~A propos de l'histoire~

Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.

Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)

Résumé : La paix. C'est tout ce qu'a connu cette nouvelle génération de sorciers, vingt ans de paix. Pour eux, les deux Guerres des Ténèbres ne sont que des faits Historiques lointains, qui ne sont bons qu'à être énoncés par l'inlassable professeur Binns.
James S. Potter et Gabriel Madder sont de cette génération et pensaient pouvoir vivre une vie tranquille aux côtés de leurs amis, profiter de leur jeunesse. Mais ils apprendront que même sans Mage Noir pour terroriser la population, leur vie ne sera pas forcément sans le moindre problème.

Et qui sait ? Peut-être que l'ombre plane, bien plus proche qu'ils ne peuvent se l'imaginer.

Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard

Rating du chapitre : K+


~Aide et correction~

Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.


Chapitre 4 : Case blanche

« DEBOUT TOUT LE MONDE ! hurla la voix magiquement amplifiée de James. AUJOURD'HUI EST UN GRAND JOUR ! CELUI-OÙ… »

Il ne termina pas sa phrase, se prenant un magnifique coussin en pleine face, qui le fit tomber de son lit dans un bruit sourd. Gabriel, encore un peu endormi, se redressa sur ses coudes et tourna la tête vers le lanceur. Le visage contrarié, Stan se frotta les mains, avant de se laisser retomber dans son lit.

« Celui où James Potter a été terrassé par un oreiller… Maintenant on peut retourner dormir », grommela-t-il.

Ce commentaire fut suivit par quelques rires provenant des compagnons du dortoir des Gryffondor de deuxième année, renforcés par la vision d'un James un peu hébété par ce coussin reçu dans la tête. Gabriel avec un sourire, songea que décidément, James n'arrêtait pas d'être pris pour cible par les oreillers depuis ce début d'année. Il bailla ostensiblement, puis rabattit ses couvertures sur le côté, afin de se lever et de se diriger vers son meilleur ami. Gabriel lui tendit alors la main pour l'aider à se relever de ce sol en bois qui devait être singulièrement inconfortable.

« Sélection de Quidditch ? demanda-t-il.
— Alléluia ! fit James en joignant les mains et en levant les yeux au ciel. Enfin quelqu'un qui me comprend !
— On avait comprit James, mais c'est pas une raison pour réveiller tout le monde un samedi matin a six heures et… SIX HEURES ET DEMIE DU MATIN ! »

Le hurlement d'Octave fut celui qui termina de réveiller tout le monde. Et autant dire que James dut vite fuir le courroux de ses camarades de dortoir, furieux de ne pas avoir pu profiter d'autant d'heures de sommeil qu'ils ne l'auraient souhaité. Le Quiddicth c'était bien beau, mais pas au prix de leur sommeil ! Gabriel lui-même, après la révélation de cette heure bien matinale, avait eu une lueur meurtrière dans les yeux, ce qui était sûrement ce qui avait poussé James à déguerpir au plus vite, à peine habillé.

Avec son départ, le dortoir se retrouva d'un seul coup beaucoup plus calme. Gabriel observa un peu ses quatre autres camarades s'étirer et sortir de leur lit, l'air fatigué imprimé sur leur visage. James y avait été un peu trop fort et lui-même se sentait assez épuisé. Il lui faudrait sûrement attendre son café pour être vraiment réveillé. Il se laissa tomber sur son matelas et ne put réprimer un bâillement des plus ostensible.

« James commence vraiment à m'agacer, grogna Stanislas en se redressant sur son lit.
— C'est bon Stan, il a fait ça pour rire, dit Gabriel d'un ton apaisant.
— Tu peux parler Gabriel, toi aussi tu es chiant à nous réveiller de temps à autres de la même façon !
— Houla, tu t'es levé du mauvais pied toi ! fit Léo. Va donc prendre une bonne douche, ça devrait te faire du bien. »

Stan marmonna dans sa barbe, mais s'exécuta malgré tout, disparaissant derrière la porte de la salle de bain. Gabriel et Eliot échangèrent un regard un brin étonné, avant de hausser les épaules de concert. Mais cela restait quand même étonnant, sinon troublant.

« Oh, ne le prenez pas comme ça, minimisa Rigel en remarquant leur dialogue muet. Vous connaissez Stan, il s'agace pour pas grand-chose, mais ça ne dure jamais bien longtemps.
— J'espère, je n'aimerais pas qu'il se mette à nous détester.
— Tu te fais trop de soucis Gaby », rigola Léo

Il se retrouva avec un oreiller dans la figure, « Gaby » détestait qu'on l'appelle comme ça. Cela n'enleva pas du tout son sourire, bien au contraire. Léo renvoya l'objet à Gabriel, qui avec ses réflexes amenuisés par le manque de sommeil, ne parvint pas à l'attraper au vol. L'oreiller termina donc mollement sa course sur le lit.

« Je pense que Stan n'a surtout pas apprécié de se faire réveiller à cause des sélections, ajouta Octave d'une voix songeuse. Vous savez tous son avis sur le Quidditch.
— Pas de chance pour lui qu'il se soit trouvé dans le même dortoir que James alors, statua tranquillement Eliot. Bref, vu qu'on a le temps avant d'aller manger, faut que je vous demande, je peux vous piquer vos notes d'Histoire de la Magie ?
— Pitié Eliot, on est en week-end ! invoqua Gabriel en levant les bras au ciel.
— Peut-être, mais reste que nos cours sont remplis de trous, à cause d'une certaine personne dont je ne citerais pas le nom. Et je compte bien avoir de meilleures notes que l'année dernière ! »

Gabriel roula des yeux, mais ne pouvait s'empêcher de ricaner dans le même temps. Eliot était un très bon élève et c'était lui qui les encourageait toujours à travailler. Mais s'il y avait bien une matière dans laquelle il était mauvais, sinon pire que ça, c'était bien l'histoire de la magie. Aussi incroyable que cela pouvait paraître, Eliot avait obtenu l'une des notes les plus basses de tous les élèves de leur promotion dans cette matière et ce n'était pas faute d'avoir étudié.

Octave fouilla un instant dans ses affaires, avant d'en ressortir quelques décimètres de parchemin, roulé et noirci d'encre. Il traversa la pièce en faisant un peu grincer le plancher, contournant le poêle, pour venir donner ses notes de cours à Eliot.

« C'est tout ce que j'ai réussi noter, j'espère que ça te suffira.
— C'est surestimer les capacités de notre Eliot. »

Nouvel oreiller volant, qui termine cette fois sa course sur la tête de Gabriel. Cela n'atténua pas son rire bien au contraire. Le jeune Dubois détestait qu'on lui pointe ses faiblesses. Et c'était tout de même très drôle et assez rare d'ailleurs de le voir piquer un fard.

Gabriel et Eliot finirent tant bien que mal par se traîner jusqu'à la Grande Salle. L'heure était encore matinale, mais elle était déjà plus correcte que celle à laquelle ils avaient été réveillés et quelques élèves étaient déjà attablés. Parmi eux, James, qui ne parvenait pas à réprimer son large sourire, même sous les regards noirs que lui lancèrent ses deux amis. Le garçon était d'une bonne humeur absolument éclatante, presque vexante comparée à son état pitoyable de la veille.

« Allez, soyez pas grognons ! Je veux que tout soit parfait aujourd'hui !
— Des fois, je me demande où tu pioches toute cette énergie », murmura Eliot en se servant un verre de jus d'orange.

Gabriel était encore un peu dans les vapes et tentait tant bien que mal de se servir son café, dans l'espoir que le précieux liquide noir lui permette de se réveiller l'esprit, car à l'heure actuelle, il n'y avait bien que son corps qui était sorti du sommeil. Et encore, à la lumière de ses mouvements malhabiles qui résultèrent en un plat de toast totalement renversé sur la table alors qu'il essayait de se saisir de la cafetière, cette certitude ne lui semblait peut-être plus aussi véridique. Quand enfin il porta sa bouche à sa tasse, pouvant enfin boire son café – noir aujourd'hui –, il ne put retenir un soupir de contentement.

« Toi et ton café, une vraie histoire d'amour, ricana Eliot.
— Je me suis toujours demandé comment tu pouvais aimer ça, ajouta James dans une grimace de dégoût.
— Vous savez pas c'que vous manquez, répondit Gabriel dans son soupir de satisfaction.
— Et tu devrais éviter de trop en boire, ajouta une voix dans son dos. Tu pourrais en devenir accro. »

Le jeune Madder se retourna aussitôt, avec une expression amusée aux lèvres. Debout à côté de leur table se trouvait un garçon qui ressemblait fortement à Gabriel, si ce n'était pour ses lunettes et son âge. Rory Madder accordait à son petit frère un regard bienveillant. Le Gryffondor et le Serdaigle s'étaient toujours bien entendus, même s'ils n'étaient pas aussi proches que pouvaient l'être les Potter par exemple. Mais à voir les disputes qui secouaient parfois les deux frères, Gabriel se disait que c'était peut-être plus sage au fond. Rory fit un signe de la main au groupe d'amis, un sourire tranquille aux lèvres. Il reprit alors la parole :

« Comment allez-vous tous les trois ? Pressés d'assister aux sélections ?
— D'y participer ! rugit James, enjoué.
— Attention aux cognaaaaards ! » intervint alors une autre voix.

Une masse rousse sauta sur James, avant qu'il ne puisse l'empêcher de le faire. Bloom avait sortit son ton de folle furieuse et tournait désormais autour de James comme un vautour, avec des mouvements de mains vraisemblablement piqués aux grandes voyantes. Autant dire que tout le monde se mit à rire de bon cœur.

« Les cognaaaaards sont dangereux Jimmy, ils sont partout, ils vont te faire mal… Au secours, au secours, sauvez le pauvre Jimmy !
— Bonjour à toi aussi très chère amie, soupira James, qui était malgré tout amusé par ce manège. Et ne m'appelle pas Jimmy, veux-tu ?
— C'est elle ta fameuse batteuse ? demanda Rory à son frère.
— Oui, confirma Gabriel. Bloom Finnigan. Elle ne le paraît peut-être pas, mais c'est une tueuse en puissance, capable de te démolir la cervelle à grands coups de Cognards. Ou avec sa batte, c'est au choix.
— N'oublions pas aussi qu'elle peut te tuer par manque d'oxygène à force de te faire rire, ajouta Eliot.
— C'est vraiment un autre monde Gryffondor… Et… Pour ce qui s'est passé hier ? »

Gabriel se renfrogna. Il savait qu'il faisait mention de ce qui s'était passé avec James, après tout c'était le sujet de conversation actuel. Mais il savait également qu'il faisait référence à sa propre peur, qu'il connaissait bien évidemment. Gabriel grogna.

« J'm'en sortirais.
— Que ça te travaille autant après des années n'est pas bon signe, ça cache quelque chose de plus gros, réfuta Rory. Tu devrais ne pas garder ça pour toi.
— Quand j'aurais besoin de ton aide, je te sonnerais Rory ! »

Le Serdaigle haussa les épaules, secouant la tête devant la ténacité de son frère, qui ne voulait jamais compter sur personne d'autre que lui-même. Et même prendre sur lui les problèmes des autres parfois. Gabriel le regarda s'éloigner un brin grognon et remarqua alors l'air courroucé d'Eliot.

« Quoi ? s'irrita le jeune Madder.
— Tu n'aurais pas dû lui parler comme ça, il s'inquiète pour toi.
— Tu sais même pas de quoi on parlait !
— Je n'ai pas besoin de savoir, dit Eliot en reposant sa cuiller. Mais je peux dire qu'il a raison, tu étais sûrement le plus effrayé après James hier. »

Gabriel resta un instant bouche bée, regardant Eliot qui se concentrait à nouveau sur son porridge. Puis, il préféra abandonner. Il ne voulait pas se fâcher contre Eliot pour quelque chose d'aussi futile. Il se saisit de façon un peu brusque de sa tasse de café et la vida aussi sec.

Quoi qu'il en soit, il était évident qu'ils arrivèrent largement à l'heure pour le début des sélections. C'était une belle journée pour voler, un ciel bleu parsemé de nuages blancs duveteux ici et là, ainsi qu'une très légère bise des plus rafraîchissante. Avec Eliot, Gabriel était aller se réfugier dans les gradins, avec leurs compagnons de Gryffondor. Ils avaient réservé les meilleures places, afin d'être aux premières loges pour assister à toute la séance d'essais qui aurait lieu toute la matinée et surtout pour observer James et Bloom. Seul Stan était resté au château, préférant la compagnie des livres à celle des cris selon ses dires. Les deux garçons s'étaient installés aux côté d'Octave et des deux inséparables amis qu'étaient Rigel et Léo. Les filles qui partageaient le dortoir de Bloom se trouvaient juste derrière eux. Gabriel remarqua par ailleurs qu'un intrus s'était invité dans la foule des rouges et or, parmi les premières années qui se trouvaient deux rangs devant lui. Entre une chevelure blonde et une rousse se distinguait une touffe de cheveux noirs ébouriffés parfaitement reconnaissable. Albus Potter, décidément, ne semblait pas du tout disposé à abandonner son amitié envers Scorpius. Gabriel, avec un petit rire, se pencha par dessus la rangée qui se trouvait devant lui, ignorant les cris de reproche des filles de troisième année qu'il écrasa presque totalement dans l'opération.

« Hey, Albus ! fit-il.
— Oh, bonjour Gabriel, sourit le petit frère de James. Pas trop fatigué ?
— Je vois que le récit de notre réveil de ce matin par James Potter a déjà fait le tour de l'école, soupira Gabriel avec un air faussement contrarié. Je vois aussi que tu es toujours accompagné de Malefoy ?
— Tu ne vas pas t'y mettre aussi Madder, intervint Rose.
— Non, non, c'est le problème de James ça. Seulement, je crains justement que lorsqu'il volera, il cherchera à nous trouver, Eliot et moi, dans les gradins.
— Où tu veux en venir au juste ? demanda Scorpius, rassuré par le fait qu'apparemment Gabriel ne lui voulait pas de mal.
— Eh bien, je crois bien qu'il piquerait encore un fard s'il te voit à coté de Al'. Et que si à cause de ça il échoue, il aura une vraie raison de t'en vouloir. Donc… je sais pas, essaye de cacher tes cheveux blonds ? Ça devrait faire illusion pendant qu'il vole. »

Scorpius répondit par un petit sourire et demanda tranquillement à un autre élève de première année qui portait un bonnet – en été, quelle drôle d'idée songea Gabriel – de lui emprunter, avant qu'il ne l'enfile sur la tête. Rose et Albus lancèrent un regard sympathique au garçon de deuxième année, avant de reporter leur attention sur le terrain, où les essais des Serdaigle commençaient. Gabriel se remit en place, faisant encore plus grogner les filles qu'il avait dérangé. Mais à dire vrai, il s'en fichait. Eliot lui fit un sourire.

« Alors comme ça, tu n'es pas d'accord avec James sur le cas Malefoy ?
— Toi non plus il me semble.
— Juste, juste, convint Eliot. Pourquoi ça ?
— J'estime que Malefoy a le droit d'avoir une chance de faire ses preuves. Si le Choixpeau l'a envoyé à Gryffondor, c'est qu'il doit avoir ses raisons, non ? »

Eliot répondit par un autre sourire, avant qu'il ne mette ses yeux devant ses Multiplettes, pour observer un peu en détail ce qui se passait sur le terrain. Gabriel devait se contenter de regarder ça par ses propres yeux, ce qui était déjà suffisant pour constater un peu les différences entre les personnes douées et celles qui ne seraient jamais prises dans la moindre équipe de Quidditch. Et tour à tour, les équipes pour l'année à venir se formaient, les titulaires comme les remplaçants.

« C'est fou le nombre de Weasley qui font du Quidditch quand même, dit alors Eliot en enlevant ses yeux de ses Multiplettes.
— Comment ça ? s'étonna Gabriel en fronçant les sourcils.
— Ben, quand tu y penses, Dominique est le capitaine des Gryffondor, Louis joue comme batteur pour les Serdaigle et il me semble que la chevelure rousse qui se tapit parmi nos amis les aigles est Molly, qui veut avoir un poste de Poursuiveur.
— Ce n'est pas pour autant certain qu'elle sera sélectionnée, fit remarquer Léo en intervenant dans la conversation. Ça ne fait que deux Weasley qui jouent au Quidditch donc.
— Pour l'instant, répondit Eliot en haussant les épaules. James est affilié Weasley aussi et il me semble l'avoir déjà entendu dire que Rose se débrouillait pas trop mal. De toute façon, m'est d'avis que dans le futur, tout sorcier de Grande-Bretagne sera forcément un Weasley. »

Gabriel éclata de rire à cette pensée, imaginant un Poudlard rempli par une armée de tête rousse, se répartissant partout. Si par ailleurs jamais un Weasley finissait à Serpentard un jour où l'autre, Gabriel était prêt à jurer que ce vieux fou de Salazar se retournerait dans sa tombe.

Il se révéla qu'en effet, Molly ne fut pas sélectionnée. Mr Busard, leur professeur de vol, annonça alors que les sélections de Poufsouffle allaient commencer. Dans l'ensemble, selon Eliot qui s'y connaissait par son père malgré son désintérêt pour le Quidditch, les nouvelles recrues de l'équipe des bleus et bronze possédait un niveau global élevé.

« Ça annonce de beaux matchs », avait statué le garçon d'un ton calme.

Gabriel qui ne s'y connaissait pas plus que ça au final le croyait sur parole. Il aimait bien le Quidditch, il ne fallait pas s'y tromper, attention ! Mais il n'arrivait pas à comprendre pour autant l'engouement énorme qui existait autour. James disait souvent qu'il était un demi-hérétique. Et qu'Eliot était un hérétique complet, surtout en considérant son père.

Le temps passa, les sélection aussi. Les dernières furent celles de Gryffondor. Les élèves de la maison du lion se fondirent d'une ovation quand entra sur le terrain le capitaine de l'équipe et gardien, Dominique Weasley, qui leur répondit gracieusement à l'aide de grands signes de la main. Il fit appeler tous les candidats de Gryffondor, afin de procéder aux premiers tests de base, nécessaires pour commencer à écrémer un peu la foule d'élèves lui faisant face. Avec un large sourire, Gabriel reconnut la chevelure rousse de Bloom, qu'elle avait attachée en une queue de cheval des plus négligée, parmi les candidats. James était un peu plus loin, l'air à l'aise. Si Dominique faisait comme ses collègues capitaines, alors les batteurs seraient les premiers à passer pour la sélection.

« On va bientôt voir Miss-Bonne-Humeur se transformer en Miss-Bonne-Terreur, ricana Rigel.
— Elle est aussi terrible que ça ? demanda Albus en se retournant vers eux.
— Disons qu'elle a déjà failli déboîter la mâchoire de ton frère l'année dernière avec un Cognard », répondit Léo avec un large sourire.

Albus laissa échapper un sifflement d'admiration. Ah, cette histoire… Gabriel s'en souvenait parfaitement. Bloom les avait tous impressionnés, lors du match de Quidditch d'entraînement organisé lors du cours de vol du Professeur Busard, en parvenant l'exploit de harasser l'agile et insaisissable James Potter. Le garçon avait bien failli terminer à l'infirmerie, surtout quand ils l'avaient récupéré au sol le nez en sang. Et pourtant, James souriait à ce moment là et avait déclaré qu'il serait heureux de jouer avec Bloom dans l'équipe de Gryffondor. Et qu'avec une telle batteuse, il ne se faisait aucun soucis quant à sa sécurité.

Ce qui ne serait pas le cas des autres équipes.

« À chaque fois je me demande comment certains osent se présenter aux sélections, soupira Gabriel.
— C'est parfois des paris, parfois juste des défis personnels, répondit Marta, derrière eux. Par exemple, Bloom a mis Eulalie au défi de participer aux sélections.
— Ah, c'est pour ça qu'elle n'est pas là ! s'exclama Octave. Mais… Eulalie n'a pas le vertige ?
— Si, c'est justement ça qui rend le pari si drôle ! s'extasia Sarah. Je me demande si elle va réussir à monter sur son balai !
— Bande de sadiques », ricana Eliot.

Comme ses trois collègues, Dominique avait d'abord demandé aux candidats de simplement voler et comme à chaque sélections, un bon tiers des candidats savaient à peine piloter un balai. À dire vrai, toute la tribune des Gryffondor avait baissé la tête quand un élève de troisième année avait perdu le contrôle de son balai, leur passant tout juste au-dessus, pour s'écraser dans le parc du château. Gabriel avait une pensée pour Mrs Faucett, qui allait comme à son habitude maudire le Quidditch. En tout cas, le professeur Busard ne s'ennuyait pas du tout à devoir emmener les élèves à l'infirmerie et on pouvait le voir courir un peu partout. Eulalie parvint cependant à monter sur son balai, même si elle ne vola pas plus haut que cinquante centimètres au-dessus du sol. Ce qui suffit néanmoins pour que tous les Gryffondor de deuxième année l'applaudissent chaleureusement pour avoir bravé sa peur, au moment où elle quittait le terrain sous la demande de Dominique.

« Nous allons commencer par la sélections de nos batteurs ! cria Dominique pour se faire entendre. Messieurs, mesdemoiselles, en vol !
— Ah ah ! Enfin on va avoir notre tornade rousse en action ! » s'exclama Léo excité.

En effet, parmi la dizaine de personnes postulant pour le poste, on trouvait la silhouette frêle de la jeune Finnigan. Il était presque comique de la voir si petite et si menue parmi tous ces garçons plutôt carrés, car elle était bien la seule fille à s'être proposée pour ce poste, plus traditionnellement occupé par des hommes. Mais comme le prouvait les batteuses des Harpies, les femmes pouvaient se débrouiller tout aussi bien que leurs compagnons mâles.

Dominique fit démarrer les essais, avec un grand garçon de septième année dont Gabriel ignorait le nom. De son humble avis, il n'avait pas l'air très malin.

« C'est qui ? demanda-t-il.
— Thomas Smith, le grand frère de Kendra qui est à Poufsouffle, dit Octave. Il n'est pas très apprécié.
— Pourquoi ça ? l'interrogea Scorpius en se retournant vers eux.
— Il s'entend bien avec les Puristes[1]. Certains le soupçonnent même d'en être un. Il se fait plutôt discret à Gryffondor et il sait que c'est dans son intérêt. J'avoue que je suis surpris de le voir se présenter aux sélections, surtout qu'à ce qu'on m'a dit il n'est pas très bon sur balai.
— Faudra qu'un jour tu m'expliques d'où tu tiens toutes tes informations Oct', sourit Rigel.
— Un jour peut-être, répondit Octave les yeux rieurs.
— Et qu'on ne dise pas qu'il n'y a que les filles qui sont adeptes de potins après ! ajouta Gwendolyn d'un air carnassier.
— Loin de moi l'idée de te contredire », assura Léo.

Octave avait eu raison en disant que Smith n'avait pas de don particulier pour le vol. Il manqua par deux fois d'envoyer les Cognards droits dans la foule et se montra peu efficace, malgré la puissance évidente qu'il mettait dans ses coups. Au regard de Dominique, il semblait clair qu'il éliminait dès à présent son nom de la liste des éventuels joueurs à rejoindre l'équipe. Le suivant fut déjà bien plus brillant, bien qu'il donna un méchant coup de batte à Anne-Marie O'Neill, qui était déjà poursuiveur l'année dernière et qui allait tenter de garder son poste cette année.

Vint enfin le tour de Bloom. Tous se tendirent quand elle décolla pour se mettre à la poursuite des Cognards. C'était le moment de vérité.

« Ah oui, elle vole bien, fit remarquer Rose.
— Ce n'est pas le plus important, si elle n'a pas de force dans les bras, ça ne sert pas à grand-chose ! » rétorqua Scorpius.

Comme pour le contredire, la rouquine frappa à ce moment là dans un Cognard, avec force, ce qui failli faire tomber Diana Allers de son balai et qui en tout cas lui fit s'échapper le Souafle des mains.

« Tu disais ? sourit Albus.
— On vous avait bien dit qu'elle était violente notre Miss-Bonne-Terreur », dit tranquillement Eliot en réglant ses Multiplettes.

Bloom, dans les airs, se mouvait de façon gracieuse pour une batteuse et était sûrement l'une des plus agressive. Ils reconnaissaient bien là le style des Chauve-Souris de Ballycastle, connus pour leurs batteurs des plus violents. Il s'agissait en outre de son équipe favorite. Les yeux brillants, Gabriel et Eliot comprirent bien vite qu'il n'y avait pas la moindre chance qu'elle ne finisse pas dans l'équipe.

« Dominique serait fou de ne pas la prendre, sourit Eliot. Elle est brillante, elle le sait et elle le rend bien aux autres.
— Et pour le second batteur, tu pense que ce sera qui ?
— Casper Taylor. Il était déjà dans l'équipe l'année dernière et il reste toujours excellent. »

Dominique donna raison aux talents d'analyse d'Eliot, puisque ce furent bien Bloom et Casper, passé juste après elle, qui furent choisis comme batteurs principaux. Les remplaçants étaient d'obscurs inconnus de quatrième et de sixième année, que ni Gabriel ni Eliot ne connaissaient. Octave se fit un plaisir de leur donner des informations sorties d'on ne savait où, avec toujours son petit sourire énigmatique aux lèvres.

Ce fut ensuite le tour des poursuiveurs. Et dans cette exercice, les deux nouveaux batteurs précédemment sélectionnés allaient pouvoir effectuer leur premier job. Gabriel, même s'il ne le voyait guère d'ici, imaginait sans mal les sourires carnassiers que devaient s'échanger Bloom et James. Dominique expliqua un peu ce qu'il attendait d'eux, puis lança les essais.

« Regardez moi un peu ce sourire de fou furieux qu'il a !
— Hey, il n'y a que toi qui a des Multiplettes Eliot, se plaignit Rigel. Comment veux-tu qu'on voit quoi que ce soit d'ici ?
— Et de toute façon, on n'a pas besoin de voir pour l'imaginer, ajouta Léo.
— Je pense que tout le monde a vu son excitation tout à l'heure, oui, sourit Gabriel. Et nous on… »

Il s'interrompit en voyant les essais commencer réellement. À ce moment là, Gabriel comprit que James n'avait pas menti ni surestimé ses capacités quand il leur avait déclaré, quelques jours auparavant, qu'il comptait en mettre plein la vue à tout le monde. En équipe avec Anne-Marie O'Neill et un garçon de quatrième année – Daniel Moore leur souffla Octave – , James s'était directement emparé du Souafle et évita les poursuiveurs adverse avec souplesse. Sans ralentir, il envoya d'une passe en tir feinté le Souafle à sa coéquipière, trompant le gardien et leur permettant de marquer en quelques secondes à peine.

« Il en fait toujours trop, soupira Albus.
— Ouah… Il volait pas comme ça l'année dernière ! marmonna Léo impressionné.
— Et dire qu'on se moquait gentiment de lui quand il disait ça. »

Gabriel ne put que hocher la tête. James était fantastique. Il l'avait déjà vu voler l'année dernière et il avait cru savoir à quoi s'attendre… Mais James allait encore au-delà de ça. Le garçon semblait avoir tout gardé pour tout donner aujourd'hui et impressionner tout le monde. Sur son balai – un Éclair de Feu X flambant neuf leur avait-il dit par hibou pendant les vacances – , James était plus agile que tout le reste, virevoltant entre les joueurs et les Cognards et piquant le Souafle avant même que la personne ne l'ait vue ou sentit arriver. Et il marqua. Beaucoup. Dix buts.

Le stade avait les yeux rivés sur James, qui offrait une prestation digne des meilleurs joueurs de Poudlard. Et Gabriel savait que James aimait être le centre d'attention, bien qu'il devait probablement donner son meilleur du meilleur à l'heure actuelle. Sûrement n'arrivait il même pas à se rendre compte de ce qui se passait autour de lui, trop concentré sur sa manière de voler et son jeu d'équipe.

« Ça suffit ! hurla Dominique au bout d'un moment. Potter, tu peux arrêter de frimer, je ne suis pas impressionné, j'ai déjà vu mieux que toi en vol à Poudlard ! »

Gabriel pouvait deviner d'ici l'air choqué et révolté de James. À dire vrai, tout les gradins étaient désormais parcourus de murmures, se demandant si Dominique était devenu fou.

« Toutefois… reprit le capitaine des Gryffondor d'un ton plus calme. Tu penses bien que tu restes largement au dessus du lot. Tu as autant à apprendre qu'à nous apporter. Bienvenue dans l'équipe ! »

James poussa un hurlement de joie, qui fit éclater de rire à peu près tout le monde dans le stade. Gabriel put le voir tourner ses yeux brillants vers eux, enchanté d'être enfin à la place qui lui revenait de droit. Il jouerait pour Gryffondor. Dominique désigna d'autres personnes pour devenir poursuiveurs, mais aucun d'eux ne s'en soucia. Eliott et Gabriel, après avoir salué les autres qui souhaitaient rester observer la sélection de l'attrapeur, se précipitèrent dans les marches des gradins, bousculant quelques élèves au passage sans s'excuser, pour retrouver Bloom et James sur la pelouse. Tout deux étaient extatiques.

« Vous avez vu comment j'ai littéralement écrasé tout le monde ? s'époumonait James, un sourire allant d'une oreille à l'autre sur le visage. Je vous l'avait dit qu'il ne pourrait pas me refuser !
— Je ne suis pas certain qu'une seule personne t'ayant vu voler avant les sélections n'ait pensé le contraire, assura Eliot, un sourire indulgent aux lèvres. Félicitations vous deux !
— Papa m'avait promis une nouvelle batte si j'étais prise dans l'équipe, soupira Bloom en fixant son objet de torture d'un regard mélancolique. Adieu vieille amie, tu vas avoir une remplaçante !
— Vous ne feriez pas mieux d'aller sous la douche ? demanda Gabriel. Il paraît qu'une fête générale est organisée au Foyer et toute l'école ou presque y sera. »

Le « Foyer » était une salle se trouvant au premier étage, pas très loin de l'escalier de marbre. Ce n'était à l'origine qu'une, ou plutôt deux salles de classe abandonnées. Mais Teddy leur avait raconté, lorsque Gabriel avait séjourné chez James cet été, que lorsque lui-même avait été en première année, des sixième années de différentes maisons s'étaient alors emparés de ces deux salles, en détruisant le mur les séparant, pour ne laisser plus qu'une seule salle, bien plus vaste. Si cette action avait été sévèrement punie par le professeur McGonagall, encore directrice à l'époque, cela ne les dissuada pas. Pendant des mois, sans qu'aucun n'élève ne comprenne ce qu'ils faisaient, ils aménagèrent la classe, évitant le plus possible les regards extérieurs. Puis, après la finale de Quidditch de l'époque, remportée par Serdaigle, ils avaient ouvert l'accès à la salle. Les élèves avaient alors découvert une sorte de salle commune, avec de nombreux fauteuils, des tables, des tapis et même quelques étagères avec des livres en libre service. Un vrai petit nid douillet et accueillant, qui avait été crée dans le but de permettre aux élèves des différentes maisons de pouvoir se retrouver ensemble dans le château et partager de bons moments. Les élèves qui avaient participé au projet furent finalement félicités. Et la salle, au fur des mois puis des années, obtint rapidement son nom de « Foyer », terme qui lui allait comme un gant.

James entendant cela, hocha la tête de manière extatique, avant d'entraîner Bloom vers les vestiaires. Gabriel était heureux. Simplement heureux de voir son meilleur ami aller aussi bien. Les déboires d'hier semblaient si loin quand on regardait le sourire dément qu'arborait James en cette fin de matinée. Eliot et Gabriel se mirent en route vers l'entrée des vestiaires devant lesquelles ils se plantèrent, pour attendre leurs amis. Ils saluèrent les quelques élèves qui entrèrent pour se changer, la plupart plutôt sombres, déçus de ne pas être pris. Gabriel intercepta quelques regards de haine, sûrement adressés par le fait que leurs deux amis, eux, avaient été sélectionnés. Ils les ignorèrent du mieux qu'ils purent.

Après quelques minutes cependant, une vingtaine à dire vrai, ils entendirent un cri les interpelant. Avec surprise, les deux garçon tournèrent leur regard vers le château, d'où provenait le cri. Courant sur le sentier, sa robe de Quidditch toujours enfilée, Dominique venait – ou plutôt fonçait – à leur rencontre.

« Hey, Madder ! Dubois ! s'exclama-t-il essoufflé. C'est vrai que vous connaissez les passages pour sortir du château ?
— Euh… il me semble que c'est le domaine des Deux-F ça.
— Ils sont en retenue avec Keepood à cause de Victoire, éluda le capitaine. Je peux pas leur demander. Donc, vous connaissez les passage secrets, oui ou non ? »

Les deux garçons de deuxième année échangèrent un regard. Pourquoi diable le cousin de James leur posait il cette question ? Finalement, le jeune Dubois prit la parole :

« Ça se pourrait. Pourquoi ?
— Kyle Bergan, le capitaine des Poufsouffle, avait mal évalué la réserve de Bièraubeurre. Et on risque d'en manquer très vite. Donc… je pensais que vous pourriez peut-être aller nous en acheter à Pré-au-Lard.
— Dominique… tu te rends compte que tu nous encourages à briser les règles de l'école ?
— Oui, oui, Madder, soupira le garçon. Mais c'est pour la bonne cause !
— Nous ne sommes même pas en troisième année, fit remarquer Eliot. On n'est pas censé pouvoir se rendre là-bas.
— Comme si ça vous arrêtait. »

Il n'avait pas tort sur ce point. Gabriel soupira, puis avança la main.

« J'imagine que vous nous fournissez l'argent, non ?
— Évidemment. Tenez. Faites-vous pas prendre par contre !
— On n'y comptait pas », sourit Eliot.

Les deux garçons regardèrent Dominique s'éloigner à nouveau, sûrement pour aller prévenir les autres qu'ils auraient bientôt leur ravitaillement promis. Eliot ricanait à l'idée qu'on les pousse à briser les règlements. Gabriel, lui, fit doucement rouler les pièces entre ses doigts. Il y avait de quoi acheter pas mal de bouteilles quand même… Heureusement qu'il avait emmené son sac de cours, ça allait quand même leur faciliter la tache.

James sortit alors quelques minutes après le départ de Dominique, les cheveux encore humides. Il n'avait cependant pas perdu son sourire, ni l'éclat pétillant de ses yeux noisette.

« Tada, me voilà prêt pour la fête en mon honneur !
— Changement de programme joli cœur, annonça Eliot. Nous sommes chargés par ton boss de ravitailler la fête.
— Hein ?
— Dominique veut qu'on aille acheter de la Bièraubeurre à Pré-au-Lard, traduisit Gabriel. Tu as la carte sur toi ? »

James tapota la poche intérieure de sa robe, un sourire malin aux lèvres. Gabriel avait vu juste en estimant que désormais, il emmenait la Carte du Maraudeur partout avec lui.

« Donc on va manquer le début de la fête… Eh bien, ne perdons pas de temps !
— Hey ! Et Bloom ? fit remarquer Eliot.
— Ah… euh… Ouais, vaudrait mieux l'attendre, soupira Gabriel.
— On en a pour trois plombes alors, elle n'a même pas encore prise sa douche, elle discute avec Anne-Marie. »

Un moment de silence s'installa entre les trois amis, pendant qu'un groupe de Serdaigle chahuteurs passait devant eux, allant vers le château. Les regards des aigles à leur égard étaient soupçonneux. Ils s'éloignèrent cependant rapidement, se trouvant bientôt hors de portée d'audition. Eliot reprit alors la parole :

« Je vais l'attendre, soupira-t-il Filez tous les deux acheter cette fichue boisson, on se retrouve à la fête.
— Tu es sûr que…
— Oui, oui, ne traînez pas !

Gabriel lui fit un clin d'œil et avec James, tout deux se mirent en route en courant dans l'herbe verte du parc de Poudlard. Alors qu'il arrivaient enfin sur les marches menant à l'immense entrée et donc au hall et après s'être assuré que personne n'était autour d'eux, Gabriel se tourna vers James.

« Prêt ?
— Et comment ! Première opération d'envergure pour cette année ! »

Il sortit alors la carte de la poche de sa robe et pointa sa baguette dessus avec un grand sourire.

« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ! »

oooOOOooo

Gabriel ouvrit lentement les yeux. Et les referma aussitôt, agressé par la lumière. Bon sang, où est-ce qu'il pouvait bien se trouver ? Et pourquoi avait-il si mal à la tête ? Il resta quelques secondes immobile, à se poser toutes ces questions. Et il n'arrivait à rien. Il ne parvenait pas à se souvenir de la moindre chose qu'il avait pu faire qui lui ait valu cet état. La dernière chose dont il se souvenait, c'était qu'il était parti avec James pour aller acheter de la Bièraubeurre à Pré-au-Lard. Ou en tout cas, qu'ils allaient le faire.

Lentement, il tenta de se redresser, clignant des yeux pour peu à peu s'habituer à l'éclat de son environnement. Son regard rencontra une tenture. Et aussitôt, il grogna. L'infirmerie. Pourquoi était-il à l'infirmerie ? Il se massa le crâne, grimaçant un peu.

« J'aurais trop bu ? »

Non… ce n'était pas cohérent. Jamais personne n'avait fini totalement saoul au point de ne pas se souvenir de ce qui s'était passé avec simplement de la Bièraubeurre. Surtout pas à Poudlard ! Et il n'avait pas le moindre souvenir de la fête, ce qui n'était pas cohérent non-plus.

Il remarqua alors, sur un lit à côté de lui, la chevelure bronze de James. Il sentit son cœur manquer un battement. Lui aussi était là ? Oubliant momentanément sa douleur, Gabriel rabattit d'un geste les draps du lit dans lequel il se trouvait et se précipita vers son ami.

« James ! James ! Réveille-toi !

Il le secoua un petit moment, avant d'enfin le sentir bouger. D'un air endormi, James se redressa sur son lit, grimaçant lui aussi.

« Oh… ma tête…
— Toi aussi vieux frère ?
— Gabriel ? Où est-ce qu'on est ? demanda James en plissant les yeux pour tenter de voir quelque chose.
— L'infirmerie », répondit Gabriel en lui tendant ses lunettes.

Il pût voir distinctement le regard de James s'écarquiller alors même qu'il enfilait ses montures. Gabriel sut à ce moment là que son meilleur ami était dans le même état que lui et qu'il n'avait lui non-plus pas la moindre idée de comment ils s'étaient retrouvés là. Et à dire vrai, ils n'eurent pas le temps de s'appesantir plus sur le sujet. Un cri les fit sursauter. Tournant leur regard vers son origine, ils découvrirent Mrs Faucett devant l'entrée que formaient les tentures, un regard à la fois soulagé et dur pointé sur eux.

« Vous êtes enfin réveillés ! s'exclama-t-elle.
— Mrs Faucett, nous…
— Chut ! Restez-ici… Surtout ne bougez-pas ! »

James et Gabriel furent totalement perdu par cet étrange comportement et surtout le ton sévère de l'infirmière. Et à la tête que faisait James, il n'aimait pas trop ça. Gabriel n'était pas très rassuré non-plus.

« Qu'est ce qui se passe encore ? s'interrogea James en se levant de son lit. On dirait qu'elle nous fuit. »

Gabriel haussa les épaules. Il se tendit cependant quand il entendit des pas se rapprocher. Un groupe de plusieurs personnes apparemment, plutôt pressés. Les sons devinrent de plus en plus clair, s'accompagnant de quelques éclats de voix. Et finalement apparut une première personne. Une personne qui surprit littéralement les deux garçons.

« Papa ? » s'étonna James.

Harry Potter venait de pénétrer dans l'infirmerie et leur faisait face, de sa stature. Après s'être figé un instant, les fixant tous les deux de ses yeux verts émeraudes écarquillés derrière ses lunettes, il s'avança alors à grand pas vers James, écartant par magie et sûrement de façon inconsciente, le chariot à médicaments de son chemin, pendant que les autres personnes arrivaient derrière lui. Mais Gabriel ne faisait pas attention à eux. Il fixait le père de James avec une vive vague d'appréhension, alors qu'il se dirigeait vers James, totalement perdu. Si Harry Potter se trouvait à Poudlard, c'était alors que quelque chose de grave leur était arrivé, non ? Il ne comprit pas tout de suite ce qui suivit.

CLAC !

La gifle raisonna avec force dans l'infirmerie. Gabriel, choqué, fixa la main du père de James, levée dans les airs, après avoir violemment rencontré la joue de James. Elle avait été si violente que James en avait été projeté sur son lit, impuissant. Le garçon se frottait la joue tout aussi choqué, les yeux brillants, interrogeant son père d'une question muette. Harry Potter resta de marbre, ne laissant rien transparaître. Et le cerveau de Gabriel se remit en marche. Mais pourquoi diable giflait-il son fils ! Gabriel voulu intervenir… jusqu'à remarquer enfin les autres personnes. Et il sentit le froid emplir son ventre. Le professeur Harvey, le professeur Londubat et Mr Keepood étaient présents… Mais pas seulement. Et c'était cette dernière personne plus que toutes les autres qui lui fit comprendre dans quelle mouise il se trouvait. Son père. Neil Madder le fixait d'un regard froid. Jamais il ne lui avait vu cet air auparavant. Et il comprit.

Ce n'était pas à eux qu'il était arrivé quelque chose de grave… C'était eux qui avaient fait quelque chose de grave. Quelque chose dont ils ne parvenaient pas à se souvenir, comme… effacée. Il déglutit difficilement. Les ennuis venaient de leur tomber dessus.

Mais qu'est ce qui avait bien pu se passer enfin ?

~Fin du chapitre~

[1] Pour ceux qui ne l'auraient pas deviné, ce terme fait référence aux personnes ayant conservé les idées liées à la pureté du sang.


Le chapitre 4 est là et démarre enfin véritablement le scénario !

Bon, déjà, je suis désolé si vous êtes frustrés par la fin et que l'envie d'en savoir plus vous titille… Je l'avoue : c'était mon but. Le prochain chapitre va déjà vous situer un peu où nous en sommes, je n'en dirais pas plus. Sinon qu'il s'intitulera « La chute » et aura James comme point de vue.

Je vais éviter de donner une date, comme vous le voyez, je suis très mauvais pour les tenir. Mais rassurez-vous, l'écriture avance bien et j'ai toujours une bonne poignée de chapitre d'avance pour publier ça de manière confortable (le délai de publication est surtout du à mon emploi du temps plus ou moins chargé, ainsi que celui de ma correctrice).

J'espère que ce chapitre aura su vous satisfaire, j'ai bien conscience que c'est pour le moment le plus court, mais je pense qu'il vous amène aussi des questions. Les reviews sont vivement appréciées, si jamais vous avez envie de me remercier, de me dire ce qui ne va pas (car vous avez largement le droit de pointer ce qui ne vous plait pas), ou me demander des précisions. Je rappelle que je réponds bien aux reviews anonymes, par un Google document présent sur mon profil (accessible en cliquant sur mon pseudo en haut de la page). Donc n'hésitez pas.

Encore merci pour la lecture et en espérant que la suite vous plaira.

Niv'