Bonjour tout le monde ! Je reviens pour publier le chapitre 5 de Illusion comme promis:) . J'espère que tout s'est bien passé pour ceux qui sont entrés en cours aujourd'hui et je leur souhaite une très bonne année scolaire. Pour en revenir à nos moutons, désolé mais il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, j'en ai peur. Néanmoins il était primordial que je le fasses. J'espère que ce n'est pas trop brouillon et que vous me pardonnerez mes fautes d'orthographe. Bonne lecture !
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Chapitre 5 :
Lawrence
And in a sea of scars the first cut is the deepest
No matter where you are, I'll always think of you
Because only you can set me free
So hold me close just like the first time
And show me how it used to be
Because only you can set me free
(Only you can set me free)
Hurts, Only You
Avant de se rendre auprès du Roi Lucius, Harry et Severus restèrent un peu dans les jardins, marchant côte à côte. Ils discutèrent de choses et d'autres, apprenant à se connaître. Severus était après tout l'oncle de Harry par alliance , en tant que parent il prenait son rôle à cœur.
Harry découvrit un homme droit, noble, un peu froid parfois mais qui n'avait pas mauvais fond. Les souffrances auxquelles il avait été confronté faisaient qu'il semblait dur au premier abord, mais il n'en était rien. Sa grande intelligence était une source infinie de culture et le jeune elfe se fit un plaisir de parler potions, médecine et botanique avec le nouveau membre de sa famille. Harry s'extasiait de savoir qu'il n'était plus seul et que, chaque jour, une nouvelle personne entrait dans sa vie. Grâce à cela, sa détermination devenait de plus en plus grande. Il était impossible qu'un autre de ces proches viennent à mourir comme Albus. Il ne le permettrait pas.
Quant à Severus, son impression première ne changea pas. En discutant avec le garçon, il constata que celui-ci était un être bienveillant et il admira le courage de ce jeune elfe qu'il connaissait pourtant très peu. Harry était près à mettre toute sa vie de côté pour protéger leur monde et à se sacrifier pour le sauver. Il avait bien remarqué l'hésitation et la peur de son neveu lors de son arrivée et pourtant, cette frayeur s'était métamorphosée- il ne savais comment- en une bravoure farouche qui émanait fortement du petit brun. La jeunesse et l'insouciance se mêlaient à une sagesse et un calme surprenant. Severus était certain que Harry ne ferait jamais de mal à leur peuple intentionnellement. Il réfléchissait avant d'agir et cela rassurait l'homme plus âgé.
Harry parla également de l'une de ses nombreuses peurs : son héritage. Celui-ci ne tarderait pas et il appréhendait ce moment. Étant donné son mélange de sang insolite, on ignorait tout de ce qui allait se passer pour lui et des pouvoirs qu'il allait obtenir. Severus et Harry se mirent d'accord pour dire que le jeune homme devait à tout prix rencontrer Lawrence avant le jour de ses 101 ans car lui seul avait la capacité d'éclairer son fils sur ce point.
Lawrence ignorait tout de la réapparition de son unique enfant, le croyant mort avec James depuis près d'un siècle. Et Harry avait peur cela n'affecte leur futur relation. Mais, en même temps, il ne pouvait cacher la joie et l'impatience qui l'habitait lorsqu'on lui parlait de son deuxième père, ayant hâte de tout apprendre de cet homme dont on lui contait les vertus.
Après une bonne heure de discussion, les deux hommes prirent le chemin du palais, puis de la salle du trône où les attendaient le Roi. Celui-ci était en grande conversation avec un elfe roux que Harry avait aperçu lors de son arrivée. Une liasse de parchemins à la main, Lucius avait les sourcils froncés et le fils de James remarqua pour la première fois les épais cercles noirs qui encadraient les yeux bleus du souverain.
Il attendit patiemment que Lucius est terminé en compagnie de Severus. Une fois cela fait, l'homme aux longs cheveux blonds se tourna vers lui avec un sourire malgré son air plus que fatigué.
_ Ah, Harry, dit-il. Désolé de t'avoir fait attendre mais une affaire de la plus haute importance avait besoin de mon attention.
_ Rien de grave, j'espère ?, s'enquit Harry en examinant le visage défait de l'homme.
_ Ne t'en fais pas, tout va bien, mentit le roi. Harry, je voudrais te présenter Arthur, Chef de la famille Weasley. Sa famille est à mon service depuis des décennies.
_ Bonjour Monsieur Potter, sourit gentiment ledit Arthur.
_ Bonjour Monsieur Weasley.
_ Arthur m'a fait part d'une idée intéressante, continua Lucius. Son fils cadet, Ronald, a émit le souhait de se joindre à toi lors de...ta mission. C'est un garçon de ton âge, assez exubérant mais des plus loyal.
_ Eh bien...ma...mission est assez périlleuse. Et je ne voudrais qu'il arrive quelque chose à vôtre fils par ma faute, Mr Weasley.
_ Ronald en a tout à fait conscience, Mr Potter. Sa mère et moi l'avons prévenu à plusieurs reprises mais sa décision semble déjà prise. Mon fils a toujours eut un goût prononcé pour l'aventure et son plus grand rêve a toujours été de faire parti d'une quête. Vous êtes la personne la plus apte à concrétiser ce rêve.
_ Je ne sais pas, hésita Harry. S'il arrivait quelque chose à vôtre fils je...
_ Ne vous en fait pas, le coupa Arthur. Ronald sait ce qu'il risque en vous rejoignant. Et puis, tout comme le jeune Prince Draco, il fait parti de l'armée royale. Il a une excellente maîtrise des armes et ses pouvoirs magiques sont tout ce qu' il y a de plus convenables. Il serait un atout de taille pour vous.
Harry, encore indécis, coula un regard vers Lucius qui lui sourit, amusé,en hochant la tête, montrant par là que le jeune elfe n'avait d'autre choix que d'accepter sous peine de se faire harceler par l'elfe roux pendant des jours.
_ Bien, dites à vôtre fils que j'accepte son aide avec joie mais qu'il réfléchisse bien avant de nous rejoindre lorsque le jour sera venu.
_ Cela sera fait, Mr Potter. Merci ! Merci beaucoup !
_ De rien, rit Harry devant la joie de l'homme.
_ Et si vous alliez annoncer la bonne nouvelle à vôtre fils, Arthur ?, suggéra Lucius.
_ Avec plaisir, vôtre Majesté, bondit presque Arthur Weasley avant de détaler de la salle du trône.
_ Severus, pourrais-tu nous laisser, mon ami ?, demanda le Roi.
_ Bien sûr, Altesse.
Severus parti, Lucius laissa tomber son masque de bonne humeur pour une mine plus sombre et s'affala dans son trône, se passant une main lasse sur le visage. Harry s'inquiéta de voir un homme si élégant aussi épuisé et avachit. Ce n'était pas le comportement normal du suzerain d'ordinaire.
_ Quelque chose ne va pas, Roi Lucius ?
L'homme blond eut un soupir et, d'un geste, pria Harry de s'asseoir à ses côtés. Harry prit donc place sur le siège réservé à la reine, le regard vissé sur Lucius.
_ Dis-moi Harry, lorsque tu étais Chef des elfes de Lune, as-tu déjà pensé que...peut-être...tu n'étais pas à la hauteur ?
_ A vrai dire, je l'ai souvent pensé, sourit Harry avec regret. C'était d'ailleurs un sujet de dispute récurent entre Grand-père et moi. J'étais trop frivole, je ne me sentais pas prêt et je voulais juste un peu de liberté. Toutes ces responsabilités m'effrayaient.
_ Arthur viens de me dire que Voldemort a encore fait des victimes. Sur une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants, il ne reste que dix survivants. Les soldats que j'ai envoyé là-bas...ne sont jamais revenus.
_ Ce n'est pas de vôtre faute, murmura Harry. C'est celle de Voldemort.
_ Je suis le Roi. En tant que tel, mon devoir est de protéger mes sujets. Et non de les envoyer à la mort.
_ Vous n'êtes pas responsable. Tout le monde ici sait que vous êtes un bon roi. Dans tout le pays, on vante vos mérites. Voldemort est le coupable. Pas vous.
_ Tu as sans doute raison, sourit tristement Lucius. Mais alors pourquoi je me sens si faible ? La guerre va bientôt frapper à nos portes et je n'ai aucune idée de ce que je dois faire.
_ Il n'y a rien à faire, malheureusement. Sauf se battre, encore et encore.
_ Si je pouvais, je prendrais tous ces gens et je les cacherais dans une grotte, très loin d'ici. Perdre des sujets est la pire chose qu'un roi puisse supporter, n'est-ce pas ?
Harry ferma les yeux et revit son village en flammes, les elfe de Lune hurlant et fuyant alors que l'armée de Voldemort les tuaient un à un. Une larme roula sur sa joue et il s'empressa de l'essuyer.
_ Oui, répondit-il d'une voix rauque. C'est, en effet, la pire chose.
_ Pardonnez-moi, se reprit Lucius, je vous fais du mal en vous rappelant de mauvais souvenirs.
_ Ce n'est rien. Je vais devoir les affronter un jour où l'autre de toute manière.
_ Ne parlons plus de tout cela. Il y a des douleurs qu'il vaut mieux taire pour garder l'esprit sain.
_ Vous avez sans doute raison, sourit Harry. Je voulais m'entretenir avec vous par rapport à mon héritage.
_ Mon Dieu, oui ! J'avais complètement oublié ce détail.
_ J'aurais aimé...J'aurais aimé que vous fassiez venir mon père. Enfin, je veux dire, mon deuxième père.
_ Lawrence ?
Harry hocha la tête et Lucius parut soudain inconfortable. Il se leva et fit le tour de la salle lentement avant de revenir vers Harry.
_ Je comprends vos raisons, Harry, dit-il. Mais..Lawrence fait parti d'un petit groupe de résistant, à l'orée du territoire des Elfes Noirs. Il est leur leader. Il a des responsabilités et des devoirs.
_ Je comprends mais...Mon héritage va bientôt arrivé et...nous ne savons rien de ce qu'il va m'arriver. Dans quelques jours je vais devoir partir afin d'en découdre avec Voldemort. Si je viens à mourir, je voudrais connaître ce qu'est une vraie famille avant de m'en aller. J'ai...J'en ai besoin.
Et c'était vrai. Fàlcon était devenu depuis peu un père en qui il avait toujours porté une confiance aveugle. Savoir qu'il était son géniteur n'avait pas été aussi choquant en soi et il s'y était accommodé plutôt rapidement. Mais avec son deuxième père, tout était différent. Il n'avait aucun souvenir de cet homme. Les seules choses qu'il avait retenues à son sujet étaient qu'il était beau, gentil et que son espèce était très particulière. Aussi, Harry ignorait s'il allait survivre à cette guerre et connaissait les chances qu'il avait de voir Lawrence un jour s'il ne le faisait pas maintenant. Après cette rencontre, Harry s'était promis de se concentrer uniquement sur la bataille à venir. Mais pas avant.
_ Mais Lawrence ne sait rien de votre existence, reprit Lucius. Il vous croit mort depuis presque un siècle. Tout comme James. Il a une force morale énorme, mais elle reste tout de même faible depuis vôtre disparition. J'avoue que malgré que je sois son ami le plus proche, j'ignore sa réaction face à un tel choc.
_ Je suis également anxieux face à cela, mais comprenez-moi. Je ne sais si je survivrais au combat contre Tom. Si j'échoue, jamais plus je n'aurais l'occasion de connaître mon père.
Lucius comprenait parfaitement les raisons du jeune homme et tant de maturité l'enchantait. Seulement, Lawrence était son meilleur ami. Il le connaissait comme un frère. Et quand il saura que tous lui ont menti éhontément, Lucius ne donnait pas cher de leur peau. De plus, après la soit-disant mort de James et Harry, l'ange avait été dévasté. De longs mois durant, il était resté enfermé dans les appartements qui lui étaient dédiés. Il dormait et mangeait à peine. Plus rien pour lui n'avait d'importance. Ce fut Lucius qui le secoua en lui hurlant qu'il était un Roi, que son royaume – ou du moins ce qu'il en restait- avait besoin de lui.
_ La douleur par laquelle vôtre père est passée, murmura Lucius, a été immense. Elle l'a presque détruit. S'il apprends que vous êtes en vie, il sera heureux. Il vous aimera comme il vous a toujours aimé. Mais j'ai bien peur que, si vous veniez à disparaître, Lawrence ne s'en remettra pas cette fois. Il est mon ami et je ne veux pas assister à sa perte. Pas plus que la vôtre.
_ Vos raisons sont louables. Mais les miennes le sont toutes autant. Vous n'avez pas le droit de séparer une famille, ajouta Harry d'une voix froide.
_ Et vous n'avez pas le droit de vous montrer égoïste. Plus maintenant.
_ Égoïste ?, s'exclama Harry. Égoïste ! Vous pouvez me reprocher bien des choses Roi Lucius, mais pas d'être égoïste ! Je vais sacrifier ma vie pour sauver ce monde ! Pour sauver ma famille ! Ce n'est pas une remarque arrogante mais un fait. J'aime mon pays, et j'aime chaque habitant qui y vit. Si je fais tout cela, ce n'est certainement pas pour moi ! Je veux connaître mon père, est-ce si mal ? Si vous pensez que cela est égoïste, alors considérez ma demande comme ma dernière volonté. Vous ne pouvez me refuser cela.
Un lourd silence plana où Lucius et Harry s'engagèrent dans un combat visuel impressionnant. Ce fut le Roi qui, contre toute attente, rendit les armes.
_ En effet, soupira Lucius, je n'ai pas le droit de vous le refuser. J'envoie une escorte à Lawrence dès ce soir.
_ Merci.
Avec un léger sourire, Harry se dirigea vers les grandes portes.
_ Harry, l'interpella alors Lucius. Si vous veniez à perdre contre Voldemort, je ne pourrais pas sauver vôtre père cette fois. En avez-vous conscience ?
_ Oui, répondit doucement Harry. Mais qui vous as dit que je comptais perdre ?
Le jeune elfe sortit sans un regard, laissant Lucius rire d'un air appréciateur derrière lui.
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La Forêt Des Perdus ne portait pas son nom au hasard. C'était la zone la plus reculée du pays, et également la plus dangereuse. Personne n'osait s'y aventurer, à moins d'avoir une bonne raison pour cela.
Le sol là-bas n'était que poussière. Une poussière noire et grise, semblable à des cendres. L'odeur putride qui s'en dégageait était presque irrespirable. Mais il ne fallait pas se fier à son aspect sec et poudreux. Par endroit, la terre était humide et était comparable à de véritables sables mouvants. Un pas dans cette boue, et plus aucun moyen de s'en sortir. Les arbres dans ces bois, étaient nus, tordus et sombres. Comme calcinés. La Forêt était entourée de hautes falaises aux parois lisses et charbonneuses telles de l'ardoise. L'entrée des bois était simple à trouver, mais la sortie était presque introuvable. C'était un minuscule interstice, de la taille d'un bébé, situé entre deux énormes rochers. Beaucoup étaient morts en essayant de le trouver, longeant les falaises pendant des jours, des semaines, peut-être même des mois. C'était pour tout cela que l'on nommait cet endroit, La Forêt Des Perdus.
C'était derrière ces falaises, de l'autre côté de la forêt, que se trouvait le royaume des Elfes Noirs. Un royaume aride fait de roches et de pierres précieuses naturelles. De l'extérieur, on ne voyait que des tours scintillantes et ténébreuses. Mais sous la terre, de centaines de galeries formaient une véritable ville, sorte de fourmilière où grouillaient autrefois des millions d'elfes à la peau dure et noire et à la longue chevelure blanche.
C'était ici, loin de tout, que Lawrence avait élu domicile en compagnie de quelques résistants. Ils étaient une petite dizaine en tout, toutes races confondues. Depuis plusieurs siècles, ils veillaient sur l'armée de Voldemort afin de prévenir les royaumes les plus proches en cas de danger. De là où ils étaient et grâce à des espions particulièrement discrets, Lawrence et ses soldats savaient tout des déplacements de l'armée des ténèbres. Parfois, les messages arrivaient trop tard. Parfois, ils permettaient de sauver quelques vies. C'était grâce à cela que Lawrence avait remonté la pente après la mort de son fils et de son amant. Lorsque Lucius l'avait envoyé ici, il s'était dit qu'il n'arriverait jamais à s'y faire. Mais quand il s'était rendu compte de toutes les vies en jeu, Lawrence fit son choix. Il n'avait pas pu sauver sa famille. Alors il sauverai celle des autres.
Étalés sur une table de fortune, divers plans du pays jonchaient le meuble. Les longs doigts fins de Lawrence naviguaient sur les parchemins, ses lèvres pulpeuses remuant en des murmures inaudibles tandis qu'il réfléchissait. D'un geste las, il passa une main dans ses très longs cheveux blancs afin de les remettre en arrière et se redressa. Il grimaça lorsque son dos endolori craqua et tira sur le col de sa tunique noire. Ses yeux fatigués lui piquèrent les paupières tandis qu'il sortait de la pièce.
Malgré que ce royaume soit sous terre, il était d'une beauté unique que l'on ne voyait nulle part ailleurs. Des voûtes et des colonnes avaient été sculptées à même la pierre, agrémentées de pierres précieuses qui réfléchissaient la lumière des milles chandelles suspendues tout le long des interminables corridors. L'écho de ses pas résonnaient alors qu'il parcourait le chemin qui séparait son bureau de la salle à manger.
C'est là qu'il retrouva ses compagnons de fortune. Avec un sourire, il s'accouda à l'encadrement de la porte, contemplant avec affection ces soldats qui n'en étaient pas vraiment, mais qui l'étaient devenus par la force des choses. Dix amis dont Lawrence essayait de prendre le plus grand soin malgré les circonstances. Les rires s'élevaient alors qu'ils dégustaient leur repas, quelques fruits et des légumes avec un pain un peu rassis. La terre étant ce qu'elle était, les végétaux ne poussaient pas par ici et les hommes n'avaient d'autre choix que de se rendre dans les villages voisins – ceux qui n'étaient pas encore tombés- afin de demander des vivres. Il était fort rare de voir tant de bonne humeur, alors Lawrence les fixa pendant quelques minutes, savourant ce moment de paix et de joie.
Leur petit armée comptait deux humains ordinaires, deux frères. Anastase et Aymeric étaient de faux jumeaux. Il n'y avait pas plus différents qu'eux physiquement. En effet, alors qu'Anastase était châtain foncé aux yeux brun, Aymeric était blond comme les blés et possédait un regard bleu lagon. L'un avait une peau foncée, à la douce teinte caramel tandis que l'autre était des plus pâle. Leur caractère était cependant somme toute identique. Tous deux étaient de bons stratèges et des guerriers accomplis. Le plus souvent silencieux, ils étaient pourtant d'un naturel chaleureux et gai. Ils étaient encore jeunes, pas plus de vingt ans, mais leur loyauté et leurs capacités au combat faisaient d'eux des soldats hors pair.
Venaient ensuite six elfes noirs. Les seuls à ne pas s'être ranger du côté de Voldemort comme leurs semblables. Les Drow étaient une race très singulière. Bien qu'ils soient soudés entre eux, ils n'avaient pas le même état d'esprit pour les autres espèces, qu'elles soient elfes ou non. Ils repoussaient tout ce qui n'était pas eux, faisant preuve d'une méfiance et d'une hostilité phénoménales. Ceux qui ne savaient que cela refusaient tout contact avec ce peuple des Ténèbres aux airs négatifs. Néanmoins, une fois que leur confiance vous avez été accordée, ils étaient prêts à vendre pères et mères pour vous. Les quelques privilégiés qui avaient bénéficié de leur amitié sans faille ne l'avaient jamais regretté. Lawrence était un de ceux là.
Lui, comme tous les autres, avaient dû faire ses preuves. Savoir qu'il était le Roi de la Cité des Anges, aujourd'hui disparue, avait déjà bien aidé. Ainsi, Lawrence avait combattu le mage le plus puissant du royaume des Drow pour affirmer sa puissance et montrer qu'il était digne de devenir leur ami, leur protecteur, et leur espoir de rédemption.
Armand avait été le premier à croire en lui. C'était un elfe âgé, qui avait vu et participé à de nombreuses batailles avec un courage plus qu'exemplaire. Il était un membre très respecté de son peuple, étant considéré comme un héros de guerre et un des habitants les plus anciens. Il magnait avec brio l'élément du feu grâce à sa magie brute et sauvage. Il était d'ailleurs le seul mage présent parmi les Drow. Ce fut lui que Lawrence combattit. Armand avait accepté sa défaite avec surprise mais très vite, la curiosité avait prit le pas sur le reste. Ils avaient longuement discuter des pouvoirs mystérieux des Anges, tous les deux prenant un grand plaisir à discuter de sujets politiques et culturels. Leurs immenses connaissances s'étaient réunies et bientôt ils devinrent très liés. Lawrence pensait qu'ils n'étaient pas vraiment amis en y réfléchissant bien. Il avait bien trop de respect pour Armand pour le considérer ainsi. Il était un professeur, un maître et un conseiller. Plus qu'un ami, il était presque devenu un père.
Comme tous les elfes Noirs, sa peau avait une couleur des plus sombres, charbonneuse aux multiples reflets bleutés. Son peuple l'appelait « Oeil de Dragon » à cause de ses yeux bleus perçants et glacés. D'épais sourcils blancs surmontaient son regard dur alors que sur son visage étaient dessinés de nombreux tatouages, notamment l'emblème de son peuple : un serpent tribal qui ornait sa mâchoire. Sur chacune de ses joues, trois traits verticaux avaient également étaient apposés, signe de son statut de grand combattant et de capitaine des armées. Chez les Elfes Noirs, les tatouages de ce genre étaient faits avec une mixture étrange à base de plantes spéciales et rares qui ne poussaient que dans les cavernes. L'une d'elle en particulier permettait au dessin de briller dans le noir. Certes, dans une bataille cela n'était pas très avisé. Mais pour les Drow, les tatouages était une chose fondamentale qui permettait de se reconnaître, ayant tous à peu près le même physique. Seule la couleur des yeux pouvait varier. Armand, pour sa part, avait fait gravé tous ses ornements en un indigo fluorescent. Cette teinte étant considérée comme « sienne », aucun autre elfe noir ne pouvait la posséder. Les deux autres particularités physique des elfes noirs et que possédait Armand était leur longue chevelure blanche comme la neige ( qu'ils pouvaient aussi avoir noire mais cela était plus rare) et leurs dents un peu pointues. Contrairement à leurs cousins végétariens, les Drow étaient la seule espèce d'elfe à être omnivore. La plupart du temps, ils aimaient la viande presque crûe avec quelque légumes et des fruits.
Alcidès était l'unique enfant d'Armand. C'était un jeune homme très grand qui ne parlait pas beaucoup et qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à son géniteur, hormis la couleur des yeux qu'il avait verts. On ne savait pas grand chose de lui et de son histoire. Il était discret et préférait rester dans l'ombre. Ce n'était pas le cas de son meilleur ami, Gladwin, qui était quelqu'un de très enthousiaste et énergique. Ils étaient aussi contradictoires que le jour et la nuit mais jamais on ne les voyaient l'un sans l'autre. Plus petit et plus frêle qu'Alcidès, Gladwin avait une particularité plutôt encombrante : il était aveugle. Ses yeux argentés et sans pupilles ne brillaient plus depuis longtemps maintenant à cause d'un entraînement magique qui avait mal tourné. Gladwin était le descendant d'un mage très puissant, maintenant disparu, qui avaient des méthodes d'enseignement plutôt douloureuses. Contrairement aux autres mages Drow qui ne pouvaient contrôler en général qu'un élément, le jeune homme en contrôlaient deux : l'eau et la foudre. Il était puissant pour son âge et beaucoup plus intelligent qu'il ne le laissait paraître. Malgré sa cécité, Gladwin était une personne très joviale et turbulente. Alcidès avait été le seul de son clan à vouloir approcher ce garçon différent des autres et à l'aider. Il était devenu les yeux du magicien et au fil du temps, leur esprit d'équipe devint leur meilleure arme.
Puis Rioghnàn,Irwin et Aristeus s'étaient joins à eux. Trois cousins qui se ressemblaient tant que l'on aurait pu croire à des triplés. Ils étaient les plus jeunes du groupe, n'ayant même pas encore atteint leur majorité. Néanmoins, de part leur petite taille et leur apparence ils étaient des espions hors pairs. Leur peau et leur chevelure se confondaient de part leur noirceur, seuls leurs yeux ambrés contrastaient magnifiquement avec les ténèbres de leur corps. De part leur jeunesse, ils ne portaient pas encore de tatouages, les Drow les acquérant le jour de leur majorité.
Et enfin, les deux seules femmes du groupe. L'une, Awa, était la plus ancienne et la plus sage de toute leur petite armée. On ignorait son âge véritable car son visage ne reflétait que peu sa vieillesse. Mélange d'une elfe et d'un sorcier, Awa avait une vie encore longue devant elle. Ses pouvoirs magiques n'étaient pas phénoménaux, mais elle excellait dans l'art des potions, des poisons et des soins. C'était elle qui, à leur retour d'une bataille, prenaient soin d'eux avec une rapidité qu'elle avait acquise il y a fort longtemps. Petite et rondouillarde, elle était plutôt jolie avec son visage poupon et ses longs cheveux bruns qu'elle attachait toujours en un chignon compliqué. Pour une raison inconnue, Awa ne s'était jamais mariée et n'avait jamais eut d'enfants. C'était sans doute pour cette raison que tous ici l'appelait Mama. L'instinct maternel était très présent chez cette femme et tous l'avaient vite compris grâce à son côté très tactile et protecteur.
L'autre, Naïg, était la plus douée des archers. Jeune et belle, elle était malheureusement inaccessible pour les autres hommes du groupe, étant une centauresse. Elle possédait de grands yeux noisettes et une très longue chevelure rousse où étaient présentes plumes, perles et fines nattes. Le haut de son corps était tout à fait normal, avec une poitrine nue, un ventre plat qui, vers le bas, était recouvert de poils plus ou moins fins. C'était ici que s'arrêtait sa partie physique humaine. Venait ensuite un poitrail d'équidé, quatre pattes qui se terminaient par d'épais sabots, un garrot et un arrière-train agrémenté d'une longue queue de cheval. Sa robe était uniformément colorée en un magnifique alezan soyeux. Son troupeau avait été dévasté par Voldemort. Comme les membres de son clan, Naïg avait combattu avec toute sa hargne jusqu'à ce qu'un coup mal placé l'assomme et lui fit perdre conscience. Lorsqu'elle s'était réveillée, tous ceux qu'elle avait un jour aimé étaient morts.
Lawrence et le reste du groupe l'avait trouvée, errante dans les bois. Depuis, Naïg vivait avec eux et s'était juré de toujours les protéger. Cette promesse avait bien fait rire les hommes jusqu'à ce que la jeune femme ne montre ses talents d'archer qui les avaient alors laissé bouche-bée.
Lawrence n'avait jamais regretté son choix de s'être allié à eux. Bien qu'il était rare qu'il se joigne à son petit clan pour les repas et les entraînements, passer du temps avec eux guérissait peu à peu ses blessures qui le faisait toujours souffrir. La perte de son royaume, de ses sujets, de son compagnon et de son unique héritier l'avait presque rendu fou. Se consacrer à la tâche que Lucius lui avait confié en tant qu'espion avait réussit à le détourner de son chagrin mais, parfois, il arrivait que sa souffrance resurgissait d'un coup, le rendant plus faible qu'un enfant réclamant ses parents à grands renforts de cris et de larmes.
Lawrence eut un léger rire lorsqu'il vit Gladwin décoller de sa chaise pour se retrouver sur le sol, Aristeus et ses deux cousins sur lui à le chatouiller impitoyablement. Armand vint à ses côtés, assez imposant avec sa grande taille alors que lui était si petit.
_ Ils s'amusent bien, sourit légèrement l'elfe Noir.
_ J'admire leur capacité à passer du chagrin au rire, murmura Lawrence de sa voix douce. Tant d'épreuves nous attendent encore...
_ Raison de plus pour oublier un moment. Mais si cela vous dérange, je peux...
_ Non...Non, Armand. Laissons-les s'amuser. Ils en ont besoin.
_ Vous aussi, Majesté. Vous méritez un peu de joie plus que quiconque ici.
_ Combien de fois t'ai-je dit de ne pas m'appeler « Majesté » ? Je ne suis plus Roi depuis longtemps.
_ Vous vous trompez. Vôtre âme restera celle d'un Roi.
_ Un roi sans sujet n'est pas un roi, Armand. Et le contraire est tout aussi vrai, dit Lawrence d'un ton froid en s'éloignant.
Armand eut un soupir et regarda avec tristesse la frêle silhouette de son chef disparaître à l'angle du couloir.
Lawrence emprunta un gigantesque escaliers qui déboucha au sommet d'une tour à la surface. Il respira l'air sec et brûlant en fermant les yeux. Un cri étrange lui fit lever les yeux vers le ciel et un sourire tendre étira ses lèvres. Ce que d'autres auraient pu prendre pour une flamme était en réalité un sublime oiseau. Celui-ci se posa sur la rambarde qui entourait la tour et poussa un nouveau cri semblable à celui d'un aigle. Cette espèce d'oiseau était souvent confondue avec le phénix et était communément appelé Oiseau de Feu. Chaque Roi d'un clan d'elfes avait un oiseau comme messager. Celui-ci, Lawrence le connaissait assez bien pour savoir qu'il appartenait à Lucius.
C'était un volatile incroyablement beau. Il ressemblait énormément à un paon avec son long cou, sa queue immense et sa houppette. Son plumage avait tout d'une flamme avec ses teintes majestueuses de rouge, de orange et de jaune. Chaque plume irradiait d'une lueur rougeoyante, telles des milliers de petites chandelles. A chaque extrémité de l'une d'elle, sur la queue, se trouvait une grosse tâche pourpre qui était en réalité un œil. Sur sa tête, ses yeux étaient également d'une magnifique couleur écarlate et brillaient comme deux rubis.
Lawrence caressa avec révérence le doux plumage de l'oiseau qui roucoula de bonheur. Il lui tendit ensuite sa patte aux serres acérées et l'homme vit enfin l'épais parchemin que détenait l'animal. Il le prit délicatement entre ses doigts et le lut avec attention. Ses sourcils se froncèrent. Il jeta un œil à l'oiseau qui n'avait pas bouger et finit par descendre de la tour pour retourner dans la salle commune.
A son entrée, tous se turent et fixèrent son air contrarié avec crainte.
_ Que se passe-t-il ?, s'enquit Armand.
_ Le Roi Lucius nous demande de toute urgence . Faites le nécessaire, nous partons.
Aussitôt, les membres du petit groupe se levèrent et commencèrent à s'affairer. Seul Armand rejoignit Lawrence qui était resté immobile.
_ Savez-vous ce que veut le Roi Lucius ?, s'enquit-il.
_ Il dit que...qu'il a retrouvé deux de mes anciens sujets...
_ Vous voulez dire...Des Anges ?, s'exclama l'elfe avec ébahissement.
_ Oui...Il est formel...
_ Vous-a-t-il dit qui ils étaient ?
_ Non. Mais cela m'est égal, sourit Lawrence. Au bout de cent...serais-ce possible … ?
Oui, Lawrence ne pouvait le croire. Lui qui se croyait le dernier de son espèce allait retrouver deux de ses sujets. Sans savoir qu'ils étaient ses plus précieux alliés, et ses deux plus grandes sources de douleur.
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Et voilà ! J'espère que cela vous a plu quand même :D . Donnez-moi vôtre avis s'il vous plaît !
