Les personnages et l'univers de KHR ne m'appartiennent toujours pas.


« I'm the voice inside your head
You refuse to hear
I'm the face that you have to face
Mirroring your stare
I'm what's left
I'm what's right
I'm the enemy
I'm the hand that'll take you down
Bring you to your knees »

The Pretender, Foo Fighters

14 : COCKTAIL : SWEET DREAM

Byakuran buvait en compagnie de Tsunayoshi à l'Ignoto Anonimo lorsque le PDG de la Varia pénétra le bar. Quand il reconnut ce dernier, qu'il avait vu dans les souvenirs des autres, il faillit éclater de rire face à l'ironie de la situation.

Dans bien des univers, la Varia était une division d'assassins affiliée aux Vongola, l'une des plus grandes et anciennes familles mafieuses d'Italie. Leviathan en faisait parti, certes, mais en tant que subordonné -et irréductible fanboy- de Xanxus qui la dirigeait. Alors le voir ici, harceler celui-ci qui était son ancien employé... Disons que le cynisme de la chose lui plaisait énormément.

Malgré tout, Byakuran se retint et, comme les autres clients, tourna son regard vénéneux vers cet homme qui comptait leur voler leur barman. Car, contrairement aux autres qui auraient exploité la situation à leur guise pour réduire à néant cette Varia qui était une épine dans leurs pieds, il aimait bien Xanxus -surtout ses cocktails-. Ce dernier n'était peut-être pas des plus sympathiques, mais tout taiseux bourru qu'il était, il avait le cœur à la bonne place et demeurait un voisin avec qui il était agréable de discuter.

Soudain, Leviathan ouvrit les bras et son visage s'éclaira d'un sourire orgueilleux.

_Xanxus, Tesoro ! Appela-t-il dédaigneusement. Tu m'avais manqué !

_Veuillez ne pas insulter nôtre barman, Monsieur, le réprimanda Ryohei avec une étrange sévérité. Il n'est pas vôtre ami et vous n'avez pas élevé les cochons ensemble. Si vous ne respectez pas les règles de ce pub, nous vous prierons de bien vouloir partir.

Ignorant le videur qui l'avait attrapé par l'épaule, il se dégagea de l'emprise de celui-ci d'un geste brusque et s'assit face au comptoir.

_Eh, tu joues donc au « barman » à présent, Tesoro ? Tiens, sers-moi donc un Tom & Jerry pour saluer la fin de nôtre petite course poursuite !

Sans un mot, Xanxus sortit un verre à dry, qu'il ne prit même pas la peine de nettoyer, et prépara à cette vermine un cocktail. Il hésita visiblement à cracher dedans mais, ne pouvant se le permettre devant tous ses clients, servit le verre indemne.

Souriant, Leviathan prit sensuellement une gorgée de son breuvage et... la recracha aussitôt sur le comptoir dans une expectoration dénuée de panache.

_Cazzo ! Jura-t-il en se retenant de vomir. Tu as mis de la liqueur de café dans mon Tom & Jerry !

Le barman ne répondit pas.

_Haha... Tu savais que je n'en supportais pas le goût, n'est-ce pas ? Mais pour savoir ça, tu as du faire des recherches sur moi... Je savais bien que mon intérêt pour toi était réciproque !

_Ceci n'est pas un Tom & Jerry, Monsieur, rétorqua Xanxus en jetant un regard méprisant à Leviathan, mais un Casse Noisette. Il représente combien vous me cassez les couilles et vous sera facturé vingt-cinq euros quatre-vingt-quinze.

Byakuran et Tsunayoshi ne furent pas les seuls à pouffer de rire à cette réplique, certains ne se gênèrent même pas pour se gausser haut et fort.

Humilié, le PDG de la Varia rugit de colère et attrapa le barman par le col, bien décidé à le ramener de force avec lui pour lui inculquer les bonnes manières. Ryohei intervint aussitôt mais fut repoussé d'un méchant coup de poing qui le mit ko. Lussuria se précipita vers son videur avec inquiétude. Alors, sans que Byakuran ne s'y attende, Tsunayoshi se leva et s'avança dangereusement vers Leviathan.

_Monsieur, interpella-t-il avec hargne. Veuillez quitter l'établissement immédiatement. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué : vous n'êtes pas le bienvenu ici.

_Et que penses-tu faire, moccioso ? Nargua Leviathan d'un regard meurtrier.

Sans un mot, Tsunayoshi plaça merveilleusement un violent coup de pied dans l'entre-jambe de son adversaire, faisant siffler d'admiration la clientèle ébahie.

_Vaffanculo ! Cria Leviathan qui avait lâché Xanxus dans sa douleur. Figlio di puttana ! Qui penses-tu que je sois ?!

_Je n'ai que faire de qui vous êtes, Monsieur, s'énerva Tsunayoshi. Les règles sont simples : personne ne s'en prend à nôtre barman et personne -personne- n'insulte ma mère !

Le gentil châtain, au caractère si doux et affable, mit un vicieux coup de poing dans le faciès déformé par la rage du PDG de la Varia, qui s'effondra avec les tabourets du bar sous les applaudissements et les hourras du public. Malheureusement, la victoire fut de courte durée. Attrapant un tabouret par le pied, Leviathan le brisa de toutes ses forces sur la tempe de Tsunayoshi qui tomba évanoui, le crâne en sang.

Byakuran sentit les autres s'animer dans son esprit. Il sentit leur furie s'éveiller dans toute sa magnificence. Tsunayoshi était leur, sien. Il leur appartenait à eux, Byakuran. Nul autre que lui n'avait le droit de lui faire du mal. Nul autre que lui !

Relents de possessivité... Miasmes d'égoïsme... Byakuran faillit ployer sous ces émotions qui étaient siennes sans vraiment l'être. Par il ne savait quel miracle, il parvint à se reprendre et à faire taire les autres face à l'urgence de la situation. Il se jeta vers Tsunayoshi, arrivant -à sa plus grande honte- à son côté bien après Luce et Enma, qui administraient déjà les premiers soins avec un pain de glace à la main. Voyant qu'il ne pouvait rien faire de plus, il s'apprêta à se jeter sur l'agresseur de Tsunayoshi pour venger ce dernier.

Outrés, les clients de l'Ignoto Anonimo se levèrent en hurlant, prêts à en découdre avec cet intrus qui avait nui à trois des leurs. Soudainement, un silence effroyable étouffa leurs cris d'indignation : le directeur du ChaosDay était debout.

Reborn, qui jusque là contemplait le scandale d'un œil amusé, n'avait brusquement plus aucune envie de rire : son ancien élève, son Gattino, était à terre avec, très certainement, une commotion cérébrale. Blanc de fureur, il quitta son Black Velvet et se déchaîna.

Ce qui suivit fut brutal, court et mauvais. Leviathan fut jeté hors du pub, couvert d'hématomes, la cheville gauche tordue et les os de son bras droit fracturés. Terrorisé par cette violence à son encontre et découvrant son chauffeur parti avec sa Maserati, il s'enfuit dans une ruelle derrière le vieux cinéma en boitant, sans remarquer l'ombre qui le suivait.

Labyrinthe de rues étroites et sombres, dont les habitations faisaient comme des golems de pierre aux lunettes jaunes de malice, la Vieille Ville était terrifiante la nuit, surtout pour ceux qui n'y étaient pas habitués. Leviathan claudiquait depuis ce qui lui paraissait être des heures, tiraillé par la souffrance de ses blessures. Il entendait derrière lui des bruits de pas, dont la régularité calquée sur les siens lui faisait craindre, à juste titre, que ce... ce monstre de haine aux yeux d'abysses le poursuivait. Mais quand il se retournait, le bruit se taisait et la ruelle était vide. Seul le jeu des ombres et des échos persistait encore à se moquer de lui.

Quittant la Vieille Ville sans le savoir, Leviathan parcourut un champ moissonné depuis peu, trébuchant sur les blés coupés. Puis il arriva devant un parc désaffecté aux bâtiments en ruine.

« KOKUYO LAND » Put-il lire sur l'écriteau au clair d'une lune qui se cacha derrière d'épais nuages.

Il entra, se dirigeant au hasard vers le vieux théâtre effondré. S'asseyant sur les gradins à moitié écroulés pour faire une pause, il sentit soudain un souffle sur sa nuque.

_Ara ? Suinta une voix sombre dans son dos. La petite souris se serait-elle égaré ?

Figé de terreur, Leviathan se força à bouger avec difficulté, s'éloignant d'un bond du siège où il se reposait.

_Qui !? S'écria-t-il paniqué. Qui est là !?

Une silhouette gigantesque se tenait derrière lui, au rictus acéré et à la pelisse tissée d'ombres.

_Ara ? Fit la figure d'un ton joueur en faisant mine de se retourner. De quoi parles-tu, petite souris ? Il n'y a personne ici. Personne d'autre que toi et moi.

_Vous n'êtes pas l-le monstre de tout à l'heure, n'est-ce pas ? Questionna Leviathan en tentant de calmer son cœur battant. Q-qui êtes vous ? Est-ce mon Tesoro qui vous envoie ? Ou êtes vous un envoyé du diable au Fedora ?

Le PDG de la Varia essayait de gagner du temps. Plus les minutes passaient, plus il retrouvait son aplomb et sa bravoure. Sa main valide serrée sur une barre de fer trouvée sur le sol du théâtre, il savait, sentait du fond de ses tripes, qu'il s'en sortirait vivant. Pourquoi cela se passerait-il autrement ? Il avait toujours réussi à s'en sortir jusqu'à présent, et ce quelque soit les ennuis dans lesquels il était plongé. Comme complices de sa détermination, les nuages s'en allèrent, laissant choir les rayons de la lune sur la figure imposante.

En y regardant de plus près, il s'agissait d'un homme aux cheveux pâles et aux yeux violets calculateurs.

_Combien ? Proposa Leviathan rassuré à cette vue moins inhumaine. Combien pour me laisser partir ?

L'homme sembla surpris un instant, puis éclata d'un rire glacial.

_Me payer ? Gloussa-t-il. Tu comptes me payer ta liberté ? Hahaha ! Tu n'auras jamais assez pour assouvir ma soif, petite souris !

_Vous ignorez qui je suis. Je suis le PDG la Varia, la plus grande compagnie d'import/export du pays ! J'ai bien assez d'argent pour assouvir toutes les soifs de la région !

_Certes, certes, mais pas la mienne.

_Dîtes moi vôtre prix ! S'impatienta Leviathan en resserrant sa prise sur la barre de fer.

En réalité, il n'avait aucune intention de payer quoique ce soit à son agresseur. Il comptait simplement l'assommer d'un coup à la tête et appeler la police afin de porter plainte contre lui et l'Ignoto Anonimo au plus vite. Malheureusement, ce qu'il ignorait, c'est que cet homme mystérieux était bel et bien un monstre de haine aux yeux d'abysses... Un monstre, nommé Vengeance.

Avant même qu'il ne puisse réagir, l'inconnu sauta sur lui et le tua.

_Mon prix... Confia-t-il alors au cadavre de sa victime. C'est ta vie.


Lexique du chapitre :

Cazzo : Putain !

Moccioso : Morveux.

Vaffanculo : Va te faire foutre !

Figlio di puttana : Fils de pute .


Levi est venu, il a vu, il a mouru... Dans un sens, c'est dommage, il était marrant à écrire comme personnage, mais dans l'autre sens... Ben... Je ne le regrette absolument pas ! ^^

Que les paillettes (celles qui sont faciles à nettoyer, hein. Pas celles qui se collent partout^^) de la vie pleuvent sur vous,

Plew A.E