Les personnages et l'univers de KHR ne m'appartiennent pas.
« Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le cœur à la traîne,
Elle nous fait le cœur à pleurer,
Elle nous fait des matins blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L'hiver au plein cœur de l'été. »
La solitude, Barbara
19 : BOUQUET : AUBEPINE (espoir prudent)
Un jour après le déménagement de ses voisins du dessus, Xanxus pensait, couché sur le lit aux baldaquins de velours. Il se remémorait en silence les fantômes du passé.
Quelques temps s'étaient écoulés depuis l'assassinat de son ancien patron et il n'arrivait toujours pas à y croire. Il était libre. Libre de l'emprise que ce dernier avait eu sur lui, libre de vivre, libre de tout reconstruire... Il était libre, enfin, et c'était un sentiment merveilleux.
Certes il craignait encore le moindre contact humain et les sonneries de téléphone mais il comptait pas à pas réapprendre à exister et, peut-être, à aimer.
C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il tenait entre ses mains une lettre froissée.
Il l'avait trouvé récemment, perdue dans sa boîte aux lettres remplies de publicités et de factures. Au début il avait cru à une erreur -une folie, une aigreur, une vengeance- en voyant le nom du destinataire.
« Voilà le poison qui vient m'achever... » Avait-il pensé.
Puis il avait ouvert l'enveloppe et lu son contenu. Au fil des mots et au fil du mal, au fur et à mesure que la souffrance la plus crue se dévoilait à son regard, il sentit son cœur battre à nouveau et son âme éclore de son cocon d'amertume.
Il avait été aimé, disait la missive. Et il l'était encore. Regrets, remords, suppliques, excuses et amour vrai défilèrent sous ses yeux impuissants. Cela lui fit du mal de lire et de penser à tout ce qui aurait pu être. Cela lui fit du bien de découvrir tout ce qui pouvait encore être. Tant de possibilités, tant d'espérances pour cet avenir qu'il avait imaginé seul... qui pourrait peut-être se vivre à deux...
Sans un mot, il prit son téléphone portable et envoya, au numéro griffonné dans un coin de la lettre tachée de larmes, un simple message. Trois mots qui lui changeraient la vie à tout jamais : Tu me manques.
Quand peu de temps après son téléphone sonna, son battant ne s'affola pas d'effroi mais d'espoir. D'un doigt tremblant, il accepta l'appel.
_Allo ?
« Xanxus... » Répondit une voix de femme.
Xanxus fut au bord des larmes en l'entendant.
_Cara mia...
Ce soir-là, son père rentrant de voyage, Xanxus n'alla pas travailler. De toute façon, l'Ignoto Anonimo était fermé jusqu'à l'enterrement. C'était un triste jour et Xanxus avait le sourire terne, mais il était heureux, un peu. Il allait pouvoir revoir sa fiancée. Il leur faudrait du temps pour parvenir à passer au-delà de leurs souvenirs malheureux et de cette douloureuse trahison. Il leur faudrait réapprendre à se connaître, à s'aimer et se redécouvrir, mais... Ils avaient tout le temps du monde.
Quand il entendit sonner à la porte, Xanxus ne se cacha pas. Il se leva du lit et alla ouvrir à son père pour le prendre dans ses bras, heureux de le retrouver après toutes ces années sans le voir.
_Padre, salua-t-il sobrement. J'espère que tu as fait bon voyage.
_Fils, je suis content de te voir enfin. Tu sembles aller mieux.
_Aussi bien qu'on puisse aller dans ces circonstances.
_Ah, oui... J'ai appris pour ton voisin. Ce qu'il s'est passé est tragique.
Xanxus hocha tristement la tête, déplorant secrètement le manque de cri, le manque de bruit dans la résidence autrefois joyeusement infernale.
Lexique du chapitre :
Cara mia : Ma chérie.
Wow, j'étais tellement plongée dans Pokémon Lune que j'ai encore failli oublier de poster le chapitre. Désolée~ ^^
Que les tartines fromage/confiture de tomate soient bénies !
Plew A.E
