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Chapitre 26
"Je ne sais pas," dit Bella. "Je ne sais pas ce que je pense du sexe. Ce qu'ils m'ont fait…" Sa gorge menaçait de se fermer et il fallut qu'elle ferme les yeux. "Je n'ai jamais vraiment associé cela avec du sexe. Ce n'était que de la douleur – du sang et de la violence."
Elle tressaillit alors qu'une vague de nausée s'abattait sur elle. Elle sursauta un peu quand ses mains froides touchèrent les siennes mais elle attrapa vivement ses doigts. Elle inspira par le nez puis expira de la même manière. "Je suis sûre que j'y ai déjà pensé mais de façon vague. Il est impossible de ne pas penser au sexe quand on est en école secondaire mais tout ça est tellement mythique. Des histoires incroyables racontées par des ados qui gloussent et rougissent quand ils parlent des parties intimes."
Le lit s'enfonça quand Edward se déplaça. Elle le sentit bouger et il était à côté d'elle. Il caressait ses cheveux et elle inclina sa tête à son contact. "Et ensuite j'ai eu autre chose à penser que d'avoir des rapports sexuels ou pas," dit-elle dans un murmure. "Tout le reste était plus important que ça, plus important, remettre mon corps au travail et ma tête…" Elle déglutit difficilement. "Il m'a fallu un certain temps pour apprendre à fonctionner avec un esprit brisé puis les gens… Je ne peux avoir confiance en personne qui passe à moins de dix mètres de moi. Le sexe… Il y a tellement de façons dont une personne pourrait me faire du mal avant que j'ai des rapports intimes."
Edward enroula son bras autour de sa taille et lui embrassa le front. Il la tira tendrement contre lui et elle sentit son nez contre son cou. Elle se raidit quand un souvenir la traversa. Elle se souvint du monstre qui l'écrasait contre lui, ses dents s'enfonçant dans sa chair.
"Parle-moi." Les mots sortirent précipitamment, les uns sur les autres et sa respiration s'accéléra. "Ne me tiens pas à l'écart. Parle-moi simplement." Elle ne pensait pas qu'elle allait paniquer et elle ne voulait pas qu'il arrête. Elle ne voulait simplement pas que les souvenirs du diable prennent le dessus.
"Je pense que nous en sommes toujours là, ne sachant pas à quoi nous attendre," dit-il. Il passa ses doigts sur le dos de ses mains et serra leurs doigts ensemble alors qu'il tirait son dos contre son torse. "Tu as été une surprise pour moi, Bella. Tout cela l'est. Je n'aurai pas pu penser que la sensation de ta peau pouvait être aussi fascinante pour moi."
Bella frissonna mais cette fois-ci c'était de plaisir. Elle comprenait ce qu'il voulait dire. Et c'était aussi nouveau pour elle. L'attraction. L'adoration. Une intense concentration sur une seule personne. Etre avec Edward – l'intimité de son contact et sa connexion à lui – était différent de tout ce qu'elle avait connu. Elle se sentait étourdie, une joie qu'elle ne connaissait absolument pas.
De la joie et quelque chose d'autre. Quelque chose qui était caché tout au fond d'elle, oublié depuis longtemps. Ou si ça n'avait pas été oublié, des émotions plus oppressantes l'avaient recouvert. Elle était une étrangère pour son propre corps à présent. Une fois quand elle était adolescente elle avait découvert avec ses doigts les terminaisons nerveuses et comment son corps réagissait à son toucher. Et ensuite on lui avait montré comment on pouvait se servir de son corps, le casser, l'abuser et elle ne voulait plus toucher sa peau abimée et marquée.
"Les sens des vampires sont toujours exacerbés," murmura Edward à son oreille. Ses doigts caressant les siens. C'était un contact innocent et ça lui coupait déjà le souffle. "Comme toi, je ne sais pas à quoi m'attendre… cela… te toucher, Bella. Ça éveille mon désir."
Elle gémit, choquée par sa réaction viscérale à ces simples mots. Désir. Oui. C'était bien le mot pour ce qu'elle ressentait - ce brouillard dans sa tête, ce grésillement tout au fond d'elle, cette conscience de lui. Elle s'appuya contre lui, lui laissant savoir qu'elle allait bien. Elle avait perdu toute capacité de s'exprimer.
"Il faudra que nous allions très lentement." Ses lèvres effleurèrent sa joue, ses mots vibrants sur sa peau. "Je ne veux pas perdre le contrôle avec toi." Son ton était ferme – une promesse.
Bella exhala un petit souffle tremblant. "Je te fais confiance," murmura-t-elle, en tournant la tête, son nez frottant contre son cou.
Il prit une grande inspiration et elle sut qu'il aspirait son odeur, se noyant en elle. Ça aurait pu lui faire peur, savoir que le prédateur reniflait sa proie, sachant que ça ne lui demanderait aucun effort de tourner sa tête et d'enfoncer ses dents dans sa chair. De la boire. De la vider.
Et de façon perverse, ce danger lui donnait un frisson. Elle l'affectait et il y avait une sorte de pouvoir étrange là. Elle savait que c'était irrationnel. Il avait tout le pouvoir, la force. Mais parce qu'elle lui faisait confiance, parce qu'elle savait au fond de son cœur qu'il ne lui ferait jamais de mal, l'idée qu'elle pouvait déclencher cette émotion en lui la ravissait. C'était du désir. Son besoin qu'il la touche lui faisait mal.
Et pourtant elle avait toujours peur. Pas de lui mais d'elle-même. Etrangère à son corps et pire encore, brisée psychologiquement. La panique pouvait s'emparer d'elle à tout instant et elle l'emporterait loin de ce lit et des bras de son ami, son protecteur, son amoureux. Elle savait qu'en un souffle elle pouvait se retrouver dans cette ruelle ou dans ce sous-sol obscur avec le monstre qui attendait au-dessus. Et elle reviendrait à elle brisée, dévastée et terrifiée.
"Bella."
"Ça va,"' dit-elle mais sa voix tremblait et était haut perchée. Elle prit une profonde inspiration pour se stabiliser. Elle posa une main hésitante sur son genou. "Ça va être difficile pour tous les deux."
Il posa ses mains sur son ventre, légèrement. "Et tu me diras si je fais quelque chose de mal ou quelque chose que tu n'aimes pas?"
"Promis."
Il bougea et, oh si doucement que c'en était douloureux, commença à la toucher. Bella ne savait pas sur quelle sensation se concentrer. Ses doigts lui envoyaient des frissons dans la colonne vertébrale alors qu'il effleurait ses côtés. Bien qu'il ne la touche que par-dessus sa chemise, sa peau semblait être hyper sensible et vivante, chacune de ses terminaisons nerveuses lâchait des étincelles.
Mais la façon dont il la submergeait était encore plus écrasante. Il était partout - son torse ferme contre son dos, ses bras et ses jambes l'entourant, enveloppant chaque centimètre d'elle. Elle attendait que la claustrophobie s'installe mais ce ne fut pas le cas. Pour ces quelques instants son monde c'était lui. La sensation de lui l'engloutissait. Elle pouvait le sentir, l'entendre. Dans ce monde fait pour deux, tout était beau et rien ne faisait mal.
Sa main se leva et sa paume se posa sur son cœur, sentant sûrement son battement erratique. "Dis-moi ce que tu penses." Le grondement de sa voix lui envoya un autre frisson délicieux dans le dos. Ses tétons à quelques millimètres de ses doigts se tendirent et elle haleta à cette sensation.
"Euh…" Ses joues chauffèrent et elle sut qu'elle devait être rouge vif. Tellement stupide d'être embarrassée et elle n'avait aucune idée à quoi elle pensait à part ça. Beaucoup. Trop et rien du tout. Cela dépendait vraiment du moment. "Tu es froid." Les mots dégringolèrent presque au hasard.
Immédiatement il changea de position pour retirer ses mains et s'éloigner d'elle. Mais elle retint son poignet. "Non ce n'est pas ce que je voulais dire." Il s'immobilisa et Bella se fâcha contre elle-même. Elle se sentait comme une adolescente inexpérimentée qui ne pouvait même pas dire de gros mots sans rougir mais sa curiosité l'emportait. "Je me demandais juste si… Tu sais…"
Il lui laissa quelques secondes avant de l'inciter à continuer. "Je ne sais pas ce que tu me demandes?"
Elle souffla, irritée parce qu'elle voulait se tortiller dans son emprise. Elle souffla encore puis parla vite. "Je me demandais ce que ça me ferait de t'avoir en moi." Elle inspira puis expira. "A cause du froid."
A ces mots maladroits elle se couvrit le visage avec les mains, se penchant en avant avec un gémissement. Il gloussa et Bella dut s'empêcher de gémir de nouveau. Il enroula ses bras autour d'elle, la berçant tout en continuant à rire. "Je suis désolé." Il leva la tête. "Je ris parce que c'est une des premières choses à laquelle j'ai pensé quand tu m'as demandé pour la première fois."
"Tu l'as fait?
"Oui."
D'un mouvement doux il les repositionna, elle s'allongea sur le dos et il était appuyé sur son bras à côté. Il dessina des cercles paresseux sur son ventre avec un sourire adoratif alors qu'il la regardait fixement. "Je pensais qu'un spa pourrait fonctionner, ma peau ne serait pas trop froide dans l'eau chaude." Ses yeux rencontrèrent les siens et quelque chose la rendit haletante. Ses doigts allèrent plus bas juste en dessous de son nombril. "Les préliminaires ne sont pas un problème pour moi."
Elle gémit et elle appuya sa langue contre son palais. Son sourire s'agrandit et il posa sa tête contre la sienne. "Je n'ai pas besoin de respirer," dit-il et son odeur alléchante la balaya. "Et l'eau chaude ne me dérange pas."
Avec un gémissement Bella se redressa et réclama ses lèvres. Elle prit l'arrière de sa tête et l'inclina pour un baiser fervent. C'était un baiser très complet et quand il s'éloigna avec un gémissement elle cligna des yeux, perdue. Sa main reposait toujours sur son ventre mais il s'était assis et ses yeux étaient fermés. Il ne respirait pas.
"Est-ce que ça va?" demanda-t-elle et il rit.
"Est-ce que je vais bien?" Il se frotta les yeux. "J'espère que tu ne penseras pas que je suis condescendant quand je te dis que je suis impressionné par ton courage."
Elle fronça les sourcils. "Courage?"
"C'est incroyable et pour de nombreuses raisons." Il soupira, laissant tomber sa main et la regardant. "Je suis terrifiée." Il passa un doigt le long de sa joue. "J'ai peur de me laisser aller. Dans ce que je ressens pour toi."
En hésitant elle prit sa main et la porta à sa bouche pour l'embrasser. "Allons-y lentement," demanda-t-elle.
Son sourire s'adoucit et il s'allongea à côté delle. "Lentement," acquiesça-t-il et il embrassa sa main trainant le long de son corps.
OOO
Deux jours plus tard Bella ne pouvait arrêter de sourire quand elle rentrait à la maison après avoir déjeuné avec Edward. Elle avait rit à son comportement.
C'était ridicule. Elle était encore ridicule. Elle était pleine d'entrain et…
Amoureuse. Oh enfer Oui. Elle était amoureuse.
Edward disait souvent qu'il ne voulait plus de cet esprit vampirique, qu'il ne voulait plus pouvoir penser à des millions de choses à la fois. Bella décida de lui dire la prochaine fois qu'il délirait. Les humains ne pensaient pas qu'à une seule chose à la fois. Le problème avec les humains était que leur cerveau ne pouvait pas traiter toutes les différentes choses qu'ils devaient penser, donc la plupart du temps, elle n'était qu'un désordre confus.
Et à ce moment-là c'était l'amour et la terreur qui dominaient son monde. Bien sûr, elle était terrifiée. Elle avait un vampire harceleur, putain. Elle était entourée d'êtres qui pouvaient la briser avec leur petit doigt sans transpirer. Enfer ils ne transpiraient pas. Elle était seulement trop consciente qu'ils pouvaient être n'importe où et à n'importe quel moment, se déplaçant trop vite pour qu'elle puisse s'enfuir en courant.
Et en même temps, bon dieu elle était amoureuse. Et ce nouvel amour était si consumant. Elle rejouait absolument chaque plus petit détail – son sourire, son rire, les choses insignifiantes qu'il lui avait dites pendant le repas. Il était simplement tellement…
Le sourire de Bella se fana quand elle vit une voiture qu'elle ne connaissait pas dans l'allée. Charlie était à la maison mais il avait des invités. Son cœur commença à accélérer et soudain il n'y eut plus de combat. L'énormité de l'amour qu'elle ressentait pour Edward fut repoussée à l'arrière-plan et l'anxiété s'installa. Et si Charlie avait ramené un monstre à la maison?
Mais Charlie voyait une femme à la réserve. Bella avait rencontré Sue, bien sûr. C'était probablement sa voiture. Bella était déjà chez elle – comme d'habitude – quand elle rentrait. Elle n'était pas un monstre mais Edward avait dit qu'elle savait pour eux, elle savait que Bella fréquentait un vampire. Il avait aussi dit que la femme était la meilleure actrice de tous. Son visage ne trahissait jamais ce qu'elle ressentait.
Ne t'inquiète pas, essaya de se dire Bella. En même temps il devait y avoir un autre Cullen à proximité. Elle savait qu'ils la surveillaient quand Edward n'était pas avec elle. Elle se sentait mal à ce sujet mais c'était la seule raison pour laquelle elle n'était pas devenue folle de peur. Edward l'avait rassurée que Jasper était un être méthodique et qu'il n'avait pas d'urgence. Il frapperait mais seulement quand il serait sûr. Ça pouvait tout aussi bien prendre un an avant qu'il ne revienne et comme elle n'avait aucune capacité surnaturelle – aucun moyen de l'entendre venir ou sentir qu'il arrivait – Bella comptait sur les autres pour être ses yeux et ses oreilles.
Elle fut tentée de les appeler. Sa peau se hérissait d'anxiété en entrant dans la maison et pourtant elle commençait à se sentir trop exposée dans son allée. Elle prit son portable, voulant douloureusement appeler Edward. Elle se sentirait tellement mieux s'il était là.
Non. Elle pourrait gérer. Elle devait être plus courageuse que ça. Elle n'allait pas avoir peur dans la maison de son père.
Bella sortit de la voiture. Elle baissa la tête, renonçant délibérément à regarder les bois sombres qui avaient toujours l'air si pleins de monstres. Elle tourna le loquet. La porte était ouverte. Elle entra.
Pas de Sue.
Bella prit une grande respiration et fit un pas en arrière, s'appuyant contre la porte fermée quand elle vit qui était là. L'ami de Charlie, Billy Black et son fils.
Son fils, un autre monstre.
Son fils, dont les yeux se rétrécirent et se fixèrent sur Bella. Il ressemblait à un homme qui avait un compte à régler.
Charlie se leva et alla la voir, bloquant ainsi sa vue de Jacob Black. Elle cligna des yeux sporadiquement et inspira longuement quand elle leva les yeux vers son père. Il lui fit un sourire plein d'excuses. "Tu n'as pas eu mon message?"
"Je... non." La voix de Bella était essoufflée.
Charlie hocha la tête. "Billy et Jacob sont passés avec du poisson frit pour le dîner."
"D'accord." Bella pencha la tête, serrant les mains en poings. L'envie de courir était presque écrasante. "Je serai en haut."
En gardant la tête baissée, elle s'élança rapidement en contournant Charlie et monta les escaliers. Ses jambes tremblantes la tenaient à peine assez pour entrer dans sa chambre et fermer la porte. Elle s'appuya contre elle, haletant en staccato et posant son front contre le bois frais.
Pourrait-il sentir sa peur comme un chien? Est-ce qu'il entendait ses respirations rapides? Pourquoi n'avait-elle pas demandé plus d'information à Edward? Elle était tellement concentrée sur les vampires mais ils n'étaient pas les seuls surhumains. Elle avait besoin de tout savoir.
Non pas que ça aurait compté. Elle était impuissante.
Il fallut beaucoup de temps avant qu'elle puisse se mettre debout. Elle trébucha dans la pièce et s'assit à son bureau. Elle y posa la tête, essayant de se convaincre de ne pas appeler Edward. Elle exagérait et elle le savait. Et peut-être qu'elle était un peu hypocrite. Pourquoi ça la dérangeait à ce point que ce gamin soit un métamorphe? Il l'énervait mais presque tout le monde l'énervait.
Elle voulait juste savoir qu'elle avait une chance de se battre.
Dès qu'elle fut calmée, on frappa à sa porte. Elle sursauta. On frappa de nouveau et encore une fois, même si elle regardait fixement la porte, elle sursautait. Son rythme cardiaque était irrégulier. "Qui est-ce?" Son père?
"Puis-je entrer?"
Le sang de Bella refroidit. Ce n'était pas son père. C'était Jacob Black. Elle se leva et se mit dans le coin le plus éloigné de la pièce.
"Ecoute, Charlie est allé acheter de la bière," dit Jacob. "Je sais que tu sais pour moi et je sais pour toi. Je veux juste te parler."
La peur la tenait dans une étreinte rigide. Elle était seule dans la maison? Charlie l'avait laissée seule dans la maison avec ce garçon, ce mec, ce monstre?
"Va-t'en."
"Tu n'as pas à avoir peur de moi. C'est important."
Bella déglutit, voulant lui dire qu'il pouvait aller se faire foutre. Elle tremblait trop fort pour parler. Elle l'entendit souffler puis elle fut horrifiée quand sa porte s'ouvrit.
"Ecoute, je..."
"Sors d'ici. Reste loin de moi, bordel." Elle était coincée. Ses yeux scrutèrent la pièce, cherchant quelque chose pour se défendre. Pendant ce temps, une voix scandait dans sa tête qu'il n'y avait rien. Il pouvait faire tout ce qu'il voulait. Tout et n'importe quoi.
Il plissa les yeux. "Veux-tu te calmer? Je ne vais pas te faire de mal." Il souffla. "Je ne suis pas un vampire."
"Je sais ce que tu es," dit Bella, contente que sa voix soit sortie comme un grognement au lieu d'un gémissement. Elle enveloppa ses bras autour de ses épaules, essayant de garder la tête claire et était sur le point d'échouer lamentablement.
"Et je sais où tu étais," répliqua-t-il. "Tu pues comme lui."
Avec cela la colère de Bella s'enflamma. "En quoi est-ce que ça te regarde?" Il fit un pas en avant et elle se cogna contre le mur. "Recule! Sors!"
"Je ne suis pas le méchant ici." Il s'avança de nouveau.
"Je le jure devant Dieu, si tu fais un pas de plus, je vais te tuer." Sa voix trembla en parlant sans réfléchir mais c'était bas comme un sifflement. "C'est la première chose que je ferai. Je vais te mettre en pièces."
Ses yeux s'écarquillèrent. "C'est donc vrai." Il s'avança alors, et Bella cria. Elle essaya de s'enfuir mais il l'attrapa par les bras et la secoua. "T'as perdu la tête? Tu…"
Mais ensuite, il vola littéralement à travers la pièce. Il s'écrasa contre le mur d'en face, brisant sa bibliothèque en deux. Il sauta presque instantanément sur ses pieds et Bella avait l'impression qu'il vibrait. Brillait. Elle cria de nouveau.
"Tu dois te calmer, "dit une voix calme.
C'est à ce moment-là que Bella comprit que Carlisle Cullen se tenait maintenant entre elle et Jacob, sa main levée comme pour arrêter l'homme féroce. Elle s'avança, s'accrochant à son bras libre par instinct et se cachant en partie derrière lui.
"Garde le contrôle," dit Carlisle, et Bella réalisa que Jacob était sur le point de... quel était le mot que Rosalie avait utilisé? Expoilser? "Je ne suis pas une menace pour toi tant que tu gardes tes distances."
"Éloigne-toi d'elle, bordel," dit Jacob entre ses dents serrées.
"Ce n'est pas ce qui arrivera," répondit Carlisle, toujours aussi calme. "Ce n'est pas ton territoire, Jacob Black et au-delà de cela Bella t'a demandé de partir… plus d'une fois."
"Par l'enfer comme si j'allais le faire! Que lui avez-vous fait vous et votre progéniture démoniaque pour qu'elle ait peur de moi et puisse supporter de vous toucher?"
"Il ne m'a rien fait, connard," dit Bella, avec une voix saccadée.
"Je suis le connard?" demanda Jacob en soufflant de nouveau.
"Tu es seul dans une maison avec une femme que tu connais à peine. Dans sa chambre. Tu l'as attrapée sans sa permission, alors qu'elle a visiblement peur de toi et tu la secouais." Carlisle pencha la tête. Il n'avait pas haussé le ton d'un iota. "Fils, je ne veux pas être grossier mais es-tu stupide?"
Jacob scruta mais tourna le regard vers Bella. "Ils ont fait un traité. Ils ne sont pas censés mordre un humain. Ils ne sont pas supposés prendre une vie. Je suis venu ici pour te sauver."
"Ce n'est pas à toi de décider," cria Bella, faisant un petit pas sur le côté pour lancer un regard noir à Jacob, même si elle tenait fermement à la main de Carlisle. "C'est ma vie. Je ne te connais même pas. Tu n'as pas à faire semblant de t'intéresser à moi."
"Je m'en soucie. Je…"
"Putain de merde."
"Je ne sais pas ce qu'ils t'ont promis mais tu ne peux pas faire ça. Ce sont des monstres. Tu ne le vois pas?"
"Tu dois partir. Maintenant." La voix de Carlisle n'était pas moins ferme mais plus froide de plusieurs degrés. "Bella t'a déjà dit que ta présence et tes... conseils ne sont pas les bienvenus. Je ne sais pas ce que tu croies qu'il se passe, Jacob, et je m'en fiche. Nous avons parlé à Sam et tes aînés ont pris leur décision. Je ne veux pas te faire de mal, mais je peux te promettre que tu ne me feras pas de mal, ni ne menaceras ma famille."
"Votre famille." Jacob dit ces mots d'une façon cinglante. "Vous pensez qu'elle est à vous."
"Je pense que tu n'es pas le bienvenu ici."
"Carlisle." Bella tira sur son bras. "Allons-y. On peut partir?"
Carlisle hésita.
"S'il te plaît?" demanda-t-elle, ayant besoin d'être loin de cette maison et de Jacob Black. "Maintenant."
Sans un mot de plus, Carlisle enroula un bras autour de sa taille. Il la tenait bien dans ses bras puis sauta par la fenêtre par où il était entré plutôt avant qu'elle puisse cligner des yeux.
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