Bonjour à tous!

Je souhaite remercier ceux qui continuent à me lire et à mettre mon histoire dans leurs favoris malgré le temps que je mets à publier. Je suis en train de préparer des examens importants et le stress à tendance à me retirer toute envie d'écrire. J'ai pris la décision de ne pas clôturer cette fic pour le moment. Plusieurs personnes m'ont dit qu'elles préféraient attendre plusieurs mois plutôt que l'histoire se termine. Je vais certainement continuer à prendre du temps pour publier et je m'en excuse. J'ai beaucoup d'idées pour la suite, ne vous inquiétez pas :D

Angelika: Merci de tes commentaires, je lis toujours tes reviews avec plaisir et attention.

N'hésitez surtout pas à m'envoyer un message ou à me laisser une review pour me donner vos avis ou si vous avez des idées à me soumettre, ce serait un plaisir d'échanger avec vous.

Bonne lecture à tous, j'espère que ce chapitre vous plaira.

...

Un rôdeur... Deux autres... Et encore deux autres... Je suis entourée. Il faut que je réussisse à les disperser. Je balance un coup de couteau.
Je profite de cette faille, de ce corps tombant, pour sortir de ce cercle mortel. Gagné ! Ils ne m'entourent plus, ils sont tous derrière moi.
Je cours, jette un coup d'oeil derrière. Un rôdeur a disparu et deux autres sont tombés l'un sur l'autre dans leur hâte de me sauter dessus. Il n'en reste qu'un qui me suit.
Je m'arrête nette, me retourne, l'attend et lui donne un coup de pied dans le thorax au moment où il m'atteint. J'ai senti ses côtes se briser sous le choc. Tant mieux. Je sors ma hache afin de lui exploser le crâne avec. Au moment fatidique, il réussit à me faire un croche pied. Je tombe à ses côtés, mais ma hache l'avait achevé avant que je ne touche le sol. Je me relève aussi vite que possible, récupère ma hache et vais achever les deux derniers avec.

Ma respiration se coupe. Daryl. On a dû se séparer il y a quelques minutes et je ne l'ai pas revu depuis. Il voulait attirer le plus gros de la horde derrière lui. J'en ai vu entre 5 et 10 le suivre. Je cours vers l'endroit où je l'ai vu partir. Au bout d'une minute ou deux, j'entends le brouhaha des grognements.

Pendant une seconde je pense à crier afin de les attirer dans ma direction pour qu'ils laissent Daryl tranquille, mais je me rends compte que je ne connais pas leur nombre exact. Je pourrais aussi en attirer des dizaines d'autres parsemés dans la forêt. Je renonce à cette idée et continue à courir le plus rapidement possible.

J'aperçois un petit groupe de 5 ou 6 rôdeurs en train de se regrouper pour manger quelque chose. Je vois du sang et des organes parsemés un peu partout.

Pendant une seconde mon cœur s'arrête devant cette scène d'horreur. Je suis incapable de réagir. Que sont-ils en train de manger ? QUI sont-ils en train de manger ?

Soudainement une main se plaque sur ma bouche et mon premier réflexe est de me débattre et de crier. En évaluant les risques, je comprends qu'il vaut mieux que je reste immobile et silencieuse.

J'ai bien fait. Je reconnais rapidement l'odeur de Daryl derrière moi. Je ressens une vague de soulagement tellement intense que je suis obligée de me maîtriser afin de ne pas sauter de joie. Je lui fais un léger hochement de tête pour qu'il comprenne qu'il peut me lâcher. Il me lâche aussitôt.

Je me tourne vers lui et lui fait un énorme sourire.
Il me répond d'un sourire en coin et me fait signe de le suivre le plus silencieusement possible.

Nous marchons un moment en évitant les rôdeurs. Au bout de quelques minutes nous trouvons une petite cabane ridiculement petite mais sécurisée.

Nous rentrons facilement, la serrure n'était pas difficile à forcer, Daryl m'a appris à le faire. Il n'y a ni rôdeur, ni lit, ni nourriture à l'intérieur.

On calfeutre les fenêtres avec du papier journal, et bloquons la porte avec une petite table en chêne. Avec le temps, nous faisons ce genre de chose avec automatisme. Pas besoin de se concerter, de réfléchir, ou d'en parler. Ça fait parti de la routine, c'est tout.

Une fois complètement en sécurité, on se pose un peu. Moi d'un côté de la cabane, et lui de l'autre.

- « Qu'est ce qu'il t'est arrivé après qu'on soit séparé ? » je lui demande en chuchotant.

- « Les rôdeurs m'ont suivi, j'en ai achevé quelques uns, et les autres ont sauté sur une biche qui passait. Ils l'ont encerclé. Je voulais les arrêter et puis je me suis dit que ça faisait une bonne diversion. Et toi ? Comment tu t'en es sortie ? Je t'ai vu partir avec au moins cinq rôdeurs derrière toi. » me répond-t-il sans même lever les yeux vers moi.

- « J'ai eu de la chance. Un a préféré rejoindre le groupe qui te suivait, deux sont tombés et j'ai tué les deux autres facilement. » je tente de répondre humblement.

Le silence s'impose entre nous, et je ne fais rien pour le briser. Cela fait une semaine que nous avons quitté l'hôtel ainsi que les autres, et notre relation avec Daryl a régressé. Nous ne nous parlons que par obligation, il n'y a plus aucun contact physique ni tendresse. J'ai l'impression que nous sommes revenu au début. Je l'exaspère sans même le vouloir et j'essaie de l'impressionner sans jamais y arriver. Je recherche son approbation et il refuse de me la donner.

Pourtant je sais qu'il n'y a pas de haine. Je sais aussi que c'est moi qui lui ai demandé du temps et de l'espace, mais je ne voulais pas qu'il s'éloigne à ce point là. Il a pris lentement ses distances et le fossé était déjà trop grand au moment où je m'en suis rendue compte.

Je ne fais pas grand chose pour qu'on se rapproche, je ne suis pas sûre d'être prête à initier tout contact. Mais Daryl me manque et je ne veux pas le perdre. J'ai peur qu'il soit trop tard. Je voudrais de tout mon cœur qu'il attende que je sois prête et c'est égoïste de ma part. Je ne peux pas jouer avec lui comme ça, mais c'est plus fort que moi. Je ne peux pas oublier ce qu'il s'est passé à l'hôtel aussi vite. Je travaille dessus mais il me faut encore un peu de temps.

Je ne tiens plus, le silence est trop pesant.

- « Tu penses qu'on est loin de la prison ? » je lui demande avec une voix plus fragile que je ne le voudrais.

On a décidé ensemble de repartir à la prison pour essayer de trouver des traces des autres. C'est à la prison que tout le monde s'est séparé, alors c'est là-bas que nous trouverons le plus d'indices. Avec un peu de chances, les autres ont eu la même idée et y sont retournés aussi. Peut être même qu'ils nous y attendent.

- « Encore un jour ou deux de marche je pense. » répond-t-il évasif.

- « Mhm.. D'accord. On va bientôt manquer de nourriture. Demain on va devoir chasser ou trouver une maison. » je tente de changer de sujet. Il aime toujours parler de chasse, ça devrait marcher.

- « On ira chasser, de toute façon il faut encore que tu t'entraînes... Bon tu devrais dormir, je prends le premier tour. » conclut-il la conversation avec fermeté, rendant impossible toute réponse.

C'est pas ce que j'espérais mais c'est un début.
J'acquiesce et m'installe de mon mieux dans cet état endroit aussi inconfortable que sale. Mais c'est pas comme si on avait les moyens d'être exigeant.

La fatigue l'emporte rapidement, en même temps que le soleil se couche.

Je suis réveillé en pleine nuit par un bruit de fracas à la porte de la cabane. Je me relève en sursaut et interroge Daryl du regard. Il me fait signe de ne pas faire de bruit.

Je lui obéis et reste immobile.

Quelques grognements se font entendre puis les bruits s'éloignent lentement. Je soupire silencieusement de soulagement .

Daryl se détend également et repose son arbalète. Je ne l'avais même pas vu la prendre. Je crois qu'il visait déjà la porte avec quand je me suis réveillée.

Tout ces muscles tendus... C'est du gâchis de ne pas en profiter ! D'un autre côté, m'imaginer lui sauter dessus me fait ressentir un certain dégoût.
Je suis énervée contre moi-même de ressentir ça. Je voudrais que tout s'arrange, je pourrais être en paix avec moi-même.

- « Tu m'as laissé dormir trop longtemps. Va te reposer, je prends la suite. » je lui dis avec douceur.

Il hoche la tête et part s'allonger là où je l'étais il y a quelques minutes.

J'inspire profondément et m'assois dans un coin, un couteau dans la main.

J'arrive à apercevoir la lune à travers la fenêtre. Le papier journal ne recouvre pas tout, et j'arrive à voir que c'est la pleine lune. Ça me rappelle que j'adorais m'asseoir sur la vieille balançoire les nuits de pleine lune à la ferme, avant tout ça. Quand le monde était insouciant et que personne n'avait peur de se faire manger par des cadavres. Je restais là-bas des heures. Parfois Maggie venait me rejoindre et on parlait de tout et de rien. On imaginait son départ à la fac. On se disait que j'irais passer du temps chez elle dès que j'en aurais l'occasion. On aurait visiter tout dans la grande ville, on aurait passer du temps entre sœur, et refait le monde à notre manière. Tout était encore possible.

Je suis nostalgique mais en même temps je veux la retrouver dans ce monde. Je suis sûre qu'elle est en vie, et si elle ne l'est pas, j'en veux la preuve. Si je retrouve Rick, il nous aidera. Il est encore en vie, personne n'a réussi à le tuer jusque là, et pourtant nombreux sont ceux qui ont essayé. Glenn est intelligent, il s'en est sorti aussi.
Ils nous cherchent, et on va les retrouver, ensemble. Daryl a encore de l'espoir aussi, je le vois.

Je souris à la douce lumière de la lune.

- « Pourquoi tu souris ? Qu'est ce qu'il y a ? » me demande la voix grave de Daryl.

Je ne m'en étais pas rendue compte mais il me regardait avec attention. Il détourne le regard à la seconde où je lève les yeux vers lui.

- « On va y arriver Daryl, on va les retrouver, et on sera à nouveau heureux. Tous, et toi et moi aussi... » ma voix s'étouffe sur les derniers mots.

Je continue à sourire mais mes yeux commencent à se remplir de larmes quand je comprends ce que je suis sur le point de lui dire.

- « Ne m'abandonne pas. S'il te plait, j'ai encore besoin de toi. » je chuchote comme si je voulais qu'il n'entende pas vraiment ces mots.

D'un seul coup il se lève, en silence et avec douceur il s'approche et s'agenouille à côté de moi. Il prend ma main et je la sers comme si j'avais peur qu'elle disparaisse.

- « Je serai toujours là. » chuchote-t-il à son tour.

Sur ces mots, je me blottis contre lui, il passe ses bras autour de moi et me sert fort. Je respire son odeur et la grave encore un peu plus dans ma mémoire. J'ai l'impression de vraiment respirer pour la première fois depuis plusieurs jours.

Les larmes ont disparu et je profite simplement de cette étreinte.
C'est juste de la tendresse et du réconfort. Cette sensation de ne pas être seule m'avait manquée. C'est un moment où je n'ai pas besoin d'être forte.

Le toucher de sa peau contre la mienne est incroyablement agréable. Je me réchauffe alors même que je ne me rendais pas compte d'avoir froid.

…...

Le jour se lève doucement. Daryl s'est endormi contre moi. Il est allongé, la tête sur mes jambes. Je caresse doucement ses cheveux depuis qu'il s'est endormi.

Je sens sa respiration accélérer légèrement jusqu'à ce qu'il ouvre les yeux. Il se tourne pour se mettre sur le dos, la tête reposant toujours sur mes jambes. Je lui souris instantanément, et il me répond toujours avec un léger sourire en coin.

Nous restons un petit moment dans cette position à nous regarder. Ses yeux bleus m'ont terriblement manqués et j'y plongerai bien toute entière.

Un oiseau vient accompagner ce moment parfait de son chant mélodieux. Nos regards se tournent en même temps vers la fenêtre. Nous décidons de nous lever et de sortir.

J'ai bien dormi et je pense que Daryl aussi, nous sommes en pleine forme. Il me propose de m'entraîner à la chasse avec un regard taquin.
J'acquiesce d'un grand sourire et il me donne son arbalète. J'observe le sol afin de trouver quelque chose à pister.
Daryl m'indique une direction et je trouve assez rapidement de légères traces de pattes de lapin. Nous nous lançons dans la traque de cette pauvre bête.

Après environ une heure de pistage, et d'échanges complices avec Daryl, j'aperçois enfin ce fameux lapin. Je le vise avec l'arbalète et tire sans hésiter. Je l'ai touché. J'aperçois le sourire fier qui s'est dessiné sur les lèvres de Daryl.

Le lapin est mort avant que j'arrive jusqu'à lui. Je m'excuse intérieurement de ce que je lui ai fait subir. Je déteste toujours autant tuer des animaux. C'est devenu facile de tuer les rôdeurs sans remords, mais j'ai vécu toute ma vie avec des animaux, je les ai aimés et nourris. J'ai encore du mal à oublier que ce sont des être vivants au même titre que les humains. Je me console en me disant que nous n'avons pas le choix et qu'il aurait sûrement plus souffert si il avait été attrapé par des rôdeurs.

Il faudrait d'ailleurs penser à nettoyer la forêt entière des cadavres ambulant afin qu'ils arrêtent de tuer nos proies. Le gibier risque de disparaître définitivement à ce rythme là. Nous avons déjà tué des dizaines de rôdeurs ici. Si nous exterminions le reste, les animaux pourraient proliférer à nouveau, et nous n'aurions plus autant de mal à trouver de quoi manger. Si nous retrouvons le groupe, cela pourrait s'avérer vital.

J'expose rapidement ma pensée à Daryl, il accepte et me dit que nous essaierons de tuer tous les rôdeurs qu'on croisera à partir de maintenant, mais qu'il refuse que je me mette en danger inutilement en allant les chercher.

Après avoir fait un feu de camp, nous mangeons la prise, et repartons vite sur le chemin. Nous nous rapprochons de la prison, alors autant ne pas perdre de temps pour rien.
La route se fait dans le silence, et dès que nous trouvons des petits groupes de rôdeurs, nous les achevons.

…...

La journée touche à sa fin,. Au final, nous en avons tués une bonne vingtaine aujourd'hui, et hier une dizaine. Bientôt, il n'y en aura presque plus.

Dans la forêt ils sont faciles à tuer. Les arbres les empêchent de se rassembler en groupe trop grand la plupart du temps. Et les racines les font trébucher, ce qui nous permet de prendre l'avantage sans trop d'efforts.

Nous établissons le camps en plein air, faute d'avoir trouvé un abri convenable. On installe rapidement les protections et restons dans le noir complet pour ne pas attirer l'attention des rôdeurs. Seule la lumière de la lune et des étoiles nous éclaire. Le froid est devenu dur à supporter. Je pense que nous sommes en octobre. Le temps a été plutôt clément jusque là, mais je sais que ça va rapidement se détériorer. Il ne devrait pas y avoir de neige mais les températures vont baisser, les nuits seront dures à passer.

Si nous n'avons pas trouvé le groupe d'ici là, il va falloir trouver un endroit sûr où passer l'hiver au chaud. Je n'ai pas besoin d'en parler à Daryl, nous le savons tous les deux. Il nous reste deux semaines, trois maximum, avant que la situation ne devienne dangereuse.
Heureusement nous avons pensé à prendre une couverture et des vêtements chauds avant de partir de l'hôtel.

Mais bon, ce n'est pas la peine de penser à ça maintenant. Pour l'instant, nous devons nous concentrer sur la recherche de notre groupe. Nous arriverons à la prison demain, il faut que nous soyons en forme, peut-être qu'elle est encore infestée de rôdeurs...

Je m'allonge à côté de Daryl, tandis que lui est assis et surveille les alentours.

Le soleil est couché et doucement je glisse ma main dans celle de Daryl. Je m'endors en sentant sa peau contre la mienne.

…...

La prison n'est plus qu'à quelques centaines de mètres et ça fait environ six heures que nous avons repris la route.

Quand nous apercevons la prison, tous mes espoirs s'effondrent. Elle est dans le même état que quand nous sommes partis. Totalement inhabitable, elle a brûlé et des dizaines de rôdeurs sont encore à l'intérieur.

- « Non... Je pensais... » la déception est trop grande. J'avais plus d'espoir que je ne le pensais.

- « Beth. Attends. Nous sommes venus pour trouver la direction dans laquelle ils sont partis, pas pour les retrouver à la prison. Ne t'inquiète pas, on a encore des chances de les trouver. Tu les a vu fuir avant nous ce jour-là, ils sont encore en vie. » tente-t-il de me réconforter avec gentillesse.

Je vois malgré tout que lui aussi est un peu déçu de voir notre prison, notre maison, dans cet état.
J'essaie de lui faire un fin sourire pour le rassurer. Mais en même temps mon regard aperçoit quelque chose. L'espoir revient en moi, encore plus vif qu'avant, presque douloureux.

Daryl comprend qu'il se passe quelque chose mais n'a pas encore vu ce que je suis en train de fixer. Il se retourne et derrière, à environ 20 mètres, derrière des arbres, sur un grand panneau, il y a un message. La plus belle chose que j'ai jamais vu. Il sourit en comprenant ce que c'est.

Je courre me rapprocher pour être sûre de ne pas avoir imaginé ce message. Mais en m'approchant, il reste en place, il ne disparaît pas.
Les larmes montent et coulent de mes yeux. Je souris de toutes mes forces. Daryl me rejoins et je saute dans ses bras. Il me sert et me soulève du sol de joie.

- « On a réussi, ils sont encore vivants. » je lui dis en le serrant fort dans mes bras. Je jette une dernière fois le regard au dessus de l'épaule de Daryl, vers ce message, avant de reprendre la route, plus heureux que jamais...

Sur ce panneau est écrit « Glenn, Beth, Rick, allez vers l'est, on vous attendra. » Signé : « Maggie, Sasha, Bob. ».