Inhuman Nature
Chapitre 9
Putain de Forks.
Ça faisait des jours que Bella n'avait pas vu l'extérieur. Elle regardait entre les lamelles du store depuis l'étage de la maison de son père. C'était une erreur. Les bois du nord-ouest du Pacifique étaient denses et sombres comme la nuit même lorsque le soleil était haut dans le ciel. En regardant dans l'obscurité même pendant une seconde Bella était sûre que quelque chose la regardait. Quelque chose avec des yeux rouges et brillants. Elle ferma le store à nouveau et se retira sur le coin le plus éloignée de son lit.
Ce n'était pas bon. Elle pouvait se faire aussi petite que possible cela n'empêcherait pas l'anxiété de courir le long de sa colonne vertébrale. Elle posa ses mains contre ses oreilles, essayant de bloquer les voix qui criaient. Les monstres de l'obscurité l'observaient depuis ses souvenirs.
"Ce n'est pas réel, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas réel," se répétait-elle. Elle était à bout de souffle. Elle se força à ouvrir les yeux et lança un regard sauvage dans la pièce. Il fallait qu'elle se pose, se souvienne où elle était.
Et c'était un problème considérant que cette chambre n'était pas vraiment la sienne. Bon techniquement si. Elle avait vécu ici quand elle était bébé et le mois et demi qu'elle avait passé avec son père quand elle avait dix-sept ans. Rien ici n'était à elle.
L'ordinateur. Son ordinateur sur le bureau. Ça c'était à elle.
Elle était dans sa chambre, dans la maison de son père. Pas dans l'allée sombre et sale de Port Angeles. Pas sur le sol dans le sous-sol noir. Son lit était petit et poussé dans un coin. Le matelas était bosselé. Ce n'était pas la chambre luxueuse avec des draps doux.
Son souffle ralentit. Elle s'appuya contre le mur essayant de ne pas pleurer et elle échoua.
Non. Forks n'était pas idéal, peut-être que la maison de sa mère à Chicago conviendrait mieux. Chicago n'était pas mieux mais au moins il n'y avait plus de sombres forêts.
"Bella?"
Elle sursauta au bruit d'une autre personne dans la maison. Son père était rentré et il n'allait pas lui faire du mal. "Hey papa." Sa voix ne tremblait pas trop. C'était déjà quelque chose.
"Tu te lèves pour le dîner?" appela-t-il.
Elle sourit un peu. Très peu. Il essayait chaque jour. "J'ai déjà mangé."
C'était un mensonge. Ils le savaient tous les deux. Il se tut avant de répondre "Très bien."
Et c'était pour cela que Bella avait choisi Forks. Charlie la laissait tranquille.
Edward
Edward arriva pour voir Carlisle avec le déjeuner pour lui et les infirmières mais Charlie était déjà là. Cela faisait deux semaines que la jeune fille était rentrée.
Il sourit et discuta avec les infirmières, distribuant les sandwichs qu'il avait apportés. Tout le temps il écoutait avec l'autre partie de son cerveau la conversation qui se passait dans le bureau de son père.
"Ce que tu décris ressemble à la dépression et au syndrome de stress post-traumatique," déclara Carlisle d'une voix calme et apaisante. "Ce qui était à prévoir vu les circonstances."
"J'ai essayé de lui dire de voir quelqu'un ou même de me parler ou à sa mère," déclara Charlie. "Elle ne me laisse pas finir."
"Tu en sais autant que moi sur le processus thérapeutique. Il faut qu'elle soit disposée à le faire."
Charlie soupira. Ses pensées étaient aussi sombres qu'Edward l'entendait. "Je ne sais pas ce qu'il faudrait faire pour l'aider à ce stade."
"La santé mentale est quelque chose de frustrant et en particulier quand la personne est en bonne santé physique."
A la surprise d'Edward les pensées de Carlisle errèrent vers lui. C'était une pensée brève, son père la repoussa rapidement mais ce ne fut pas assez vite.
C'était ironique dans ces circonstances. Un père humain et un père vampire s'inquiétant pour la santé mentale de chacun de leurs enfants. Pour son crédit la plupart de l'intérêt de Carlisle était centré sur Bella. Il avait simplement la capacité de s'inquiéter beaucoup.
"Elle mange?" demanda Carlisle. "Elle dort?"
Charlie soupira. "Je ne sais pas. Je l'entends bouger à toutes les heures de la nuit et quand je me réveille toutes lumières sont allumées dans la maison."
Ses pensées devinrent claires un instant et Edward vit un souvenir. Charlie s'inquiétait parce que Bella était trop calme un après-midi et il ouvrit la porte de sa chambre. Le petit lit avait été repoussé dans le coin le plus éloigné de la pièce et elle était recroquevillée tout au bout, dos contre le mur, une expression crispée même pendant son sommeil.
"Elle mange assez pour ne pas s'effondrer mais je sais qu'elle ne mange pas aussi souvent qu'elle me le dit," déclara Charlie. "Quand suis-je censé insister? Est-ce que je devrais m'impliquer davantage?"
"Elle sait que tu es là, Charlie. De tout ce que tu m'as raconté, ta Bella est forte."
"Personne ne devrait avoir besoin d'être aussi fort."
"Non," convint Carlisle la voix calme et triste. "Non, ça ne devrait pas."
ooo
Il avait un travail. Ils travaillaient tous. C'était la chose à faire quand on voulait se mêler aux humains. Carlisle était médecin – parce qu'il était masochiste et bon bien qu'il soit un vampire.
Ils possédaient aussi un garage. Rosalie aimait travailler avec les voitures et elle était très compétente. Quoi qu'il en soit trouver un travail dans un garage existant serait dangereux. Ce n'était pas inhabituel pour un mécanicien de se faire mal. C'était le genre de travail où il avait du sang, de la sueur et des larmes.
Alors Rosalie était le chef. Et évidemment Emmett était aussi mécanicien. Rosalie pouvait gérer tout le travail qu'ils avaient facilement. Emmett pouvait suivre les instructions. Et Esmée gérait tous les à-côtés.
Rosalie avait souvent dit à Edward qu'il pourrait travailler avec eux au garage. Il aimait les voitures. C'était l'une des rares choses qui les rapprochait. Mais sa famille s'inquiétait souvent pour lui. C'était prévisible puisqu'il s'était éloigné d'eux il n'y avait pas si longtemps.
Forks était une petite ville. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits où il pouvait se cacher de sa famille dans les limites de la ville. Il avait choisi une librairie. Il aimait cette atmosphère. La plupart des gens ne pensait plus à rien dans les librairies. Leurs pensées étaient remplies des mots d'autres personnes. Les résumés des premières pages. Il aimait écouter les enfants lire des histoires, il aimait le monde qu'ils voyaient dans quelques mots simples. C'était son sanctuaire, un cadeau dans son enfer.
Il réorganisait une vitrine lorsque son sanctuaire fut envahi, sa paix brisée. La porte s'ouvrit et le vent de l'extérieur lui envoya l'odeur de l'humain qui entrait.
Il était capable de tellement de choses. Il pouvait résoudre le problème mathématique le plus complexe et réciter de façon détaillé les dates exactes de la monarchie anglaise depuis son début, rédiger un document de dix pages sur une question complexe de physique. Mais à ce moment là toutes ses capacités avaient disparu sauf pour une chose, il y avait une proie à proximité et il la voulait. Il la voulait et il l'aurait.
Automatiquement son esprit brillant se rua vers son seul but. Il s'accroupit, les épaules courbées, chacun de ses muscles tendu comme un élastique. Ses oreilles à l'écoute. Il y avait cinq personnes dans la librairie. Le caissier, le gérant dans l'arrière-boutique, deux clients – une mère et son fils – et sa proie.
Il ne s'inquiéta pas du gérant. Mais les quatre autres seraient morts dans un instant. C'était un petit magasin et il pouvait les tuer très rapidement. Le petit et sa mère d'abord. Ils n'avaient pas besoin de voir ce qu'il se passait. Ils mouraient en partageant un bon moment – la mère était en train de présenter George le petit Curieux à son fils .
La caissière Jessica. Une étudiante qui avait arrêté pour ce semestre parce que sa mère avait besoin d'aide avec sa grand-mère âgée. Jessica l'aimait. Ce serait horrible pour elle de le voir tuer quelques secondes avant sa mort. Le choc serait suffisant pour faire taire son cri et ensuite son cou serait tordu.
Ensuite la fille.
Il pouvait voir en épiant du coin de l'étagère que c'était une fille qui était entrée. Sa proie. Cette créature avait l'odeur la plus séduisante qu'il n'ait jamais croisée. Il en en avait besoin. Il la voulait. Il aurait chacune des moindres gouttes. Il l'emporterait - irait quelque part où il pourrait apprécier la saveur, où ses cris n'attireraient pas l'attention. Il se prépara à attaquer.
Sa proie leva les yeux. Une petite partie d'Edward enregistra sa réaction déconcertée mais c'était suffisant. Assez pour qu'il arrête. Assez pour qu'il recule tout en grognant.
Le visage était familier même si c'était la première fois qu'il le voyait de ses propres yeux. Il avait vu ce visage aux nouvelles et dans les pensées de Charlie Swan. Isabella Swan. Bella.
Pendant des semaines Bella avait été le point central de sa vie. Il passait beaucoup de temps à arpenter les bois, à l'extérieur en train de patrouiller. Mais elle n'était jamais sortie de chez elle depuis les six semaines qu'elle était là. Même la fenêtre de sa chambre était restée occultée, les stores tirés. Il l'avait déjà sentie avant - de façon vague quand il était allé chez elle, dans son appartement. Ça le faisait saliver mais ce n'était pas du tout pareil que de l'avoir en face de lui.
Il avait fait tout ce qu'il avait pu pour protéger cette fille et maintenant allait-il devenir son meurtrier? Non.
A l'intérieur le monstre grondait, ajoutant de la rage à sa soif inimaginable. Il se leva, incapable de contenir cette impulsion alors qu'il se battait contre lui-même.
Tuer. Boire, dit la voix.
Protéger, cria une autre. Protège-la du monstre.
Le monstre c'était lui. Il devait la protéger de lui-même.
C'était lui le monstre.
La honte et la fureur le frappèrent en même temps. La honte car il se souvenait parfaitement de la dernière fois qu'il avait vu le monstre. Il se souvenant de lui à genou dans une mare de sang, entouré de cadavres. Il avait appelé Carlisle alors, avait sorti son téléphone portable et composé le numéro avec ses doigts dégoulinant de sang.
"Je ne peux pas m'arrêter. J'ai besoin d'aide," avait-il chuchoté, brisé.
Et c'est ce qui le rendait furieux. Qui était cette fille qui pouvait entrer dans cette boutique, sa boutique et faire ressortir ce monstre à nouveau? Il la détestait. Tout en lui détestait ce qu'elle lui faisait. Petite fille stupide.
Quelques secondes s'étaient seulement écoulées. La fille, Bella, fit quelques pas en avant et leva les yeux. Directement sur lui. Elle se figea. Elle le regarda fixement. Il la regarda furieusement.
Elle se retourna et sortit de la boutique aussi soudainement qu'elle y était entrée.
Bella
Au fil des semaines, la chambre de Bella resta sans démon et elle savait qu'elle devait s'aventurer en dehors de la maison de son père.
Elle avait pensé que la librairie était un choix sûr. A Forks, rien n'était vraiment très fréquenté mais une librairie – pas une du genre Barnes et Nobles – n'aurait pas énormément de clients. Il y avait ça, et le fait que Bella avait besoin de quelques livres qu'elle n'avait pas pu trouver au format Kindle. Elle aurait pu commander les livres sur Am*zon, mais son père avait déjà "accidentellement" ouvert quelques paquets qu'elle avait commandés.
Bella avait le sentiment que Charlie cherchait des signes de suicide. Il était observateur et intuitif, cela faisait partie de ce qui faisait de lui un bon flic.
Le suicide était assez facile mais Bella ne voulait pas qu'il tombe sur son obsession actuelle. Une librairie ferait d'une pierre deux coups.
Le premier voyage avait été un désastre. La paranoïa avait été trop forte et elle s'était enfuie du magasin presque aussitôt après avoir mis le pied à l'intérieur. C'était frustrant mais pas étonnant. Elle était prête pour l'échec. C'était assez pour donner de l'espoir à son père qu'elle essayait et ça l'avait empêché de l'avoir sur le dos.
Cinq jours plus tard, elle essaya de nouveau.
Elle était toujours parano. Elle gardait la tête baissée, la capuche relevée mais elle regardait constamment autour d'elle. Elle vit quelqu'un à la caisse - un client et un employé. Personne d'autre en vue. Elle se précipita au fond du magasin.
Une fois les mains sur les livres, une partie de l'anxiété paralysante diminua. Une partie seulement. Même quand son esprit se calma assez pour voir dans quel rayon elle était, elle regarda autour d'elle.
L'employé était toujours à la caisse, lui tournant le dos. Le reste de la boutique était vide et tranquille.
Elle regarda et scruta. La cloche au-dessus de la porte tinta. Son cœur accéléra.
"Hé, Edward," dit une voix féminine et amicale.
Bella serra la main autour du spray au poivre dans la poche de sa veste. Ça ne l'aiderait pas si le démon était là. L'autre femme n'était pas un démon, se rappellera-t-elle.
Comment le saurais-tu?
Bella repoussa la voix obsédante, prit quelques inspirations superficielles et continua à surveiller avec un nouveau sens d'urgence. Il fallait qu'elle sorte de là.
C'est alors qu'elle repéra le livre exact qu'elle cherchait. Elle n'avait pas eu beaucoup d'espoir - c'était un petit magasin – et avait pensé qu'elle était chanceuse quand elle a tombé sur deux autres titres qui auraient pu être utiles. Mais il y avait là le livre qu'elle avait vu sur Am*zon et mentionné sur certains des sites qu'elle avait visités.
Bien. Bien. Ce qui signifiait que ses courses étaient terminées. Elle se dirigea vers l'avant du magasin.
Distraite, Bella ne réalisa pas que c'était l'étrange employé qui l'avait regardé si étrangement la première fois qu'elle était venue, qui était à la caisse aujourd'hui. Quand elle fut forcée de lever les yeux pour payer, elle fut abasourdie de le voir là et fit automatiquement un pas en arrière.
Ils se regardèrent fixement. Aujourd'hui, il avait l'air... peiné. Ses traits étaient pincés et ça la troubla. Il déglutit fortement et remonta ses lunettes sur son nez parfaitement droit alors en tendant la main vers sa petite pile de livres. "Un peu de lecture thématique, hein?" demanda-t-il.
Elle continua à le regarder fixement, incertaine. Il avait l'air très agréable. En fait, sa voix était belle. Mélodieuse d'une certaine façon.
Tout le monde n'est pas dehors pour t'attaquer, idiote, lui rit au nez sa voix intérieure. C'était juste un type qui avait eu une mauvaise journée la dernière fois. Elle se racla la gorge et voulut faire ralentir son cœur. "Ça me démangeais, je suppose", dit-elle en baissant la tête. Elle voulait vraiment sortir de là. Sa peau commençait à se hérisser.
Il tendit la main et il fallut quelques secondes à Bella pour se rendre compte qu'elle tenait le dernier livre contre sa poitrine. Elle le mit dans sa main.
"L'histoire secrète des vampires", dit-il, puis il sourit plus largement. "Je suppose que ça devrait rester un secret, vu qu'on pense qu'ils sont fictifs, hein?"
Bella fixa le sol, ses lèvres faisant un sourire ironique. "Ouais. Je suppose." La bile amère commença à remonter de son estomac. Si seulement ce type savait ce qu'elle savait sur l'existence des vampires. Fictifs. C'est vrai.
Elle se souvint de la sensation des dents du démon s'enfonçant dans sa chair, ses bras aussi solides que de l'acier la retenaient fermement contre lui. Elle pouvait encore sentir son corps dur comme un roc contre elle et elle frissonna en se souvenant de sa peau glacée. Oh, oui elle pourrait lui raconter une ou deux histoires de vampire.
Sauf qu'elle ne pouvait pas.
"Je peux avoir mes livres?" demanda-t-elle, sa voix tremblante. Son cœur commença à accélérer et un frisson écœurant rendait sa peau moite. "Je dois y aller."
"Bien sûr. Je suis désolé." Il lui remit un sac avec ses livres et elle jeta deux billets de vingt sur le comptoir. "Votre monnaie…!" lui dit-il mais elle était déjà sortie.
Elle monta dans sa voiture avant que le tremblement ne soit trop fort pour qu'elle ne puisse plus marcher. Elle avait assez de présence d'esprit pour claquer la portière de la voiture et de la verrouiller une, deux, trois fois - juste au cas où - avant de s'effondrer sur le volant. Elle tenait le volant comme si sa vie en dépendait, tout en hyper ventilant.
Laisse faire.
Les crises de panique n'étaient pas nouvelles pour elle et elle savait comment les gérer. Ça ne servait à rien de les combattre ou d'essayer de nier la terreur grandissante en elle. L'attaque prendrait fin. Mais ça ne semblait pas être pour tout de suite, elle le savait. Elle se détendit aussi bien qu'elle le put et se concentra sur la maîtrise de sa respiration.
Comme elle le savait, après un certain temps, la panique se dissipa. Bella posa sa tête sur le volant, essuyant les restes de ses larmes.
Mauvaise nouvelle : c'était une cause désespérée et peut-être que cette fois-ci, ça allait faire partie d'elle pour toujours.
Bonne nouvelle: elle avait eu les livres qu'elle voulait. Et, en plus de ses parents, sa conversation avec l'employé était la seule l'interaction humaine qu'elle avait eue en sept semaines. Charlie serait ravi.
Jasper
La fille, Bella, avait des liens à Forks. Eh bien, c'était gênant. Un défi après l'autre, cette petite humaine.
Étrange petite ville. Quelles étaient les chances qu'il tombe sur deux humains qui avaient des liens avec cette ville? Quelle était la probabilité – plutôt mince. Une petite ville avec un clan de vampires étranges et non nomades qui la protègent.
Ils étaient charmants ces vampires. Leurs bras, leurs gorges et leurs visages n'étaient pas marqués. S'ils avaient de l'expérience au combat, ce n'était pas beaucoup. Mais ils étaient cinq. Ça, et le jeune. Il y avait quelque chose à propos du jeune.
Edward. C'était son nom. Belle et arrogante petite chose. Il avait éveillé l'intérêt de Jasper depuis qu'il était apparu dans l'arbre à côté de lui. Jasper n'avait pas encore compris comment il avait fait.
Puis, la façon dont il l'avait regardé vers la fin. La haine et le dégoût qui suaintaient par tous ses pores quand il regardait Jasper?
En y réfléchissant, cela lui rappelait beaucoup ce que Bella avait ressenti quand elle l'avait regardé. Une paire assortie, ça c'était sûr. Et puis, tous les deux à Forks. Jasper ne savait pas ce que ça signifiait. Ils l'intriguaient, tous les deux, de manière très différente. Le garçon était doué - il en était sûr - et Bella le serait.
Jasper réfléchit à ces choses, à toutes les possibilités, alors qu'il remettait le manoir isolé dans les bois comme il l'avait trouvé. Il remit les serrures d'origine, les rôdeurs resteraient dehors. Il remit le sous-sol en état et enleva les piquets et les chaînes qui avaient retenu sa petite prisonnière. Le temps se chargerait d'accumuler la poussière.
Quand il eut fini, il partit à travers bois avec un sourire sur le visage. Il était, de toutes les façons possibles, ancien. Les choses qu'il avait vues et qu'il avait faites défieraient la compréhension humaine. Certains auraient pu dire qu'il avait tout fait, tout vu.
Il semblerait donc que la vie n'avait plus rien d'imprévisible, même pour un être aussi illimité que lui. Mais bon il appréciait toujours un bon défi.
Ah! Ils se sont enfin rencontrés!…
A vous!
