Inhuman Nature
Chapitre 11
De nouveau elle était dans le noir total.
Ça lui prit un moment pour l'accepter. Au début elle ne l'accepta pas, elle n'arrivait pas à comprendre. Comment? Comment avait-elle fini ici? Le démon l'avait-il trouvée? Prise dans son lit chez son père et amenée ici dans le sous-sol froid et noir? Comment? Comment l'avait-il emportée sans qu'elle s'en rende compte?
Comment, c'était la question la moins terrifiante – la plus facile sur laquelle se concentrer. Si elle devait réfléchir à autre chose, elle commencerait à penser à comment c'est d'être seule dans le noir. Comment le silence transforme les minutes en heures et les heures en mois. Le temps devient interminable alors qu'elle peut sentir que ses pensées sont comme des cordes serrées trop tendues. Elle était trop consciente de son état et combien elle était proche de perdre la tête. Elle était gelée jusqu'à l'os et seule. Plus seule qu'elle croyait possible qu'on pouvait l'être.
Seule dans l'obscurité.
Elle haleta et griffa sa gorge. Elle n'arrivait pas à respirer. Elle ne pouvait pas faire cela. Pas de nouveau. Elle ne pouvait pas être là dans le noir, attachée à une chaine, sans rien. Rien que le sol froid et l'obscurité.
Elle cria. Elle cria et elle ne pouvait pas s'arrêter.
Du bruit dans le silence, dans l'obscurité. Elle recula, regardant fixement. Elle ne voyait qu'une seule chose dans le noir : les yeux brillants et cramoisis du démon.
Bella posa ses bras sur sa tête alors qu'il l'atteignait. Elle lutta contre son étreinte en criant. "Ne me blessez pas. Ne me blessez plus, je vous en prie. S'il vous plait. Ne me laissez pas dans le noir." Elle était à moitié terrifiée et elle s'agitait en tous sens.
C'était inutile, se souvint-elle. Il était trop rapide, trop fort. Et toute nécessité de combattre la quitta. Elle se laissa aller dans ses bras, haletant pour trouver de l'air et pleurant doucement en attendant la douleur inévitable. Il allait la drainer. Ça faisait longtemps et il devait avoir très soif.
"Tu es en sécurité chérie. Je suis là. Bella s'il te plait. Reviens avec moi."
Ce n'était pas la voix du monstre. Ça lui prit une éternité pour s'en rendre compte. Elle cherchait une explication parce que ça n'avait aucun sens. Elle était seule. Elle et le démon, seuls au monde.
"Bella?" Quelqu'un toucha ses cheveux et elle recula violemment. "D'accord, d'accord. Je ne te touche pas. Ouvre les yeux."
Bella envisagea cela. Ses yeux étaient-ils fermés? Oui. Ils étaient fermés et serrés très fort. Si elle les ouvrait que verrait-elle?
Elle les ouvrit lentement. Ses cils étaient collants de larmes. Elle eut un mouvement de recul, craignant l'obscurité.
Il faisait sombre mais ce n'était pas l'obscurité terrifiante. Elle pouvait distinguer des formes. Et elle n'était pas dans le sous-sol froid. Le sol sous elle devait être du plancher. Il y avait des meubles dans la pièce. Ses pieds étaient emmêlés dans une couverture.
Et son père la regardait avec de grands yeux brisés. Il avait une lampe de poche qui éclairait son visage.
Elle ferma les yeux et posa sa joue sur le sol frais, épuisée. "Allume la lumière," murmura-t-elle, la voix rauque d'avoir crié. "S'il te plait."
"Il n'y a plus d'électricité."
Ça arrivait quelquefois pendant l'hiver. Plus d'électricité. Elle se réveillait dans l'obscurité pour la première fois depuis qu'elle était arrivée ici. Le monstre n'était pas là.
Mais Charlie ne savait pas combien il avait tort. Elle n'était pas en sécurité. Elle ne l'avait jamais été et elle ne le serait plus jamais.
Quand elle essaya de se lever, ses mouvements étaient trop faibles. Elle avait dépensé le peu d'énergie qu'elle avait et elle tremblait. Charlie se pencha vers elle et tendit la main. "Puis-je t'aider?"
Elle hocha la tête, tendant la main pour passer un bras autour de son cou. Elle l'aida pour qu'il la dépose sur le lit en position assise. Il attrapa une bouteille d'eau sur sa table de chevet. Il la posa contre ses lèvres et elle but, ça calma sa gorge endolorie.
"Tu veux me dire ce qu'il s'est passé?" demanda Charlie. Sa voix était calme mais Bella pouvait sentir la tension sous-jacente. Elle ferma les yeux à nouveau, en tremblant au froid qui s'écoulait dans sa colonne vertébrale.
Elle n'avait aucun désir de lui dire ce qu'il s'était passé. Pourquoi voudrait-elle entrainer quelqu'un d'autre dans cet enfer? Non pas qu'il la croirait si elle lui disait la vérité. Non il penserait que le traumatisme prenait le dessus cette fois et qu'elle inventait des histoires de vampires pour gérer ce qui lui était réellement arrivé.
Elle prit une profonde inspiration. Elle savait qu'il fallait qu'elle lui raconte quelque chose. Elle s'était tue pendant trop longtemps et qui sait ce qu'il avait inventé. Mieux valait lui dire des demi-vérités, ça pourrait le réconforter qu'elle se mette à lui parler.
"Il…" Il fallut qu'elle déglutisse parce que même le mot ramenait des visions du démon - son sourire arrogant et diabolique. "Il m'a gardé dans un sous-sol pendant des jours, sans lumière. Il n'y avait rien là-bas. Juste une chaine et moi." Elle frémit. "Je déteste l'obscurité."
Charlie fit un bruit étrange et étranglé. Il bougea pour attraper la couette et l'envelopper autour de ses épaules tremblantes.
"Bella…" commença-t-il mais elle secoua la tête.
"Ne me demande pas d'en parler à la police." Elle regarda droit devant sans le regarder lui. "Fais-moi confiance, il n'y a rien qu'ils puissent faire."
"Je sais que c'est ce qu'il te semble mais…"
"C'est comme ça," dit-elle sans élever la voix. "Sinon je le ferai. Tu sais que je le ferais."
Bella pouvait sentir les yeux de son père peser sur elle mais elle ne le regarda pas. Elle avait trop honte de sa propre impuissance. Qu'aurait-il pu faire de ce qu'elle lui aurait donné? Penserait-il que son ravisseur lui avait fait un lavage de cerveau pour qu'elle pense que la police ne pouvait pas aider?
Une partie d'elle se demandait si c'était vrai. Avait-elle inventé toute cette histoire sur une créature surnaturelle pour recouvrir un traumatisme plus profond? Pire, est-ce que tout cela était un rêve? Elle n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi il l'avait laissée partir, ça n'avait aucun sens.
Peut-être ne l'avait-il pas laissée partir. Peut être était-elle toujours enchainée dans le sous-sol avec des rêves tordus de son père chez lui qui lui tenait compagnie.
Elle tremblait encore plus à présent, elle ramena ses genoux contre son torse et y enfouit son visage. Elle passa le bout de ses doigts sur la cicatrice sur son cou. Elle était toujours plus froide que le reste de sa peau. Vrai. C'étai vrai.
Edward
Il savait qu'elle était à nouveau dans la librairie. C'était impossible de ne pas le savoir. Etre dans la même pièce qu'elle - même si cette pièce était très grande – était une torture pour lui. C'était comme mettre un plat de nourriture délicieuse devant un humain qui n'en avait pas eu depuis des jours et qui s'attendait à ne pas pouvoir la manger. Même pas une bouchée. Edward planta ses ongles si fort dans le sol que le ciment se déforma sous la fine moquette de la librairie.
Rassemblant ses esprits pour trouver un semblant de rationalité, Edward se contenta de curiosité.
Que faisait-elle ici de nouveau? La fille – femme – était une énigme, aucun doute n'était possible à ce sujet. Il le savait par ses patrouilles et par les pensées des personnes auxquelles son père avait parlé pour leur dire qu'elle ne quittait jamais la maison sauf pour venir là. Il savait aussi qu'ils n'avaient plus de livres sur les vampires à moins que ce ne soit des romans ridicules.
Il écouta le bruit de ses pas alors qu'elle faisait le tour du magasin. Elle se dépêcha d'aller dans un coin. Elle se cachait pensa-t-il. Il y avait deux autres personnes dans le magasin – deux femmes d'un certain âge qui bavardaient tout en tournant les pages d'un roman.
Elle s'approcha et quand elle arriva dans l'allée principale Edward fit en sorte de paraitre concentré sur sa tâche. Elle s'arrêta. "Bonjour."
Il leva les yeux sur elle, voyant des changements. Ses yeux étaient plus enfoncés, mauvaise mine, juste un peu plus. Etait-il possible qu'elle se soit encore moins reposée? Mais plutôt que de laisser transparaitre son inquiétude, il sourit et se releva. "Bonjour Bella."
Elle baissa la tête et ce mouvement le rendit curieux. Etait-elle aussi timide qu'il y paraissait ou était-ce le traumatisme qui faisait que c'était si difficile pour elle de parler? C'était évident qu'elle luttait - ses traits rougissaient alors qu'elle pliait et dépliait ses doigts.
"Comment est la lecture?" demanda-t-il pour l'aider.
"Oh j'ai tout fini!" Elle fronça les sourcils. "J'aurai dû le rapporter…"
Edward agita sa main. "Ne t'inquiète pas. Mon père n'en aura pas besoin avant longtemps." Il bougea ses mains sur les étagères en se rappelant de se déplacer lentement. Ils étaient comme sur du sable mouvant et il le savait.
Une partie de lui était surpris. Bella ne l'avait pas encore reconnu pour ce qu'il était vraiment. Ils n'avaient passé que quelques minutes ensemble, c'est vrai. Et elle ne l'avait regardé dans les yeux qu'une seule fois.
Les vampires avaient été des humains après tout. Sans toucher sa peau dure et froide serait-elle capable de reconnaitre un vampire rien qu'en le voyant, les yeux étaient peut- être un indice mais ses yeux et les yeux d'un vampire normal étaient très différents.
Bon. C'était un risque qu'il prendrait alors, pas la peine de s'inquiéter. Il fit remonter les lunettes sur son nez – un geste très humain. Emmett le taquinait parce qu'il était conscient de ce qu'il était. C'était ses yeux qui pouvaient attirer l'attention alors il faisait de son mieux pour les cacher.
Il pensait à tout cela en attendant que la fille ait rassemblé son courage. Il voyait bien qu'elle voulait dire quelque chose mais il comprenait comment le traumatisme fonctionnait. Les mots ne sortiraient jamais facilement. Elle était courageuse parce qu'elle luttait. Il n'y avait pas si longtemps que son épreuve s'était achevée.
Savait-elle à quel point il était improbable que son épreuve soit terminée? Si elle en avait seulement l'intuition, ça rendait ce qu'elle faisait – essayer d'exister et d'interagir – absolument stupéfiant.
Au moment précis où Bella ouvrit la bouche, Jessica l'aperçut.
"Oh, mon Dieu. Bella Swan, c'est toi?"
Edward se redressa - probablement trop rapidement – et s'empêcha, à peine, d'attraper Jessica. Il grimaça pendant que la fille serrait Bella dans ses bras. Ne voyait-elle pas la façon dont Bella se raidissait? N'entendait-elle pas le tout petit gémissement de Bella?
"Tu te souviens de moi?" demanda Jessica, inconsciente. Elle la relâcha. "On a été amies pendant une minute avant..." Jessica semblait se demander pourquoi elle avait connu Bella si peu de temps. Bella n'avait vécu à Forks que peu de temps avant d'être attaquée et était partie vivre avec sa mère loin de cette petite ville où tout le monde savait tout sur tout le monde. "Eh bien, euh..." bafouilla Jessica. Edward pouvait entendre ses pensées déplorables à sa bévue et cela lui réchauffa un peu le cœur.
Quand Bella baissa la tête, comme si c'était elle qui avait fait quelque chose et qu'elle avait honte, Edward décida qu'il était temps d'intervenir. Il se racla la gorge. "Bella. Désolé de vous interrompre mais j'allais déjeuner. Je me demandais si tu te joindrais à moi au petit café?" C'était un endroit minuscule et le couple qui le dirigeait était connu pour sa discrétion. Bella le savait probablement aussi. "Pour discuter du livre."
Bella jeta un coup d'œil - furtif - entre Jessica et Edward. Il pouvait entendre son rythme cardiaque augmenter à l'idée d'aller quelque part avec lui. Mais le café était de l'autre côté de la rue et apparemment discuter du livre était assez attirant. "D'accord."
Edward était stupéfait de l'exaltation qui le traversa. Pourquoi ressentir tant de plaisir parce que cette fille humaine lui avait dit oui? Ce n'était pas un mystère. Carlisle avait raison, après tout. Elle devait être désespérée de savoir qu'elle n'était pas seule avec ce qu'elle avait vu, ce qu'elle avait traversé.
En quittant la librairie, Edward entendit Jessica grincer des dents et il grimaça. Il supposa que c'était inévitable. Si ce n'était pas Jessica, quelqu'un les verrait au café et les rumeurs commenceraient.
C'était un Cullen, le plus bizarre et le plus silencieux de la bande. Le fils. Emmett se faisait passer pour le frère de Carlisle, donc c'était assez naturel. Deux couples sans enfant dans la plus grande maison de Forks. Mais Edward? Il était assez vieux pour aller à l'université mais ne le faisait pas. Il ne sortait avec aucune des femmes de la ville, ni avec aucun garçon. Il avait un job mal payé dans une librairie et s'occupait de ses affaires.
Puis il y avait Bella. Ils avaient tous l'impression de la connaître. La fille du chef de la police et de son ex-femme volage. Ils avaient toujours été fascinés par l'histoire de Charlie. L'homme qui servait la loi et l'ordre avec diligence, dont le cœur avait été irrévocablement brisé quand Renée s'était enfuie avec leur petite fille. Finalement, finalement, il avait ramené sa fille après dix-sept ans, pour la perdre si vite et si cruellement. Pendant des années, les gens de la ville demandaient toujours à Charlie comment elle allait et ils étaient ravis qu'elle n'ait pas laissé ces hommes affreux la briser. Elle avait appris tous les arts martiaux qu'elle pouvait, elle avait eu son bac, était allée à l'université et avait même travaillé comme nounou.
Avant cette dernière débâcle, tout le monde y compris Edward, connaissait Bella sous le nom de "cette pauvre fille". Maintenant qu'elle était en ville, ils n'étaient pas sûrs. Un incident, ils pouvaient le compter comme de la malchance et lui offrir toutes leur sympathie. Mais avoir de tels ennuis une deuxième fois…?
Elle devait bien avoir fait quelque chose, n'est-ce pas?
Edward lutta pour ne pas grincer des dents. Toute la chaleur qu'il avait ressentie envers Jessica fut bannie en écoutant les pensées qui lui couraient dans la tête. Il s'approcha de Bella, voulant poser un bras autour d'elle. Pour la protéger, pensa-t-il.
Il se sentait si protecteur envers elle.
"Où veux-tu t'asseoir?" demanda-t-il, pensant lui donner la possibilité de s'asseoir en plein air ou de se cacher.
"Je ne sais pas..." commença-t-elle à dire, mais elle s'arrêta. Elle fit signe vers une table dans un coin. "Ça ira?"
Elle pouvait voir tout l'endroit si elle s'asseyait sur le côté droit, nota-t-elle. "Bien sûr."
Ils se disputèrent un peu pour savoir qui allait payer mais finalement elle lui permit de lui offrir un café. Il savait par son battement de cœur saccadé, qu'être dans ce nouvel endroit était une épreuve pour elle. Dès qu'il alla au comptoir, elle se précipita dans le coin et contre le mur, ramenant ses jambes sous son siège.
"Tu ne manges pas? Je croyais que c'était l'heure du déjeuner?" dit Bella quand il revint avec deux cafés.
Il ne put s'empêcher de sourire. "J'ai pris un grand petit-déjeuner." C'était à peu près vrai. Il avait chassé presque quotidiennement depuis qu'il avait découvert la puissance de son odeur. Ce matin-là, il avait attrapé un wapiti. "Je mange peu dans la journée."
Il avait fait verser le café dans des tasses à emporter. De cette façon, il pourrait faire semblant de siroter plutôt que de vomir ce qu'il avait bu plus tard. Il serra ses mains autour de son café, espérant que le liquide chaud réchaufferait sa peau. Au cas où il aurait besoin de la toucher. Peu importe la raison.
Il se racla la gorge pour se débarrasser de cette étrange pensée. "Alors... Le livre. Est-ce que tu..."
"Es-tu du même avis que ton père?" demanda-t-elle à la hâte, ne le regardant pas mais en fixant son café.
"Tu veux dire, est-ce que je crois aux vampires?" demanda-t-il.
Ses joues rougirent, le venin s'accumula dans sa bouche. Il devait faire attention et ne pas respirer.
"Ça a l'air si stupide quand tu le dis à haute voix," murmura Bella, surtout pour elle-même.
Il ironisa. "Ça ne me paraît pas stupide. Je crois qu'il y a une part de vérité dans ces histoires." Il l'entendit souffler et mordiller sa lèvre. "Je crois que les monstres existent."
Elle resta silencieuse. Elle inhala lentement, comme si son acceptation lui apportait une grande émotion.
Curieux. Il essaya de nouveau de lire dans ses pensées et fut encore frustré par le silence.
C'est alors qu'il la vit. Elle se frotta le cou et il aperçut une cicatrice familière. Une morsure.
La colère le traversa. Le démon s'était nourri d'elle. Il se l'était demandé. Elle sentait si bon. Pire pour lui que pour le reste de sa famille mais plus doux que la plupart des autres. Jasper s'était nourri d'elle et elle a survécu. Combien de fois?
Et comment un humain était-il censé faire face à ce genre d'atrocité? Une chose pour laquelle aucun autre humain n'avait de mots ni même assez d'imagination.
"Bella." Il pesa bien ses paroles avant de les lâcher. "Puis-je te poser une question?"
Ses traits se figèrent et une expression fatiguée et résignée apparut sur son visage. Elle hocha la tête.
"Ce livre... C'est ce qui t'est arrivé?"
Bella releva la tête. Ses yeux se concentrèrent sur lui, grands et horrifiés, mais seulement pendant une fraction de seconde avant d'être inondés de larmes. "Je... Je ne sais pas..." Elle posa une paume tremblante sur sa joue.
"Je te crois," dit-il, sa voix douce et l'espérait-il, apaisante. "Peu importe ce que tu dis maintenant, je te promets que je te croie."
Elle se fit alors toute petite. Ses épaules s'affaissèrent et elle leva les deux mains pour couvrir son visage. "Comment pourrais-tu?" chuchota-t-elle. "Comment pourrais-tu me croire?"
Edward aurait souhaité pouvoir se lever et la prendre dans ses bras. Elle avait vraiment besoin d'être tenue et il voulait être celui qui la tenait. "Si j'accepte que les monstres existent, je dois accepter que quelqu'un, quelque part, les a vus." Il s'arrêta, regarda ses épaules trembler et souffrit pour elle. "C'est un vampire qui t'a enlevée."
"Oui," chuchota-t-elle, en frissonnant.
"Et c'est pour ça que tu ne peux le dire à personne. Parce que, pour la plupart des gens, les vampires n'existent pas."
Elle s'étouffa sur un sanglot, son visage encore caché par ses mains. "Oui."
Les propriétaires du café les observaient maintenant. Edward Cullen avait fait pleurer Bella Swan. Bientôt ils viendraient voir si Bella avait besoin d'aide. C'était des gens bien. Que penseraient-ils s'ils savaient exactement quel genre de monstre il était? Que, alors même qu'il voulait la tenir dans ses bras et la réconforter, cette partie monstrueuse de lui voulait encore la vider de son sang?
Quoi qu'il en soit, il avait besoin de dire encore une chose avant qu'ils ne se séparent. "Tu n'es pas seule. Et quand tu seras prête à parler, si tu veux parler, je serai là pour t'écouter."
Qu'en pensez-vous, est-elle prête?
