Bonjour, Bonsoir ! Voilà le quatrième chapitre d'Illusion. J'espère qu'il vous plaira en vous souhaitant une bonne lecture. Pardon s'il y a des fautes et je précise que certains personnages m'appartiennent, d'autres sont à J.K Rowling.

Chapitre 4 :

La Plus Grande Force d'Harry Potter

And I don't know
This could break my heart or save me
Nothing's real
Until you let go completely
So here I go with all my thoughts I've been saving
So here I go with all my fears weighing on me

Sober, Kelly Clarkson

_ Harry, bon sang, réagis !

La voix de James sonna plus comme une supplique que comme un ordre. L'homme se passa une main désespérée dans les cheveux, les désordonnant encore plus, serrant les dents devant le chagrin qui montait.

Voilà trois mois qu'Albus était décédé. Trois mois qu'Harry restait cloîtré dans sa chambre, refusant d'ouvrir à quiconque, même à son propre père. S'il n'apparaissait pas parfois sur le balcon de sa chambre, on l'aurait crû mort. La perte de son grand-père l'avait plus affecté que l'on n'aurait pu le croire. Le jeune elfe était resté prostré des heures devant le corps inanimé, sous l'oeil inquiet de son père. Il n'avait pas verser de larmes, mais était simplement resté immobile, les yeux dans le vide, complètement amorphe. James l'avait raccompagné dans sa chambre, pensant qu'il avait besoin de repos après cette dure épreuve. Depuis, Harry n'en était pas sorti.

Non seulement cela, mais le peuple d'Harry était en totale panique. La disparition d'Albus, puis celle de son petit-fils qui était le chef les inquiétaient. La guerre était toujours présente, et chaque jour, de nouvelles populations arrivaient au compte goutte. La peur était partout et personne n'était présent pour les rassurer, hormis les Souverains et James. Mais Harry n'était toujours pas là et les paroles douces de parfaits étrangers et d'un elfe qui appartenait à leur peuple mais dont ils ne connaissaient rien, ne suffisaient plus.

James soupira et se frotta les yeux avec lassitude. Pourquoi Harry s'entêtait-il toujours à être seul ? En plus d'être inquiet pour son fils, le plus vieux se sentait presque blessé par le comportement d'Harry. Il était son père, bon sang ! Pourquoi ne le laissait-il pas entrer pour le réconforter, le rassurer ? Pourquoi le rejetait-il ainsi alors que son rôle était de l'entourer ? Certes, pendant des années Harry n'avait eut aucune idée de sa véritable identité, ni de son véritable statut familial. Mais avait-il besoin de lui faire payer cela aussi durement ? Et Albus ? Il n'était même pas venu à son enterrement, pourquoi ?

Désespéré par tant de questions sans réponses, James commença lentement à s'éloigner de la porte qui le séparait de son enfant. Sur le chemin du retour, il croisa Lucius, son épouse et leur fils. Le Roi l'interpella presque immédiatement :

_ James, comment va-t-il ?

_ Je l'ignore, répondit le brun avec amertume, il refuse toujours d'ouvrir à qui que se soit. Même à moi...

_ Courage, mon ami, lui dit Narcissa en posant une main douce sur son épaule. Je suis certaine qu'il a une raison bien précise pour agir ainsi.

Et la Reine ne croyait pas si bien dire.

Car dans sa chambre, Harry était bien loin de pleurer sur son sort ou sur celui d'Albus. En vérité, il n'avait pas prit une seule minute pour faire son deuil. Bien sûr, il savait que son comportement devait blesser énormément de monde, en particulier James, mais il ne devait pas gaspiller une seule seconde.

Une seule chose comptait pour l'instant : vaincre Voldemort.

Il avait longuement, très longuement, réfléchit sur cet homme. Avec ce qu'il savait, avec ses déductions et ses croyances. Et une idée avait germée de son esprit. Les paroles d'Albus et de Narcissa l'avait mit sur la voie. Mais il se devait d'en être sûr.

Trois mois qu'il était enfermé dans cette chambre, à lire, à écrire, à apprendre. Les livres de la bibliothèque placée dans sa suite l'avait énormément aidé. Des sortilèges, des légendes ou des récits d'aventuriers et de sorciers lui avait beaucoup servi. Mais son peuple lui manquait, son père lui manquait.

Trois mois que sa magie fonctionnait à vive allure, avec toute la force et la volonté qu'il possédait. Assis en tailleur sur le plancher, pieds et torse nus, il soufflait durement, recouvert d'une épaisse pellicule de sueur. Ses cheveux en étaient trempés et gouttaient désagréablement dans son dos. De plus, la nourriture lui manquait également.

C'était un sort inventé par Albus que celui-ci lui avait confié afin qu'il puisse assimiler le plus de choses possibles lors de son apprentissage. Un sort très complexe qui permettait de plonger dans une transe profonde. Si profonde que les choses quotidiennes comme manger, boire ou dormir étaient complètement occultées par l'idée d'ingurgiter le plus de connaissances possibles. Pendant cette période d'isolement, la magie devait se manifester en permanence. Pour que ces notions soient mieux acquises, elle devait accélérer le mode de fonctionnement de la mémoire visuelle. Ainsi, les rudiments lus étaient immédiatement enregistrés par le cerveau. En plus de cela, la magie donnait à son corps tous les nutriments, vitamines et autres choses dont il avait besoin afin de ne pas faiblir. Cela demandait une concentration de tous les instants qui le laissait pantelant et complètement vidé de sa magie mais qui valait largement ce sacrifice.

Et au bout de quatre-vingt dix jours, il avait enfin terminé. Tous les livres et parchemins avaient été décryptés, enregistrés, au prix de longues heures et de longues semaines difficiles. Il avait toutes les connaissances magiques dont il avait besoin. A présent, il était temps de sortir de cette chambre et de remplir le rôle qui lui avait été donné.

Mais pas tout de suite. Un petit instant de repos et de tranquillité avant que tout ne commence.

Avec un affreux mal de jambes à force de rester immobile aussi longtemps, Harry se leva lentement et ouvrit la porte annexe à sa chambre. La salle de bain, immense, se dressa devant lui et le jeune elfe se promit de rester au moins deux heures dans cette grande baignoire de marbre. L'eau était déjà prête et des vêtements propres l'attendaient déjà sur le rebord, tout comme une épaisse serviette de bain. Il bénit la magie des Hauts-Elfes. Avec un soulagement et un bonheur sans nom, Harry se déshabilla et entra dans l'eau tiède. Aussitôt, un frisson de bien-être secoua tout son corps en entier et il s'abandonna sur le rebord, laissant flotter ses jambes douloureuses à la surface.

Ses pensées le ramenèrent à sa famille. Car si il y avait bien une chose qu'il avait apprise et acceptée, c'était qu'il n'était plus seul désormais. Il avait des parents, dont un qu'il ne connaissait pas mais qu'il avait hâte de rencontrer. Un parrain dont il ignorait tout également mais qui semblait être un homme noble. Et il y avait James, Fàlcon, ou peu importe son nom. Il était son père, un homme qu'il avait toujours apprécié, admiré et peu importait son identité. Il était son père, l'avait toujours été même s'il avait mit du temps à le comprendre, le reste ne comptait pas.

Et Albus...Oh, Albus ! Celui qu'il avait le plus aimé dans sa courte vie. Quelle douleur il avait ressentie lorsqu'il avait entendu les chants traditionnels d'un enterrement elfique tout en ne pouvant pas y assister. Mais cela viendras, plus tard, beaucoup plus tard lorsque la guerre sera terminée. S'il ne s'en sortait pas, alors il irait le rejoindre. S'il vivait encore, il irait honorer sa mémoire avec tout l'amour qu'il pouvait donner.

Oui, s'il survivait, il profiterait de cette chance qu'il lui était offerte. Celle d'être entouré de personnes qui l'aimaient et qu'il aimerait à son tour. Quelle joie cela devait être !

Mais pour le moment, beaucoup de zones d'ombres planaient autour de Voldemort. Des zones qu'il devait explorer pour pouvoir le vaincre. Et pour cela, il fallait qu'il s'entretienne avec Severus Snape, l'ex-amant de Tom et avec Lawrence, son propre frère. Qui pouvait prétendre connaître mieux Tom Jedusor à par eux ?

Harry fit le vide dans ses pensées pendant un moment, profitant simplement du repos dont il avait ta nt besoin. Puis il se savonna, se leva, se sécha, en prenant tout son temps et s'habilla. La tunique noire aux reflets bleutés tomba parfaitement sur ses hanches et ses cuisses et le pantalon moulant mit ses formes androgyne en valeur. Il chaussa de longues bottes qui lui arrivaient aux genoux et qu'il noua avec des lacets. Puis il coiffa ses cheveux en un chignon complexe qu'Albus adorait le voir porter. Après un dernier regard pour son reflet, Harry inspira profondément, sorti de la salle de bain et ouvrit les portes de sa chambre avec la ferme intention de se rendre aux appartements royaux pour une petite mise au point.

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_ Je ne le comprends plus, se désespéra James en s'affalant dans un des fauteuils présent près de la cheminée.

Lucius et Narcissa échangèrent un regard inquiet. Ils étaient rassemblés dans les appartement royaux. Draco semblait lire un livre quelconque tandis que Severus et Sirius restaient immobiles, installés sur le divan près des deux souverains. Sirius regardait James avec peine et regret.

Tous deux étaient des amis de longues dates. Sirius descendait d'une lignée de créatures nommées Thériantropes. Ces créatures descendaient tous d'animaux et avaient ainsi le pouvoir de se transformer en l'animal qui les caractérisaient le plus. La famille de Sirius, les Black, était très réputée. Narcissa était bien placée pour le savoir, car avant d'épouser Lucius, elle était elle-même une Black. Ils avaient toujours eut une place particulière à la Cour, de part leur richesse et leur puissance. Mais s'ils étaient très demandés, ils étaient également haï. Les Black avaient toujours servi le Mal et les Ténèbres. Alors lorsque Voldemort prit le pouvoir, ils n'hésitèrent pas à tourner le dos à tous pour rejoindre sa cause. Seul Narcissa et Sirius décidèrent de se rebeller. Tous deux étaient différents de leurs parents. Alors que les autres membres de la famille étaient des reptiles, eux appartenaient à l'espèce des canidés, preuve de leur caractère dynamique et de leur fidélité pour leurs proches.

Lors de sa première transformation en renarde, Narcissa avait été sauvagement punie de sa différence. Elle fut ignorée et rejetée par ses parents, ainsi que par sa plus jeune sœur Bellatrix qui devint la coqueluche de la famille. Seule l'aînée, Andromeda, lui donna de l'attention. Mais lorsqu'elle se maria avec un elfe Sylvestre, elle fut bannie par les Black et plus personne ne la revit. Perdue au milieu de cet environnement dur et sombre, Narcissa se forgea une carapace que rien ne pouvait atteindre...en apparence. Sa rencontre avec Lucius changea sa vie du tout au tout. A cette époque, il n'était que Prince. Son père était un homme noble, mais infiniment sévère et son fils en souffrait. Ce fut lors d'un bal qu'il se virent. Chacun était à côté de sa famille, se regardant de loin. Mais tous deux avaient ressentie cette impression d'euphorie et de nervosité qui qualifiaient tant les jeunes amoureux. Ils partagèrent une danse, puis deux, puis trois...Tout la nuit, ils restèrent ensemble. Ils parlèrent, rirent, dansèrent... Jusqu'à ce que, à peine un mois plus tard, Lucius vint demander sa main. Etant un membre de la famille royale, les parents de la jeune femme ne pouvaient refuser cela au jeune homme. Mais dès les noces célébrées, ils la déshéritèrent et Narcissa stoppa tout contact.

Cela sera des années plus tard qu'elle revit Sirius. Ils ne s'étaient pas vus depuis leur petite enfance. Etant des amis très proches de Lawrence, le couple royal fut invité à se rendre à la Cité afin de rencontrer le mystérieux amour de leur ami. Quelle surprise lorsqu'elle vit, juste derrière James, ce beau jeune homme aux yeux bleus ! Des yeux très reconnaissables chez les Black car la couleur était très particulière et unique : un mélange insolite entre le turquoise et l'indigo. Et quand le jeune homme se transforma en gros chien noir pour la saluer comme il se doit ( c'est-à-dire à grands coups de langues et de tête affectueux), elle n'eut plus aucun doute.

Sirius lui raconta que de part son statut de canidé, il avait été lui aussi rabaissé et rejeté de la pire façon par ses parents et son frère. Heureusement, à force de se promener sous forme animale dans les forêts, il avait rencontré James lorsqu'ils étaient enfants. Une fois devenu majeur, James lui proposa immédiatement de venir avec lui et de quitter les Black. Chose que Sirius accepta de suite sans hésiter. Ils devinrent presque inséparables. Lawrence ne vint en rien gâcher cette si belle amitié car ce fut lui qui proposa à James de prendre Sirius comme parrain pour Harry.

Mais la guerre fit qu'ils durent se séparer.

Sirius n'en avait jamais voulut à James pour cela. Harry était devenu leur trésor à tous et avec la prophétie annoncée à son sujet, il avait compris que garder l'enfant en sûreté était vital.

_ Je suis sûr que mon filleul a de bonnes raisons d'agir ainsi, James, dit Sirius. Ne t'en fais pas. Il reviendra de lui-même vers toi, lorsqu'il sera prêt.

_ Sirius a raison, acquiesça Narcissa. Je t'ai dis la même chose. Harry est beaucoup plus fort et intelligent que tout le monde ne le pense.

_ J'ai peur pour lui, avoua James. Je pense qu'il n'a pas encore digéré le fait qu'il doive risquer sa vie pour sauver notre monde. C'est une grande responsabilité, et il sait qu'il ne doit pas échouer. C'est une pression énorme pour un si jeune garçon.

_ Tu crains qu'il ne refuse ?, s'enquit Sirius.

_ Je ne le crains pas car je comprendrais son choix. Mais je crains les conséquences que cela aura. Pour l'instant, mis à part Tom, Lawrence et nous, personne ne sait à quel point il est important. Mais viendra un jour où cela se saura. Qu'arrivera-t-il alors ? Il sera rejeté, calomnié et détesté. Je ne veux pas de cette vie pour mon fils. Pendant des années je l'ai protégé, formé et rassuré. Je lui ai appris tout ce que je savais, tout comme Albus, afin qu'il sache se défendre en cas de guerre. Tout en sachant que peut-être, tout cela ne servirait à rien à la fin.

Sa bouche forma un rictus douloureux alors que ses poings se crispaient sauvagement.

_ Si vous saviez comme cela est dur. Cela est tellement douloureux de voir son enfant grandir, s'épanouir et devenir un homme tout en sachant qu'un jour, peut-être pas si loin, il mourra pour nous sauver. J'aime mon fils du plus profond de mon âme et je le défendrais, devrais-je y laisser la vie. Mais la perspective de le voir mort me terrifie et me fait souffrir atrocement. Je ne pourrais pas le supporter...

_ Et tu n'auras pas à le faire.

James se redressa immédiatement à l'entente de cette voix, tout comme les autres personnes présentes qui tournèrent la tête vers les portes. Harry se tenait là, dans toute sa beauté, comme s'il n'était jamais parti.

_ Harry !, cria James en se précipitant vers son fils qu'il serra dans ses bras à l'étouffer.

Paniqué, il examina son enfant sous toutes les coutures.

_ Tout va bien, Papa, sourit Harry. Je suis en pleine forme.

James poussa un soupir et fut soulagé lorsqu'il constata ,qu'en effet, Harry n'avait pas un gramme de perdu, pas une seule blessure, pas une seule cerne sous les yeux.

_ Ne me fais plus jamais une peur pareille !, hurla James avec colère. Tu sais quels tourments j'ai vécu pendant ces trois mois ?! J'ai cru que...

_ Je sais, le coupa sereinement Harry. Mais je devais rester seul un moment. Il fallait que je me prépares.

_ Te préparer ?, s'enquit son père.

_ Oui. Cette fois, la guerre a réellement commencée et ne t'en fais pas, ajouta-t-il avec un large sourire, je ne comptes pas perdre.

Un silence ébahit s'installa dans l'appartement. Seul Draco fixa Harry avec un visage impénétrable. Ce garçon, songeait-il, était étrange. Lorsqu'il était arrivé au Palais, il était un petit garçon terrifié et perdu. Trois mois plus tard, il réapparaissait comme par magie avec cette détermination infaillible s'échappant par tous les pores de sa peau et cette puissance mystérieuse. La mort de ce vieux mage l'avait-il a ce point changé ? Avait-il fallu qu'une telle tragédie arrive pour que cet elfe se rende compte que la guerre était bien présente ?

_ J'avais besoin de calme, de temps et surtout de toute ma concentration, continua Harry. J'ai mémorisé tout ce que j'ai pu. Je suis revenu car j'ai énormément de choses à régler avec vous tous et avec mon peuple. C'est d'ailleurs à eux que je souhaite parler en premier.

_ Nous t'y accompagnons, dit le Lucius.

_ Je vous suis. Mais avant cela...

Harry s'avança avec lenteur jusqu'au Prince Draco qui se redressa légèrement, intrigué. Le jeune homme brun tendit sa main et ouvrit les doigts. Sur sa paume, un pendentif agrémenté d'une fine chaîne en or reposait. Il représentait un soleil, symbole des Hauts Elfes, et juste en dessous, un croissant de lune, signe des Elfes Argentés. Il était magnifiquement ouvragé, l'astre solaire étant d'un argenté brillant tandis que la Lune dorée semblait entouré le soleil d'un halo protecteur.

_ Je l'ai fais pour vous, dit Harry à Draco. Pour vous remercier de m'avoir sauvé.

_ Vous n'aviez pas à faire cela, répondit Draco avec surprise. C'était ma mission de vous ramener sain et sauf.

_ Oui. Mais grâce à vous je sais enfin la vérité sur moi-même et, de plus, en me sauvant vous m'avez conduit à une famille que je n'espérais plus . Rien ne serait arrivé si vous n'aviez pas été là, sourit Harry avec une candeur touchante. S'il vous plaît, acceptez mon présent. Il vous portera chance et honneur.

Draco fixa l'elfe étrange devant lui avec une stupeur que peu pouvaient se vanter avoir vu sur son visage. Il regarda les grand yeux verts décorés de longs cils noirs et où l'on pouvait lire les sentiments d'Harry comme dans un livre ouvert. Ils reflétaient tant de reconnaissance, tant d'affection et d'admiration que Draco ne put refuser. Il prit délicatement le collier entre ses doigts fins et le passa autour de son cou.

La réaction d'Harry ne se fit pas attendre. Un sourire gigantesque et lumineux prit place sur sa figure rougie de contentement et ses yeux se plissèrent joliment tout en pétillant de joie.

_ Merci, pouffa-t-il, ça me fait vraiment plaisir. A plus tard, Prince Draco.

Et aussitôt, Harry partit si vite que Draco n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche.

Un petit rire se fit entendre et Draco reprit ses esprits, fusillant sa mère d'un regard noir. Elle était la seule encore présente dans la pièce, les autres ayant sûrement suivis Harry.

_ C'est bien la première fois que je te vois avec une expression aussi drôle, gloussa Narcissa.

_ Je ne vois absolument de quoi vous voulez parler, Mère.

_ Avoue qu'il est plutôt bel homme ce Harry Potter, ajouta la femme avec malice.

_ Mère !, cria Draco.

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Harry suivit calmement Lucius, Sirius et Severus jusqu'à son peuple en compagnie de son père . La ville était plutôt agréable malgré les temps qui couraient. Les petites maisons faites de bois ou de pierres étaient appréciables à regarder. De nombreuses petites places agrémentées de jolies fontaines faisaient la joie des enfants qui jouaient entre eux et de quelques parents qui les contemplaient avec bienveillance. D'autres maisonnettes avaient été construites pour les peuples survivants, toutes de bois, assez petites mais confortables. De nombreux elfes déambulaient dans les rues, certains blessés, aidés par d'autres pour se déplacer. Harry remarqua que, malgré la légèreté ambiante, une tension planait. Les populations étaient inquiètes, voire terrifiées. Mais elles faisaient bonne figure.

Tout comme ses propres sujets. Les siens avaient été placés un peu à l'écart des autres, sans doute car, étant des elfes nomades, ils étaient moins habitués aux contacts sociaux. Il est vrai que, bien qu'ils n'est aucun préjugés et qu'ils aimaient toutes les créatures magiques, les elfes de Lune préféraient rester entre eux, privilégiant les relations familiales.

Lorsque Harry, James,le Roi et ses deux gardes arrivèrent, le peuple Argenté se rassembla de lui-même autour d'eux, comme ils en avaient eut toujours l'habitude. Aussitôt qu'ils virent leur chef, en pleine santé, une vague de soulagement agita la foule. D'un simple geste de la main, Harry les fit taire.

_ Bonjour à tous, commença Harry. Je suis navré d'avoir été absent aussi longtemps mais cela était indispensable. Il y a trois mois, nous avons perdu nos maisons, et beaucoup d'entre nous sont morts dont mon grand-père. Et la guerre continuera. Je ne peux pas vous dire que tout ira bien, cela serait mentir. Il y aura encore des pertes, des larmes et de la douleur. Mais je suis certain que vous saurez vous montrer braves et forts.

_ Tu ne restes pas avec nous ?, s'exclama un des hommes restants.

_ Non, mes amis, sourit avec regret le jeune elfe. J'ai...une mission à accomplir. Un mission qui, si elle réussit, nous sauveras tous de la cruauté de Voldemort. Si je suis venu aujourd'hui, ce n'est que pour vous faire mes adieux.

_ Mais comment allons-nous faire sans toi ? Tu es nôtre chef !, argumenta un autre elfe.

_ Oui, j'étais vôtre chef. Mais je ne pourrais plus l'être à partir de maintenant. Elias !

Un elfe aux longs cheveux gris s'avança, ses yeux bleus questionnant silencieusement son Chef.

_ A partit de maintenant, ce sera toi leur chef. J'ose espérer que tu sauras les guider et les protéger avec toute la volonté dont je n'ai su faire preuve autrefois envers vous. Sois bon pour eux, Elias.

_ Je...ferais tout ce dont je suis capable, répondit l'homme avec modestie et une légère crainte au fond des yeux face aux responsabilités qui l'attendaient.

_ Ne sois pas inquiet, le rassura Harry. C'est comme veiller su ta famille. Rien de plus, rien de moins. T'en sens-tu capable ?

_ Oui, affirma Elias avec un sourire confiant.

_Bien. Elias est à présent vôtre nouveau chef. Placez toute vôtre confiance en lui, obéissez-lui, tout comme vous l'avez fait avec moi. Je sais que n'ai pas été un très bon meneur et je le regrette. Je ne mesurais pas toute l'ampleur de ma tâche et j'ai été trop insouciant. Pardonnez-moi. Fàlcon m'accompagneras également dans ma mission, je compte donc sur vous pour faire régner la paix et la justice au sein du clan. Il est temps pour moi de vous dire au revoir.

Les adieux furent longs. Harry prit un soin particulier à aller voir chaque membre de son peuple afin de voir une dernière fois leur visage. Certains pleurèrent, d'autres l'encouragèrent. C'est à cet instant que le garçon prit conscience de tout ce qu'il perdait en les quittant. Une stabilité, une sécurité, et surtout, énormément d'affection. Il n'avait jamais sur leur retourner toute la reconnaissance et l'amour qu'il éprouvait pour eux. Ils étaient, et seraient pour toujours, sa famille.

Ainsi, le jeune homme prit le temps de se faire à l'idée qu'ils ne les reverraient sans doute plus jamais. Et une fois cela fait, il se retourna et partit, sans un seul regard en arrière.

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Le chemin du retour jusqu'au palais se fit dans le silence complet. James ne pouvait que jeter quelques coups d'œil à son fils, mélange de fierté et d'inquiétude. Jamais Harry ne s'était exprimé ainsi. Aussi sincèrement et noblement comme un chef digne de ce nom. Le père du jeune elfe ne pouvait que laisser son cœur se gonfler d'orgueil en sachant que, oui, ce bel homme était sa chaire et son sang. Mais, malgré la détermination et l'assurance qui se dégageaient de lui, James savait qu'Harry s'engageait sur une pente dangereuse. Et l'idée de perdre son unique enfant le mettait dans un état de profond abattement.

Arrivé devant les portes du Palais, Harry s'arrêta soudainement et se tourna vers eux :

_ J'ai quelques petites choses à faire avant de m'entretenir avec vous, Majesté, dit-il à Lucius. Vous ne m'en tenez pas rigueur ?

_ Bien sûr que non. Faites ce que vous avez à faire, je vous attendrais dans la salle du trône.

_ Entendu. Monsieur Snape, appela soudain Harry alors que l'homme comptait suivre son Roi, pourrais-je m'entretenir avec vous quelques minutes ?

Severus jeta un œil au roi qui hocha la tête silencieusement pour montrer son accord. L'homme suivit alors Harry qui se mit en quête d'un coin tranquille afin de discuter calmement. Il trouva son bonheur dans les jardins royaux. Un banc de marbre blanc était posté sous un lilas en pleine floraison. Personne ne semblait présent dans les alentours. C'était parfait.

Harry s'assit, vite imité par l'elfe qui l'accompagnait. Il prit le temps de le détailler, curieux de savoir le passé tumultueux que cachait Severus derrière ce masque d'indifférence. Le visage de cet homme était de ce qu'il y avait de plus insondable. Ses pommettes hautes, sa mâchoire fine, son nez pointu et son front haut pouvait rappeler ces statues anciennes à l'air noble et impénétrable. Ses lèvres fines étaient constamment tirées vers le bas en un rictus triste et amer. Ses cheveux longs et noirs comme du charbon semblaient dissimuler la figure pâle, tel un voile qui pendait de chaque côté de ses épaules frêles.

Il n'était pas laid à regarder, bien sûr, mais une sorte d'aura particulière émanait de lui. Et Harry fut certain à cet instant que c'était cette même aura qui avait tant séduit Tom.

_ Je suppose que vous voulez que je vous parle de Tom, n'est-ce pas ?, s'éleva alors la voix grave mais lasse de l'elfe plus âgé.

_ C'est exact. Une idée m'est venue en tête. Mais pour la confirmer, je dois savoir tout ce qu'il s'est passé à propos de Voldemort.

Harry vit Severus frissonner violemment à l'entente de ce nom, ses yeux noirs disparaissant derrière ses paupières en une expression de pure souffrance.

_ Ne prononcez pas ce nom, s'il vous plaît, implora presque Snape. Je hais ce nom.

_ Mais vous ne détestez pas son porteur, je me trompe ?, s'enquit le jeune homme avec un sourire compatissant.

_ Étant enfant, commença Severus en ne répondant pas à la question d'Harry, je n'étais pas aimé. Mon père, un elfe, s'était marié très jeune avec ma mère, une sorcière. Elle était une magicienne très puissante et avait reçu un don particulier : celui de contrôler la neige et la glace. Elle savait parfaitement maîtriser ses pouvoirs mais, par peur, il n'avait jamais révélé à son mari ce qu'elle était réellement. Lorsque j'eus cinq ans, elle et moi nous sommes rendus compte que j'avais hérité de ses pouvoirs. J'essayais de les maîtriser comme je le pouvais afin que mon père ne le sache pas. Cependant, un soir, mon père rentra ivre mort. Ce n'était pas la première fois. Pourtant, avant ce moment-là, il n'avait jamais été violent. Ma mère pleurait, criait, à moitié nue sur le sol. J'ai eut peur. Et ma magie l'a sentie. Elle s'est manifestée sans que je n'en ai conscience. Le salon se retrouva gelé, recouvert de givre et de glace. Mon père devint alors comme fou.

« Pendant cent ans, il passa son temps à nous frapper, ma mère et moi. Il buvait de plus en plus et perdit l'esprit. Il tua ma mère, à cause des coups et du chagrin qu'il lui infligea. J'ai alors décidé de partir. J'ai marché des jours, des semaines sans m'arrêter. Et j'ai atterri dans la Cité des Anges. Ils m'ont accueilli, soigné, nourri, prêter des vêtements. J'étais tant habitué à la haine que j'avais oublié à quel point il était bon d'être apprécié. Lawrence fut bon avec moi. Mais quand je vis Tom pour la première fois, j'étais tout simplement incapable de regarder ailleurs. Ses yeux étaient si...si tristes et emplis de rancœur. Tout comme les miens. Je savais qu'il pouvait me comprendre, et que j'étais le seul qui pouvait le comprendre. Alors j'ai été le voir, je lui ai parlé. Au bout d'un mois, il me faisait entièrement confiance. Au bout de six mois, nous nous sommes mis en couple. C'était un véritable bonheur. J'étais si aimé, si heureux à ses côtés ! Et j'aime à croire que lui aussi l'était. Et ce bonheur devint complet lorsque je lui annonçais que j'attendais un enfant. »

_ Un enfant ?, s'exclama Harry. Vous voulez dire que Tom et vous avaient eut un bébé ?

_ Oui. Peu de personnes sont au courant. Tes parents, Lucius et Narcissa, ainsi que Sirius. Ils sont les seuls à savoir. Emirhan est quatre ans avant vous. C'était un petit garçon parfait, calme et insouciant, qui adorait Tom. Et Tom l'adorait. Grâce à son fils, il put mettre ses anciennes rancœurs de côté et fit tout ce qu'il put pour être un bon père. Notre vie devint un idéal de joie.

_ Jusqu'à ce que Tom ne change, compléta Harry avec regret.

_ Oui. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Lawrence l'avait envoyé passer un message de paix aux elfes Noirs. Il en est revenu complètement métamorphosé. Il devint dur, glacial, intransigeant. Les derniers temps, il était même violent envers moi et notre enfant. J'avais peur. Et malgré tout l'amour que je ressentais pour lui, je décidais de partir. Emirhan et moi avons trouvés refuge ici, chez les Hauts-Elfes. J'appris que Tom commençait à avoir des alliés des Ténèbres et que Lawrence l'avait banni de la Cité. Le reste, tu le connais. J'ai élevé Emirhan en ne lui cachant rien sur son père. Il en a énormément souffert et a rogné son géniteur avec une verve que je lui ai longuement reprochée. Mais je le comprends. Tom n'existe plus à présent. Il ne reste plus que Vol...Voldemort.

Un silence pesant s'installa, Harry réfléchissant à tout ce que lui avait raconté l'Elfe et Severus plongeant dans les méandres de ses souvenirs.

_ Je ne suis encore sûr de rien, mais vôtre version des faits confirme quelque peu mon idée première. L'homme que vous avez vu revenir de son voyage n'était pas Tom.

_ Que voulez-vous dire ?, s'enquit Severus.

_ Quelque chose ou quelqu'un se sert de lui. J'ignore encore si Tom est lucide ou s'il est même au courant de ce qu'il est en train de faire. Mais une chose est certaine : avant de le tuer, il est nécessaire de comprendre ce qu'il s'est passé.

_ Vous pensez qu'il est...manipulé ? Mais Tom était l'un des anges les plus puissants avec son frère ! Son esprit est une forteresse inébranlable ! Personne ne peut prendre possession de lui.

_ Les elfes Noirs ont beaucoup de secrets. Le mieux est de se rendre auprès de leur Reine afin d'en savoir plus. D'après Albus, elle s'est réfugiée dans les montagnes avec quelques uns de ses sujets qui refusent la domination de Voldemort. Nous irons récupéré une partie de l'âme de ce sorcier par le même temps. Mais avant tout, il faut que je rencontre mon deuxième père afin d'en apprendre plus sur Tom.

_ Pourquoi faire tout cela ? Il y a trois mois, vous sembliez terrifié et peu enclin à nous aider. Et maintenant, vous voulez risquer vôtre vie pour un mage noir qui a tué des milliers de créatures magiques. Alors, pourquoi ?

Contre toute attente, un sourire radieux et enfantin étira les lèvres pulpeuses du jeune elfe, surprenant le plus âgé.

_ Parce que Tom est mon oncle et que je veux lui prouver que le Mal n'est pas un remède à ses souffrances mais qu'il les entretient. Quoiqu'on en dise, Voldemort est un membre de ma famille. Tout comme vous. Une famille dont j'ai toujours rêvée. Et il est de mon devoir de l'aider. N'est-ce pas ce que l'on fait dans une famille ?

Severus fixa le garçon avec une profonde stupéfaction. Puis, un sourire sincère et presque tendre se dessina sur son visage. Il comprit à cet instant que si Harry ne pouvait arrêter Tom, alors personne ne le pourrait. Le jeune elfe était guidé par une force innommable, une force que Tom avait longtemps prit pour une faiblesse lorsqu'ils étaient ensemble. Cette force avait permis à Harry d'affronter le meurtre d'une partie de son peuple et d'Albus avec une aisance presque choquante. Et peut-être que grâce à elle, l'homme qu'il avait le plus aimé dans sa vie reviendrait à la raison, lui qui l'avait toujours craint mais aussi désirée de tout son être.

Cette force tenait en un mot, banal pour ceux qui en avaient oublié la valeur, mais qui était pourtant le plus redoutable et le plus beau de tous : l'Amour.

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Je finis sur une note un peu niaise, désolée . En tout cas, j'aimerais si possible avoir des commentaires de vôtre part afin que vous me disiez un peu ce que vous en pensez pour l'instant cela me ferait infiniment plaisir. Et si vous avez des idées à me soumettre ne vous gênez en aucun cas J'écris quand l'inspiration me vient mais je n'ai jamais d'idée fixe alors si vous voulez que je fasses apparaître un couple, un personnage, une action particulière n'hésitez pas à me le dire. Si vous avez besoin d'explications ce sera avec plaisir que je vous les donnerez car je ne sais pas si mes chapitres sont vraiment clairs. Par contre, je ne posterais plus avant deux mois car je pars en vacances le week end prochain. Mais rassurez-vous, si vous me postez des commentaires je trouverais bien un moyen de les lire et je vous répondrez toujours. Alors je vous dit à bientôt, je vous fais pleins de gros bisous et bonnes vacances pour ceux qui en sont. Bye !