Je vous publie un nouveau chapitre un peu plus court que les précédents. Je ne me sentais pas de faire un très long chapitre car celui là servira juste de transition pour la suite.
Angelika: Merci de tes messages, je te lis toujours avec plaisir. Ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave si tu ne mets de review dans la minute :D Tu as raison, j'ai pris beaucoup de temps cette fois ci encore, et le fait d'être aussi irrégulière ne doit pas être très agréable :/ J'espère que ce chapitre te plaira :D
J'en profite pour remercier GwendyDixonForever d'être aussi adorable et gentille. Passez lire ses fanfictions, ça vaut le détour ;)
Bonne lecture à tous.
...
Le jour se lève enfin.
Après notre arrêt d'hier soir nous avons repris la route et avons roulé quelques heures encore, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus suffisamment de lumière pour voir la route. Le problème avec la fin de l'automne, c'est que les nuages ont tendance a vite obscurcir le ciel.
Nous nous sommes arrêtés dans un coin tranquille et avons dormi à même la voiture, non sans quelques baisers et câlins enlacés. Le jour met malheureusement bien plus de temps à se lever. Les premières lueurs ne sont visibles qu'à partir de 8h, cela raccourcit les journées et nous laisse dans la pénombre plus longtemps, ce qui peut-être très dangereux.
Daryl décide qu'il est l'heure de partir et me laisse même le volant pour la première fois, j'en suis super heureuse. Bon, c'est pas comme si c'était la première fois de ma vie que je conduisais, j'ai même mon permis, mais savoir qu'il me laisse prendre cette place là nous met sur un pied d'égalité, et démontre sa confiance en moi.
Je prends le volant pendant qu'il nettoie nos armes du côté passager.
Le yeux perdus dans l'horizon, je me remémore la conversation que nous avons eue hier soir avant de nous endormir.
…
- « Tu penses qu'on est suffisamment bien cachés ici ? » lui demandais-je alors que nous venions de nous installer pour dormir. Daryl avait caché la voiture dans un coin de forêt particulièrement dense.
- « Oui, t'inquiète pas. Les rôdeurs pourront difficilement atteindre la voiture. » me répondit-il sûr de lui.
Les nuits étant vraiment froides, je lui avais fait comprendre que je voulais qu'il vienne dormir avec moi sur la banquette arrière. Nous avions poussé les bidons d'essence et je me suis lovée contre lui. Il était contre le dossier de la banquette, et heureusement, nous avions juste la place de tenir à deux dessus. Nous aurions probablement eu plus de place sur les sièges avant mais il y aurait eu moins de contact et de chaleur.
Le silence s'installa rapidement alors que je savourais sa présence rassurante près de moi. J'étais dos à lui et son bras m'enlaçait tendrement. Je caressais doucement sa main lorsqu'une question me vint en tête. Je fis de mon mieux pour la repousser, en vain. Je laissa passer pas mal de temps avant de me décider à la formuler à voix haute. J'espérais presque qu'il dormirait déjà et qu'il n'entendrait pas.
- « Combien de femmes as-tu eu dans ta vie ? » je questionna d'une voix timide et franchement pas rassurée.
Pendant quelques secondes je n'entendis que le silence, puis je le sentis soupirer.
- « C'est à dire ? » me demanda-t-il d'une voix rauque, presque ennuyée.
- « Avec combien de femmes as-tu couché ? » lui précisais-je, ayant peur de la réponse, quelle qu'elle soit.
Je sentis qu'il hésitait un peu dans le choix de ses mots. La réponse prit du temps à venir.
- « J'ai l'impression que peu importe la réponse, ça ne va pas te plaire, alors tu devrais me dire tout de suite ce que tu voudrais que je dise, ça ira plus vite. » me répondit-il sur un ton entre la taquinerie et l'exaspération.
- « J'aimerais bien la vérité pour commencer, mais si Monsieur a trop peur de ma réaction, ça ne peut que vouloir dire qu'il a un beau tableau de chasse à son actif. » rigolais-je en lui donnant un léger coup de coude pour la taquinerie.
Il laissa échapper un soupir qui ressemblait beaucoup à un rire. Puis se reprit pour me répondre:
- « Je peux pas te dire exactement avec combien de fille. J'étais bourré la moitié du temps, ce n'était que des coups d'un soir, et au bout d'un moment, tu comptes plus. Mais il y en a eu quelques unes effectivement... De toute façon c'est fini tout ça.» Je voyais bien qu'il essayait de ne rien dire d'offensant envers qui que ce soit.
- « Tu veux dire plus de dix filles ? » lui demandais-je le temps que sa réponse me monte au cerveau.
Il se tendit, et je compris qu'il hésitait. Il devait se dire que j'étais une fille sacrément naïve et innocente.
- « Mhm oui... » me dit-il lentement.
- « Oh... ça veut dire beaucoup plus que dix ? »
- « Oui. » répondit-il simplement, un peu sur ses gardes en attendant ma réaction.
- « C'est... impressionnant ! Au moins, maintenant je sais que Monsieur Dixon n'est pas seulement doué avec une arbalète. » je le taquina gentiment.
Il se détendit et rigola un peu. En attendant, je me sentais un peu effrayée en sachant qu'il avait tant d'expérience. Moi, à côté, je me sentais complètement nulle et inexpérimentée.
Il dut comprendre le cheminement de mes pensées parce qu'il n'osa plus rien dire, il se contenta de poser ses lèvres doucement dans mon cou, comme pour tenter de me réconforter un peu. Je ne suis pas en colère comme il en a eu peur, mais je remets en question la place que j'ai pour lui.
J'avais besoin d'être un peu rassurée.
- « Et est-ce que je suis différente de toutes ces femmes ? Je veux dire, est ce que je ne représente qu'une fille de plus pour toi ? » lui dis-je d'une voix hésitante. Je connaissais déjà la réponse, mais allait-il me dire la vérité maintenant que je suis presque la dernière femme sur terre ? (en tout cas la seule qui soit présente auprès de lui).
- « Beth... tu as vraiment le truc pour te prendre la tête avec des questions stupides. » me dit-il essayant de détendre un peu l'atmosphère. En gardant le silence, je lui fis comprendre que j'étais sérieuse et que j'avais vraiment besoin d'être rassurée, il reprit : « Bien sûr que tu es plus importante que toutes les autres filles avec qui j'ai pu coucher. Je ressentais rien pour elle, elle valait pas la peine de se battre. Toi si. »
Je me surpris à sourire, alors même qu'il venait de montrer un manque énorme d'intérêt pour des femmes à qui il avait fait l'amour, je m'en fichais. Tout ce que j'étais capable de retenir était qu'il venait de me dire que je valais la peine qu'il se batte pour moi.
Heureuse de sa réponse, je me retourna pour être face à lui. Mes mains glissèrent rapidement sur sa nuque et contre son torse. Je le regarda dans les yeux, et je pus y lire tant de choses agréables. Sans me retenir, je l'embrassa tandis qu'il caressait tendrement la peau de mon dos.
…
Nous ne sommes pas allés beaucoup plus loin. Il ne fallait pas faire trop de bruit, nous étions fatigués et pas forcément prêts à remettre ça si vite. Nous avons fini par nous endormir. Mais j'étais tellement bien dans ses bras, j'aurais voulu qu'on puisse vivre dans un monde où dormir dans le même lit toutes les nuits et se réveiller l'un à côté tous les matins aurait été quelque chose de facile et normal. Nous devrons nous contenter d'une nuit volée dans une voiture, avec la peur de mourir le lendemain.
Néanmoins, cette conversation m'a un peu perturbée. Je suis contente d'être au courant et je trouve ça impressionnant et presque sexy d'être avec un homme qui a eu autant de conquêtes mais il n'y a rien de mieux pour te foutre un complexe d'infériorité. Le problème c'est que maintenant je me sentirai toujours en concurrence avec les autres filles qu'il a eues avant moi.
Ce ne sera pas un problème s'il me rassure régulièrement, la confiance en soi est quelque chose de fragile, et je me chargerai de lui rappeler.
…
La route est très longue, et je me demande le temps que cela aurait pris d'y aller à pied. En fait, nous ne savons même pas où nous allons. La seule chose qu'on sait, c'est qu'il faut aller vers l'est, mais jusqu'où ?
Le temps passe, nous traversons des routes parsemées parfois de cadavres de rôdeurs ou d'animaux. Le soleil est haut dans le ciel et apporte un peu de chaleur dans ce temps plutôt frais. Les paysages sont magnifiques, et si nous n'avions pas en tête quelques chose d'aussi important que retrouver notre famille, j'aurais probablement pris le temps de m'arrêter pour savourer la beauté du panorama. Les décors de forêt, champs et plaines s'enchaînent. Nous suivons les chemins de fer vers l'est en espérant y trouver notre groupe à un moment ou un autre. Le problème c'est qu'il faut souvent faire des détours à cause des rôdeurs ou de la route parfois impraticable en voiture.
Daryl est relativement silencieux, le regard fixé sur la route, ou occupé à aiguiser nos couteaux. J'essaie de faire un peu la conversation, mais nous parlons surtout de la route, des petits raccourcis à emprunter ou des grands détours à faire. Il a un sens de l'orientation incroyable, et il prend le rôle de copilote. Je conduis et il dirige. On fait une bonne équipe, et quand je lui fais remarquer, ses lèvres affichent un léger sourire en coin.
Au bout de quelques heures, Daryl et moi apercevons un nouveau panneau au bord des chemins de fer, le même que la dernière fois : « Beth, Rick, allez vers l'est, on vous attendra. » Signé : «Maggie, Glenn, Sasha, Bob. ». Le sourire aux lèvres, et l'espoir dans les yeux, nous avons continué.
En milieu d'après midi, nous trouvons un endroit nommé « Le Terminus ». Mais celui ci est réduit en cendre. Les rôdeurs ont envahis les lieux, et plus aucun vivant n'a l'air présent. Pendant une seconde, mon cœur se brise. Est-ce qu'ils étaient à l'intérieur ? Si c'est le cas, comment ont-il pu survivre à un tel chaos? Daryl pose sa main sur mon épaule pour s'assurer que je ne m'effondre pas, mais ce n'est pas le cas, je tiens bon. Je glisse ma main dans la sienne et la serre pour lui montrer que je reste forte, tandis que je repousse les larmes qui tentent de remplir mes yeux.
La seconde d'après, nous apercevons un nouveau panneau rassurant. « Le Terminus est tombé, Beth, Daryl, suivez les chemins de fer. » signé « Tout le groupe ».
Explosion de joie. Dans les yeux de Daryl et dans les miens, le bonheur de tous les retrouver. Non seulement ils sont encore en vie, mais en plus ils sont tous ensemble. Daryl va enfin revoir Rick, il y trouve aussi l'espoir et le réconfort qu'il lui fallait. Nous n'avons jamais été aussi proches de les retrouver.
Si il y a bien un groupe qui a pu faire brûler cet endroit, c'est bien le nôtre. Que pourrait-il leur arriver maintenant ?
Ils sont encore vivants et nous allons les rejoindre.
