~A propos de l'histoire~

Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.

Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)

Résumé : La paix. C'est tout ce qu'a connu cette nouvelle génération de sorciers, vingt ans de paix. Pour eux, les deux Guerres des Ténèbres ne sont que des faits Historiques lointains, qui ne sont bons qu'à être énoncés par l'inlassable professeur Binns.
James S. Potter et Gabriel Madder sont de cette génération et pensaient pouvoir vivre une vie tranquille aux côtés de leurs amis, profiter de leur jeunesse. Mais ils apprendront que même sans Mage Noir pour terroriser la population, leur vie ne sera pas forcément sans le moindre problème.

Et qui sait ? Peut-être que l'ombre plane, bien plus proche qu'ils ne peuvent se l'imaginer.

Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard

Rating du chapitre : K+


~Aide et correction~

Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.


Chapitre 9 : Chemin de rencontres

Le temps s'était un peu rafraîchi. En sortant de la tente ce matin-là, ce fut la première pensée qu'il eu. Ou plutôt, ce fut la première chose que son corps fit savoir au garçon. James avait senti les poils de ses bras se hérisser, avant qu'un bref frisson ne parcourt tout son corps. Il leva les yeux vers le ciel et constata que pour la première fois depuis des semaines qu'il était parcouru de nuages. Le soleil était toujours là, mais plus discret, moins lumineux aussi. À ses yeux, ce n'était pas forcément une mauvaise chose. Mais il savait également qu'un ciel qui se couvrait ainsi était aussi synonyme de retour prochain du mauvais temps et donc sûrement de quelques averses. Cette perspective était en revanche une bien mauvaise nouvelle à son goût. James craignait que la pluie ne commence à s'installer sur le ciel d'Angleterre avant qu'ils n'eurent le temps, lui, sa famille et ses amis, de faire une partie de Quidditch. James tenait absolument à profiter de leur présence pour organiser ce match. Il frissonna à nouveau et comprit qu'il ferait peut-être mieux de se dépêcher.

James referma donc la tente derrière-lui et se hâta de rentrer à l'intérieur du Septième Ciel, où l'atmosphère serait déjà un peu plus chaleureuse. Dès lors qu'il entra dans la salle à manger, les senteurs du petit déjeuner vinrent agréablement lui chatouiller les narines. Inconsciemment, le garçon passa la langue sur sa lèvre inférieure, tout en s'installant à table. Il était le premier réveillé.

« Bonjour mon chéri, dit sa mère en arrivant de la porte de la cuisine, en portant un plat recouvert de toasts grillés.
— Bonjour maman, répondit James en acceptant la bise de sa mère de bon gré.
— C'est rare que tu sois le premier levé. Quelque chose te tracasse ? »

Ginny Potter connaissait bien son fils. C'était une chose que James lui accordait sans mal. Il avait pu voir le regard chocolat de sa mère le détailler, avec une petite lueur d'inquiétude que chaque mère pouvait avoir pour son enfant. James releva donc les yeux vers elle et lui fit un sourire, pour la rassurer.

« Non, non. Je suis juste excité d'aller sur le Chemin de Traverse. Je ne sais pas… C'est comme si le retour à Poudlard avançait à grand pas.
— Je te comprends, sourit sa mère, en prenant place face à lui. Quand j'avais ton âge, je comptais les jours qui me séparaient de mon retour au château. Même lors des années les plus sombres, cette petite étincelle était là.
— Et papa ?
— Oh, ton père ? Il était sûrement celui d'entre nous qui attendait le plus ce moment. Tu sais bien qu'il a vécu sa jeunesse chez ta grand-tante Pétunia. »

James grimaça à cette idée. Il l'avait un peu oublié pour ainsi dire. Plus jeunes, son père les avait forcés une ou deux fois par an à les accompagner pour un repas de courtoisie chez les Dursley. L'oncle Dudley était encore gentil, sa femme également, assez pour que James les apprécie. Ce n'était pas eux le problème. Ses enfants, Arthur et Hailey, eux aussi étaient agréables et James se souvenait s'être bien amusé avec eux, Lily et Albus. La tante Pétunia restait assez neutre voire indifférente face à eux, ce qui ne posait aucun souci. En revanche, pour ce qui était de l'oncle Vernon… James détestait cet homme et il savait que c'était le cas pour tout le reste de sa famille, son père compris. L'oncle Vernon méprisait tout ce qui avait attrait à la magie et mettait un point d'honneur à leur faire savoir par tous les moyens possibles. L'oncle Vernon avait refusé de les recevoir à nouveau chez lui, quand Lily, alors âgée de huit ans, avait fait preuve de magie spontanée et accidentelle dans leur salon. Arthur et Hailey n'avaient pas vraiment compris ce qui s'était passé ce jour-là mais James savait que l'oncle Dudley avait du leur expliquer. Ils n'avaient revus leurs cousins qu'une seule fois depuis. Arthur avait alors demandé à James comment était le monde de la magie, plus curieux qu'effrayé.

James retourna son attention sur sa mère, qui semblait elle aussi perdue dans ses pensée. Elle enroulait négligemment une mèche de cheveux autour de sa baguette magique, le regard dans le vide.

« Maintenant par contre, j'avoue que j'attends moins votre retour à Poudlard, soupira Ginny. La maison me paraît tellement vide quand vous n'êtes plus là.
— Ça ne t'empêches pas de te plaindre de nous quand on est là, ironisa James.
— Tu verras quand tu auras mon âge, tiens ! Là tu comprendras. »

James eu un petit rire. Il fixa alors son chocolat chaud, entre ses mains, à nouveau songeur. Grandir, hein ? James avait peur de grandir. C'était idiot, il le savait, mais il avait peur de ce que l'avenir lui réservait, de l'homme qu'il deviendrait. Il avait déjà été forcé de changer trois ans auparavant… Oh, il savait qu'il avait changé pour le mieux, ça il ne fallait pas le nier. Mais la simplicité de « l'avant » lui manquait. Toute cette histoire avait déchiré le voile de l'innocence propre à l'enfance, pour le laisser voir les choses avec un regard plus sombre. Le monde qui l'entourait avait perdu cet aspect brillant d'autrefois, pour devenir plus complexe, plus gris. La société sorcière semblait avoir suivi la même évolution. Il avala une gorgée de chocolat chaud qui réchauffa agréablement son corps. Les gens changeaient tant en si peu de temps…

Mais à côté, il restait encore des choses qui ne changeaient pas, elles. Le Septième Ciel par exemple gardait toujours son air chaleureux que James lui avait toujours connu. La salle à manger était vaste, avec une grande table en son centre, en bois simple, sans plus de décorations. Les murs gardaient la même dominante que le reste de l'habitation, à savoir un rouge légèrement sombre, mais pourtant loin d'être déprimant. En soi, comparée au salon qui versait dans de nombreuses fioritures, toutes plus élégantes les unes que les autres, cette pièce était plus simple, plus aérée. Elle convenait parfaitement au garçon, qui se souvenait encore des pièces renfermées du Square Grimmaurd. Les souvenirs de cette ancienne maison étaient assez vagues parfois, ce qui n'était pas très étonnant, après dix ans. Il ne voulait pas y penser de toute façon.

« Bonjour Mrs Potter ! s'exclama la voix joyeuse de Bloom. Salut James, ça boom ?
— À peine levée et déjà pleine d'énergie ? Je te reconnais bien là, sourit le garçon.
— Je t'ai sorti la confiture de coings pour tes toast, Bloom, dit la mère de James en désignant le bocal. Je me suis souvenue que tu aimais beaucoup ça et j'ai demandé à grand-mère Molly si elle en avait.
— Merci beaucoup ! Franchement, vous êtes une mère géniale, James a vraiment de la chance.
— Tu dis ça parce que tu n'es pas sa fille… Avec nous, elle est bien moins gentille tiens !
— Mais non mon chéri. Ta maman t'aime et tu le sais. »

Pour prouver cela, elle embrassa son fils sur le front. James sentit ses joues rosir un peu, mais ne répondit rien, sinon un sourire timide. Évidemment qu'il savait que sa mère adorait ses enfants. Il savait aussi que son aspect strict n'était là que parce qu'ils le méritaient et qu'elle attendait d'eux le meilleur. Malgré tout ce qu'il pouvait dire de temps à autre, il n'aurait jamais voulu d'une autre mère.

En face de lui, Bloom tartinait désormais avec gourmandise et application ses toasts, sa bonne humeur toujours vissée sur le visage. Scorpius et Albus vinrent les rejoindre quelques instants plus tard, prenant place à table à leur tour. Le blond salua respectueusement la mère de son meilleur ami, qui pour sa part laissa cette dernière l'embrasser. Comme Bloom, les deux garçons avaient l'air de bonne humeur. L'idée de la virée sur le Chemin de Traverse était définitivement quelque chose de joyeux, James le remarquait. Cela avait beau être leur lieu d'étude, ils adoraient tous Poudlard et faire les achats de fournitures ne faisait que leur rappeler que la rentrée s'approchait de plus en plus.

Un à un, tous les invités rejoignirent la table. Quelques discussions matinales prirent place, habituelles. James s'assura de demander les nouvelles du jour à Eliot, qui comme chaque matin épluchait la gazette qu'il avait reçu par hibou quelques minutes plus tôt.

« Rien de bien intéressant, ils sont toujours en train de pronostiquer les résultats des élections, répondit Eliot.
— Urgh… J'avais oublié ça, grimaça Gabriel. Le Chemin de Traverse va encore être envahi par les bandes d'extrémistes des trois partis. Vivement que ça se termine, j'en peux plus de cette ambiance.
— Normalement ils devraient être contenu », fit alors une voix depuis la porte menant au Hall d'entré

James tourna la tête avec surprise, ne s'attendant pas à ce que son père soit là. Le Survivant observait sa famille et ses invités avec un sourire aux lèvres, appuyé de façon négligée contre le chambranle de la porte. Il fit un signe de main à toute l'assemblée, sans se dépareiller de son air malin.

« Papa ? Je pensais que tu travaillais aujourd'hui, dit Albus.
— Je me suis octroyé une journée de repos supplémentaire, dit Harry en allant embrasser sa femme sur le front. Je suis bien entendu toujours susceptible d'être contacté et de partir, mais mes subalternes gèrent la situation bien mieux que je ne l'aurait imaginé.
— On va vraiment finir par croire que tu passes tout ton temps ailleurs qu'au boulot, ricana James.
— Arrête donc de dire des bêtises, tiens ! s'amusa son père. Et je ne voudrais pas vous presser, mais mieux vaudrait se dépêcher.
— Pourquoi papa ? interrogea la dernière des Potter.
— Avec les lettres de Poudlard qui sont arrivées, on peut être sûr que le chemin sera noir de monde. Allez, hop ! En route mauvaise troupe ! »

Il y eu quelques contestations à la demande d'abandonner la table et donc le repas, provenant de Bloom et de Scorpius notamment. Scorpius était toujours assez lent à manger, tandis que Bloom possédait un appétit insatiable. James se leva pour sa part sans la moindre protestation, ayant fini de manger depuis maintenant quelques minutes. Il put cependant voir son amie mettre discrètement et à l'insu de tous deux ou trois pains au chocolat dans sa poche, avant de le menacer du regard. James eut un sourire et détourna les yeux en ayant reçu le message cinq sur cinq. Bloom était définitivement bien trop gourmande pour son propre bien.

Harry les fit se rassembler devant la cheminée tandis que Ginny s'assurait que tous aient emmené des vestes ou des pulls.

« On va d'abord passer par le Chaudron Baveur, dit la mère de James. Autant profiter d'une virée sur le Chemin de Traverse pour saluer Neville et Hannah.
— Maman ! s'exclama aussitôt Lily sur un ton de reproche. On est censé acheter nos fournitures, pas prendre le thé avec les Londubat !
— Je veillerai à ce que ce soit bref, la rassura Harry.
— Et si jamais c'est un échec, on pourra toujours faire les achats sans maman », dit James avec un sourire narquois.

Harry éclata de rire, alors que les joues de sa femme rosissaient. La maîtresse de maison les pressa donc à prendre la poudre de Cheminette, ce qui ne fit que renforcer l'air narquois qu'arboraient James, Albus et leur père.

L'arrivée dans le Chaudron Baveur laissa à nouveau l'aîné des Potter pester sur la poudre de Cheminette. Il trébucha un peu à cause de la suie qui s'était déposée sur ses lunettes, mais dégagea l'âtre pour laisser Eliot apparaître à sa suite. Les clients ne tournèrent même pas la tête vers eux, habitués à voir des sorciers utiliser cette cheminée publique. En revanche, le sourire de la propriétaire, derrière le comptoir, s'élargit en découvrant l'identité des nouveaux venus. Hannah Londubat indiqua à son employée de la remplacer et s'empressa de les rejoindre. Accompagnant sa marche, ses nattes blondes bondissaient derrière elle, dans un mouvement que James trouvait un peu comique. À côté du garçon, Ginny Potter qui était la dernière arrivée depuis du Septième Ciel tendit les bras vers son amie.

« Ginny ! Ça me fait plaisir de te voir ! s'exclama Hannah en étreignant la mère de James. Je me disais bien que toi et ta petite famille ne tarderiez pas à venir faire vos achats pour Poudlard. Bonjour Harry, bonjour les enfants !
— Bonjour Hannah, Neville est ici ? demanda Harry en époussetant sa robe.
— Il est parti rencontrer des parents d'un enfant né de moldus. Il devrait revenir d'ici une ou deux heures avec eux.
— Ça doit être compliqué comme boulot ça, commenta Shannon. Les moldus acceptent facilement la magie ? Et pourquoi c'est le professeur Londubat qui s'en occupe ?
— Ça fait partie de ses devoirs de directeur-adjoint, répondit Scorpius.
— Et nous n'avons pas beaucoup de temps, s'excusa Ginny à son amie. Mais promis, à notre retour après nos achats, je resterai le temps d'un bon petit thé.
— Ne t'en excuse pas, je comprends. Après tout, je dois m'occuper du service.
— Vous pourrez passer le bonjour à Frank de notre part ? » demanda Gabriel.

Hannah répondit par un simple sourire, puis leur fit un signe de la main, avant de se diriger vers un client voulant visiblement passer commande. Alors que son père les emmenait tous à sa suite jusqu'à l'entrée du Chemin de Traverse, James ne put s'empêcher de regarder un peu l'étrange population qui occupait le bar. Il savait que c'était bien souvent le premier endroit du monde de la magie que les enfants nés de moldus découvraient et, selon James, cela devait laisser un étrange sentiment. Si les clients du bar et du restaurant seuls étaient plutôt normaux, habillés de robes assez sobres, les résidents permanents à l'auberge, eux, étaient bien souvent des gens plus fauchés, plus étranges. Par exemple, dans un coin de la salle, un sorcier chauve s'évertuait à manipuler des volutes de fumées pour en faire des formes complexes, si ce n'est même des sculptures. Même pour un sorcier habitué à ce monde, cela restait étrange. En revanche, l'endroit était propre, bien tenu et même accueillant, malgré l'air volontairement ancien. D'après son père, il avait appris que cela n'avait pas toujours été ainsi et qu'autrefois, l'auberge avait eu l'air bien plus miteux que ce qu'elle était aujourd'hui.

« Bon, par où voulez-vous commencer les enfants ? demanda Ginny Potter. J'espère que vous n'avez pas trop de fournitures à acheter.
— On pourrait se séparer en plusieurs groupes, fit remarquer Albus. Ce sera plus rapide et plus facile.
— Si vous voulez, répondit Harry. Mais on se retrouve à midi pour manger au Chaudron Baveur, pour ceux qui ne nous suivront pas Ginny et moi. Et faites attention à vos baguettes ! En tant qu'Auror, j'ai vu trop de gens se la faire dérober sans qu'ils ne s'en rendent compte. Vous n'imaginez pas à quel point le trafic de baguettes magiques a fait une remontée en flèche ces dernières années.
— Pas de problème papa, elle est dans ma poche arrière», sourit James.

En disant cette parole, le garçon put voir son père avoir un sourire mi-moqueur, mi-triste qu'il ne comprenait pas trop. Il marmonna quelque chose comme « morceau de fesse en moins », qui n'avait pas la moindre signification pour James. Il préféra ne pas chercher plus loin que ça. Le garçon tourna donc son regard vers Bloom, Eliot et Gabriel, afin qu'ils déterminent ensemble où ils souhaitaient se rendre d'abord.

« Faut que je passe au magasin d'accessoires de Quidditch ! s'exclama aussitôt Bloom. Mes protections de cuir son trop petites maintenant.
— On pourra faire ça plus tard, contra Eliot. Je propose plutôt qu'on s'occupe de tout ce qu'on a en commun d'abord. Donc robes, plumes et parchemins, livres, et fournitures de potion.
— Dans ce cas là, va pour Fleury et Bott », trancha James.

Gabriel, Eliot et Bloom hochèrent la tête devant cette décision. James se tourna alors vers le mur de pierre, ouvert par son père, et entra dans la rue sorcière de Londres. Le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'elle était vivante aujourd'hui. Les quatre amis se faufilaient parmi cette foule mouvante et bruyante, des plus hétéroclites. Les cris des quelques vendeurs des étals installées sur le bord de la rue, devant les boutiques, se mêlaient avec les conversations, les éclats de voix, ou encore les quelques rires ici et là. Et si nombreux étaient les hiboux à voleter au dessus de tout cela, de même que les chats à courir entre les jambes des sorciers, la rue et les bâtiments restaient d'une propreté plus qu'acceptable. James, qui n'était pourtant jamais bien à l'aise dans la foule, devait avouer trouver l'ambiance du Chemin de Traverse enivrante.

« Tiens, regardez là-bas, désigna Gabriel du doigt. Ils sont bien là. »

James haussa les épaules, avec une petite grimace. Plus loin dans la rue, occupant l'espace devant Gringotts, les garçons et Bloom pouvaient constater des attroupements autour de quelques sorciers et sorcières, qui hurlaient à tout va. Ils n'avaient pas besoin de comprendre ce qu'ils disaient pour savoir de quoi il s'agissait. Les partis faisaient leur propagande et attiraient l'attention de la population.

« Ils sont plus calmes que la dernière fois que je suis venu, reprit le jeune Madder.
— Ah bon ? Ils m'ont pourtant l'air agités, répondit Bloom, sceptique.
— La dernière fois, ça a dégénéré en baston. Il n'y a pas eu d'échange de sorts heureusement, uniquement des combats à mains nues. Mais quand-même…
— Mais non, c'est juste de la « politique de proximité », vous comprenez pas ? s'amusa Eliot. Je pense de toute façon que l'origine de leur calme est très simple à comprendre.
— Je vois ce que tu veux dire », confirma James.

Le garçon avait pris le temps d'observer un peu la foule et avait repéré parmi elle des têtes familières, ainsi que des uniformes qu'il ne connaissait que trop bien. Quand son père avait dit qu'il se chargerait de garder le tout sous contrôle, il n'avait pas tout de suite pensé au fait qu'il enverrait des Aurors sur le Chemin de Traverse. Ou plutôt, des aspirants Aurors. James connaissait bien leur tenue car lui-même envisageait d'en devenir un. En un sens, c'était suivre les traces de son père, mais James souhaitait surtout aider les autres plutôt que simplement chasser les mages noirs.

Le jeune Potter put voir Gabriel tendre alors le cou en l'air, ses yeux se faisant fureteur, un peu brillants. Il ne put s'empêcher de ricaner.

« T'inquiète pas, si ton Athéna est là, on la verra bien assez tôt.
— Comment tu… Ah oui, se rappela Gabriel en se calmant. J'avais oublié que vous saviez qu'elle était apprentie-Auror.
— Tu veux faire croire que tu l'as oubliée, mais tu n'es pas du tout doué pour cacher tes sentiments », compatit Eliot.

Gabriel grogna, ce qui fit s'élargir les sourires de ses trois amis. James savait que les sentiments qu'avait son meilleur ami pour la jeune fille aujourd'hui étaient plus proches de l'amitié que de l'amour. Mais il restait toujours au fond de lui cette petite pointe qui faisait qu'il n'arrivait pas totalement à passer à autre chose. Pourtant, James était loin d'être un expert en sentiments, loin de là.

Ils constatèrent alors qu'ils attiraient les regard des gens à s'arrêter ainsi au milieu du chemin. Le petit groupe se remit en route, évitant du mieux qu'il pouvait les coups de coudes de quelques ménagères chargées de sacs en tout genre, pour finalement arriver dans la librairie magique. La rentrée proche obligeant, le lieu était assaillit par les élèves de Poudlard. James put apercevoir des têtes qu'il connaissait de l'école, sans pour autant parvenir à placer un nom sur chacun. En revanche, ils répondirent aux quelques signes de bonjour qu'ils reçurent, de personnes qui comptaient plus ou moins de leurs amis. Souvent moins que plus d'ailleurs

« Je me demande si c'était une si bonne idée que ça de venir sur le Chemin de Traverse si tôt après la réception de nos lettres de Poudlard, soupira Gabriel en s'appuyant contre une étagère.
— Qu'on vienne n'importe quel jour, le Chemin de Traverse est toujours rempli de monde, répondit Bloom. Puis aujourd'hui au moins, on va pouvoir saluer les gens qu'on connaît. Dis Eliot, tu peux pas m'attraper ce livre ?
— Lequel ? »

James regarda la jeune fille désigner un bouquin sur les moldus perché tout en haut d'une étagère, ce qui était plutôt comique. À côté de Eliot, la jeune fille paraissait encore plus minuscule qu'elle ne l'était vraiment. Elle pestait parfois sur sa taille, en dehors du Quidditch, où son gabarit lui permettait d'être plus agile. Eliot ne prit même pas la peine de se mettre sur la pointe des pieds, et attrapa tranquillement le livre, plutôt épais d'ailleurs, qu'il tendit à Bloom. La jeune fille lui sourit en remerciement.

« J'ai jamais compris pourquoi le professeur Russel nous fait acheter autant de bouquins différents sur les moldus, dit Bloom en feuilletant l'ouvrage.
— Les moldus ont un monde très complexe et disparate, répondit Gabriel. J'imagine que les différents ouvrages s'intéressent donc à des sujets multiples.
— De quoi traitent les livres que tu dois avoir cette année ? l'interrogea James en se penchant sur sa liste.
— Celui là c'est de l'histoire Européenne. J'ai aussi celui-là à propos des mœurs anglaises actuelles, et un dernier que j'avais déjà l'année dernière, sur les objets et technologies moldues.
— Ça a l'air vraiment complexe.
— Oh, pas tant que ça. Tu sais James, on reste plutôt généralistes sur à peu près tous les sujet et les livres sont surtout là pour nous permettre d'approfondir si on le souhaite. Mais je préférerai justement qu'on ne traite d'un seul sujet plus en profondeur plutôt que de s'éparpiller », répondit la jeune fille.

James haussa les épaules, préférant ne pas aborder le sujet plus en détail. Il fit signe aux autres de le suivre, longeant la rangée tout en évitant les élèves qui étaient eux aussi à la recherche de leurs livres. Ils arrivèrent finalement dans un coin de la librairie, consacrée aux différentes magies, classées par cultures. James eu un sourire aux lèvres, plus à l'aise dans ce rayon se consacrant à l'une de ses matières préférés, « L'étude des magies du monde ».

Cette matière était née au milieu des années 2000, à l'occasion de l'un des tournois des Trois Sorciers qui avait eu lieu à Durmstrang. Le professeur McGonagall, alors directrice à l'époque, avait été fascinée par ce cours un peu inhabituel, qui permettait aux jeunes sorciers de s'ouvrir au monde autour d'eux. Il lui avait fallu un an supplémentaire pour réussir à trouver un professeur et donc instaurer la matière. Le professeur Jäger était originaire d'Allemagne, bien qu'il ne possédait quasiment aucune trace d'accent germanique dans son parlé. De ce que James avait compris, ce dernier avait été une sorte d'explorateur, qui avait un jour tout plaqué pour partir à la découverte des civilisations et de leurs magies. Cela se ressentait dans ses cours, qui étaient toujours très intéressants, vivants même. Le professeur Jäger savait parfaitement de quoi il parlait et réussissait à passionner les élèves sans trop de soucis. Pourtant, ce cours était très majoritairement théorique et la pratique se révélait bien rare.

« Je vois tes yeux briller Potter, ricana Gabriel. Je suis certain que tu ne vas pas t'empêcher de prendre quelques livres supplémentaires.
— J'avoue que je suis un peu curieux de cette magie amérindienne qu'on a étudiée à la fin de l'année dernière.
— Tu veux parler de tout leurs délires autour des esprits, des animaux totems et de la nature ?
— Oui. Leur approche est très différente de la notre, ils placent l'harmonie avec leur environnement au centre de tous les arcanes.
— Je me demande un peu ce qu'on va étudier cette année, sourit Eliot devant l'enthousiasme de James. Faudrait qu'on demande à Fred, je sais qu'il a pris cette option.
— Oh ! Gabriel, regarde, ce ne sont pas tes parents ? »

Les trois garçons tendirent le cou vers l'endroit désigné par leur amie, c'est à dire le comptoir de caisse et la file de sorciers qui faisaient la queue pour payer. James reconnut en effet la stature droite de Neil Madder et les chevelures blondes de la mère et la sœur de Gabriel. Ces dernières leur firent un petit signe de la main, tandis que le père de Gabriel se contenta d'un signe de tête en guise de salut, quoi qu'un peu guindé. Ils prirent leurs livres pour l'étude des magies et se dirigèrent vers eux.

« Vous ne m'aviez pas dit que vous viendriez aujourd'hui acheter les fournitures de Jenna, dit Gabriel en embrassant sa mère. Elle a été chercher sa baguette ?
— On le fera en dernier, répondit Eleonora Madder avec un sourire. Le meilleur pour la fin comme on dit. Bonjour vous trois, vous passez de bonnes vacances ?
— Excellentes Mrs Madder, répondit Eliot. Alors comme ça Jenna entre à Poudlard cette année ? Tu espères aller dans quelle maison ?
— Gryffondor ou Serdaigle ! répondit la petite blonde. Comme ça, j'aurai un de mes frères dans ma maison !
— Et pas de Serpentard, ironisa Neil Madder, sans cacher un petit sourire. À croire qu'aucun de mes enfants ne souhaite suivre mes traces.
— Rory te suit déjà dans les potions, c'est pas trop mal, non ? D'ailleurs, où il est cet… Euh, je voulais dire, il est venu avec vous ? »

Gabriel s'était rattrapé de justesse, devant le regard sévère que lui avait adressé son père. James soupira en constatant que définitivement, l'entente entre les deux frères n'était pas revenue pendant les vacances. Il trouvait ça triste que son meilleur ami soit en froid avec son frère, pour une histoire de rien du tout d'ailleurs.

« Il est dans l'étalage des potions. Ne vas pas le provoquer Gabriel.
— Pourquoi j'irais le faire ? s'insurgea le garçon. Tu me fais si peu confiance maman ?
— Dis Gaby, tu nous accompagneras quand j'irai chercher ma baguette ? intervint Jenna.
— Pourquoi pas… »

Les quatre amis discutèrent encore un instant avec les parents de Gabriel, faisant la queue à leur tour. Le retour de Rory de son rayon renfrogna aussitôt Gabriel, qui ne dit mot. Son grand frère n'en lâcha pas un non plus, ce qui donnait une ambiance assez froide. James dut avouer être assez soulagé de sortir du magasin, quand ils se dirigèrent dans une direction différente de celle de Rory et des parents de Gabriel.

Le retour dans la rue permit donc de retrouver une ambiance plus légère et Gabriel se décrispa. Ils suivirent l'allée, allant dans le sens de la foule, tout en évitant les quelques délégués de partis et les sorciers louches. Quelque part proche de l'épicerie Cauldwell, James pouvait entendre quelques femmes se plaindre du prix montant des aliments. Avec un sourire, il ne put s'empêcher de penser à sa grand-mère, Molly, qui aurait sûrement été en train de s'énerver avec ces femmes si elle avait été là. Mais il détourna son regard et suivit Eliot, qui menait leur petite troupe en se servant de sa grande taille pour savoir par où ils allaient passer.

Leur arrivée dans la boutique leur fit pousser un petit soupir de soulagement. Son père avait raison, le Chemin de Traverse était bondé de monde aujourd'hui. La vendeuse, en les découvrant, les accueillit d'un large sourire.

« Bienvenue messieurs, déclara la jeune femme. Oh, et mademoiselle. C'est pour Poudlard ?
— Non, c'est pour le carnaval, chuchota Eliot à leur oreille.
— Oui, nous aurions besoin de nouvelles robes, dit James en couvrant le sarcasme de son ami.
— Suivez-moi. »

Les trois garçons se retrouvèrent donc à devoir recevoir des ajustements pour leurs robes, sous le regard amusé d'une Bloom qui n'en avait pas besoin de nouvelles. C'était le seul avantage qu'elle avait à ne pas beaucoup grandir, elle n'avait pas besoin de racheter d'uniformes chaque année. Quoi que James se souvenait l'avoir entendu dire qu'elle était déjà venue en racheter au début des vacances. Quelle drôle d'idée elle avait tiens à acheter de nouveaux vêtements alors qu'elle n'en avait pas besoin.

Les couturières étaient occupées à ajuster les manches quand la cloche de la boutique sonna une nouvelle fois. James tourna la tête, son attention captée par le bruit. Un sourire radieux prit place sur son visage quand il vit qui était entré.

« Bonjour Mr Viridian ! s'exclama la propriétaire, délaissant un instant Eliot. La robe que vous avez commandée est prête.
— Merci Miss Guipure, répondit Liam Viridian. Bonjour vous quatre.
— Liam ! sourit James. Ça fait un moment que je ne t'avais pas vu. Teddy m'assurait que tu allais bien, mais je me demandais un peu ce que tu devenais. »

Leur ancien Préfe-en-Chef indiqua à la sorcière qu'elle pouvait achever son travail avec eux, puis s'approcha avec un large sourire. Il n'avait pas beaucoup changé depuis Poudlard, si ce n'était ses vêtements, un costard moldu qui détonnait quelque peu dans le monde des sorciers, sans rien perdre de sa classe. Ses traits étaient toujours aussi fins et élégants, ses cheveux toujours aussi blonds et lisses. Peut-être faisait-il plus imposant avec sa tenue élégante, songea James. C'était le meilleur ami de Teddy Lupin, le parrain de Lily et son presque-frère. De ce qu'il savait, malgré les deux ans de différences, les deux garçons s'étaient vite entendus, réunis par leurs valeurs communes. Le fait qu'il soit devenu préfet-en-chef aux côtés de Victoire, la fiancée de Teddy, avait renforcé ces liens, et à sa sortie de Poudlard, les deux garçons avaient continué de se voir très souvent.

James savait par Teddy justement que Viridian ambitionnait d'entrer dans le département de la Justice Magique, avec pour but final d'intégrer le Magenmagot. Ces études comptaient parmi les plus complexes que pouvait entreprendre un sorcier, mais également parmi les plus prestigieuses. Viridian avait été un excellent élève à Poudlard et ses professeurs avaient mis de grands espoirs en lui. James était convaincu qu'il parviendrait à réaliser ses objectifs.

« Eh bien, je continue mes études de droit magique, répondit l'ex-Serpentard. Je m'en sors plutôt bien pour le moment.
— Avoue que t'es le meilleur de ta promo, ricana Eliot. On sait tous que tu es excellent.
— Détrompe-toi, je ne suis que deuxième. Je me fais doubler sur le fil par Théodore Pyrell.
— Je croyais que tu étais meilleur que lui à Poudlard, fit remarque Gabriel en fronçant les sourcils.
— Peut-être, mais en droit magique, c'est vraiment un concurrent de taille ! sourit Liam. Je suis meilleur sorcier, mais c'est un formidable juriste.
— Je suis choquée de savoir que tu puisses être battu, dit Bloom. D'ailleurs, pourquoi tu avais besoin d'une robe ?
— Bloom, ça ne nous regarde pas, intervint James.
— Laisse, laisse, ce n'est pas grave James. Pour te répondre Bloom, je me suis impliqué dans notre vie politique en devenant membre du parti Réformiste. Et j'ai besoin d'une tenue sorcière habillée pour les interventions publiques qui auront lieu ce week-end, et même plus tard.
— Le parti Réformiste ?
— N'allez pas me dire que vous n'avez jamais vu que j'essayais d'aider les nés-moldus », sourit Viridian.

Vu comme ça, cela semblait logique. James était un peu surpris malgré tout de voir quelqu'un comme Viridian s'engager si jeune dans la politique, mais après tout, pourquoi pas. Et même, en y réfléchissant un peu plus, il irait sûrement loin dans ce domaine. Déjà à Poudlard il avait été Préfet-en-Chef, ainsi qu'un brillant élève, qui se battait pour faire régner l'ordre. Il avait toujours défendu des causes justes. Sans compter qu'il était un puissant sorcier, ce qui aidait forcément à inspirer confiance.

« Donc tu tentes de rassembler les gens autour de toi ? demanda Gabriel, curieux.
— Non, non, ça ce n'est pas mon boulot. Je suis un des cadres du parti, informa-t-il d'un air sérieux. Mes connaissances en droit magique sont un atout de taille, donc on fait forcément appel à moi pour ces questions.
— J'imagine que tante Hermione t'aide beaucoup dans ce domaine.
— Ah, oui, oui, tout juste ! C'est vrai que ta tante est dans le parti Réformiste. J'étais un peu sceptique au départ, on connaît tous ses liens avec Percy Weasley, mais en fait, c'est vraiment une excellente conseillère et une juriste d'exception. On travaille beaucoup ensemble, on s'entraide.
— Et tu penses que le parti Réformiste a des chances de gagner ? »

À la question de Bloom, le visage de Liam se fit un peu grimaçant. Le garçon resta un moment sans rien dire, cherchant visiblement ses mots.

« C'est compliqué, avoua-t-il. J'aimerais bien entendu qu'il remporte ces élections, mais j'en doute très fortement. Jason Crow n'est pas un leader assez charismatique. Je n'arrête pas de leur répéter… »

La dernière remarque avait été dite plus doucement, sûrement plus adressé à Viridian lui-même qu'à eux. À cet instant, un certain doute put se lire dans le regard de Liam, qui se mordilla un peu la lèvre. Puis, il releva la tête vers eux.

« Enfin, c'est le jeu. On peut toujours espérer une victoire. Et si jamais on ne l'obtient pas, on pourra toujours se pencher sur ce qui n'a pas fonctionné.
— C'est vraiment complexe ces histoires, marmonna Bloom.
— C'est du bordel organisé où tout le monde crache sur tout le monde, surtout quand tu es du même camp, répondit Eliot avec son sourire malin habituel. Autrement dit : c'est de la politique.
— Sinon vous, comment ça se passe vos études ? reprit Liam. Tu voles toujours aussi bien James ? Et qui est préfet parmi vous ? Vous êtes en cinquième année il me semble, donc il y a forcément un préfet parmi vous ! »

Avec un sourire, les quatre amis donnèrent joyeusement la réponse à Liam, qui félicita chaleureusement Eliot. Ils discutèrent encore quelques instants, avant que les couturières n'aient finis leur travail. L'ex-préfet-en-chef salua James, Eliot, Bloom et Gabriel, avant de disparaître dans la rue. Les garçons payèrent leurs robes, puis sortirent à leur tour de la boutique, retournant dans la cohue du Chemin de Traverse.

La foule s'était un peu dispersée. La rue en devenait largement plus vivable. L'approche de l'heure du repas avait poussé une partie des sorciers à rentrer chez eux. James en était soulagé. Ils pouvaient désormais enfin marcher à leur rythme et même prendre le temps de s'arrêter pour observer un peu les vitrines des magasins. Celui d'accessoires de Quidditch affichait fièrement les deux nouveaux balais sortis, le Comète 380 et le Brossdur 22. Ils n'intéressaient pas James, poursuiveur de son état. Ces deux marques, au fil du temps, s'étaient spécialisées dans les balais pour batteurs et gardiens respectivement. Lui préférait les Nimbus et les Éclairs de Feu, qui avaient pour cœur de cible les attrapeurs et, bien évidemment, les poursuiveurs. En revanche, Bloom était admirative devant le Comète, elle qui n'avait que le modèle 360 (deux gammes de moins que le 380) depuis l'année dernière.

« Greg Sweetheart et Harold Kauffer sont déjà équipés de deux de ces merveilles, soupira la jeune fille.
— De quoi leur permettre de faire encore plus de victimes, grimaça James. Ils ont quand même réussi à envoyer Slopper à Sainte-Mangouste pour deux semaines après le dernier match contre les Catapultes.
— Le génie des Chauve-souris quoi ! »

James n'était pas certain qu'essayer de tuer quelqu'un à coup de battes et de cognards était ce qu'on pouvait qualifier de génie, mais il savait parfaitement qu'il valait mieux pour lui éviter de le dire à Bloom. Insulter l'équipe préférée de son amie n'était pas une bonne idée. Surtout quand on savait que son jeu de batte prenait très exactement modèle sur celui des Chauve-Souris.

« Tu ne devais pas acheter quelque chose Bloom ? demanda Gabriel. Tant qu'on est ici.
— Oui, des protections en cuir ! s'exclama-t-elle. Merci de me le rappeler.
— Je t'assure Bloom, la puberté te coûteras d'avantages pour le Quidditch que l'achat de ton balai », lança innocemment Eliot.

Eliot se prit un coup dans le ventre pour la peine. Mais Bloom riait malgré tout de bon cœur avec les garçons, bien que le rouge de ses joues prouvait sa gêne certaine.

Ils sortirent quelques minutes plus tard avec un nouveau paquet, contenant les nouvelles acquisitions de Bloom. James en avait profité pour, par ailleurs, discrètement acheter un nécessaire à balai pour l'anniversaire de la jeune fille, début décembre. Il se doutait qu'il ne reviendrait sûrement pas sur le Chemin de Traverse d'ici la fin de l'année et avait surtout remarqué un coffret conçu spécialement pour prendre soin du matériel des batteurs. Comprendre leur précieuse batte. James ne connaissait que trop bien toute l'affection que pouvait avoir Bloom pour son objet de torture. Il s'était donc délesté de quelques Gallions pour en faire l'acquisition.

Alors qu'ils marchaient vers l'apothicaire et la papeterie magique, James remarqua une autre figure connue. Il se mit à sourire largement, avant de donner un coup de coude à son meilleur ami.

« Gabriel, regarde qui se trouve devant chez l'apothicaire », dit-il d'un ton un peu moqueur.

Son meilleur ami ne releva même pas le sarcasme et se hissa sur la pointe des pieds pour essayer de voir par-dessus les passants où elle pouvait se trouver. Il n'y avait en effet bien qu'une seule personne pour qui James prenait ce ton moqueur envers Gabriel. La chevelure blonde était vivement reconnaissable de loin, ce qui fit que Gabriel n'eut pas à chercher bien longtemps. Le petit groupe de cinquième année s'approcha de l'endroit, pour saluer cette vieille connaissance qu'était Athéna.

« Je me disais bien que je finirais par vous voir, sourit l'aspirante Auror. J'ai croisé Al', Scorpius et Rose tout à l'heure.
— Bonjour Athéna, dit Gabriel. On s'était dit la même chose en voyant que les aspirants Aurors s'occupaient de la sécurité.
— C'est mon père qui a décidé ça ?
— Avec Foremann, oui, confirma Athéna. Notre rentrée est peut être dans trois semaines mais il a proposé à ceux qui le voulaient de faire ce boulot. Et disons que ça tombait à pic, vu que je m'ennuyais un peu. Faudra vraiment que tu remercies ton père de ma part James.
— J'essaierais d'y penser, promit le garçon.
— Que deviens-tu, chère princesse des duels ?
— Ah, ta langue fourchue m'avait manqué Eliot !
— Heureux d'être reconnu à ma juste valeur, dit le jeune Dubois en faisant une révérence.
— Arrête un peu tes bêtises, tu veux ? s'amusa leur aînée. Pour te répondre, je continue mes études d'Auror. Je domine toute ma promotion dans les cours de duels, et même les troisièmes années n'arrivent pas à me vaincre. Par contre, j'ai plus de mal pour tout ce qui est potions. »

Elle grimaça un petit peu. James n'allait pas remettre en doute ses paroles et savait lui-même qu'il allait devoir s'améliorer un peu dans cette matière, où il était encore un peu trop juste.

« Et en dehors de l'école, fit alors Bloom, avec un sourire malin. Pas de copain en vue ? »

James se retint de justesse d'éclater de rire quand il vit le regard noir de Gabriel peser sur Bloom. Et le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'il était noir. Ou bien gris anthracite. Athéna sembla elle-même s'en amuser, connaissant évidemment leur habitude de se lancer de petites piques comme ça.

« Non, pas d'histoire amoureuse en vue, soupira-t-elle. J'ai presque l'impression de faire fuir les hommes. J'imagine que c'est le côté femme forte qui fait ça.
— J'en connais un qui n'est pas d'accord avec ça, fit remarquer Eliot en souriant.
— J'ai bien compris l'allusion, grogna Gabriel. Pourquoi faut-il toujours que vous m'humiliez sur ce sujet ?
— Parce que c'est drôle ? s'amusa James.
— Mais pas très agréable pour Gabriel, dit Athéna avec une moue dubitative. Vous savez bien que tout ça ne se contrôle pas en plus. Je suis désolée Gabriel.
— Ce n'est pas ta faute, bredouilla le garçon. Puis je dois passer à autre chose, ça vaudrait mieux. Tu n'es plus à Poudlard maintenant. Tu as plus de responsabilités.
— C'est compliqué les études d'Auror ? demanda James.
— Ça demande beaucoup de travail, mais c'est gratifiant. On nous demande de devenir les meilleurs sorcier d'Angleterre, donc forcément on attend beaucoup de nous, et dans beaucoup de domaines ! Il n'y a pas que la chasse à la magie noire, loin de là. On apprend tout ce qui est administratif pour remplir les papiers, ou encore le droit magique.
— Ce n'est pas ce que fait Viridian ça ? s'interrogea Bloom.
— Oh, si, si, sourit elle. Justement c'est drôle que tu parles de lui, vu que je l'ai contacté afin de savoir s'il pouvait m'aider pour étudier les lois. Je ne suis pas très douée pour ça. Mais il a accepté de donner un peu de son temps pour un cas perdu comme moi. Et ma foi, il m'a beaucoup aidée. Pourquoi vous le mentionnez d'ailleurs ?
— On l'a croisé tout à l'heure, informa James. Mais je t'avoue que je ne pensais pas que les Aurors devaient étudier du droit magique.
— Et voici James Potter, le seul type au monde qui pense que les lois, c'est pas pour les Aurors ! ironisa Eliot. Quand même, tu penses bien que pour faire appliquer les lois, faut d'abord les connaître.
— Vu comme ça… Il faudra vraiment que tu m'expliques comment se déroule la formation plus en détails Athéna.
— Quand tu sortiras de Poudlard, je serais ravie de tout t'expliquer James, répondit Athéna avec un sourire. Après tout, à ce moment là, je serais sûrement une Auror confirmée, dont le rôle sera de protéger la population ! D'ailleurs, vous autres, qu'est ce que vous voulez faire après Poudlard ? »

James put voir le visage de ses amis se faire songeur. Et il n'en était pas surpris. Eliot n'hésita pas longtemps, puisqu'il en avait déjà une petite idée. Il savait que Bloom, elle, hésitait entre plusieurs options différentes. Quant à Gabriel…

« Je ne sais pas trop, je dois l'avouer… Je ne me vois pas me diriger vers une carrière d'Auror, la chasse aux mages noirs c'est pas mon truc. Et je ne veux surtout pas me retrouver derrière un bureau.
— Tu as encore le temps, assura leur aînée. Mieux, avec ton talent pour la magie, tu as déjà pas mal de portes ouvertes.
— Merci Athéna, sourit Gabriel.
— Et vous deux ?
— Un métier dans l'élevage et la protection des créatures magiques, répondit Eliot. J'ai vraiment aimé ce que faisait ton oncle Charlie, James.
— Je me doutais bien que ça te plairait.
— Pour ma part, intervint Bloom, je pense rester pas trop loin du domaine du Quidditch. Peut-être même devenir joueuse professionnelle si je le peux !
— De biens belles ambitions donc. C'est bien les rêves, gardez-les. Et battez-vous pour ! »

Athéna regarda alors sa montre et leur indiqua alors qu'elle devait y aller. James vit un éclair de déception passer sur le visage de Gabriel, mais ce fut tellement furtif qu'il doutait que quelqu'un d'autre l'ai remarqué. Avec un signe de la main, Athéna disparut alors dans la foule du Chemin de Traverse, laissant les quatre amis achever leurs achats de fournitures.

Ils sortirent après seulement une dizaine de minutes de la boutique de l'apothicaire, avec leur réserve d'ingrédients pour l'année. Le passage par la papeterie magique fut vite expédié également et les quatre amis purent enfin décider qu'ils en avaient finis avec leurs achats pour cette année. Un dernier détour fut néanmoins pris pour la boutique de l'oncle de James, où ils achetèrent de quelques objets utiles à leurs escapades, avant de retourner dans la rue. Ils n'avaient pas vu George, mais James savait qu'il était occupé avec les travaux d'agrandissements de sa succursale de Pré-au-Lard. Ils prirent donc tranquillement le chemin du Chaudron Baveur, constatant qu'il était presque midi, l'heure prévue pour qu'ils se retrouvent là-bas.

« Je vous rejoins d'ici une vingtaine de minutes, dit alors Gabriel en repérant ses parents, son frère et sa sœur dans la foule. J'ai promis à Jenna d'être là pour sa baguette magique.
— Tu devrais en profiter pour qu'Ollivander examine ta baguette tiens, remarqua Eliot. Vu que tu adores faire des duels, avoir une baguette en bon état de marche est la moindre des choses.
— C'est une bonne idée, convint le garçon. À tout à l'heure ! »

Et il se faufila entre quelques sorcières en pleine conversation à propos de la montée des prix des feuilles de rhubarbe. James devait avouer que s'il y pensait, il faudrait que lui aussi fasse étudier sa baguette par Ollivander. Il était envieux de Jenna qui allait découvrir sa baguette pour la première fois. James adorerait vivre à nouveau ce moment. Il s'en souvenait comme si c'était hier.

« J'ai une bonne idée de ce qu'il vous faut, Mr Potter, avait déclaré le jeune Edmond Ollivander qui avait repris l'affaire de son oncle. Tenez, essayez ceci. Bois de sorbier et plume de phénix. 28,5 cm, rapide et légèrement élastique. Elle est un peu caractérielle, mais elle vous sera une excellente compagne, j'en suis certain ! »

Il ne s'était effectivement pas trompé. Précieusement gardée dans sa poche arrière, sa baguette lui avait bien convenu. Oh, bien entendu, il pouvait sentir les préférences qu'elle avait, à savoir les sorts plus défensifs, mais jamais elle ne lui avait fait faux bond. James fit signe à Bloom et Eliot de le suivre et tous les trois se dirigèrent vers le Chaudron Baveur.

Ils n'étaient pas les premiers arrivés. Albus, Rose et Scorpius étaient déjà assis à l'une des tables de la salle principale du lieu, une pile de paquets et de sacs posés sur les fauteuils adjacents. Scorpius leur fit de grands signes en les voyant arriver, un sourire aux lèvres. Rose et Albus semblaient, eux, plongés dans une grande discussion et ne se rendirent compte de leur arrivée qu'une fois qu'ils furent à quelques mètres d'eux. James prit place en face de son frère, après s'être débarrassé de ses affaires.

« On a croisé pas mal de monde, sourit Rose. Les jumeaux Davis vous passent le bonjour.
— Rigel et Eulalie ? Ils étaient là ? s'étonna Eliot. Je croyais qu'ils étaient Égypte !
— Crois-moi, ils sont bien en Angleterre, on les a croisé chez oncle George. Mais ils avaient finis leurs achats et sont rentrés je crois, répondit Albus. Et vous, vous avez croisé du beau monde ?
— Un peu, oui, dit James. Alors, d'abord… »

Les parents de James, accompagnés de Lily et Shannon, arrivèrent quelque cinq minutes après, eux aussi les bras remplis par les achats de fournitures scolaires. Le retour de Gabriel eut lieu encore cinq minutes plus tard, achevant la réunion de leur joyeuse troupe. Les joues du jeune Madder étaient un peu rouges et le garçon expliqua en quelques phrases comment cela s'était déroulé avec sa sœur. Apparemment, il avait fallu quelques baguettes avant qu'elle ne trouve sa compagne.

« C'est fou, ce type se souvient de toutes les baguettes qu'il a vendu ! acheva le garçon. Il m'a récité la composition de ma baguette sans le moindre problème.
— C'est le propre d'un bon fabricant de baguettes, informa Harry de son habituel ton chaleureux tout en coupant son steak. Son oncle était déjà comme ça. Et les quelques autres fabricants que j'ai rencontré dans mon boulot d'Auror avaient tous cette capacité plus ou moins développée.
— D'ailleurs Gabriel, elle est comment ta baguette à toi ? demanda Lily, curieuse. Comment elles sont vos baguettes tout le monde ?
— C'est personnel Lily ! gronda sa mère.
— Ça ne me dérange pas Mrs Potter, répondit gentiment Gabriel. Ma baguette est en sureau et contient un ventricule de cœur de dragon. Ollivander avait l'air de penser que c'était une bonne baguette, mais j'imagine qu'il dit ça à tout le monde.
— Le sureau ? C'est un bois rare pour les baguettes, remarqua Albus. On dit même qu'il porte malchance.
— Ce sont des croyances de grand-mère Albus. »

Le ton de son père surpris James. C'était comme si lui-même ne croyait pas en ce qu'il disait. Albus en face de lui avait aussi froncé les sourcils. Ils haussèrent tous les deux les épaules, ne sachant pas vraiment où tout cela pouvait en venir.

« Sinon Gabriel, j'ai croisé Athéna Branford tout à l'heure, reprit Harry avec sympathie.
— On l'a croisée aussi, dit Bloom. Pour le plus grand malheur du petit cœur de ce cher Gaby.
— Vous en avez fini avec ça ? grogna l'intéressé. Et ne m'appelle pas Gaby !
— Ah la la… soupira le chef des Aurors. C'est vraiment dommage que je ne puisse pas passer plus de temps à la maison, vous me feriez vraiment retomber en jeunesse.
— On se sent vieux papa ?
— Aussi vieux que Merlin lui-même ! »

Et ils éclatèrent de rire. Gabriel, au bout de la table, s'était un peu détendu, en voyant que le sujet sentimental s'était écarté. James l'avait remarqué, mais ne tenta pas de revenir dessus. Il ne fallait pas trop y insister. Il vida alors son verre, écoutant distraitement les quelques anecdotes que ses parents racontaient à ses amis – des anecdotes que lui connaissait déjà par-cœur.

oooOOOooo

Malgré la pluie qui n'avait effectivement pas manquée de tomber sur l'Angleterre pour toute la fin de semaine, et malgré les quelques coups de tonnerre qui s'étaient fait sentir, la fin de la semaine fut des plus joyeuses. James avait profité de l'après-midi après la visite au Chemin de Traverse pour inciter ses amis à faire une partie de Quidditch. Seul Eliot n'avait put se résoudre à participer, incapable de vaincre son vertige. James le comprenait très bien et lui avait demandé en ce cas de faire l'arbitre, ce qu'il avait accepté avec plaisir.

Le moins qu'il pouvait dire, c'est que ce fut véritablement une partie des plus amusantes. Les deux seules personnes qui n'étaient pas très à l'aise sur un balai, Gabriel et Shannon, avaient été placées chacun dans une équipe. Du moins au début, car le tout avait bientôt tourné au chacun pour soi, dans une bonne humeur générale. James avait été agréablement surpris par Gabriel, qui avait perdu un peu de sa nervosité. Ce ne furent que les premières gouttes de pluie qui obligèrent chacun à rentrer à l'intérieur du Septième Ciel, les joues rougies.

Ils avaient passé les quelques jours restant au chaud, à écouter la RITM – Radio Indépendante à Transmission Magique –, discuter tranquillement et même, pour certains tout du moins, avancer dans leurs devoirs, si bien que la semaine passa trop vite et qu'avant même que James, Albus et Lily ne s'en rendent compte, elle était déjà terminée. Leurs amis étaient rentrés chez eux, les laissant seuls au Septième Ciel avec leurs parents.

« Teddy et Victoire viennent nous rendre visite ce soir ! informa Ginny en ouvrant la porte de la chambre de James. J'espère pour toi que tu as rangé ta chambre.
— Maman, c'est pas comme si Teddy allait venir me voir ici, répondit James en se redressant de son lit.
— Mais il faudrait quand même que tu songes à la ranger. Je suis sûre que chez tes amis, leurs parents refusent que leurs chambres soient dans un tel état. »

Ça, James en doutait. Il avait déjà vu la chambre de Gabriel, qui était encore plus désorganisée que la sienne, et celle d'Eliot, plus nette sans trop l'être. Et surtout, leur dortoir était comme tout dortoir d'adolescents qui se respecte : un joyeux bordel organisé. Sa mère soupira, avant de fermer la porte, le laissant seul. Le garçon posa son magazine de Quidditch sur son matelas orange, avant de se redresser et de s'étirer.

Il devait malgré tout concéder à sa mère que sa chambre n'était pas très bien rangée. La pièce, ronde, voyait son sol parsemé, ici et là, de quelques chaussettes abandonnées. Il retrouva même son tee-shirt de la veille sur son bureau. Le garçon les rassembla, et observa un peu l'endroit, voir s'il restait d'autres vêtements orphelins. À la lumière de la fenêtre, un peu réfléchie par les murs crème, il semblait que non. James se baissa, se retrouvant le visage contre le tapis pour regarder sous son lit. Il tendit alors le bras pour attraper la dernière chaussette qui traînait et terminer de rassembler ses vêtements. Il les prit sous son bras et se tourna alors vers la porte, tout en attrapant au passage sa robe de Quidditch négligemment accroché à la porte de son armoire, qu'il avait utilisé un peu plus tôt pour voler dehors avec Albus. Il descendit enfin les escaliers pour arriver jusque dans la laverie, où il donna son linge sale à sa mère. Elle lui accorda un sourire.

« Tu vois quand tu veux. Si tu y mettais plus du tiens, tu pourrais avoir une chambre aussi rangée que celle d'Albus.
— Celle d'Albus est trop rangée, fit mine de frissonner James. C'est pas normal.
— Arrête avec tes bêtises, tu veux ? rit sa mère en lui envoyant un torchon à la figure. Va donc prendre ta douche et te préparer. Tu dois être prêt pour dix-huit heures. Et puis, à vingt heures, c'est l'annonce du nouveau ministre.
— Enfin ! »

Toute cette histoire autour des élections allait pouvoir se terminer, et rien que pour ça, James était heureux en cette journée pourtant maussade. Peut-être même que son oncle Percy deviendrait le nouveau ministre. James l'espérait. Son oncle n'était peut être pas le plus drôle, ni le meilleur avec les enfants, mais il avait découvert en grandissant quelqu'un de plus sympathique qu'il ne l'avait cru plus jeune. Il renvoya son linge à sa mère, puis prit la direction de la salle de bain, en espérant que Lily n'était pas – encore – en train de la monopoliser.

À l'heure où Teddy et Victoire arrivèrent dans le salon par Poudre de Cheminette, toute la famille Potter était prête. Harry accueillit Teddy avec une joie immense, l'étreignant comme le presque-fils qu'il était pour lui. Le jeune homme lui avait vigoureusement répondu, si bien que ses cheveux avaient légèrement rougis, la marque, James le savait, qu'il était un peu gêné. Victoire embrassa Ginny, avant de se tourner vers eux et leur laisser à chacun une bise sur la joue. Puis, James serra la main de Teddy, avec un large sourire aux lèvres pour celui qui était pour lui un frère de cœur.

« Tiens, j'ai une surprise pour vous trois ! sourit le dernier des Lupin alors qu'ils s'asseyaient autour de la table basse du salon.
— Une surprise ? s'étonna Albus.
— On doit s'inquiéter ou se réjouir ? lança James d'un ton moqueur.
— Ça va vous plaire. Attendez, un peu… Victoire, peux-tu me passer le panier ? »

Ce ne fut qu'à sa mention que James le remarqua, posé sur la table. Doucement, la jolie rousse s'en saisit, avant de le déposer sur les genoux de son fiancé. Il se pencha alors vers James, posant le panier au sol, avec un sourire malin. Autour de James, Lily et Albus se tendirent aussi pour voir un peu ce que Teddy avait préparé. Et James devait avouer avoir sa curiosité attisée.

Il ouvrit alors le couvercle, et James cligna les yeux de surprise. Face à lui, deux yeux étincelants lui répondirent par un mouvement semblable. Et Lily poussa aussitôt une véritable exclamation de ravissement.

« Oh ! Comme il est mignon !
— Je m'attendais pas à ça », répondit James en regardant sa sœur se saisir du chaton.

Lily s'en était saisit, avec un enthousiasme qui faisait plaisir à voir. Assis sur le canapé à leur droite, Harry et Ginny affichèrent un sourire appréciateur. Le chaton lui observait Lily avec ce que James qualifierait de « regard perdu ».

« Comme vous le savez, Nous avons une chatte, Hilde, dit Victoire avec un sourire.
— Hilde… Ce n'était pas l'un des chatons qu'avait eu Hyacinthe ? demanda Harry.
— Si, si, c'est ça. Qui elle-même était issu d'une des chattes de Mrs Figg et de Pattenrond, le vieux chat de tante Hermione. Je m'en souviens encore de ce gros matou. J'adorais le poursuivre quand j'étais gamine. J'ai vraiment été attristée quand il est mort.
— Pattenrond était vraiment très attachant, oui, dit Ginny avec un air tendre et mélancolique.
— Enfin bref, intervint Teddy. Hilde a donc eu une portée et nous nous sommes retrouvés avec huit chatons sur les bras. Vu que tous les trois, vous n'avez pas vraiment d'animal à vous, on s'est dit que ça vous ferait plaisir.
— C'est une très bonne idée, confirma Harry. Reste à savoir lequel de vous trois va s'occuper de lui. »

James observa le chat que Lily avait dans ses mains. Il était de couleur blanche, avec quelques points de noir sur les oreilles la queue et le bout des pates. Ses yeux ambre observaient le monde autour de lui, tandis qu'il gardait les oreilles un peu repliées sur elles-mêmes. Lily lui faisait de grands sourires, tandis qu'Albus se laissa retomber dans le dossier de son fauteuil. Lily ramena le chaton sur ses genoux, alors qu'elle tourna la tête vers Albus, en même temps que James.

« Je vous le laisse Lily et James, dit le cadet des Potter. Je ne suis pas très chat.
— Dans ce cas, je peux l'avoir James ?
— J'imagine que oui, répondit le garçon.
— Comment tu vas l'appeler Lily ? demanda Harry. Il n'a pas encore de nom, je me trompe Teddy ?
— Non, c'est bien à elle de lui en trouver un. »

Lily leva les yeux au plafond, songeuse. Sur les genoux de sa sœur, James pouvait voir le chat s'agiter, tenter d'échapper à son étreinte, en poussant de légers miaulements. Si Lily était toute heureuse à l'idée de s'occuper de lui, le chat de son côté ne semblait pas l'avoir adoptée pour autant. Ce qui faisait un peu rire Teddy et Victoire en face d'eux.

La discussion dans le salon se poursuivit encore quelques minutes, avant qu'ils ne décident de passer à table. Ce fut le moment choisi par le chaton de Lily pour s'échapper de ses genoux et aller se cacher sous les meubles. James s'était alors dévoué, et alors que tout le monde allait dans la cuisine, il s'était baissé pour regarder où il était parti. Puis, il avait rampé contre le tapis pour tenter d'aller le chercher, tendant le bras vers lui. Le chat l'observait d'un œil méfiant, mais aussi curieux. Le garçon se rappelait de ce qu'avait pu lui raconter Eliot sur les animaux et ne fit donc pas de mouvements brusques. Finalement, le chat se laissa faire et James put le ramener à Lily à table, pendant que sa mère servait le repas. Il prit place alors à coté d'Albus, réajustant ses lunettes. Les assiettes furent remplies et enfin Ginny s'installa à table, en face de son mari, après avoir reçu les compliments de Victoire et Teddy sur la présentation de ce qu'elle avait préparé.

« Comment avancent vos préparatifs de mariage ? les interrogea Ginny, son verre à la main. C'est à peine dans deux mois maintenant !
— Grand-mère et Fleur ont prit les choses en main et sont encore en train de tout planifier, répondit Teddy avec un sourire. Elles refusent de trop nous en dire, mais ont assurées qu'elles respectaient les volontés que l'on a demandé.
— Je reste toujours stupéfaite de la manière qu'a Andromeda pour s'occuper de l'argent, ajouta Victoire. Je croyais que c'était des rumeurs, mais les personnes sorties de Serpentard ont vraiment un don pour la gestion des capitaux. À son âge…
— Vous êtes sûrs que l'école nous laissera y assister ? répéta Albus, un peu dubitatif. C'est quand même rare qu'ils autorisent les élèves à quitter le château en période de cours.
— Harvey a été prévenu, ne t'inquiète pas pour ça Al', le calma Harry. Et puis, Neville est bien invité lui aussi par exemple. Je rappelle que ce sera pendant un week-end, donc vous ne devriez pas être absents pour beaucoup de cours
— C'est pas moi que ça dérangerait en tout cas, ironisa James. Y'a bien que Al' pour être stressé à l'idée de louper les cours. »

Albus lui donna un coup de coude dans les côtes, avec un petit sourire aux lèvres.

« C'est surtout que ça m'ennuie de devoir tout rattraper, se justifia-t-il. Surtout que Scorpius, Rose et Séléné viennent aussi pour le mariage, pas possible de compter sur leurs notes.
— C'est d'ailleurs super de votre part d'accepter que l'on invite nos amis ! s'exclama Lily.
— Mais c'est normal ma petite puce. Et ce n'est pas comme si Teddy et moi-même ne connaissions pas vos amis. À part peut-être les tiens Lily.
— Shannon est très gentille, assura Ginny. Elle a le même caractère que Lily.
— Deux petites diablotines donc, statua Teddy un peu moqueur. J'aime autant ça.
— Dis Victoire, dis Victoire ! Comment elle est ta robe de mariée ? »

La question enthousiaste de Lily rencontra les rires d'un peu tout le monde. James put voir le visage de sa sœur devenir rouge, ne comprenant pas pourquoi tout le monde riait doucement d'elle ainsi. Victoire vida son verre pour retrouver toute sa contenance, puis se pencha vers sa cousine avec un air complice.

« C'est un secret Lily, dit la sorcière. Et le futur marié, donc Teddy, ne doit surtout pas voir la robe avant le mariage.
— Mais je ne suis pas Teddy moi…
— Laisse tomber Lily, Victoire ne te la montrera pas, intervint James. C'est toujours mieux de garder la robe secrète le plus longtemps possible.
— Harry ! s'exclama alors Teddy en désignant sa montre. Je crois que ça va être l'heure !
— Oh ! Oui, je n'y faisais pas attention, merci de me le rappeler ! s'exclama le chef de famille. Les enfants, n'hésitez pas à mettre une veste, il fait un peu froid dehors.
— L'annonce des résultats se fait par Vision Nuage ? s'étonna le petit frère de James. Je croyais qu'on allait écouter tout ça à la RITM.
— Allons Al', s'amusa sa mère. Pourquoi se contenter de la radio alors qu'une diffusion par Vision Nuage se fait à Godric's Hollow.
— Robins s'est occupée des sorts de repousse-moldus, il ne risque donc pas d'y avoir de problèmes. James tu es prêt ? demanda Harry en se tournant vers le garçon. James ? Mais qu'est ce que tu es en train de faire…
— Le chat de Lily s'est encore enfuit sous le meuble ! » indiqua le garçon.

Quelques minutes plus tard, tous étaient dehors, sur le chemin vers le centre-ville. Lily tenait fermement son chat, que James avait été rattraper. Ce dernier essayait de s'échapper des bras de la gamine, mais le garçon pouvait voir que sa sœur avait une prise ferme autour du corps du petit félidé. Il faudrait sûrement un peu de temps avant qu'il n'accepte Lily comme sa maîtresse. Ils se dirigeaient vers la petite salle utilisée pour les fêtes, apprêtée aujourd'hui en apparence aux yeux des moldus pour un quelconque concours. Toutes les familles sorcières des environs pourtant s'y retrouvèrent.

James salua joyeusement quelques camarades, qui lui rendirent pour la plupart la pareil. Son père, pour sa part, s'était avancé pour aller dire quelques mots au sorcier s'occupant de la Vision Nuage. Puis, il s'éloigna, et le sorcier déclencha le mécanisme. Des volutes de fumée lumineuse s'élevèrent alors dans les airs, tourbillonnant, avant de peu à peu s'épaissir. Et les images commencèrent à se former, d'abord un peu brouillées, puis de plus en plus nettes. Les silhouettes des dirigeants du monde sorcier apparurent, devant ce que James savait être le Vase de l'Union[1]. Le Magenmagot était réuni lui aussi, autour du vase. Et Kingsley se trouvait devant ce dernier, fixant un point invisible. La voix du Ministre s'éleva :

« Bienvenue à vous tous, qui nous regardez depuis un peu partout en Grande-Bretagne, sourit-il. Je dois avouer être heureux que ce soir soit arrivé. Un peu triste également. C'est difficile pour moi de me dire que c'est ma dernière soirée en tant que Ministre de la Magie. Votre représentant. Mais je ne me fais pas d'inquiétudes. Quel qu'il soit, je sais que mon successeur saura prendre les bonnes décisions. »

Il fit une pause, qui se répercuta en un silence dans la foule des sorciers des environs de Godric's Hollow. James pouvait sentir autour de lui la tension de tout le monde. Tous attendaient le résultat. Kinglsey regarda sa montre à gousset, puis releva la tête.

« D'ici quelques secondes, le Vase de l'Union va relâcher le nom de mon successeur. J'ai été heureux de vous guider pendant ces longues années qui furent pour moi les plus belles et les plus intéressantes de ma vie. Mais mon temps est venu. »

Une gerbe de flammes jaillit alors du vase, laissant s'échapper un morceau de parchemin. Chacun retint son souffle alors que le ministre attrapait le papier où se trouvait le nom fatidique. D'ici quelques secondes, ils allaient connaître les résultats. Les adultes fixaient le ministre avec intensité et James ne put s'empêcher de croiser les doigts pour son oncle. Le silence fut tout juste brisé par les quelques miaulements du chaton que Lily tentait de garder dans ses bras. Finalement, après quelques secondes qui parurent une éternité, la voix grave et sonore de Kingsley s'éleva dans la pièce et un peu partout en Grande-Bretagne :

« Le nouveau ministre de la magie est… Percy Weasley ! »

~Fin du chapitre~

[1] Le Vase de l'Union : Il s'agit d'un objet magique très puissant, dans lequel chaque sorcier de Grande-Bretagne pouvant voter est venu déposer sa voix pour le nouveau ministre. À la manière de la Coupe de Feu, le Vase de l'Union rend la décision rendue par cette dernière inviolable et sans triche possible, liant le vainqueur à son rôle par un contrat magique.


Un chapitre relativement classique, dans le sens où je présente un passage obligé, le Chemin de Traverse. Mais ce fut l'occasion de continuer de placer tranquillement mon contexte, et de montrer encore un peu l'évolution qu'il y a pu y avoir depuis la seconde année de toute la bande. Puis, comme vous avez pu le voir, la fin des élections. Je sais que certains pourront me reprocher le fait que Percy est élu dès le premier tour, et que je n'en ai pas fait de second. Oui j'en suis conscient, vous avez le droit de m'engueuler si vous le souhaitez. ^^

Dans le même temps, le prochain chapitre va refermer plus ou moins la case "élections", et on pourra passer à la suite. Je n'ai pas encore choisi de titre, mais je peux dire que normalement, c'est le dernier chapitre avant que l'on retourne à Poudlard. Pour ce qui est du point de vue qu'adoptera le chapitre, je laisse la surprise. ^^

Cette fois-ci j'ai publié en trois semaines. Je pense que le prochain chapitre viendra plus dans quatre semaines, voire peut-être cinq vu que je devrai aussi me mettre un peu sur la révision de mes partiels. Il faut bien que je me mette sur mes études. ^^' Je m'en excuse d'avance donc, pour cet écart qui sera un peu plus long. Bien entendu, je continuerai d'écrire, et tenterai de continuer à prendre de l'avance, qui a un peu fondu comme neige au soleil ces derniers temps pour causes diverses. Pas bien du tout.

En tout cas, je vous remercie d'avoir pris le temps de lire. Après tout, si j'écris cette histoire, c'est pour me faire plaisir, et vous faire plaisir. J'espère que ça vous plait, et que la suite vous plaira. Donc je vous remercie de lire, et remercie aussi ceux qui vont commenter, et donc contribuer à me donner de la motivation. Vos avis ont du poids, car je tente d'améliorer la Fic à chaque fois, et vos remarques font avancer tout ça. Le chapitre précédent a par exemple été légèrement modifié (pas grand chose) suite aux retours. ^^

Bien entendu, je réponds à ces avis, soyez en assurés, et comme mentionnés plus haut, j'accepte les critiques, qui me font avancer dans le bon sens. Je réponds aussi aux avis laissés de façon non-signée sur le site. Pour voir les réponses, il faut passer par le document présent dans la description de mon profil. Je peux également, selon votre choix, répondre également dessus si vous avez laissé une revient avec un pseudo enregistré sur le site. Vous pouvez de toute façon y jeter un œil.

Bref, merci encore. Je vous souhaite une bonne continuation, et vous dis à la prochaine !

Niv'