Le soleil vient de se lever. Je rassemble toutes mes affaires et sors de la chambre. Je la referme à clé et sors de l'hôtel.
Une fois dehors, j'observe attentivement le parking et la rue. Tout est désert.
Je commence à déambuler le long de la route, à la recherche d'un magasin.
Je marche pendant deux bonnes heures, mais ne trouve rien d'intéressant.
Je passe devant un restaurants mexicain et décide d'y entrer. Après tout, si c'est un restaurant, il doit bien y avoir des stocks de nourriture quelque part. Et des couteaux.
Je passe la porte et découvre un charmant petit endroit. La décoration est très jolie, dans les tons rouge, orange et jaune.
J'essaie juste de ne pas faire attention aux traces de sang qui recouvrent les murs et les tables.
Je ne vois aucun rôdeur ici. Mais je reste tout de même sur mes gardes en traversant la salle puis en entrant dans la cuisine.
Je vois un cadavre par terre avec un couteau planté dans l'oeil. Il est bien mort et ne se relèvera pas.
Je distingue une collection de grands couteauxn dans le fond de la pièce. Je les étudie, un par un, et en prend deux. Un très long, pointu et aiguisé, de la taille de mon avant-bras. Et un couteau hachoir très tranchant. Il est si imposant que je ne peux pas le garder sur moi, je suis obligée de le ranger dans mon sac.
Je vois une porte dans le fond de la pièce. Je l'ouvre et vois qu'elle mène au sous-sol. Un sous-sol sombre et grand.
Je frappe l'embrasure de la porte et attends de voir des rôdeurs se manifester. Mais rien ne se passe.
Je prends le risque de descendre.
Une fois en bas, j'inspecte les nombreuses étagères et essaient de prendre les aliments non périssables, et non périmés. Il ne reste plus grand chose malheureusement.
Après avoir fait le tour, et avoir récupéré six bocaux de fruits et légumes, un paquet de biscotte, de la sauce mexicaine, de la pâte à tartiner et deux bouteilles de soda, je décide de sortir.
Dehors, je me rends compte qu'avancer est devenu plus difficile avec un sac aussi lourd.
Mais je vais quand même continuer à faire le tour de la ville, au cas où je trouverai quelques chose d'intéressant.
La journée passe petit à petit, tandis que je repère les endroits où il y a potentiellement de quoi manger.
J'y revendrai plus tard, quand j'aurai vidé mon sac.
Je patrouille comme ça un bon moment, et tue le plus de rôdeurs possible autour de l'hôtel. J'essaie de nettoyer la ville pour être tranquille lors de mes prochaines recherches.
Pour l'instant, c'est facile, ils sont tous éparpillés un peu partout, et je les repère bien avant que eux ne me vois.
Ils se déplacent seuls ou à deux maximum.
Vers 19h je décide de retourner dans la direction de l'hôtel, mais je vois quelques rôdeurs sortir de derrière une maison.
Ils ne sont que cinq ou six. Je peux m'en occuper, et puis je n'aime pas l'idée qu'ils traînent autour de l'endroit où je dors. Je m'approche doucement en longeant un mur, pour ne pas être découverte trop tôt.
Et là, le choc.
Quinze rôdeurs de plus surgissent de derrière cette foutue maison.
Je n'ai que quelques secondes pour réfléchir à ce que je dois faire.
M'enfuir. C'est ma seule chance.
Je recule, sans mouvement brusque.
Je vais bientôt pouvoir faire demi-tour et aller me cacher sans être vue. Encore quelques mètres, quelques pas et je suis sauvée.
Sauf que je n'aurai jamais l'occasion de faire ces quelques mètres, car certains rôdeurs me remarquent, et ils avancent bientôt tous dans ma direction.
Je me mets à courir de toute mes forces, ma vie en dépend.
Je les vois courir derrière moi. Certains sont facilement distancés mais la plupart sont en train de raccourcir l'écart entre nous.
Mon cœur s'emballe. Ils vont bientôt m'attraper. Encore quelques secondes et je suis morte. Je n'ai plus aucune échappatoire.
Mais je ne les laisserai pas me tuer sans me défendre. Ils boufferont du métal par le cerveau avant de m'avoir.
Je fais volte-face, et assènent des coups de couteaux aux plus proches. J'en tue trois assez rapidement, mais les autres arrivent eux aussi et m'encerclent. Je ne parviens plus à bouger, et je sens leurs mains tenter de m'attraper.
J'arrive à en tuer un quatrième de justesse. Lorsque je sens du mouvement derrière moi et des mains puissantes m'attirer en arrière, je ferme les yeux, prête à mourir, à rejoindre mes parents et mon frère.
Je sens les mains se détacher de moi et j'ouvre les yeux pour me rendre compte que je ne suis plus encerclée par les rôdeurs.
Je vois un homme se battre devant moi, et tenter d'éloigner les rôdeurs.
Daryl.
Il s'est jeté entre les rôdeurs et moi. Il est en train de me sauver la vie.
Il lutte de toutes ses forces, et tue froidement un rôdeur qui essayait de le contourner pour m'atteindre. Je prends quelques seconde avant de réagir, trop abasourdie par ce qu'il se passe actuellement devant mes yeux.
Mais Daryl est en danger à son tour. Je ne peux pas me permettre d'attendre plus longtemps.
Je me jette à ses côtés et tue tous les rôdeurs à ma portée.
Je jette un coup d'oeil dans sa direction, et le regarde exécuter chacun de ses mouvements mortels avec précision et force.
Au moment où il tient un rôdeur par la gorge, un autre s'apprête à le mordre au bras. Je réagis immédiatement et lui plante mon couteau profondément dans la nuque.
Je tue chaque rôdeur qui tente de nous contourner pour nous encercler, tandis que Daryl tue tous ceux qui se présentent devant lui.
Les cadavres à nos pieds commencent à rendre nos déplacements difficiles.
Mais doucement, le nombre de rôdeurs encore debout baisse. Ils ne sont plus que six ou sept.
Je saisis un rôdeur par les épaules et le jette violemment sur deux autres. Ils s'effondrent tous les trois et nous laissent le temps de nous occuper des autres.
Dans un synchronisation parfaite, nous tuons les derniers, et finissons par planter nos couteaux respectifs, en même temps, dans la tête du dernier rôdeur.
Ça y est. La bataille est finie. Nous sommes en vie, ensembles.
Il lève les yeux vers moi pour la première fois depuis qu'il m'a retrouvée.
Je me sens honteuse d'être partie comme ça, d'avoir été si immature et de nous avoir mis tous les deux en danger pour un truc aussi stupide.
Dans ses yeux je vois un profond soulagement et de la tendresse.
Je ressens la même chose.
Ne tenant pas plus longtemps, je me jette dans ses bras et il me serre de toutes forces, comme si sa vie en dépendait. Nous tombons tous les deux à genoux.
J'avais oublié à quel point je me sentais bien auprès de lui. Toute la douleur, la peine de ses derniers jours disparaissent tandis que je m'accroche si fort à lui que je dois probablement lui faire mal.
Je me rends compte seulement maintenant d'à quel point il m'a manqué.
Je commence à pleurer malgré moi. D'abord ce ne sont que quelques larmes qui coulent, puis je commence à sangloter, pour finalement me mettre à pleurer franchement dans ses bras.
Ce n'est pas de tristesse, mais plutôt de soulagement.
J'ai cru que j'allais mourir, j'en avais même accepté l'idée, et il est arrivé pour me sauver. Toute l'adrénaline et l'angoisse quitte mon corps, et je me sens défaillir.
Il me tient fort contre lui, et me caresse le dos pour tenter de me consoler.
Il reste silencieux mais je sais qu'il est là pour moi. Il l'a toujours été.
Lentement, les larmes arrêtent de couler et je me calme.
Je me décolle doucement de lui et plonge mon regard dans le sien. Je pose mes mains sur son visage et le regarde attentivement, comme si je voulais le mémoriser. Je remarque quelques récentes coupures sur sa peau. D'où viennent-elles ?
Je suis tellement rassurée de l'avoir près de moi, de pouvoir le voir, le toucher, lui parler...
Je passe mes bras à nouveau autour de lui et enfouis mon visage dans son cou. Et profite juste du fait qu'IL soit là. Je respire son odeur et oublie tout le reste. Même la vingtaine de cadavres autour de nous.
- « Comment tu savais où me trouver ? » je lui murmure avec une toute petite voix.
- « Je t'ai pistée. Je voulais te retrouver plus tôt, mais j'ai été retardé par une horde. » me répond-t-il, à voix basse.
- « Je suis désolée d'être partie. Je ne veux plus jamais qu'on se sépare. »
- « Moi non plus Beth. Plus jamais. » me murmure-t-il tendrement, il n'y a pas de reproche dans sa voix, juste du soulagement et de l'affection.
Je sais que c'est moi qui suis partie. Je sais aussi que je ne devrais pas m'effondrer comme ça à cause d'un homme, que je dois être plus forte que ça.
Mais je suis forte.
Et j'ai besoin d'un homme avec qui être faible de temps en temps. C'est pour ça que j'aime Daryl, je peux être aussi forte que faible avec lui.
Et il ne me juge jamais quand je craque, il est juste là pour me soutenir.
Il m'éloigne de lui et plonge à nouveau ses yeux bleus dans les miens. Il inspire et me dit :
- « J'suis tellement désolé Beth, pour c'que je t'ai dit. J'le pensais pas. J''aurais jamais dû. J'avais juste peur de te faire souffrir mais c'est exactement ce que j'ai fait. J'ai eu peur de ce qu'il se passait entre nous deux. J'ai pas su géré, j'suis désolé... Mais tu es tellement jeune et précieuse. J'ai peur de ce que je pourrais te faire. Je refuse de te faire du mal, et si on est ensemble, je t'en ferai sûrement. »
Il a parlé avec douceur et gentillesse mais je sais qu'il est terriblement embarrassé à cause de ce qu'il vient de dire. Il a fait un effort surhumain, pour s'excuser, pour m'avouer qu'il a peur. Tout ça pour moi.
- « Daryl, ce qui me fait le plus souffrir, c'est de ne pas pouvoir être avec toi. » je prends ses mains dans les miennes, et attends sa réponse, qui ne vient pas.
Nous sommes toujours agenouillés, l'un en face de l'autre, et lui regarde le sol, sans savoir quoi dire.
Je baisse les yeux à mon tour et nous restons comme ça une minute ou deux.
Il finit par relever les yeux et me regarde intensément. Je prends ça pour un signal.
Je me colle de nouveau à lui, et passe une main dans sa nuque.
Doucement, il approche ses lèvres des miennes puis m'embrasse, d'abord tendrement, puis fougueusement.
Nous nous embrassons comme si le monde allait s'arrêter de tourner, comme si nous allions mourir demain.
Toute la passion, tout l'amour que je ressens pour lui passe à travers notre baiser.
J'ai envie de l'embrasser pour toujours.
Mais un rôdeur s'approche au loin, nous forçant à nous éloigner et à nous relever.
Il vaut mieux ne pas rester là.
Je récupère mon sac, que j'avais laissé tomber par terre.
- « Suis moi. » lui dis-je discrètement en lui prenant la main.
Nous partons en courant, et je l'emmène à l'hôtel, où nous serons en sécurité.
Arrivé devant, il toise la devanture et les alentours.
- « Tu t'es installée dans un hôtel ? Rien que ça ? » me lance-t-il amusé.
- « Ouais, je commençais à trouver la maison funéraire trop petite. » lui dis-je en gloussant légèrement.
Il me souris et nous rentrons à l'intérieur.
Il voit les trois cadavres au pied du comptoir et lève les yeux, avec un air de fierté dans le regard.
Je l'entraîne dans le couloir, puis dans les escaliers. Arrivés au troisième étage, je mets sur la pointe des pieds et l'embrasse langoureusement. Il est surpris mais ne me repousse pas.
Je stoppe brusquement mon baiser et me mets à trottiner en direction de ma chambre.
- « Attrape-moi. » je lui lance par dessus mon épaule, d'humeur joueuse.
Il rigole doucement et commence à me rattraper. Je ralentis en arrivant près de ma porte et me tourne vers lui.
Il arrive en face de moi, avec un regard presque animal. Il passe ses bras autour de ma taille, je passe les miens autour de ses épaules, et il me pousse contre le mur.
Il m'embrasse sauvagement sur les lèvres et commence à descendre le long de ma joue, puis embrasse mon cou avec passion. Je gémis doucement de plaisir. Le fait de sentir ses lèvres sur la peau de mon cou rallume ce feu dans mon ventre.
- « Tu en as envie aussi ? » je lui murmure entre deux soupirs de plaisir.
- « Oui... Plus que tout... Beth... » me répond-t-il entre deux baisers.
Je le repousse brusquement, et me dépêche de sortir la clé de ma chambre pour l'ouvrir.
Je pénètre à l'intérieur, suivie de Daryl. Je me tourne vers lui avec envie.
Il se retourne et ferme la porte derrière lui.
