Chapitre 6
Quand elle entra dans la pièce principale, la seule chose qui attira son regard fut le bel oiseau qui faisait s'agglutiner les enfants autour d'un perchoir qui n'était pas là avant qu'elle n'aille dormir, à moins qu'il ne fasse trop sombre dans la pièce et que la faible lueur des bougies n'avait pu laisser deviner la présence de cet objet.
Lâchant des yeux l'oiseau, elle se mit à parcourir du regard la grande pièce pour trouver cet homme qui l'avait sauvé et lui avait permit de se retrouver loin de ses bourreaux. Seulement elle ne le trouva pas et partit donc s'installer sur un coussin auprès de son hôte devant un tas de victuailles, son visage trahissant sa déception.
- Ne fais pas cette tête Amir ! Il viendra quand il sera réveillé et donc quand il aura faim !
- Et s'il était déjà parti ?
- Aucun risque ! Ce fichu oiseau y est attaché pire qu'une sangsue, impossible de les séparer. Si l'un est dans le coin alors tu peux être certaine de trouver l'autre pas loin !
- Une sangsue ?
- Une petite bestiole qui suce le sang.
Rassurée et dégoûtée, elle se mit à manger ce que la femme de Azher lui proposait, c'est ainsi qu'elle fit la connaissance de cette femme qui avait un sacré caractère et ne laissait pas passer une seule occasion de faire preuve de sarcasme. En cette femme elle avait trouvée une sorte de figure maternelle.
Malgré ce que lui avait dit Azher et la présence du faucon dans la pièce principale, elle ne vit pas l'étrange assassin de la journée, assassin qui, une fois réveillé l'avait surveillé pendant qu'elle était partit faire les courses avec les enfants d'Azher. Cependant, elle apprit pour le massacre ayant eu lieu la nuit dans la demeure du vendeur d'esclaves. Ce massacre n'avait pas été la seule chose de découverte en cette matinée très ensoleillée, le seigneur de la ville avait eu la « joie » de découvrir à son réveil, un tas de documents mettant en avant la culpabilité du vendeur d'esclaves autour de son lit.
On pouvait en conclure que la journée commençait bien à Jérusalem…
Dans la « cave », Ichigo se réveillait lentement. Ses vêtements avaient été changés et une bassine d'eau était posée près d'une serviette, il en conclu donc que Azher ou son épouse avait du descendre pendant son sommeil. Sortant de sous la couverture, exposant ainsi sans aucune gène son corps nu, il s'avança jusqu'à la bassine pour s'offrir un petit brin de toilette. Une fois sa toilette de faite et habillé correctement, il prit le chemin de l'étage supérieur.
Une fois en haut il avait parlé avec Azher sur sa mission maintenant terminée, de la préparation de son voyage vers Massiaf et de ce que deviendrait Amir…
Il fut décidé que ce serait à Amir de décider de son avenir et Ichigo commencerait son voyage vers Massiaf dans la nuit pour ne pas se faire repérer. Ils prirent beaucoup plus de temps pour parler de la mission maintenant terminé et du rapport à faire pour le grand maître Altaïr. Seulement Ichigo décrocha de la conversation quand il entendit Amir proposer aux enfants de l'accompagner faire les courses au marché. Azher avait à peine tourné la tête que le jeune assassin avait disparu dans la nature.
Pendant qu'Ichigo suivait le groupe dans les rues de Jérusalem, Azher commençait à comprendre pourquoi Malik s'était à ce point attaché au jeune homme.
A Massiaf, Malik apprenait à s'occuper d'un bébé d'une seule main auprès des femmes qui passaient leurs temps à s'extasier devant le visage d'ange de l'enfant.
Le bébé avait déjà sur sa tête un fin duvet noir et commençait depuis quelques jours à faire ses dents, ce qui n'arrangeait pas Malik qui finissait ses nuits avec un bébé, les yeux rouges d'avoir pleurés avant que son « papa » ne vienne lui donner un truc à mâcher, sur le ventre.
Au début c'était simple… jusqu'à la première couche sale ! Il se souviendrait toute sa vie de cette odeur nauséabonde qui faillit le faire tomber dans les pommes. Un jeune novice qui devait l'aider dans sa tache avec le bébé n'avait pas supporté l'odeur et avait fuit pour vomir dans un pot de fleur et accessoirement sur les bottes de Jafar qui passait par là par le plus grand des hasards.
Mais cela était secondaire face à – oserais-t-il se l'avouer ? – la joie immense qui grandissait en lui depuis qu'il s'occupait de cette enfant… cette enfant qui n'avait toujours pas de prénom ! Il fallait qu'il en trouve un et rapidement car il ne supportait plus de l'appeler « bébé » ou « arme de destruction massive »… surtout que le deuxième était vraiment trop long !
C'est donc ainsi qu'il se mit en quête d'un prénom pour cette jeune demoiselle qui commençait d'ailleurs à se réveiller de sa sieste.
Installé au bureau d'Ichigo, Renji maintenait le regard de Karin Kurosaki car c'était la seule chose qu'il pouvait faire. Le duel de regard avait commencé depuis quelques minutes quand la deuxième sœur, Yusu Kurosaki, entra dans la chambre. Renji savait que des deux sœurs, la seule qui pouvait le voir était la brunette qui continuait à le fixer de ses profonds yeux noirs. Il voulait dire ou faire quelque chose pour briser le silence, mais il ne savait quoi ! Finalement c'est la rouquine qui l'avait sauvé en entrant.
- Karin ! Les garçons sont venus te chercher pour faire un match de foot.
- Dit leurs que j'arrive dans un instant.
- Pourquoi tu fixe la chaise d'Ichigo comme ça ? Il y a un méchant fantôme ?
- Non. Pas méchant… je dirais…
- Il est perdu ?
La question dite avec la voix enfantine de la jeune Yusu avait légèrement fait sursauter Renji. Perdu ? Oui il l'était. Des shinigamis et des humains disparaissaient sans laisser de trace, des shinigamis se faisaient voler leur âme (ce qui était impossible car un shinigami est une âme mais c'était les scientifiques et Hurahara qui avaient conclu à cet état…), sa meilleur amie avait disparu et surtout… surtout…
Perdu dans son désespoir, il ne vit pas les deux sœurs sortir de la chambre, ni l'ombre se glisser dans la chambre, mais il ressentit pleinement le froid mordant qui le prit quand il se fit engloutir dans un vortex noir. Quand il rouvrit les yeux, ce fut pour se retrouver dans une cellule de prison. Dans la cellule d'en face, Rukia reposait au sol, inconsciente.
Passant sous un balcon, se cachant dans une foule, donnant trois piécettes à un mendiant, volant un riche pour refaire le plein d'argent, Ichigo avançait en silence, surveillant la jeune Amir et le groupe d'enfants qui l'accompagnait. Usant de toutes ses capacités, il les suivait dans l'anonymat des ombres pour assurer leur sécurité.
Il passa toute la matinée à les suivre sur le marché, déambulant entre les gens et les stands, s'arrêtant devant certains étales pour faire leurs achats et continuant leur chemin. Il évita les gardes et fit lui-même des achats pour refaire son stock de lame de jets et toujours dissimulé dans les ombres, il les accompagna pour le chemin du retour.
Une fois le groupe en sécurité à l'intérieur, il passa par une ouverture à l'arrière de la demeure et rejoignit la cave pour préparer ses affaires. Il savait qu'Amir voudrait lui parler, mais il n'avait pas le temps. Il ne savait pas pourquoi mais il savait qu'il devait se dépêcher de rentrer.
A la nuit tombée, il prit ses affaires et sortit de la cave par le passage dans la bibliothèque. Arrivé dans la pièce principale, il déposa une lettre et une somme d'argent conséquente pour l'entretient d'Amir et il partit, Kenpachi perché sur son épaule.
Pendant les premières minutes après son réveil, Renji observa sa cellule de long en large et en travers et il devait bien avouer qu'il était coincé !
Après il avait appelé Rukia pour la réveiller ou au moins la faire bouger mais rien à faire. Il espérait qu'elle n'était pas morte.
Dépité, il s'assit sur le banc en pierre de sa cellule et laissa son esprit divaguer vers un certain rouquin, disparu depuis un moment déjà et qui faisait battre son cœur d'une manière un peu folle…
Les portes de Massiaf étaient closes et les lanternes sur les tours mettaient en évidence les archers postés en surveillance. Alors qu'il approchait, l'un d'eux le pointa du doigt. Il envoya Kenpachi pour annoncer son identité et un jeune assassin de garde lui ouvrit une petite porte. Las de son voyage, il se dirigea vers les écuries avec son cheval et Kenpachi perché sur son épaule. Après s'être occupé de son cheval il se posa sur un tas de foin et s'endormit.
La morte regardait le QG de Berdan sans savoir quoi faire. Elle le ressentait, ce monstre était heureux et elle savait très bien pourquoi. La raison de sa joie n'était autre qu'un jeune shinigami qu'elle protégeait depuis un moment déjà mais elle avait faillit à sa tache. Berdan avait envoyé un de ses larbins faire le travail à sa place. Elle s'était faite bernée comme une débutante.
Silencieusement elle créa un petit portail et prenant l'apparence d'une petite boule lumineuse pour rejoindre Malik… le jour était arrivé.
Quand le portail se referma derrière elle, un cri de souffrance s'éleva dans les environs… Rukia venait de se réveiller…
