Chapitre 9

- Mais tu vas courir plus vite bordel !

- Arrête de chuchoter si fort on va se faire prendre !

- Alors bouge ton derch fissa !

- Je te merde et mon derch aussi !

- Dans la pénombre de la nuit, trois âmes cours dans les rue de la Soul Society, dont 2 sont très peu discrètes…

- Taïcho, c'est pas que votre dispute de couple m'embête mais ce n'est franchement pas le bon moment…

- Matsumoto la ferme !

- SILENCE BORDEL !

Alors que le cri plein de chaleur de la demoiselle absolument pas en détresse se laissa porter par le vent, celui-ci décida de se stopper. Preuve évidente de la mauvaise tournure des événements.

- Alors là… c'était franchement pas l'idée du siècle Karin. Je t'ai connue plus perspicace dans tes choix d'actions.

- Matsumoto la ferme !

- Vous êtes fait pour vous marier et faire pleins de petits shinigami.

- Matsumoto ce n'est pas le moment…

- En plus vous ne démentez même pas quand je dis que vous sortez ensemble !

- Matsumoto, je suis ton capitaine et de ce fait je t'ordonne de te taire !

- Pour une fois que je suis d'accord avec le nabot…

- Et sinon… vous êtes passé à l'étape supérieure récemment ?

- MATSUMOTO!

- Je vois… vous êtes frustrés ! Il a du mal à la lever ou c'est la peur de la première fois ?

- MATSU ...

Trop tard. La chose que nos trois protagonistes cherchaient à fuir avec zèle et embrouille venait de couper le couple dans leur tirade favorite pour casser une maison sous l'une de ses immenses pates griffues. La chose, ressemblant à un chien géant à la langue pendante, cherchait depuis un petit moment à ramener des âmes à son cher maître quand le couple et la pulpeuse rouquine avaient déboulés sous son museau. Depuis il les chassait.

- Taïcho ? Je propose de nous mettre à courir.

- Excellente initiative. Courons !

Et la chasse continua.


Vêtu de blanc, dissimulé par les ombres, il attend. Un cri au loin lui apprend que le temps est venu. Souplement et en silence il approche de sa futur cible. Un bâtiment tout en longueur d'un blanc aussi immaculé que sa tunique. Pour le moment tout du moins.

Il semble glisser sur les toits. Les rues sont désertes. La seule agitation vient de quelques rues plus loin. C'est un chien géant qui attaque des shinigamis. Mais il ne peu pas agir. Il a une mission. Il doit trouver des informations avant d'agir. Il n'est plus le même qu'autrefois et c'est un homme nouveau qui se trouve dans cette ville.

Passant par une fenêtre il arrive dans un laboratoire. Il n'y a personne. Doucement il s'approche du bureau où se trouvent tous les dossiers des victimes qui périssent les unes après les autres. Il n'a pas fait la moitié du premier paquet que le cri perçant retenti à nouveau. Il doit partir.

Avant de faire le chemin inverse il décide de prendre un dossier se trouvant séparé des autres et se fondant dans la nuit il disparait à nouveau.

Seulement une minute après la disparition de l'ombre, un homme à l'allure étrange entre accompagné d'une jeune femme au visage inexpressif.

- Ma chère Nemu, je pense qu'une petite sourie s'est introduite dans notre maison.


Arrivé à Jérusalem pris plus de temps que prévu pour Malik. En effet, voyager avec un bébé était complètement différent que de voyager seul ou avec un disciple…

Disciple. Novice.

Regardant le ciel, le Rafik de Jérusalem poussa un profond soupir.

- Ta lame ne versera pas le sang d'un innocent. Montre-toi, mais reste invisible. Tu ne mettras jamais la Confrérie en danger.

Le puissant « Gaaaa ! » de la petite fille assise à ses pieds, bavant avec application sur un cube de bois le rappela sur terre.

- Laisse-moi m'inquiéter pour ton frère sale gosse !

- Ga!

- Ho et puis merde !

- Er?

- Retourne faire tes dents.

- Ga!

Et comme semblant l'avoir comprit, l'enfant retourna baver sur son cube.

- Je suis maudit…

- Ga !

- Ne me répond pas jeune fille !


Assit sur une arche de pierre dans un jardin, la silhouette blanche, un grand oiseau sur son épaule gauche, a ses yeux, dissimilés par sa capuche, fixés sur une feuille couverte d'écritures. Un coup de vent soulève légèrement son couvre-chef laissant ses yeux noisette se révéler. Il se passa quelques minutes avant qu'il n'abaisse la feuille noircie d'annotations et de la ranger dans sa sacoche qui pend à son côté droit avec le reste du dossier dérobé dans le laboratoire quelques temps plus tôt.

D'un mouvement imperceptible de l'épaule il fait s'envoler l'oiseau qui s'élève dans la nuit noir. Le ciel nuageux ne laisse pas une seule étoile transparaitre, offrant une obscurité bienvenue. La lune, grande, ronde, pleine…

Elle semble le surveiller et veiller sur chacun de ses pas dans ce monde des morts qui où habituellement les âmes sont légions, bruyantes et toujours en mouvement dans leur seconde vie. Toujours sous la pleine lune il s'élance dans le vide pour commencer sa course se répétant inlassablement les paroles de son maître pour se donner du courage et de la motivation dans sa mission.

Il faisait nuit dans le désert de sable qui les entouraient. Il n'y avait que lui et Malik. Ca faisait une semaine qu'il était auprès de lui et l'aidait dans sa tache de Rafik. Pour le moment il n'avait pas eu d'entrainement. Dans le ciel les étoiles brillaient de milles feux et la lune était si belle et si pleine…

Malik n'avait pas voulu lui dire où ils allaient. Il lui avait juste dit de s'habiller et de marcher avec lui en direction de la sortit de la ville. Ils avaient marchés pendant un bon moment avant d'arriver dans une ruine et de pénétrer dedans. Malik s'y était enfoncé sans aucune crainte, comme s'il connaissait l'endroit depuis toujours. Il l'avait suivi. Ils avaient marché pendant une bonne heure avant d'arriver dans une grande cour intérieure dont le sol dallé de marbre se voyait à peine sous les couches de sable. Le ciel apparent et les torches allumés offraient au lieu un semblant de mysticité qu'il ne voulait pas briser en paroles inutiles.

- Ichigo ! A genoux.

Sans vraiment comprendre, Ichigo tomba à genoux devant son maître. Il atterrit violement au sol se qui lui fit afficher une grimace discrète. Il avait heurté un endroit où le sable était moindre.

- De l'ombre, tu rejoins la Lumière. De la Lumière, tu regagnes les Ombres. Es-tu prêt à suivre la Voie de l'Aigle ?

- Si c'est ta manière de me demander si je veux toujours que tu m'apprennes alors oui.

Un demi-sourire plein de sarcasme aux lèvres, Malik poussa un petit soupir d'exaspération. Son Novice avait un sacré caractère.

- Ces mots viennent de nos ancêtres. Ils forment le cœur de notre Crédo. Ta lame épargnera le sang de l'innocent. Montre-toi mais reste invisible. Tu ne mettras jamais en danger la Confrérie. Que ces préceptes marquent à jamais ton esprit. Suis-les et tu deviendras meilleur. Bafoue-les et tu en souffriras.

Lentement il reprit sa respiration et prenant un brassard qui n'était t'autre qu'une lame secrète il s'approcha lentement.

- Lève-toi, Assassin. Ichigo Kurosaki est mort. Il a disparu de ce monde. Ses péchés et ses échecs… sont réduits au néant. Ce soir il ressuscite, tel un novice de la Confrérie des Assassins.

Légèrement étourdit par les paroles de Malik, Ichigo comprit enfin ce qu'il venait de se passer. Il était un Novice. Il allait apprendre. Il allait devenir un Assassin.

Sans parler il releva légèrement le bras droit où se trouvait désormais la lame secrète. Son principal atout et dans un mouvement de bras il fit sortir la lame qui scintilla d'un éclat chatoyant à la lueur des flammes. Les yeux toujours fixés sur la lame il se répéta les paroles de Malik. Malik qui lui avait dit d'autres mots juste après.

- Quand les lois des Hommes tentent de te dicter ta Voie. Souviens-toi qu'aucune loi ne peut prétendre à prévaloir sur la tienne. Puissent-elles venir de ceux qui se disent citer ton Dieu. En cela rappel-toi…

- Que rien n'est vrai…

- Quand les chaines d'un asservissement quelconque te retiennent. Souviens-toi que tu es libre de tes actes et que personne ne peut retenir l'élan de la Liberté. En cela rappel-toi…

- Que tout est permis…

Et il continua sa route vers le monde des vivants.


Renji gisait sur les draps comme une poupée de chiffons abandonnée. Il sombrait peu à peu dans les limbes du sommeil quand un hurlement de pure rage lui fit ouvrir les yeux et réanima ses réflexes de combattant. Tout ses sens en alertes il calma sa respiration pour pouvoir concentrer son ouïe vers ce qu'il se passait en dehors de la chambre.

- Comment ça il est mort ?

- Pardonnez-moi maître, mais celui que nous avons envoyé chez les humains n'est pas revenu alors j'ai envoyé un des spectres qui nous a ramené son cadavre.

- Comment est-il mort ?

- On lui a tranché la gorge mon maître.

- Non… Je veux voir la dépouille !

- Je vous l'apporte tout de suite maître.

- Y en a-t-il d'autres qui ne sont pas revenu ?

- Les quatre qui sont partis pour la Soul Society mon maître. Je vais envoyer un spectre les chercher.

- Bien. Et dépêche-toi ! Je veux avoir confirmation.

Un des sbires était mort ? Mais comment ? Lentement une once d'espoir refit surface. Il y avait quelqu'un. Au moins une personne en ce monde qui avait réussi là où personne encore n'avait donné le moindre résultat. Lentement il tomba dans les bras de Morphée en se demandant qui pouvait bien être cet espoir et à quoi il ressemblait…


- Étrange… cela fait une semaine qu'il n'y a plus eu une attaque. Le couvre feu est encore en place mais il n'y a plus de morts ni de disparus… c'est très étrange et très inquiétant…

- Mais que dis-tu comme ânerie encore ? Je sais moi ce qu'il se passe ! C'est l'Assassin ! Il est là et il nous protège.

- Ma pauvre fille il est temps que tu arrête de rêver et de revenir dans le monde réel. Ton sauveur il n'existe pas. C'est une rumeur.

- Je suis certaine qu'il existe. C'est le vieux Malik qui le dit.

- Le vieux n'a qu'un bras ? Il divague. Tu sais qu'il vient de l'époque des croisades. Il n'a plus toute sa tête. Il déraille le vieux.

- Et bien moi je crois.

- Et moi je doute. Comme-ça on se complète. Maintenant il est l'heure d'aller manger.

- Tu m'énerve !

- Je sais.


La guerre de l'ombre va commencer.


Dans une petite maison, un vieil homme n'ayant qu'un bras regarde le ciel d'un bleu merveilleux. Il se souvient du jour où son apprenti lui avait parlé de ce monde. Il comprenait maintenant pourquoi ses yeux étaient si pleins d'étoiles quand il en parlait…

Tournant la tête vers la fenêtre il remarqua le pas précipité de la gamine qui aimait tant qu'il lui conte les histoires de son temps. Mais surtout sur les Assassins et les Templiers.

Relevant la tête vers le ciel bleu il ne résista plus.

- Laa shay'a waqi'un moutlaq bale kouloun moumkin. Toute la sagesse de notre credo est contenue dans ces paroles. Nous agissons dans l'ombre pour éclairer le monde. Nous sommes des Assassins. Rien n'est vrai. Tout est... permis.