Je le répète tellement que je devrais en faire un refrain mais : l'univers et les personnages de KHR ne m'appartiennent pas.


« It feels like there's oceans
Between me and you once again
We hide our emotions
Under the surface and tryin' to pretend
But it feels like there's oceans
Between you and me »
Oceans, Seafret

10 : CAPITOLO : PERDUTO SENZA TU (perdu sans toi)

Il pleuvait sur la cité. Une vieille dame balayait malgré tout sa véranda, fredonnant quelques comptines pour enfant. Les voitures défilaient sur les routes l'espace de quelques secondes, leurs phares brillant tels mille étoiles en cette sombre journée. Déambulant au gré du vent, un jeune garçon au visage morne et aux pieds trempés s'arrêta soudain en plein carrefour, faisant freiner d'urgence une caravane qui arrivait sur lui. Loin de s'en soucier, il regarda autour de lui, l'air curieux.

_Ah... Prononça-t-il sans inflexion de la voix. Je me suis encore perdu.

Haussant les épaules, il continua son chemin sur une centaine de mètres avant de se heurter à un inconnu renfrogné. Il allait pour s'excuser quand l'inconnu lui pris le bras et se mit à le secouer en lui criant dessus. Le garçon, loin de réagir, le regarda faire d'un œil exaspéré.

_Hey le vieux, interpella-t-il, vous feriez mieux de me lâcher sinon on va vous prendre pour un pédophile.

Une phrase complète, polie et prévenante, mettant l'homme en garde des répercussions de ses actions... Le garçon s'autorisa un sourire satisfait face à cette performance de conversation réussie. Malheureusement pour lui, l'homme devait être un imbécile car au lieu de s'excuser et de passer son chemin -ce que tout être censé aurait fait après un tel avertissement-, il le secoua encore plus fort et s'apprêta à le frapper. Hm, voilà qui était contrariant.

_Comment oses-tu me traiter de pédophile, foutu morveux ?!

Il devrait vraiment demander à sa mère des cours de communication, son manque d'expérience commençait à lui attirer des ennuis.

_Répond-moi sale gamin ! T'as perdu ta langue, hein ? Hein ?!

Ou pas : connaissant cette garce elle les lui ferait payer au prix fort or il préférait réserver son argent de poche à des hobbys plus passionnants, tels que les bonbons.

_Monsieur, interrompit quelqu'un, veuillez relâcher cet enfant ! Ce comportement est indigne d'un être sensible tel que vous !

_Sensible ?! S'outra l'homme. D'où tu me traites de femmelette, tafiole !

L'enfant, qui avait le tournis à force d'être secoué, ne put s'empêcher de ricaner, échappant un murmure :

_Non mais quel idiot...

_On peut savoir qui tu traites d'idiot satané môme ?! S'énerva l'homme en levant son poing pour le cogner.

Heureusement, l'inconnu qui les avait interrompu, frappa l'homme derrière la tête avec son sac de course avant que ce dernier ne puisse délivrer un coup. Puis il attrapa le bras de l'enfant et courut dans la direction opposée.

Quelques minutes plus tard ils s'arrêtèrent, essoufflés.

_Tout va bien Fran ? Interrogea l'inconnu d'une voix inquiète.

_Comment connaissez-vous mon nom ? Vous êtes un pédophile vous aussi ? Vous allez me kidnapper ? Ce ne serait pas très bien, ma mère serait en colère et je doute que vous l'aimiez quand elle est en colère.

_Bien sur que non ! C'est moi, Tsunayoshi !

_Comme le baby-sitter qui me garde ?

_Je suis ce baby-sitter, Fran. Soupira Tsunayoshi. Qu'est-ce que tu fais tout seul ? Où sont ta mère, ton frère et ta sœur ?

_Mère travaille à se trouver un nouveau mari et les jumeaux Têtes d'Ananas sont à Kokuyo Land.

Tsunayoshi grimaça, que Viper -la mère de Fran- cherche une nouvelle victime n'annonçait rien de bon. On ne l'appelait pas la veuve noire pour rien. Elle avait survécu à neuf époux, tous morts de causes « naturelles » en lui laissant un riche héritage. Et qui savait quelles bêtises étaient en train de préparer les jumeaux dans ce parc désaffecté.

Fran le regarda, impassible, hochant la tête à ses propres pensées.

_Tu t'es égaré, n'est-ce pas ? Voulut-il confirmer.

_Bien sur que non !

_Ce n'est pas grave Tsunayoshi, consola-t-il l'adulte en lui tapotant l'épaule, ça arrive à tout le monde. Heureusement maintenant que je t'ai trouvé je vais pouvoir te ramener à la maison.

Il lui prit la main, fit quelques pas et se retourna vers lui.

_Alors... Par où on va ? Demanda-t-il en inclinant légèrement la tête.

Tsunayoshi sentit poindre un mal de crâne. Cet enfant était tellement compliqué à suivre... Il soupira à nouveau. Ayant finalement compris que Fran était bel et bien perdu, il le ramena avec lui au pavillon Vongola.

Une fois arrivés, ils montèrent au troisième étage, où vivait l'adulte, et entrèrent dans l'appartement numéro huit. Ils furent accueillis par deux furies qui se jetèrent sur Tsunayoshi.

_Tsuna ! Tsuna est rentré ! S'écrièrent deux voix dans un ensemble déconcertant.

Il s'agissait de Skull, un célèbre cascadeur professionnel, et de son fils de cinq ans Lambo.

_Skull-san, Lambo, lâchez-moi vous allez étouffer Fran !

Et en effet, dans leur désir d'être proche du petit châtain ils s'étaient jetés sur lui, écrasant Fran par la même occasion.

_Oups ! Désolé François ! S'excusa Skull.

_Mon nom est Fran, pas François. Est-ce trop compliqué pour vous de vous en souvenir, Monsieur le larbin ?

_Ka ! Je ne suis pas un larbin ! Arrête d'écouter tout ce que dit ta mère !

_Mais c'est ma mère Monsieur le larbin, je suis sensé l'écouter, non ?

_Ka ! Cria Skull de frustration.

Fran laissa paraître un rictus sur son visage. Faire tourner les adultes en bourrique était tellement amusant.

Pendant ce temps, Tsunayoshi et Lambo sortaient les biscuits du sac de course.

_Biscuits ! Biscuits ! Chantonnait l'enfant.

Attiré par le mot magique, Fran poussa Skull hors de son chemin avec un entrain rarement vu et se précipita dans la cuisine. Le temps que l'adulte ne finisse de tomber à terre, il était déjà assis à table, serviette nouée autour du cou et couverts en main.

Finalement, ils prirent un goûter, sous les cris incessants des voisins du dessous. Jusqu'à ce que quelqu'un ne frappe urgemment à la porte.

_Tsunayoshi ! Ouvre-moi, il y a un problème !

Tsunayoshi alla ouvrir et découvrit Byakuran les mains en sang.

_Byakuran ? Que se passe-t-il, tu t'es fait mal ?

_Que ? Ah ça ? Non, non ce n'est rien. J'étais, euh... En train de préparer du poisson ? Ahaha !

Tsunayoshi regarda son ami avec suspicion, avant de décider qu'il ne voulait pas savoir. En fait, il voulait tellement ne pas savoir qu'il lui referma la porte au nez.

Byakuran resta un instant devant le battant clos, bras ballants et mine ébahie. Se reprenant, il se frappa le front d'exaspération.

_Et merde, j'ai encore tout fait foiré.

En vérité, le problème dont voulait parler Byakuran était important. Il n'avait pas oublié les plaies qu'il avait vu sur les bras de Dino, la veille au soir. Et il ne savait toujours pas quoi faire pour aider ce dernier. Son seul recours était Tsunayoshi... Qui venait de le renvoyer balader...

Dépité, il rentra chez-lui pour finir de massacrer son poisson.

Dans l'escalier qui menait à l'étage inférieur, Byakuran remarqua Enma qui venait dans le sens contraire. Il lui vint un instant l'idée de lui parler de son dilemme, mais il chassa cette pensée saugrenue aussitôt : on ne pouvait pas faire confiance à Enma. Il avait toujours le regard fuyant, parlait parfois tout seul, se figeait soudainement, se mettait à fixer le vide à des moments incongrus et Byakuran savait -il sentait- qu'il cachait quelque chose. Les seules raisons pour lesquelles il acceptait de le laisser squatter son canapé étaient : pour l'avoir toujours à l'œil et pour faire plaisir à Tsunayoshi.

Sans compter qu'il pouvait deviner avec justesse que Enma se rendait actuellement chez ce dernier.


Lexique du chapitre :

Perduto senza tu : Perdu sans toi


Là, j'avoue, le coup du "perduto senza tu" c'est du pif complet... C'est pourquoi je vous supplie humblement, si l'un ou l'une de vous connait un brin d'italien, de ne pas hésiter à me dire si c'est correct ou pas (perso j'en suis pas certaine, mais vu que j'y connais rien... ^^)

Un petit chapitre aujourd'hui parce que demain je ne suis pas là.

Que les Langoustines de l'Amour à la Sauce Curry soient avec vous,

Plew A.E

Ps: Tout alcool et cocktail dont je parle dans Mes Chers Voisins a été recherchée sur le site de 1001 cocktails. Perso je n'aime pas l'alcool, mais ça allait bien avec l'histoire. ^^'