Les personnages et l'univers de KHR ne m'appartiennent pas.


« Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m'en payer des nuits blanches,
A cœur qui bat, à cœur battant.
Avant que sonne l'heure blême
Et jusqu'à mon souffle dernier,
Je veux encore dire "je t'aime"
Et vouloir mourir d'aimer. »

La solitude, Barbara

21 : BOUQUET : REINE-MARGUERITE (persévérance)

Ce que Dino avait découvert, en défonçant à la hâte la porte du numéro cinq un mois plus tôt, il ne l'oublierait jamais. Le parquet noyé par ce liquide rouge qui pénétrait sous les lattes, les yeux vides de son voisin et sa bouche close dans un sourire, le hanteraient à tout jamais.

Ce jour-là Dino avait redécouvert une peine qu'il ne pensait pas avoir oublié. La perte, immense néant, se réimprima dans son cœur déjà souffrant. Il s'était alors remis en question, s'imaginant à la place de son voisin allongé sur le sol.

« Est-ce ce que j'ai failli faire, moi aussi ? Ai-je failli causer cette peine à autrui ? » S'était-il demandé.

Oui, dut-il reconnaître. C'était là ce qu'il avait tenté sans chercher à en savoir les conséquences. Lui avait eu son patron pour le secourir, mais qui avait été là pour Enma ? Qui avait été là pour l'écouter quand il en avait eu le plus besoin ? Qui avait été là pour le sauver de lui-même ? N'y avait-il eu personne ?

« Personne... » Lui confirma son esprit. « Pas même toi... »

Dino aurait pu l'aider, il le savait. Il aurait du l'aider comme son voisin avait tenté de le faire pour lui. Mais il l'avait repoussé, avait ignoré sa main tendue vers lui -et n'était-ce pas là un appel au secours?- et l'avait laissé méditer sur ses cruelles paroles.

« Il n'y a rien à dire, Enma. » Avait-il osé prétendre. « Et encore moins à faire... »

Mais c'était faux, il le savait à présent. Il existait tant de choses à dire, tant de choses à faire...

« Que veux-tu savoir ? » Avait-il osé s'indigner. « Que je vais mal ? Que je cherche la souffrance dans l'espoir de la faire taire ? Que c'est le seul moyen d'échapper à la culpabilité ? »

Dino avait eu tort de dire ça. Et si c'était lui qui avait mis ces idées en tête à Enma ? Et si tout était de sa faute ?

_Je suis désolé... S'excusa-t-il au gouffre en dessous de ses pieds. Je suis tellement désolé... Je me trompais, Enma... Ce n'était pas la solution pour échapper à la culpabilité, au final ça ne fait qu'en causer aux autres... Je suis désolé... Tellement désolé...

Il cacha ses larmes dans ses bras scarifiés, les épaules secouées de sanglots.

_Dino ! L'appela son patron en arrivant sur le toit du ChaosDay. Descend de là Dino, je t'en prie !

Assis sur le rebord du toit de l'immeuble, les pieds se balançant dans le vide, Dino ne l'entendit pas. Il ne voulait pas l'entendre. Senza speranza... Sans espoir, l'appellerait son patron s'il le voyait encore pleurer.

_Dino... Supplia Reborn. Viens par là, s'il te plaît... S'il y a une rambarde sur ce toit c'est justement pour qu'on ne s'assoit pas où tu es.

_Pourquoi... pourquoi est-ce si dur de vivre ?! Pourquoi est-ce si difficile d'exister ?!

Le directeur du journal soupira et, faute de pouvoir convaincre son fils de cœur de le rejoindre, vint s'asseoir auprès de lui.

_Je ne sais pas Dino, fit-il doucement en prenant ce dernier dans ses bras. La vie est compliquée, c'est un combat de tous les jours pour la garder en soi. Ce que je sais c'est que quand on la perd, c'est un morceau du cœur des gens qui nous aiment qu'on emporte avec soi...

_Je ne veux pas mourir, avoua Dino d'un souffle éteint. Je ne veux pas mourir... Pas comme ça, pas alors que je n'ai rien accompli, pas alors que je n'ai jamais dit à Luce que je l'aimais, pas alors que je ne vous ai jamais remercié... C'est injuste de mourir comme ça ! Tellement injuste...

Reborn resserra son embrasse sur le blond, qui semblait si petit et vulnérable dans ses bras.

_Alors laisse-nous t'aider à vivre, mon Fils. Laisse-nous t'apprendre à exister à nouveau. Ne sois pas une énième victime du désespoir...


Yup, Dino est vivant ! Bon, là il est assis au bord du toit d'un immeuble, donc ça ne se voit pas trop qu'il est moins en danger, mais faut commencer petit à petit et, au moins, il a trouvé la volonté de s'en sortir ! ^^

Que vos matelas et vos oreillers soient toujours confortables pour accueillir vos têtes ensomeillées,

Plew A.E