~A propos de l'histoire~
Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.
Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à la date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)
Résumé : 19 ans après la chute de Voldemort, le fils aîné de Harry coule des jours paisibles à Poudlard en compagnie de ses amis. Mais quand sa petite vie tranquille fut chamboulée, James S. Potter était loin de se douter que des temps obscurs allaient alors planer sur le monde de la sorcellerie britannique. Quand l'ombre renaît, elle vient parfois de l'intérieur.
Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard
Rating du chapitre : K+
~Aide et correction~
Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.
Ce second chapitre, comme le premeir, a de plus reçu la lecture complémentaire de Crahlo, Sushilcub et de Xabab. Merci à vous trois !
Chapitre 2 :Le rôle du frère
Les élèves descendirent un à un sur le quai traditionnel de Pré-Au-Lard. James suivit la foule et se retrouva finalement à l'air libre. Il sentit aussitôt une douce bise fraîche lui caresser le visage et la senteur que dégageait la flore d'Ecosse monta à son nez. Un sourire prit place sur son visage et il ne put s'empêcher de regarder vers les grands arbres touffus qui s'élevaient non loin, ceux qui cachaient Poudlard de leur champ de vision. Ils étaient à nouveau chez eux. Il tourna son regard vers ses amis et découvrit une Bloom extatique.
« De l'air frais ! s'exclama Bloom. BONJOUR POUDLARD ! »
Son cri fut accompagné des rires d'élèves ici et là, généralement ceux qui connaissaient déjà Bloom et son caractère exubérant. James, amusé, pensa alors à quelque chose et se pencha un instant à l'oreille de Gabriel.
« Hey, je vais voir mon frère, je reviens… »
Gabriel hocha la tête et James commença dès lors à se faufiler dans la foule d'élèves. Il entendit de nombreux « Salut Potter » autour de lui, auxquels il répondait d'un air un peu distrait. Il trouva finalement son petit frère en compagnie de Rose. Et d'un blondinet, qui faisait quasiment la même taille que James.
« Hey, vous deux. Trois, corrigea-t-il aussitôt.
— Tu viens encore embêter Al' ? grinça une Rose un peu méfiante.
— Non, non. Al', détends toi, tu verras pas les sombrals.
— Tu m'avais dit qu'ils sont invisibles. »
James ne savait pas trop quoi répondre. Lui les voyait, mais il n'était pas certain que son frère le puisse, lui. Il avait peur que sa réponse ne devienne mensongère quelque soit le choix qu'il fasse. Il décida de répondre à côté.
« C'est qui lui ? »
Il désigna du doigt le blondinet, qui se tassa dans ses chaussures. Rose eut un air outré et pourtant, Albus l'interrompit dans son entreprise de répondre à James et planta ses yeux verts émeraude, libres de toutes lunettes contrairement à son frère ou son père, dans ceux de James.
« Tu sais, c'est pas poli de montrer du doigt, sourit Albus. Et lui, c'est Scorpius, un ami que je me suis fait dans le train.
— Ah, en voilà une bonne nouvelle ! s'exclama James, joyeux. Scorpius comment ? »
Il vit les trois première années échanger un regard inquiet. Pourtant, ce fut Scorpius qui brisa le silence, avec une voix un peu timide, son regard azur fixant le sol.
« Scorpius Malefoy. »
Le sourire qui avait pris place sur le visage de James fondit aussitôt, remplacé par un air surpris. Puis une expression de dégoût. Malefoy ! Un nom que tout Potter digne de ce nom ne pouvait entendre sans ressentir la nausée ! Son père avait toujours été ennemi avec Drago Malefoy. Et son grand-père ne portait pas non plus Lucius Malefoy dans son cœur.
« Je t'interdis de fréquenter ce type, Al' ! s'exclama furieusement James, faisant sursauter quelques élèves autour de lui.
— Quoi ? s'écria Albus. Mais…
— C'est le fils du pire ennemi de papa ! Tu fraternises avec l'ennemi !
— L'ennemi ? s'étrangla Rose. Ah ah ah ah ! Voilà la meilleure tiens ! Tu te rends compte des bêtises que tu sors James ? »
L'aîné des Potter lui lança un regard noir, auquel Rose répondit sans vergogne. Scorpius était visiblement mal à l'aise et les coups d'œil courroucés de James n'arrangeaient rien. Ce fut pourtant Albus qui sortit de sa timidité et répondit à James.
« J'ai le droit de choisir mes amis parmi qui je veux, James, dit-il d'une voix ferme. Ce n'est pas parce que son père ne s'entendait pas avec papa que je dois détester Scorpius sans le connaître.
— Mais c'est un Malefoy. Un Ma-le-foy !
— Son nom ne fait pas tout, frérot. Des fois, tu devrais oublier que tu es un Potter, ça ferait du bien et à toi et aux autres. Rose, Scorpius, venez. »
Sans attendre la réaction de son grand frère, Albus entraîna ses deux amis avec lui. James resta un moment bouche bée. Son petit frère lui avait tenu tête. Jamais encore il n'avait vu Albus prendre position contre lui comme ça. Et pourquoi il l'avait fait ? Pour défendre un Malefoy !
Rageant, pestant sur son idiot de petit frère qui ne savait décidément pas se trouver de bons amis, James revint du côté de Bloom, Eliot et Gabriel. Autant dire qu'ils lui jetèrent un regard surpris, voire un peu inquiet.
« Qu'est-ce qui se passe James ? s'inquiéta Eliot.
— Ton frère t'en veut ? demanda Gabriel, essayant de capter son regard.
— Il s'est… entiché d'un Malefoy ! » cracha-t-il.
James vit les sourcils de ses trois amis se soulever, prouvant leur surprise. La haine qu'avaient éprouvés Harry Potter et Drago Malefoy à Poudlard leur avait été largement rapportée par James. Autant dire que savoir qu'Albus s'entendait bien avec le fils Malefoy était… surprenant.
« C'est… vraiment tant un problème que ça ? demanda Bloom d'une voix hésitante.
— Évidemment ! s'exclama James, énervé.
— Te bile pas, sourit Gabriel. Un Malefoy, ça va toujours à Serpentard. Et tu l'as dit toi-même : Albus n'a aucune chance d'aller à Serpentard. Je veux bien manger mon caleçon si leur amitié tient s'ils sont de deux maisons différentes. »
Les paroles de son meilleur ami résonnèrent quelques instants dans son esprit. Oui, Gabriel devait avoir raison. Il ne fallait pas s'inquiéter, Scorpius Malefoy allait sûrement filer aussi sec chez les serpents. Et Al'… Soit un Poufsouffle, soit un Serdaigle. Peut-être même un Gryffondor, qui sait ? C'était un Potter après tout !
Un peu calmé par ces paroles, James leva un instant les yeux vers le ciel. Les étoiles brillaient dans la nuit qui s'était doucement installée. Songeur, le garçon se demandait ce que pouvaient bien y lire les centaures. Il avait rencontré Firenze l'année dernière, avec son fils, un certain Echron. Le centaure lui avait dit que les étoiles montraient un avenir tourmenté. James se demandait si c'était vrai.
Il reporta son attention devant lui et suivit ses amis qui commençaient à avancer, descendant du quai pour se diriger vers les calèches. Avec un petit pincement au cœur, James observa les chevaux squelettiques, qui semblaient tout droit sortis d'une imagerie de l'enfer. Instinctivement, le garçon mit sa main contre son bras gauche. Il vit du coin de l'œil Gabriel le regarder d'un drôle d'air. Il tenta de reprendre aussitôt sa mine la plus neutre, mais trop tard.
« Attends… Tu les vois ? lui murmura son meilleur ami à l'oreille.
— Chut, pas si fort…
— Tu as vu mourir qui ? »
Il pouvait lire une curiosité presque morbide dans ses yeux gris. James claqua sa langue dans sa bouche, indiquant clairement qu'il ne voulait pas en parler et monta dans la calèche en ignorant le regard déçu de Gabriel. Il n'allait quand même pas lui raconter le pire souvenir de sa vie, non ? Eliot et Bloom, fort heureusement, n'avaient rien remarqué et étaient occupés à discuter avec Lucia Assertio, une Serdaigle d'origine Italienne. Elle leur fit par ailleurs un petit signe alors qu'ils s'installaient face à eux, auquel James répondit par un signe de tête et un petit sourire. La porte de la calèche fut refermée et ils se mirent enfin en route pour le château.
« Pas fâché d'être enfin de retour, soupira Gabriel en s'asseyant à la table des Gryffondor. »
James devait avouer qu'il était vraiment très heureux d'être de retour lui aussi. La Grande Salle n'avait quasiment pas changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. Les décorations pour le banquet du début d'année étaient les mêmes que celles du banquet de fin d'année – à l'exception du moment où la salle s'était parée de rouge pour fêter la victoire de Gryffondor à la Coupe des Quatre Maisons. Bloom regardait les plats d'or, vides, avec envie. Pas de doute, elle était affamée. Quant à Eliot… Il était à nouveau plongé dans son livre sur les dragons.
« Hey, salut vous quatre ! s'exclama un garçon longiligne et blond. Bien passées les vacances ?
— À merveille, Stan ! répondit James en réponse à son camarade de dortoir. Salut, Sarah.
— Bonjour James, sourit la jeune fille noire qui s'installait à côté de Stan. Vous avez entendu ce qu'a dit Viridian ? Apparemment il va y avoir une surprise à la répartition ! Je suis curieuse de savoir ce que c'est !
— Ça m'était sorti de la tête, murmura Gabriel. D'ailleurs, j'y pense, vous avez croisé Rusard ? Et quelqu'un de vous a entendu parler d'un Julian Keepood ? »
Les seules réponses qu'ils obtinrent furent négatives. Mais James ne s'intéressait pas à ça. Avec des signes de la main, il saluait tous ses cousins. Dominique était plus loin sur la table des Gryffondor, entouré de ses amis de cinquième année. Fred n'était pas très loin, avec les quatrième années. Victoire devait sûrement être occupée à faire la circulation dans le hall en revanche. Quant à Louis, il trônait à la table des Serdaigle aux côtés de Molly. Tous lui répondirent d'un petit signe ou hochement de tête, bien que Dominique semblait par exemple d'assez mauvaise humeur. James ne put vraiment y songer plus que ça, les portes de la Grande Salle se fermant derrière les derniers arrivants. Désormais, il ne leur restait plus qu'à attendre l'arrivée des première années, dans un silence somme-toute relatif.
Il leur fallut attendre une dizaine de minutes, avant que la double porte ne s'ouvre à nouveau, laissant enfin entrer le Professeur Londubat, suivi de toute la file de première années. Avec un grognement, James constata que son frère était toujours entiché de ce fichu Malefoy avec Rose.
« Hey, regardez ! » s'exclama Bloom en pointant du doigt la fin de la file.
James fronça les sourcils. Bloom leur pointait du doigt l'immense silhouette d'Hagrid, facilement reconnaissable par sa taille et sa barbe noire parsemée de gris. Puis, James remarqua enfin ce que la rouquine voulait vraiment leur montrer. Minuscule à côté du géant, se trouvait une jeune fille aux cheveux châtains clair lui tombant aux épaules, les pointes un peu rebelles. Elle avait la main levée au dessus d'elle, s'agrippant à l'immense main de Hagrid qui semblait la guider. Sur les pas de l'étrange duo, les murmures des élèves s'élevèrent petit à petit.
« C'est peut-être ça la surprise dont Viridian parlait, tu ne crois pas ? » lui chuchota Gabriel.
James échangea un regard avec ses trois amis, qui n'étaient pas plus avancés que lui. Leur attention se reporta sur le groupe d'élèves de première année qui s'entassaient désormais devant la table des Professeurs et le tabouret où était déjà posé le Choixpeau. Le Professeur Londubat vint se placer à côté et déplia un long rouleau de parchemin. Puis, il jeta un petit coup d'œil à l'objet magique, lui indiquant que c'était son moment. James rit un instant en voyant plusieurs première années sursauter lorsque le chapeau se mit à bouger. Et il se mit à chanter :
« Pour une nouvelle année à Poudlard
Voici la chanson de vot' Choixpeau.
Qu'importe que je n'sois pas l'plus beau,
Car ici ce soir c'est moi la star.
Sachez que quand je choisis pour vous,
Personne ne me conteste,
Avec moi plus besoin de tests,
Juste votre esprit c'est tout.
Mettez-moi sur vos têtes,
Pour que je vous indique,
Quelle est la maison qui vous rendra unique.
Ceux qu'ont peur de rien mêm' des bêtes,
Qui n'recherchent que l'action,
Alors à Gryffondor seront envoyés.
A Poufsouffle sont rassemblés,
Les amis loyaux et bons.
Si vot' choix va pour Serdaigle,
Alors dites-le sans tabou,
Car ces gens là aiment par-dessus tout,
Le travail fait dans les règles.
Un esprit malin et roublard,
Avide de devenir quelqu'un,
Et être aut' chose qu'un pantin,
Ira sans coup frémir à Serpentard.
Avancez, avancez vers moi,
Vot' bon vieux Choixpeau,
Le plus important du château,
Car à Poudlard je suis le roi. »
Le Choixpeau se tut et les applaudissements polis des élèves vinrent saluer la performance de l'artefact magique. Le Professeur Londubat s'avança enfin, prenant le Choixpeau dans sa main droite.
« Bien, il est désormais l'heure de la traditionnelle cérémonie de la répartition ! déclara-t-il d'une voix forte et chaleureuse. Lorsque j'appellerais votre nom, vous vous avancerez et vous coifferez le Choixpeau magique qui décidera pour vous votre maison. Commençons : Aston Devon ! »
Le premier élève s'avança alors, tout tremblant, pour coiffer le couvre-chef. James poussa un long soupir. Voilà qui s'annonçait ennuyeux. Au moins, quand il était en attente de sa répartition, le stress avait fait passer tous les élèves avant lui en un éclair.
« Hey, regarde à la table des Professeurs, c'est qui ce type ? » murmura Gabriel.
James leva son regard vers la dite table, sans comprendre. Puis, il le remarqua, debout à l'une des extrémités, un grand homme aux longs cheveux noirs de jais lui tombant dans le dos et une barbe de trois jours. Qui lui allait assez bien d'ailleurs. Il était habillé de manière sobre et observait calmement la répartition. À vue d'œil, il devait sûrement être au milieu de la vingtaine.
« Ce serait-lui notre Julian Keepood ? demanda Bloom, en applaudissement distraitement William Basey qui rejoignait les Poufsouffle.
— On va très vite le savoir. »
Discrètement, James sortit de sa robe la Carte du Maraudeur, qu'il déplia sous la table. Il murmura la formule tout en pointant sa baguette sur l'objet magique et jeta un coup d'œil à la Grande Salle, transformée en une bouillie de points et de noms collés les uns aux autres. Mais un sourire prit place sur ses lèvres.
« Bingo ! C'est bien notre homme.
— Bien, maintenant, on connaît sa tête, sourit Eliot. Désormais, deuxième partie de notre investigation : découvrir ce qu'il fiche ici.
— S'il est dans la Grande Salle, je pense qu'il sera introduit pendant le discours, non ? »
Eliot hocha la tête à la remarque de Bloom, indiquant qu'il pensait la même chose. James désactiva la carte et la rangea pendant que les autres Gryffondor acclamaient un nouvel arrivant gonflant leurs rangs. James ne pouvait s'empêcher de fixer d'un air grognon la touffe de cheveux noirs de jais en bataille qui dépassait du groupe de première années, toujours à côté de la chevelure blond platine typiquement Malefoy.
Dans un autre registre, son estomac commençait à faire savoir son mécontentement d'être vide. James échangea un regard avec Bloom, qui ne cessait de soupirer dès lors qu'une assiette vide entrait dans son champ de vision, c'est-à-dire toutes les sept secondes en moyenne. Eliot avait posé son livre et suivait la répartition avec la plus grande attention, applaudissant chaque nouvel élève. Ce qui ne l'empêchait pas de jeter un regard désapprobateur à Gabriel, qui pour s'occuper les mains, alors que lui-même suivait la répartition avec passion, jouait à faire résonner son verre avec le bout de sa fourchette.
« Hey, Madder, tu peux pas arrêter ça ? lui lança une fille de troisième année agacée. Je n'entends même plus Londubat appeler les noms.
— On t'a demandé ton avis ? demanda James d'une voix sèche.
— Potter, je ne parlais pas à toi. Et puis, c'est pas parce que t'es le fils du survivant que tu dois te prendre pour le prince de Poudlard !
— Hey, c'est à moi que tu en veux, ou à James ? intervint Gabriel d'un ton brusque.
— Vous deux en fait, fit une amie de la fille. Vous étiez déjà prétentieux l'année dernière, mais là vous semblez encore plus insupportables. »
James détourna la tête d'un air noble, décidant que ces deux pimbêches n'en valaient pas la peine. Il put cependant voir du coin de l'œil que Gabriel fusillait les deux filles du regard. Il avait cependant fini par reposer sa fourchette sur la table. James soupira et retourna, par dépit, son attention sur la répartition.
« Jasper Harper »
Un garçon aux cheveux bien coiffés s'avança lentement et prit place sur le tabouret. La seule chose que put remarquer James avant que son visage ne disparaisse sous le Choixpeau, c'était qu'il ne semblait pas plus stressé que ça, ce qui était assez rare pour être mentionné. Il se passa une dizaine de secondes avant que le Choixpeau ne rende son verdict.
« Serpentard ! »
James regarda tranquillement les vert et argents applaudir leur nouvel arrivant, tout de suite accueilli par leur Préfet-en-Chef. Viridian, il n'y avait pas à dire, était vraiment quelqu'un de bien. De ce qu'il savait d'ailleurs, il était d'origine sang-mêlée, ce qui rendait son acceptation par tout le monde y compris les rares élèves encore élevés dans le fanatisme pro-sang-pur assez impressionnante.
« Pas trop stressé pour ton frère, James ? demanda soudainement Gabriel.
— Euh… non, pourquoi ça ?
— Mon frère, Rory, m'a dit qu'il avait été aussi stressé que moi l'année dernière quand je suis passé sous le Choixpeau. »
James haussa un sourcil. C'était stupide ! Il ne voyait pas pourquoi il allait stresser pour son frère. Il tourna la tête vers les Serdaigle, cherchant du regard le grand frère de Gabriel. Rory se trouvait au centre de la table, applaudissant Justin Howard qui venait d'être réparti à Serdaigle. James ne le connaissait pas trop, car même s'il venait régulièrement discuter avec Gabriel, il restait assez peu bavard et très discret. Le jour et la nuit avec Gabriel, qui avait toujours une petite pique bien placée à sortir. C'était d'autant plus saisissant que les deux frères se ressemblaient physiquement parlant, les principales différences étant la taille, Rory étant plus grand que Gabriel, et les lunettes que l'aîné portait.
Eliot donna alors un coup de coude à James, captant ainsi son attention. D'un discret signe de la main, il lui indiqua à nouveau la direction du mystérieux Julian Keepood. L'homme échangeait en effet quelques mots avec une forme grise transparente que James reconnut comme étant le Moine Gras, avant qu'il ne se mette discrètement en route, remontant les tables sans qu'aucun n'élève ne fasse attention à lui. Il profita par ailleurs d'une nouvelle nuée d'applaudissements pour entrebâiller la double porte et se faufiler à l'extérieur de la Grande Salle. Les quatre Gryffondor échangèrent un regard un peu perdu. Ils ne comprenaient pas du tout ce que ce type faisait à Poudlard.
« Scorpius Malefoy ! » appela alors le Professeur Londubat.
James tourna aussitôt la tête vers la répartition, si vite qu'il fut surpris de ne pas entendre son cou craquer. Il put observer la chevelure blonde du jeune garçon quitter les abords de celle de son frère, pour s'avancer jusqu'au tabouret. Il prit place dessus, faisant face à la salle qui put observer à quel point il tremblait. James ricana quand enfin Neville plaça le Choixpeau sur sa tête, attendant le « Serpentard » qui allait tout de suite être annoncé par l'objet magique.
Ce qui ne fut pas le cas. À la surprise générale, le Choixpeau resta un long moment silencieux sur la tête du jeune Malefoy. James cligna des yeux.
« Attends, il hésite là ? s'étonna-t-il.
— On dirait bien, murmura Eliot. Il semblerait que notre cher Malefoy possède une personnalité à multiples facettes.
— C'est pas possible ! Un Malefoy, ça va toujours à Serpentard ! »
De nombreux regards se tournèrent vers le jeune Potter dont la voix avait porté assez loin dans le silence relatif qui habitait la salle. Certains étaient amusés, d'autres plutôt sévères. Et comme pour lui répondre, le Choixpeau révéla alors son verdict :
« Gryffondor ! »
Des exclamations de surprise s'élevèrent d'un peu partout dans la Grande Salle. Même certains professeurs affichaient une franche surprise sur leur visage, le professeur Londubat le premier. Pourtant, les Gryffondor ne perdirent pas de temps et se levèrent pour applaudir leur nouveau membre, qu'importe la réputation de sa famille.
James était pour ainsi dire bouche bée. Il n'arrivait à y croire, alors même que Scorpius, d'un pas beaucoup plus détendu qu'auparavant, les rejoignait avec un large sourire aux lèvres. Un Malefoy à Gryffondor ? C'était tout bonnement impossible ! Il devait y avoir une erreur, il n'y avait pas d'autre explication !
FLASH !
Sans comprendre trop ce qui venait de se passer, James cligna des yeux, alors que le Professeur Londubat appelait Eilen Menard. Il tourna la tête tout autour de lui, cherchant la source de cette lumière soudaine qui l'avait aveuglé, pour tomber nez à nez avec un appareil photo pointé sur lui, entre les mains d'un de ses compagnons de dortoir, Octave Halley. Le Gryffondor avait un large sourire aux lèvres, alors que tout le monde autour de lui était hilare.
« Qu'on m'explique ce qui se passe ! s'écria James, vexé.
— Tu aurais vu ta tête ! s'exclama Marta Da Silva. C'était vraiment hilarant !
— Oui, quand je l'ai vu, je n'ai pas pu m'en empêcher, fit Octave en essuyant une larme de rire. Désolé, James.
— Je t'y reprendrais tiens », bougonna le garçon.
Il chercha du soutien du côté de ses amis, mais tous les trois étaient trop occupés à rire avec les autres pour se préoccuper de ses sentiments. James croisa alors les bras contre sa poitrine, furieux d'être ainsi abandonné. Ce n'était PAS drôle. Le pire étant qu'ils semblaient littéralement se contreficher du fait qu'un Malefoy, un Serpentard en puissance, rejoigne les rangs des Gryffondor !
Il reporta son attention sur la répartition, espérant trouver de quoi faire passer son trouble. Une certaine Arya Nott était appelée, une fille de petite taille aux cheveux bruns ondulés. Nott… S'il se souvenait bien, un Edward Nott était ami avec Louis, à Serdaigle. Il tourna la tête vers la table des Serdaigle et la chevelure rousse de son cousin, pour effectivement découvrir à côté de lui un garçon aux cheveux bruns qui avait un air de famille. Il fixait ce qui semblait être sa sœur avec impatience.
« Serpentard ! »
Malgré la maison différente, Edward Nott se leva pour applaudir avec le sourire. Même Louis adressa des applaudissements polis à la sœur de son ami, qui leur adressa un petit sourire malicieux.
« Emmelyn Parker »
Tiens, on était déjà aux P ? James se sentit se tendre un peu. C'était bientôt le tour de son frère. Surpris de sa réaction, il regarda sa main. Elle tremblait. Il stressait pour Albus ? Il secoua la tête, se reprenant. Non, évidement qu'il ne stressait pas pour son frère, pourquoi le ferait-il ? Il avait faim, c'était tout. Et à voir la mine désespérée de Bloom, il n'était pas le seul. Même Eliot mit un instant sa main sur le ventre, laissant passer une petite grimace. James se rendait compte qu'en fait, tout le monde était mort de faim et attendait avec impatience que la cérémonie de la répartition se termine. Les plus vieux avaient d'ailleurs totalement détaché leur attention de cette dernière et discutaient de sujets leur semblant sûrement beaucoup plus passionnants.
James pourtant était de plus en plus tendu. L'appel de son frère par Londubat était imminent. Pasters. Petterson… Pirell. Et enfin…
« Albus Potter ! »
James eut un petit haut-le-cœur en entendant le nom de son frère. Alors que l'attention de la salle venait de se fixer sur ce nouveau Potter entrant à Poudlard, avec les habituels murmures de mise, James regardait son frère s'avancer, le pas mal assuré. D'ici, il le voyait clairement : il était mort de trouille. James , inconsciemment, se mit à serrer le bord de la table entre ses mains. Albus leur fit alors face, s'asseyant sur le tabouret, ses yeux verts cherchant sûrement des têtes connues dans la foule des tables. James trouva juste le temps de lever la main pour lui faire un signe d'encouragement, avant que le Choixpeau ne lui tombe devant le regard. Il ignorait s'il l'avait vu, mais James espérait qu'Albus savait qu'il était avec lui. Les premières secondes passèrent, longues. Puis la première minute. Et les premiers murmures s'élevèrent d'un peu partout, comme à chaque élève que le Choixpeau mettait du temps à placer.
« Tu vas bien, James ? s'inquiéta Rigel Davis, le dernier occupant de leur dortoir et meilleur ami de Léo Kepler.
— Oui oui, répondit distraitement le garçon, incapable de détacher ses yeux de son frère.
— Oh, mais c'est que l'âme d'un grand frère sommeillerait bien en James Potter ? » ricana Gabriel.
James entendit à peine la boutade. Surtout parce que le Choixpeau venait enfin d'ouvrir grand l'ouverture qui lui servait de bouche, provoquant une forte inspiration du jeune Potter.
« Serdaigle ! »
Ce fut une ovation qui s'éleva de la table des bleu et bronzes. James lui-même s'était levé d'un bond, applaudissant à tout rompre son petit frère. Oui, Al' était le premier Potter depuis bien longtemps à ne pas aller à Gryffondor. Mais James était fier, fier que son frère rejoigne une maison pour laquelle il était fait. Il vit Al' tourner un regard vers lui et lui faire un large sourire. Il s'installa finalement à sa table, où il fut tout de suite accueilli par les autres première années et rejoint rapidement par Louis et ses amis, pressés de le féliciter. Rassuré sur l'avenir de son frère, James se laissa retomber sur le banc, un sourire un peu idiot aux lèvres. Un sourire qu'il ne parvenait pas à arracher de son visage et qu'il ne voulait pas enlever par ailleurs.
« Eh bien James, je ne te pensais pas si émotif, commenta Bloom, amusée. Surtout pour ce petit frère que tu adores tourner en bourrique.
— F-Ferme-la, bredouilla James en se sentant rougir.
— Oh, c'est mignon de ta part James, commenta Anastasia Grenchel avec son charmant petit accent de l'Est. Tu devrais laisser ta part sensible parler plus souvent. »
Le garçon ne sut vraiment quoi répondre, ayant soudainement chaud. Afin d'échapper aux regards moqueur de tous ses amis de seconde année, il plongea sous la table prétextant un lacet défait. Dans un coin de son esprit, il nota qu'à l'avenir il lui faudrait trouver de meilleures excuses.
Lorsqu'il se redressa, une fois sûr que toute trace de rougeur avait disparu de ses joues, c'était déjà le tour des Weasley. Cette année comptait deux membres parmi tous ceux qui composaient la famille, à savoir bien évidemment Rose, mais aussi Roxanne, la sœur de Fred qui avait la grande particularité – pour une Weasley – d'avoir les cheveux non-roux. Ils étaient bruns et étaient assortis à sa peau légèrement mâte, comme celle de son frère. Rose fut la première des deux à être appelée.
« Bon, pour la tigresse, je parie Gryffondor, dit James.
— Je pense qu'on va te faire confiance sur ce point », répondit Eliot.
Bien lui en fit. Le Choixpeau cria haut et fort la maison du lion et les quatre amis se mirent à applaudir bien fort l'arrivée d'une nouvelle Weasley dans leurs rangs. Enfin, Roxanne, dernière élève dans les rangs si on ne comptait pas la fille qui accompagnait Hagrid, s'avança et se laissa coiffer du chapeau magique. L'artefact n'hésita pas longtemps :
« Poufsouffle ! »
James haussa un sourcil un peu surpris, tout en se mettant à applaudir. Une Weasley à Poufsouffle, c'était une première selon lui. Il n'eut pas le temps de songer plus à la question. Au centre de la table des Professeurs, un homme de grande stature aux longs cheveux noirs un peu grisonnants et aux traits chaleureux s'était levé. Les élèves échangèrent des regards surpris, ne comprenant pas pourquoi le Professeur Harvey, leur directeur, interrompait ainsi la répartition. Il restait pourtant une élève à répartir ! Les murmures s'élevèrent, malgré l'appel au silence du directeur, qui ne vint que quelques secondes après.
« Calmez-vous, dit-il de sa voix chaleureuse et rassurante. Je sais qu'il reste une élève à répartir. Et c'est très justement pour elle qu'aujourd'hui je vous demande votre attention. Sachez que Séléné Winchester n'est pas une élève comme les autres, oh non. Elle n'a pas eu la même chance que nous avons tous eu. En effet, Miss Winchester est aveugle. »
La dernière phrase provoqua aussitôt un brouhaha monstrueux et des exclamations de surprise d'à peu près tout le monde. James devait avouer qu'il s'attendait à tout sauf à ça. C'était ça leur surprise ? Il était pour ainsi dire… déçu. C'était naze ! Bloom semblait partager son avis tant sa moue était dubitative. En revanche, Eliot était stupéfait. Quand à Gabriel… James fut surpris de voir un mélange de curiosité et de peine mêlées à son visage. Le garçon capta son regard et secoua la tête comme pour lui signifier qu'il ne comprendrait pas. James haussa les épaules. Il s'en fichait.
Le Professeur Harvey leva alors les mains au ciel, appelant à tous de se calmer et d'écouter ce qu'il avait à dire. Les élèves prirent quelques secondes à se taire, sûrement trop excités par cette annonce. À côté de Hagrid, la petit Séléné était tassée dans ses chaussures, tremblante comme une feuille.
« Poudlard n'a encore jamais accueilli en son sein un élève privé du sens de la vision ! déclara Harvey. Et vous n'êtes pas sans savoir à quel point le château peut être inadapté à l'exploration, même pour vous qui pouvez en observer tous ses pièges et ses détours. Poudlard est un labyrinthe des plus étonnant… Certains ne le savent que trop bien. »
James put voir son regard malicieux se poser d'abord sur Fred et Frank, qui répondirent par deux larges sourires satisfaits. Puis, il glissa sur quelques autres groupes d'élèves, avant que ses yeux noisettes ne tombent directement dans les siens. James se sentit rougir un peu.
« Et pourtant, malgré tout cela et en étant au courant de ces faits, Miss Winchester a plus que jamais émis le souhait d'être admise à Poudlard, avec une force de conviction ne laissant aucun doute sur sa détermination. Nous autres Professeurs avons déjà étudié le meilleur moyen pour elle d'assister aux cours de la manière la plus autonome possible. Mais elle aura besoin de votre aide, à tous ! Chers élèves, j'ose espérer que vous aurez à cœur de l'aider à se repérer et lui faciliter la vie du mieux que vous pouvez. Je suis certain qu'importent vos couleurs et celles qu'elle arborera dans quelques minutes, ce sera avec plaisir que vous réaliserez cette tâche. Professeur Londubat, c'est désormais à vous.
— Je vous remercie, Professeur Harvey, répondit le directeur des Gryffondor. Donc : Séléné Winchester ! »
Toujours guidée par Hagrid, la jeune fille s'avança doucement et à tâtons, trouva le tabouret, avant de finalement s'asseoir dessus. James l'observa plus en détail. Il remarqua cette fois-ci que la jeune fille gardait les paupières hermétiquement fermées. Et dans sa main droite se trouvait une fine canne en bois clair, qui devait sûrement l'aider à se retrouver autour d'elle. Le Choixpeau fut placé sur sa tête et le silence se fit. Chacun attendait de savoir où cette élève particulière allait bien pouvoir tomber.
« Gryffondor ! » déclara le Choixpeau.
La table des lions se fondit en de grands applaudissements, accompagnés par ceux plus discrets mais néanmoins existants des trois autres tables. Le Professeur Londubat, bon prince, accompagna la jeune fille, qui arborait un large sourire, jusqu'à la table des rouge et or. James vit que dès lors qu'elle fut assise, elle fut assaillie par les autres première années, sûrement pleins de questions. Il grimaça en la voyant rire d'une remarque de Scorpius Malefoy. Le garçon se laissa retomber sur son banc, ne sachant que trop penser de cette Séléné. Une aveugle à Poudlard ? Comment allait-elle bien pouvoir réussir en métamorphose, à réussir à métamorphoser quelque chose en une autre, sans savoir à quoi ressemblaient les deux objets. Et ce n'était qu'un exemple ! De l'humble avis de James, elle ne tiendrait pas l'année entière, surtout si on comptait le dédale du château.
Le Professeur Londubat enleva alors le tabouret et le Choixpeau, avant de disparaître par la petite porte se trouvant derrière la table des Professeurs. James sentit son estomac grogner de joie. Enfin le banquet allait pouvoir commencer ! Le directeur, après avoir pris le temps d'observer la salle, ouvrit grand les bras.
« Nous voici donc de nouveau réunis pour une nouvelle année à Poudlard ! dit-il d'une voix claire et chaleureuse. Aussi, sûrement êtes-vous affamés. Je ne vous souhaiterais donc qu'une chose : bon appétit ! »
L'annonce fut accompagnée de nombreuses exclamations satisfaites, alors que les plats se remplissaient de mets en tout genre.
« BANZAI ! hurla Bloom en bondissant littéralement sur le plat le plus proche.
— Bloom ! Laisse-en aux autres ! s'exclama Gabriel en tentant de la retenir.
— Peux pas ! Trop faim ! »
James se mit à rire de bon cœur. Oui, il reconnaissait bien là Bloom. Pour sa part, il se contenta de tranquillement remplir son assiette d'un peu de tout ce qu'il avait à disposition rapide, avant de faire honneur au repas.
« Aaaah, soupira Eliot en avalant une bouchée, j'avais oublié que la nourriture de Poudlard était aussi bonne !
— Ma mère est meilleure cuisinière que ça, sourit James en coupant soigneusement sa viande. Mais je dois avouer que c'est pas mal.
— Chanceux. Moi ma mère, c'est une vraie calamité cuisinière. Mon père ne cuisine pas trop mal, mais il n'a jamais le temps de le faire, comme tu te doutes.
— Olivier Dubois est bon cordon bleu ? s'étonna Eulalie Davis, la jumelle de Rigel. Ça ne semble pourtant pas du tout être son genre.
— Qui pensait au début de l'année dernière que cette chère Bloom était du genre à aimer fracasser la tête des gens avec une batte ? » lança innocemment Gabriel.
Alors que les rires de leurs camarades s'élevaient autour d'eux, Gabriel finit la tête dans son assiette, enfoncé dedans par la main d'une Bloom qui tentait d'afficher un air vexé tout en n'arrivant pas à masquer son amusement. Gabriel se releva de son assiette avec de longs spaghettis accrochés aux cheveux et une expression clairement ennuyée, ce qui intensifia encore plus les rires.
« Dites les gars, d'ailleurs, demanda Stanislas Franz en reposant son verre, c'était quoi votre histoire avec Julian Keepood tout à l'heure ?
— Oh euh... commença Gabriel mal à l'aise.
— Victoire a laissé échapper une rumeur à propos d'un type qui s'appelait Keepood, répondit tranquillement Eliot en mentant outrageusement. Vu qu'on en a jamais entendu parler avant, on vous demandait si vous en saviez plus.
— Ce serait pas ce type-là ? »
Toutes les têtes des Gryffondor de seconde année se tournèrent vers la direction pointée par Gwendolyn Murrey. En effet, James put observer le dit Julian Keepood qui remontait discrètement les tables en direction de la table des Professeurs, sans que personne d'autre dans la Grande Salle ne le remarque.
« Le seul inconnu dans la Grande Salle qui n'est pas un nouvel élève ? Yep, y'a de grandes chances, déclara Rigel sur un ton d'évidence.
— J'imagine qu'il sera présenté par Harvey lors de son discours de début d'année, non ?
— Je pense, Stan. Comment Victoire était au courant de ça ?
— Oh, fit James à la question de Léo. Euh… je ne sais pas.
— Ça ne vous est pas venu à l'esprit que Victoire en tant que Préfète-en-Chef obtient des informations auxquelles les élèves n'ont pas accès ? » répondit Eliot en sirotant tranquillement son jus de citrouille.
Si tout le monde hocha la tête, satisfaits par cette réponse, James roula des yeux en constatant que même dans un mensonge Eliot parvenait à le rabaisser. Mais Eliot était tellement doué pour inventer des mensonges de toute pièce. Ou juste manier la vérité de manière à ne pas la dire sans mentir d'ailleurs.
La suite du repas fut une succession d'anecdotes de vacances, qui déclenchaient bien souvent les rires. Bloom, l'estomac enfin plein, avait par ailleurs comme à son habitude captivé tout le monde. Ses histoires déclenchaient sans mal les rires, même des quelques uns réticents à ce sujet. Mais James savait que cela venait surtout de la manière si entraînante qu'elle avait de les raconter plutôt que des anecdotes en elles-mêmes. Sa bonne humeur naturelle était communicative.
Rigel et Léo, qui racontaient alors comment ils avaient échappé à une meute de Lutins de Cornouailles, furent interrompus dans leur histoire par la voix de Harvey qui s'élevait à nouveau dans la Grande Salle :
« Je suis navré de vous interrompre ainsi jeunes gens, mais je crains qu'il ne soit venu le temps tant regretté des discours de début d'année, sourit le directeur. Et j'ai une bien mauvaise nouvelle à vous annoncer en premier lieu. Peut-être certains auront remarqué l'absence d'un personnage parmi nous, une figure de l'école, qui s'était fondu dans le paysage depuis maintenant presque quarante ans… Chers élèves, j'ai le profond malheur de vous apprendre qu'au cours de l'été, notre cher concierge, monsieur Argus Rusard, s'est paisiblement éteint dans son sommeil. »
Un silence d'outre-tombe emplit la salle à cette annonce. Les élèves à partir de la seconde année échangeaient des regards horrifiés. James devait avouer que son cœur s'était arrêté de battre un instant et s'était même serré. Il ne pensait pas que l'annonce de la mort de ce vieux grincheux de Rusard lui ferait une telle impression… Et pourtant, au fond, sûrement le concierge était si lié à Poudlard qu'il n'avait pas imaginé qu'il puisse un jour ne plus être là. Ses parents déjà l'avaient connu. Le jeune Potter jura entendre même quelques sanglots dans ce silence.
« Argus Rusard n'était, il est vrai, pas la personne pour laquelle les élèves possédaient le plus de sympathie, reprit le directeur, en contournant la table des Professeurs pour se mettre devant cette dernière. Et pourtant nous savions tous à quel point Poudlard lui était cher et combien sa présence dans notre bon vieux château était une sensation naturelle. Mr Rusard laissera un vide dans ce bâtiment et dans nos cœurs, un vide qui mettra sûrement du temps avant de se combler. Je vous demanderais, à sa mémoire, une minute de silence… »
Rarement la Grande Salle s'était faite aussi silencieuse. Oui, Rusard n'avait été qu'un vieillard grognon et antipathique pour James. Et pourtant…
« Je vous remercie… Poudlard pleure, mais Poudlard se remettra. Notre château ne peut rester sans une personne pour en prendre soin et veiller à son calme. Aussi, le poste laissé vacant par monsieur Rusard a trouvé une nouvelle tête, prête à prendre la relève. Messieurs, mesdemoiselles, je vous demande d'accueillir chaleureusement notre nouveau concierge, monsieur Julian Keepood ! »
Sous les applaudissements des élèves, Harvey désigna de ses mains la silhouette de Julian Keepood sur le côté de la table, qui s'inclina alors pour saluer ceux sur qui il allait désormais veiller. James, Bloom, Gabriel et Eliot échangèrent un regard satisfait. Voilà enfin un mystère de révélé, le premier de l'année. En tout cas, à son sourire qui avait l'air sincère, Keepood était plus engageant que Rusard. Ne restait plus qu'à espérer que ce n'était pas qu'une façade. James prit le temps de bien mémoriser son visage. Voici donc le nouveau poursuivant qui allait crapahuter dans le château lors de leurs escapades nocturnes… Un nouveau défi de taille s'il en était, puisqu'il semblait en parfaite forme et donc sûrement bien plus rapide que le claudiquant Rusard à la course à pied.
« Continuons ensuite avec des choses plus joyeuses ! s'exclama le directeur, ses yeux se mettant à pétiller. Je veux bien entendu parler… des rappels de règles ! »
Quelques rires se firent entendre dans la salle, à la pointe d'humour réalisée par Harvey. Il posa dès lors son regard sur le duo formé par Fred et Frank.
« Il me semble tout d'abord important de rappeler à certains élèves qui l'auraient oublié, mais aussi aux autres, que la Forêt Interdite n'est pas un lieu de randonnée pour les élèves. À moins que vous ne soyez passionnés par la course poursuite avec des créatures plus ou moins dangereuses, évidemment. »
Nouveaux rires.
« De plus, Monsieur Keepood a souhaité fêter son arrivée par une refonte de certains points du règlement et de la liste des objets interdits. Et pour la première fois depuis de nombreuses années, je dois avouer que cette liste s'est légèrement allégée. Très légèrement. Elle est d'ores et déjà affichée sur la porte de son bureau, mais également sur les tableaux de vos salles communes respectives. Il en est de même pour le règlement intérieur de l'école. Continuons avec un sujet qui intéresse beaucoup de monde, je veux parler du Quidditch ! »
De nombreuses exclamations satisfaites s'élevèrent pour confirmer cet état de fait et James ne put s'empêcher d'agrandir son sourire d'une oreille à l'autre.
« Les sélections pour les équipes des quatre maisons se dérouleront le week-end prochain, soit le samedi 9 septembre, sous la tutelle de Monsieur Busard, notre Professeur de Vol et responsable du Quidditch à Poudlard. Je tiens à rappeler que bien évidemment, les première années ne possèdent pas le droit de postuler. »
Quelques grognements se firent entendre chez les plus jeunes et James était certain que son frère devait soupirer de déception.
« De plus, les inscriptions pour les différents clubs extrascolaires sont d'ores et déjà ouvertes auprès de leurs représentants dans chaque maison. La liste de toutes ces activités et des personnes à contacter se trouve sur les tableaux d'affichage de vos salles communes respectives. Enfin, je vous souhaiterais une dernière chose, à savoir une bonne année scolaire et les meilleurs résultats possibles ! Bonne soirée à vous et profitez bien de votre week-end ! »
Les élèves se mirent à applaudir chaleureusement leur directeur, puis chacun se leva, dans un brouhaha indescriptible. Tranquillement, les quatre amis suivirent leurs camarades de Gryffondor, ignorant les cris de Victoire qui appelait les première années à se rassembler autour d'elle. Ils croisèrent en chemin Sir Nicholas, qui les salua gaiement, avant de les laisser poursuivre leur route. Enfin, ils arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame.
« Mot de passe ? grogna-t-elle.
— Cœur de Lion, fit la voix un peu ensommeillée de Frank. Je l'avais demandé à Victoire », ajouta le farceur à l'intention des autres.
Le portrait pivota et chacun entra les uns après les autres dans leur antre, leur domaine. James sentit son cœur se réchauffer en retrouvant la Salle Commune à l'identique qu'ils l'avaient laissée l'année dernière, toujours aussi accueillante et chaleureuse. Ils traversèrent la pièce pour se diriger vers les escaliers. James, Gabriel et Eliot firent un signe de la main à Bloom qui se dirigea vers les dortoirs des filles, puis montèrent leurs propres escaliers. Leur dortoir avait désormais sur la porte la mention « Gryffondor 2ème années ». Leurs affaires, comme prévu, étaient déjà là et rangées. James alla près de son lit, qui se trouvait entre celui de Gabriel et Eliot.
« C'était une belle journée, hein James ? marmonna Gabriel en enlevant son t-shirt.
— Ouais… Espérons que toutes les autres puissent être comme celle-là. ».
À moitié endormi déjà, James se laissa tomber sur son lit à baldaquin, toujours aussi moelleux. Il enleva doucement ses lunettes, puis marmonna un bonne nuit général à tout le monde. Il était véritablement heureux d'être de retour à Poudlard, songea-t-il juste avant de s'endormir. Poudlard, son royaume.
~Fin du chapitre~
Voici donc le second chapitre. A noter qu'il était à l'origine la seconde partie du premier chapitre, qui a été coupé en deux à la publication suivante. En effet, mes chapitres étaient quand même très longs et même coupés en deux, ils restent d'une taille plus que raisonnable. Heureusement que j'avais prévu l'éventualité d'une coupe en deux de mes chapitres.
Je signale à nouveau que vos retours sont attendus, que ce soit pour me féliciter ou me taper sur les doigts. Surtout que je réponds normalement toujours à toutes les reviews que je reçois (en tout cas, je l'ai fait jusque là). Sachez que même si vous ne possédez pas de compte , vos reviews sont acceptées par le site. Je réponds également à ces dernières, par le biais d'un Google document, dont le lien se trouve sur mon profil.
Je vous remercie de votre lecture et j'espère que ça vous aura plu. ^^
Niv'
