Tous les personnages sont à J.K Rowling dans ce chapitre .

Chapitre 2 :

Racontez-moi s'il vous plaît !

No man shows greater love
Than when a man lays down his life for his beloved

Circles, Flyleaf

_ Racontez-moi, s'il vous plaît.

Lucius fixa le jeune elfe face à lui, hésitant quelque peu. S'il décidait de dire la vérité à l'enfant, beaucoup de vies en seraient changées. Mais s'il ne lui disait rien...le monde deviendrait un véritable Enfer.

_ Viens près de moi,demanda le Roi.

Harry s'exécuta et Lucius fit apparaître des sièges pour tout le monde grâce à sa magie qui lui permettait de contrôler les végétaux. Chacun trouva sa place, hormis le Prince Draco qui préféra rester debout, dissimulé dans l'ombre. Le Reine posa une main réconfortante sur l'épaule de son époux qui émit un soupir las, ne sachant par où commencer.

_ La première chose qu'il faut que tu saches est que seuls Albus Dumbeldore et moi-même sommes au courant de la vérité. Enfin...Il y a bien une autre personne mais...

_ Qui est-ce ?, s'exclama Harry.

_Ton père. Ou plutôt l'un de tes pères.

_ ¨Pardon ?, dit l'elfe brun d'un air ébahit.

_ Je sais que cela est surprenant, mais tu es bien le fruit d'un amour entre deux hommes. Et pas n'importe lesquels. Cela c'est passé il y a longtemps. Il y a 101 ans. A cette époque, il existait encore une très ancienne race d'être magiques. Ils étaient considérés comme la plus puissante population du pays et on les nommaient « Le Saint Peuple ». Ils vivaient au sommet des montagnes, dans un lieu beau et paisible mais impossible à atteindre pour les elfes car les pierres étaient lisses et glissantes. La population de cette communauté avait une grande particularité: chaque individu possédait des ailes. C'est là nôtre plus grande différence puisqu'ils nous ressemble énormément. Ces êtres étaient gouvernés par un Roi nommé Lawrence qui régnait avec noblesse et bonté. On disait de lui qu'il était la perfection incarnée. Pas de haine, pas de malhonnêteté, juste une grande bienveillance et une générosité sans borne. Il était de loin la plus belle créature de ce monde. Il est dit dans nos ouvrages qu'il avait les cheveux aussi blancs que la neige la plus pure et qu'il était impossible de déterminer la véritable couleur de ses iris tant les couleurs y étaient variées. Ses ailes étaient immaculées et une de ses plumes suffisait, parait-il, à guérir les blessures et les maladies. Les Anges avaient un autre atout : qu'ils soient hommes ou femmes, ils avaient tous le don de pouvoir porter la vie.

« Un jour, cependant, la tranquillité de la Cité perdit de son ampleur. Un elfe Sylvain avait réussit à gravir les montagnes. Il était gravement blessé et se nommait James. C'était un guerrier connu pour ses actes de bravoure et de courage. Il était venu combattre avec une armée un peu plus loin et était le seul survivant. Curieux, Lawrence décida de le soigner. James passa beaucoup de temps auprès du Roi, tant et si bien qu'ils tombèrent amoureux. Les jours, puis les mois passèrent, tous plus heureux les uns que les autres. Mais une ombre se profilait au loin. A l'autre bout du pays, Tom, le frère aîné de Lawrence, réussit à s'emparer des Ténèbres et de leurs pouvoirs. Des pouvoirs si dangereux et si puissants que la moitié du pays fut ravagé en quelques jours. Tom n'avait pas toujours été ainsi, cependant. Autrefois, lorsque son père régnait encore sur la Cité, il était aussi adulé et admiré que son frère. C'était un être particulièrement intelligent, beau et très doué en politique. Mais derrière cela, se cachait un enfant blessé. Leur père n'était pas un enfant de cœur. Tom grandit dans la solitude et l'ombre de Lawrence. Il était très discret, ne parlait à personne hormis son frère, et ne supportait pas d'être touché. »

_ Vous voulez dire qu'il a été...abusé ? Demanda Harry avec dégoût.

_ Rien ne le prouve. Seulement son comportement anormal pour un enfant. En grandissant, Tom se forgea une carapace. Aucun sentiment ne filtrait sur son visage, rien ni personne ne pouvait l'atteindre. Le père des eux garçon vint un jour à mourir. Lawrence fut désigné comme nouveau souverain et Tom se mit à brûler de jalousie. Il désapprouvait chaque décision émise par son cadet et cela empira lorsque Lawrence se mit à accueillir des races qu'il qualifiait d' « inférieures ». Une violente dispute éclata entre eux et Tom décida de partir, fou de rage avec l'intention de bâtir son propre royaume. Et il y réussit, malheureusement. Il prit à son service les créatures les plus viles, les plus noires et déclara la guerre à son pays natal. Pour ne pas être tué maladroitement, il divisa son âme en sept parties. L'une fut cachée chez les nains. La deuxième chez les Elfes Sylvains. La troisième chez les Drow. La quatrième à la Cité des Anges. La cinquième fut placée dans Nagini, un serpent énorme et surpuissant qui ne quittait jamais Tom. La sixième était toujours en lui et la septième...fut scellée à l'intérieur d'un nouveau-né. Son propre neveu. Car, oui, Lawrence et James eurent un enfant, un fils. Mi-Ange, mi-Elfe, il était promis à un destin merveilleux auprès de sa famille. Ses parents l'adoraient, tout comme le peuple de la Cité. Néanmoins, un vieil homme vint un jour au Royaume. C'était un sorcier très puissant, un mage, qui avait entendu une prophétie parlant du nouveau petit Prince. Voila ce qu'elle disait :

Je vois l'Enfer,

Une Terre sèche, aride, ravagée par les flammes,

Le sang de nos frères et de nos sœurs répandus sur les armes.

Je vois la chaos et la guerre.

L'orgueil et la jalousie envahiront nos cœurs,

Si l'ange naissant du Haut-Soleil cède à la peur.

Lui seul à la pouvoir de nous sauver, il devra ignorer sa jeunesse,

Afin que nos a^mes ne connaissent ni la peine ni la détresse.

Sacrifice.

Voilà ce qu'il sera et ce qui l'épargnera,

Car le Seigneur des Ténèbres jamais amour ne connaîtra...

Jamais amour ne saura...

_ Que signifie cette vision ? S'enquit Harry en fronçant les sourcils.

_ Que les Ténèbres sont à nos portes, murmura Lucius. Et que l'Ange en question est le seul qui puisse nous sauver.

_ Et pour cela il devra tué ou être tué, n'est-ce pas ?

Le Roi à la longue chevelure blonde acquiesça, fermant les yeux d'un air affligé.

_ Oui. Lorsque Lawrence et James l'apprirent, ils décidèrent de s'enfuir. Mais il était trop tard. L'armée des Ténèbres de Tom était déjà là et saccagea tout. Ils tuèrent femmes, enfants, vieux hommes et vielles femmes. Seulement trois personnes survécurent. James, Lawrence et leur enfant. Mais James, infiniment blessé, avait réussit à fuir avec l'enfant. Lawrence crut les deux amours de sa vie morts et devint presque fou de douleur. Il put compter sur quelques amis afin de le sortir de cet état suicidaire. Il accepta de vivre, mais plus un seul sourire ne vint éclairer son visage. Quant à James et l'enfant, ils trouvèrent refuge auprès des Elfes de Lune ainsi que le vieux mage qui devint le Gardien du bébé.

_ Mais je n'ai jamais entendu parler d'un enf...

Soudain, les yeux d'Harry s'écarquillèrent. Son corps entier se raidit. Sa bouche s'ouvrit sans qu'aucun son n'en sorte. Son souffle se coupa et des larmes apparurent dans ses prunelles vertes.

_ Je...C'était moi... ? Je suis...je suis cet enfant ?

_ Oui, répondit Lucius.

Choqué, Harry resta un long moment immobile. On aurait pu croire qu'il s'enfuirait en hurlant en sachant qu'il devait tuer le plus grand magicien de tous les temps, ou bien qu'il serait prit d'une rage folle envers ses proches qui ne lui avait jamais mentionner un mot sur cette histoire, ou encore qu'il pleurerait toutes les larmes de son corps en réalisant toutes les années qu'il avait perdu à cause de ce mensonge. Mais Harry ne fit rien de tout cela. Il leva la tête vers le ciel, ferma les yeux d'où s'échappèrent quelques larmes et remercia tous les dieux qu'il connaissait pour ce présent qu'ils venaient de lui faire. Ses parents étaient en vie. Ses parents l'aimait. Ses parents ne l'avait pas abandonné par choix, mais par obligation. Oui, Harry ne pouvait être plus heureux.

Peu importe qu'il doive mourir. Peu importe le sacrifice qu'il devra commettre. Car cette part manquante qu'il sentait au fond de son cœur, cet énorme vide, était enfin comblé.

_ Merci, Majesté, sourit Harry toujours en larmes.

Lucius le fixa, ébahi par la réaction de cet enfant.

_ Au fond de moi, j'ai toujours senti que j'étais différent, expliqua Harry. Je savais que j'avais besoin de la vérité pour savoir qui j'étais vraiment et pour pouvoir continuer. Vous m'avez donné cette vérité et je vous en suis infiniment reconnaissant. Alors, Merci.

Lucius eut un léger sourire. Harry était un garçon plein de surprises, tout comme ses parents.

_ Tu n'as pas à me remercier. Il te reste encore beaucoup de choses à savoir et à accomplir pour que tu deviennes enfin celui que tu as toujours dû être.

_ Que voulez-vous dire ?

_ Je t'ai dit que James t'avais emmené avec Albus chez les Elfes de Lune. N'es-tu pas curieux de savoir qui est ton père ?

_ Ça veut dire...que je le connais ?

_ Exactement. Il a toujours été près de toi, même quand tu ne l'apercevais pas. Il te suffit de réfléchir.

Et c'est ce que fit Harry. Il est vrai qu'il n'y avait pas songé tant la joie de savoir qu'il n'était pas orphelin l'avait prit aux tripes. Une personne proche de lui était son père...Une personne avec qui il avait donc passer du temps... Mais le seul homme qui lui venait en tête était...

_ Fàlcon ?, s'écria-t-il.

_ Félicitations, tu as deviné.

_ Mais...on ne se ressemble pas !

_ En es-tu si sûr ?

Le visage de l'elfe brun s'imposa dans son esprit. Ses cheveux noirs, la courbe de sa mâchoire, la forme de ses yeux, de sa bouche...Il est vrai qu'ils avaient beaucoup de points commun, mais pas que physique. Fàlcon était un meneur, un chef d'armée. Ils étaient tous deux des rebelles en quelque sorte, refusant de se plier à un ordre ou à des règles. Et puis il y avait cette conversation...

Flash Back

_Tu sais, il y a un siècle de cela, j'étais Chef de l'armée. Mon rôle était de veiller sur mes soldats, quelqu'un soit le prit. Je devais avoir ton âge et c'était pour moi la plus dure des tâches. Je prenais mon rôle très au sérieux, mais une chose est venu s'interposer entre moi et mon armée. Une chose totalement imprévue et qui sonna ma perte.

_ Qu'est-ce que c'était ?

_ L'amour. Je suis tombé amoureux d'un être beau, généreux, et qui était un véritable Roi pour son peuple. Il agissait avec bienveillance et délicatesse, comme un chef digne de ce nom le devrait. J'ai beaucoup apprit de cette personne. Mais j'étais si obnubilé par elle que j'ai finis par en oublier mes principes. Et la guerre nous est tombé dessus comme une gifle en plein visage. Par ma faute, tous les soldats dont j'étais responsable ont péris jusqu'au dernier.

_ Pourquoi me raconte-tu cela ?

Fàlcon tourna ses profonds yeux bruns vers lui et Harry put y lire une profonde douleur.

_ Harry. Je sais que ce n'est pas facile d'être celui sur qui sont misés tous les espoirs, mais dans ton cas, on se doit de penser à nôtre peuple en premier et oublier tout le reste. Ce sont eux les plus importants car ils sont nôtre avenir. Il suffit d'un faux pas pour que tout bascule, pour que tout soit détruit et pour que tu perdes ton âme. Et sans ton peuple, plus rien ne vaut la peine d'être vécu.

_ Alors comment se fait-il que vous soyez là ?

Fàlcon le regarda un long moment avant qu'un léger sourire doux n'effleure ses lèvres. Il détourna les yeux et ceux-ci se plissèrent en une expression à la fois de souffrance et d'affection, sous le regard intrigué d'Harry.

_ Parce que j'ai trouvé une autre raison de vivre.

_ Qui est ?

Fàlcon émit un rire tendre et ébouriffa les cheveux du petit brun :

_ Peut-être te le dirais-je un jour...

Fin du Flash Back

Étais-ce lui cette raison de vivre qu'avait Fàlcon ? Seigneur...Pourquoi ne l'avait-il jamais deviné ? Fàlcon avait été le seul après Albus à qui il disait tout, le seul qui réussissait à le réconforter ou à le rendre plus fort lorsqu'il faisait des erreurs. C'était si évident...

_ Harry, l'interpella le Roi Lucius.

L'elfe aux longs cheveux noirs leva la tête, encore un peu hébété.

_ Je sais que tu aimerais débattre sur ce que tu viens d'apprendre. Mais nous n'avons malheureusement pas le temps. Tom est de plus en plus puissant et tu es le seul à pouvoir le vaincre. Si tu ne l'arrêtes pas, tout le pays sera détruit.

_ Mais...je...je ne peux pas le faire seul...et je ne sais même pas par quoi commencer..., bafouilla Harry, complètement paniqué.

_ Harry, l'heure n'est plus aux petites mesures. Je sais que tu n'as rien demandé de tout cela et que tu n'es encore qu'un enfant, mais tu es notre dernier espoir.

_ Je...Est-ce que je peux au moins y réfléchir...s'il vous plaît ?

Cela sonna plus comme une prière aux oreilles des personnes alentour, et Lucius ferma les yeux de dépit. Le garçon était trop fragile et trop jeune pour une telle tâche. Il refusait. Sans savoir qu'il les menaient tous à la mort.

_ Narcissa, peux-tu emmener Harry Potter dans sa chambre ?, demanda-t-il à son épouse.

_ Bien sûr. Suivez-moi Harry.

La Reine le fit sortir par une petite porte dissimulée sous de lourdes tentures qui menait à un long couloir de pierres, sombre et humide. Harry suivit la blonde en silence, perdu dans ses pensées...et ses angoisses.

_ Vous savez Harry, retentit alors la voix de la reine, Mon époux et moi-même étions des amis de vos parents. Nous avons assisté à leur rencontre, à leur amitié, à leur amour, puis à leur séparation. Nous les aimons énormément. Avez-vous vu les deux elfes aux cheveux noirs près de Lucius ?

_ Oui, Altesse.

_ L'un d'eux, Sirius, était le meilleur ami de James qui se fait appelé Fàlcon d'après ce que je viens d'entendre. Sirius est votre parrain. L'autre, Severus, était le plus proche ami de Tom.

_ Un ami ? Mais...n'est-il pas un traître dans ce cas ?

_ Oh non ! Loin de là ! Severus n'était pas que l'ami de Tom. Il était également son amant. Personne ne l'a jamais su, mais ils s'aimaient réellement.

_ Alors pourquoi Tom est-il si mauvais ?

_ Nous l'ignorons. Severus nous a raconté que Tom a changé d'un seul coup. Il devint dur, froid, amer. Et personne ne comprit. Au fil du temps, Severus crût qu'il était devenu fou. Il devint même cruel envers lui. Il l'a fait souffrir, beaucoup souffrir. Il l'effrayait. Alors, Severus décida de partir se réfugier ici.

_ Il connaît donc bien Tom ?

_ Mieux que quiconque. Harry, Tom ou Voldemort, a eut un énorme impact sur tout le monde. Même sur toi. Il est ton oncle après tout et tu as en toi une part de lui. Même si tu refuse de le combattre, sache que cet homme est dangereux et qu'il a tué de nombreux habitants de ton village. Si tu ne veux pas le battre pour le monde, alors bat-le pour toi-même. Car il te fera sombrer.

Narcissa s'arrêta devant une épaisse porte de bois qu'elle poussa et qui s'ouvrit sur un escalier en colimaçon. Sa main se posa sur une pierre en particulier, et le mur coulissa, montrant une chambre très simple mais confortable.

_ Voici ta chambre. Je te conseille de ne pas en sortir, on ne sait pas vraiment de quoi Tom est capable. Tu recevras de la visite bientôt.

Harry hocha la tête, silencieux. La Reine s'attendrit, songeant qu'il était fort injuste qu'un si jeune elfe soit la cible de tant de malheur. Doucement elle prit le visage juvénile du brun entre ses mains et déposa un léger baiser sur le front tatoué.

_ Tu ne seras pas seul, Harry. Ne crois jamais cela, tu veux bien ?

L'elfe acquiesça et Narcissa le laissa à ses sombres pensées.

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La nuit était tombée depuis des heures maintenant. Et depuis que la Reine Narcissa l'avait mené à sa chambre, Harry n'avait pas arrêté de pleurer. Recroquevillé dans un coin, la tête posée sur ses genoux repliés, il était déchiré entre deux choix. Celui de se battre pour son pays et son village tout en étant conscient qu'à la fin il mourrait, ou celui de se retirer et de se faire tuer dans les jours qui viennent.

Comment prendre une telle décision ? Comment osaient-ils lui demander cela ? Tué ou être tué...Il venait juste de savoir la vérité ! Il venait 'apprendre que ses parents étaient en vie et on voulait déjà les lui prendre ? Bon Dieu, il n'était encore qu'un enfant aux yeux de la population elfique ! Et Volemort était son oncle...Certes il avait pris de nombreuses vies, mais qu'y pouvait-il ? Comment faire face à tout ça ? Comment continuer à vouloir vivre lorsque vous savez que, quoiqu'il arrive, la Mort vous attends au prochain tournant ?

Harry ne s'était jamais senti aussi vulnérable, aussi jeune et aussi seul qu'aujourd'hui . De plus, personne n'était venu lui dire si son peuple était en sûreté. Il était inquiet, effrayé, triste, perdu. Et personne n'était là.

Un sanglot lui brûla la gorge tandis que l'image de son grand-père s'imposait à lui. Car oui, Albus était et resterait son grand-père, quoiqu'on en dise. Toutes les fois où ils s'étaient disputés par sa faute lui revint en mémoire. Il avait été injuste, cruel, à lui reprocher des choses qui n'étaient pas du ressort du vieil homme. Il les avaient tant aidé, avait tant fait pour lui et ses parents...Et Harry n'avait pensé qu' à l'injustice de sa situation, il s'était comporté comme un enfant capricieux et égoïste...

Tout comme maintenant. Mais la situation le terrifiait. Il était tétanisé de peur, incapable de prendre la moindre décision. Il allait mourir...C'était une constatation inéluctable, une fin préméditée depuis un siècle. Il n'était pas prêt pour cela. Il ne voulait pas mourir, pas encore. Il n'avait pourtant pas le choix.

Un gémissement de bête blessée franchit ses lèvres lorsque cette pensée traversa son esprit. Il allait mourir.

Les elfes ne craignaient pourtant pas la mort car ils savaient que lorsqu'elle viendrait, ils auraient accomplis tout ce qu'il y avait à accomplir. Ils n'avaient plus qu'a l'attendre, à fermer les yeux entre ses bras, sereins et satisfaits de la longue vie qu'ils avaient mené. Néanmoins, Harry, lui, n'avait encore rien vécu. Il n'avait pas vraiment d'amis, ou du moins pas de son âge, n'avait rien vu de ce beau pays qu'était le sien. Il ne connaissait les populations alentour que grâce aux livres qu'il avait lu ou grâce aux récits de voyages des habitants de son village. Lui qui voulait tant donner, tant savoir, n'avait eut le temps de rien. Même pas celui d'aimer.

Le son de la porte s'ouvrant ne réussit même pas à le sortir de ses sombres pensées.

Fàlcon, James à nouveau, entra dans la chambre silencieuse. Elle n'était pas très grande, mais assez luxueuse comparé à ce que les elfes de Lune avaient l'habitude de voir. Le sol en parquet ciré brillait et reflétait la lumière de la lune, diffusée par l'immense fenêtre à sa droite. Un tapis rond de couleur beige trônait au centre de la pièce tout comme le bureau en bois de cerisier et la chaise qui l'accompagnait. Sur la gauche de ce bureau se trouvait une petite commode de couleur foncée, où était posée un vase remplis de fleurs. Le reste de la pièce était coupée par un vaste paravent fait entièrement en bois également, agrémenté de lierre et de clématites. De l'autre côté de ce paravent se trouvait deux tables de chevets ainsi qu'un lit, lui aussi en cerisier, dont les lourdes tentures blanches traînaient presque au sol. C'était lumineux, fonctionnel et simple.

Mais James eut beau détailler la chambre, aucune trace d'Harry. Jusqu'à ce qu'un pleur ne le fasse se retourner. Son fils était là, prostré dans un angle de la pièce, à peine visible dans toute cette ombre. L'homme détailla le fruit de ses entrailles, les membres tremblants et les larmes au bord des cils.

Avec un sourire amer, James se répéta à lui-même que l'enfant ressemblait énormément à Lawrence. Les mêmes joues rondes, un peu enfantines. Les mêmes grandes prunelles vertes pour lesquelles vous pourriez vous mettre à genoux tant elles étaient belles. La même texture de cheveux, le même grain de beauté au creux du cou, les mêmes doigts longs et féminins, tout comme les cils qu'ils avaient tous deux longs et noirs.

Harry ne semblait pas l'avoir entendu. Lentement il s'approcha et s'accroupit juste en face de son garçon. Il grimaça lorsqu'il constata qu'il tâchait le parquet avec ses habits plein de boue et de sang. Sa gorge se serra et ses yeux le piquèrent face à l'émotion qu'il ressentit soudain. Certes, il avait vécu près de son enfant depuis près d'un siècle. Mais il n'était pas encore vraiment son fils. Une distance les séparaient tous les deux depuis bien trop longtemps. A présent qu'il savait la vérité, Harry n'avait plus qu'à choisir entre détruire la barrière ou la rendre plus solide.

James avança une main fébrile vers Harry qu'il posa tendrement sur le haut de son crâne, caressant les très longues boucles ébènes.

Il a vraiment les cheveux de Lawrence, songea-t-il, bien que la couleur soit de moi.

Harry leva la tête, faisant découvrir ses yeux rouges et ses joues striées de larmes. En le voyant, il eut d'abord un léger mouvement de recul. James était presque entièrement recouvert de sang. Mais aucune blessure n'était visible sur la peau découverte, ce en quoi il était reconnaissant. Manifestement, ce sang ne lui appartenait pas. Il plongea dans le regard brun et chaud de son père, un peu étonné des larmes qu'il y trouva. Aussi loin qu'il se souvienne, il était très rare que Fàl-James- ne montre ses sentiments. Mais il est vrai que pendant toutes ces années, l'elfe n'avait fait que jouer un rôle.

_ Tu es revenu ?, souffla Harry en le dévorant du regard.

_ Oui, dit James d'une voix très douce. Nos compagnons sont ici eux aussi, ainsi qu'Albus.

_ Comment va-t-il ?

_ Plutôt mal, j'en ai peur. Nous avons réussit à nous enfuir, mais sur la route, une deuxième armée nous est tombée dessus. Albus nous a dit de nous enfuir, qu'il les ralentirait, qu'il serait une diversion idéale. Je n'avais pas le choix. J'ai emmené le peuple en sûreté, puis je suis retourné chercher Albus. Il est gravement blessé, Harry. Et très vieux. Il a usé beaucoup de sa magie.

_ Non, gémit Harry. Non, non...Je ne veux pas qu'il meurt...Pas maintenant !

_Chut, Harry..., chuchota James en prenant son fils dans ses bras. Tout va bien aller...

Ses paroles sonnaient tellement creux ! Bien sûr que rien n'irait bien. Mais il avait son enfant dans les bras, sa chaleur contre son ventre, ses larmes glissant dans son cou...C'était égoïste, injuste, même terriblement cruel à ses yeux, mais il ne pouvait s'empêcher d'être heureux.

_ Harry, yondo, lasta asta*.

Le jeune elfe fixa son père avec un air si triste et perdu que le cœur de James se serra. Mais Harry avait besoin de force, d'espoir, pas de douces paroles et de mensonges.

_ Tu es le Chef de nôtre communauté. Tu es mon fils. Tu es celui qui doit tuer le Seigneur des Ténèbres.

Harry ouvrit la bouche, l'air déchiré mais James lui coupa la paroles.

_ Non, laisse-moi parler ! Je sais que tu as peur. Je sais que tu ne veux pas mourir. Et pour tout te dire, j'espère que je serais mort avant toi car je ne supporterais pas de te voir être tué. Mais notre monde tout entier dépend de toi. Le village, Albus, ton père, moi ainsi que les autres populations...Dis moi que nous n'avons pas souffert pour rien. Dis moi que nous ne nous sommes pas battu en vain. Je sais que la mort t'effraie. Et si cela ne tenait qu'à moi,, il y a longtemps que je t'aurais enfermé à double tour dans une pièce afin que personne ne puisse te faire du mal, et pour te préserver de cette stupide prophétie !

James se calma, des larmes brûlant ses paupières closes tandis qu'il baissait honteusement la tête. Harry le regarda avec étonnement mais se tut, écoutant religieusement chaque mot prononcé.

_ Mais tout ceci ne dépend pas de moi, continua son père. Pendant que nous te gardions jalousement auprès de nous, d'autres personnes mourraient, ou étaient torturées. Je t'aime plus que tout, Harry. Mais c'est ton destin. Et personne n'échappe à son destin.

_ Tu resteras avec moi ?, demanda Harry d'une voix étranglée.

L'aîné entoura de ses longues mains tannées le visage de son enfant, accolant leur front avec un amour débordant dans les yeux.

_ Oui. Jusqu'à la toute fin...

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Harry, yondo, lasta asta*= Harry, fils, écoute-moi.

Et voilà le deuxième chapitre ^^. Laissez-moi des commentaire s'il-vous plaît.