Inhuman Nature

Chapitre 10

Edward fixait le livre sur son bureau. Il venait de Carlisle – ça il le savait. Edward l'avait aussi lu plusieurs fois et l'avait vu tous les jours. Il était toujours en évidence dans le bureau de Carlisle. Peu importe ce qui intéressait Carlisle dans l'instant, ce livre était toujours là.

C'était un vieux livre – écrit aux alentours de 1800. C'était un recueil d'histoires remontant aussi loin que l'Histoire s'en souvenait.

Une compilation de légendes de vampires. Plus spécifiquement c'en était une compilation précise. Oh! La plupart des suppositions étaient fausses. Comme dans tous les mythes les histoires avaient une explication pour des choses que les humains ne pouvaient comprendre mais Carlisle pouvait mettre un nom sur presque tous les vampires qui avaient joué un rôle dans ces histoires. Ils avaient vécu, quelques-uns étaient toujours en vie – lui aussi.

Stregoni Benefici.

Prenant le livre sous son bras Edward descendit. Carlisle rentrerait dans deux heures. C'était plus qu'assez pour patrouiller. Il partit en courant pour faire son tour habituel.

Chez Bella il s'arrêta. Il écouta. Elle était réveillée - elle ne dormait pas aussi souvent à présent et elle était en train de lire. Il pouvait entendre le bruit du papier.

Lisait-elle comme une fille couchée sur le ventre avec les jambes en l'air? Il ne savait pas vraiment pourquoi cette idée lui avait traversé l'esprit. Peut-être que c'était parce que ça lui faisait mal qu'elle n'ait plus ce semblant d'innocence et de légèreté dans sa vie, même si ce n'était qu'une façade, celle d'une jeune femme se perdant dans un livre intéressant.

C'était une chose idiote. Il n'y avait rien de léger qu'il puisse imaginer dans la vie de Bella.

Bien qu'il ait fallu du temps pour que son histoire soit connue de tous, la plupart des gens s'en prenait à elle. Pas dans le genre foule en délire. Ils avaient tous imaginé un certain nombre d'horreurs indicibles sur ce qui avait pu lui arriver. Qu'elle soit revenue en un seul morceau – sans aucune blessure visible - était trop décevant à leur goût.

Dans son dos, ils avaient commencé à inventer leur propre histoire. Elle s'était enfuie avec son petit-ami ou elle avait pris de la drogue ou simplement avait quitté la ville pour voyager.

Non il n'y avait rien de léger ni de frivole dans la vie de Bella. Elle n'avait pas d'amis qui puissent lui apporter cela. Elle s'était levée à présent et elle ne lisait plus. Il pourrait deviner la raison pour laquelle elle cherchait des vampires. Essayer de trouver des faits dans la fiction. Combien de choses le démon lui avait-il dites? se demandait Edward.

Même s'il avait essayé de la laisser tranquille – et aucune partie de lui ne semblait croire qu'il le ferait - était-il possible qu'elle connaisse l'existence des monstres? Il fixa le livre dans ses mains.

Il resta là une autre minute avant de partir à nouveau. Le démon n'était pas là. Quand il eut fini sa patrouille habituelle il était certain que la bête n'était nulle part près de Forks.

Aussi satisfait qu'il puisse être de ne pas avoir pu démembrer Jasper, Edward rentra chez lui. La voiture de Carlisle était dans l'allée et il pouvait entendre les voix et pensées du reste de la famille. Il entra dans la maison puis dans le bureau de Carlisle où il attendit.

"Pourquoi?" demanda Edward sans préambule. Il posa le livre sur le bureau entre eux comme si Carlisle avait besoin de plus de clarification.

Son père le regarda. "Pour la fille."

Pour la forme Edward s'assit face à lui. "Je sais que c'est pour elle mais la question reste. Pourquoi?"

Carlisle s'assit, les mains jointes et ses yeux aussi troubles que ses pensées. "Elle est autant prisonnière ici qu'elle l'était avec lui… Elle doit se sentir si seule avec ce qu'elle sait. Je ne peux pas imaginer ce que ce genre de silence fait à une personne."

Edward sourcilla. "Tu ne peux pas…?" Carlisle avait passé un bon siècle tout seul, se séquestrant lui-même pour rester loin des humains et aussi des vampires.

Carlisle le regarda et lui fit un petit sourire. "Ah j'en connais un rayon sur ce genre de solitude. Mais nos esprits de vampires sont comme nos corps permanents et ils ne changent pas, Edward. Je connais seulement l'entêtement pour lequel mon père m'a maudit. L'entêtement pour survivre, en premier lieu. Ensuite me détruire moi-même quand j'ai réalisé ce que j'étais." Il fit un signe de la main en l'air. Edward connaissait bien la suite de l'histoire.

"Mais les humains sont différents," dit Carlisle. "Le mental des humains peut être changé. Il peut être brisé, détruit. C'était son but pas vrai?"

"Et pourtant, ça t'était égal avant ça..."

Carlisle flancha et regarda Edward. Il soutenait simplement le regard d'Edward.

Ses épaules s'affaissèrent et il baissa les yeux.

Bien sûr que Carlisle s'en préoccupait. Il se préoccupait toujours de tout. Dès qu'il avait compris ce qu'il était il s'était préoccupé de chaque être humain - et plus important de ce que son espèce faisait aux humains. Il s'en préoccupait suffisamment pour se torturer chaque jour, respirant l'odeur du sang qu'il ne toucherait jamais, l'ayant sur ses mains, ses vêtements. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour aider les humains.

Mais il n'était pas humain. Son espèce est une race de monstres. Des vampires. C'était ce qu'il est aussi. Il en savait tellement sur eux : leur histoire, leur camaraderie, leur relation. Et le fait que les dirigeants du monde vampire, les Volturi, étaient ses bienfaiteurs directs.

Edward savait que c'était un casse-tête et qu'il n'était jamais loin dans les pensées de Carlisle. Il abhorrait la violence, la mort et la cruauté. Bien qu'il ne puisse accuser ses semblables de ce qu'ils étaient, ce qu'il était lui-même. Sa morale n'était pas la loi et qui était-il pour juger les autres alors qu'aucun d'entre eux n'avait choisi d'être ce qu'il était? S'ils n'étaient pas meilleurs que les humains, pourquoi les humains étaient-ils leur seule source de subsistance et de force? Oui, Carlisle avait découvert que le sang des animaux était une alternative viable mais comment pouvait-il espérer que les autres prennent la même voie que lui alors que le sang des humains les satisfaisait, puisque l'instinct du vampire était uniquement tourné vers cette unique envie irrésistible.

Les vampires n'avaient pas besoin d'abri ni de soins de santé ni de rien d'autre. La seule et unique chose dans la tête des vampires était le sang humain. Carlisle avait cru en dieu avant d'être transformé. Confronté à la réalité que les vampires existent, quel choix avait-il sauf celui de croire que Dieu les avait créés exactement comme Il l'avait prévu?

"Ça n'a jamais été que je ne me souciais pas de cette fille," dit Carlisle d'un ton neutre. "Je ne t'ai pas empêché de la chercher."

"Tu penses que tu aurais pu?" demanda Edward son ton presque moqueur.

Les lèvres de Carlisle se crispèrent. "Non mais même si j'avais pu je ne l'aurais pas fait. C'est ta vie, Edward, je ne peux pas décider de la vivre pour toi. Je fais ce que je peux avec les cartes qui m'ont été données."

"Oui j'ai eu les mêmes cartes que toi : savoir ce que ce monstre fait à ses victimes. Mais c'est une des cartes mon fils. J'ai aussi une belle famille et mon désir fervent que chacun d'entre vous reste entier. En raison de notre mode de vie étrange aucun d'entre nous n'a dû affronter un autre vampire." Carlisle écarta ses mains. "Alors bien sûr c'est pratique - les cartes que je n'ai pas. Je n'avais aucun moyen de savoir qui il était, où il retenait Bella. S'interposer pendant la chasse d'un autre vampire aurait pu nous faire tuer Edward. Tu as un don mais il n'est d'aucune utilité contre un guerrier expérimenté."

Il soupira - c'était tellement humain, Edward le regarda à nouveau. Ses yeux étaient tristes et tendres. "Et puis la carte finale. Toi. Tu es déjà parti en croisade pour corriger le mal dans ce monde. J'ai vu ce que cela t'a fait. Je n'ai pas vu quel bien une telle obsession pouvait apporter."

Carlisle se leva et alla vers lui. Il posa sa main sur son épaule. "Mais à présent il y a de nouvelles cartes. Bella est de retour parmi les humains et elle a un secret qui la maintient éloignée d'eux. A présent je peux aider. Et ce n'est pas – note-le – parce que c'est facile d'agir maintenant. Ce n'est pas du tout un choix facile. Pas quand son sang t'appelle autant."

Edward fronça les sourcils. "Je ne la blesserai pas." Il le dit plus pour lui-même que pour Carlisle. Il s'était répété ce mantra encore et encore depuis qu'elle était entrée dans la librairie cette première fois.

"Je te crois."

Bella

Ce n'était pas fini. Rien en Bella ne croyait que son épreuve avec le démon était terminée. Et tant qu'elle ne savait pas ce qu'il se passerait ensuite il n'y avait pas de repos possible pour elle.

Elle ne pouvait pas dormir - et n'essayait même pas – à moins d'être si épuisée qu'elle ne tombe dans l'oubli. Tous les si qui lui passaient par la tête alors qu'elle essayait de se calmer pour dormir l'amenaient à une autre folie.

Est-ce que cela faisait aussi partie de son plan? La laisser partir pour la laisser voir ses parents à nouveau, dormir dans son lit, dans une chambre qui ne pouvait pas être verrouillée? Savait-il qu'elle ne pourrait jamais être capable d'arrêter de le voir dans les ombres?

Il avait voulu lui briser l'esprit. Il avait admirablement réussi et autant qu'elle pouvait le savoir il n'était pas proche d'elle pour l'instant. Elle vivait sa vie au bord de la panique avec un très petit répit entre deux crises.

Pour la millionième fois Bella essaya de s'asseoir avec son père et t'interagir normalement avec lui. Espérant toujours que son appétit revienne, il lui avait fait repas complet pour le petit-déjeuner avec des œufs brouillés, du bacon et des toasts. L'odeur la rendait nauséeuse mais elle essaya de grignoter. Elle essaya de parler un peu. Des banalités. Rien d'important. La météo. Le livre qu'elle lisait, elle trouvait toujours quelque chose. Les choses bizarres qu'il fallait qu'il fasse en tant que chef de police d'une petite ville.

Elle devait rêvasser à nouveau car quand il posa sa tasse de café avec un peu de force elle sursauta. Son cœur s'emballa dans sa gorge et des frissons parcoururent son cou.

Son père avait l'air malheureux alors qu'elle essayait de se calmer. "Je suis désolée," dit-elle d'une toute petite voix. "Que disais-tu?"

"J'ai rencontré le fils du Docteur Cullen aujourd'hui," dit Charlie, décidant heureusement qu'il n'allait pas lui parler de son instabilité mentale cette fois. "Il a dit que vous vous connaissiez?"

Bella fronça les sourcils. "Je ne connais personne ici." Le dernier mot était sorti étouffé alors que ses pensées s'élançaient dans une liste potentielle. Pourquoi quelqu'un dirait-il qu'il la connaissait à moins que…

A moins que ce ne soit lui.

Mais Charlie connaissait tout le monde dans cette ville, pas vrai? Il avait parlé au Dr Cullen auparavant. C'était le docteur qu'il voulait qu'elle aille voir. Apparemment il était aimable et doux.

"C'est lui qui travaille à la librairie," dit Charlie en l'observant avec inquiétude.

"Oh." D'accord. C'était un peu plus logique. Un tout petit peu. Elle était allée à la librairie. Elle avait eu une conversation de deux secondes avec l'employé. Celui que son esprit paranoïaque l'avait convaincue qu'il voulait la tuer la première fois qu'elle avait mis le pied dans le magasin, parce qu'elle allait apparemment passer le reste de sa vie à se demander combien de gens normaux autour d'elle lui voulaient du mal.

Dans une ville comme Forks, cependant, une conversation minime comptait comme s'ils se connaissaient. "Je ne connais même pas son nom."

"Edward," dit Charlie. "C'est le fils adoptif de Carlisle, en fait. Ils n'ont que 12 ans de différence."

Charlie leva la main. "De toute façon. Il m'a donné quelque chose pour toi. Un livre. Attends un peu. Je vais aller le chercher."

Alors qu'il se retirait dans le salon, l'esprit de Bella bouillonnait. Pourquoi cet étranger lui aurait-il donné quelque chose?

"Il a dit qu'il pensait que tu serais peut-être intéressée," dit Charlie en retournant à la cuisine. Il posa le grand paquet rectangulaire enveloppé dans du papier brun - qui fait cela encore? - à côté d'elle, sur la table. "Il a dit que tu semblais intéressée par le sujet lors de votre dernière conversation."

Bella fixa le paquet comme s'il allait exploser. Elle avait peur, était-ce une sorte de blague? Mais, elle était aussi intriguée. Le livre ne parlait pas de vampires, n'est-ce pas? C'était peut-être une histoire d'amour ridicule de vampires, le genre qui était populaire dans la fiction et il essayait de flirter avec elle. Elle se mit à grimacer rien qu'à cette idée mais elle réalisa que le livre était bien trop volumineux pour ça. C'était comme si plusieurs tomes avaient été rassemblés en un seul volume.

Son père la regardait avec impatience, évidemment aussi impatient qu'elle de savoir ce qu'il y avait dans le paquet. Il n'y avait pas moyen qu'elle déballe un livre sur les vampires devant lui. Elle se racla la gorge et prit un bon morceau d'omelette qu'elle s'efforça d'avaler. Elle pouvait bien lui donner cela. "Merci, papa. Ainsi, tu me disais que Mme Stanley de la banque t'appelle toutes les deux semaines pour signaler un comportement suspect…?"

ooo

Bella mit deux jours pour aller à la librairie. Elle essaya de se raisonner. Elle était aussi en sécurité à la librairie qu'elle l'était chez elle. Le connard était rentré dans un appartement au troisième étage sans problème. S'il la voulait, la petite maison de Charlie ne l'éloignerait pas.

Elle ne pouvait pas vivre en sachant cela. C'était le but de ce qu'elle essayait de faire avec tous les livres sur les vampires.

Après Port Angeles, Bella savait que ce qui lui était arrivé pouvait se reproduire. N'importe lequel de ces hommes aurait pu la maitriser seul.

Tandis qu'elle essayait de se réconcilier avec ce qui lui était arrivé, qu'elle essayait de se remettre, elle s'était sentie impuissante. Le monde était rempli d'étrangers qui pouvaient la briser et la mettre par terre en un battement de cœur et elle ne pouvait pas les arrêter.

Sauf qu'elle pouvait.

Charlie lui avait parlé de la légitime défense et des arts martiaux. Sa taille n'avait pas d'importance, lui avait-il dit. C'était sur la façon de se battre et comment le corps humain - n'importe quel corps humain - fonctionnait.

Elle était là, impuissante à nouveau. Elle ne pouvait pas vaincre physiquement un vampire, elle en était sûre. Mais y avait-il quelque chose qu'elle ne savait pas qui pourrait aider? Y avait-il une possibilité qu'elle puisse apprendre à se protéger d'un être fort comme Hulk, rapide comme Superman et immortel?

Bella avait besoin de le savoir. Elle avait besoin de savoir si la fiction populaire avait raison et si quelque chose fonctionnait vraiment contre un vampire. Un pieu? De l'ail? Le soleil?

Le connard avait dit que la seule chose qui pouvait tuer un vampire, c'était un autre vampire. Il avait toutes les raisons de mentir, bien sûr, même s'il avait prétendu ne jamais lui avoir menti.

Bella monta dans sa voiture et retourna à la librairie. Elle regarda par les vitrines avant de se garer, essayant d'avoir un aperçu de l'employé. Edward Cullen, avait dit son père.

"Pas trop ambitieux, je suppose," avait dit Charlie quand Bella l'avait poussé à lui en dire plus. "Les Cullen sont arrivés ici il y a trois ans, sa mère, son oncle et sa tante ont commencé une entreprise prospère à partir de zéro. Edward a un diplôme mais il ne fait rien avec. Il reste à la librairie."

C'était plus que ce dont elle était capable pour le moment mais ça n'avait pas d'importance. Le fait était que Charlie s'était porté garant d'Edward. Il n'allait pas la tuer ou lui faire autre chose.

Heureusement, le magasin était vide quand elle entra. Edward lui tournait le dos. Ça devait être son imagination mais elle voyait ses épaules se crisper alors qu'elle s'éloignait de trois pas incertains de la porte.

Mais quand il se retourna, son sourire, un peu tendu, était amical. "Oh. Bonjour, Bella!" Il remonta ses lunettes sur son nez et hocha la tête vers le livre qu'elle portait serré contre sa poitrine. "Je vois que tu as eu ce que je t'ai envoyé."

"Ouais." Bella dut se racler la gorge, car le mot sortit bafouillé. "Je me demandais si je pouvais t'en parler... de ce sujet." Elle regarda n'importe où sauf dans les yeux. Le contact visuel direct l'intimidait et était trop pour elle. Avec Charlie, elle s'était entraînée à regarder un point directement au-dessous de ses yeux mais jamais dans les yeux.

Edward acquiesça d'un signe de tête. "Bien sûr. J'ai du temps maintenant."

Bella regarda autour du magasin. "Es-tu sûr? Je ne veux pas t'attirer d'ennuis."

"Ah, je suis seul ici en ce moment." Ses lèvres se soulevèrent d'un seul côté. "Ne t'inquiète pas. Je ne le dirai à personne si tu ne le fais pas."

Bella n'avait aucune idée de ce que montrait son visage à ce moment-là. Ses pensées, comme d'habitude, étaient partout. Ce type, était-il en train de flirter? Il y avait quelque chose d'agréable dans le ton de sa voix, quelque chose qui aurait pu la faire sourire si elle n'était pas si suspicieuse et aussi déboussolée.

Il n'était qu'humain, se rappela-t-elle en le suivant vers un espace à côté de la boutique - un coin lecture en quelque sorte. Elle pourrait lui botter le cul si le pire venait à se produire. En plus, le coin de lecture était près de l'énorme vitrine en devanture du magasin.

Bella plaça le livre sur la table basse au centre et choisit la chaise gigantesque qui lui donnait une vue sur le reste de la boutique. Il n'y avait qu'un mur derrière - personne ne pouvait se faufiler derrière elle. Elle se racla la gorge. "Ce livre est si vieux qu'il doit être précieux. Pourquoi me prêter quelque chose comme ça?"

"C'est probablement présomptueux de ma part," dit Edward, son un ton d'excuse. "C'est une mauvaise habitude. Peu de gens viennent dans une petite librairie à l'époque d'Amazon et des livres électroniques. Les gens qui le font le font avec un amour honnête pour les livres - n'importe quel livre. Ou ils sont ici avec un but. J'aime cette partie de mon travail - aider les gens à s'impliquer davantage dans ce qu'ils sont en train de chercher."

Bella sourit, une sorte de sourire ironique sans humour. "Tu veux m'aider à m'impliquer davantage avec les vampires?"

Si seulement il savait ce qu'il disait.

"C'est un sujet fascinant." Il n'y avait pas de dérision dans la voix d'Edward. "Et, en fait, j'ai un livre personnel, celui de mon père. Il collectionne les mythes des vampires. C'est un de ses passe-temps."

Bella leva son regard. "Son passe-temps sont les vampires?"

"Les mythes sur les vampires," répéta Edward. "Il pense que c'est fascinant que des mythes similaires apparaissent dans la plupart des cultures. C'est trop gros pour que cela soit une coïncidence, que tant de cultures ait créé des monstres semblables."

Bella cligna des yeux. Ce temps-ci, son cerveau traitait l'information plus lentement que d'habitude. "Es-tu en train de dire que ton père croit aux vampires?" demanda-t-elle.

"Les mythes sont des histoires que les gens inventent pour expliquer quelque chose qu'ils ne comprennent pas. Papa pense que quelque chose est responsable de ces histoires." Il haussa les épaules - un sourire indulgent sur son visage. "Appelle ça des vampires. Appelle ça comme tu veux. Il doit bien y avoir une explication rationnelle, même si on ne sait pas encore ce que c'est."

Bella avait larmes aux yeux et elle fut soudainement emportée dans un puits d'émotion. Trop débordé pour s'en soucier Bella remonta ses jambes sur la chaise et les serra contre sa poitrine, se balançant légèrement.

Elle était si désespérément seule depuis que le démon l'avait enlevée de son lit. Elle avait été seule dans le noir dans tous les sens. Elle toucha l'ancienne reliure en cuir du livre avec des doigts tremblants. Il n'y avait pas moyen qu'Edward sache à quel point sa simple validation était importante pour elle.

Si le Dr Cullen croyait qu'il y avait une part de vérité dans les mythes sur les vampires, elle n'était pas toute seule. Elle n'était pas la seule personne sur la planète pour qui les vampires n'étaient pas des films d'horreur ou des romans d'amour improbables.

"Désolée," dit Bella en pressant le talon de sa paume tremblante contre son œil. "Je... désolée." Elle savait qu'elle se comportait comme une dingue.

"Tu n'as pas à t'excuser." Edward se déplaça dans son siège en face d'elle. "Je ne peux pas imaginer que tu aies eu un moment facile... ces derniers temps."

Bella souffla. Bien sûr que oui. Stupide, minuscule ville à la con. Tout le monde savait qu'elle avait disparu. C'était une des raisons pour lequel elle ne voulait pas quitter la maison. Quand finalement elle était allée ailleurs qu'à la librairie, elle savait à quoi s'attendre. La même chose que quand elle avait dix-sept ans : la pitié des regards, les affirmations non sollicitées et son préféré… ceux qui pensaient qu'il fallait lui rappeler comment elle s'était mis ça toute seule sur le dos.

Qu'est-ce que tu faisais à errer dans cette partie de la ville toute seule?

Eh bien, peu importe. Cela lui donnait la permission d'agir bizarrement sans avoir à s'expliquer. Elle se souvenait de cela aussi.

Elle s'essuya les yeux, se mettant debout. "Je dois y aller." Elle prit le livre et le mit de nouveau contre sa poitrine, comme si c'était une armure. "Je prendrai soin du livre. Je te le promets."


Un chapitre plus calme …. Qu'en pensez vous?