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Chapitre 27

Carlisle lui avait envoyé ce simple mot : Rentre. Edward s'excusa et se précipita à sa voiture, en jurant d'avoir à faire ça à cause des humains. Il aurait couru à la maison s'il avait pu.

Bien que le texto ne le mentionne pas, Edward savait qu'il s'agissait de Bella. C'était au tour de son père de patrouiller autour de chez elle ainsi elle n'était jamais seule. Edward n'aimait pas l'idée d'être loin d'elle mais il avait des habitudes et s'il quittait brusquement son travail ça ferait jaser. Ce n'était pas très grave mais il ne fallait pas qu'il attire l'attention sur sa famille, plus spécialement maintenant qu'une humaine était impliquée. Plus de personnes connaissaient la vérité sur les Cullen ou suspectaient quelque chose, plus la possibilité que les Volturis en soient averti augmentait.

Alors des milliers de scénarios lui traversèrent la tête et peu importe le risque d'être vu si cela signifiait qu'il puisse arriver à Bella plus tôt. Il décida de conduire aussi vite que possible.

Il atteignit les bois profonds entourant la propriété Cullen avant d'entendre les pensées de son père. Il vit Bella sur le sol humide et boueux de la forêt, les mains sur ses oreilles et respirant trop rapidement. Carlisle s'agenouilla près d'elle mais sans la toucher, lui parlant d'une voix apaisante, l'encourageant à respirer.

Une attaque de panique, se dit Edward, même si cela ne le faisait pas se sentir mieux. Il vit que Carlisle avait couru avec elle quand elle avait commencé à hyperventiler. Il l'avait posée et elle s'était instantanément recroquevillée.

Edward gara la voiture et partit comme une flèche dans la forêt. Il les trouva en quelques secondes. "Bella," dit-il, la voix rauque et émue, en s'agenouillant près d'elle. "C'est moi. Je suis là chérie."

Il lui sembla qu'elle se relâchait un peu. Son souffle accéléra comme si elle essayait de trouver des mots. Hésitant – cela le tuerait s'il lui causait plus de souffrance – il lui mit une main sur l'épaule. "Je suis là." Comme elle ne réagit pas mal, il la prit contre lui. Elle passa ses bras autour de son cou en tremblant fort dans ses bras. "Je te tiens," murmura-t-il de nouveau contre ses cheveux, assis sur le sol de la forêt avec elle agrippée à lui. Il commença à répéter le rythme qu'avait initié Carlisle," Inspire 1 -2 - 3. Expire 1 – 2 - 3."

Par-dessus sa tête il fixa Carlisle dans les yeux, lui demandant silencieusement ce qu'il devait savoir. Carlisle laissa ses souvenirs se dérouler.

Il était dans la forêt. Il savait que Billy et Jacob venaient. Jacob avait fait le tour de la maison mais il avait dû penser que Carlisle n'était pas là pour l'instant. C'était la seule explication à ce qu'il avait fait plus tard.

Evidemment Charlie était mal à l'aise de laisser Bella seule avec un étranger. Il dit à ses invités que ça allait la mettre mal à l'aise si elle sortait de sa chambre et trouvait Jacob là. Pourtant la probabilité que Bella sorte de sa chambre était mince. Visiblement elle avait été quand elle était rentrée et les avait trouvés là. Elle avait été polie mais Charlie avait dit qu'il pensait que ça avait été juste pour qu'il soit content et il lui fallait du temps pour se préparer à ce genre de choses.

"Je n'ai pas de raison de la déranger," avait dit Jacob à Charlie pendant que Carlisle l'entendait depuis dehors.

Mais dès que Charlie et Billy furent partis Jacob fit exactement l'inverse de ce qu'il avait promis. Il fallut une minute à Carlisle pour réaliser qu'il était monté. Il avait écouté, attendant de voir si le garçon ferait la bonne chose et partirait en voyant qu'elle était mal à l'aise. Il ne le fit pas bien entendu. Il entra dans la chambre de Bella sans sa permission. Ça prit deux secondes supplémentaires à Carlisle pour ouvrir la fenêtre. Et pendant ce temps Jacob réussit à poser ses mains sur Bella.

La rage consuma Edward. Si la fragile humaine n'était pas dans ses bras il serait parti dans l'instant. Il allait tuer ce chien.

Il ne prend pas au sérieux sa santé mentale, pensa Carlisle. Il ne comprend pas le traumatisme.

Il allait comprendre se jura Edward.

Son cœur est à la bonne place, essaya son père.

Et certainement qu'il ne serait plus au bon endroit, une fois qu'Edward s'en serait occupé.

"Edward," murmura Bella contre son cou, en revenant à elle. Elle tremblait toujours mais beaucoup de la tension avait quitté son corps. Elle se laissa aller contre lui haletante et épuisée.

"C'est bon chérie. Nous allons nous lever et je vais t'emmener à la maison, d'accord?"

Ses doigts s'agrippèrent à son sweat. "Chez toi?"

"Oui, oui, bien sûr." Il faisait bien attention de ne pas laisser transparaitre la fureur dans sa voix. Le satané chien lui avait fait avoir peur de sa maison.

Bella hocha la tête et la posa contre son épaule. Il était content qu'elle ne discute pas. Les attaques de panique la faisaient se sentir faible. Et qu'elle lui fasse assez confiance pour qu'il s'occupe d'elle; réchauffait son cœur froid et mort. Mais plus que ça après la peur il avait besoin de l'avoir le plus près possible. Les nouvelles auraient pu être bien pires.

Elle avait raison. C'était injuste de la laisser, faible humaine, alors que tout autour d'elle pouvait la tuer en un seul instant.

"Je pars devant," dit Carlisle alors qu'Edward se levait. "Je vais allumer le feu dans le salon."

Edward opina. "Merci."

"Merci," marmonna Bella. Elle se concentrait toujours sur sa respiration. Son rythme cardiaque était rapide et régulier contre sa poitrine.

Au moment où ils arrivèrent à la porte, Bella avait commencé à pleurer doucement. Ses larmes étaient chaudes comme un feu contre sa peau froide. Ou peut-être est-ce juste sa douleur qui le brulait. Elle détestait cette faiblesse – tout à la fois incapable de se protéger ou de combattre les effets de son psychisme brisé.

Ils entrèrent au moment où Carlisle s'éloignait du feu. Les autres étaient au travail et Carlisle se fit discret, donnant de l'intimité à Bella et Edward. Edward s'assit sur le tapis devant la cheminée et prit le visage de Bella dans ses mains puis essuya les larmes sous ses yeux.

"De nouveau j'étais impuissante, " dit-elle dans un murmure rauque. "Impuissante! Putain."

"Est-ce qu'il t'a fait du mal?" Jacob Black allait mourir de toute façon mais s'il l'avait blessée; il allait mourir très lentement.

Elle secoua la tête. "Il aurait pu, c'était suffisant pour mon stupide cerveau."

"Ce n'était pas stupide, il était agressif et c'est un inconnu pour toi." Edward travailla à desserrer sa mâchoire. Il ravala une gorgée de venin. "Je vais le tuer Bella, je le jure."

Il pouvait entendre les avertissements de son père. Le garçon était furieux mais Carlisle était sûr qu'il n'avait pas eu l'intention de faire du mal à Bella. Ses intentions, même malavisées, avaient été de préserver une vie humaine.

"Je ne veux pas que tu le tues," dit Bella. Elle renifla et le regarda. Elle tremblait encore mais elle était moins pâle. Il y avait un éclat dans ses yeux. "S'il me touche à nouveau je veux être celle qui le tuera." Leurs regards s'accrochèrent. "Je veux être capable de le tuer."

Il chercha ses yeux. Elle avait ses démons et ça allait lui demander toutes ses forces pour les combattre. "Tu pourras, amour. Je te le promets."

Elle secouait déjà la tête. "Maintenant. Je ne veux pas attendre. Il n'y a pas de raison. Il y avait un putain de loup chez moi. Je devrai pouvoir être capable de faire quelque chose contre ça."

"Bella il faut que…"

"Non tu n'as pas besoin de prévoir. Pour aucun de vous ça n'était prévu et vous êtes là." Il y avait de la panique contenue dans son ton. "Je t'en prie."

"Bella…"

Elle mordit sa lèvre et baissa la tête. Le battement de son cœur s'accéléra de nouveau et elle respira profondément, essayant de se calmer. Edward la berça doucement. "Ce n'est pas ce que tu veux," murmura-t-il contre son oreille. "Ce ne sera pas long Bella. Mais souviens-toi que tu as dit que tu voulais du temps pour parler de tout avec nous. Tout savoir avant d'être transformée. La première année est difficile."

Il prit son visage en coupe et l'inclina pour qu'elle le regarde. "Ça va arriver tôt ou tard. Deux semaines Bella. Donne-moi deux semaines pour m'assurer que tout est aussi prêt que possible." Il caressa ses cheveux. "Deux semaines pour dire au revoir à tes parents."

Elle souffla et se blottit contre lui. "Je suis tellement fatiguée."

"Tu peux te reposer à présent." Il savait que ce n'était pas de ça dont elle parlait, au moins pas que de ça. Mais une attaque de panique comme celle qu'elle venait de vivre lui avait pris beaucoup d'énergie. "Tu es en sécurité ici. Dors. Je m'occupe de toi. Je serai là quand tu te réveilleras."

Le fait qu'elle ne se mette pas à discuter en disait beaucoup sur son état de fatigue. Edward fredonna près de son oreille. Quelques minutes plus tard sa respiration se ralentit et son corps se relâcha dans le sommeil.

Edward se releva doucement pour ne pas la réveiller. Il l'allongea sur le canapé. Elle frissonnait dans son sommeil à cause de son contact froid. Il alla à l'étage pour ramener une couverture chaude et épaisse pour la couvrir. Il avait pensé à acheter un lit - le plus confortable qu'il trouverait - mais il ne serait livré que le lendemain.

Bon pour l'instant elle se reposait et c'était suffisant. Il passa le dos de ses doigts sur sa joue et le peu de tension qui restait quitta son joli visage.

Son père réapparut dans le salon et il le regarda regarder Bella.

Tuer le garçon est inutile, pensa-t-il. Nous avons besoin de la coopération des loups. Le traité…

Edward grommela dans sa barbe. "Je ne vais pas le tuer, j'ai promis à Bella que je le lui laisserai faire."

Il se leva pour se diriger vers la porte. Carlisle le suivit et saisit son bras. "Je pensais que tu avais dit que tu n'allais pas le tuer."

"Je ne le ferai pas." Edward sourit. "Mais il se peut qu'il ait un accident contre un arbre… Bon. Je promets qu'il survivra."

"Edward…"

"Promets-moi de veiller sur Bella. Ça ne sera pas bien long."

Avant que son père puisse discuter, Edward était parti. Et il courait vers la maison des Swan.

C'était très intéressant de voir que Jacob n'avait pas dit à Charlie que Bella était partie. Il était très nerveux. Que dirait Charlie en voyant l'étagère brisée et en découvrant que Bella n'était plus là? Les lèvres d'Edward tressaillirent. Au moins Jacob reconnaissait qu'il avait fait quelque chose qui faisait que Charlie aurait envie de le tuer.

Edward se demandait s'il allait entrer et donner une version partielle de la vérité à Charlie. Il pouvait simplement dire que Jacob avait menacé Bella et qu'il l'avait emmenée chez lui parce qu'elle ne se sentait plus en sécurité ici. Cela aurait l'avantage de garder Jacob à distance sur le long terme.

Mais cela ne permettrait pas de tarir la soif de sang qui montait chez Edward.

Il s'élança vers la porte d'entrée et sonna puis courut rapidement sous le couvert de la forêt. Charlie répondit à la porte. Quand il ne vit personne, il pensa que c'était des enfants qui jouaient avec la sonnette mais ouvrir la porte avait amené l'odeur d'Edward à l'intérieur. Jacob savait qu'il était là.

Le garçon était hautain. Il savait qu'Edward était venu pour lui et il était sûr qu'il pourrait gagner un combat. Bien. Edward n'était pas prêt pour Jasper mais il ferait un travail rapide avec ce bâtard.

Jacob suivit son odeur dans la forêt. Il n'échappa pas à son attention qu'Edward était allé suffisamment loin pour que n'importe quel bruit qu'ils feraient ne soit pas entendu par les humains. Et ce n'était pas surprenant non plus qu'il se transforme en loup.

Un groupe de métamorphes pourrait abattre un vampire mais le garçon seul? Si Edward avait été d'humeur meurtrière, son impudence aurait été sa condamnation à mort.

Dans l'état actuel des choses, Edward tomba de l'arbre où il était perché et se précipita sur Jacob. Il l'attrapa par le flanc et le loup vola, touchant un arbre. Il ricana et se leva, le dos courbé, prêt à bondir. Bien sûr, Edward pouvait lire ses pensées et connaissait ses mouvements avant qu'il ne les fasse. C'était facile à esquiver.

Edward joua avec lui, laissant Jacob se précipiter vers lui plusieurs fois, alors qu'il sautait vers le haut ou sur le côté, se mettant hors de portée des dents et des griffes mortelles du loup. Finalement, il atterrit doucement sur le dos massif du loup. Il mit ses mains sur son cou et serra - juste assez pour que le loup jappe. Assez pour lui dire que si Edward voulait sa mort, il serait mort.

Edward recula à temps pour éviter les rebondissements de Jacob. Alors qu'il atterrit, Jacob leva la tête vers le ciel et hurla. Appelant sa meute. Presque instantanément, Edward entendit plusieurs esprits dans la tête de Jacob.

"Lâche," grogna Edward.

Il laissa Jacob s'approcher à nouveau, l'esquivant alors qu'il essayait de lui sauter à la gorge. Edward prit sa cheville et la serra. Fort.

Jacob hurla d'agonie. Il essaya de rester debout mais sa cheville brisée ne voulait pas le tenir. Il s'écroula tout en rugissant et gémissant douloureusement.

Edward n'avait aucun remords. Le loup guérirait sans répercussion durable. "Si tu avais le moindre bon sens, j'aurais apprécié que tu t'inquiètes pour elle, Jacob Black. Mais tu dois apprendre une chose ou deux sur le consentement. Tu n'as aucune idée de combien tu as blessé la femme que j'aime."

L'amour. Ce mot devenait dégoûtant. Ses pensées étaient pleines de perversions tordues de ce qu'il pensait qu'Edward faisait à Bella, ce pour quoi il la voulait. Il ne pensait pas qu'un vampire soit capable d'amour.

Edward siffla, dégoûté par les pensées de Jacob. "Tu me testes, chien." Il secoua la tête. La meute s'approchait, et même si Sam insistait pour qu'ils se calment, les autres étaient impatients d'en découdre. "Elle a fait son choix. Sam respecte cela, même s'il n'est pas d'accord. Je me fous de ce que tu penses. Approche-toi encore de cette maison, regarde-la encore une fois et je te détruirai. Crois-moi. Tes copains de meute ne seront pas assez rapides pour te sauver."

Une fois son message délivré, Edward retourna vers Bella.

Deux semaines plus tard

Les deux semaines avaient été longues et compliquées.

S'occuper de la meute avait été facile. Bella avait demandé à voir Sam en territoire neutre. Il savait déjà ce que Jacob avait fait et, ayant une meilleure compréhension du traumatisme, il comprit pourquoi Edward avait réagi de sorte. Ça avait aidé aussi que Carlisle offre ses services pour remettre la jambe de Jacob en place - elle devait être cassée à nouveau car elle avait guéri trop rapidement et mal.

Sam et le reste de la meute - et les anciens comme Billy Black - n'aimaient pas ça mais ils avaient cédé. La volonté de Bella lui appartenait. Elle était claire et consciente, sachant très bien dans quoi elle s'engageait et ce qu'elle allait devenir.

Les Cullen comptaient l'emmener loin, dans un coin reculé d'Alaska. Elle avait compris que les loups n'hésiteraient pas à la tuer si jamais elle revenait à Forks et y tue un humain. Ils avaient accepté de garder un œil sur son père au cas où Jasper rôderait par là après son départ.

Au-delà de ça, tous les préparatifs avaient été faits. Bella avait passé beaucoup de temps ces deux dernières semaines avec les membres de la famille qui lui racontaient leurs expériences. Elle était aussi prête qu'elle pouvait l'être.

Elle avait aussi poussé son père à prendre quelques jours de congé pour qu'ils puissent passer du temps ensemble. Il l'avait fait, bien sûr.

Il n'y avait pas grand-chose que Charlie Swan ne ferait pas pour sa fille. Edward, se cachant dans les bois près de la maison, essaya de rester assez loin pour leur donner de l'intimité. Il avait quand même ressenti la surprise de Charlie devant cette proximité soudaine de sa fille. Ça faisait bien longtemps que Bella ne pouvait pas supporter d'être touchée par quiconque.

Mais il devait toujours y avoir une fin et il était temps. Maintenant, Edward était assis sur le lit de Bella, la regardant écrire à son bureau. Il gardait le silence, bien qu'il soit triste pour elle. Il l'avait observée pendant des heures, alors qu'elle écrivait douloureusement deux lettres. Une pour Cynthia et sa mère. Et l'autre pour sa mère. Maintenant, elle en était à la lettre la plus difficile, celle pour son père.

Bien qu'elle ait été stoïque dans les deux premières lettres, reniflant de temps en temps mais écrivant d'une main ferme, commencer à écrire celle-là était le point de rupture pour Bella. Elle s'effondra et Edward se précipita vers elle. Il l'attrapa et s'assit sur la chaise avec elle sur ses genoux, entourée par lui. Elle pleura mais au bout de quelques minutes, elle prit une inspiration tremblante et retourna à sa tâche.

Edward garda ses bras autour de sa taille, sans l'arrêter. Il appuya légèrement la tête contre la sienne, posant occasionnellement un baiser sur sa joue, comme elle écrivait d'une main tremblante.

Papa

Toi et moi n'avons jamais été bons avec les mots. Ça ne m'a jamais posé de problèmes. J'ai toujours su tout ce que tu voulais me dire. Je sais que tu m'aimes plus que tout au monde et je sais que tu te blâmes pour... ce qui m'est arrivé. Je sais que tu as mal pour moi et je sais combien tu t'inquiètes.

S'il te plaît, ne panique pas. Je sais à quoi ça ressemble. Ce n'est pas une lettre suicidaire. En fait, c'est le contraire mais je sais que... ce ne sera pas facile à entendre. Rien de tout cela n'est facile à dire mais je vais essayer. Je vais te demander de faire quelque chose d'impossible. Je vais te demander de me faire confiance. Maman et toi m'avez élevée pour que je comprenne que je suis la seule à savoir ce qui est le mieux pour moi. Crois en ce que tu m'as appris et crois en moi.

Il va peut être sembler qu'Edward est le dernier d'une longue lignée d'hommes à me faire du mal. Je peux te promettre que ce n'est pas le cas.

Ne le blâme pas, papa. Sache que tout ce que je fais, c'est ma volonté et mon choix. Edward est un homme bon et il m'aime.

J'aimerais pouvoir tout te dire tout, papa. Crois-moi quand je te dis que j'ai une bonne raison de ne pas le faire.

Savoir que je vais te briser le cœur et te blesser sera toujours la pire chose que je puisse faire. Je le regretterai pour l'éternité.

J'espère que le fait que je sois heureuse te procurera un sentiment de paix. On s'occupe bien de moi et je ne suis plus en danger. Je te connais mais s'il te plaît, essaie au moins de ne pas t'inquiéter.

Appuie-toi sur Billy. Appuie-toi sur Sue. Ils vont t'aider. Je sais qu'ils le feront.

J'aimerai qu'il y ait un autre moyen. Je suis désolée. Je suis vraiment désolée.

Je t'aime.

Bella

En signant son nom, elle se pencha en avant, sanglotant dans ses bras pliés, tachant la lettre de ses larmes. Edward la porta au lit. Elle se recroquevilla, ses jambes repliées contre sa poitrine et le visage enfoui contre Edward. Elle s'agrippait à lui, tirant sur sa chemise, souffrant tellement qu'elle se tordait dans ses bras.

Edward avait le cœur brisé. Il aurait fait n'importe quoi pour lui enlever sa douleur. Il voulait lui demander de reconsidérer sa décision. Ça ne pourrait pas être le bon choix si ça lui faisait ça, si ça la bouleversait ainsi.

Elle pleura fort. Plus fort qu'elle ne l'avait fait quand son monde avait été chamboulé et qu'elle avait découvert que son seul ami, celui en qui elle avait confiance, était un vampire. Elle étouffa son angoisse contre la peau d'Edward, refusant de laisser son père l'entendre.

Finalement, ses cris se transformèrent en hoquets et sa voix en toux rauque.

"Ne me laisse pas partir," l'implora-t-elle dans un murmure.

"Jamais," promit Edward, embrassant le sommet de sa tête alors qu'elle finit par s'endormir dans ses bras.

Quand elle se réveilla, ses yeux étaient encore rouges. Elle grimaça. Il se dit qu'elle avait mal à la tête mais il ne voulait pas se lever pour attraper de l'aspirine. Il ne voulait pas la lâcher avant d'être sûr qu'elle ne tomberait pas en pièces.

A sa grande surprise, elle sourit. "Salut," chuchota-t-elle, d'une voix rocailleuse.

"Salut," chuchota-t-il en lui caressant les cheveux.

Elle pencha la tête, l'enfouissant dans son cou. "Je suis désolée. Je suis désolée que tu aies dû assister à ça." Elle soupira.

"Bella, es-tu…"

"J'en suis sûre." Elle soupira. "Ça lui ferait plus mal de me trouver morte. C'est tout ce qu'i dire."

Il lui fit un long baiser au sommet de la tête. Elle n'avait aucune idée de sa force.

Elle avait déjà tout emballé - juste une valise de vêtements et un sac à dos plein de livres et de photos. C'est ce qu'elle voulait garder de sa vie humaine. Elle prit une longue douche chaude. Elle fit le lit de son père et le sien. Elle mit les trois lettres sur son lit et les regarda fixement.

"Il n'y a pas besoin de se précipiter, Bella," dit-il, enveloppant un bras autour de sa taille. "Si tu veux plus de temps…"

"Non." Elle prit une grande inspiration. "Non. Ça ne va pas devenir plus facile." Une autre inspiration. "C'est ce qu'il voudrait pour moi. Que je vive ma vie à nouveau. Je ne suis plus vraiment en vie depuis cinq ans."

Elle le regarda et sourit. C'était un sourire triste mais content. "Allons-y."

Il se pencha et l'embrassa. "D'accord."


Ouiiiii… et voilà c'est sur le point d'arriver!

Vous l'avez probablement remarqué

Mais le site rencontre de nombreux problèmes

ces derniers temps

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