Bonsoir à tous ! J'ai bien failli oublier de poster ce soir mais ... vous pouvez remercier mon petit agenda électronique qui m'a si gentiment fait le rappel !
Remerciements à : Paige0703, Isatis2013 et Jade181184 ( Je sais que c'est étrange mais cela reste un craquage hihi !)
Ceci est le dernier chapitre de mon craquage! Il y aura sûrement d'autres craquages à l'avenir mais je ne garantis rien !
Bonne lecture et encore merci à Isatis2013 pour sa correction !
Chapitre 2 : John
-Reese ?
Il se sentit revenir progressivement à lui. Il comprit tout doucement qu'il devait être allongé sur un sol froid, peut être du carrelage. Mais le pire était la sensation froide très localisée derrière sa tête. Une main chaude lui maintenait un peu la tête. Il sentait une présence à côté de lui. Il bougea doucement, cherchant à comprendre ce qui lui arrivait.
-Reese ?
Il reconnu la voix de Finch et cela le rassura un peu. Quelqu'un qu'il aimait veillait sur lui. Une douleur violente se manifesta à l'arrière de sa tête et il retint à grand peine une grimace. Il voulu porter sa main à l'arrière mais il sentit qu'on l'en empêchait. Une main ferme mais douce aussi prit la sienne et il reconnu celle de son compagnon. Il prit sur lui, faisant appel à ses forces et ouvrit les yeux. Il croisa le regard azur inquiet de Finch au dessus de lui.
-Harold ?
-Oh Johna. Comment vous sentez-vous ?
Johna ? Hein ? Qu'est ce que c'était cette blague encore ?
-Je ne sais pas. Répondit-il. Il se redressa doucement et Finch suivit son geste, gardant la poche de glace plaquée derrière la tête de l'agent.
-Que s'est-il passé ? Demanda-t-il, confus.
-Cette encyclopédie vous a assommé Mme Reese.
Reese jugea l'épais livre gisant au sol à quelques mètres de lui. Mais il remarqua les autres livres aussi.
-Comment-est ce arrivé ?
-Je crains que l'étagère n'ait cédé sous le poids des livres Johna.
-La littérature, c'est toujours un sacré poids. Ricana l'agent.
Il se sentit étourdi et plaça une main à plat sur le sol pour garder l'équilibre. Finch remua et le maintint avec une autre main.
-Vous avez mal à la tête ? Demanda-t-il.
-Un peu, ça va passer. J'ai la tête dure.
-Je n'en doute pas.
John se sentait étrangement différent. Clignant des yeux plusieurs fois pour se réhabituer, il finit par poser ses mains à plat sur ses cuisses. Il fronça les sourcils en sentant une forme différente de ses jambes. Il baissa la tête et souffla. Il déglutit en voyant … qu'il avait une poitrine qui cachait une bonne partie de la vue. Et sa tenue ! S'il portait bien un pantalon de costume, le reste était différent. Il avait une chemise blanche épousant parfaitement les formes du haut de son torse, y comprit son ventre. Son pantalon était retenu par des bretelles grises. Ses chaussures étaient des baskets de villes courtes, qui allaient parfaitement bien avec le reste. Aucune faute de goût. Il secoua la tête et repoussa doucement la main de Finch qui tenait la poche de glace. Il bascula sur le côté et se leva. Il vacilla légèrement mais se reprit. Finch se redressa et posa une main sur son bras.
-Vous devriez vous asseoir un peu. Lui souffla-t-il.
John approuva et suivit son partenaire. Il se sentait à l'étroit dans ce pantalon, bien serré au niveau du postérieur. Sa démarche, bien que militaire était plus fluide, plus souple. Il se troubla, déconcerté. Il prit place sur la chaise à sa place habituelle alors que Finch s'éclipsait dans la salle d'eau. Curieux, il continua à s'analyser, profitant de l'absence de Finch pour éviter d'éveiller ses soupçons. Il passa une main sur ce corps qu'il ne connaissait pas. Il tâta sa poitrine se demandant si c'était une vraie. Il se figea et cessa de toucher immédiatement. Il tira sur les brettelles grises, étonné. Le haut de sa chemise était entrouvert mais cachait sa poitrine généreuse. Soudain il se demanda à quoi il ressemblait.
Il passa une main sur son visage. Sa mâchoire était toute douce, ses lèvres semblaient pareilles. Son nez était moins cabossé. Il remonta sa main et se toucha les cheveux. Stupeur. Il n'y avait pas de gel mais ses cheveux semblaient raides naturellement. Ils étaient toujours aussi courts mais raides et maîtrisés. Il se pinça la lèvre et se frotta le visage d'une main lasse. Finch revint et lui tendit un verre d'eau et un comprimé. Reese l'accepta et vida le verre. Il se cala au fond de la chaise alors que Finch prenait place devant ses moniteurs.
Reese se plongea dans ses pensées, essayant de se souvenir de la dernière chose avant son réveil. Quelques bribes lui revinrent en mémoire. Il était rentré d'une mission calme puis son compagnon lui avait demandé de l'aide pour du rangement. Chacun avait prit un chariot et ils étaient en train de ranger tranquillement, respectant la numérotation des livres quand l'accident s'était produit. Il se frotta l'arrière de la tête et fit la moue en sentant la petite bosse. L'après midi se déroula dans le plus grande calme. Reese ne bougea pas d'un poil, ce qui avait étonné Finch, connaissant sa nature agitée. Alors que le soir commençait à tomber, Finch éteignit son système et se tourna vers lui.
-On rentre ? Fit Reese.
-Oui. Sourit Harold.
Ils enfilèrent leurs manteaux et quittèrent les lieux. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent devant la maison. Finch fit quelques étirements légers, ce qui n'échappa pas à l'ex-agent.
-Un peu raide ?
-Un peu. Je pense qu'une douche me fera le plus grand bien.
Reese sourit mais se méfia devant l'air taquin de Finch.
-Voulez-vous partager la douche avec moi ?
-Vous ne préférez pas que je prépare le dîner ?
-Cela peut attendre ?
Il réfléchit puis accepta de suivre son compagnon. Finch déposa sa veste et son gilet dans la chambre et se dirigea vers la salle d'eau. Reese le suivit comme son ombre et ferma la porte derrière lui. Harold commençait à desserrer sa cravate et il fut prit d'un frisson. Il se rapprocha de l'informaticien, qui avait cessé tout mouvement en le voyant bouger, et attrapa le nœud pour le défaire complètement.
-Johna… Souffla Finch.
-N'ayez crainte. Comprit-il. Je veux seulement passer un bon moment au calme. Prononça-t-il d'une voix douce qu'il ne se connaissait pas.
Il déboutonna un par un les boutons de la chemise de Finch et l'écarta. Harold décida de ne pas rester passif et repoussa les bretelles de côté avant de défaire la chemise. Reese continua après lui et retira le maillot. Finch retira le débardeur et ses joues se teintèrent de rouge lorsqu'il fut nez à nez avec la poitrine de John. Reese s'en amusa et s'occupa de nouveau de lui, retirant les chaussures, les chaussettes et le pantalon de Finch, le laissant avec son caleçon de soie, il passa distraitement sa main sur lui, le frôlant. Finch frissonna et en fit de même avec Reese, enlevant le bas. Tous les deux en sous vêtements, Finch se blottit contre lui. Reese se sentit gêné à sentir la tête de Finch, et ses cheveux chatouiller sa poitrine, mais il lui caressa les cheveux d'un geste tendre, acceptant l'étreinte.
Finch se redressa et lui vola un baiser.
-Retournez-vous. Demanda-t-il
Reese lui obéit puis lui montra son dos. Les doigts de Finch se posèrent sur l'attache de son soutien-gorge. Puis les doigts repoussèrent les bretelles et le tissu tomba au sol. John baissa la tête et déglutit avant de remettre son masque d'impassibilité et de faire face à son compagnon. John fondit devant les joues rouges de Finch et ne résista pas à l'envie de l'embrasser. Finch gémit sous son assaut et s'agrippa à lui.
-On devrait aller sous la douche. Fit Reese.
-Oui, terminons de …
Finch ne termina pas sa phrase mais retira son caleçon. Reese retira son shorty et ils furent nus. Ils se glissèrent dans la cabine et Finch régla l'eau, avant de se blottir contre Reese, qui immédiatement, entoura ses bras autour du corps de l'homme. Puis Finch finit par remuer et attrapa le gel douche à portée de main. Il se tourna et sourit. Reese devina ce qui allait suivre et l'encouragea. Finch répandit du produit sur les épaules de l'agent puis frotta doucement les bras. Il remonta et passa au milieu de la poitrine. Se mordant la lèvre inférieure, il posa ses mains sur les seins.
-Pouet ? Se moqua John.
Finch retira instantanément ses mains, cramoisi.
-Allons Harold… je suis toute à vous. Souffla Reese.
L'agent prit les poignets de Finch et le força à reposer les mains là où elles étaient. Finch eut une respiration hachée lorsque Reese glissa ses mains sur les siennes et commença à presser doucement. Secrètement, Reese faisait cela parce qu'il avait eu une nouvelle sensation, quelque chose qu'il ne connaissait pas et il était curieux, il voulait aller plus loin, quitte à exciter son compagnon comme le trahissait son souffle et son début d'excitation. Finch se troubla et relâcha cette partie pour continuer sur le ventre puis les hanches. Reese tendit son bras et prit le gel douche, voulant lui rendre la pareille. Il frotta le dos, prenant soin de ne pas trop appuyer à proximité des cicatrices, puis les épaules, les bras, le torse et le ventre. Il sentit ses joues chauffer en voyant que son compagnon n'était pas insensible… Il nettoya ses mains pour retirer le produit puis doucement, il en posa une derrière la nuque de Finch et l'embrassa chastement dans un premier temps. Puis sentant la frustration de Finch, il accéda à sa demande, scellant définitivement ses lèvres contre les siennes.
Finch se retrouva plaqué contre la paroi de la douche, l'eau continuant de se déverser sur eux. Reese le provoqua. Mais intérieurement, il ne se sentait pas prêt à aller plus loin, à avoir une relation immédiate avec lui. Il ne connaissait pas encore assez son nouveau corps, il avait encore beaucoup à découvrir… Mais il sentait le sexe de son compagnon pulser contre lui. Tout ce qu'il voulait, c'était lui faire plaisir. A bout de souffle il cessa le baiser mais resta contre lui, l'empêchant de bouger. D'une main habile, il prit le sexe de Finch en main, le faisant bondir de surprise.
-Johna…
Reese se rapprocha de son oreille.
-Laissez-moi vous faire plaisir… rien que pour vous…
Finch frémit et commença à haleter sous les coups de main de l'ex-agent. Reese continua à le masturber, ce qui fit perdre ses moyens à Harold, qui se sentait défaillir. Les yeux clos, la mâchoire serrée, sa poitrine se soulevant irrégulièrement, Reese était ravi de voir son compagnon dans un tel état d'abandon. Doucement, il se baissa et donna un coup de langue à l'extrémité. Finch glapit.
-Johna…
Reese poursuivit, jouant avec le membre. Puis progressivement, il le prit en bouche, ne manquant pas de lécher de temps en temps, effectuant des va et vient.
-Oh bon sang… Marmonna Finch.
Reese sentit Finch glisser une main dans ses cheveux et ses hanches suivre les mouvements des va et vient. Reese ne cessa pas alors que Finch le suppliait de ralentir tout en gémissant. Reese le sentit trembler et posa ses mains sur ses hanches pour le soutenir. Soudainement, il le sentit se tendre, sa main se crisper dans ses cheveux et un cri étranglé se fit entendre. John garda la position, avalant toute la semence alors que Finch relâchait ses forces. John se redressa et le retint alors qu'il chancelait. Doucement, il lui caressa le dos, calant sa tête contre son épaule alors qu'il essayait de reprendre son souffle.
-Ca fait du bien ? Chuchota Reese.
-Oh oui… Répondit immédiatement l'informaticien, qui somnolait contre lui.
-Finissons de nous doucher, je pense que vous serez mieux dans un lit pour vous reposer.
Ils terminèrent de se doucher et Reese l'aida à s'habiller. Il noua une serviette autour de lui et guida son compagnon dans la chambre. Finch s'allongea, pas encore remis de son orgasme. Reese esquissa un faible sourire et retourna s'habiller. Il repensa alors à cette chaleur qu'il avait ressentie. Ces petits papillons dans le bas ventre. Qu'est ce que c'était cela ? Troublé, il se sécha et s'habilla rapidement pour aller rejoindre l'homme de sa vie. Il sourit en le voyant endormi et il se glissa dans le lit, se calant contre lui. Dans son sommeil l'informaticien chercha à se blottir encore plus et soupira de bien être. John passa une main tendre dans les cheveux de l'endormi puis finit par le suivre dans son sommeil, oubliant par la même occasion le dîner…
Le lendemain matin, Reese fut le premier à ouvrir un œil. Finch était toujours contre lui, dos contre sa poitrine. Reese s'aperçut qu'il avait passé une jambe par-dessus celles de Finch, comme pour le protéger. Il ne bougea pas, voulant profiter de cet instant de répit. Puis il décida de se lever. Il écarta prudemment sa jambe et se mortifia en voyant une tâche de sang sur le pantalon de Finch. En bougeant, il sentit une gêne à un endroit intime et une douleur lui vriller les reins. Alerté il se redressa un peu brusquement au point de faire remuer le matelas. Il entendit Finch grommeler et il se rendit rapidement dans la salle d'eau pour évaluer les dégâts. Il manqua de s'étrangler en voyant son pantalon de nuit souillé et aussi son sous vêtement.
-Johna ? Fit la voix mal éveillée de Finch. Quelques secondes après, suivi un cri de surprise. Johna ?!
-Je suis dans la salle de bain Harold.
-Vous avez eu un petit accident ? Murmura Finch.
-On dirait.
Il entendit Finch se lever.
-Vous avez prit de quoi vous changer ? Demanda-t-il.
-Non je n'y ai pas pensé. Avoua John.
-Je vous amène cela.
-Merci.
Reese essuya toutes les traces et se mordit les lèvres face à la douleur dans le bas ventre. Qui avait dit que les règles n'étaient pas douloureuses ? Il réceptionna les affaires propres. Il fouilla dans le placard en marmonnant :
-Mais où est ce qu'elles sont ? …
-Vous avez perdu quelque chose ? Questionna Finch depuis la chambre.
-Je ne me souviens plus où j'ai rangé les serviettes ! Il joua le jeu pour ne pas mettre la puce à l'oreille de son patron.
-A leur place habituelle, sous le lavabo.
-Ah oui ! Reese les trouva, s'équipa puis s'habilla. Il trouva la sensation étrange et se tourna pour regarder son postérieur dans le miroir. Comment un tel truc pouvait-il ne pas être gênant et invisible alors que le pantalon était un poil serré ? Il se pinça les lèvres et quitta la salle de bain, prêt. Finch se redressa lorsqu'il le vit et lui offrit un sourire compatissant. Reese le vit se rapprocher de lui avec une plaquette métallisée.
-Vous avez oublié votre pilule hier Johna.
-Désolé.
-Que vous arrive-t-il ? S'inquiéta Finch.
-Rien.
-Vous êtes sûre Johna ?
Reese prit le visage de Finch dans ses mains et déposa un baiser sur ses lèvres.
-Oui, j'ai sûrement eu un moment d'inattention… je ne pouvais pas vous résister hier soir quand vous dormiez.
-Oh voyons… Fit l'informaticien gêné. Evitez d'oublier de la prendre.
-J'y songe Harold.
Finch fila s'habiller. Reese secoua la tête, retira le drap tâché et en mit un propre. Puis il se rendit dans la cuisine… Deux heures plus tard, ils étaient à la bibliothèque. Un numéro venait de tomber et Finch lui donna le maximum des informations qu'il avait pu récolter assez rapidement. Reese quitta les lieux, malgré les douleurs et mena quelques investigations en fouillant l'appartement luxueux du banquier, puis en repérant son lieu de travail. Le bureau étant à proximité des distributeurs de billets, l'ex-militaire s'y rendit et commanda un retrait, tout en accédant au téléphone portable du fonctionnaire. Finch avait rendu la caméra du distributeur aveugle le temps que John passe devant.
Reese revint à la bibliothèque. Tant que l'homme restait au bureau, Finch pouvait le surveiller de loin grâce aux nombreuses caméras de la banque. Lorsqu'il arriva, il trouva Finch debout devant l'imprimante, un dossier cartonné en mains.
-Vous avez de nouvelles informations ? Demanda Reese.
-En effet. Je les imprime comme cela vous pourrez les lire.
Finch termina, classa et tendit le dossier. Reese commença à le parcourir.
-Il a plusieurs comptes ?
-En effet.
-Combien au total ?
-37.
-Autant ?
Reese souleva une feuille.
-Et certains comptes sont sous un autre nom ? Souffla Reese, en suivant son patron, tête plongée dans le dossier.
-Oui.
-Comment les avez-vous repéré ?
-Mr Donnelio a fait les transferts depuis un même ordinateur.
-Il n'est pas très prudent. Jugea t-il.
-Non, mais ce qui est intéressant c'est que chacune de ses transactions a été faites en très peu de temps.
-C'est-à-dire ?
Finch cessa d'avancer et se tourna vers John.
-Chaque transaction s'est faite en deux minutes. Sur chaque compte.
-Quel intérêt de mettre un temps précis pour ça ? Reese souleva une feuille pour accéder à la suite. Finch reprit sa marche, toujours suivi par son agent.
-Il y a des … sommes conséquentes.
-Cela fait quinze ans qu'il a commencé Mme Reese.
-Ou va-t-il chercher des sommes pareilles ?
-C'est ce que je dois encore découvrir. Fit Finch. Il s'arrêta et lança un regard contrarié à Reese. Celui ci releva la tête du dossier et l'interrogea silencieusement en fronçant les sourcils.
-Vous comptez me suivre ? Murmura Finch.
John regarda derrière lui et se mordit la lèvre.
-Non allez-y. J'attends ici.
Finch approuva et entra dans les toilettes des hommes. Reese s'assit sur le rebord de la fenêtre. Perdu. Il ne comprenait toujours pas pourquoi le destin s'était acharné sur lui en le plaçant dans le corps d'une femme ! Il n'avait rien demandé ! Il ferma les yeux. Quelques bribes lui revinrent en images. De lui dans une autre époque. Quand il était homme. Quand il pouvait suivre son patron sans que cela ne le gêne, quand il pouvait encore … Dérangé, il rouvrit les yeux et soupira. Il y avait forcément une explication. Il se replongea dans l'étude du dossier pour se changer les idées.
-Il a des résidences secondaires ? Questionna John.
-Je cherche encore. Répondit Finch derrière la porte.
-Avec tout cet argent, s'il n'en avait pas ce serait étonnant.
-Il n'a fait que placer l'argent mais il ne l'a jamais dépensé.
John se demanda ce que ce banquier avait l'intention de faire avec toutes ces grosses sommes… Il entendit la chasse et de l'eau couler au lavabo.
-Il n'a pas de femme, ni d'enfant. Le reste de sa famille ?
Finch le rejoignit.
-Il a coupé les ponts. Depuis seize ans, il ne parle plus à sa famille. Il semblait proche de sa petite sœur, mais elle est décédée il y a dix-sept ans.
-Cela aurait un rapport avec « sa fuite » ?
-Peut être. Finch se dirigea vers son bureau. Sa sœur était atteinte d'une maladie, la sclérose en plaques.
-Sclérose en plaques ? Ca faisait donc longtemps ?
-Oui, elle l'a contracté alors qu'elle n'avait que dix ans. Elle a eu la rougeole et les médecins ont estimé que sa maladie avait commencé à partir de cette période.
-Je vois.
-Ses parents ont poursuivi les traitements qui existent de nos jours. Mais ils ont cessé sur l'avis médical lors des derniers jours. J'ai découvert que Mr Donnelio a tenté de faire opposition en saisissant la justice. Sa demande a été jugée irrecevable.
Finch s'assit devant ses moniteurs, calant son dos contre le siège.
-Il est fâché contre ses parents ?
-C'est ce que j'ai supposé. Admit Finch.
-Mais ca n'explique pas l'argent.
-Non.
Finch reprit le clavier en mains et demanda à son système de chercher des informations. Depuis qu'il avait automatisé toutes les recherches pour faciliter son travail et le rendre plus rapide, il faisait moins de manipulations, ce qui lui permettait de préserver ses mains et de ne pas se fatiguer davantage.
-Ah. Mr Donnelio a une deuxième propriété, qu'il loue en ce moment.
Finch ouvrit les photos et haussa un sourcil. Reese, voyant ce geste, se mit derrière lui pour voir les écrans.
-Sacrée Villa. Jugea Reese.
-Un peu … ancienne. Mais l'intérieur est moderne.
- A combien s'élève le loyer ?
-1750 dollars par mois. Sans charges.
Reese siffla et se redressa, regardant de nouveau la photo du banquier.
-Il placerait l'argent des loyers sur les comptes ?
-Une partie, mais il ne le fait pas tous les mois. Seulement tous les trois mois.
Reese se rapprocha du tableau, les mains dans le dos, songeur. Il entendit Finch s'agiter derrière et le sentit se rapprocher de lui. Il écarquilla des yeux en sentant les mains de l'informaticien sur une des bretelles qui retenait son pantalon et la serrer.
-Voilà. Jugea Harold.
Reese se mordit les lèvres rapidement avant de reprendre contenance.
-Merci Harold.
Finch allait rajouter quelque chose lorsqu'un bip se fit entendre. Il retourna devant ses écrans et se tendit.
-Mme Reese, un homme menace notre banquier.
Reese pivota rapidement et prit la direction de la sortie, vérifiant la présence de son revolver. Finch lui hurla quelque chose qu'il n'entendit pas. Il était passé en mode guerrier, pas question de perdre un numéro parce qu'il n'était pas à proximité au moment des faits. En cinq minutes, après avoir grillé les feux rouges et doublé une bonne dizaine de véhicule, il se gara dans un dérapage contrôlé. Il quitta sa voiture, furieux, arme chargée en main et pressa son oreillette.
-Finch, donnez moi la position de l'homme.
-Johna vous êtes sûre ?!
-Finch ! Gronda-t-il.
L'informaticien préféra s'exécuter.
-Il est devant le bureau de Mr Donnelio, il braque son arme vers lui.
-Les autres ?
-Ils sont tous allongés au sol Mme Reese.
-Aucune obstruction à l'entrée ?
-Non… Johna vous ne …
Mais Finch n'eut pas le temps de parler, qu'il vit son agent pousser la porte de la banque d'un coup de pied et braquer son arme en direction de l'autre homme. Le braqueur pivota rapidement et manqua le premier tir, qui brisa la vitre de la porte. Reese fit quelques pas, le fixant de son regard froid. Il tira sur l'homme, le touchant à un genou au moment même où il tirait de nouveau. La balle frôla l'épaule de l'agent, mais il évita de justesse qu'elle ne traverse la chair en effectuant un mouvement souple. Mais ce mouvement lui réveilla des douleurs intenses dans le bas ventre et il fit la grimace.
-Johna ?! Fit Finch. Vous allez bien ?!
-Tout va bien, je ne suis pas touché. Marmonna Reese, qui alla ligoter l'homme qui hurlait de douleur, avec une écharpe. Vous appelez Fusco ?
-C'est déjà fait Mme Reese.
-Bien, je l'attends.
Fusco arriva en une dizaine de minutes et se rapprocha de Reese, qui s'était adossé contre le mur.
-Bon alors tu étais encore là au bon moment ?
-A un poil Lionel.
-Ca va ? On dirait que tu as couru un marathon.
Reese marmonna.
-Non, il a juste fallu que je fasse une entorse au code de la route pour venir ici.
-Je comprends mieux pourquoi il s'est produit deux accidents bénins à une minute d'écart.
-Désolé.
-Bon, Johna t'as fais du bon boulot, je prends le relais !
-Lionel ?
-Yep ?
-Nous ne savons pas pourquoi il a tenté de tuer Mr Donnelio.
-Le banquier est votre numéro ?
-Oui.
-Il a eu chaud. Constata Lionel, en voyant l'équipement de l'homme ligoté.
-Oui.
-Bon vas-y. Tu diras à Finch de me tenir au courant s'il trouve ses motivations !
-Je lui passerai le mot. Promis Reese.
-J'ai tout entendu. Fit Finch.
L'ex-agent esquissa un petit sourire et retourna rapidement auprès de son patron. Dès qu'il franchit le seuil du leur repaire, Finch se leva et se précipita vers lui.
-Johna !
-Tout doux Harold, je vais bien.
-Je ne crois pas.
-Pourquoi ?
-Je vous connais, vous avez grimacé en plus.
-Pourtant la balle ne m'a pas touché. Fit Reese, retirant sa veste. En effet Finch remarqua qu'il n'y avait rien et le regarda étrangement.
-Vous êtes pourtant blanc Johna.
-Ce n'est rien.
Finch n'était pas convaincu. Puis Reese vit une lueur dans ses yeux. Celle qu'il avait lorsqu'il comprenait. John fronça les sourcils, attendant la suite. Finch soupira.
-Vous avez mal ?
-Pardon ? Se troubla John, déconcerté.
-Je ne vous ai pas vu prendre d'anti douleur ce matin alors que vous en prenez toujours le premier jour.
Reese tourna la tête, gêné du regard insistant de Finch.
-Vous êtes perspicace.
-Seulement quand c'est vous. Murmura Finch.
Reese ancra son regard dans celui de Finch. Ils étaient si proches, si intimes. L'ex-militaire songea que Finch était différent… C'est fou ce que peut entrainer un changement de genre. Puis il n'aurait jamais eu ces douleurs en étant un homme et donc Finch n'avait pas besoin de s'inquiéter pour cela…
- Venez-vous asseoir Johna.
Reese garda le silence et prit place. Finch alla dans la cuisine et lui ramena un verre d'eau avec un comprimé. John l'accepta volontiers.
-J'ai déjà l'identité du braqueur. Annonça Finch en reprenant place.
-Vous avez été rapide.
-Cela l'est quand il s'agit d'un client de Mr Donnelio, avec des antécédents judicaires.
-Qu'est ce qu'il a fait ?
-Des menaces et du harcèlement moral, mais il n'avait jamais été plus loin.
-Jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi s'en prendre à Donnelio ?
-D'après les dossiers de Mr Donnelio, j'ai pu voir que la femme de Mr Grandlier, le braqueur, a signé des papiers de divorce et elle a récupéré une bonne partie de l'argent grâce au banquier.
-Et il s'en prend à Donnelio pour lui faire payer.
-Oui. Je prépare tout cela pour l'inspecteur Fusco.
Le reste de la journée fut plus calme malgré le fait que Reese s'agitait sur son siège, pas habitué à avoir mal. Finch lui lançait un regard peiné de temps à autre, compatissant. A la fin de la journée, ils rentrèrent et Finch commanda japonais. Ils furent livrés en quelques minutes et commencèrent à manger.
-Vous n'utilisez pas les baguettes ?
-Je n'ai jamais réussi à m'en servir. Se justifia Reese.
-J'ai du mal à croire que vous parveniez à manier vos armes mais pas cela. Plaisanta Finch.
Reese les prit et essaya de les coincer entre ses doigts sous l'œil amusé de Finch.
-Attendez je vais vous montrer.
Finch se leva et vint à ses côtés. Il prit les baguettes et les positionna correctement dans la main de l'agent. Reese eut un court frisson agréable au contact des mains. Au bout de quelques manipulations, l'agent se surprit lui-même en s'apercevant qu'il parvenait à maîtriser les gestes.
-Merci Professeur Harold. Ricana-t-il.
Finch lui sourit en retour. Ils terminèrent de dîner et allèrent se coucher. Allongés, Finch chercha à se blottir contre lui et Reese passa une main dans son dos pour le soutenir. Il écarquilla des yeux en sentant que Finch reposait tout près de sa poitrine et se mordit la lèvre. Bon sang il fallait qu'il cesse ! A cette vitesse, il n'allait plus avoir de lèvres. Il resta de marbre et s'endormit peu après son compagnon.
Le lendemain matin, Reese remua, réveillé par les douleurs au ventre et soupira d'agacement. Finch émergea doucement de son sommeil et leva une tête à moitié endormie vers son agent.
-Bonjour Johna. Vous semblez agitée ce matin ?
-Bonjour Harold. Ca va passer.
-Vraiment ?
-Hum hum.
Finch n'était pas dupe. Il voyait les traits tirés et les cernes de son agent. Il se redressa sur ses bras et bougea. Il glissa une main sous la chemise de Reese et commença doucement à masser. Reese fut troublé par la douceur des gestes de son compagnon, qui prenait soin de lui alors qu'il ne lui avait rien demandé, rien dit. Finch continua puis glissa pour déposer quelques baisers sur le ventre découvert de Reese.
-Harold…
-Ca va mieux ?
-Un peu.
Finch sourit et poursuivi encore un peu pour détendre Reese. L'ex-militaire ferma les yeux et se concentra sur les baisers de son compagnon pour faire fit de la douleur. Puis ils se levèrent, chacun s'habillant pour affronter une nouvelle journée. Reese clipsa les bretelles et vérifia qu'elles étaient bien réglées, repensant au geste de Finch la veille…
Il secoua la tête et descendit à la cuisine, s'attelant à la préparation du petit déjeuner. Il avait absolument besoin de se changer les idées, oublier qu'il était une femme ! Il détestait ce corps ! Les vêtements trop étroits, les douleurs mensuelles, et … ces attentions supplémentaires de Finch qui le mettaient mal à l'aise ! Il donnerait cher pour retrouver son corps d'Apollon et sa masculinité.
-Tout va bien Mme Reese ?
Reese se tourna vers lui.
-Oui, je veille sur la cuisson des œufs.
Harold acquiesça et prit place. La matinée se passa sans encombre, Reese s'occupant de nettoyer ses armes, et Finch faisant une mise à jour sur son système. Reese découvrit une nouvelle fois l'agilité qu'il avait avec ses doigts mais resta neutre, sachant qu'il restait encore beaucoup à apprendre pour lui. Une nouvelle mission tomba en début d'après midi. Lorsque l'informaticien récolta les informations, Reese le sentit se crisper de plus en plus et il comprit.
L'homme, dont le numéro était tombé n'était autre qu'un chef de gang. Agé de 47 ans, il avait de nombreux ennemis et traînait dans les quartiers les plus sensibles de la ville. Il était à la tête d'un réseau pour le moins inhabituel : trafic de matériel informatique, volé au réseau policier de la ville. Finch répertoria les cambriolages récents dans les archives et les locaux des postes de districts et n'en répertoria pas moins d'une vingtaine.
-Pour quelle raison ils cambriolent ? Pour avoir accès aux disques durs et à des informations sensibles ? Questionna Reese.
-Exactement. Ils se sont servis des informations à propos d'un homme. Grâce à l'adresse présente sur son dossier judicaire, ils ont prit contact avec lui. Personne ne sait pourquoi, mais l'homme a été retrouvé mort dans son appartement.
-Une vengeance ? Ou bien aurait-il refusé d'intégrer la bande ?
-C'est une question à laquelle je n'ai pas la réponse Mme Reese.
-Comment vais-je l'approcher ?
-Il va falloir que nous réfléchissions à ce souci.
-Souci ? Vous avez peur que je me retrouve entre deux feux ?
-Vous me connaissez si bien… Murmura Finch, contrarié.
Reese rit.
-Victime ou acteur ?
-J'aurai tendance à dire…victime. Mais nous ne savons jamais comment cela se passe.
-Pourquoi le statut de victime ?
-Il a de nombreux ennemis. Les policiers le recherchent. Puis ses rivaux des autres groupes, qui ont conscience de leur pouvoir.
-Je vois. Il a une adresse ?
-Oui, je vous l'envoi.
-Je vais aller y faire un tour.
-Soyez prudente.
-Comme toujours.
Reese quitta la bibliothèque et se rendit à l'appartement de l'homme. Il ne trouva rien de concret, même le contenu de son ordinateur semblait insignifiant. Il demanda ensuite le lieu de rencontre du gang et il s'y rendit, comme un touriste de passage. Il vit l'homme de l'autre côté du trottoir et fit comme s'il recevait un appel pour ralentir et permettre l'appairage, puis reprit comme si de rien n'était.
-C'est bon Mme Reese, j'ai accès à son portable.
-Vous voyez quelque chose ?
-Il a planifié un rendez-vous ce soir à 20h.
-Y a des infos là dessus ?
-Patientez.
Reese l'entendit pianoter rapidement sur son clavier et sourit.
-J'ai une correspondance avec un autre groupe spécialisé dans la contrebande. Ils veulent faire un échange.
-Et ce n'est pas sûr que cela se passe dans les règles de l'art. Marmonna Reese.
Finch frémit.
Le soir venu, Reese était au volant de son véhicule, armé de ses jumelles, surveillant de loin. Il était sur le qui-vive, prêt à intervenir. Il était paré, ayant son gilet pare-balle sous sa chemise et son arme accroché à la lanière de cuir qu'il avait enfilé par-dessus la chemise. Finch suivait les opérations à distance, donnant des indications en temps réel sur ce qui se déroulait grâce à une caméra installé à l'angle d'une rue. Reese vit un début d'agitation et lâcha ses jumelles. Il attendit la première confrontation et sortit du véhicule. Il marcha fermement en direction des deux chefs de gang qui commençaient à se bagarrer, encouragés par les autres qui les entouraient. Reese leva son arme et visa la caméra volontairement pour que Finch ne voit rien.
-Mme Reese ! S'exclama Finch, outré.
-C'est pour que vous soyez calme .Répondit Reese.
-Mais !
Reese se tut alors que certains prenaient la poudre d'escampette et que l'homme, dont le numéro était tombé, menacé par son rival, était apeuré. John visa les genoux de celui qui avait l'intention de le tuer. Mais dans la foulée, il sentit quelque chose le frapper à la tête et il s'écroula dans un grognement. Un coup lui fut donné dans les côtes et il bascula sur le dos.
-Hey arrêtes c'est une meuf !
-Et alors ? Elle est armée aussi ! Comme un flic !
-Il a raison ! Hurla une troisième voix.
Reese sentit une rage sourde monter en lui. Comment ces hommes osaient-ils critiquer les femmes ? Comment pouvaient-ils croire qu'elles n'étaient pas capable de quoi que ce soit ? Furieux, il tira successivement sur les trois hommes, chacun s'écroulant dans un hurlement. Il se redressa et fut debout rapidement. En voulant se retourner pour avoir le numéro sous les yeux, il fut soudainement projeté en arrière. Il atterrit avec fracas et serra les dents. Tremblant, il arma de nouveau son arme et visa la cheville de l'homme, qui s'écroula. Reese resta au sol, puis, une fois sûr que plus personne ne s'en prendrait à lui, il haleta péniblement et arracha sa chemise pour voir la balle logée dans le gilet. Il toussa et fouilla son pantalon pour trouver son téléphone mais se rendit compte qu'il était inutilisable, brisé en miettes.
-Merde.
Il grogna et, basculant sur le côté, il se redressa péniblement et retourna à la voiture en titubant légèrement. La balle s'était logée au niveau du ventre et donc le choc avait ravivé certaines douleurs, auxquelles il ne s'était pas attendu. Mais ce qui lui importait était de retrouver Finch, tout de suite, pour le rassurer. Il démarra en trombe et arriva à la planque. Il gravit les marches une par une, le souffle court. Finch bondit en entendant ses pas et accouru, ne manquant pas de pousser un cri horrifié en le voyant. Sa chemise déchirée, laissant voir le gilet pare-balles et une partie de son corps firent rougir Finch, qui posa rapidement les mains sur lui.
-Johna ! Mon dieu !
-Le gilet m'a protégé Harold, pas de souci.
-Arrêtez ! Vous souffrez ! S'agaça Finch, la voix moins assurée.
-Je suis tombé, ça arrive.
-Johna !
Finch le poussa vers une chaise et il s'y installa. Il retira son gilet pare-balles et le laissa retomber à côté, se retrouvant donc seulement vêtu de son soutien gorge. Finch regarda le ventre de l'agent, palpant doucement en surface. Un petit bleu commençait à se former et il alla chercher le nécessaire dans la salle de bain. Il appliqua un baume, nerveux et tendu. Reese le laissa faire puis lui attrapa les mains alors qu'il allait ranger la trousse de secours.
-Harold.
Finch fuyait son regard. Reese se leva et l'attira à lui, glissant deux doigts sous son menton, pour le forcer à le regarder.
-Oh Harold…
Il croisa le regard embué de son patron. Reese baissa la tête et soupira. Il était responsable de la tristesse de Finch. Puis prenant son courage à deux mains, il redressa la tête et prit possession des lèvres de Finch, qui se mit aussitôt à lui répondre. La mallette de secours tomba dans un bruit sourd.
-Tout va bien Harold, ça va passer. Rassura Reese.
Reese passa une main dans les cheveux du petit homme et le cala contre lui, humant le parfum de ses cheveux. Il sentit que Finch l'entourait de ses bras et le serrait contre lui. Au bout d'un moment, Reese le sentit se tendre doucement et recula doucement pour voir son expression. Il était rouge pivoine.
-Qu'est ce qui vous arrive Harold ?
-Je … je…
Reese vit que son regard était fixé sur le haut de son corps et sourit.
-Désolé.
-C'est vraiment perturbant. Marmonna Finch en ramassant la trousse de secours. Vous devriez vous trouver une chemise. Balbutia t-il, gêné. Etrangement, John se sentait bien amusé par la situation, mais n'en rajouta pas. Il trouva une chemise neuve et l'enfila aussitôt. Lorsque Finch revint, il était redevenu neutre mais John capta sa démarche différente et sourit. Sourire qui n'échappa pas à l'informaticien.
-Qu'est ce qui vous fait rire Mme Reese ?
-Vous. Répondit-il spontanément
-Moi ?
-Oui.
-Et puis-je savoir pourquoi ? Demanda-t-il, perturbé.
Finch fronça les sourcils en voyant Reese se rapprocher de lui, tel un chat.
-Je n'aime pas trop ce regard.
Reese lâcha un rire doux.
-Allons Harold, ne faites pas votre prude.
John se demanda ce qui le poussait à faire cela. Les hormones ?
-Vous n'êtes qu'un homme après tout.
-Johna ! S'offusqua Finch.
Il recula en sentant que Reese était bien trop proche de lui.
-Que faites-vous Johna…
Reese prit son visage en coupe et l'embrassa doucement, cherchant la langue jumelle. Finch résista un peu avant de rendre les armes et de lui répondre. John sentit un déferlement de sentiments traverser son corps. Puis quelque chose de nouveau… le désir. Curieux de découvrir, d'en savoir plus, il posa ses mains sur le corps de Finch, qui se mit à gémir sous les attouchements et l'assaut de plus en plus violent. Finch glissa ses mains sur le postérieur de John et se colla contre lui. Ils se séparèrent à bout de souffle mais John, déterminé, commença à déboutonner le gilet de Finch. Puis le repoussa en même temps que la veste, ne lâchant pas les lèvres de son compagnon. Finch pivota, recula contre son bureau pour avoir un appui et écarta les bretelles, tirant sur la chemise propre de Reese. L'ex-agent lâcha un petit rire face à la détermination de son partenaire.
-Harold, vous savez que je ne peux pas….
-Il y a une autre solution. Gémit Finch.
Reese sentit ses joues chauffer, comprenant le sous entendu de Finch et reprit son baiser, faisant tomber la chemise qu'il venait de boutonner quelques instants plus tôt. Il savait qu'il était prêt à avoir une relation. Puis il s'attaqua à la chemise de l'informaticien, ne manquant pas de le faire frissonner. Les légers tremblements de Finch firent perdre la tête à Reese, qui commençait vraiment à avoir chaud, la douleur s'intensifia soudainement mais il ne fit guère attention, trouvant la situation bien plus importante. Finch se retrouva sans rien en haut et Reese seulement vêtu de son sous vêtement féminin. Tous deux portaient encore leurs pantalons. Reese éprouva le besoin d'aller plus loin et glissa ses mains entre leurs deux corps, s'attaquant à la boucle du pantalon. Au lieu de défaire le bouton et la braguette, dans un premier temps, il glissa une main à l'intérieur. Finch glapit sous la touche et ferma les yeux, rejetant la tête en arrière, ses jambes tremblantes, donnant l'occasion à Reese de déposer quelques baisers chauds dans son cou.
Brusquement Finch, repoussa Reese et ils changèrent de place. L'informaticien bloqua Reese contre le bureau. Le désir et le plaisir s'échappaient de leurs deux corps. Finch défit le bouton et descendit la braguette de son pantalon, puis son caleçon, qui termina sur ses genoux. Reese lui fit un beau sourire et prit le membre en main.
-Johna…
Il sentit les doigts agiles de Finch défaire son pantalon et il s'en retrouva débarrassé, ainsi que du shorty.
-Harold… S'inquiéta Reese, Cela ne vous ….
-Non. S'il vous plaît. Supplia-t-il.
John comprit sa demande et se débarrassa de ses chaussures avec ses pieds. Puis il se tourna et s'allongea sur le bureau, sur le ventre. S'installant pour ce qui allait suivre. Finch posa les mains à plat sur le bureau, se préparant en frôlant doucement Reese. L'ex-agent glapit. Puis doucement, Harold titilla le postérieur et joua avec. Reese se mordit les lèvres sous les sensations. Finch surveilla ses réactions et glissa doucement en lui. Reese se tendit au début mais au fur et à mesure qu'il s'habituait à la présence de son partenaire, il soupira. Harold effectua quelques va et vient lents, accompagnés de gémissements. Reese sentait le plaisir grandir en lui, son souffle se faisait de plus en plus rapide. Soudainement, il eut du mal à respirer et suffoqua. Harold interpellé par sa réaction, cessa et s'inquiéta.
-Mme Reese ?
Mais pourquoi était-il incapable de répondre aux appels de son compagnon ?
-Johna ?!
Il sentait que Finch le secouait pour le faire réagir, mais sa vue se brouillait au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. Il se sentait bien lourd, ses muscles étaient incapables de répondre aux ordres de son cerveau.
-Johna !
Il ferma les yeux.
-John !
John ? John ? Mais pourquoi avait-il changé de prénom ? A nouveau ? Du moins, il avait retrouvé l'ancien prénom.
-John, réveillez-vous !
Il sentit une main derrière sa tête, puis une autre qui semblait lui tapoter la joue. Mais qui osait le toucher comme cela ? Progressivement, il sentit le sol dur sous son dos. Mais qu'est ce qui se passait encore ?
-John !
La voix de Finch. Il ouvrit les yeux rapidement et se redressa, manquant de cogner l'informaticien qui était penché sur lui. Il fut prit d'un tournis et vacilla un peu. Finch le retint en posant une main sur son bras et son épaule.
-Doucement Mr Reese. Intima Harold.
Reese passa une main sur son visage, les yeux écarquillés, reprenant doucement sa respiration en faisant quelques exercices de concentration qu'il avait appris à l'armée.
-Que s'est-il passé ? Demanda John, une fois calme.
-Vous ne vous souvenez pas ?
-C'est confus.
Reese fronça les sourcils en voyant son corps. Il était redevenu comme auparavant. Un intense sentiment de soulagement l'envahit. Mais il croisa ses jambes et croisa ses bras dessus, se penchant en avant, les yeux clos et surtout pour dissimuler une réaction bien précise. Finch frotta son dos en le voyant faire et lui répondit :
-Nous étions en train de faire la classification des livres. Le temps que j'aille chercher le chariot je n'ai pu qu'entendre du bruit et vous étiez déjà inconscient à mon arrivée. Expliqua Finch.
-Ca fait combien de temps ?
Finch consulta sa montre.
-Une vingtaine de minutes.
Pardon ? Vingt minutes ? Comment avait-il pu imaginer une autre vie en si peu de temps ? Il secoua la tête et sentit une petite douleur derrière la tête. Un livre devait l'avoir assommé.
-Vous semblez contrarié John. Remarqua Finch.
-Ca fait seulement vingt minutes ?
-« Seulement » ?! Pourquoi dites-vous cela ? Murmura Finch, perturbé.
-Je … J'étais ailleurs pendant que j'étais inconscient.
-Que voulez-vous dire ?
John lui expliqua ce qu'il avait vécu. Finch passa par plusieurs émotions, mais surtout par l'étonnement et l'outrance.
-Voyons John ! S'exclama-t-il, une fois que l'agent eut terminé son récit. Comment cela a t-il pu vous venir à l'esprit ?!
-Je ne sais pas, vous savez que je suis tordu des fois ? Plaisanta John.
-Tout de même !
John remarqua les joues rouges de Finch et sa gêne naissante.
-C'est...inconcevable de vous imaginer en … Fit Finch.
-Croyez-moi Harold, je préfère rester un homme ! C'était ….
-Bizarre ?
-Oui. Approuva Reese.
John se releva et Finch se remit sur ses jambes, veillant à ce qu'il ne perde pas l'équilibre après cette perte de connaissance. Mais il rougit violemment en voyant le pantalon tendu de son agent.
-Je… John… Balbutia-t-il.
-Désolé Harold.
-Vous… ne….
-Je ne contrôle pas. Lui assura Reese, gigotant un peu.
-Je vous crois John…Fit Finch, troublé. Vous devriez vous asseoir ou vous allonger quelques minutes.
-Je vais bien.
-Mr Reese, ce n'est pas raisonnable.
-Sauf si vous me tenez compagnie ? Hasarda John.
-Vous connaissant, vous n'allez pas appliquer un repos « correct ».
-Comment ça ?
-Vous allez plutôt chercher à me déstabiliser.
-Et que ca finisse …
-Stop Mr Reese, je vous vois venir !
John ricana doucement.
-Et si pour une fois, je voulais vraiment appliquer la vraie définition du repos ?
-Je ne suis guère convaincu ! Dit Harold, ramassant quelques livres au sol pour les mettre sur le chariot en attendant de réparer l'étagère qui s'était brisée. John se pencha pour aider son compagnon mais reçu une tape sur sa main.
-John ! Allez-vous reposer !
-Et je vous laisserai ramasser ces livres seuls alors que vous m'avez demandé un coup de main ?
-Ca ira. Je ramasse mais je ne ferai rien de plus.
-Alors je vous aide.
-Vous n'abandonnerez pas ?
-Non. Sourit Reese.
-Têtu… Marmonna Finch.
Ils finirent de ramasser les livres et Finch se redressa en soufflant. Il sursauta en sentant Reese derrière lui et qu'il déposait un baiser sur sa nuque.
-Vous aussi vous avez besoin de repos.
-Je vais bien.
-Attendez. John fit mine de réfléchir. Nous avons eu 6 numéros en cinq jours, dont un qui nous a demandé une nuit blanche. Vous avez passé plus de 60 heures assit !
-Je faisais mon travail John. Rétorqua Finch.
-Je sais. Mais l'immobilité prolongée ne vous est pas bénéfique.
Finch frissonna en sentant la main de John suivre la courbe de son dos. Il soupira ensuite.
-Vous capitulez ? Demanda John.
-Très bien. Je vais me reposer avec vous. Vous avez tout intérêt à bien vous tenir Mr Reese ! Quémanda-t-il sérieux.
-Je serais très sage.
-Allons vérifier cela.
Ils se rendirent dans la petite chambre de la bibliothèque. Finch retira sa veste et dénoua un peu sa cravate pour se mettre à l'aise, puis ses chaussures. John retira sa veste et ses chaussures et s'allongea. Finch prit place et se blottit contre lui comme il avait si bien l'habitude de le faire. John l'entoura d'un bras protecteur et huma ses cheveux. Finch s'endormit en quelques minutes, apaisé sous les caresses douces de l'agent et épuisé par les dernières journées agitées.
John songea qu'il préférait nettement ce côté. Il se sentait beaucoup plus à l'aise dans le corps d'un homme et pensa que son voyage de l'autre côté allait lui apporter quelques informations. Tout était toujours bon à savoir sur le fonctionnement d'un corps féminin. Mais il préférait de loin être tranquille et ne pas avoir de douleurs mensuelles, ni un mal de dos à cause d'une poitrine généreuse. Il sourit à ce souvenir étrange. Décidément, il n'était pas prêt à recommencer cette expérience et il allait devoir éviter toute rencontre avec un livre de culture. Il repensa à ce qui s'était produit quelques mois auparavant, lorsque son compagnon avait fait le même style de rêve. Cette fois-ci, cela s'était terminé autrement au réveil. S'il avait aguiché son patron, cette fois-ci et malgré son désir, il s'était retenu, parce qu'il ne voulait en aucun cas forcer son compagnon, ni le fatiguer davantage. Il ferma les yeux et se laissa aller dans un sommeil réparateur.
