que ce soit ? Si j'avais treize ans encore... Mais je viens d'en avoir dix-huit ! Je suis une femme maintenant. »

- « Mais tu es encore trop jeune... » me dit-il, un peu perdu.

- « Trop jeune pourquoi ? Pour te dire ce que je pense ? »

- « Tu sais ce que je veux dire. » me répond-t-il en plongeant son regard dans le mien.

- « Oh, pour coucher... Tu peux le dire, tu sais. Moi je ne me trouve pas si jeune que ça. »

- « Si Beth, tu es jeune. Et innocente. »

- « Oui c'est ça. Bon en attendant je nous emmène, moi, ma jeunesse et mon innocence au lit. T'as qu'à monter quand tu seras prêt. » lui dis-je en me levant.

Je sors de la cuisine sans un regard dans sa direction, et monte les escaliers hâtivement, en attrapant mon sac au passage.

Il me croit jeune et innocente ? Il ne va plus le penser très longtemps. J'en fais la promesse.