17 - Inhuman nature

Elle était si chaude. Chaude et petite. Chaude et petite et parfaite dans mes bras.

Ce n'était pas la première fois qu'Edward maudit son esprit vampirique. Il voulait ne pas pouvoir penser à quarante choses à la fois. Il ne voulait pas sentir le pouls de Bella – elle sentait si bon. Il ne voulait pas être si conscient de sa fragilité. Sa peau était fine et son sang si chaud en dessous.

Edward ne voulait pas de son don. Il ne voulait pas entendre Carlisle lui parler. Tu as besoin de nous? Appelle-nous si c'est le cas. Avant d'avoir des ennuis. Il ne voulait pas entendre les pensées d'Esmée, ses souvenirs concernant son obsession constante de Bella, la façon dont il parlait d'elle et ce qu'il faisait à présent. Sa mère rassemblait les pièces du puzzle, arrivant à la même conclusion que Jasper.

Il était amoureux de Bella et il ne pouvait pas arrêter de penser à cela.

Ce qu'il voulait c'était uniquement se concentrer sur ce dont Bella avait besoin. Il ne savait pas que ça pouvait faire si mal de voir la détresse de quelqu'un. Même la douleur de la brulure pendant la transformation, la douleur atroce du venin circulant ne pouvait être comparée à l'agonie gravée sur le visage de Bella.

Y mettre fin. Elle l'avait suppliée de la tuer et cette idée était tout à fait inimaginable. Pas avant que tu m'aies dit comment te suivre, avait-il pensé. Parce que c'est à ce moment-là qu'il avait su que si Bella mourrait il ne voudrait plus vivre.

Pendant toutes ces années depuis sa transformation, depuis qu'il était devenu un monstre il avait pensé que ça aurait été mieux que Carlisle l'ait laissé mourir. Mais à présent il savait qu'il y avait une différence entre savoir qu'il aurait pu mourir et peut-être le mériter et souhaiter sa mort.

Est-ce que l'amour faisait ça à tout le monde? C'était dévastateur. Il n'était pas humain. Les vampires étaient faits de pierre, leur cœur mort depuis longtemps et…

Il avait été modifié, transformé et irrévocablement lié à cet être merveilleux et fragile à la peau humaine. Sa douleur, son désespoir étaient les siens aussi. Ça allumait un feu en lui, en enfer furieux qui lui donnait envie de passer cette porte, de trouver son démon et de le tuer, non pas une seule fois mais encore et encore jusqu'à ce qu'il ait payé.

Mais il avait échoué. Il ne pouvait que la tenir. C'était un pauvre substitut mais c'était ce qu'il avait. Et elle pourrait avoir tout ce qu'il avait. Tout ce qu'il était.

Il ne la blesserait pas. Non, il ne pouvait pas.

Quand ses larmes s'apaisèrent et que son rythme cardiaque ralentit, il s'attendait à ce qu'elle le repousse. Elle ne le fit pas. Elle était presque aussi immobile que lui, sa tête reposant sur son épaule lui envoyant des bouffées d'air chaud sur le cou. Il se demandait depuis combien de temps elle avait laissé quelqu'un la tenir.

Ça méritait réflexion. Combien de fois avait-elle été touchée depuis qu'elle avait dix-sept ans? Et qui aurait pu la tenir ainsi? Sa mère et son père peut-être, sauf que Bella avait dit que c'était elle qui s'occupait d'eux.

Alors qu'il essayait de comprendre cela, la main de Bella, celle coincée contre son estomac monta le long de son torse jusqu'à son encolure. Il se serait figé s'il ne l'était pas déjà comme une statue. Toutes ses pensées ne se confondaient plus qu'en une seule.

Ses doigts étaient sur sa peau nue, caressant son épaule sous sa chemise et il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il se passait. Elle était dans ses bras et c'était tout un miracle. Le contact intime était bien au-delà de sa compréhension.

"Bella?"

Instantanément elle retira sa main et se redressa. "Je suis désolée." Les mots sortirent à la hâte, sa voix était encore rauque d'avoir crié. "Je ne pensais pas…"

"Ce n'est pas ça qui m'inquiète." Sa voix était stable, il ne voulait pas trahir son étonnement.

Elle plissa le front et toucha à nouveau son épaule sur ses vêtements cette fois.

Elle souffla et laissa tomber sa main. "Je jurerai que tu avais été blessé."

Edward s'empêcha de réagir mais il était surpris. Tellement de choses s'étaient passées dans cette clairière, il n'y avait pas moyen qu'un humain ait pu tout suivre. "Je vais bien."

"Il t'a déchiré l'épaule. Comment est-ce possible?"

Bien sûr qu'elle avait vu. A moment donné il faudrait qu'il s'habitue à ce que cette petite humaine puisse le choquer.

Bella commença à quitter ses genoux mais Edward la retint. Elle se tendit et il détestait cette peur qui la traversait.

"Je suis désolé," fit-il mais il ne la laissa pas partir. "J'ai besoin que tu sois prudente. Il y a beaucoup de verre."

Bella regarda autour d'elle et haleta. "Oh. Oh, Edward. Je suis désolée." Elle souffla. "Est-ce que je t'ai envoyé la stéréo?"

"Entre autres choses." Rien que le souvenir de sa fureur était comme une dague qu'on enfoncerait dans son cœur. "Mais ne sois pas désolée. C'est le moins que je mérite. Si tu me permets, je vais t'éloigner de tout ça. Ensuite je répondrai à toutes tes questions, d'accord?"

Elle sembla hésitante, mordillant sa lèvre inférieure entre ses dents mais elle hocha la tête et passa ses bras autour de son cou.

Il resta avec elle dans ses bras puis traversa le désordre vers la sécurité qu'offrait le canapé. Il la posa à un bout et s'assit à l'autre, lui laissant de l'espace.

"Nos dents sont très coupantes," dit-il. "Si coupantes qu'elles peuvent déchirer notre peau." Il hésita un instant avant d'enlever sa chemise. Il s'était changé de chemise juste avant qu'elle ne commence à émerger.

"Oh!" murmura Bella dans un souffle. Le surprenant à nouveau elle se rapprocha, ses yeux fixés sur son épaule. Elle tendit la main et passa son doigt sur la forme de la blessure.

Ça ressemblait à une cicatrice humaine – une ligne - qui suivait le morceau que Jasper avait détaché de son corps. Les marques de dents étaient plus évidentes sur le dessus. La peau n'était ni soulevée ni rouge. Et où le venin avait touché la peau, elle était blanche comme l'os. Et là où la peau avait été raccommodée c'était juste un peu plus sombre.

"Comment?" demanda-telle.

"Le venin nous guérit. Tant que nous pouvons retrouver tous les morceaux qui ont été arrachés nous pouvons les remettre. Mais je dois admettre que je n'avais jamais testé cette théorie avant."

"Et ça ne fait pas mal?"

"C'est atroce."

Elle retira immédiatement sa main et ça le fit rire. "Pas toi, Bella le venin, c'est mieux mais ça fait mal."

"Oui." Bella recula un peu et passa ses bras autour d'elle. "Je me souviens." Elle ferma les yeux et serra les poings. "Peux-tu me dire ce qu'il s'est passé? J'étais chez…" Ses yeux s'ouvrirent. "Putain. Cynthia…"

Edward leva la main. "Carlisle a déjà appelé Emmett et Rosalie." Il attrapa sa chemise et la remit. "Je suis presque certain qu'il n'a pas de raison de s'approcher de la fillette mais ils vont la surveiller pour s'en assurer. Nous…" Il s'arrêta de parler, le sang avait quitté son visage et elle bondit comme si elle allait tomber. Pourquoi, oh pourquoi ne pouvait-il pas lire dans ses pensées? "Bella es-tu…"

"Ce sont des vampires. Tous. Ta famille…" murmura-t-elle.

Edward ne savait pas quoi dire. Bien sûr ça avait déjà un terrible choc de réaliser qu'il était un vampire – un suceur de sang, un monstre sans âme. Elle savait qu'elle ne pouvait pas lutter contre un seul vampire et maintenant elle savait qu'il y en avait cinq dans sa ville.

"Aucun de nous ne boit du sang humain," dit-il enfin.

"Non je suppose que ce serait un conflit d'intérêt vu que ton père ouvre les gens pour gagner sa vie." Elle souffla. "Putain," marmonna-t-elle. "Le Dr Cullen et Esmée… c'était eux. Dans la forêt."

"Oui quand Carlisle n'a pas pu me trouver, il s'est douté que quelque chose était arrivé. Il a suivi mon odeur depuis Forks et …"

"Il a fait quoi?"

Il l'observa un moment, écoutant les battements de son cœur. Elle était moins pâle qu'une minute avant. Elle gérait ça remarquablement bien. "Nous avons un odorat très développé."

"Bien sûr que oui, comme si vous aviez besoin d'autres avantages." Elle prit une autre inspiration "C'est comme ça que tu m'as trouvée?" Elle pâlit de nouveau. "C'est comme ça qu'il m'a trouvée?"

"Non, je… bon."

"Quoi?"

Il soupira. "Bella j'ai seulement besoin que tu saches que notre amitié est réelle et précieuse pour moi. Je n'ai jamais menti sauf par omission."

Elle ne dit rien, son expression restant prudente en attendant la suite.

"Même si je ne savais pas ce que tu avais vécu avant que tu me le dises, je savais que c'était Jasper qui t'avait prise et ma famille l'avait rencontré avant ta disparition." Il serra les poings. "Et je ne savais pas jusqu'à aujourd'hui pourquoi il t'avait laissée partir."

Bella remonta ses jambes sous son menton, les rapprochant de sa poitrine et passant ses bras autour d'elle. "Il voulait me rendre folle avant de me tuer."

"C'est ce qu'il voulait quand il t'a prise. Mais ce n'est plus ce qu'il veut à présent." Il fit une pause. "Et ce n'est pas pour ça qu'il t'a laissée partir."

Elle paraissait si petite et ses yeux étaient si grands qu'on aurait presque dit un enfant. Edward ne voulait rien d'autre que de la reprendre dans ses bras. Elle respira par le nez et hocha la tête.

Ce fut un grand défi pour lui de ne pas laisser transparaitre ses émotions. Il était tellement, tellement en colère et honteux. Il aurait dû arrêter cela avant que ça commence, avant que Bella puisse être blessée. "Il te veut." Il dit chaque mot avec précaution, lentement. "Pour toujours. C'est un putain de salaud très logique, il pense que tu es brillante et courageuse, il pense que tu ferais une bonne compagne."

Et seulement parce qu'il était un vampire, il entendit le petit bruit qu'elle fit du fond de sa gorge. Elle ferma les yeux très fort et lutta pour garder sa respiration sous contrôle. "Il m'apprécie," dit-elle la voix faible et nerveuse. "Il veut… m'avoir."

"Ça ne concerne pas le sexe," dit-il gentiment, essayant de deviner ce qui l'inquiétait le plus. Pas que toute cette situation ne soit pas horrible. "Il pense réellement que tu serais une bonne partenaire."

"Il veut être mon putain de petit-ami?"

Ils furent tous les deux surpris par son ton. En fait même Carlisle et Esmée le furent. Et à plus d'un titre car Edward n'avait pas eu le temps de leur raconter.

Bella inspira profondément. "Alors quoi? Il allait de nouveau m'attraper mais différemment? Comme un nouvel épisode? Comme pour tout reprendre depuis le début? Et au lieu de m'attacher dans la cave noire au bout d'une putain de chaine au froid, il allait m'inviter à diner et à boire un coup et puis me manger?"

"Je pense que je te dois une excuse?" dit Edward.

"Seulement une?"

"Non." Il s'approcha, il souffrait de ne pouvoir la prendre dans ses bras. "Mais il faut que je te dise ce qui est exactement arrivé. Comme je l'ai dit je soupçonnais ce bâtard de ne pas en avoir fini avec toi. Tu étais très bien protégée Bella. Quand tu étais à Forks."

Elle ricana et se balança légèrement. Elle ne le croyait pas, il pouvait le dire mais elle avait d'autres préoccupations, supposa-t-il. "J'ai quitté Forks."

Il opina. "Et je l'ai découvert trop tard."

"Parce que tu me suivais." Son ton était impassible et contenait quelque chose de dangereux.

Vraiment trop perspicace. "Je ne t'ai pas suivie," grimaça-t-il. "Pour être honnête, je t'aurais suivie mais je n'ai pas eu à le faire. Tu es chez toi ou avec moi."

Bella détourna le regard. Elle avala plusieurs fois mais ne dit rien.

"C'était de la chance, poursuivit-il. "J'étais au travail. Je suis sorti pour changer l'affiche et j'ai entendu ton père disant à l'officier Marks que tu étais allée à Seattle. Qu'il était abasourdi et fier de toi."

"Et tu es parti après moi."

"Je l'ai fait."

"Et il était proche."

Si Edward était humain, il aurait tremblé. "Il s'accrochait sous ton pick-up."

Elle poussa un doux cri et posa sa main contre sa bouche. "Je... je ne..."

"J'avais besoin de t'éloigner de lui." Edward s'arrêta un moment et baissa la tête. "Bien que, j'ai compris plus tard qu'il n'avait pas l'intention de t'emmener. Il savait qu'on te gardait et il ne pouvait pas s'approcher. Il s'était dit qu'en fait, il avait pensé que ce serait toi qui lui ferais passer le périmètre." Il la regarda de nouveau. "Il n'allait pas te toucher aujourd'hui. Il joue un jeu à long terme, Bella. Il allait te laisser une rose. Une seule rose dans un vase."

"C'est censé me réconforter?" Elle se balança d'avant en arrière. "C'est... C'est flippant. Je veux dire, je savais qu'il était toujours là quelque part mais..." Elle secoua la tête, "Bon sang, je vais perdre la tête."

"Dans son idée, avec le temps tu aurais vu qu'il n'était plus un danger pour toi." A ce stade, il ne savait pas s'il faisait empirer les choses mais il voyait qu'il n'avait d'autre choix que de lui dire toute la vérité. "Il pensait que tu allais t'habituer à l'idée qu'il pourrait être près de toi et que tu serais toujours libre. En sécurité."

"Comment sais-tu tout ça?" demanda-t-elle, l'air irrité. Mais avant qu'il puisse répondre, sa tête se releva et elle le regarda fixement. "Il t'a traité de télépathe. Et il m'a dit avant que les autres vampires pouvaient avoir des dons." Elle le regarda, intriguée. "As-tu …."

"Je ne peux pas lire dans tes pensées. Tous les autres, oui, mais pas toi."

"Pourquoi pas moi?"

A ce moment-là, il dut rire. "C'est une bonne question. Tu es silencieuse et ça ne m'est jamais arrivé."

Bella fronça les sourcils. "C'est dommage que tu ne saches pas à quoi je pense," dit-elle après une minute complète.

"Pourquoi?" demanda Edward, surpris qu'elle veuille le lui dire.

"Parce que je n'ai aucune idée de ce à quoi je pense en ce moment." Elle enroula les bras autour de ses jambes et posa sa tête contre ses genoux. Elle avait l'air si fatiguée.

"As-tu…"

"Donne-moi une minute, s'il te plaît," dit-elle d'une petite voix. Elle avait recommencé à se balancer.

Edward se figea et attendis. La patience était inhérente aux êtres immortels mais comme une minute se transformait en deux et deux à cinq, Edward se sentit remarquablement nerveux. Bella regarda au loin, se balançant. Probablement réfléchissant.

Presque dix minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne lève la tête et ne le regarde. "Alors, tout ce dont on a parlé avant, au resto. Tout ce qui était personnel. Tout était vrai, n'est-ce pas?"

Edward cligna des yeux. Eh bien, ne laissez jamais dire que la femme était prévisible. Elle ne faisait que le choquer. "Dans l'intérêt de la divulgation? Tout est soigneusement prévu mais le cœur de la vérité était là."

"Emmett est donc ton grand frère. Il te taquine. Tu aimes lutter même si ça rend ta mère nerveuse. Tout ça."

"Oui." Ça l'a tué parce qu'il ne savait pas où ça allait.

"Et les vampires sont les seules choses qui peuvent blesser d'autres vampires."

"Oui."

Elle le regarda fixement et il ne pouvait pas déchiffrer cette expression dans ses yeux. Il y avait de la colère, oui mais autre chose. Une étincelle de lumière. "Si j'avais demandé à Emmett de te frapper, il l'aurait fait?"

Il resta bouche bée. "Je..." Il rit. Un petit rire incrédule. "Quoi?"

"Je le ferai moi-même mais je me casserai probablement la main, non?"

Il regardait fixement.

Elle inclina la tête. "C'est un coup con, Edward. J'étais obsédée par les vampires depuis le début, me demandant ce qui est de la légende et ce qui est vrai et toi, un putain de vampire, tu t'es assis en face de moi en me laissant me demander tout cela. Un coup de con."

Il continua à regarder fixement. Son regard était furtif. Elle était encore presque roulée en boule. Elle avait toujours l'air fatiguée et méfiante. Le tremblement dans sa voix lui dit qu'il y avait une certaine bravade forcée derrière son ton mais elle était toujours là. Toujours debout. Si courageuse que ça lui brisait le cœur.

"Comment tu fais ca, Bella?"

"Faire quoi?"

"Tu n'as pas peur de moi?"

Elle regarda en bas et secoua la tête. "Je sais que je devrais. J'ai peur de tout le monde. J'ai peur de tout. J'ai peur tout le temps." Elle enroula les bras autour de ses épaules, se penchant un peu en avant pendant qu'elle parlait. "Peut-être que je n'ai besoin que d'une chose dans ce putain de monde pour ne pas avoir peur." Elle rit, un rire ironique. "Et bien sûr, mon putain de cerveau a décidé que cette chose, c'était toi. Un vampire suceur de sang." Elle plissa les sourcils et le regarda.

"Tu suces du sang?"

Il acquiesça doucement. "Animaux."

Ils redevinrent silencieux. Un long silence. Et Edward ne pouvait pas le supporter.

"Peux-tu me dire à quoi tu penses?" demanda-t-il doucement, c'était presque un murmure.

"Je me disais... Je veux..." Elle serra ses lèvres.

"Tout ce que tu veux," dit-il comme elle ne parlait plus.

Elle ouvrit la bouche. La ferma. Souffla.

Puis, elle se déroula. Edward se tenait très tranquille, regardant alors qu'elle se rapprochait de lui. Un centimètre. Deux. Six. Jusqu' à ce qu'ils soient finalement côte à côte sur le canapé, leur corps incliné l'un vers l'autre, les genoux à peine à quelques centimètres d'écart.

"Je peux te toucher?" demanda-t-elle, concentrée non pas sur ses yeux mais sur ses joues.

"Tu es curieuse?" devina-t-il.

Elle hocha la tête.

"Bien sûr," dit-il.

Etait-il censé être aussi enthousiaste? Il croyait comprendre ce que c'était pour elle. Comme elle l'avait dit, elle avait été obsédée par les vampires, ne pensant probablement qu'à ça, puisque le démon l'avait laissée partir. Et pendant qu'elle avait eu le temps de voir Jasper, elle n'avait ni pu ni voulu l'étudier.

Ses mains tremblèrent pendant qu'elle tendait la main. Elle les plaça de chaque côté de son visage et Edward voulut fermer les yeux.

Il voulait se délecter dans la chaleur.

Il ne le fit pas. Il resta immobile comme une statue et la laissa trouver les réponses qu'elle cherchait. Celles qu'il lui avait refusées quand il était assis en face d'elle, lui laissant croire qu'il était aussi humain qu'elle.

Elle passa d'abord le bout ses pouces sur son visage, traçant les contours. Elle lui enfonça les doigts dans les cheveux.

Edward se concentra sur son visage - la curiosité dans ses yeux, ses lèvres crispées par la surprise. Il était désespéré de savoir ce qu'elle pensait mais il profitait aussi du contact.

"Tu es si chaude," dit-il à voix haute parce qu'il ne pouvait plus s'en empêcher.

"Tu es si froid." Ses yeux trouvèrent les siens.

"Pas de circulation."

Ses mains tombèrent sur sa poitrine et pressèrent sur son cœur immobile. Elle avait l'air triste. "Pas de battement de cœur."

Il secoua la tête. Il hésita un moment et mit une main sur la sienne, au-dessus de sa poitrine. "Je suis désolé," dit-il.

Il ne savait pas pour quoi il s'excusait. Tout, peut-être. Il était désolé d'être froid et mort. Il était désolé qu'elle ait mal et peur. Il était désolé de ne pas avoir tué Jasper au moment où il l'avait vu dans l'arbre quand il avait une longueur d'avance.

Et il était désolé de ne pas être quelqu'un d'autre, autre chose. Qu'ils ne se soient pas rencontrés comme deux gens normaux.

Qu'il ne puisse pas briser la distance entre eux et l'embrasser, goûter ses lèvres, comme il le voulait désespérément.


Vous avez une idée de ce qu'il va se passer ensuite?