Chapitre 5
Marina Anson se tenait devant sa fenêtre et regardait la lune avec attention. Il lui avait semblé apercevoir dans la nuit un faucon voler et elle désirait le revoir. Trop absorbée dans sa recherche de l'animal elle ne se rendit pas compte que la porte de sa chambre s'ouvrait dans un léger chuintement. Elle ne vit, ni entendit l'homme en blanc avancer dans son dos.
Mais elle ressentit bien le souffle chaud dans sa nuque qui fit courir des frissons sur sa peau uniquement couverte une tunique en soie. Elle arrêta de respirer quand deux grandes mains se posèrent sur ses hanches, elle gémie quand elle se retrouva plaquée contre un torse musclé et elle cria de souffrance à la première coupure…
Dans les rues de Jérusalem, le mendiant et la jeune libérée avançaient en silence. Le mendiant en fin sourire sur les lèvres et la jeune fille admirant le volatile qui s'était installé sans gène dans le creux de ses bras pour dormir. Elle voulait tellement poser des réponses à ses questions mais elle hésitait à interroger le vieil homme qui n'en était pas vraiment un…
Celui-ci était très amusé par sa jeune compagne car il arrivait à lire sur son visage toutes les émotions qui traversaient la tête de la pauvre jeune fille. Il décida alors de passer par un raccourci pour éviter qu'elle ne se décide à poser ses questions en pleine rue.
Dieu devait être avec lui car au moment où la jeune fille allait ouvrir la bouche il la devança rapidement : « Nous voila enfin arrivé ! J'ai hâte de voir ce que ma femme nous a préparé pour le repas. Ne t'inquiète pas, les enfants sont déjà couchés et donc ne nous embêteront pas pendant notre discussion. »
Elle avait simplement fait un hochement de tête pour lui faire comprendre qu'elle avait remarquée le sous-entendu qui lui ordonnait de se taire… pour le moment…
Une fois entrés, installés, attablés et repus Azher Hargal ouvrit la discussion.
- Je me nomme Azher et je serais ton hôte jusqu'à l'arrivé de notre ami commun… et toi ? Qui es-tu ?
- Je m'appelle…
Assise sur un banc en bois dans une cellule, Rukia regardait le vide en cherchant un moyen de s'en sortir, mais le cadavre frais de la cellule d'en face ne lui donnait pas vraiment espoir…
Debout sur le toit du lycée de Karakura, Renji Abarai scrutait l'horizon et cherchait des traces de reiatsu de leur ennemi dans la nature. Comprenant que ce n'estait pas aujourd'hui encore qu'il trouverait une réponse à toutes ses questions il préféra retourner à la demeure des Kurosaki pour terminer sa lettre à celui qui avait disparu en premier.
En y pensant bien, le premier à disparaitre avait été Ichigo, mais les particules spirituelles qui étaient sur le lieu de disparition du rouquin n'étaient pas les mêmes que celles près des corps de shinigami et humains vidés de leur « âme ».
Ironique quand on y pense… un shinigami est une âme, alors comment cela était-il possible de voler une âme en laissant un corps alors que… non c'est vraiment trop compliqué à comprendre !
Laissant derrière lui toutes ces choses il partit, sous le regard bienveillant d'une femme qui passait désormais tout son temps à veiller sur lui. Le cachant au regard de Berdan ainsi que ses sbires et attendant avec impatience le retour de son fils… maintenant ce n'était plus qu'une question de jours… plus que quelques jours…
Une porte en métal noir s'ouvrit laissant passer un faible rayon de lumière, trop blafard pour être naturel, ainsi qu'une jeune femme à la peau blanche et à la chevelure blonde. Ses boucles tombaient en cascade dans son dos et deux anglaises encadraient magnifiquement son visage. Recouverte d'une fine tunique blanche laissant voire ses épaules, elle s'approcha des barreaux en fer blanc qui la séparait de la jeune shinigami enfermée… on aurait cru qu'elle volait au-dessus du sol de pierres froides.
- Bonjour.
Sa voix douce était une véritable merveille à entendre mais Rukia savait que cela cachait quelque chose de louche.
- Tu ne sais pas parler ?
Toujours dans son silence, Rukia, regardait la jeune femme face à elle, qui ne pouvait cacher par sa fine stature le cadavre reposant dans la cellule d'en face.
- Il ne voulait pas parler alors on a abrégé ses souffrances…
Parler ? Mais que voulait-elle savoir ?
- Mais je suis certaine que toi tu dois savoir où il se trouve.
Penchant légèrement la tête sur le côté, Rukia, cherchait dans sa mémoire de qui elle pouvait bien parler en imaginant de multiples scénarios possibles.
Elle allait parler quand d'un coup, l'atmosphère se fit pesante, la jeune fille en face d'elle commença alors à changer. Sa peau si blanche pris une couleur grisâtre et des multiples coupures la recouvrit entièrement. Aucune des parties de son corps ne fut épargnée, même son visage abordait des coupures sur ses joues et le mot « esclave » était gravé sur son front.
Ses magnifiques boucles blondes s'étaient ternis et étaient désormais couvert de sang. Ses yeux arboraient une lueur malsaine. Lentement comme dans un film d'horreur elle se mit à rire de manière hystérique et se calma avant de parler d'une voix grave comme si elle avait trop criée.
- Dis-moi où se trouve l'assassin roux de Jérusalem !
- Je m'appelle Amir.
- Je suis heureux de te rencontrer Amir. Comment t'es-tu retrouvée dans cette galère ?
- Je…
Se triturant les mains, elle semblait chercher ses mots ou une histoire plausible à raconter. Remarquant le trouble de la jeune fille, Azher décida donc de ne pas chercher plus et lui proposa d'aller dormir avant le retour de leur ami commun.
Ce même ami commun qui courrait silencieusement dans les rues de Jérusalem, la tunique tachée de sang et le visage fermé. Se cachant dans les ombres et assommant un garde quand il en trouvait un sur sa route, il avançait en espérant que la jeune fille était seine et sauve, elle lui rappelait tellement Karin qu'il avait craqué et avait tout fait pour la sauver. Avec un peu de chance elle dormait déjà et donc ne le verrait pas dans cet état !
Le ciel entendit sa prière, car quand il arriva à destination c'est un Azher somnolant qui l'accueillit en lui intimant le silence, car ils se trouvaient être les seuls debout à une heure aussi tardive… Laissant Kenpachi sur un coussin, il descendit par un passage secret pour se retrouver dans une salle immense lui rappelant la salle souterraine de Hurahara, une couchette l'attendait dans un coin, se séparant de ses vêtement tachés de sang, il s'y coucha complètement nu avec comme seule barrière à la contemplation de son anatomie une chaude couverture.
Assit au bureau dans la chambre du shinigami remplaçant, Renji continuait inlassablement d'écrire ses lettres pour le disparu et se plaisait à rêver de son retour, juste… pour le revoir au moins une fois.
Au loin, la morte veillait et se battait bec et ongle pour empêcher la moindre particule d'énergie spirituelle ennemis de passer ses barrières protectrices.
Ainsi continuait la vie : Des disparus en plus, un jeune homme dans le passé terminant son apprentissage, un amoureux transit, une morte surprotectrice et bientôt un combat… ou plutôt un assassinat !
