Bonjour, Bonsoir tout le monde :D. Voici le troisième chapitre de Illusion en espérant qu'il vous plaise, bien que j'en suis pas très satisfaite. Tous les personnages (hormis Lawrence) appartiennent à J.K Rowling.

Chapitre 3 :

Grand-père

Like a shooting star, flying across the room,

So fast, So far,

You're gone too soon

You're part of me and I'll never be the same,

Here without you,

You're gone too soon

Simple Plan, Gone too soon

Lorsque le jour se leva, se fut pour trouver Harry et James, endormis à même le sol, le fils solidement accroché à son père. Ils avaient longuement parler la nuit dernière, du choix qu'avait finalement fait Harry, et de leur peuple. Il restait bien peu de celui-ci, tout juste trois femmes, un enfant, et une dizaine d'hommes. Les Hauts Elfes les avaient traités avec bienveillance, leur offrant un logis, de la nourriture et un bon bain. La bataille de la veille avait été rude et beaucoup d'entre eux était sous le choc des horreurs qu'ils avaient vu. Le Roi était venu en personne saluer leur courage et les rassurer.

Harry était réveillé depuis un moment, mais refusait de se lever. Il savait que dès qu'il ouvrirait les yeux, il devrait se préparer afin d'aller lui aussi visiter son peuple et communiquer son choix de se battre contre les forces du mal à Lucius. Puis, il irait voir Albus...Il redoutait ce moment. Son père lui avait expliqué que le vieux mage était dans un état affreux et, avec franchise, que ses chances de s'en sortir étaient minces. Harry ne voulait pas le savoir et fermait les yeux sur la triste vérité, priant pour que son grand-père tant aimé guérisse de ses profondes blessures.

Un soupir fatigué franchit sa bouche purpurine et il se décida tout de même à lever les paupières lorsque que le corps massif de son père se mit à remuer, signe de son réveil. James, il est vrai, lui ressemblait et était beau, d'une beauté un peu sauvage et très virile, contrairement à lui. Ses muscles impressionnants roulèrent sous sa peau basanée tandis qu'il s'étirait et sa jambe de bois frappa le sol. Les cicatrices qui marquaient son visage ne gâchaient en rien cette beauté, bien au contraire. Ses cheveux qu'il avait étrangement courts, plutôt rare pour un elfe, étaient ébouriffés comme un une botte de paille, lui donnant cet air d'enfant rebelle qui plaisait tant. D'ailleurs, Harry ne put s'empêcher de rire face au visage endormi de son paternel, les yeux bouffis et ses mèches noires partant dans tous les sens lui faisait songer à un gamin boudeur.

James sourit à l'entente de ce son cristallin, et chatouilla les côtes de son fils comme punition pour ses moqueries. Celui-ci se plia en deux face à l'attaque, redoublant son rire, les lames du plancher maltraitant son dos. L'elfe aux cheveux courts grimpa sur son fils, riant lui aussi, ignorant ses vêtements tâchés et rudes sur sa peau. Écroulés de rire, ils finirent par s'arrêter, haletant à la recherche d'un peu d'air.

Des coups à la porte finirent par les calmer complètement et James alla ouvrir tandis qu'Harry se relevait. La Reine Narcissa entra, deux jeune femmes elfes sur les talons, portant des vêtements neufs.

_ Bonjour à vous, James et Harry Potter, salua la reine.

_ Bonjour Majesté, répondit James en s'inclinant respectueusement.

_ La nuit a été mouvementée. Un bain et des vêtements ne seront peut-être pas de trop.

_ En effet, merci Majesté.

_ Altesse, intervint Harry. Comment va mon grand-père ? Et mon peuple ?

_ Votre peuple se remet doucement de ses émotions. Le repos leur a fait grand bien mais ils attendent de voir si leur chef est sain et sauf.

_ J'irais les voir, ne vous en faites pas. Et...pour Abus ?

Le visage de la reine s'attrista légèrement.

_ Il tient bon, mais ses forces sont faibles et ses blessures sont graves. Vous pourrez aller lui rendre visite, bien sûr, une fois changé et restauré.

_ Merci.

_ Mes suivantes vont vous accompagnez jusqu'à vôtre bain.

_ Merci encore, Majesté, murmura James.

_ Oh j'allais oublier, se souvint Narcissa. Mon époux demande si vôtre choix est fait Harry Potter ?

_ Il est fait Altesse.

_ En ce cas, je viendrez vous quérir dans quelques heures pour que vous ailliez un entretien avec mon Roi.

_ Bien, Majesté.

La reine partit, les deux jeunes elfes menèrent Harry et James dans une pièce adjacente à la leur que les deux compères n'avaient pas vu la veille, trop obnubilés par leurs problèmes et leurs retrouvailles. C'était une salle immense, complètement blanche. A droite se trouvaient deux jates et deux miroirs afin de faire sa toilette. A gauche, un meuble gigantesque où se trouvaient serviettes, sels de bain, éponges et brosses. Au fond de la pièce, deux paravents. Et au centre, une baignoire, digne de la taille d'une piscine, où se trouvait de l'eau clair et une quantité impressionnante de mousse. Des bulles s'échappaient par dizaines, dansant dans la salle d'eau alors qu'une baie vitrée faisait entrer un soleil matinal.

Les deux elfes déshabillèrent les deux hommes et Harry rougit de gêne, n'étant pas habitué à ce qu'on le voit nu. James, voyant cela, sourit avec indulgence. Son fils avait encore beaucoup à apprendre.

Ils profitèrent avec un immense plaisir de ce bain, l'un heureux de retirer tout ce sang de sa peau, l'autre satisfait de cette détente qu'il chérissait et qui lui avait tant manqué. Mais Harry était curieux et ne pouvait s'empêcher de poser des questions.

_ Père ?

James savoura le mot que venait de prononcer son garçon avant de lentement se retourner vers le plus petit, continuant à savonner vigoureusement son corps.

_ Oui,Harry ?

_ Est-ce que tu connais bien le Roi Lucius et la Reine Narcissa ?

_ Eh bien...oui, on peut dire que je les connais plutôt bien. Ils étaient de très proches amis de Lawrence, tout comme beaucoup d'autres. Ton père était très aimé et respecté. Il avait de nombreux alliés.

_ Et...leur fils ?, s'enquit Harry en fronçant les sourcils.

_ Eh bien, je sais qu'il a dix années de plus que toi. Les rares fois où je l'ai vu, il était toujours près de Lawrence qui, à cette époque, venait de tomber enceint. Il caressait toujours son ventre, sans dire un mot. C'était un petit garçon sage et serviable. Il est la plus grande fierté de Narcissa et Lucius.

_ Il me fait un peu peur..., avoua avec gêne le petit elfe brun.

James éclata de rire.

_ Pourtant, lorsque tu n'étais qu'un nouveau-né, tu adorait Draco ! Je me souviens d'un fois où tu n'avais pas arrêter de pleurer et Lawrence et moi ignorions complètement pourquoi. Tu étais impossible à consoler. Narcissa et Lucius sont venus avec leur fils qui a tout de suite voulut te prendre dans ses bras. Et, tout à coup, tu n'as plus émit un bruit à part quelques gazouillis adorables.

_Père, râla Harry en rougissant.

_ Chaque fois qu'il venait tu tendais immédiatement les bras vers lui, c'était incroyable. Lawrence en a été jaloux pendant des jours.

_ Il est étrange...

_ Mais plutôt beau garçon, non ?, taquina James.

_ Quoi ?!

Harry, exaspéré, jeta une savonnette à la tête de son père qui ricana. Ils sortirent de l'eau et s'habillèrent, heureux d'être enfin propres. Leurs vêtements étaient à peu près identiques. Une tunique et un pantalon de cuir marron pour James, une tunique et un pantalon de cuir noir pour Harry. Celui-ci natta ses longs cheveux pour plus de confort avec l'aide de son père.

La servante les mena ensuite jusqu'à leur chambre où les attendaient le Reine Narcissa.

_ Mon époux vous attends, dit-elle avant de les guider jusqu'à la salle du trône.

Harry, sur le chemin, réalisa alors l'ampleur de sa décision. Il allait devoir cœur se mit à tambouriner comme un fou dans sa poitrine et ses mains devinrent affreusement moites. Il avait tout à perdre...

_ Tout va bien, Harry ?, demanda James en posant une main sur son épaule menue.

_ Oui...C'est juste que...Je ne me sans pas prêt pour tout ça, soupira le plus jeune.

_ Qui le serait ? Mais, tu sais, ton père et moi avions toujours su que tu accomplirais de grandes choses. En temps que notre fils, tu aurais dû être prince, puis devenir roi de la Cité. Mais, à présent, il n'y a plus aucun peuple sur lequel régner.

_ Papa et moi sommes vraiment les derniers ?

_ Oui. Après la bataille, il n'y avait plus aucun survivant. Lawrence nous croit tous les deux morts et il est vrai que cela lui a fait un choc. Mais il n' y a pas que cela. Une guerre change les hommes. Lawrence a vu tout son peuple périr sous ses yeux. Cela m'étonne qu'il n'est pas devenu complètement fou.

_ Aux dernières nouvelles, intervint Narcissa, le Roi Lawrence aurait créé une organisation afin de faire tomber Voldemort. Il a toujours eut un don en ce qui concerne la stratégie de guerre.

_ Cela ne m'étonne pas de Law, sourit tendrement James.

_ Il y a une chose que je ne comprends pas . Papa a des ailes n'est-ce-pas ?

_ Oui.

_ Alors pourquoi en suis-je dépourvu ?

_ Tu n'as pas encore reçu ton héritage, tout simplement.

_ Mon héritage ?

_ Oui. A la Cité, chaque être est dépourvu de ses ailes et d'une partie de sa magie jusqu'à ses dix huit ans. Bien sûr, comme tu es un elfe, il te faut compter les années en le prenant en considération.

_ Mais...Je suis majeur depuis un an maintenant, répliqua Harry.

_ Chez les elfes de Lunes, oui. Mais de là où je viens, chez les elfes Sylvestres, la majorité est à cent deux ans.

_ Pourquoi cela ?

_ C'est assez compliqué. La magie que nous utilisons est différente de celle des autres races d'elfes. Elle est beaucoup plus complexe, il faut être très patient et minutieux. Ainsi, les plus jeunes apprennent à l'utiliser mais il faut un an de plus pour que tout soit parfait. De plus, il arrive que l'héritage ne vienne pas immédiatement. C'est la magie elle-même qui décide lorsque son porteur est prêt ou non. Et tant que celui-ci n'aura pas une maîtrise absolument parfaite, il n'obtiendra aucune puissance.

_ Mais dans ce cas...ça veut dire que je n'aurais peut-être pas mon héritage le mois prochain ?, s'inquiéta Harry.

_ Harry, Albus et moi t'avons appris tout ce que tu devais savoir. Je pense que tu es plus que prêt à recevoir ton héritage, la rassura James.

_ J'en suis sûre également Harry Potter, dit Narcissa. Vôtre aura magique est déjà plus que puissante. Lorsque votre héritage viendra, elle doublera de volume. C'est pour cela qu'il faudra prendre toutes les précautions nécessaires. Rassurez-vous, cela n'aura rien de dangereux. Mais tant de puissance sera difficile pour vous à canaliser. Il faudra apprendre à la contrôler.

_ Je t'y aiderais, sourit James.

Harry lui rendit un sourire un peu crispé. Certes, il était rassuré de ne plus se savoir seul contre Voldemort, mais les épreuves qui l'attendaient n'en seraient pas moins dures à supporter.

L'entretien se déroulerait dans les appartements personnels du couple royal, pour plus de discrétion. Ceux-ci étaient étrangement des plus simples. Les murs bleus indigos et les meubles blancs ne manquaient pas de richesse mais tout était fait avec une neutralité et une chaleur propre à n'importe quelle autre habitation mais aussi aux souverains. James et Harry patientèrent au salon pendant que Narcissa alla prévenir son époux.

Celui-ci continuait à se préparer dans la salle de bain. La jeune femme examina son mari avec tendresse. Plus de trois mille ans qu'ils étaient mariés et leur amour était toujours aussi fort et vif que la première fois. Elle avait toujours été auprès de lui, même lors de son couronnement. Cela avait été un moment difficile pour Lucius. La mort de son père lui était tombé dessus comme une masse et à peine l'enterrement terminé qu'il dû monter sur le trône. Cela ne fut pas simple, loin de là. Gouverner un royaume, faire en sorte que la population soit satisfaite par tous les aspects, garder un lien étroit entre tous les peuples, demanda à Lucius tout son temps et toutes ses forces. Combien de fois Narcissa l'avait surpris dans son bureau au beau milieu de la nuit, dormant profondément sous une pile de parchemins ? Combien de nuits blanches avait-il dû subir ? Combien de fois Narcissa avait dû le laisser pleurer contre son sein, tel un enfant ayant tout le poids du monde sur ses petites épaules ?

Elle ne savait même plus...

Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle était amoureuse. Elle avait toujours profondément aimé Lucius. Lorsqu'ils étaient enfants, il était toujours celui qui la protégeait, qui jouait avec elle, il était son grand-frère, son confident. Toujours poli, toujours beau, toujours bienveillant envers ceux qui avaient besoin d'aide malgré son air froid et hautain. Pour eux, ce fut l'évidence même. Et cela se confirma avec l'arrivée de leur fils, leur trésor le plus précieux : Draco. Petit enfant joyeux, insouciant, il était le plus fidèle sujet de son papa. Toujours à le suivre partout, à regarder par dessus le bureau afin de savoir ce que faisait Lucius, à parler comme lui, à reproduire le moindre de ses gestes. Comme tous les petits garçon, pour Draco, son père était son plus grand héros.

Lucius ne le força à rien. IL fut là pour son fils, le câlinant et l'amusant. En grandissant, Draco demanda à apprendre le combat. Narcissa avait été la seule à voir la petite larme au coin de l'œil de Lucius lorsque le petit garçon lui dit :

_ Comme ça tu pourras te reposer en sachant que je protégerais maman et les autres elfes. Tu es fatigué papa.

Oui, Lucius était fatigué. Mais jamais il ne l'aurait avoué à quiconque. D'un simple regard, Draco avait su percevoir en son père ce que personne d'autre ne pouvait voir : ses faiblesses. Ce jour-là, le roi avait longuement étreint son fils unique, remerciant sa femme pour lui avoir donné un tel présent. Draco devint le meilleur des soldats, et resta le meilleur des fils. Toujours serviable, obéissant au doigt et à l'œil face à son père mais restant tendre et doux envers sa mère.

Oui, Narcissa était chanceuse. La guerre qui allait éclater ne changerait jamais cela. Elle était tout simplement heureuse.

Elle sortit de ses pensées lorsque deux lèvres douces effleurèrent sa joue et leva ses grands yeux bleus vers son mari, souriant avec amour.

_ A quoi pensais-tu pour avoir un tel sourire ?, s'enquit Lucius avec un léger rire dans la voix.

_ Rassure-toi, mon ami. Tu es le seul à occuper mes pensées. Toi et Draco bien sûr.

_ En parlant de Draco,sais-tu où il est passé ? Je ne l'ai pas vu hier soir.

_ Notre fils médite dans sa chambre, gloussa Narcissa.

_ Il médite ? A quel propos ?

_ Je crois qu'un certain petit ange brun lui a tapé dans l'œil.

_ Tiens donc...Est-ce l'instinct féminin qui dit cela ?

_ Non. As-tu vu comment Draco regardait Harry ? Il le couvait des yeux. Je pense que dans peu de temps, vôtre fils viendra vous demander une faveur.

_ Il voudra accompagner Harry je suppose ? De toute façon j'avais déjà prévu de lui donner cette mission. Potter aura besoin de toute l'aide et la protection possible.

_ Ce garçon m'attriste, soupira Narcissa. Il est si jeune et est promit à un tel destin ! Mourir ou vivre en sachant qu'il a tué un membre de sa famille...J'ai peur qu'il soit plus fragile que l'on ne le pense.

_ Lawrence aussi est fragile, ma chérie. Cela ne l'a pas empêché de tout sacrifier pour protéger son peuple. Lorsque Harry comprendra qu'en faisant cela il préservera sa famille, il donnera tout ce qu'il a.

_ Je crois qu'il l'a déjà compris. Mais il est terrifié. Sois doux avec lui.

_ Je lui parlerais comme à mon propre fils, promit Lucius.

Celui-ci se dirigea de sa démarche altière vers le petit salon où l'attendaient James et Harry, tous deux silencieux, réfléchissant chacun de leur côté.

_ Pardonnez mon retard, mes amis, s'excusa Lucius.

_ Majesté, salua James en s'inclinant brièvement, vite imité par Harry avec maladresse.

_ James, comme cela fait longtemps que je ne t'ai vu ! Tu n'as pas changé, sourit affectueusement le Roi.

_ Je crains que cela ne soit pas tout à fait vrai, releva James en montrant sa jambe de bois du regard.

_ La guerre semble avoir changé beaucoup de choses en effet, murmura Lucius.

_ Lucius, hésita James. As-tu des nouvelles de Lawrence ?

_ Chaque jour, oui. Rassure-toi, je ne lui ai encore rien dit. Il va parfaitement bien. A son dernier courrier, il se trouvait au royaume, ou du moins ce qu'il en reste, des elfes Noirs. Il a été déserté, Lawrence en a profité pour y faire escale.

_ Qu'y fait-il ?, s'inquiéta l'elfe brun plus âgé.

_ Lawrence a formé une sorte de...communauté...avec des elfes guerriers survivants. Ensemble, ils cherchent une solution pour mettre fin au règne de Tom.

_ Je vois, sourit tendrement James. Law n'a jamais su resté les bras croisés.

_ Effectivement, rit Lucius. Mais Narcissa m'a prévenu que tu avais pris une décision, Harry ?

_ C'est exact. Cependant...

Le jeun homme fut brusquement interrompu par un jeune serviteur, échevelé et paniqué, qui avait fait irruption dans les appartements royaux sans aucune délicatesse.

_ Majesté ! Majesté !

_ Eh bien, je suis là, trancha Lucius d'une voix coupante, peu heureux d'avoir été dérangé ainsi.

_ Majesté, la magicien ! Le...Albus Dumbeldore, Majesté...

_ Parle, voyons ! Qu'attends-tu ?, le brusqua le Roi.

_ Il se meurt, Altesse. La Guérisseuse m'envoie, Majesté, pour vous prévenir que le vieil homme s'éteint.

Harry sentit son cœur se glacer. Une énorme boule prit place dans sa gorge, l'empêchant de respirer ou de dire le moindre mot.

_ Conduis-nous à lui, ordonna Lucius.

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Jamais, jamais Harry n'avait vu son grand-père aussi vieux, aussi faible et aussi loin de lui qu'en ce triste jour. L'infirmerie était immense, blanche et les lits étaient côté à côté, seulement séparés par des rideaux pourpres. Elle était vide de tout patient, hormis Albus. Celui-ci était allongé dans un lit, au fond de la pièce, près d'une fenêtre d'où l'on pouvait apercevoir un immense terrain vert, occupé par plusieurs elfes qui chantaient et jouaient au soleil.

Le vieil homme était horriblement blafard. De lourdes cernes noires entouraient ses yeux bleus presque éteints, son visage luisant de sueur semblait même avoir quelques reflets verdâtres. Ses cheveux blancs cascadaient autour de sa silhouette comme une flamme, tout comme sa longue barbe. Il était nu sous la couverture légère qu'il serrait entre ses poings, et son torse malingre était à peine visible. Là où devait se trouver son ventre, une énorme tâche rouge et malodorante ornait le drap, et au sol se trouvait divers bandages et bouts de tissus souillés que la guérisseuse devait avoir utiliser pour stopper l'hémorragie.

Celle-ci se dirigea immédiatement vers Harry, ses longs cheveux roux touchant presque le sol et ses yeux bruns remplis de larmes.

_ Vous êtes Harry Potter ?, s'enquit l'elfe féminine.

Le jeune homme hocha la tête, incapable de prendre la parole tant la vue de son grand-père si faible le bouleversait.

_ Dieu soit loué, vous êtes arrivé juste à temps, soupira la Guérisseuse. Il ne cesse de vous réclamer depuis une heure. J'avais peur que vous n'arriviez trop tard.

_ N'y-a-t-il rien que vous puissiez faire d'autre ? Espéra James en regardant douloureusement le vieux sorcier.

_ Malheureusement, j'ai fait tout ce qui était possible de faire. Il est âgé, vidé de sa magie, épuisé...L'empêcher de partir serait lui infliger d'autres souffrances.

James hocha tristement la tête et Harry s'avança misérablement vers son grand-père. Lorsque le vieillard le vit, un sourire grimaçant prit place sur son visage. Avec difficulté, il décrispa l'un de ses poings de la couverture qu'il tenait et tendit une main tremblante vers Harry qui s'empressa de la presser entre les siennes. La peau du magicien était aussi glacée que du marbre.

_ Harry, mon petit...Tu vas bien ?, souffla Albus .

_ Oui..., oui Grand-père je vais bien...Le Roi Lucius m'a tout expliqué...Je m'en veux tellement de t'avoir accusé depuis toutes ces années !

_ Oh...C'est sans importance...Tu sais Harry...Dans ma vie je ne regrette qu'une seule chose...

_ Laquelle? Demanda Harry en dévisageant avidement son aïlleul.

_ Celle de ne pas être vraiment ton grand-père...T'avoir comme petit-fils...même pendant un instant...a été...une telle fierté.

_ Mais tu es mon grand-père ! C'est toi qui m'a élevé, toi qui m'a protégé ! Je me fiche de leurs liens de sang...Tu seras toujours ma famille, pleura le jeune elfe.

_ Oh, Harry ne pleure pas...Ne pleure pas Imirin*...Tu n'es pas seul, mon garçon...Tu as tes pères, et de précieux amis seront là au cours du chemin...Je ne me fais aucun soucis en ce qui te concerne...

_ Mais, Grand-père...

_ Non, Harry...Mon heure est venue...J'ai accompli tout ce qui m'as été demandé...Et j'en suis...très heureux...Regarde-toi, Harry...Tu es une pure merveille...Beaucoup plus précieux que tu ne peux imaginer pour des milliers et des milliers d'êtres vivants...Reste en vie Harry...Pour eux...Pour moi...

_ Je...je ne sais pas si j'y arriverais, Grand-père..., sanglota Harry.

_ Tu n'es pas seul, mon enfant...Tu ne le seras jamais...Même si je tu ne me vois pas...Je serais toujours à tes côtés...Ici..., chuchota Albus en posant une main faible sur le torse de son petit-fils.

Harry recouvra cette main des siennes et la baisa avec amour, la trempant de ses larmes. Comment allait-il faire sans son aïlleul auprès de lui ? Sans ses conseils ? Sans sa présence ? Albus avait été son ami, son confident, un membre de sa famille...Sa seule famille en vérité...

Harry savait qu'après la mort de son grand-père, personne ne lui laisserait le temps de faire son deuil. L'heure n'était pas à la tristesse mais au combat. Alors Harry profita de ce bref moment pour se convaincre que oui, Albus allait mourir. Que, oui, c'était un événement bouleversant, blessant qui allait laisser des séquelles au cœur et à l'âme. Alors Harry pleura, pleura et pleura encore car il devinait que dans quelques heures, il devrait porter le masque du Chef, celui du guerrier fort et courageux qui songe plus au bien être de son peuple plutôt qu'au sien. Il devrait consoler et rassurer ses gens alors que lui ravalerais son chagrin pour, peut-être, le laisser sortir lorsque tout sera terminé. C'était son rôle, son devoir.

Jusqu'ici, Harry n'avait jamais vraiment prit son rôle au sérieux. Il rêvait d'aventures et de savoir. Mais à présent, il était l'espoir de tout un monde. .Et c'était une chose trop importante pour être ignorée.

Albus rendit son dernier souffle une petite heure plus tard. Au début, il avait juste fermer les yeux, trop épuisé pour les garder ouverts. Puis un sourire avait prit place sur son visage émacié et ridé. Sa respiration devint un léger souffle à peine audible. La vieille main fripée que tenait encore Harry avait brièvement serrer ses doigts avant de doucement se relâcher, prémisse d'une vie qui s'achève. Un dernier soupir, et Albus Dumbeldore ne fut plus.

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*Imirin : cristal en elfique

Voilà la mort d'Albus. Je voulais la faire plus en détails et plus longue mais j'avoue avoir été un peu en manque d'inspiration. Dites moi votre avis, quel qu'il soit car les conseils ne sont jamais de trop:) Merci de m'avoir lu et à bientôt j'espère.