Les personnages et l'univers de KHR ne m'appartiennent pas


04 : ÊTRE : TSUNAYOSHI

Tsunaze, c'était ce garçon ennuyeux, en dessous de la moyenne quoiqu'il fasse. Il était moins grand, moins fort, moins agile et moins intelligent que ses pairs. La seule chose qu'il avait en plus était sa douce et merveilleuse maman : Nana. Il l'adorait, elle était son monde. Toujours à l'écoute, toujours prête à l'aider ou à lui prodiguer des conseils, elle était celle qui le soignait quand ses camarades de classe le blessaient et celle qui le consolait quand ils l'insultaient. Un raté comme lui ne la méritait pas.

Il avait aussi un père mais il n'en parlait pas. Son père n'était pas une personne, c'était une absence, une blessure. Si sa mère l'aimait encore et le pleurait, Tsunaze n'éprouvait que rancœur pour cet être manquant.

Puis, alors qu'il grandissait seul et sans défense, sa mère engagea un tuteur. Soudain, sous la torture de ce dernier, Tsunaze devint Tsunayoshi, un adolescent généreux et patient qui cachait bien sa force.

_Tu as beau rugir comme un lion tu restes un chaton, Gattino, lui avait un jour dit son tuteur Reborn.

Il se fit même un ami en la personne d'Enma Kozato.

La mort de Nana fut brusque et inattendue. Crise cardiaque, annonça le docteur. Son mari revendit la maison et les affaires qui étaient dedans, donnant à peine le temps à son fils de plier bagages. Là où Tsunaze aurait pleuré, Tsunayoshi ne pouvait pas : il ne comprenait pas. Comment la vie pouvait-elle être aussi cruelle ? Comment un homme pouvait-il l'être ? Son père qui l'avait abandonné venait de lui voler son existence. Il n'avait plus de mère, plus d'argent, plus de maison, son tuteur et confident devait partir car il avait hérité de ChaosDay -le journal le plus réputé du pays- et son unique ami avait ses propres problèmes à gérer. Il était seul à nouveau et, tristement, c'est seul qu'il assista à l'enterrement.

Le lendemain, un vieil homme suivi d'Enma le trouva assis sur un banc, les yeux vacants. Il se présenta et proposa de lui prêter un appartement le temps qu'il finisse le lycée. Son ami l'encouragea à accepter : Tsunayoshi était presque majeur -encore un mois et il n'aurait plus jamais à entendre parler de son père- mais il avait besoin d'aide.

Finalement il termina ses études et, avec l'accord du vieil homme Timoteo, resta dans son appartement au pavillon Vongola, trouvant des petits boulots pour payer son loyer.

Une année passa, il se découvrit de nouveaux amis en ses voisins, il réapprit à sourire, à être joyeux, mais le fantôme de sa mère et la trahison de son père étaient toujours avec lui, rendant son sourire triste et sa joie de courte durée. Son cœur s'était éteint, à jamais pensait-il.

Jusqu'au jour où son père lui envoya une lettre remplie de remords et d'excuses sincères, annonçant qu'il souffrait d'un cancer auquel il n'avait que peu de chances de survivre. Tsunayoshi sentit son cœur se briser, il ne savait pas quoi faire. D'un côté l'absence de son père avait été la cause de maintes souffrances dans son enfance, et il lui en voulait. D'un autre, ce dernier était gravement malade et c'était sa dernière chance de renouer avec lui.

Les mois défilèrent, Tsunayoshi restant plongé dans un silence désespéré. Il se levait, mangeait, travaillait et dormait comme tout un chacun, mais son regard était comme mort. Même ses nouveaux amis du pavillon Vongola ne parvenaient plus à lui soutirer ni mot ni sourire. Il avait perdu sa flamme.

Un soir, alors que le crépuscule laissait place à une nuit sombre, assis sur un banc du parc il réfléchit. Il savait qu'il déplorerait à jamais les tourments et la solitude de son enfance, ainsi que le décès de sa mère. Était-il capable d'en faire autant pour son père ? Il l'ignorait. Se prenant la tête entre les mains, il se décida.

Le lendemain, c'est un Tsunayoshi au visage fermé qui se rendit à l'hôpital de la ville voisine. L'odeur du désinfectant, les murs blafards et les faces du désespoir faillirent le faire reculer. Prenant son courage à deux mains, il avança malgré tout. Le pas déterminé, la mine grave, il se rendit à la chambre de son père. La vision de celui-ci, semblant si fragile et si malade, si lointaine du grand blond au sourire idiot dont il se souvenait à peine, le choqua. Au final, il prononça trois mots et repartit. Trois mots qui voulaient dire le monde pour son père : « Je te pardonne ».

L'homme décéda une semaine plus tard d'une mort paisible, laissant derrière lui un fils orphelin plein de regrets quant à ce qui aurait pu être.


Lexique du chapitre :

Gattino : Chaton.


Et voilà -enfin!- Tsuna. ^^

J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à me faire part de vos avis par review ou par PM, je ferai au mieux pour vous répondre.

Que la glace caramel/noisette soit avec vous,

Plew A.E