~A propos de l'histoire~
Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.
Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)
Résumé : La paix. C'est tout ce qu'a connu cette nouvelle génération de sorciers, vingt ans de paix. Pour eux, les deux Guerres des Ténèbres ne sont que des faits Historiques lointains, qui ne sont bons qu'à être énoncés par l'inlassable professeur Binns.
James S. Potter et Gabriel Madder sont de cette génération et pensaient pouvoir vivre une vie tranquille aux côtés de leurs amis, profiter de leur jeunesse. Mais ils apprendront que même sans Mage Noir pour terroriser la population, leur vie ne sera pas forcément sans le moindre problème.
Et qui sait ? Peut-être que l'ombre plane, bien plus proche qu'ils ne peuvent se l'imaginer.
Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard
Rating du chapitre : K+
~Aide et correction~
Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes, mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.
~Note~
Je sais, j'avais dit que je ne posterais mes chapitres que les samedis et au moment où je publie, nous ne sommes pas un samedi, mais bien un jeudi. En effet, suite à de gros imprévus au niveau de ma vie privée, je me suis vu incapable de pouvoir m'occuper de la publication de ce chapitre le samedi qui va venir. Ayant cependant prévu de poster à l'origine ce chapitre à ce moment là et estimant que vous avez assez attendu pour la suite, j'ai fait le choix de vous publier ça deux jours en avance. Je compte reprendre ma publication les samedis pour les chapitres qui viendront ensuite.
Chapitre 5 : La chute
Il ne fallait pas être un génie pour comprendre ce qui se passait. James, terrifié, fixait son père tout en se massant la joue, rendue douloureuse par la gifle qu'il venait de recevoir. Il n'avait encore jamais vu autant de colère dans les yeux émeraudes de son père. Tout du moins, jamais dirigée vers lui et lui seul. Ce n'était plus son père, doux et prévoyant, qui lui faisait face. Non, la personne en face de lui était Harry Potter, l'implacable Auror et le pourfendeur de Voldemort. Son aura de magie était palpable, intimidante même. James se recroquevilla un peu plus sur son lit, se couvrant les bras de ses mains, craintif. Oui, il avait peur de son père en cet instant, peur de ce qui allait suivre.
Mais plus que ça, c'était bien l'incompréhension et la détresse qui hurlait en lui. James ne parvenait pas à se souvenir de ce qu'il avait fait avant de se retrouver ici, à l'infirmerie. Et il était pourtant certain que c'était ça la clé qui manquait, la cause de la présence de son père, de celle du directeur, de Neville et de Keepood.
« Pa… papa… murmura enfin James », la voix tremblotante.
Sa voix mourut dans sa gorge, au regard encore plus dur que Harry lui adressa. Il chercha de l'aide vers Gabriel. Mais ce fut en vain. Son meilleur ami était lui-même figé d'effroi, devant son propre père, Neil Madder. James devait avouer que s'il n'était pas aussi impressionnant que pouvait l'être le sien, le père de Gabriel avec son expression sévère était intimidant à sa manière. Le garçon ne pouvait que comprendre l'appréhension de son ami. Lui-même n'aurait pas été rassuré devant lui. Et de toute les manières, il devait déjà faire face à la colère de son père, ce qui restait une épreuve effrayante.
La situation resta ainsi quelques instants, sans que personne ni rien ne bouge dans l'infirmerie. Tout juste y eut-il un toussotement de l'autre côté des draps, sûrement d'un quelconque élève mal en point. Ce fut le professeur Harvey qui brisa cette scène et sous le regard inquiet des deux garçons, il murmura quelque chose à l'oreille de Mrs Faucett, qui disparut alors de leur champ de vision. Puis, le directeur éleva la voix.
« S'il vous plaît, veuillez-vous calmer Mr Potter. Vous aurez tout le temps de vous expliquer avec votre fils après notre entretien, dit-il d'une voix posée mais ferme.
— Veuillez m'excuser, professeur, grommela le père de James en se reculant, lentement.
— Il en sera de même pour vous, Mr Madder, ajouta le directeur.
— J'y comptais bien. »
Le ton qu'usaient leurs pères n'augurait rien de bon. James put voir Gabriel s'approcher de lui, pour s'appuyer contre son lit, sans grandes forces. Et il tremblait comme une feuille. Jamais il ne se souvenait avoir vu son ami dans un tel état de terreur. Lui-même sentait une boule se former au niveau du ventre. Et un simple coup d'œil à sa main lui confirma que lui aussi frissonnait de peur, sans pouvoir se contrôler. Son esprit fonctionnait à cent à l'heure. Mais qu'est ce qui se passait enfin ! Est-ce qu'on allait leur expliquer ? Ou allait-on les laisser dans le flou et juste les réprimander. Ces pensées tourbillonnaient, sans trouver l'écho d'une réponse. Tout juste cela réveillait-il son mal de crâne. James grimaça, se prenant la tête entre ses mains.
« Mais qu'est ce qui se passe bon sang… murmura-t-il, désespéré.
— Nous aimerions justement que vous nous en apportiez la réponse, tous les deux », déclara posément le professeur Londubat.
James releva son regard vers son directeur de maison, plaintif. Puis, il le reporta sur le dallage blanc et propre de l'infirmerie. Non, ça ne servait à rien. Si le ton de Neville – le professeur Londubat se corrigea-t-il – était posé, son regard lui était dur et ses traits ronds inhabituellement tirés. Gabriel, ses forces un peu retrouvées, s'avança alors d'un pas, devenant le centre de tous les regards.
« C'est ça le problème, murmura finalement le jeune Madder d'une voix faible. On ne se souvient de rien. Absolument rien… On ne sait pas pourquoi on est là, ni ce qu'on nous reproche.
— Balivernes ! s'exclama le concierge. Vous étiez là-bas !
— Julian ! »
Le simple haussement de voix du directeur suffit à calmer l'homme, qui marmonna des excuses. Mais déjà, de nouvelles questions fusaient dans l'esprit de James. Le garçon échangea un regard perdu avec Gabriel, qui n'était visiblement pas plus avancé que lui sur ce que pouvait être ce « là-bas ». Il se passa un instant de silence, avant que le directeur ne s'avance devant tout le monde, puis ne s'assoie sur le lit de Gabriel, pour faire face aux deux garçons.
C'était sûrement la première fois que James le voyait d'aussi près. Jamais encore il n'avait eu à faire face directement au directeur. C'était toujours le professeur Londubat qui s'était occupé d'eux lorsqu'ils avaient parfois été attrapés à faire quelques farces ici ou là. Le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'il avait perdu tout l'air sympathique qu'il leur inspirait habituellement. Ses longs cheveux noirs encadraient son visage, renforçant son aspect sévère donné par ses rides tirées.
« Vous dites donc n'avoir aucun souvenir… Vous nous dites bien la vérité, n'est ce pas ?
— On vous l'assure, professeur, confirma Gabriel, la voix un peu tremblante.
— Pourquoi on mentirait ! s'exclama James, laissant enfin éclater son désespoir. Ce serait pas malin de note part !
— James ! intervint Harry. Comment oses-tu t'adresser au directeur de Poudlard sur ce ton ? »
La remarque le fit se tasser un peu plus sur lui-même. James devait avouer qu'entendre cette trace de reproche dans la voix de son père ne lui était pas du tout familier. C'était même et surtout singulièrement désagréable et déstabilisant. Son cœur se serrait rien qu'à entendre son père lui parler avec cette voix-là.
Mais le directeur, face à eux, après s'être un instant frotté le menton, sûrement en pleine réflexion, tourna son regard vers le professeur Londubat.
« À votre avis, quelle serait l'origine de ce phénomène Neville ? demanda Harvey.
— Je l'ignore, avoua le professeur de Botanique, en croisant les bras. Ça me paraît si… improbable ? Facile aussi, peut-être ?
— Pourtant, je ne crois pas que nos deux jeunes élèves soient en train de nous mentir. A moins que je ne me trompe gravement. Qu'en pensez-vous Mr Madder ?
— Gabriel ? » grogna Neil Madder en tournant la tête vers son fils.
Gabriel sursauta à cet appel, se faisant minuscule. Mais il soutint malgré tout le regard couleur azur de son père, malgré l'éclat brillant, presque larmoyant, du gris de ses yeux. Finalement, le père et le fils détournèrent chacun leur regard, l'un le reportant sur le directeur, le second le baissant vers le sol.
« Je ne pense pas qu'il ment, déclara le patriarche Madder.
— En ce cas, il faut donc considérer ce fait, aussi improbable qu'incroyable, comme étant vrai. Nos deux coupables sont incapables de nous expliquer ce qu'ils ont pu faire. »
Coupable. Ce mot glaça le sang de James.
Ils n'étaient même pas suspects. Non, c'était déjà plus que ça. Ils étaient considérés coupables. Accusés d'avoir fait quelque chose dont ils ignoraient jusqu'à la nature. Il sentit des sueurs froide dans son dos. Cette réunion particulière était encore plus grave qu'il ne l'avait craint. Le directeur ne se déplaçait jamais pour rien. Et encore moins prenait-il la peine d'appeler les parents d'un élève si le problème était mineur. James, la gorge sèche, réalisa alors véritablement le pétrin dans lequel il se trouvait : il risquait l'expulsion de Poudlard.
Au regard tout écarquillé d'horreur qu'affichait Gabriel, James comprit que son meilleur ami s'était fait la même réflexion en son sein intérieur. Et au pied de son lit, Harry Potter, son père, gardait une mine indéchiffrable, perdu dans ses pensées.
« Nous sommes… c… coupables ? balbutia Gabriel. Mais… de quoi ? On vous l'a déjà dit, nous ne savons rien !
— Comment peut-on avoir fait quelque chose si nous n'en avons aucun souvenir ! s'exclama James.
— Ce n'est qu'un hypothèse… mais peut-être est-ce le château lui-même qui a effacé leur mémoire ? Après tout, Mrs Faucett dit bien avoir retrouvé en eux des traces de la magie de Poudlard, je me trompe ? »
C'était la voix du père de James qui s'était élevée dans le silence. James haussa les sourcils, perdu. Le château ? Comment-ça le château ! Il ne parvenait pas à comprendre comment Poudlard lui-même pouvait agir sur lui. Ils en parlait comme s'il s'agissait d'un être vivant et conscient. Pourtant, les regards de chacun des adultes s'illumina à la connaissance de cette nouvelle idée. Si pour lui et Gabriel cela n'avait aucun sens tangible, cela semblait clairement en avoir pour eux.
« Oui, ça me semble tout à fait possible, déclara Keepood. J'ai eu la chance d'être témoin des effets d'un peu de la magie de Poudlard à l'œuvre lors de mes années d'études. Et cela me semble tout à fait dans ses possibilités. Cela pourrait tout à fait expliquer leur perte de mémoire
— Si on considère cette hypothèse comme vrai, alors cela voudrait donc dire que le château s'est défendu de lui-même face à quelque chose qu'il a jugé très dangereux, ajouta le professeur Londubat, d'une voix songeuse. Cela voudrait donc dire…
— Que c'est peut-être encore plus grave que ce que l'on avait imaginé, acheva Neil Madder », en lançant un regard cette fois inquiet vers son fils.
James et Gabriel ne réagirent pas. Ils ne comprenaient pas. Ils ne pouvaient pas comprendre. Que quelqu'un leur explique enfin ce qui se passait ! Mais à nouveau le survivant intervint :
« Mais cela signifie aussi qu'il y a donc une chance qu'ils ne soient pas coupables, indiqua-t-il, avec un ton contrarié. La seule preuve que nous ayons après tout est uniquement leur présence dans le Cœur de Poudlard. Et cela reste bien peu, à la lumière des autres éléments. Leurs baguettes sont vierges de tout sort potentiellement dangereux et je ne parle pas de l'absence de souvenirs de l'incident.
— Je sais très bien ce que tu en penses Harry, indiqua le Professeur Londubat. Et je t'assure que je n'en suis pas plus satisfait que toi…
— Alors pourquoi ne pas envoyer paître le conseil d'administration ? Bon sang, il n'y a aucun coupable sûr et nos seuls suspects sont deux garçons de douze ans ! Et vous serez d'accord qu'il parait bien improbable pour d'aussi jeunes sorciers de s'introduire dans le cœur de Poudlard !
— En effet, dit Keepood, un peu frustré. Il est quasiment impossible de trouver l'accès du chemin vers le cœur si on ne sait pas où il se trouve. Et il est encore plus difficile d'y ouvrir l'accès. Je ne pensais pas qu'un élève, même de septième année, parvienne à y entrer.
— En ce cas, le conseil d'administration sera bien forcé de vous écouter et d'en conclure qu'on n'a pas de coupable actuel.
— Ce n'es pas possible Harry et tu le sais très bien. Ce sont nos postes à Poudlard qui sont en jeu… On ne nous laisse pas le choix, sinon de désigner un coupable, même innocent. Je déteste ça autant que toi, j'ai même l'impression de revenir au temps de Fudge ! »
Le Professeur Londubat avait craché le dernier nom avec une véritable grimace de dégoût, qui au-delà de la gravité de la scène, étonna singulièrement James. Le Professeur Londubat n'était pas du tout du genre à cracher sur les autres.
Ce fut le directeur qui reprit la parole !
« Et Mr Potter, si jamais aucun coupable n'était désigné, au-delà même de notre renvoi, vous aussi seriez sur un siège éjectable. L'opinion publique gronde et veut des têtes. Shacklebot lui-même est au pied du mur, lui qui est pourtant si apprécié…
— Donc si je comprends bien, prononça Gabriel, on est coupables par défaut ? Sacrifiés pour que vous puissiez garder votre poste ?
— Mr Madder… commença Harvey.
— C'est totalement injuste ! s'exclama-t-il alors. Vous ne pouvez pas prouver du tout notre culpabilité ! Et pourtant vous voulez nous mettre tout ça sur le dos ?
— C'est plus compliqué que ça, Gabriel, claqua Neil Madder. Tout le monde ici est bel et bien conscient de ce que tu pointes. Mais malheureusement, il doit y avoir des sacrifices…
— Papa…
— Je suis désolé Gabriel.
— Fais quelque chose Papa ! » implora alors James.
Harry Fixa son fils quelques secondes. James put lire sur son visage le conflit d'émotions en lui. Finalement, il ferma les yeux. Le garçon sut avant même qu'il ne les prononcent quelles allaient être ses prochaines paroles, des paroles qu'il redoutait.
« Je ne peux rien faire. Nous sommes pieds et poings liés. Et il n'est pas dans l'intérêt du monde de la sorcellerie Britannique que les têtes dirigeantes de quelques unes des institutions les plus importantes changent ainsi.
— Nous sommes désolés Messieurs… reprit Harvey. Mais ici, la loi sorcière normale n'a plus court… Cette affaire a réveillé de vieille peurs enfouies et il leur faut une figure pour faire office d'exutoire à leurs craintes. C'est la triste réalité.
—J'aimerais tellement qu'on puisse y faire quelque chose… grinça le professeur Londubat. Et pourtant, même vingt ans après, même avec tous les efforts de notre génération pour changer les choses, il n'y a rien à faire. La société sorcière est définitivement sans espoirs…
— Sachez également vous deux que nous avons déjà dû batailler ferme pour obtenir votre non-expulsion immédiate, acheva Keepood. Pour le conseil, votre présence seule dans le Cœur suffisait à vous incriminer. Ils se fichent bien de savoir pourquoi vous y étiez et comment vous y êtes arrivés.
— Le « Cœur », le «Cœur », vous avez ce mot à la bouche depuis tout à l'heure, mais on ne sait toujours pas ce que c'est ! parvint enfin à éclater Gabriel, désespéré. Qu'on nous explique au moins ce pourquoi on est accusé ! »
James ne put que sentir un élan de sollicitude transpercer sa torpeur, dirigée envers son meilleur ami qui mettait enfin des mots sur ce que lui-même n'arrivait pas à formuler. Il était au moins rassuré sur le fait qu'ils ne risquaient pas l'expulsion de Poudlard, ce qui restait une lueur d'espoir dans tout ce puit d'injustices. Mais présentement, c'était bel et bien cette notion de « Cœur de Poudlard » qui restait mystérieuse à ses oreilles. C'était même totalement incongru dans l'esprit de James. Le château avait… un « cœur » ? Il n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être, ni même où il pouvait se trouver. Et surtout, il voulait savoir pourquoi cela semblait si grave, assez pour que cette histoire cause de tels remous dans la société sorcière.
La question de son meilleur ami avait enfin réussi à faire prendre conscience aux adultes qu'eux ne savaient toujours pas quel était la faute que l'on mettait sur leurs épaules. Et il y eu un instant de flottement palpable, sûrement lié au fait qu'aucun d'entre eux n'avait imaginé devoir expliquer les faits à ceux qui étaient jusque là désignés comme étant les coupables. Cependant, le directeur de Poudlard se reprit plus rapidement que les autres et se releva du lit sur lequel il était assis, pour faire face, de toute sa stature, aux deux jeunes garçons.
« Savez vous comment fonctionne Poudlard jeune gens ? » demanda le directeur, le ton sérieux.
James et Gabriel échangèrent un regard surpris, une partie de leur colère fondant instantanément devant cette question qui les laissait pour le moins décontenancés.
« J'imagine… qu'il y a un lien avec ce fameux « cœur », non ? tenta James.
— Le Cœur est en effet le centre névralgique du château, confirma Harvey. On peut même dire qu'il s'agit de l'âme de Poudlard, là où sont prises toutes les décisions. C'est un lieu bien caché, car s'il est puissant, il est aussi très vulnérable…
— Autant dire que vous avoir retrouvé là bas est un mystère que l'on ne parvient pas à expliquer, continua le professeur Londubat. Les protections qui ont été mises en place pour en garder l'accès ne sont pas facilement franchissables.
— Surtout lorsque l'on parle d'élèves de deuxième année…soupira Keepood. Ça me paraît impossible même pour un élève de septième année. Autant dire que nous pensons évidement que ce n'est pas vous qui avez découverts l'accès.
— Oui ! s'exclama alors James, se saisissant de cette lueur à pleine main pour tenter de s'en sortir. C'est peut-être quelqu'un qui nous a piégé en nous emmenant là-bas ! Peut-être qu'il nous a effacé la mémoire exprès pour nous accuser !
— À la lumière de votre absence de souvenir, c'est en effet ce que nous supposons, dit Harvey. Mais le fait est que même si cela était le cas, nous ne pouvons le prouver, Mr Potter. Le processus pour retrouver des souvenirs effacés par magie est long, douloureux et incertain… Même des années de soin à Sainte Mangouste ne donnent pas toujours des résultats probants. La seule solution serait que cet hypothétique coupable annule son sortilège.
— Autant dire que cela est paradoxal, dans le sens où les souvenirs effacés seraient ceux qui pourraient nous conduire au réel coupable, dit alors Mr Madder. Cette piste est vaine, tout à fait inexploitable.
— Et il y a un autre point qui vous accuse, rappela Keepood. Nous n'avons peut-être pas assez insisté dessus, mais vous êtes inhibés de la magie du château, à un niveau très élevé, trop pour qu'il ne se soit rien passé entre ce dernier et vous. Être dans le Cœur ne suffit pas, il faut avoir agit directement sur la magie de Poudlard. Même des années passées dans le château ne laissent pas une trace magique aussi puissante. Ce n'est pas forcément une preuve irréfutable de votre culpabilité, mais cela prouve néanmoins que vous avez agi sur lui, dans un sens ou dans un autre.
— C'est tout du moins la conclusion que l'on peut avoir lorsqu'on évite d'écarter toutes les options, mentionna le professeur Londubat. Pour le conseil, cette magie est comme une signature en vous, la marque de votre culpabilité. »
C'était à en désespérer. Alors même qu'il existait des faits inexplicables, reconnus par les professeurs de Poudlard, d'autres points continuaient de les accuser sans pouvoir être contournés et utilisés par ceux voulant leur culpabilité. James ne pouvait répondre aux interrogations qui assaillaient son esprit. Gabriel, alors, matérialisa encore une fois l'une d'entre elles, importante.
« En quoi… c'est grave que nous ayons été retrouvés dans le Cœur de Poudlard ? dit-il d'une voix à la fois timide et songeuse.
— Oui ! Vous dites ça comme s'il s'agissait d'un truc horrible, mais ça ne peut pas être si terrible, non ? »
James comprit à l'air sombre et grave des adultes présents devant lui que contrairement à ce qu'il venait de supposer, il s'agissait bien de quelque chose de vraiment grave.
« Comment vous faire comprendre ? » murmura le professeur Londubat.
Le père de James prit alors les choses en main. Il traversa l'espace délimité par les tentures, pour arriver vers celle à leur droite. D'un geste franc, il tira alors ces dernières, dévoilant le fond de l'infirmerie.
James laissa échapper un hoquet d'horreur. Ce n'était pas la rangée de lits habituelle qui se trouvait là. Ou plutôt, cette dernière était ensevelie sous d'énormes amas de pierres, des blocs imposants, ayant donné l'impression d'avoir été soufflés par une puissante force. Le mur avait une ouverture béante, comme une blessure ouverte dans le château et James remarqua que l'insonorité et sûrement l'herméticité de la pièce étaient assurées uniquement grâce à des sorts lancés sur la fissure. Il pouvait voir le parc à travers, déjà plongé dans la pénombre de la nuit juste tombée. Enfin, une partie même du plafond et donc du plancher de l'étage supérieur, s'était même effondré. Derrière les verres de ses lunettes, ses yeux tremblaient à la vision ce spectacle. C'était de ça qu'on les accusait ?
« C'est…
— Uniquement un exemple des dégâts qu'a subit Poudlard, dit alors le père de Gabriel, sombre. Certaines ailes ont vu des couloirs être presque entièrement détruits.
— Mais… comment peut-on penser que c'est nous qui avons fait cela ! s'écria James, les yeux exorbités.
— Parce que vous étiez dans le Cœur, répondit Harvey, le regard braqué sur le sol. Et je vous l'ai déjà signifié, le Cœur de magie de tout élément appartenant à la magie, qu'il s'agisse d'un être ou d'un objet, est son point le plus vulnérable. La moindre variation, aussi subtile soit-elle, en son sein peut être synonyme de grand danger. Poudlard aurait très bien pu être détruite lorsqu'il y a eu une interaction avec le Cœur. Et vous-mêmes avez risqués la mort…»
Il s'arrêta, relevant ses yeux à la fois durs et désolés vers les deux garçons. En cet instant, le directeur avait un air grave qui tranchait singulièrement avec sa sympathie habituelle. James le croyait sans peine. Et même si tout cela lui déplaisait singulièrement, qu'il avait envie de hurler à l'injustice, il commençait maintenant à comprendre pourquoi la population voulait un coupable. Il frissonna, désormais résigné sur son sort, certain de ne plus pouvoir échapper à tout ça.
« J'ignore ce que vous avez fait dans le Cœur de Poudlard, mais la réaction qu'a eu le château en retour est sans précédant dans les milles ans qui composent son histoire. Pour être franc, l'utilisation de puissants sorts de magie noire ne m'aurait guère surpris.
— Tout le monde dans le château l'a ressentit, frissonna le professeur Londubat, pourtant l'un des hommes les plus brave que James connaisse. Il souffrait… il hurlait sa souffrance.
— Ce que vous voyez là n'est qu'un aperçu des véritables dégâts, acheva Keepood. Que la part visible pourrait-on aussi dire, sa magie est fragilisée. Même avec la magie, sûrement nous faudra il plusieurs semaines pour réparer le château… C'est un miracle que seuls des blessés mineurs soient à dénombrer…
— À quoi… ça ressemblait ? demanda Gabriel, un éclat de curiosité morbide dans les yeux.
— Toutes les personnes se trouvant dans le château ont d'abord senti son flux magique s'activer, reprit le concierge. Une sensation oppressante s'est emparé de chacun de nous.
— À dire vrai, chaque personne ayant un jour étudié à Poudlard a ressenti ce malaise, révéla Harry. Le château semble avoir laissé une marque en chacun d'entre nous. Et c'est pour cela que la population s'est autant alarmée.
— La magie laisse toujours des traces, déclara le directeur, le ton toujours grave. Quoi qu'il en soit, le flux s'est activé et a pris tout le monde en son sein. Puis, une violente décharge de magie a envahi tout le château.
— C'est sous cette émanation de magie, surpuissante, que les murs du château ont commencé à encaisser le choc et subir leurs premiers dégâts, dit Neville. Et pourtant… Ce n'était que la première vague. La seconde s'est accompagnée de l'activation des défenses du château. Pour la première fois depuis la fin de la Guerre des Ténèbres.
— C'est à ce moment là que nous avons commencé à comprendre ce qui se passait, reprit Keepood. Il devenait clair que le château se sentait menacé et réalisait ici une réaction d'autodéfense. La troisième et dernière vague, la plus violente, a terminé le travail en achevant les destructions. Les défenses, folles, ont bien failli tuer quelques élèves et n'ont pas atténué les destructions, bien au contraire… »
James voulait bien le croire. Si le spectacle cataclysmique qu'il pouvait observer devant lui n'était qu'une part faible des dégâts du château, il pouvait sans mal comprendre en quoi tout ceci était si grave. Il sentit son cœur se serrer toujours plus et sa gorge se faire sèche. Il aimait Poudlard. Et la pensée qu'on l'accusait d'avoir orchestré l'une des destructions les plus grave de son Histoire le rendait malade.
Il avait put voir les couleurs quitter peu à peu le visage de Gabriel au fur et à mesure que les adultes leur avaient expliqué ce qui s'était passé. Et il savait qu'il en avait sûrement été de même pour lui. Au fond de lui, une voix ne pouvait pourtant se résoudre à l'accepter et se révoltait. Ce n'était pas possible ! Jamais il n'aurait voulu faire ça. Jamais même n'aurait-il pu faire ça, même s'il l'avait désiré ! Il aimait Poudlard, profondément. Et pourtant, il avait apparemment été là-bas, avec Gabriel. Et malgré tous ses efforts pour tenter de trouver une trace de souvenirs, sa mémoire restait vierge, le laissant incapable de se rappeler quoi que ce soit.
« Après tout cela, je me suis rendu dans le Cœur accompagné des directeurs de maison et de Mr Keepood. Nous vous avons retrouvé gisants sans connaissance au sol, imbibés de la magie de Poudlard. Une magie assez violente pour vous avoir laissé inconscients plus d'une journée entière. Une magie qui vous a donc apparemment effacé la mémoire, afin que jamais vous ne retrouviez l'accès au Cœur. Et dans le cas possible que vous soyez coupables, que vous ne recommenciez pas ce que vous y avez fait.
— Mrs Faucett était assez choquée de la puissance de la magie que vous avez encaissé, termina le professeur Londubat. Selon elle, comme Julian a pu vous le dire plus tôt, vous auriez très bien pu en mourir.
— Vous nous pensez donc… coupables ?
— Nous non, dit Harvey. Certains professeurs continuent d'être sceptiques néanmoins… Et la population de Grande Bretagne, elle, oui. Nous avons réussi à obtenir du conseil d'administration de l'école de ne pas communiquer vos noms, mais je ne doute pas qu'ils filtreront malgré tout.
— L'effet de masse est toujours quelque chose de puissant, grimaça Harry. Malgré tous les efforts qu'a pu faire King… le Ministre pour indiquer qu'il y avait des chances que vous ne soyez pas coupables, la population vous a déjà choisi comme responsables, sans même savoir encore qui vous êtes.
— Nous en sommes désolés. »
Il se passa un nouveau moment de silence, pesant. Après la lueur d'espoir qu'ils avaient entrevu, les deux garçons étaient retombés dans la spirale noire du désespoir. James avait presque l'impression que les murs de l'infirmerie se refermaient sur lui, le piégeant dans un cauchemar dont il ne pourrait pas se réveiller. Gabriel fixait le directeur bouche bée, lui aussi plus pâle que James ne l'avait jamais vu. Le seul réconfort qu'ils pouvaient entrevoir, à savoir que les adultes présents face à eux les pensait innocent ne suffisait pas à leur donner un peu d'optimisme.
Et au fond, il restait la possibilité – aussi déplaisante était-elle dans l'esprit de James – qu'il soient bien coupables. Il baissa la tête vers ses mains, peinant croire qu'il ait pu faire cela, incrédule à l'idée que ces dernières soient celles qui aient mis Poudlard dans un tel état.
« Cette histoire ne concerne pas Poudlard seul. Cet incident a réveillé les peurs maintenant enfouies depuis presque vingt ans.
— Oui, confirma le chef des Aurors. Sur le coup, en apprenant que quelque chose de grave se passait à Poudlard, j'ai déclaré l'état d'alerte. Kings… le Ministre a appuyé la procédure, préférant s'assurer que nos craintes communes n'étaient pas fondé et mettant sa crédibilité en danger.
— Personne ne l'a dit, mais tout le monde pensait la même chose, marmonna le père de Gabriel. Tout le monde a eu peur de l'avènement d'un nouveau mage noir, ou du retour de V… de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Et même lorsque l'on a appris que cela n'avait rien à voir avec la magie noire, nombreux sont restés les parents à être inquiets pour leurs enfants.
— En effet, mon bureau est assaillit de missives de parents mécontents menaçant de retirer leurs enfants de l'école, répondit Harvey en soupirant. Et je ne les comprends que trop bien.
— Mais plus que ça… Les gens veulent un coupable, acheva Harry. Ils veulent des boucs émissaires sur qui reporter leurs peurs et leur colère. Ils le font déjà sur Kingsley, qui aura bien du mal à conserver sa place… Je pense d'ailleurs qu'il prend tout sur lui, pour éviter que cela me retombe dessus, ça lui ressemblerait bien… Et enfin nous savons tous que trop bien qu'il en est du même pour le conseil d'administration de l'école, qui veut un traitement exemplaire des coupables. »
Le directeur hocha la tête, l'air las. Ni James ni Gabriel n'osaient intervenir. Ainsi, ils allaient faire office de bouc émissaire pour permettre aux sorciers de Grande-Bretagne de dormir sur leurs deux oreilles ? Sacrifiés sans même qu'on puisse déterminer à coup sûr leur rôle réel dans l'affaire ? James serra le poing, la rage montant en lui. C'était tellement injuste !
Keepood soupira alors.
« Par ailleurs, vous deux, dit-il en tournant la tête vers eux, estimez-vous heureux de ne pas être renvoyés. Il semblerait que le nom de « Potter » ait joué en votre faveur.
— Julian, veuillez surveiller vos propos.
— Je… oui, excusez-moi directeur.
— Il n'a cependant pas tort, laissa échapper le père de James à demi mot.
— Nous ne sommes pas ici pour discuter de cela, déclara Neil Madder, le regard courroucé. Professeur, veuillez-donc leur donner leurs punitions, que je puisse enfin m'entretenir seul à seul avec mon fils.
— Comme vous le souhaitez, trancha Harvey. Mr Potter, Mr Madder ! »
Les deux garçons se tendirent, attendant la sentence. Leurs pères respectifs avaient chacun retrouvé leur regard dur. Et James, plus que jamais, avait l'impression d'être à la barre du Magenmagot, comme un Mangemort en attente de sa peine. La plus lourde possible.
« Dans un premier temps, sachez que chaque soir de la semaine hors week-ends, vous serez en retenue. Et ce jusqu'à ce que nous décidions que cette punition prenne fin. Les professeurs s'occuperont de vous transmettre lesquelles elles seront et sous la responsabilité de quelle personne elles se dérouleront.
— Ce sera à moi de m'en charger, déclara Neville. Ils sont après tout dans ma maison, il sont donc sous ma juridiction.
— Ensuite, sachez que nous ne tolérerons plus le moindre écart de conduite de votre part, comme vous vous en doutez. Vous êtes désormais à l'épreuve et même le plus petit manquement au règlement qui parviendrait aux oreilles du conseil d'administration serait synonyme pour vous de renvoi immédiat. Est-ce bien clair ?
— Oui monsieur, murmurèrent en cœur, de la même vois faible, les deux garçons.
— Mr Potter ? »
James sursauta et releva alors son regard vers Harvey. Son cœur se mit à battre plus fort que jamais, douloureusement. Que lui ? Gabriel n'était pas concerné cette fois ?
« J'ai appris que vous aviez été sélectionné dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, dit alors le directeur.
— Oui, répondit James, sentant le malaise commencer à monter en lui.
— Comprenez-donc qu'à la lumière des événements qui vous sont reprochés, je ne peux pas permettre que vous jouiez dans votre équipe. Même si je pense en toute honnêteté que vos coéquipiers auraient sûrement refusé de vous laisser jouer avec vous… »
James avait les yeux écarquillé, ayant l'impression qu'on l'avait plongé tout entier dans une baignoire remplie d'eau glacée. Pas de Quidditch. Ces quelques mots se répétèrent en boucle dans son esprit. Il ferma les yeux, sentant ces dernier le picoter. Non ! Il ne devait pas pleurer ! Un Potter, ça ne pleurait pas bon sang ! Mais c'était si dur…
« Quant à vous Mr Madder… Il me semble que vous êtes inscrit à l'Association des Duellistes, n'est ce pas ?
— Quoi ? » rugit le père de Gabriel.
James put voir distinctement son meilleur ami se coller au mur, le corps tendu, avec sûrement le souhait de disparaître. Mais c'était tout à fait compréhensible. Neil Madder, en cet instant, était devenu effrayant, regardant son fils avec un mélange de surprise, de colère et de reproche. James savait par Gabriel que son père n'aimait pas du tout les duels. C'était sûrement le pire moment inimaginable pour lui apprendre que son fils participait très justement au club de duel de Poudlard.
« Nous discuterons de ça plus tard, déclara finalement le patriarche Madder d'une voix glaciale.
— Oui papa, marmonna Gabriel qui semblait sur le point de fondre en larmes.
— Pour en revenir à votre punition, vous serez donc, vous aussi, privé de votre participation à cette activité, acheva le professeur Harvey. Ces conditions sont les seules vous permettant de continuer à étudier à Poudlard. C'est le traitement minimal que nous pouvons vous accorder avec ce qui vous est reprochés, soyez-en conscient. Oh, j'oubliais ! Je dois aussi mentionner que cela s'accompagne d'une lourde sanction envers Gryffondor. Je crains bien que ce soit aussi la première fois de l'Histoire de Poudlard que nous comptabilisons une maison avec un score négatif de points.
— Tous les professeurs veilleront à ce que vos punitions soient appliquées, continua Neville. Cela durera le temps qu'il faudra. Le temps pour que le conseil d'administration change d'avis à votre sujet. Nous avons dû les négocier, elles auraient pu être pires.
— J'ai bien peur que ces punitions ne soient que trop douces comparées à celle que vos camarades vous réservent, dit alors amèrement Keepood.
— Comment ça ? s'exclama James, incrédule. Ils savent qu'on est accusés d'être coupables de tout ça ?
— Il s'agit d'un secret absolu, répondit le directeur, las. Et nous ne savons tous que trop bien ce qu'il advient des secrets à Poudlard.
— Tout l'école est donc au courant, soupira amèrement Gabriel.
— Et bientôt tout une partie de la population sorcière de Grande-Bretagne, corrigea le père de James. Même si vos noms sont restés secrets, on ne peut pas empêcher les élèves d'envoyer des hiboux à leurs parents.
— Et alors ? Ça ne change rien ! Les gens nous apprécient, ils nous aideront, j'en suis sûr ! Qui n'aime pas James Potter à Poudlard, hein ?
— Vous seriez surpris de voir qui aime vraiment James Potter, répondit Keepood. Et vous ne le découvrirez que trop tôt. C'est malheureusement dans des cas comme celui que vous allez vivre que l'on découvre qui sont nos véritables amis…
— Je suis certain qu'ils ne croiront jamais en ma culpabilité ! rétorqua James, sentant une petite flamme s'allumer en lui.
— C'est vraiment ce que tu penses James ? »
C'était son père qui avait élevé la voix. Avec un ton désabusé. Par-dessus ses lunettes, il observait son fils d'un œil à la fois incrédule et déçu. James ne parvenait pas à comprendre pourquoi son père le regardait ainsi. Et pourtant, il reprit.
« Tu crois vraiment que parce que tu es un Potter les gens autour de toi t'apprécient tous ?
— C'est pourtant la vérité », répondit James, sa voix perdant cependant un peu de son assurance.
Il y eut un nouveau moment de silence. James fixait son père d'un regard rempli d'espoir. Mais désormais, c'était clairement la déception et même la peine qui avait pris place dans les yeux verts de Harry Potter. Il voulut reprendre la parole, mais fut alors interrompu par l'arrivée d'une nouvelle personne. Ou plutôt, de deux.
Dans l'espace des tentures, les deux préfets-en-chef, Viridian et Victoire, venaient d'apparaître, chacun plusieurs feuilles entre les mains. Dès lors que James les vit, il tenta de leur faire un petit signe de la main. Mais Victoire détourna aussitôt la tête, l'air un peu effrayée et Viridian ne lui laissa qu'un regard lourd de reproches. James sentit son cœur se serrer à nouveau. Ainsi, eux le croyaient vraiment coupable ?
Le directeur se tourna un instant vers les deux préfets-en-chef, reprenant alors momentanément et en quelques fractions de secondes son air bienveillant qui était bien plus familier aux yeux de jeune Potter
« Cela vous a pris plus longtemps que prévu Mr Viridian et Miss Weasley, commenta-t-il.
— Veuillez nous excuser, murmura Victoire. Nous n'avons pas l'habitude des couloirs que nous avons dû emprunter à cause des différents éboulements.
— Mais nous avons bien la liste des élèves qui ont été blessés et leurs blessures. Tene… oups ! »
Alors qu'il avait voulu donner ses documents, Viridian les avait malencontreusement laissé échapper, les laissant s'éparpiller par terre. D'un coup de baguette alors, le Préfet-en-Chef les réunit en un paquet uniforme, avant de les ramener jusqu'à sa main d'un Accio. James remarqua alors que sa main était bandée. Liam afficha un sourire gêné aux professeur, un peu honteux de ce petit ennui.
« Désolé, s'excusa le Serpentard. Je suis un peu fatigué par tout ça…
— C'est compréhensible, minimisa Londubat. Vous avez fait du bon travail tous les deux, allez donc vous reposer un peu. Et faites attention à votre main Mr Viridian, vous avez de la chance de n'avoir reçu que des éclats dessus et de ne pas avoir fini écrasé par les gravats.
— Entendu professeur… mais… J'aimerais d'abord savoir ce qu'il en est d'eux. »
D'un signe de tête, il désigna James et Gabriel. Le jeune Potter sentit ses convictions se fissurer. Viridian l'avait toujours apprécié… Alors pourquoi avait-il terminé sa phrase d'une voix qui laissait paraître du dégoût ? Il ne le croyait pas coupable quand même, si ? Son regard montrait un doute certain et James pouvait sentir que le Serpentard ne savait pas déterminer quelle émotion faire ressortir par rapport à lui et Gabriel.
Cependant, Victoire mit la main sur l'épaule de son comparse, la mine sévère.
« Liam, ça ne nous concerne pas, dit la rouquine.
— C'est vrai… Pardonnez-moi professeurs, je ne voulais pas me montrer aussi indiscret.
— Ce n'est rien, répondit le professeur Londubat. Mais si vous voulez vraiment le savoir, Messieurs Potter et Madder sont les seules personnes pour le moment liées à l'affaire. Nous ne pouvons vraiment savoir s'ils sont coupables ou non, mais il devront assumer la responsabilité des faits qui leurs sont reprochés, je le crains.
— Vous n'êtes pas certains de leur culpabilité ? s'étonna le Serpentard.
— Certains faits restent étranges et inexplicables, nous devons l'avouer, soupira le directeur. Et peut-être ne saurons-nous jamais vraiment ce qui s'est passé aujourd'hui. Mais ceci ne vous concerne plus guère. Merci de votre aide à tous les deux, vous pouvez partir vous reposer.»
Les deux Préfets-en-Chef saluèrent respectueusement le directeur de l'école, avant de disparaître, sortant de l'infirmerie. Lorsque la porte fut refermée, le professeur Harvey retourna son regard vers James et Gabriel. James put lire dans son regard toutes les excuses, profondes, que leur adressait le directeur.
« Messieurs… Je suis navré de vous infliger de telles mesures, mais comprenez que nous n'avons pas le choix.
—Vous oubliez quelque chose Mr le directeur, intervint alors Keepood. À propos du Cœur.
— Très juste… admit le directeur. Mr Potter… Mr Madder… Je vais vous demander quelque chose de très important… La dernière étape vous permettant de rester à Poudlard.
— Quoi donc ? s'inquiéta Gabriel.
— Je veux que vous juriez de ne jamais parler du Cœur de Poudlard à personne. Il doit rester secret, à tout prix, pour sa sécurité. »
Le regard du directeur prouvait tout son sérieux. Aucun des deux garçons n'osèrent imaginer un instant répondre par la négative.
« On… on le jure, marmonna James, essayant d'échapper au regard d'Harvey.
— Oui, on ne dira rien…
— Je pense qu'il ne serait pas de trop pour autant de prendre un maximum de précautions… commença le professeur Londubat.
— Je vois ce que vous voulez dire professeur, confirma le directeur. Après tout, nous ne sommes pas à l'abri d'une inattention de leur part et il ne faudrait surtout pas que cela se sache… Mr Potter, Mr Madder, avec votre accord, j'aimerais user sur vous du sortilèges du Iurare, qui vous empêchera de divulguer ce que vous savez.
— C'est… comme un serment inviolable ? demanda timidement Gabriel.
— Ce n'est ni aussi puissant, ni aussi radical, mais je doute qu'à votre âge vous ayez la force d'outrepasser la force du sortilège, s'amusa Keepood. Vous ne pourrez même pas réussir a écrire sur parchemin ce qui est mis sous serment.
— Très bien », lâcha James a contrecœur.
Sous les yeux attentifs de Neil Madder et Harry Potter, un peu inquiets pour leurs fils, le directeur procéda alors au sortilège. Chacun leur tour, les deux garçons durent jurer, pendant que le professeur établissait le sort, de ne divulguer, sous aucune exception possible et à personne l'existence du Cœur de Poudlard et tout ce qui y rapportait. Le sortilège activé, James eu beau essayer, l'expression « Cœur de Poudlard » ou « Cœur du château » ne parvenait pas à sa bouche, se bloquant toujours dans sa gorge et lui brûlant la langue. Dissuasif. Dès lors, le professeur Londubat se leva enfin et tourna son regard vers Harry.
« Bien… je crois que nous en avons fini pour le moment, déclara le directeur des Gryffondor. Harry, tu peux utiliser mon bureau pour t'entretenir avec James. Quand à vous Mr Madder, il me semble que le professeur Crivey a mis le sien à votre disposition.
— Je vous remercie professeur Londubat, salua respectueusement Neil Madder. Espérons que les punitions que vous avez décrété leur mettront un peu de plomb dans la tête. Gabriel !
— James, suis-moi », fit Harry.
Le moment de se confronter à son père. James devait avouer être de moins en moins rassuré. Et il le fut encore moins en observant le regard de détresse que lui envoya Gabriel. Il était encore plus terrifié que lui à l'idée de faire face à son père…
Non. James était sûrement le plus terrifié des deux. A dire vrai, il s'étonnait de pouvoir encore tenir sur ses deux jambes tant ces dernières semblaient ne pas pouvoir soutenir son poids. La seule chose sûre était que James mettait tous ses efforts pour rester digne, ne pas craquer. Il ne le devait pas. Ce n'était pas digne d'un Potter, ces lions courageux qui affrontaient les épreuves sans jamais flancher !
Pourtant, devant son père, James n'avait qu'une seule envie : prendre les jambes à son cou et ne plus jamais revenir. Il déglutit difficilement et après un dernier regard qu'il n'espérait pas trop désespéré à son meilleur ami, il suivit son père.
Alors qu'ils avançaient dans les couloirs du château, James se sentait de plus en plus mal. Les lieux étaient parfois méconnaissables. Les armures étaient couchées sur le sol, négligemment jetées contre les murs, certaines même éventrées. Un aspect désolé se dégageait de ces dernières et James soupçonnait que la magie de Poudlard se trouvait derrière ce sentiment, peut-être pour continuer de communiquer sa douleur. Et même sa tristesse aurait-il dit. Ils durent faire plusieurs détours, ne pouvant passer par certains couloirs trop endommagés, jonchés de pierres et de débris de bois. James avait pu remarquer que les Elfes de Maisons s'affairaient un peu partout, avec des sorciers que le garçon n'avait jamais vu.
« Ils ont été envoyés en aide par le ministère, informa Harry au regard perdu de son fils. Poudlard ne peut pas fermer, ils vont donc tâcher de faire les réparations au plus vite avec l'aide des Elfes de Maison.
— Ça leur prendra combien de temps ?
— Plusieurs semaine, peut-être un mois… Mais ils vont d'abord se concentrer sur les lieux les plus fréquentés, afin que votre vie quotidienne n'en souffre pas trop. Je crois qu'ils ont déjà terminé de remettre en état la tour des Serdaigle, qui ne souffrait que de dégâts légers. »
C'était donc aussi terrible que ça ? Au point où même avec de l'aide extérieure et toute la magie dont ils pouvaient faire preuve cela prendrait tant de temps ? Il ne pouvait que rester bouche bée devant ce Poudlard meurtri. C'était donc de ça qu'on l'accusait ? D'avoir mis Poudlard dans un tel état ? Le garçon sentit son cœur se serrer encore plus. Non ! Jamais il n'aurait pu faire ça ! Comment pouvait-on croire ça ?
Mais peu à peu, sournoisement, un doute terrible s'insinuait en son esprit. James ne pouvait s'empêcher de penser que peut-être, il était bien coupable de tout ça. Peut-être était-il assez idiot pour avoir faillit détruire Poudlard ? Qui pouvait le dire après tout, il n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé et c'était une possibilité envisageable, même s'il ne voulait pas y penser. À dire vrai, le garçon était désormais terrifié de retrouver ses souvenir et de découvrir qu'il était éventuellement coupable.
James baissa les yeux et n'osa ni les relever, ni parler à son père jusqu'à ce qu'ils arrivent au bureau du directeur des Gryffondor. Le chef des Aurors fit entrer son fils, avant de refermer la porte. Puis, il vint s'asseoir sur le bureau de son ami, pour faire face à James. Jamais le garçon ne lui avait vu un air si tiraillé entre des expressions aussi opposés que la colère et le soulagement.
« J'avoue ne pas savoir par où commencer, dit enfin le père de James.
— Je n'ai pas tenté de faire quoi que ce soit dans… là-bas papa, murmura le garçon en essayant de se convaincre lui même. Je te le jure… Je ne suis pas aussi stupide que ça, non ?
— Parfois, je me le demande. »
Cette réflexion prit James de court, le faisant écarquiller les yeux. C'était bien la première fois que son père lui faisait ouvertement un reproche sur son comportement. Harry Potter décroisa les bras, pour se passer la main dans les cheveux, probablement pour retrouver un peu de contenance. James avait l'impression de se retrouver dans le bureau de son père, au Septième Ciel.[1] Neville avait la même manière de s'organiser que lui, ce qui ne faisait qu'accentuer la ressemblance.
« James, j'ai déjà reçu deux lettres de l'école en une semaine, soupira-t-il. Deux lettres pour indiquer que tu ne suivais pas les cours et même les perturbait parfois.
— Je… ça n'a rien à voir, papa !
— Malheureusement si. Vois-tu, cela signifie que je ne peux te faire confiance… Par ailleurs James, sais-tu à quel point j'ai honte de savoir que tu es accusé de la plus belle bêtise jamais réalisée à Poudlard ?
— Ce n'est pas moi… murmura James, sans vraiment montrer grande conviction désormais.
— Que tu aurais pu te retrouver devant le Magenmagot pour ça ? Voir même risquer Azkaban ? Ah, il aurait eu l'air beau le Chef des Aurors Harry Potter à devoir envoyer son fils encore mineur en prison ! »
Le garçon ne trouva rien à répondre à ça et baissa le regard vers les chaussures de son père. Après avoir eu un aperçu des dégâts, il n'était pas si surpris que les éventualités évoquées par son père aient été envisagées. Un nouveau poids tomba dans son estomac.
« Je ne te crois pas coupable, tu le sais bien, dit son père. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Tu as de la chance de pouvoir encore rester à Poudlard.
— C'est donc vraiment le nom de « Potter » qui m'a sauvé ? Papa… je… »
Il ne trouva pas comment continuer sa phrase. Ni même le courage de le faire. Harry enchaîna donc, continuant sur le même ton de reproche.
« Parfois, je me demande si je n'ai pas été trop mou avec toi, soupira l'Auror. Tu n'imagine pas à quel point j'ai honte de toi ce soir !
— Désolé…
— Il n'y a pas de désolé qui tienne James ! Je pensais pourtant que tu allais grandir ! Et peut-être même qu'avec la carte, au moins tu en aurais profité pour ne plus te faire prendre !
— Comment tu sais pour… commença James, bouche bée.
— Tu croyais vraiment m'avoir berné James ? Petit idiot ! Évidemment que j'ai vu que tu étais entré dans mon bureau et que tu avais pris la carte. Tu as encore beaucoup à apprendre pour espérer pouvoir berner un Auror… Et pourtant, même avec ça, tu as continué tes bêtises… Alors, j'imagine que tu ne verras aucun inconvénient à ce que je la reprenne. »
Encore une fois, le ton était sans réplique. La main tendue devant lui ne demandait pas, elle exigeait. Lentement, James mit la sienne dans sa robe, puis en sortit le vieux morceau de parchemin. La main de son père l'arracha quasiment de son emprise. James regarda, avec un sentiment de détresse, son père ranger sa précieuse carte dans la poche de sa robe. Puis, il baissa la tête, les dents serrées, avant de relever son regard vers son père, tentant de retrouver contenance.
« Par ailleurs James, il y a autre chose dont nous devons discuter… Considère-tu ton nom comme étant un chance ? Comme étant quelque chose qui te rend exceptionnel ?
— Oui », répondit James sans vraiment réfléchir.
Le regard d'Harry Potter s'assombrit subitement, ses yeux ne devenant plus que deux fentes. James ne comprit pas pourquoi, mais il savait cependant que sa réponse était la mauvaise. Ou en tout cas, que ce n'était pas celle que son père avait espéré entendre. La phrase suivante eu l'effet d'un gifle.
« Imbécile, lâcha finalement le sorcier du bout des lèvres.
— Mais…
— Te rends tu compte de ce que tu es James ? De ton comportement ? Albus m'envoie des lettres, il me dit comment tu es… Tes cousins aussi se plaignent de toi ! Je ne voulais pas y croire… Je pensais juste que tu était un enfant turbulent. Mais le fait est là James… Tu te comporte comme le derniers des imbéciles, comme un petit crétin imbu de lui-même, sûrement pire même que Draco Malefoy lorsqu'il était à Poudlard. Et Merlin sait qu'il était le roi des crétins arrogants !
— Papa, je… fit James, tout en sentant sa voix se briser.
— Un nom ne te définit pas James ! Comprends-tu ça ? Le nom de Potter ne te rends pas exceptionnel ! Ou alors, il te rends exceptionnellement idiot ! Lorsque je t'ai donné les noms de mon père et mon parrain, jamais je n'aurais imaginé que tu prendrais les pires traits de chacun d'eux ! Dire que je suis déçu est un euphémisme James… »
C'était l'équivalent d'un véritable coup de poignard en plein cœur que son père venait de lui assener là. En un instant, toutes les croyances de James venaient d'être balayées. Plus que jamais, il dut lutter de toutes ses forces pour ne pas que les larmes coulent. Pourtant, tout son corps tremblait et hurlait sa détresse. Son souffle s'était fait difficile à reprendre et le garçon lançait un regard implorant à son père, cherchant comment s'en sortir.
Mais Harry Potter fixait son fils sans la moindre once de fierté ou de joie à cet instant précis. James baissa la tête, la bouche tremblante, le cœur lourd. Il se mordit l'intérieur des joues pour ne pas craquer. Il ne devait pas craquer… Il ne devait pas.
« Tu ne rentreras pas à la maison pour les vacances de noël, déclara finalement l'Auror. Ni pour celle de pâques. Tu resteras à Poudlard.
— Mais et le match de Quidditch ? » hurla James, l'horreur prenant le dessus sur la tristesse.
Il sut aussitôt qu'il avait fait une erreur. Le visage de son père avait blêmit un instant, avant de rougir de colère, ses yeux devenant de minces fentes.
« Tu subis toutes ces punitions… ET C'EST A CE FOUTU MATCH DE QUIDDITCH QUE TU PENSES ? hurla son père. NE PAS REVOIR TA FAMILLE POUR LES FÊTES DE FIN D'ANNÉE EST MOINS IMPORTANT QUE ÇA ? »
Il s'interrompit un instant, avant de prendre sa tête entre ses mains, l'air fatigué et désespéré. Le jeune Potter lui n'osait réagir. Il lui semblait même ne plus réussir à prendre son souffle. Et il avait peur que quoi qu'il puisse dire, cela ne fasse qu'empirer les choses. Il attendit, dans le silence, prêt à tout encaisser.
« Qu'est ce qu'on a fait pour louper à ce point ton éducation, murmura alors Harry. James… je croyais que tu ne pourrais pas plus me décevoir que ça… Tu resteras à Poudlard. Je reprends ta carte, ton balai aussi et enfin, sache que si jamais je reçois la moindre lettre de l'école pour le plus petit écart, ce ne sera pas moi qui viendrait te chercher. Ce sera ta mère. Et je pense que nous savons tous les deux ce que cela signifie. »
James resta silencieux, honteux, au fond du trou. Ainsi, s'il gardait le droit de rester à Poudlard, ce n'était que pour y être prisonnier. Peut-être n'était ce qu'un juste retour du destin ? Peut-être le méritait-il vraiment ? Finalement, il chercha ses mots dans sa gorge, puis releva lentement la tête.
« J'imagine… j'imagine que je n'échapperais pas à la beuglante ?
— Non, en effet, répondit son père d'une voix tout aussi désabusée que son fils. Même si j'avoue avoir tenté de dissuader ta mère. »
Il se permit un sourire triste, avant de se redresser. Harry s'avança de quelque pas, avant de se baisser devant son fils. James pouvait voir à quel point son père était inquiet pour lui. Il pouvait aussi voir qu'il souffrait de ne pas voir en lui le fils qu'il aurait dû être. Les doigts de Harry vinrent caresser les cheveux broussailleux de James, montrant malgré tout l'affection qu'il gardait pour lui.
« Je suis désolé James. Je sais bien qu'en ayant été obligé d'accepter que tu sois désormais considéré comme un des coupables de cette affaire, je vais te forcer à vivre des jours bien douloureux. Ce monde est cruel, les étudiants envers les autres aussi… Mais plus que ça James, tu dois comprendre que ton comportement n'est pas tolérable…
— Je suis désolé, murmura le garçon.
— Il est trop tard pour s'excuser. La seule chose que tu peux faire à présent, c'est encaisser et tenir… »
Les quelques minutes qui suivirent passèrent comme un coup de vent aux yeux de James. Sûrement son esprit recevait-il le contrecoup de tous les chocs qu'il venait d'encaisser à la suite. Il lui sembla n'avoir que cligné des yeux, pour voir alors le visage de Gabriel devant lui. Le garçon le regardait inquiet.
« James, tu vas bien ? lui demanda-t-il, d'une voix faible.
— Je vais bien, répondit-il, d'une voix qu'il espérait la plus neutre possible. Et toi, ton père ?
— Ça aurait pû être pire, fit Gabriel en baissant la tête sombre. Au moins maintenant il sait… Mais tu es sûr que tu vas bien ?
— Oui. »
Mais James lui-même n'y croyait pas. Non il n'allait pas bien du tout. Depuis son réveil, il avait l'impression d'être en plein cauchemar, que toutes les pires choses qui pouvaient lui arriver lui tombaient dessus les unes après les autres. Mais il s'était déjà pincé plus d'une fois et avait dû accepter l'évidence même que ce qu'il vivait était malheureusement la réalité. Le malaise qu'il ressentait n'en terminait jamais de grandir, mélangeant sa solitude avec de la peur et de la culpabilité. Son père était parti sans même lui lancer un dernier regard souriant comme il avait l'habitude de le faire. Et même si son meilleur ami était là à ses côtés, le froid qu'il ressentait ne trompait pas. James se sentait seul, abandonné, vide.
Il suivit le professeur Londubat qui les ramenait à la salle commune comme un zombie, sans réagir à quoi que ce soit, sans répondre à Gabriel qui essayait de lui parler. Il ne comprenait pas ce que son ami lui disait. Seuls les mots de son père, son regard déçu, se répétaient en boucle dans son esprit, le torturait. Ils s'ajoutaient à la voix pernicieuse dans son esprit, qui lui murmurait qu'il était coupable. Ce fut la vision du portait de la Grosse Dame qui le sortit de ce cercle de pensées négatives sans fin.
« Je vous laisse donc ici, annonça le professeur Londubat, en reprenant son ton le plus officiel, malgré son regard un peu triste. Sachez que demain soir, votre retenue se fera avec le professeur Deauclaire. Vous avez compris ?
— Oui professeur, répondit Gabriel.
—Je vous souhaite donc une bonne nuit et bon courage. »
Dès lors, le professeur donna le mot de passe au portrait et laissa les deux garçons devant l'entrée de leur sale commune. James tourna la tête vers Gabriel, qui avait fait de même. Il devinait que le regard d'appréhension que son ami lui envoyait était sûrement le même qu'il devait avoir dans les yeux. Le jeune Madder hocha la tête et les deux garçon s'avancèrent.
~Fin du chapitre~
[1] Le Septième Ciel est le nom de la demeure des Potter, où vit donc Harry et sa famille.
~Edit du 20 janvier 2014~
Suite à plusieurs remarques (justes) de quelques lecteurs, j'ai modifié ce chapitre de façon plus ou moins importante, afin de résoudre le problème qui avait été relevé. Je pense que désormais, tout doit être plus cohérent, plus vraisemblable.
Eh bien, je crois qu'il en est fini de ce cinquième chapitre de Sigma.
Je pense que vous commencez maintenant a y voir un peu plus clair, même si le tout reste évidemment volontairement nébuleux. Mais il est clair que vous pouvez déterminer maintenant un peu ce qui va suivre. J'espère aussi que découvrir Harry Potter version Chef des Aurors de 36 ans vous aura plu. Même si pour le coup il est très légèrement en colère. Très légèrement.
Le chapitre 6 n'a pas de nom encore définitif, mais comme d'habitude, pas d'inquiétude, il est bel et bien achevé. Il prendra suite directement au moment où l'on s'était arrêté et montrera globalement comment Poudlard va accueillir nos deux héros. Sachez que le point de vue sera toujours celui de James.
Bien, en tout cas, j'avoue espérer de tout cœur que la lecture de ce chapitre aura été à votre goût. Aussi, je serais heureux, comme d'habitude, d'avoir des retours par reviews, qui font toujours plaisir, quelles que soient la longueur. N'hésitez pas, je ne mords pas, je réponds et j'accepte très largement les critiques tant qu'elles sont fondées sur des arguments (et ces critiques permettent souvent de m'améliorer). Et comme à chaque chapitre, je mentionne aussi que je réponds bel et bien aux reviews dites "anonymes", c'est à dire les commentaires laissés par les gens n'ayant pas de compte sur le site. Le lien des réponses se trouve dans la bio de mon profil, accessible en cliquant sur mon pseudo.
Merci encore d'avoir prit de votre temps pour me lire et à la prochaine !
Niv'
