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Chapitre 28

Bella

Bella n'aimait pas les aéroports. Elle détestait la foule. Trop de gens. C'était supportable parce qu'ils étaient pressés d'être ailleurs. S'ils la voyaient ce n'était que pour un instant avant de passer à autre chose.

Bella était plus nerveuse qu'habituellement concernant la sécurité. Pas qu'elle soit un risque bien sûr mais il y avait toujours une possibilité que quelqu'un la fouille. Cette possibilité la rendait anxieuse à chaque fois qu'elle y pensait.

"Que va-t-il se passer si quelqu'un te fouille?" demanda-t-elle alors que les parents d'Edward les conduisaient à Sea-Tac. Ses yeux s'écarquillèrent et elle souffla. "Que va-t-il se passer s'ils te font lever les mains devant cette machine? Elle ne fonctionne pas à la chaleur? Oh mon dieu ils vont envoyer toute la sécurité de l'aéroport pour toi."

Edward serra les lèvres, essayant visiblement de ne pas rire. "Nous avons payé pour le raccourci tu te souviens? Tu n'auras même pas à enlever tes chaussures. Simplement à passer au détecteur de métaux."

Elle enroula sa manche et tapota anxieusement son bras, dubitative. "De quoi es-tu fait de toute façon?"

Il sourit. "Rien de la table périodique des éléments mais pour te répondre réellement rien qui déclenche un détecteur de métal." Il pencha la tête. "Nous avons déjà pris l'avion, amour."

Elle souffla et croisa ses bras.

"Bella je le saurais si on se fait remarquer. J'ai quelques excuses qui me feraient sortir de là vite fait." Il inclina la tête et posa un doux baiser sur son front. "Ne t'inquiète pas autant."

"C'est ironique pas vrai?" demanda Esmée depuis le siège avant. "Plus le moyen de transport est efficace, plus c'est compliqué pour nous. Ils ont parlé d'utiliser des caméras thermiques pour suivre les gens qui avaient de la fièvre. Pour contenir la propagation des virus exotiques sans avoir à enfoncer des thermomètres dans la bouche des gens. Ça sera un drôle de défi si et quand ça se généralise."

"Voyager était tellement plus facile de mon temps," dit Carlisle en secouant la tête.

Edward roula des yeux. "Carlisle tu es venu en Amérique en bateau, il t'a fallu cinq ans pour arriver ici?"

"Ou six semaines."

"C'est pratiquement la même chose."

Bella grimaça. "Attendez. Tu n'étais pas un nouveau-né à ce moment-là? Je veux dire relativement. Coincé dans un petit espace entouré par des humains sentant très bon sauf si je me trompe et aucun sang animal à portée?"

"Les baleines ont du sang," dit Carlisle semblant un peu trop innocent.

Esmée désigna son mari et regarda Bella par le rétroviseur. "Qu'est-ce que j'ai dit? Entêté."

"Il n'y a jamais eu aucun danger," dit Carlisle. "Si c'était devenu insupportable je serai passé par-dessus bord accidentellement et j'aurai nagé pour le reste du voyage."

"Comme si ça allait arriver," marmonna Bella.

Edward enlaça leurs doigts et cela la calma considérablement. Son sourire la réchauffait. "La prochaine fois que tu auras besoin d'aller quelque part, ce sera en courant. Ou nageant." Son sourire s'agrandit. "Que dirais-tu de courir jusqu'en arctique hein? Nous pourrions glisser sur le glacier. Si nous chassons un ours polaire, Emmett sera très jaloux."

Bella n'avait pas encore envisagé toutes les choses dont elle serait capable. Elle savait qu'elle pourrait courir et traverser les glaciers. "Les ours polaires ne sont-ils pas dangereux?"

Les trois autres dans la voiture durent rire et Bella rougit. Edward passa son bras autour d'elle et la serra contre lui. "Renard des neiges?" demanda-t-il. "Des pingouins?

"Mais… ce sont… des pingouins." Surement quelque chose qui serait trop mignon pour être mangé. Elle le regarda avec des yeux accusateurs. "Tu as mangé du pingouin?"

Il rit de nouveau et l'embrassa.

Une heure et demie plus tard Bella soupira, se relaxant finalement en s'installant dans son siège spacieux de première classe. Bien qu'elle déteste les aéroports elle aimait voler. Elle s'appuya contre Edward et regarda, fascinée, le sol s'éloigner.

"Je ne comprends toujours pas pourquoi tu n'as pas pris le siège près du hublot," dit Edward dans un doux murmure. Ses doigts frais caressaient gentiment sa tête.

"Je préfère comme ça." Bella s'arrangea, trouvant un endroit confortable pour poser sa tête sur son épaule et son bras sur lui.

Il fit un petit rire et posa un baisa sur son front. "Moi aussi."

Ils restèrent ainsi quelques minutes, Edward jouant avec ses doigts alors qu'ils regardaient la terre défiler sous eux, du vert avec des villes éparpillées.

Le démon savait-il déjà qu'elle était partie comme il avait su qu'elle avait quitté Forks pour aller à Seattle la dernière fois? Etait-il en train de courir dans ces bois sachant où il pourrait la trouver? Bella frissonna à cette pensée et ferma les yeux fort.

"Bella?" demanda Edward. Il fit passer ses cheveux derrière ses oreilles. "Qu'est-ce qui ne va pas?"

Elle prit une profonde inspiration se souvenant ce qu'Edward lui avait dit. Ils voyageaient sous des noms différents. Le démon n'avait aucun moyen de deviner leur destination finale. "Je vais bien," dit-elle frustrée.

Depuis ces deux dernières semaines son humeur avait été très changeante. Elle était optimiste quant à son choix mais ce n'était pas si simple. Elle était terrifiée à l'idée que le démon la trouve avant qu'ils puissent réaliser leurs projets, certaine qu'elle ne pourrait jamais être aussi forte qu'elle le voulait. Entre la peur et la nervosité concernant la transformation et la douleur vive de laisser ses parents le cœur brisé, elle avait été une épave.

Les hôtesses vinrent leur demander s'ils voulaient quelque chose à boire. Bella commanda un café ayant besoin de chaleur et de réconfort. Edward demanda une bouteille d'eau qui serait pour elle, elle le savait.

Quand on leur apporta ce qu'ils avaient demandé son humeur avait de nouveau changé et elle sourit à son monologue intérieur. Edward haussa un sourcil. "Je pensais que c'était une bonne chose que nous n'ayons pas à passer la douane," dit-elle. "Quelle est la nature de notre visite? Vampirisation." Elle fronça le nez. Vampirsformation?"

Elle se recroquevilla contre lui, appréciant le mouvement de sa poitrine pendant qu'il riait. "Tu sais à quoi je pensais?" demanda-t-elle, les yeux de nouveau sur le paysage.

"Je ne le sais jamais," dit-il ironiquement.

"Quand je serai vampire je pourrai vous apprendre à vous battre." Elle caressait son torse, souriant à cette idée. "Ça devrait être un peu différent, les points de pression ne fonctionneront pas mais je ne sais pas... Est-ce que ça vous fait mal si on vous donne des coups dans les parties sensibles?"

Alors que les secondes passaient et que la réponse ne venait pas, Bella leva la tête. Il la regardait avec une expression bizarre. "Quoi?" fit-elle.

"Tu veux nous apprendre à nous battre?"

Elle le regarda à nouveau, souhaitant pouvoir lire dans ses pensées. "C'est bien l'un des problèmes pas vrai? Aucun d'entre vous n'est entrainé à se battre. Même si Emmett a plutôt le style du lutteur qui a bu. S'il était humain je pourrais lui botter le cul parce que se battre ce n'est pas que de la force brute."

"Je suppose que ça a du sens." Il pencha son front contre le sien. "Je n'aime pas cette idée que tu te mesures à lui."

Bella frissonna. "De même pour moi s'il s'approche de vous." Elle tourna la tête, ses lèvres étaient contre son oreille. "Ça ne va pas s'arrêter simplement parce que je suis incassable. Il ne s'agit plus de vengeance. Peut-être que son intérêt faiblira parce que je ne suis plus humaine mais ce n'est pas garanti. Quoiqu'il en soit je suis toujours la même personne. Et si je peux me protéger et tous ceux que j'aime, je le ferai."

Edward

Edward n'était pas vierge. Il avait vingt ans quand il était mort – un beau jeune homme prêt pour l'amour. Il n'était pas étranger aux corps des femmes et aux actes de plaisir.

Cependant avec Bella tout était différent. Il se sentait à nouveau neuf et inexpérimenté. Il était à la fois avide et incertain. Son corps s'affolait à chaque fois que Bella et lui commençaient à explorer l'autre. Il était effrayé. Pas d'une horrible peur. Il ne savait tout simplement pas à quoi s'attendre de sa part et surtout il ne voulait pas blesser Bella.

Au cours des dernières semaines ils avaient passé tellement de temps dans son lit et avaient avancé lentement à s'explorer l'un l'autre avec les doigts et la bouche. Le plus gros problème de Bella n'était pas la peur mais la honte. Elle avait tellement honte des cicatrices qui recouvraient son corps. Et c'était terrible. Pas parce qu'elles la déformaient mais à cause de l'histoire qu'elles racontaient sur les choses qu'elle avait traversées.

D'abord il avait écouté, la laissant cacher son visage contre son cou quand elle lui avait demandé s'il pouvait lire sur son corps comme Jasper l'avait fait. Elle lui avait raconté comment ses mots l'avaient rendue nue et laide. Edward pouvait aussi lire ce qui était gravé sur sa peau mais ce n'était pas dur. Ses cicatrices montraient une histoire déchirante. Plutôt que de l'admettre il l'avait touchée tendrement et avait passé ses doigts sur ses marques. Il la tint dans ses bras, ses lèvres contre son oreille lui disant à quel point elle était belle et comment c'était de pouvoir la toucher comme ça. Et quand son tremblement avait disparu, il avait adoré chaque centimètre carré de sa peau.

Il ne fallut pas longtemps avant qu'il puisse mettre sa bouche sur elle. Sa chaleur était incroyable mais son goût l'était bien plus encore. C'était son essence, l'odeur capiteuse qui l'entourait quand il était près d'elle sans la soif désespérée de son sang. Il agita sa langue plus vite et plus vite qu'un serpent contre son clitoris et elle avait serré sa main si fort quand elle avait joui qu'elle aurait brisé les doigts d'un homme. Elle avait eu peur, admit-elle. Etre ainsi avec lui… il fallait qu'elle lui laisse un certain contrôle sur son corps… elle n'aurait pas pu le faire avec quelqu'un d'autre.

A présent Edward avait tout le temps pour penser à Bella. Ils étaient en Alaska dans un chalet qu'il avait loué - un endroit complètement solitaire. Il n'y avait pas d'autre habitation à des kilomètres dans les bois et la neige.

Bella avait été épuisée par leur long voyage quand ils arrivèrent à destination. Elle eut juste assez d'énergie pour regarder, les yeux émerveillés, le chalet luxueux et l'énorme lit dans lequel elle tomba endormie en quelques minutes.

Il avait passé un peu trop de temps à la regarder dormir. Ses jours humains, avait-il promis étaient comptés et bientôt il n'aurait plus ces précieux moments. Quelque part il lui avait fait cadeau d'un sommeil apaisé et quand il était près d'elle, elle était paisible et rêvait. Et puis il y avait le ravissement, cette émotion qui montait quand elle murmurait son prénom.

Un peu avant l'aube il se convainquit d'aller chasser. Il n'allait pas jouer avec sa chance aujourd'hui. Quand il revint au chalet il fut déçu mais pas surpris de trouver Bella réveillée.

Il la trouva en train de sortir de la salle de bain. Il y avait un grand comptoir avec un grand miroir. Le milieu de la pièce était occupé par un énorme jacuzzi, le plus chic qu'Edward ait jamais vu, immaculé et invitant avec beaucoup de sièges incurvés.

Bella était assise contre le pilier qui coupait un mur presqu'entièrement vitré, en deux. Le banc sur lequel elle était assise permettait de regarder le paysage balayé par la neige. Elle était vêtue d'un simple peignoir blanc, les genoux relevés contre sa poitrine et ses bras enroulés autour d'eux. Ses orteils nus tambourinaient inutilement sur le banc.

Pendant de longues secondes il se laissa la regarder. Elle était si petite contre la grande fenêtre et pourtant pour lui elle était toujours grande. Cette femme qui l'avait changé, qui avait remodelé son cœur de pierre.

Il alluma les jets et la vit reprendre son souffle, ses épaules se redresser. Elle se souvient alors de ce qu'il lui avait dit à propos de ses projets pour le bain à remous.

Elle ne se retourna pas alors qu'il s'approchait d'elle. Quand il fut assez près, le soleil brilla sur sa peau et elle ouvrit sa paume pour attraper l'éclat. Il vit ses lèvres s'incurver en un doux sourire alors que son rythme cardiaque commençait à se calmer. Il s'assit à côté d'elle, lui faisant face, les jambes inclinées et il posa sa main dans sa main tendue.

"C'est tellement beau ici," dit-elle avec un soupir, tournant la main à plusieurs reprises, jouant avec la lumière du soleil. "Et paisible."

Il passa son doigt sur la courbe de son visage. La lumière jouait aussi sur sa peau, l'embrassant d'une manière singulièrement humaine et très adorable. "C'est beau," murmura-t-il en la regardant.

Elle rougit et inclina le menton. Reconnaissant une invitation quand il en voyait une il se pencha et déposa un baiser sur ses lèvres. Quand il recula, elle le suivit et Edward l'embrassa plus sérieusement. Elle enroula son bras autour de sa nuque et il écarta ses mains dans son dos.

Pendant quelques minutes il n'y eut que ça. Leurs lèvres bougeant ensemble, la sienne souple et la sienne inflexible. Ses doigts jouaient avec ses cheveux, de minuscules gémissements vibrant contre leurs lèvres. Il traçait ses contours par-dessus son peignoir l'attirant à lui.

Quand elle frissonna il se recula pour la voir. Il embrassa le bout de son nez. "Tu veux rentrer dans l'eau?" Sa voix était plus rauque que ce qu'il voulait. Il aurait juré que son cœur était sur le point de se remettre à battre pour rester avec le sien. Il prit sa joue en coupe, s'efforçant de mettre de la légèreté dans son ton. "Ou nous pouvons aller petit-déjeuner." Il n'y avait aucune raison de se précipiter après tout. Simplement parce que la pensée de la toucher, de l'avoir, lui faisait mal mais ça ne signifiait pas qu'il ne pouvait pas attendre.

Elle prit une inspiration tremblante. Ses yeux remplis de désir sur lui. Soutenant son regard, elle enleva son peignoir et le laissa glisser. Il ne put empêcher son grognement avant qu'il soit tombé. Elle était nue. Prête pour lui.

Il pressa ses lèvres contre les siennes, luttant contre son instinct de la ravager. Oh, il la voulait. Il voulait être à l'intérieur d'elle, avec ses bras et ses jambes autour de lui. Il la voulait avec la même ferveur dévorante qu'il avait soif de sang.

Plus, il s'en rendit compte. Ce qu'il ressentait pour elle - désir et passion et amour puissant - était plus fort que la soif de son sang. Plus fort que son envie primitif d'animal.

Passant ses doigts le long de ses côtés, il embrassa ses lèvres, sa joue. Il se servit de son nez pour lui caresser le menton et quand elle pencha sa tête en arrière, il lui posa un baiser sur la gorge, juste là où battait son pouls. Elle gémit et voûta son corps contre le sien. Il relâcha sa main sur elle pendant des fractions de secondes, ôtant les quelques vêtements qu'il avait... avant de la ramener contre lui.

Lorsqu'elle frissonna de nouveau, Edward la saisit dans ses bras, ses lèvres revendiquant les siennes, la porta dans le jacuzzi. Il s'assit, la plaçant entre ses jambes écartées. Il enveloppa ses bras autour d'elle, ses doigts caressant le dessous de ses genoux pendant qu'il embrassait ses cheveux.

Bella se mit à rire en tremblant, se reposant contre lui.

"Qu'y-a-t-il?" demanda-t-il. Il recouvrit soigneusement ses dents avec ses lèvres avant de prendre le lobe de son oreille dans sa bouche.

"Oh," dit-elle dans un souffle, ses mains agrippées à ses genoux. "Je... Il fait chaud. Comme…" Elle soupira. Ses doigts avaient commencé à tracer des cercles sur ses cuisses. "Comme tu l'as dit."

"Mmm." Il fredonna, ses lèvres juste sous son oreille maintenant. Il exhala un souffle glacé sur sa peau. "Pas froid du tout, hein?"

"Oh, bon sang. Je ne... je ne sais pas. Juste... Plus."

Il passa les pieds entre les siens, écartant lentement les jambes. Elle haleta. Ses mains passèrent devant et elle s'arqua, enfonçant ses seins dans ses paumes. Elle tourna la tête, sa bouche à la recherche de la sienne, ses yeux fermés. Il lui rendit service, l'embrassant aussi fort qu'il osa.

"Tu aimes ça?" Il garda une main sur à sa poitrine, roulant un pouce sur le mamelon, tandis que l'autre glissait vers le bas, chatouillant son ventre puis, glissant le long de sa fente.

"Peut-être... peut-être juste un peu." Ses mots étaient un soupir et un gémissement alors qu'il entrait en elle avec un doigt.

"Putain. Tu es si sexy. Tu es si sexy," dit-il contre son oreille. Ses hanches bougèrent malgré lui, sa dureté recherchant la friction.

C'était érotique et hors contexte pour lui. Tous ses sens étaient submergés par elle. Il poussa un puis deux doigts en elle, gémissant quand elle poussa les hanches pour le rencontrer en même temps qu'il sentait pulser le sang sous sa peau, sous sa langue pressée contre sa gorge. Son battement de cœur était un rythme qu'il ressentait dans ses os. Ses respirations et ces petits bruits merveilleux qu'elle faisait lui disaient tout ce qu'il avait besoin de savoir pour jouer de son corps comme d'un instrument.

Il n'avait jamais été aussi en phase avec un autre être. Rien de tel. Il n'y avait rien de tel au monde. Il pourrait la travailler lentement, en tirant sur son plaisir. Il pouvait la travailler si vite qu'elle jouirait en quelques secondes. Dans un coin minuscule de son cerveau, il prit le temps d'apprécier le fait que les vampires ne pouvaient pas avoir de crampes musculaires.

Elle cria en jouissant - un cri guttural fort alors que son corps se courbait vers l'avant puis elle s'effondra contre lui.

Alors qu'elle reprenait son souffle, il retenait le sien, n'osant pas l'inhaler pendant quelques instants. Il était toujours aussi dur, plus dur que la normale, supposa-t-il – et il faisait tout ce qu'il pouvait pour ne pas la soulever par la taille et s'enfoncer profondément en elle comme il le voulait. Son odeur était partout autour de lui, neutralisant facilement la faible odeur de chlore de l'eau. Il avait juste besoin d'elle et son désir rendait difficile de se rappeler qu'elle était fragile, qu'il devait garder le contrôle de son propre corps.

Au bout d'une minute, Edward commença à poser de doux baisers sur son épaule. La minute suivante, Bella tendit le bras, enfilant ses doigts dans ses cheveux, grattant son cuir chevelu.

"Je devrais te nourrir," souffla-t-il dans son cou, sachant qu'elle était chaude maintenant. "On peut..."

Mais il s'arrêta avec un gémissement quand elle appuya son petit cul contre son érection. "Oh, bon sang."

Elle pencha la tête vers l'arrière, posant un baiser, bouche ouverte sur son cou et le léchant. Il savait qu'elle était encore nerveuse. Il pouvait entendre son cœur battre et sentir le léger tremblement de son corps.

Aussi nerveuse qu'elle puisse être, elle le voulait aussi. Il put le voir clairement dans ses yeux quand elle se retourna et la chevaucha. Il la regarda, soutenant son regard, alors que l'eau clapotait entre eux. Ses yeux étaient encore si sombres, pris, comme lui, dans des désirs avec seulement un soupçon d'incertitude. Edward baissa ses yeux et il gémit. Ses seins étaient au-dessus de l'eau maintenant, avec la chair de poule, ses mamelons durcis à cause de la fraicheur de l'air.

La respiration de Bella était chaude et précipitée sur son visage, quand elle commença à bouger sur lui, son centre chaud glissant tout droit sur sa longueur.

Ses doigts serrés autour de sa taille, trop serrés et il dut se forcer à se détendre. Elle était juste là.

Edward se pencha vers le bas et passa sa langue sur son mamelon pendant qu'il essayait de se calmer. Il ne pouvait pas se perdre dans le plaisir. Il ne pouvait pas oublier, pas même un instant. Il pourrait l'écraser sans effort mais il ne le ferait pas. Il ne le ferait pas.

"Je te fais confiance," chuchota-t-elle, les mains sur son visage, ses cheveux. Elle fit tomber un baiser sur sa tête. "Je t'aime."

Il leva la tête, ses nerfs à vif se calmèrent dans le sillage de l'amour qui l'enveloppait. Cette créature incroyable. Comment était-il possible qu'elle l'ait choisi? Elle avait dit qu'il avait donné un sens à sa vie mais elle lui avait donné une raison d'être. Elle lui avait donné le but et l'espoir. L'espoir qu'il puisse y avoir quelque chose dans son existence sans fin.

Il prit son visage entre ses mains et embrassa ses lèvres puis jusqu'à ses cheveux. "Tu me le diras?" chuchota-t-il contre son oreille, comme un rappel. Elle avait toujours le contrôle mais cela signifiait aussi qu'il lui faisait confiance. Ça le tuerait de lui faire du mal, alors il avait besoin de croire en son honnêteté.

En réponse, Bella l'embrassa. Elle tendit la main sous l'eau et prit sa longueur. Elle se leva et le guida chez lui.

Ils firent l'amour lentement, si lentement au début. Edward bougea et Bella s'accrocha à lui, tremblant un peu. Il la tenait fermement, ses yeux menaçant de se retourner dans sa tête à cause de la chaleur et du plaisir.

Il murmura des bêtises contre son oreille. Poésie dans toutes les langues qu'il connaissait alors qu'il cherchait les mots justes pour décrire ce que c'était pour lui. Il s'était toujours interrogé sur l'existence de l'âme - s'il en avait eu une et si c'était le cas... si elle avait été perdue avec son humanité. Mais être avec Bella comme ça, il devait croire en son âme. Qu'est-ce qui expliquerait autrement ce sentiment de plénitude? Cet ancrage qu'il ressentait, cette recherche de sens effrénée s'était calmée dans l'espace qui sépare ses battements cardiaques?

"Edward," souffla-t-elle, se déplaçant sur lui, cherchant sa bouche.

Il l'embrassa fort et la tira encore plus fort contre lui. Elle cria et il faillit paniquer mais elle dit : "Oh, Mon Dieu, oui. S'il te plaît."

A chaque poussée, il s'approchait du bord. Pas seulement de l'orgasme, bien que... ça allait l'anéantir. Il y avait quelque chose de plus grand à l'horizon, plus profond et beaucoup plus irrévocable.

Quand il fut l'apogée, la chose la plus étrange arriva. Son esprit, sa vision, devinrent blancs. Blanc. Il n'y avait littéralement plus rien qu'elle. Lui. Eux.

Et c'était parfait.

OOO

Comme le soir tombait, ils se couchèrent sur le canapé, Edward racontant à Bella des histoires sur les années soixante et combien il était affreux dans les vêtements des années 70. Elle avait été si détendue et contente toute la journée.

Quand ses paupières commencèrent à se fermer, il la prit dans ses bras pour la porter au lit. Dans la chambre d'amis. Il avait ruiné la chambre principale. Et la salle du jacuzzi semblait inondée. Et il y avait un morceau qui manquait sur le plan de travail en granit de la cuisine.

Pourtant, quand il la posa sur le lit, elle se réveilla suffisamment pour le tirer avec elle. Il la déshabilla et lui passa les doigts sur le corps pendant qu'elle lui caressait le visage.

"Bella..." Il passa le bout de son doigt sur les ombres bleues à l'intérieur de ses bras et de ses cuisses.

"Hey." Elle lui passa un pouce sur la lèvre et il la laissa lui relever la tête. Elle lui sourit, son expression facile et tendre et oui, toujours en manque. "Quand j'étais à l'université et que les gens parlaient de leurs sexcapades, beaucoup d'entre eux avaient des histoires bien pires que des bleus..." Elle agita les sourcils. "C'est une blessure sexuelle. J'aime bien. Puisque tu ne peux pas me faire un suçon."

Il gémit et réclama ses lèvres. "Tu es diabolique," grogna-t-il.

Elle ricana puis gémit dans sa bouche pendant qu'il taquinait son clitoris.

Ils firent l'amour à nouveau, lentement et facilement. Il savait qu'elle devait être endolorie. Son apogée, quelques minutes plus tard, le rendit de nouveau brumeux.

"Edward?" Elle était drapée sur lui, son léger poids chaud au-dessus de sa poitrine.

Il avait un bras sur les yeux et un curieux désir de dormir, il était si détendu. "Hmm?" Il tapota avec ses doigts sur son dos, sans ouvrir les yeux.

Elle prit une respiration tremblante. "Fais-le maintenant."

Il se figea. Attendit cinq secondes. "Quoi?" demanda-t-il.

Bella se releva sur ses bras en le regardant de haut, ses yeux l'observant. "Je n'ai jamais été aussi heureuse. Je n'ai jamais ressenti ça." Elle fit glisser le dos de sa main sur sa joue, ses cheveux débordant sur sa poitrine. "Je ne pourrais jamais aller mieux qu'aujourd'hui. C'est..." Elle déglutit difficilement. "C'est une bonne fin." Elle lui caressa la main pour la reposer sur son ventre. "Un bon début."

Il la regarda fixement et s'assit droit. Terminer cette belle et parfaite journée avec sa douleur et ses cris?

Comme si elle savait lire dans ses pensées, elle s'assit sur ses genoux et mit les bras autour de lui. Son cœur battait si vite et pourtant, si fort. "Si tu me tiens, ça va aller," chuchota-t-elle. "S'il te plaît."

Elle ne savait pas du tout de quoi elle parlait.

Mais encore une fois, qu'attendait-il? "Carlisle..." commença-t-il, puis il secoua la tête.

Le plan était d'appeler son père, quand ils seraient prêts. Mais maintenant, l'idée de laisser n'importe qui la toucher... lui faire ça...

Non, elle était à lui. Il le ressentait même dans cette partie sauvage de lui. Et c'était plus fort que sa soif. Beaucoup plus fort.

Il ne lui ferait pas de mal.

Jamais.

Jasper

L'odeur du garçon était absente depuis deux jours. Curieux, ça. Le garçon n'était rien d'autre qu'obsessionnel. Jasper s'attendait à ce qu'ils finissent par sortir la fille de cette petite ville à un moment donné mais les autres étaient toujours là. Pour protéger le père ou leur clan était-il divisé?

Jasper considéra le problème et sourit quand une solution lui vint à l'esprit. Il avait besoin d'informations depuis un moment et si le télépathe était parti, ça ouvrait plein de possibilités, n'est-ce pas?

Décidé, il descendit l'escalier jusqu'au sous-sol sombre, écoutant son dernier prisonnier haleter et sa respiration devenir saccadée.

"Chut," fit Jasper de façon apaisante, en s'approchant pour allumer la lumière. "Doucement, joli Peter."

Le garçon de vingt-et-un ans, aux cheveux sablonneux et aux yeux bleus honnêtes, cligna des yeux dans la lumière soudaine, tirant sur ses chaînes. Sa terreur hurlait sans qu'il dise un mot.

Jasper s'assit, les jambes croisées. "Bavardons un peu, toi et moi."


A vos claviers!