Petite note : Merci encore à June Howard pour sa nouvelle review et aux personnes qui ont mit ma fic dans leurs favoris. Et un grand merci à NekoSaria pour son aide et ses idées.
Désolée pour le temps d'attente de ce chapitre. Je me suis replongée dans les saisons 3 et 4 de The Walking Dead, histoire de bien souffrir en revoyant tous les moments entre Beth et Daryl avant... enfin vous savez...
…..
- « Daryl ? Est-ce que ça va ? »
- « Ouais. »
Je ne dois en attendre beaucoup plus de lui aujourd'hui. Je ne sais même pas exactement pourquoi.
Quand je me suis réveillée ce matin vers 9h, il était déjà en bas, en train de tailler des flèches.
Il m'a ignorée, comme il sait si bien le faire, et je n'ai pas relevé son manque d'intérêt. Je me suis contentée d'ouvrir une boîte de conserve pour manger un peu.
Après ça, je me suis replongée dans mon livre quelques heures. Il est maintenant plus de 13h, et Daryl n'a toujours pas prononcé un mot, enfin à part le ''ouais'' sec qu'il vient de me balancer.
Je ne sais pas vraiment comment réagir, ou même ce que je dois faire. Carol le connaît tellement bien, elle saurait comment faire pour le dérider. Elle n'est plus là malheureusement, mais ils étaient si proches tous les deux.
Je n'ai jamais pu vraiment cerner leur relation. C'est tellement triste qu'ils ne puissent plus se voir. J'imagine à quel point il souffre de ne même pas savoir si elle va bien. Ils s'aiment tellement, ça se voit. Je ne suis pas jalouse, je sais qu'ils étaient là l'un pour l'autre lorsqu'ils en avaient besoin. Et je pense que Carol est comme une sœur pour lui.
J'aimerais tellement tout arranger pour lui, faire en sorte qu'elle soit à nouveau à ses côtés pour le soutenir. Je sais que je ne peux pas être tout pour lui, même si ça me brise le cœur.
Il faut qu'on se remette en route, pour retrouver les autres. On est vraiment bien ici, mais ça ne vaut pas le coup sans nos amis, sans notre famille. Et puis rien ne nous empêchera de revenir quand nous les aurons retrouvés.
Je vais attendre encore quelques jours, puis j'en parlerai à Daryl. Avant de partir, je veux qu'il m'apprenne à me battre. Je veux dire, je sais déjà plus ou moins me défendre, mais je veux savoir me battre comme lui.
- « Tu veux bien qu'on s'entraîne aujourd'hui ? Il faut que je m'améliore. » je lui demande avec espoir.
- « Comme tu veux. » me répond-t-il en soupirant. Rien que le fait que je lui adresse la parole semble l'exaspérer. Je ne comprends pas. Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour l'énerver autant ?
Je me replonge dans mon livre, en attendant que Monsieur Dixon décide qu'il est l'heure pour lui de faire autre chose que de tailler des flèches.
Une heure plus tard, je retourne grignoter quelque chose dans la cuisine, puis monte dans la salle de bain. Je récupère toutes nos affaires qui sont maintenant sèches et les plie pour les poser sur le lit.
Quand je redescends Daryl se lève.
- « Bon on y va gamine ? » me lance-t-il légèrement agacé.
- « On va où ? » je lui demande surprise. Je pensais qu'on s'entraînerait à l'intérieur.
- « Dehors, comme ça on pourra en profiter pour tuer quelques rôdeurs, ça sera toujours ça. » me dit-il sans me regarder.
Venait-il d'insinuer que m'entraîner était une perte de temps ? Bon, peut-être que je me fais des idées...
Je le suis à l'extérieur, sans réagir à sa dernière phrase.
J'ai pris soin de prendre toutes mes armes avec moi. On ne sait jamais, il pourrait arriver n'importe quoi dehors.
On s'arrête dans une petite clairière, au milieu de la forêt, à environ 700 mètres de la maison. Daryl inspecte rapidement les alentours puis, quand il estime que nous sommes momentanément hors de danger, il pose son arbalète à côté de lui. Je pose ma hachette par terre, ça ne sert à rien que je la garde sur moi, je risquerais de nous blesser. De toute façon, j'ai déjà mes deux couteaux, et toujours le même clou, au même endroit.
Si il nous arrive quelque chose, nos armes sont à côtés de nous, et nous pouvons les saisir à n'importe quel moment.
- « Bon, on va commencer par quelque chose de simple. Tu vas essayer d'esquiver les coups que je vais te donner. » m'ordonne-t-il.
- « Oui Monsieur Dixon ! » lui dis-je joyeusement avant d'esquiver le premier coup. Il y est allé doucement, un peu trop même.
Il tente un deuxième, que j'esquive également. J'évite également le troisième aisément.
Lorsque je pare sa quatrième attaque, j'en profite pour tenter une prise que j'ai appris à la prison. Je bloque son bras, attrape le couteau accroché à sa taille, pivote autour de lui pour le menacer à la gorge avec son propre couteau. Un bras me permet de me tenir fermement à son dos, et l'autre pointe un couteau contre sa jugulaire.
- « C'est bien Beth, mais tu n'es pas sensée m'attaquer. Maintenant lâche moi. » me dit-il froidement.
- « Force moi. » je lui murmure à l'oreille avec défi.
Je l'entends grogner et tenter de se dégager de ma prise. Mais je ne le laisse pas faire.
- « Beth... » grogne-t-il avec énervement.
- « Quoi ? Tu es là pour m'apprendre des choses... Alors apprends moi. » lui dis-je d'abord à voix haute, mais en chuchotant la dernière phrase.
Je sens tous ses muscles se tendre sous les miens. Il réagit directement à ce que je viens de lui dire.
- « Si c'est que tu veux. » me répond-t-il à voix basse.
Il se décolle légèrement de moi et me mets un coup de coude dans le ventre. Son coup n'était pas très fort, mais suffisamment pour que je desserre ma prise. Il profite de ce moment d'inattention pour attraper mon bras tenant le couteau et fait volte-face, ce qui me force à me retourner. Je me retrouve dos à lui, alors qu'il tient mon bras fermement contre mon dos. Il a réussi à me retirer le couteau des mains et le pointe à son tour vers ma gorge, sans toutefois la toucher. J'essaie de me débattre énergiquement en vain. Il est trop fort pour moi. Alors j'abandonne et me détends contre son corps.
Mais il doit le sentir car il me lâche et s'écarte brusquement.
- « Impressionnant ! Je veux apprendre à parer les attaques comme ça. Esquiver les coups je sais déjà. Il faut que je puisse me battre contre tout ce qui se présentera à nous. » je lui dis avec fougue. J'ai besoin qu'il m'apprenne,. J'ai besoin d'être invincible, comme lui. Peut-être que grâce à ça je ne souffrirai plus jamais. Je ne veux plus souffrir.
- « Comme tu veux gamine. » me répond-t-il de manière totalement détaché.
- « Tu vas m'apprendre ? »
- « Oui... » me dit-il, avec quelque chose que je n'arrive pas à identifier dans la voix.
Il a l'air perdu dans ses pensées mais se reprend rapidement avant de reprendre la parole, pour m'expliquer quelques mouvements.
Je l'écoute très attentivement puis nous passons de la théorie à la pratique. Cette fois il ne me fait pas de cadeaux, et je sens déjà des bleus se former sous ma peau. Il pare chacun des mes coups et m'explique ensuite comment faire pour l'atteindre, et esquiver à mon tour ses ripostes. C'est un excellent professeur. Un peu rude mais ça fait partie de sa personnalité après tout. Je me retrouve au sol un bon paquet de fois alors que je ne parviens même pas à le faire vaciller un peu. Il est tellement fort et habile. Le jour où j'arriverai à le battre, je pourrai battre n'importe qui.
Il m'explique étape par étape une prise particulièrement compliquée et me demande d'essayer de la reproduire. J'essaie une première fois en vain. La deuxième fois je m'en sors mieux. Daryl ne riposte pas, justement pour m'aider à réussir. Il se laisse faire et facilite même mes mouvements.
Nous nous entraînons comme ça une bonne heure avant d'entendre un hurlement... Puis un deuxième. J'interroge Daryl du regard, mais il n'a pas vraiment l'air décidé à agir... Alors c'est à moi de le faire. Je ramasse mes armes en vitesse et m'élance en courant dans la direction des hurlements.
- « Non Beth ! » me crie-t-il. Je ne l'écoute pas, je continue de courir et remarque assez vite qu'il me suit. Pour me protéger, pas pour sauver ces gens.
Je me fige quelques centièmes de secondes devant la scène qui se déroule à quelques mètres de moi. Trois personnes, un homme et deux femmes, entourés de rôdeurs. Plus d'une dizaine. Les trois humains sont dos à dos et les rôdeurs se rapprochent dangereusement d'eux.
Je me lance dans la bataille en m'assurant de faire beaucoup de bruit. J'essaie d'en attirer le plus possible vers moi pour aider les autres à reprendre le dessus. Le problème c'est que c'est bientôt moi qui vais me retrouver en mauvaise posture.
Je tue deux rôdeurs avec mon couteau. Je jette un rapide coup d'œil aux trois humains, l'étau autour d'eux s'est légèrement desserré. Ils se battent énergiquement pour tuer ou repousser les rôdeurs encore trop près d'eux.
Je sens une main m'agripper l'épaule. Je me retourne brusquement m'attendant à tomber sur un rôdeur, lève mon bras pour l'abattre puis le redescend aussitôt lorsque je vois le visage de Daryl. Il s'est jeté à mes côtés pour m'aider. On se retrouve dos à dos et nous combattons. Je tue de nouveau un de nos assaillants, puis un autre, et encore un autre.
Au bout de quelques minutes nous venons à bout des rôdeurs et nous nous retrouvons entourés d'une quinzaine de cadavres. L'odeur est difficilement supportable, mais on s'y fait à la longue.
Je regarde le sol pour m'assurer que je ne reconnais aucun visage par terre. Ce n'est pas le cas. Je relève à peine les yeux quand quelqu'un me prend dans ses bras et me serre vivement. Daryl, toujours à mes côtés, lève son arbalète, prêt à abattre la personne qui vient de me sauter dessus. Je lui fais un léger signe du regard pour lui dire que ce n'est pas la peine. Il baisse prudemment son arme et la personne dans mes bras s'éloigne doucement de moi pour se jeter dans les bras de Daryl. Il a d'abord un mouvement de recul, mais la mystérieuse personne ne le laisse pas faire. Elle le serre fort et je vois de la détresse dans ses yeux, il ne sait pas comment réagir, il se sent mal à l'aise. Tous ses muscles sont tendus et au moment où j'allais intervenir pour aider Daryl, la personne s'éloigne de lui.
Elle retourne auprès de son groupe.
- « Je vous remercie d'être venu nous aider. Nous serions morts sans vous. » C'est la deuxième femme qui vient de nous adresser la parole.
- « Ce n'est rien, le plus important c'est que vous alliez bien. » je lui réponds avec un petit sourire.
Je ne suis pas bête au point de leur faire confiance mais ils ont vraiment l'air reconnaissants, et après la peur qu'ils viennent d'avoir, la moindre des choses que je puisse faire c'est être gentille avec eux. Et je dois l'être pour deux, car ce n'est pas vraiment le fort de Daryl.
Celle qui nous a pris dans ses bras intervient :
- « Merci infiniment. » nous dit-elle avec une gentillesse infinie. « Moi c'est Jess. Là c'est Jim, mon frère. Et là, vous avez Mary, ma belle-sœur, la femme de Jim. On est sur la route depuis un moment. Vous êtes les premières personnes qu'on croise depuis des mois. Toi et ton père, vous avez l'air d'avoir un campement. Je suis désolée de vous demander ça mais, est ce que vous pourriez nous accueillir quelques jours ? Je me suis foulée la cheville et Mary a besoin de reprendre des forces aussi. On trouvera notre propre nourriture s'il le faut, on montera la garde, on participera autant qu'il le faudra. » me dit-elle en me suppliant du regard. Elle a parlé tellement vite que je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Je prends une longue inspiration avant de lui répondre quelque chose d'approprié.
- « Jess ? C'est ça ? Je m'appelle Beth, et voici Daryl... Et euh... Daryl n'est pas mon père. » lui dis-je un peu gênée qu'elle ait pu croire ça. Avant que j'ai eu le temps de reprendre, elle me dit :
- « Oh mon dieu ! Je suis désolée ! C'est juste que vous allez l'air de vous connaître si bien... Alors j'ai cru... Désolée. » me dit-elle en rougissant. Je tourne les yeux vers ceux de Daryl, et je vois que lui aussi paraît gêné. Je vois dans ses yeux que ça ne fait que lui rappeler à quel point notre différence d'âge est grande. Il doit être en train de se haïr pour ce qu'il m'a fait ces derniers jours... Ses baisers, ses caresses... Nous ne sommes jamais allés très loin, mais je vois qu'il regrette chacun de ces mouvements. Non ! Je ne veux pas qu'il le regrette ! J'ai aimé chaque secondes passées à gémir dans ses bras, et je ne compte pas arrêter là.
Jess nous regarde à tour de rôle, et je l'entends souffler un léger « Oh... », je vois dans ses yeux qu'elle est en train de comprendre quelque chose sur nous deux, mais je ne saisis pas exactement quoi.
Bon, je dois me reprendre. De quoi a parlé Jess ? Notre campement ? Ah oui... Je ne sais pas vraiment quoi lui répondre. Daryl sera sûrement contre l'idée de les accueillir, mais je veux les aider. Ils ont l'air gentils et seuls. Et puis, on peut se défendre si, finalement, ils ne le sont pas.
Je jette un rapide coup d'oeil à Daryl. Il comprend immédiatement ce à quoi je pense. Il me fait un léger signe de tête pour me dire qu'il est d'accord avec moi. Ça me surprend à tel point que j'écarquille grand les yeux.
Puis je me rappelle de ses mots, le premier soir, dans notre « Peut être qu'ils ne reviendront pas, et si ils reviennent peut être qu'on pourra s'arranger avec eux. Peut être qu'on devra partir mais peut être que ça marchera... ». Ce soir là, il avait retrouvé foi en l'espèce humaine. Il était même prêts à cohabiter avec des gens qu'il ne connaissait pas.
Mon instinct me dit que nous devons aider ces personnes, peut-être que le sien aussi. Il a toujours su déceler la nature profonde des gens.
- « Vous n'êtes que tous les trois ? » je demande, même si je connais déjà la réponse, ils m'ont dit tout à l'heure que nous étions les premières personnes qu'ils croisaient depuis des mois. Je veux juste qu'ils me disent, les yeux dans les yeux, qu'ils sont seuls.
- « Oui, depuis un bon bout de temps. On avait un groupe avant, mais... » nous dit Jim. C'est la première fois qu'il prend la parole. Et il n'a pas besoin de développer pour que je comprenne où il veut en venir.
- « Bien. Nous habitons dans une maison à un kilomètre d'ici environ. Elle est grande et nous l'avons sécurisée. Vous pouvez venir avec nous, on a de la nourriture et de l'eau. Vous aurez même une chambre avec un lit. Il y a des vêtements et de quoi se laver. Mais je vous préviens, si vous venez avec de mauvaises intentions, vous n'aimerez pas la suite des événements. Nous savons nous défendre et nous n'hésiterons pas. » je les informe d'une vois ferme. Je n'aime pas avoir à dire ça, mais cela me semble important de le préciser.
- « Oui, nous comprenons parfaitement, mais nous ne cherchons pas les problèmes. » me dit Mary d'une voix douce. Je vois Jess arborer un sourire éclatant sur les lèvres. Le havre de paix que je viens de leur offrir surpasse sûrement la menace que je viens de proférer.
- « Alors allons-y. » je leur lance avant de me tourner vers Daryl, il hoche la tête pour me dire qu'il est de mon côté sur ce coup là.
Nous nous mettons en marche en silence et j'en profite pour les étudier minutieusement.
Jess est une jolie rousse d'un peu moins de 25 ans à mon avis. Elle est un peu plus grande que moi, et je peux voir ses formes gracieuses se dessiner sous une grande chemise verte. La chose qui m'impressionne le plus quand je la regarde, c'est sa longue et magnifique chevelure rousse. Elle a quelques tâches de rousseurs sur le visage mais ça fait ressortir ses yeux vert. Elle a l'air très joviale, amicale et chaleureuse.
Mary est une charmante femme d'une trentaine d'années, avec des cheveux châtain, qui lui arrivent au niveau des épaules. Elle porte un débardeur bleu et un jean déchiré tout simple. Elle a de très jolis yeux noisettes et la peau légèrement matte. Elle semble très gentille et joviale mais un peu plus distante que Jess.
Jim est un homme qui semble avoir dépassé trente ans depuis peu. Il est grand, très légèrement musclé, brun, les yeux noirs. Il n'a pas vraiment l'air du genre à sympathiser.
J'observe leurs armes et remarque qu'ils n'ont qu'un couteau de chasse chacun pour se défendre. Ils cachent peut-être autre chose dans leurs sacs.
Ils sont tous relativement maigres et paraissent fatigués. A mon avis, ça fait longtemps qu'ils n'ont pas mangé à leur faim, ou dormi une nuit entière.
Ils pourront faire tout ça, une fois à la maison.
Je sais que Daryl et moi allons devoir rester sur nos gardes mais ça me fait un bien fou de revoir des gens. Et des filles en plus ! Non pas que la compagnie de Daryl m'ennuie (loin de là) mais il était temps que je puisse avoir une conversation dont le sujet n'est pas la chasse, les armes ou notre repas...
