Chers Lecteurs fidèles,
Bizarrement, c'est quand je dis que je vais vite publier un nouveau chapitre que je mets deux mois à le faire, et quand j'avoue enfin qu'il va falloir attendre un moment pour que je publie une suite, je le fais une semaine après XD
J'ai profité du peu de temps libre de ces dernières semaines pour me refaire une nouvelle fois l'intégrale de The Walking Dead, et je viens de commencer la saison 4.
Entre temps, je me suis également plongée dans d'autres séries, et je vous conseille vivement de regarder Hannibal, qui est une série exceptionnelle. Je sais que beaucoup d'entre vous ne connaîtrons pas, mais elle vaut vraiment le coup d'oeil. Je suis tellement fan que j'ai déjà refait l'intégrale trois fois ! (Moi, obsessionnelle ? Nooooooon pas du tout...) Si vous ne savez pas quoi regarder, alors foncez vers celle là, et n'hésitez pas à m'envoyer un message si vous l'avez déjà vu ou que vous allez vous y mettre :D
Angelika : Coucou ! Merci encore une fois merci pour ta review, ça me fait toujours autant chaud au cœur:) Et merci pour ton avis sur le dernier chapitre. Effectivement, j'avais envie de recréer une nouvelle complicité, plus forte, qui va s'épanouir petit à petit. J'avais bien aimé écrire ce chapitre qui était presque « innocent »
GwendyDixonForever: Merci encore pour tes commentaires, je t'ai répondu par message mais je ne sais pas si tu as vu :)
Bref, me revoilà avec une nouveau chapitre, qui, j'espère, vous plaira.
…...
Le panneau. Nous avons trouvé le panneau.
Enfin Beth l'a vu en premier. Mais il est bien là et bien réel.
Nous nous sommes mis en chemin vers l'est le plus tôt possible. La route est silencieuse, mais il faut rester en alerte. On n'est jamais trop prudents par ici.
Beth avance d'un pas déterminé, ne semblant pas se soucier des dangers alentours. Je sais que ce n'est qu'un genre d'insouciance qu'elle se donne. Elle a acquis de nombreux réflexe, elle est toujours sur ses gardes. Elle se bat de mieux en mieux et est plus forte qu'au début de notre évasion. Elle est presque impassible, elle n'affiche plus ses émotions sur son visage comme avant. Plus redoutable et puissante, elle devient presque une guerrière telle que Michonne. Je crois qu'elle ne s'en rend pas compte, mais je le remarque un peu plus chaque jour.
Ce qu'il s'est passé à l'hôtel nous a éloigné. Je ne voulais pas risquer de la brusquer ou de lui faire du mal. Je sais que ce qu'elle a vécu était impardonnable et je ne savais pas comment l'aider. Je ne sais pas comment gérer ce genre de chose. La seule chose à faire, aurait été de tuer Jim, mais je ne suis pas sûre que ça l'aurait aidé.
Je sais que Beth en a beaucoup souffert, mais j'ai aussi vu que j'avais été incapable de la protéger quand elle en avait besoin. Quand je la regarde, les images de cette nuit maudite repassent en boucle dans ma tête.
J'ai voulu lui donner de l'espace, pour qu'on puisse faire le point tous les deux.
Je ne voulais pas qu'elle croit que je l'abandonnais, je voulais juste qu'elle ait le temps de se remettre sans que je lui mette la pression comme un enfoiré. Mais peut-être que c'est ce que j'ai fait après tout.
Elle a cru que je risquais de partir.
Peut-être que je ne lui apporte rien après tout, et finalement peut-être même qu'elle serait mieux sans moi. Elle est forte, elle sait se débrouiller toute seule. C'est peut-être le mieux que je puisse lui offrir.
Un rôdeur sort de derrière un arbre et je la laisse s'en occuper. Elle se bat avec tant d'énergie et de vigueur... Au départ, sa survie relevait du miracle, maintenant, elle se bat chaque jour pour la mériter.
Je tire sur un rôdeur de l'autre côté de la route et Beth court récupérer ma flèche dans son crâne. Elle a raison, on fait plutôt une bonne équipe.
Elle me sourit légèrement et nous reprenons la route.
J'aperçois au loin une sorte de vieux garage automobile. Peut-être qu'il y encore une voiture en état de fonctionner, ou peut-être même une moto.
Je fais signe à Beth de me suivre sans bruit. Elle hoche la tête en signe d'acquiescement. Je traverse la route, et commence à courir en direction du garage.
Il nous reste peut-être 10 mètres à parcourir quand nous nous arrêtons nets.
Un groupe de 10 ou 20 rôdeurs est regroupé à l'intérieur de la cour du garage. Aucune chance pour nous d'accéder aux voitures sans les tuer.
Heureusement ils sont entourés de grillage. Beth me fait signe pour me dire qu'on peut tous les tuer à travers, comme à la prison.
C'est risqué, les grilles pourraient céder d'un coup et lâcher tous les rôdeurs sur nous. Mais si Beth est d'accord pour le faire, je ne vois pas pourquoi je devrais m'y opposer. Elle est grande, elle peut faire ses propres choix. Elle sait aussi se défendre en cas de problème. Je n'aime pas trop ça, mais je n'ai pas de raison de protester alors j'accepte.
Nos couteaux en mains, nous nous approchons du grillage pour exécuter le plus de rôdeurs possibles.
….
Au bout de quelques minutes de lutte, nous terminons enfin d'abattre les rôdeurs. Il y en avait plus que prévu, et une des grilles a failli céder mais finalement, nous étions les plus forts.
Beth s'est bien battue. Je la regarde un instant avec attention. Elle lève finalement les yeux vers moi et je détourne vivement le regard. Je crois qu'elle l'a remarqué et son visage s'assombrit légèrement. Quel con !
Pour éviter de trop penser à elle, je lui fais signe d'entrer avec moi dans le garage. Il y a un cadenas sur la porte que je fais sauter avec une barre de fer trouvée à côté. Nous rentrons à l'intérieur et longeons discrètement le bâtiment afin d'avoir accès aux voitures se trouvant dans la cour, entre les grillages.
Des dizaines de cadavres jonchent le sol, et je sais que Beth a encore du mal avec les odeurs de putréfaction. Je jette un coup d'oeil vers elle, et elle ne semble pas perturbée. "N'oublie pas Daryl, c'est plus une gosse".
Je me penche vers la première voiture, et je vois qu'elle n'a plus de batterie.
- « Va voir si tu trouves de l'essence quelque part pendant que je m'occupe des voitures. »
Je sais que je viens de lui donner un ordre froidement et qu'elle est en train de lutter de toutes ses forces pour ne pas m'envoyer bouler, mais j'y prête pas attention pour le moment.
Elle acquiesce sans rien dire et part fouiller vers le fond du magasin.
La troisième voiture semble en état de fonctionner sans problème. Je trouve facilement les clés dans le garage et démarre la voiture. Elle démarre sans problème mais je vois le niveau d'essence catastrophiquement bas.
Je fais comprendre à Beth de se dépêcher, et j'arrive à l'entendre soupirer. Je vérifie une nouvelle fois sous le capot que les pièces sont en bon état, histoire de ne pas risquer de tomber en panne, au milieu de nulle part, face à une horde.
Beth ramène deux bidons d'essence qu'elle me donne. Je fais rapidement le plein tandis qu'elle va chercher deux autres bidons qu'elle charge à l'arrière de la caisse. C'est un vieux tacot mais il roulera encore un bon moment. Par chance il est marron délavé, ce qui permettra qu'il se fonde dans le paysage. S'il avait été d'une couleur vive, il aurait pu trop attirer l'attention.
Beth continue ses investigations et ramène quelques outils qu'elle range dans le coffre. J'en profite pour aller chercher quelques pièces de rechange dont on pourrait avoir besoin.
Une fois prêt, je vais chercher une solution pour sortir la caisse d'ici.
Je remarque assez vite qu'il est possible d'ouvrir les grilles de l'intérieur. J'attends que Beth me rejoigne pour les ouvrir en grand.
Elle s'installe côté passager et je prends la place du conducteur. Je démarre la voiture et avance d'abord doucement, puis plus rapidement. J'apprivoise ce tacot et nous partons pour une longue route vers l'est.
Seul problème, je suis bloqué avec une jolie blonde et je ne sais pas quoi lui dire.
Sauf qu'elle, elle veut parler, je le vois dans ses yeux.
Elle fait quelques tentatives mais se ravise presque aussitôt. J'aimerais que ce soit plus simple, j'aimerais oublier qu'un autre a posé les mains sur elle. Il faut du temps, toujours plus de temps.
Mais qu'est ce qu'elle me manque putain !
…...
Nous voilà Daryl et moi, à bord d'une voiture dans le silence le plus total. Je ne sais pas quoi lui dire, mais je trouve ce silence gênant.
Je lève les yeux vers lui à plusieurs reprises, prête à lui dire quelque chose, mais je me ravise à chaque fois.
Nous nous sommes rapprochés cette nuit, mais j'ai l'impression qu'une certaine distance est de nouveau entre nous. Je pense que Daryl lui même ne sait pas comment faire entre nous.
Il fait des efforts, mais par moment, je n'ai pas l'impression d'être soutenue. Peut-être que je me fais seulement des idées. Je ne sais pas quoi en penser. Et puis après tout, Daryl a toujours été du genre instable avec les relations humaines. Même avec Carole, ce n'était pas rose tous les jours.
- « Hé Daryl ! Tu te rends compte qu'on va bientôt revoir nos amis ? » je lui dis en tentant une approche qui devrait lui redonner le sourire.
- « Tu vas retrouver ta sœur, mais Rick est Glenn ne sont pas avec eux. C'est Maggie qui l'a noté sur la pancarte. Elle ne sait pas où ils sont. » me dit-il froidement.
C'est vrai. Je n'y avais pas vraiment réfléchi, mais Daryl ne retrouvera peut-être pas Rick. Nous n'avons pas trouvé de preuve de sa survie ou de sa présence auprès de Maggie.
J'ai envie de prendre Daryl dans mes bras et de lui dire que tout ira bien. Mais il risque de ne pas être très réceptif.
Je décide de tenter le tout pour le tout :
- « Tu sais Daryl, si on trouve un endroit assez sécurisé, on pourrait peut-être essayer de... tu vois ? » lui dis-je en priant pour qu'il comprenne où je voulais en venir.
- « Essayer de... quoi ? » me demande-t-il sans comprendre.
- « De nous réchauffer mutuellement. Les nuits sont de plus en plus froides... » lui dis-je en tentant de paraître un peu aguicheuse pour lui faire clairement passer le message.
Il semble absent pendant une seconde puis prend la parole :
- « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée Beth... » me dit-il en faisant semblant de se concentrer plus sur sa conduite que sur moi.
- « Pourquoi ? »
- « Je pense pas que tu sois prête à recommencer aussi vite après ce qu'il s'est passé à l'hôtel. Ne te force pas à coucher avec moi pour me retenir. » me dit-il en gardant les yeux la route déserte
- « Ce n'est pas pour t'empêcher de partir, mais pour t'empêcher de constamment mettre de la distance entre nous. J'en ai marre de ton silence quand je te parle, ou de ton attitude froide avec moi. A chaque fois qu'on fait un pas en avant ensemble, tu fais systématiquement deux pas en arrière. Je ne sais plus quoi faire Daryl... » je lui dis presque désespérée de ne plus le sentir à mes côtés.
- « J'arrive pas à gérer ce que ce connard t'a fait. J'essaie mais je veux pas te faire plus de mal. Je sais que tu n'es plus une fille fragile, mais parfois je me dis que je pourrais te briser en une seconde, sans même le vouloir. » Me dit-il d'un trait, embarrassé.
Je sais que ce qu'il vient de me dire est important, il est en train de se confier et d'être entièrement honnête avec moi pour la première fois depuis des jours. Mais peu importe, ça ne fait que ressortir la colère que j'ai en moi.
- « Je... Daryl... Arrête la voiture. »
- « Quoi ? »
- « ARRETE LA VOITURE ! »
Il arrête la voiture et je sors d'un seul coup. Il sort également, je cours vers lui et le frappe au niveau du thorax. Pas assez fort pour lui faire vraiment mal, mais suffisamment pour le déstabiliser. Il ne perd même pas l'équilibre mais semble totalement confus.
D'énervement, je le bouscule une nouvelle fois, enragée.
- « Tu crois que j'ai besoin de ton comportement de merde en ce moment ?! » je lui crie en le bousculant encore. « Tu crois que pour que j'aille mieux, il faut que tu me traites comme une inconnue ?! ».
Il ne sait pas quoi faire, et me laisse le "frapper" sans rien faire pour m'arrêter.
- « REAGIS ! » je hurle maintenant.
- « Beth... » me murmure-t-il, presque avec les larmes aux yeux.
- « J'ai besoin de toi, que tu sois là quand j'en ai besoin, pas que tu me lâches comme tu le fais ! » je crie encore un peu mais moins, et j'ai arrêté de le bousculer.
- « Je... c'est pas facile pour moi non plus ! Je voulais être là pour toi, mais tu m'as fait comprendre que tu voulais de l'espace. Je sais pas comment faire pour t'aider alors que j'arrête pas d'imaginer ce type te toucher à chaque fois que je te regarde ! » me hurle-t-il. Il est énervé aussi, mais semble en même temps regretter ce qu'il vient de dire. C''est trop tard, je commence à courir le long de la route pour le semer. Est-ce qu'il vient vraiment de dire ça? Comme si c'était ma faute?
- « Attends Beth... » Me dit-il en me rattrapant presque aussitôt. « C'est pas ce que je voulais dire. »
- « Si, c'est exactement ce que tu voulais dire Daryl, et t'as enfin eu l'honnêteté de reconnaître que tu m'en voulais d'avoir failli me faire violer. »
- « Non, c'est pas ça. Je voulais pas que tu le comprennes ça. Bien sûr que j't'en veux pas... Tu me prends pour qui, putain? C'est juste que c'est arrivé, et j'arrive pas à faire comme si rien ne s'était passé. » me soupire-t-il emplit de tristesse.
- « Tu crois pas que je le sais ? Moi non plus j'y arrive pas. Et te voir m'ignorer n'arrange rien... »
Il ne dit rien, et se contente de lever des yeux embués de larmes vers moi, pour les rebaisser aussitôt.
Je soupire et le prends dans mes bras, regrettant d'avoir été aussi dure avec lui. Il m'entoure également de ses bras, et me serre plus fort que tout.
- « S'il te plait, ne me lâche pas, Daryl. Reste, et arrête de me repousser. J'ai besoin que tu sois là. J'ai besoin qu'on soit forts ensemble. » je murmure à son oreille.
Je dépose un baiser sur sa joue, pendant qu'il rougit.
- « Tu sais que je suis pas doué pour tout ça... »
J'arrive à entendre un semblant d'excuse dans sa voix.
- « Je sais, et je crois que moi non plus... On va y arriver, hein ? » je lui demande d'une petite voix.
J'enfouis ma tête dans son cou et inspire longuement son odeur.
- « Oui, comme toujours. Allez, dépêche-toi.»
Il me prend par la main, me ramène à la voiture et m'ouvre la portière pour que je m'y assois. Il fait le tour et reprend le volant de manière déterminée.
- « Où est-ce qu'on va ? » je l'interroge en souriant.
- « Trouver un endroit pour se réchauffer mutuellement. » sort-il d'un ton grave et prometteur.
