Chapitre 3

Assit sur le lit du shinigami remplaçant redevenu complètement humain, désormais porté disparu. Rukia attendait. Quoi ? Elle ne le savait pas elle-même. Une apparition, une idée lumineuse, un indice ou même n'importe quoi du moment que cela lui permettait de revoir son ami.

Elle était perdue.

Cela faisait un an qu'il avait disparu. Cela faisait 6 mois que la Soul Society se faisait attaquer de toutes pars, par un ennemi inconnu qui volait les âmes de ses victimes. Seulement depuis maintenant deux semaines il n'y avait pas eu d'attaques. C'était inquiétant et rassurant à la fois.

Tournant la tête vers la fenêtre, elle regarda le soleil haut dans le ciel. Il lui manquait tellement cet imbécile ! Laissant ses pensées dériver, elle ne ressentit pas la présence menaçante dans la chambre, elle ne vit pas cet homme aux yeux rouge s'approcher doucement sans faire le moindre bruit dans son dos, elle ne ressentit rien quand il l'endormit d'une frappe dans la nuque. Elle voyait seulement le visage grognon de son ami disparu dans ses pensées quand elle fut engloutit par les ténèbres de l'inconscience.

Assise sur le toit de la maison d'en face, Masaki Kurosaki regardait la scène avec un petit sourire triste sur les lèvres. Encore quelques mois de souffrance dans ce temps, que son fils gagne encore 2 ans d'expériences auprès de Malik dans le passé et il pourrait revenir pour sauver ses amis sans avoir besoin d'un pouvoir quelconque. Elle allait pour retourner dans son monde quand elle vit arriver une étrange crinière rouge se faufiler discrètement dans la chambre de son fils. Elle savait qu'il ne sentirait pas le pouvoir qu'avait utilisé le ravisseur de la jeune noble. Berdan était puissant et très discret. Pour comprendre qu'il y avait eu une autre personne que la jeune fille, il fallait au moins être du niveau d'Urahara et encore… il aurait du mal même avec ses machines bizarres. Mais elle pouvait lui reconnaître une certaine valeur, car après tout, il avait comprit qu'elle avait quelque chose à voir dans cette histoire.

Avec un léger sourire elle regarda la progression du jeune homme dans la chambre de son fils. Pour commencer il alla vers le lit, au niveau des coussins qui ne portaient désormais plus l'odeur musquée de son fils, puis alla s'asseoir au bureau pour commencer à écrire sur une feuille déjà bien entamée qu'il avait sortit de l'intérieur de son habit. Intriguée elle s'approcha. Elle ne craignait rien de toutes manières car personne ne pouvait la voir, sauf si elle le voulait. Calmement elle s'approcha du jeune homme qui fredonnait une chanson qu'elle n'avait jamais entendu avant. Armé de son stylo, il noircissait une feuille de mots. Parfois il s'arrêtait pour se relire et barrait sauvagement un paragraphe entier, une simple phrase ou deux ou un simple mot. Il y avait un tas plutôt conséquent déjà, noircies de son écriture un peu brouillonne, mais cela n'était pas très grave. Elle remarqua vite que ce tas de feuille n'était autre chose que des lettres, toutes écrites par ce jeune homme pour son adorable fils. Vus comment il les gardait et les tenait enfermées dans un sceau, il ne les donnerait jamais à son destinataire. Mais c'était tellement adorable de voir ce jeune homme coucher ses sentiments sur des feuilles de papier. Il lui racontait ses journées aussi, ses combats et ce qu'il faisait pour le retrouver. Il lui écrivait qu'il s'en voulait de ne pas avoir été présent pour lui quand il en avait eu le plus besoin.

Masaki resta longtemps regarder ce jeune homme écrire ce qu'il avait sur le cœur sur ces feuilles de papier. Elle attendit qu'il signe enfin sa lettre et la range avec les autres pour partir. Elle espérait que ce jeune homme puisse se confesser à son fils. Ces deux là avaient autant droit et besoin l'un que l'autre d'amour.

Pendant ce temps, à Jérusalem, Azher Hargal recevait la visite d'un faucon pas très aimable qui lui tendait une lettre.

-Il est sérieux ?

La lettre était simple, allait droit au but et ne laissait pas place à une réponse négative de la par de celui qui la lisait. D'un pas lent il se dirigea vers la fenêtre qui ouvrait sur la grande place de Jérusalem. Si seulement… ce que lui demandait son ami était...

En premier lieu il partit chercher dans sa bibliothèque pour ouvrir un passage ouvrant sur une grotte. Il y avait d'autres moyens pour y accéder mais la porte de sa bibliothèque était la plus proche. Allant vers le fond de la grotte il trouva ce qu'il cherchait, une petite boite un bois faisant la taille d'un point d'enfant. Il ne l'ouvrit pas. Il ne fallait pas l'ouvrir. Malik l'avait interdit. Regardant autour de lui il comprit que le travail qu'il allait commencer aujourd'hui prendrait plusieurs générations. Quelle idée de lui demander de réunir en ce lieu des armes et des livres sur leurs créations, fabrications, utilisations et améliorations. Suffisamment de place en ce lieu pour mettre la bibliothèque d'Alexandrie en plusieurs exemplaires.

Quand Malik reçu le petit écrin, il se demanda s'il n'était pas possible de ne jamais le donner à son élève pour le garder dans son temps et continuer à lui apprendre. Ichigo était partit depuis maintenant 2 jours pour une mission que lui avait confié Altaïr et devait demeurer secrète jusqu'à son retour. Si retour il y avait…

C'est le cœur lourd qu'il ouvrit l'écrin pour trouver une bague d'un rouge aussi carmin que le sang. Quand son élève rentrera, ils parleraient surement longtemps stratégie. Ils partiraient dans un champ à cheval et il lui apprendrait une nouvelle chanson qu'il pourra jouer et chanter à ses sœurs à la guitare. Au bout d'un moment Ichigo comprendrait qu'il se passe quelque chose alors il lui chanterait une chanson de son temps. Il lui dessinerait un paysage au fusain, ou un portrait, cela dépendait de son humeur. Après il recevrait des vêtements d'assassin confirmé et devra garder la bague. Un jour elle le ramènerait dans son temps et ils ne se reverraient jamais.

Cette bague qui dégageait une étrange chaleur alors qu'elle n'avait jamais été portée retrouva l'obscurité quand il referma l'écrin. Il allait s'ennuyer quand il partirait. Il devrait peut-être prendre un nouvel enfant sous sa protection… un nouveau novice même si aucun novices n'atteindraient le niveau d'Ichigo. Et puis Ichigo était son premier novice alors il faudra beaucoup de courage et de détermination aux suivants pour faire leurs preuves !

Laissant ses pensées divaguer il n'entendit pas les bruits des sabots qui martèlent le sol, mais il reconnut sans problème Maria, la femme d'Altaïr, enceinte de son premier enfant, descendre de sa monture, un paquet de chiffon dans les bras.

-Bonjour Malik.

-Maria ! Tu ne devrais pas quitter le lit dans ton état.

-Ce n'est pas une petite chevauché qui va me faire accoucher prématurément.

-L'on n'est jamais trop prudent…

Un fin sourire vint orner les lèvres fines de la jeune femme qui s'assit dans l'herbe à ses côtés. Elle avait remarqué l'écrin, mais n'en fit pas étalage, elle savait que cela avait un rapport avec le jeune novice partit seul en mission pour devenir un véritable assassin. Malik ne devait pas douter un seul instant que le jeune homme réussirait et avait déjà le cadeau de félicitation en main. Néanmoins, elle savait que Malik était le Rafiq de Jérusalem et qu'une fois son novice devenu assassin il ne le verrait plus que lors de certaines mission qui se dérouleraient au sein de Jérusalem. C'était souvent la même chose avec les autres maîtres et novices, elle ne comptait plus le nombre de fois qu'elle voyait son époux taper la causette à son ancien novice au lieu de travailler à faire baisser le niveau de paperasse sur son bureau.

Regardant le contenu du paquet de chiffon dans ses bras elle se dit qu'elle faisait le bon choix.

-J'ai besoin de ton aide Malik.

-Un problème ? Que se passe-t-il ? Dit moi tout !

Devant le regard paniqué de Malik qui la regardait sous tous les angles pour prévenir à un soudain accouchement non prévu elle ne résista pas à l'envie d'éclater de rire. Les hommes étaient tous les mêmes. Reprenant son calme elle lui fit signe de se calmer et lui mis son paquet de chiffon contre sa poitrine, calé dans le creux entre son bras valide et son torse.

C'est avec un sourire au coin des lèvres qu'elle admira le visage passer de panique à interrogatif, puis étonnement pour finir complètement perdu.

-C'est un bébé Malik.

-Je m'en étais un peu rendu compte Maria, mais ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu me le donne au lieu de le poser dans les bras de son père ou de sa mère ?

-Parce qu'il n'a plus de père, ni de mère.

-Chez une nourrice alors ? Ou une famille de paysans ?

Il ne reçu aucune réponse à chacune de ses questions. Juste un fin sourire amusé avant de le laisser seul avec le bébé, lui disant que cet enfant était de sa responsabilité et qu'il n'avait pas encore de nom. Ce jour-là Malik maudit toutes les femmes de la terre, ou presque… ce bébé n'était pas encore une femme.