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Chapitre 21
"Elle veut vous parler."
Il y eut un silence à l'autre bout du téléphone. "C'est vrai?" demanda Carlisle. "Elle veut vraiment être dans la même pièce que cinq vampires!?"
Edward ne put empêcher un sourire d'apparaitre sur ses lèvres. "Elle te fait confiance. Enfin." Son sourire s'agrandit. "Elle me fait confiance ce qui est remarquable, elle n'a aucune raison de le faire."
"Il est évident qu'elle sait bien juger les gens."
Il sourit un peu plus encore une fois. Carlisle avait bien les préjugés d'un père. "Je pense qu'elle est juste plus courageuse qu'elle ne le croie."
"Les deux sont vrais. Quand serez-vous là?"
"Très bientôt, je pense. Elle prend une douche mais elle était décidée à venir sans plus tarder."
"Ça ira. Nous sommes tous allés chasser hier," dit-il comme si de rien n'était et Edward sourit à nouveau. Bien sûr il pouvait faire confiance à Carlisle pour savoir de quoi il s'inquiétait. Même si c'était ridicule puisque sa famille côtoyait constamment les humains - mais il ne voulait pas que quelque chose se passe mal.
"Je suis allé chasser aussi." Après que Bella se soit profondément endormie. "Merci Carlisle."
Il éteignit le téléphone et écouta les bruits qu'elle faisait en bougeant sous l'eau. Il renversa la tête en arrière et pendant quelques instants il se laissa l'imaginer. Le savon entre ses mains. Ses doigts passant sur sa peau.
Au dernier moment il se stoppa se cogner la tête contre le mur suffisamment fort laisserait une marque sur le mur. Avec un peu plus de contrôle il tapa doucement et les étagères de Bella bougèrent.
Que ce soit un impératif biologique ou non Edward avait fortement besoin d'exprimer physiquement ce qu'il ressentait pour Bella. C'était gérable – comme il l'avait dit à Bella, ce n'était pas un impératif biologique et par conséquent ses pulsions les plus intenses ne le dominaient pas.
Mais il avait des désirs. Et son satané esprit sans limite n'avait aucun problème à imaginer toutes sortes de scénarios. Oh les choses qu'il ferait s'il pouvait…
La douche s'arrêta et Edward s'efforça de raisonner ses pensées. Un rêve chimérique lointain pour beaucoup de raisons. Oh être normal…
Mais s'il l'était, normal, il aurait plus de soixante ans et serait quasiment incapable de la protéger. Soixante-six. Un grand-père peut-être. Une femme qui deviendrait vieille à ses côtés. Ou il supposa que plus vraisemblablement ils seraient divorcés et auraient peut-être un enfant ou deux.
Où Bella serait-elle?
"Hey?" La voix de Bella était douce et timide à nouveau quand elle réapparut. Il roula des yeux et ensuite lui sourit. Elle lui sourit en retour. "Que faut-il se mettre quand on va rencontrer les parents de son beau vampire?" Elle portait un peignoir et ses cheveux étaient lâchés.
Une scène si banale.
Il se leva et alla vers elle. "Beau… hein?"
Ses joues rougirent. ""Tu comprends ce que je veux dire."
Il posa sa main sur sa taille. "Je ne suis pas né en 1800 Bella. Je n'ai jamais été le beau de quelqu'un."
Elle baissa la tête. "Je veux aller plus vite que la musique," marmonna-t-elle.
Avec deux doigts sous son menton il lui fit relever la tête. "Non ma douce. " Il l'embrassa. Un bon baiser. Sa main gauche descendit sur le bas de son dos et il attira sa chaleur contre lui.
Elle gémit et recula. Son cœur battait à tout rompre. Il pouvait voir qu'elle avait la chair de poule et put sentir l'adrénaline sur sa peau. "Je suis désolé," dit-il en faisant un pas en arrière. "Bella je ne voulais pas…"
Elle leva sa main - il pouvait voir combien elle tremblait - même si elle se détourna de lui. "Ça va," dit-elle d'une petite voix. "Je vais bien. Laisse-moi simplement une minute."
Si elle n'était pas entre lui et la porte, il serait descendu pour aller lui chercher de l'eau. Alors il resta là, immobile, impuissant, alors qu'elle se battait pour retrouver son souffle. Ses yeux étaient mi-clos. Il se dit que cette fois il n'aurait pas voulu savoir ce qu'elle pensait.
"Je suis désolé," dit-il quelques minutes plus tard alors que son cœur avait ralenti et que sa respiration était redevenue régulière. "J'ai été négligent."
Elle souffla et gémit. "Assieds-toi sur le lit s'il te plait?"
Toujours perdu il obéit volontiers. Elle ouvrit les yeux, lui jetant un coup d'œil et quand elle vit qu'il l'avait fait, elle alla vers lui en chancelant. Il ne fut même pas surpris qu'elle s'installe sur ses genoux, passe ses bras autour de son cou et enfouisse son visage contre sa peau. Ça lui brisa le cœur de sentir la chaleur de ses larmes sur ses joues.
"Je n'ai pas peur de toi, je te jure que je n'aie pas peur," murmura-t-elle.
Il ne dit rien mais la tint en lui caressant les cheveux.
Après quelques minutes elle gronda et tapa avec sa main ouverte sur son torse. Avec un halètement elle leva la tête. "Désolée." Ensuite elle fronça les sourcils. "Non. Peu importe. Tu ne sens rien." Elle tapa contre son torse à nouveau.
"Es-tu fâchée contre moi?"
"Non je suis désolée. Je n'aurais pas dû te taper parce que tu ne peux pas le sentir. Pardon." Elle soupira et reposa sa tête sur son épaule. "Je ne suis pas colère contre toi. Je suis juste en colère." Elle renifla. "Je voudrai croire que je peux être normale. Euh." Au lieu de le taper de nouveau sa main trouva la sienne et elle entrelaça leurs doigts. "Je dois juste être prête. Je vais bien quand je sais ce qu'il va se passer." Une autre grande inspiration. "Tu m'as pris par surprise."
En y réfléchissant il vit que c'était Bella qui avait été l'instigatrice de chacun de leurs contacts et de leurs baisers. C'était la première fois que c'était lui qui avait pris l'initiative.
Elle lui fit un petit sourire. "Il me faudra juste un peu plus de pratique, je suppose."
Il prit son visage en coupe et passa son pouce sur ses lèvres. "Tu ne renonces jamais, pas vrai?"
"A part avancer il n'y a aucun endroit où aller…" Ses doigts tirèrent les cheveux sur sa nuque, ses yeux étudiant son visage alors qu'elle reniflait de nouveau. "Tu ne m'as jamais dit comment il fallait que je m'habille."
Il rit et la serra davantage contre lui. Il adorait cette humaine. Sa Bella. "Tout ce que tu mettras ira," dit-il.
Quelque temps plus tard ils étaient descendus, main dans la main. "Je ne suis pas venu avec ma voiture mais si tu veux que je conduise, je peux le faire," dit-il.
Une expression d'appréhension passa sur son visage. Il toucha son bras. "Tu as des regrets? Parce que si tu en as …"
"Non."
"Alors quoi?"
Elle plissa le nez en l'observant attentivement. "Je me demandais… tu sais que tu as dit combien tu aimais la vitesse? A quelle vitesse tu cours?"
Il fronça les sourcils. Pourrait-il oublier sa frustration de ne pas pouvoir connaitre ses pensées? "Oui et?"
"Je me demandais si nous pourrions aller chez toi en courant."
Il cligna des yeux. "Tu veux vraiment dire courir."
Elle hocha la tête. "Je veux savoir ce que ça fait."
"J'ai déjà couru avec toi."
Ses lèvres esquissèrent un petit sourire et ses yeux dansèrent. "Je veux savoir comment c'est quand je suis pleinement consciente de ce qu'il se passe."
"Ah bien." Il réfléchit un instant puis lui offrit sa main à nouveau. "Attention le passager doit monter sur mon dos."
Ses lèvres bougèrent mais elle ne savait pas s'il plaisantait. Seulement quand il la regarda sereinement elle prit sa main. "D'accord."
Quand elle fut installée sur son dos, elle s'accrocha à lui, ses jambes autour de sa taille et ses bras enroulées autour de son cou de pierre. Elle enfonça son visage contre son cou. "Tiens-toi bien, tiens-toi bien," se répétait-elle.
Il rigola, serrant ses jambes de façon rassurante. "Ne t'inquiète pas, petit singe araignée. Je ne vais pas te laisser tomber." Et sur ce il se mit à courir.
C'était et pour tous les deux une expérience unique et à couper le souffle. Enfin si Edward avait respiré il aurait eu le souffle coupé. La sensation d'elle sur son dos – chaude, son cœur battant – était incroyable. Sa respiration rapide dans son oreille lui donna une certaine sorte de plaisir. Il aurait été tout à fait incapable de partager cette euphorie avant. Pas comme ça. Sa joue était appuyée contre la sienne.
Quand il fut bien sûr que les petits bruits qu'elle faisait n'étaient pas de la terreur mais de l'euphorie, il alla plus vite. Elle hurla et il rit.
Il avait toujours pensé que si un humain connaissait son secret – que les vampires n'étaient pas des mythes mais existaient vraiment – ils seraient terrifiés. Mais bien qu'elle ait été terrifiée par un monstre encore pire que tout ce qu'elle ait vu ou lu dans des fictions, Bella était fascinée sans fin par les vampires en général et par Edward en particulier.
Deux petites minutes s'écoulèrent seulement avant qu'ils n'arrivent devant chez lui. Il s'arrêta brusquement et elle cria de surprise. "Tu vas bien?" lui demanda Edward bien qu'il soit plus amusé qu'inquiet à cet instant.
Bella laissa échapper un rire aigu. Elle posa ses pieds sur le sol et appuya son front contre son dos. "C'était cool." Elle leva la tête et embrassa sa joue. "Tu peux courir éternellement?"
Il rit à nouveau. Il pouvait entendre l'amusement de sa mère, de son père et de son frère. "Je suppose que je pourrais, mais à moment donné il n'y aurait plus d'endroit où aller…"
Quand elle fut calmée, il lui offrit sa main. Elle prit une grande inspiration et carra les épaules, toujours courageuse.
Carlisle et Esmée étaient au salon. Ils sourirent tous les deux mais gardèrent leurs distances alors qu'Edward et Bella entraient dans la pièce. Bella garda sa main bien serrée sur celle d'Edward mais continua à avancer. Elle tendit sa main à Esmée. "Bonjour."
Esmée et Carlisle furent instantanément charmés. Edward devint encore plus accro en une minute. Spécialement quand la curiosité de Bella reprit le dessus.
"Comment faites-vous pour être en contact avec le sang tout le temps?" demanda-t-elle à Carlisle. "Ça ressemble beaucoup à un drogué qui se baignerait dans de l'héroïne."
Edward rigola parce que c'était une description tellement juste et qu'il n'avait encore jamais entendue. Il était un drogué qui respirait l'héroïne, l'embrassait mais ne se laissait jamais aller. Se laisser aller provoquerait une overdose et ils seraient tous détruits.
Il secoua la tête, chassant cette lourde pensée. Il se concentra sur la réponse de Carlisle.
"Tu vois j'ai une théorie," dit Esmée avec un grand sourire. Elle passa son bras sous celui de son mari. "C'est vrai que Carlisle a beaucoup de compassion mais la compassion seule ne suffit pas quand l'urgence se présente."
Edward entendit l'inflexion de sa voix et vis des souvenirs passer dans sa tête. Esmée avait tué quatre humains avant d'avoir le contrôle.
"Le trait principal de la personnalité de Carlisle c'est l'opiniâtreté," dit Esmée en regardant son mari désinvolte dans les yeux. "Il resterait un bon vampire même si ça le tuait."
"Opiniâtreté?" demanda Carlisle.
"Amplifiée à cause de la force vampirique comme pour tout le reste."
Carlisle rigola. "Bien. Mon père aurait été d'accord avec toi."
C'est alors qu'Emmett et Rosalie apparurent. Bella jeta un coup d'œil à Emmett et elle se blottit contre Edward.
Emmett sourit mais Edward pouvait entendre la douleur dans ses pensées. Pas pour lui-même mais pour elle. Il garda un ton léger alors qu'il la saluait, se présentant lui-même et Rosalie.
Bella déglutit mais la curiosité l'emporta. "Ok, donc... être un vampire amplifie tout. Et les vampires sont déjà super forts. Qu'est-ce que ça fait de toi?"
Même Rosalie rit. Emmett agita ses sourcils. "Vraiment, vraiment fort."
"Et pourtant, tu ne peux pas me battre quand on lutte," dit Edward en frottant le dos de Bella.
"Parce que tu lis dans les pensées, t'es un monstre…" se moqua Emmett. Il regarda Bella. "Ce type triche. Sinon, il y aurait déjà un trou en forme d'Edward dans le jardin."
Bella regarda Edward placidement et leva les sourcils. Edward rit à la menace implicite. Il se souvint qu'elle avait dit il devrait laisser Emmett le taper un peu pour son mensonge.
Ce n'est que quelques minutes plus tard que Rosalie se lassa du jeu. C'est ainsi qu'elle voyait les choses. Elle ne comprenait pas à quoi Edward jouait, le bras autour des épaules de Bella. Elle ne savait pas ce que Bella jouait, en prétendant qu'elle pourrait être amie avec des vampires.
"Alors, qu'est-ce que c'est?" dit Rosalie. "Tu es venu voir le défilé des monstres?"
Bella plissa le front. Elle avait l'air un peu ébranlée. "Non. Non, ce n'est pas ça."
"Rosalie." La voix de Carlisle était douce et pleine d'avertissement. "Tu ne trouves pas normal que Bella soit curieuse?"
"Non. Je pense qu'il serait naturel qu'elle soit terrifiée."
Edward grinça des dents. Rose n'était rien que directe.
"Tu crois que je devrais avoir peur de toi?" demanda Bella.
"Tu penses que tu ne devrais pas? Si tu te coupes le doigt avec du papier, tu seras morte avant de cligner des yeux."
Bella frissonna. Sa main était moite dans la sienne. Edward grogna, bas, pour que Rosalie l'entende alors que Bella ne pouvait pas. Les yeux de sa sœur le foudroyèrent et il entendit le défi dans ses pensées.
Tu te crois meilleur que ce connard, en jouant avec ton humaine?
Edward resta abasourdi. Il dut serrer le poing de sa main libre pour ne pas rugir après sa sœur. Comment osait-elle?
"Je n'ai pas peur de toi," dit Bella. C'était un mensonge. Sa voix tremblait mais elle se contrôlait. "Mais tu as raison. Il y des choses dont il faut parler." Elle se tourna vers Carlisle et Esmée. "Peut-on s'asseoir?"
"Bien sûr." Carlisle fit signe vers la salle à manger.
"Si vous n'avez pas besoin de vous asseoir ou de dormir, pourquoi avez-vous des meubles?" demanda Bella.
Ça cassa la tension. Ils rirent tous. Sauf Rosalie. Elle était vaguement ennuyée par la rapidité avec laquelle tout le monde était charmé par leur nouvel animal de compagnie. Elle trouvait ça dégradant.
"C'est juste au cas où," dit Esmée. "Ça, et puis j'aime la décoration."
"Ma mère a travaillé plusieurs fois comme décoratrice d'intérieur", dit Edward. "Mais elle est douée pour les restaurations. La restauration de vieilles maisons."
"Eh bien, je connais très bien quelqu'un qui sait ce à quoi ressemblaient les maisons, du moins dans les années 1800…" dit Esmée, en souriant.
"C'est impressionnant."
"C'est génial," dit Rosalie, d'un ton glacial. "On peut parler?"
Edward lui lança un regard noir. Bella se racla la gorge. Ils étaient tous assis. Et Bella enleva finalement sa main de celle d'Edward. Il fronça les sourcils à cette perte de contact.
"D'accord." Bella était nerveuse. Elle s'essuya les mains sur son jean. "Edward m'a dit que vous aviez tous aidé à me protéger de... lui." Elle dut faire une pause pour reprendre son souffle. "Mais je pense qu'il se retient."
La tête d'Edward se tourna vers elle et Emmett ricana. "Oh, bon sang. Elle a compris ton numéro, mec."
Bella le regarda en s'excusant. "Tu veux me protéger. Je comprends mais je peux dire que tu te retiens."
"Ce n'est rien qui devrait t'inquiéter."
"Tu vois, c'est là que tu te trompes." Certains de ses tics nerveux revenaient. Elle commença à se tordre les mains et à avoir un regard fixe comme si souvent au début de leur amitié. "C'est ce que je veux. Je veux savoir ce qu'il se passe. Tout." Elle se dépêcha avant qu'il puisse parler. "Je veux comprendre. Tout."
Alors ils parlèrent.
Edward détestait combien ça lui faisait peur. Il détestait que la présence souriante, un peu confiante et brillante qu'il avait observée émerger au cours des derniers jours s'évanouisse sous ses yeux.
Au moment où ils expliquaient pour les loups, elle avait levé ses genoux jusqu'à sa poitrine, y posant sa tête et se balançant légèrement. Esmée s'était installée à côté d'elle et lui avait passé les doigts dans les cheveux, un geste maternel dont Edward se délectait souvent aussi.
"Ce garçon. Jacob. C'est comme ça qu'il a su que je te parlais."
"Il pouvait me sentir autour de chez toi," dit Edward.
Bella couvrit le visage de ses mains et se mit à rire. Un bruit brut et rauque. "Mon Dieu, qu'est-ce que c'est ce monde? Des vampires. Des loups-garous."
Avant de pouvoir l'arrêter, Emmett dit : "En fait, ce sont des métamorphes. Ils sont différents des loups-garous."
Edward secoua la tête et Bella gémit. "Je suis encerclée. Entourée," marmonna-t-elle, passant sa main dans ses cheveux. "Quoi d'autre? Des momies? Zombies? Sorcières?"
"Sorcières," répondit Rosalie, la voix dure.
"Merde."
Edward mit son bras autour des épaules de Bella et elle s'appuya sur lui. "Bella, les loups sont inoffensifs pour toi."
"Tant qu'aucun d'entre eux ne se met en colère et ne se métamorphose quand on est trop près d'eux…" marmonna Rosalie.
Edward nota mentalement qu'il tuerait sa sœur plus tard. Il serra Bella dans ses bras. "Ils aident à te protéger, tu te souviens?"
Bella leva la tête, les yeux plissés. "Oh, alors tous les loups-garous … enfin peu importe ce qu'ils sont, sont gentils? Est-ce que c'est dans leur nature? Leur pouvoir spécial? La bonté automatique?" chuchota-t-elle. "N'est-ce pas comme tout le reste? Il y a de mauvais humains. Il y a de bons vampires. Il ne peut pas y avoir de mauvais loups…? Jacob est un connard. S'il agit c'est sa nature innée qui va ressortir - celle d'un crétin… alors ce que tu me dis que c'est un autre connard dont je ne peux pas me protéger?"
"Je ne laisserai jamais ça arriver," dit Edward, la voix dure. "Je le saurais s'il pensait comme ça." Et je le détruirais.
Bella cacha de nouveau son visage. Elle haletait en staccato. Après quelques secondes, elle leva la tête, sans les regarder. "Je veux devenir comme vous."
Ses paroles furent accueillies par le silence. "Tu veux quoi, chérie?" demanda Esmée, repoussant ses cheveux de ses yeux.
"Je veux en être. Je veux faire partie du club des surhumains."
Si Edward avait eu un cœur, il aurait arrêté de battre à cet instant. "Quoi?" Le mot sortit à la hâte. "Bella, non. Non. Nous pouvons te protéger!"
"Tu parles! Il a failli m'atteindre une fois déjà." Elle se leva et commença à faire les cents pas. "J'ai vu ce qu'il t'a fait, Edward." Elle secoua la tête, dans un mouvement saccadé. "Comme Emmett l'a dit. Tu lis dans les pensées. Tu peux battre Emmett bien qu'il soit gigantesque mais ce salaud.… tu ne peux pas battre."
Edward se leva aussi et essaya de la prendre par les épaules. Elle s'éloigna de lui, enveloppant ses bras autour d'elle.
"Nous sommes plus nombreux," dit-il en s'adressant au côté de son visage, car elle ne voulait pas le regarder. "Entre les loups et nous… on peut l'avoir."
"Oui, mais peux-tu me promettre qu'aucun de vous ne mourra?"
"Il ne peut pas," dit Rosalie.
"Rose…" fit Edward en serrant les dents.
"Oh, je peux bien comprendre ça toute seule," dit Bella.
"Bella, c'est juste une question de planification. On peut te garder en sécurité jusqu'à ce qu'on sache comment s'occuper de lui."
Elle finit par arrêter de marcher et virevolta pour l'affronter. "Je ne veux pas que tu aies à me protéger." Elle souffla avec un sifflement. "Tu ne comprends pas? Quatre salauds d'humains m'ont tout pris. Tout." Elle avait les yeux fermés, luttant pour respirer profondément. "Tu comprends comment j'ai repris le cours ma vie? Je ne pouvais faire confiance à personne. Personne. On ne peut pas dire qui sont les monstres humains. Ils ressemblent à tout le monde. J'ai appris à les vaincre. J'ai appris comment me protéger et j'ai appris à gagner. J'ai fait en sorte que plus personne ne me fasse ça..."
"Comment puis-je me protéger maintenant? Pas de victoire possible contre... ces choses. Je ne peux pas faire ça." Ses yeux étaient bordés de rouge, elle suppliait. "Regarde, même si tu t'occupes de Jasper." Elle frissonna juste en disant son nom. "Même si tu gagnes contre lui, comment suis-je supposée vivre en le sachant? Comment puis-je continuer comme si je ne savais pas que les vampires existent? Que les loups-garous existent? Comment suis-je supposée oublier que n'importe lequel d'entre eux pourrait me tuer – pourrait me faire tout ce qu'il veut – et que je ne pourrais rien faire? Je ne peux pas vivre comme ça. Je ne peux pas survivre en sachant combien je suis impuissante."
Elle s'avança et prit Edward par les bras. S'il avait été humain, elle l'aurait secoué. En l'état actuel des choses, ses mains serraient inutilement ses bras de pierre. Ses yeux étaient désespérés et sauvages. "Je veux devenir comme vous."
La conversation était intéressante,
Qu'en avez-vous pensé?
