~A propos de l'histoire~
Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.
Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)
Résumé : Septembre 2017. Dix-neuf ans après la chute de Voldemort, James , fils aîné du Survivant, entre pour sa deuxième année d'étude à Poudlard, l'école de sorcellerie. Il fait partie de la génération qui n'a jamais connu que la paix, et aspire à mener une vie tranquille, aux côtés de ses amis. C'est également le souhait de Gabriel Madder, le meilleur ami de James. Insouciants et ignorants des réalités du monde, les deux garçons et leurs amis coulent une scolarité paisible, malgré l'orgueil écrasant de James et le manque de confiance en lui de Gabriel.
Pourtant, leur vie bascule du tout au tout lorsque tous deux se retrouvent impliqués dans un grave incident, celui du réveil des défenses de Poudlard. Incapables de se souvenir de ce qui s'est passé pendant cet événement, révoltés par l'injustice qui s'est abattue sur eux, les deux garçons et leurs amis décident alors de partir à la recherche de la vérité et du véritable coupable.
Ils n'imaginaient alors pas que tout ceci n'était que le premier acte d'une nouvelle crise, bien plus sombre et importante encore.
Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard
Rating du chapitre : K+
~Aide et correction~
Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.
Chapitre 12 : Noir et Blanc
James laissa échapper un grognement. Un peu agacé, il tourna son regard encore embrumé par le sommeil sur sa gauche, croisant les deux grands yeux ambres du responsable de son réveil. De façon presque comique, Zion lui lécha le nez de sa langue râpeuse, ce qui était une marque d'affection, ça au moins James le savait. Pourtant, cette affection que semblait lui porter le chaton ne le rendait pas forcément heureux, surtout quand celle-ci l'amenait à venir le tirer du lit et de ses rêves. Mais le regard rond et brillant de l'animal de compagnie de sa sœur eut finalement raison de ses défenses, et le garçon glissa sa main jusqu'au menton du chat. Le doigt de James provoqua les ronronnements du félin, qui ferma les yeux de plaisir.
« Tchh… Je vais décidément jamais réussir à me débarrasser de toi », marmonna le garçon.
Zion répondit par un simple miaulement de contentement, qui fit plus rire James qu'autre chose. Ce chat était décidément bizarre. Arrêtant de le grattouiller, James se redressa finalement dans son lit, avant de s'étirer, sans parvenir à réprimer un long bâillement. Puis, après avoir cligné des yeux plusieurs fois, le garçon se saisit finalement de ses lunettes, qu'il posa sur son nez, rendant son environnement plus net.
De ce qu'il pouvait voir, les autres n'étaient pas encore réveillés. De ce qu'il pouvait entendre aussi d'ailleurs. Les légers et paisibles ronflements d'Octave lui parvenaient aux oreilles. Cependant, la lumière du jour commençait à filtrer par la fenêtre, illuminant le plancher du dortoir de ses rayons brillants. Un coup d'œil à son réveil informa James de l'heure. Il se sentit soulagé en constatant qu'il n'avait perdu que quelques minutes de sommeil. Les réveils des autres n'allaient sûrement pas tarder à sonner.
James eut un petit sursaut de surprise quand il sentit un poids s'installer sur ses genoux. Zion était grimpé dessus, et semblait réclamer encore plus de caresses, frottant le tee-shirt du garçon de ses pattes. De façon un peu négligée, James commença à lui frotter la tête, laissant son regard vagabonder dans la pièce.
Rien n'avait vraiment changé depuis les autres années. Les lits placés tout autour de la pièce, entourant le poêle central, étaient toujours les mêmes lits à baldaquin, confortables, dans lesquels ils dormaient depuis maintenant quatre ans. La pièce était étonnamment ordonnée, chose normale du fait de leur retour récent. À la lumière dorée qui filtrait depuis les quelques fenêtres, James pouvait voir la poussière voleter tout doucement dans l'air, trahissant le calme de la matinée, avant le réveil des élèves. James se sentait serein ici, alors même que des soucis n'avaient cessé de lui tourmenter l'esprit pendant l'été. Le retour au château avait réussi à l'apaiser, lui faire oublier un peu tout ça, tout du moins pour l'instant.
Il sursauta quand finalement, le réveil de Rigel commença à sonner, suivi, quelques secondes après, par celui d'Eliot. Les sonneries stridentes firent tout autant peur à Zion, qui bondit des genoux de James pour aller se réfugier sous le lit de Gabriel à côté. Des grognements de protestation s'élevèrent d'un peu tous les lits, pendant que les couvertures se mouvaient, laissant apparaître les garçons de Gryffondor. Les mains tâtonnèrent un peu, à la recherche des réveils, jusqu'à parvenir, enfin, à faire cesser la cacophonie matinale habituelle.
« Jour', marmonna péniblement Léo, les yeux à moitié fermés.
— Déjà réveillé, James ? s'étonna Rigel après quelques secondes passées à observer le dortoir.
— La faute au chat, répondit le garçon. Il est venu réclamer des caresses.
— Le chat ? Tu as un chat, James ? » s'étonna Eliot.
James hocha la tête, alors que son ami mettait sa main devant la bouche pour couvrir un bâillement. Il put alors le voir parcourir le dortoir de son regard, sûrement à la recherche de Zion, qui était toujours réfugié sous le lit de Gabriel.
« C'est celui de ma sœur, précisa-t-il en se levant.
— Il est venu depuis la salle commune des Serpentard ?
— Oui. Notre cher ami en a fait tout une histoire hier soir, commenta Gabriel, avec un sourire amusé. Qu'est-ce que tu fais, James ?
— Je le déloge de sa cachette. »
Le jeune Potter s'était penché au pied du lit de son meilleur ami, scrutant en dessous à la recherche de Zion. Il le retrouva pelotonné près de l'un des pieds du lit, le fixant toujours de ses grands yeux. James tendit doucement la main, pour attirer le chat, qui après quelques instants d'hésitation, s'approcha, pour se laisser attraper par James. Le garçon se redressa, prenant le chaton dans ses bras.
« C'est pas un peu bizarre ça d'ailleurs pour un chat ? demanda James à Eliot. Toi qui t'y connais en animaux.
— Comme ça, je dirais juste qu'il te considère comme son maître, sourit Eliot. Même si ça reste étonnant qu'il ait pu retrouver l'endroit où tu dors alors qu'il n'est jamais venu à Poudlard.
— Il est en partie fléreur, tu crois que ça joue ?
— Alors là, oui… Tu sais James, les fléreurs sont des animaux très fidèles à leur maître.
— Mais c'est le chat de Lily, argua en retour James. Ce n'est pas moi son maître.
— Je sais bien ça, répondit le garçon. Mais ce n'est pas là l'important. Ce qui est important, c'est sûrement qu'il t'a choisi toi comme maître, et non Lily. Ce n'est qu'une hypothèse après, mais il y a de fortes chances selon moi. »
James posa son regard sur Zion, un peu dubitatif, sans savoir si c'était une bonne chose ou non. Il était prêt à croire Eliot, qui y connaissait un véritable rayon sur toutes les créatures magiques comme non-magiques. Mais il n'avait jamais vraiment songé à avoir un animal de compagnie. Puis, le véritable problème restait Lily. C'était son chat, et il ne savait pas vraiment comment sa sœur pourrait prendre le fait que celui-ci le préfère à elle. Il sentit une pression dans le dos, avant de voir apparaître le sourire de Gabriel.
« Allons, ne te bille pas pour ça, dit-il. Tu le rends à Lily comme prévu, et tu laisses couler, on verra bien ce qui se passera.
— Oui, tu dois avoir raison. Merci Gabriel.
— Hey, pourquoi tu me remercies ? On est amis, non ? » rigola le garçon.
Un sourire traversa le visage de James, tandis qu'il regardait Gabriel prendre la suite d'Octave dans la salle de bain. Rigel et Léo étaient en pleine discussion avec Franz à l'autre bout du dortoir. Le blond était souriant, sans remarquer le regard du jeune Potter sur lui. James n'en ressentait aucune réelle émotion. Stanislas s'était borné à ne pas se réconcilier avec eux, et leur reprochait toujours tout un tas de trucs. James lui en voulait pour au moins autant de raisons. La seule chose qu'il pouvait reconnaître comme étant réellement positive à son camarade de dortoir, c'était qu'il ne faisait jamais rien dans le dos, et préférait leur faire face de front en cas de désaccord, et préférait les ignorer plutôt que de venir les embêter à tout bout de champ. Il reporta son attention sur son lit, et décida qu'il était plus que temps de se préparer.
« Oh, il est mignon ce chat, James ! s'exclama Sarah en descendant les escaliers du dortoir des filles. On te l'a offert pendant les vacances ?
— C'est celui de ma sœur, pas le mien. » répéta à nouveau James.
La salle commune de Gryffondor était pleine de vie en cette heure matinale. Nombreux étaient les garçons et les filles à attendre leurs amis pour aller manger. Il pouvait aussi voir les première années observer le tableau d'affichage avec une mine anxieuse, ou bien demander aux plus vieux le chemin pour retourner à la Grande Salle. Près du feu, assis dans les fauteuils les plus moelleux, un groupe d'élèves riait en se racontant des histoires idiotes. Et il y avait le va et vient habituel dans les deux escaliers menant aux dortoirs des garçons et des filles.
Sarah s'était penchée pour caresser la tête de Zion. C'était en tout cas son intention, puisque le chat refusa catégoriquement que la fille à la peau couleur ébène ne le touche, montrant les griffes.
« Il est capricieux… commenta-t-elle, un peu moins joyeuse du coup.
— Désolé… J'ai oublié de te prévenir.
— Ce n'est pas grave.
— Bloom est encore en haut ? demanda Eliot.
— Elle ne devrait plus tarder », déclara Anastasia à la place de Sarah, qui venait d'apparaître dans les escaliers.
Elle était accompagnée de Gwendolyn et d'Eulalie, qui adressèrent chacune un large sourire aux garçons de Gryffondor.
« C'est rare qu'elle soit parmi les dernières tiens, commenta Gabriel avec humour. Vous vous êtes toutes ruées sur la salle de bain ou quoi ?
— Et voilà les vieux clichés, répondit Gwen sans lâcher son sourire. Non, c'est juste que pour une fois, elle s'est réveillée un peu plus tard que d'habitude, ça arrive.
— D'ailleurs, vous êtes les premiers à être descendus ? demanda Eulalie.
— Octave attendait Rigel et Léo, ils ne devraient pas tarder, répondit Eliot. Stan lui est tout de suite descendu, j'imagine qu'il est déjà parti par contre.
— Bien, bien… Mais dis James, c'est quoi ce chat au fait ? » l'interrogea Anastasia.
Sarah s'exclama aussitôt de ne pas s'approcher de ce chat, qui avait failli lui manger le doigt. Cela fit bien rire James, qui expliqua ensuite d'où venait Zion. Le chat semblait pour sa part n'en avoir rien à faire que l'on parle de lui ainsi, et se contentait de réclamer des caresses de la main de James, tout en refusant catégoriquement les mains des autres.
« Oh, bonjour, Bloom, bien dormi ? » s'exclama finalement Gabriel.
Alors que Rigel, Octave et Léo arrivaient à leur tour dans la salle commune, ils purent en effet constater, en haut des escaliers des dortoirs des filles, la présence de la rouquine de cinquième année, accompagnée par celle de quatrième année, à savoir Rose. Les deux jeunes filles interrompirent leur discussion, pour saluer joyeusement la troupe des cinquième années. Ces derniers accueillirent tous joyeusement leur batteuse et leur gardienne de Quidditch.
« Personne n'a vu Scorpius ? demanda Rose à l'assemblée.
— Tu sais bien qu'il est plutôt du genre lève-tard, répondit simplement Léo. Tu vas aller lui offrir tes services de réveil matin ?
— Comme presque chaque matin depuis quatre ans, ironisa Rose avec sourire néanmoins.
— Fais attention à ce que les garçons ne soient pas justes sortis de la douche, ricana Bloom.
— Bah, depuis le temps, ils sont habitués à me voir débarquer chaque matin !
— C'est une idée intéressante tiens, marmonna Sarah, la main sur le menton. Pouvoir voir les garçons au réveil…
— Si tu fais ça, Anderson, j'enlève des points à Gryffondor, et je préviens Londubat, menaça Gwen.
— Hey ! T'as pas le droit !
— Techniquement, elle est préfète maintenant, sourit Eliot en mettant son propre badge en évidence.
— Bande de rapaces ! »
Et tout le monde éclata franchement de rire. L'arrivée de Marta Da Silva, la dernière fille de leur année, compléta finalement le nombre de cinquième années. James déclara aussitôt avoir faim, et toute la troupe, d'un commun accord, se mit en route vers la Grande Salle, avec bonne humeur.
« Je reviens tout de suite », indiqua aussitôt James en pénétrant dans la Grande Salle.
Bloom, Gabriel et Eliot hochèrent la tête, continuant leur chemin vers la table des Gryffondor à l'autre bout de la salle. James pour sa part longea la table des Serpentard, jusqu'aux cheveux auburn de sa sœur. Lily était en pleine conversation avec Shannon, une tartine à la main. Elle tourna la tête au signe que lui fit sa meilleure amie. James put voir son sourire s'agrandir quand elle découvrit Zion dans ses bras.
« Oh, il était avec toi ? s'exclama-t-elle en se levant. Je me demandais où il était passé hier soir, j'avais peur qu'il soit resté dans le Poudlard Express.
— Semblerait que même à Poudlard, il veuille continuer à squatter mon lit, sourit James en lui rendant le chat. Fais attention à lui.
— J'y compte bien. Tu l'a trouvé dans ton dortoir ?
— Oui. Faudra vraiment m'expliquer comment il a fait pour y aller tiens.
— Seul lui sait, dit Lily en haussant les épaules. Je vais vraiment finir par croire qu'il te préfère. »
James se sentit un peu mal à l'aise, mais ne laissa rien paraître, regardant sa petite sœur caresser Zion avec tendresse. Le chat ne semblait pas du tout mécontent des gestes de la fillette, puisqu'il ronronnait de contentement. Elle tendit ensuite le chat à Shannon, pour qu'elle aussi puisse lui grattouiller la tête. Mais tout comme dans la salle commune de Gryffondor, le félin refusa que la main de la meilleure amie de Lily ne s'approche de lui, allant jusqu'à refermer les dents près de ses doigts pour l'en dissuader. C'en était un peu comique.
« Allez, je vais vous laisser, déclara finalement James. J'espère que cette première journée se passera bien pour vous.
— Il n'y a pas de raisons, sourit Shannon. Pas vrai, Lily ?
— Oui. Passe une bonne journée aussi, frérot ! »
James agita simplement la main, un sourire aux lèvres, avant de faire volte face. Il remonta tranquillement la table, pour ensuite passer devant les deux autres tables, saluant d'un autre signe son frère à celle des aigles, avant de rejoindre ses amis à la table des lions. Il prit place entre Gabriel et Bloom, qui lui sourirent tranquillement, le premier avec une tasse de café à la main, la seconde en mordant dans une tartine recouverte de marmelade. Eliot en face lui tendit tranquillement le plat de bacon afin qu'il se serve, connaissant parfaitement ses goûts. James lui répondit d'un hochement de tête, glissant deux tranches dans une assiette, avant de faire de même avec les œufs au plat. Avec bonne humeur, le garçon huma le plat, puis se saisit de ses couverts pour en découper un morceau.
« J'ai loupé grand chose ?
— Pas tellement, répondit Bloom entre deux bouchées. Les emplois du temps n'ont pas encore été distribués.
— Il y avait juste Marta qui nous racontait ses énièmes conquêtes de vacances, plaça sournoisement Léo.
— C'était pas juste une conquête ! s'insurgea aussitôt la jeune fille.
— Comme chaque année, oui, on sait, yada yada », dit distraitement Eulalie avec un signe négligent de la main.
Les rires retentirent parmi les cinquième années, alors que les joues de Marta devinrent rouges sous ses boucles brunes. Sarah tapota doucement le dos de son amie, avec un sourire réconfortant aux lèvres, pendant que Léo envoyait un clin d'œil à Marta pour bien lui signifier que ce n'était pas volontairement méchant. James engloutit goulûment son bacon, avec une satisfaction des plus simples. Tout était des plus joyeux pour cette première matinée.
« Les emplois du temps, dit Frank en leur passant les feuilles. Tiens, vous semblez bien joyeux.
— Que veux-tu, nous sommes tous pressés de reprendre les cours, ironisa Bloom avec un clin d'œil.
— Arrête, c'est la vérité en plus ! intervint Gwen. J'ai vraiment hâte de voir un peu ce qu'on va étudier cette année.
— Tu ne diras pas ça ce soir, s'amusa Fred en se penchant vers eux.
— Pourquoi ?
— Parce que vous entrez en cinquième année, l'année des Buses ! répondit Frank sur un ton d'évidence.
— Et ça, croyez bien que chacun de nos très chers professeurs vont se faire un plaisir de vous le rappeler dès le premier cours, et vous le répéter au minimum une fois par semaine. À la fin de l'année, vous ne pourrez plus entendre le mot « Buse » sans en attraper des boutons !
— Soit parce que vous allez faire un dépression a cause du stress, soit parce que vous allez tenter de vous faire porter pâles pour les éviter.
— Bref, bienvenue en enfer », conclut Fred.
La première moitié des cinquième années de Gryffondor fixait les deux farceurs avec un air dubitatif, un peu inquiets. La seconde partie ne pouvait s'empêcher de sourire devant le spectacle que leur donnaient les garçons, tout en mimiques et en intonations.
« C'est surtout que vous n'aimez pas les études, dédramatisa Gwen en haussant les épaules. Pour peu que l'on travaille un minimum comme il faut, il ne devrait pas y avoir de problèmes.
— Nous vous aurons prévenus ! Fuyez tant qu'il est encore temps, pauvres fous !
— Si vous deux vous avez réussi à obtenir un certain nombre de Buses, je ne vois pas ce qui peut me faire peur. », ricana Bloom.
Les rires fusèrent à nouveau du groupe, tandis que Frank et Fred répondaient à Bloom d'un regard ironique, un sourire aux lèvres. Les deux garçons firent un dernier signe, avant de retourner vers les autres septième années. James tourna donc son regard vers Gabriel, qui s'était saisi de l'emploi du temps. D'un signe de tête, il lui demanda un peu ce qui les attendait pour la journée.
« On commence par botanique, dit le garçon en réponse. Puis on a potions avant de manger.
— Pour une première matinée, c'est pas trop mal, commenta Eliot. On aurait très bien pu avoir histoire de la magie.
— Faudrait vraiment qu'ils trouvent un remplaçant à Binns, marmonna Bloom. Je veux dire, le type c'est un fantôme ! Et je suis convaincue qu'il est mort d'ennui devant ses propres cours !
— Tu sais très bien que ce n'est pas le cas, tu connais l'histoire, répondit tranquillement James.
— Faut aussi noter que ça permet à l'école d'économiser le salaire d'un professeur, ajouta le jeune Dubois en ricanant. Tout est bon pour faire des économies. »
Gabriel eut un petit rire, avant de vider sa tasse de café. James fit de même avec son verre de jus de citrouille.
« Tu es vraiment mauvaise langue parfois, Eliot, dit James. L'optimisme, tu connais ?
— À quoi bon être optimiste si cela ne nous apporte que du mal ? répondit le garçon. De plus, je ne suis pas pessimiste, mais réaliste, nuance !
— Regardez-le sortir ses grandes phrases toutes faites, dit Bloom en frappant le bras d'Eliot.
— Il faut bien que quelqu'un remonte le niveau intellectuel du groupe, que voulez-vous.
— Arrête de dire des bêtises, tu veux ? »
Eliot haussa les épaules sans perdre son habituel sourire ironique, tandis que les premiers hiboux surgissaient dans la Grande Salle. Bientôt, l'habituel ballet aérien de ces volatiles eut lieu, distribuant lettres et journaux. Eliot reçut par ailleurs le sien, comme chaque matin. James, occupé à finir son petit déjeuner, remarqua alors le visage du garçon se tirer, et ses sourcils se froncer alors qu'il lisait la première page. Le jeune Potter engloutit alors ce qu'il avait dans la bouche, alors que des murmures commençaient à s'élever dans la Grande Salle.
« Qu'est ce qui se passe ? demanda Gabriel. Eliot ? »
Le garçon ne répondit pas tout de suite, ses yeux parcourant la première page de façon très rapide, tandis qu'à côté de lui, Eulalie et Léo se penchaient vers les nouvelles à leur tour. Leur visage se ferma de la même manière que celui d'Eliot, ce qui n'augurait pas du bon. À dire vrai, James se sentait déjà mal à l'aise, attendant la nouvelle, qui serait nécessairement mauvaise.
« Bon sang, murmura Léo. C'est pas possible…
— Un nouveau meurtre ? » demanda avec appréhension Bloom.
Eliot hocha la tête, tout en tournant le journal vers eux. James sentit son estomac se serrer, alors qu'il découvrait, en grosses lettres, le mot tant redouté. Meurtre. Un nouveau meurtre, seulement quelques jours après celui des Viridian. James ne connaissait pas la victime, Henry Pendigton. Mais l'article leur apprenait qu'il s'agissait à nouveau d'un supporter des Réformistes. Mais le pire n'était pas ça. Non, le plus terrible, ce qui sûrement faisait le plus parler autour d'eux, c'était la photo. James ne l'avait jamais vue auparavant, mais son père la lui avait décrite. La marque des Ténèbres brillait dans le ciel noir que montrait la photo, glaçant inconsciemment son sang.
« Encore la Marque...
— Même mise en scène, confirma Eliot. Ton père ne s'est pas encore prononcé devant les journalistes par contre.
— Il a d'autres choses à faire que ça, affirma-t-il. Mais j'imagine que ça va continuer de semer la panique dans le pays.
— Maintenant par contre, on est certains que ce n'est pas un incident isolé, dit Gabriel. Avec la marque, le meurtrier signe les deux meurtres, il veut bien faire savoir qu'il en est l'auteur, et qu'ils sont liés.
— Un serial killer donc ? s'interrogea Bloom.
— Ou un aspirant mage noir qui veut faire savoir qu'il existe. Je ne sais pas trop comment se sont faits connaître Voldemort ou Grindelwald, mais je pense que ça devait ressembler à ça.
— Je pense aussi. », acquiesça James.
Ils restèrent quelques instants à fixer la photographie du crâne crachant son serpent sans rien dire, incapables de vraiment commenter plus que ça. Les discussions dans la Grande Salle s'étaient faites moins joyeuses, plus tendues, et il était clair que cela allait animer les esprits pour toute la matinée. James tourna la tête vers la table des professeurs, où il put observer les mines graves et des discussions à voix basse.
Le garçon ne savait pas vraiment comment réagir à tout ça. Il n'avait jamais eu à faire vraiment face à ce type de nouvelles, ni même de perspectives. Toute sa jeunesse, il l'avait passée sans la moindre ombre d'un quelconque mage noir à l'horizon. Il savait qu'il en était de même pour la plupart des élèves autour de lui. La pensée qu'ils pouvaient sombrer en guerre à tout moment était terrifiante. Pour la première fois, James commença à réaliser tout ce que la magie pouvait avoir de mauvais en elle, une notion qu'il n'avait jamais vraiment imaginé jusque là. Cet inconnu lui faisait peur.
Puis il sentit en lui un sursaut d'orgueil, en songeant à son père. Non, il était impossible qu'un mage noir réussisse à s'imposer en Grande-Bretagne tant que son père serait à la tête du bureau des Aurors ! Il était le pourfendeur, celui qui avait déjà tué un mage noir. Il savait mieux que quiconque que son père était présent sur l'enquête et qu'il ne laisserait pas tomber la paix. Et puis, la guerre nécessitait des troupes, c'était évident. Ces meurtres étaient peut-être l'œuvre d'un mage noir, mais ils restaient pour le moment isolés. Son corps se détendit un peu. La situation s'assombrissait peut-être un peu, mais tout n'était pas aussi noir qu'il pouvait le craindre. Ils devaient rester calmes. C'était le but de ce sorcier de les faire paniquer, et perdre la raison. La peur était l'arme la plus puissante des mages noirs, son père n'avait cessé de lui répéter cela.
« Hey, James ! s'exclama alors Rigel, les sourcils froncés. Est-ce que tu as des informations supplémentaires par ton père sur l'affaire Viridian ?
— Rigel ! s'exclama Eulalie. Qu'est ce que tu espères ? Tu crois vraiment que Harry Potter irait donner des informations confidentielles à sa famille ?
— Non ! Mais je pensais par contre au fait qu'il pourrait les avoir trouvées d'une… autre manière, si tu vois ce que je veux dire. »
James vit alors les regards de ses camarades se tourner vers lui, avec la lueur caractéristique de la curiosité dans leurs yeux. Même Franz, qui jusque là avait feint l'ignorance, avait tourné son regard vers lui, avide d'en apprendre plus. Le jeune Potter se sentit un peu mal à l'aise. Il espérait cependant que rien ne filtrait sur son visage, alors qu'il secouait la tête.
« Rien de rien, mentit-il. Mon père est bien assez prudent pour faire en sorte que rien ne sorte de son bureau.
— Même pas une petite piste ? appuya Léo, l'air soupçonneux.
— Pas la peine d'insister, qu'il sache quelque chose ou non, il ne dira rien, dit Gwen. Et puis, de toute façon, qu'est ce que ça nous apporterait d'en savoir plus sur cette affaire ? On n'est pas Aurors, ça ne nous concerne pas directement.
— Oui, mais ça ne te fait pas peur toi, qu'un mage noir semble suivre les traces de Voldemort ?
— Personne n'est rassuré à cette idée, intervint Marta, soucieuse. Mais nous sommes à Poudlard, le lieu le plus protégé de toute la Grande-Bretagne !
— Oui, même si cela s'empirait, ça ne nous concernerait pas directement, statua Octave, compréhensif. Et puis, avec Harry Potter sur l'affaire, peu de chances que ce mage noir arrive à ses fins. »
La phrase de Léo déclencha l'assertion de la plupart des cinquième années. Eliot eut cependant un petit rire.
« À vous écouter, on pourrait croire que le père de James est une sorte de dieu vivant, possédant tout un tas de pouvoirs.
— Ça reste le plus puissant sorcier du monde ! s'exclama Anastasia.
— D'Angleterre, corrigea Gabriel. Il y a tout un tas de sorciers aussi puissants un peu partout sur la planète. Raphaël Solal par exemple peut prétendre être à peu près aussi puissant que le père de James, et je ne prends que l'exemple le plus proche de nous.
— C'est encore un de tes duellistes ? s'amusa Sarah.
— On ne peut rien te cacher. Mais bref, on a toujours tendance à être assez centrés sur notre pays dans le monde de la magie. Le père de James est peut-être très puissant, ce n'est pas pour autant certain qu'il est le sorcier le plus puissant du monde. »
James préféra pour sa part ne pas réagir sur la question. Il n'avait que trop souvent été au centre de la curiosité des autres élèves, qui voulaient savoir ce que c'était que d'être le fils du « plus grand sorcier encore vivant », et comment il était dans la vie de tous les jours. James avait beau répéter que son père était un homme tout à fait normal, peu de gens le croyaient.
Le garçon tourna la tête autour de lui, observant un peu ce qui se passait dans la Grande Salle. De ce qu'il pouvait constater, les rumeurs à propos de l'article disparaissaient peu à peu, laissant l'humeur générale redevenir meilleure. Tout comme eux, la plupart des élèves en étaient aussi venus à la conclusion qu'ils n'avaient pas encore à s'en soucier tant qu'ils étaient à Poudlard. Les rires recommençaient à se faire entendre, et les visages se faisaient à nouveau insouciants. Les professeurs avaient même retrouvé une attitude plus neutre, qui n'était sûrement qu'une façade pour ne rien montrer de leur inquiétude. James avait encore en mémoire le choc des adultes lors du meurtre des Viridian, il aurait été étonnant qu'aucun de leurs professeurs n'ait de réaction similaire.
Lorsque les Gryffondor de cinquième année franchirent la porte du Hall d'entrée de Poudlard, ce fut pour se faire accueillir par l'éclatant soleil qui baignait la Grande-Bretagne. James se couvrit un instant les yeux, un peu aveuglé.
« Ce serait un beau temps pour jouer au Quidditch, remarqua-t-il alors qu'ils suivaient le chemin menant aux serres. Dommage que les sélections ne soient que pour la semaine prochaine.
— Hum, si tu le dis… répondit Gabriel. Ce que je retiens, c'est qu'il fait meilleur ici que chez moi. Moins chaud.
— De quoi vous vous plaignez ? s'amusa Eulalie, en penchant la tête vers eux. En Egypte, il faisait bien plus chaud qu'en Grande-Bretagne !
— Même si les nuits étaient assez froides, fit remarquer Rigel. Mais le jour, pas question de sortir sans une gourde ou une bouteille d'eau ! Promis, plus jamais je me plains qu'il fait trop chaud l'été ici. »
James répondit par un petit sourire aux jumeaux et Gabriel haussa les épaules, semblant s'en ficher un peu. Ils ne répondirent pas, puisqu'ils arrivèrent devant les serres, où les attendait le professeur Londubat. Les Poufsouffle avec qui ils avaient ce cours en commun étaient déjà là. Des mains se levèrent pour saluer quelques personnes, de mêmes que des sourires s'échangèrent. Le professeur Londubat prit le temps de vérifier qu'ils étaient tous là, avant de sourire.
« Bien, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances ! Direction la serre numéro cinq aujourd'hui, préparez vos gants, on va en avoir besoin. »
Les élèves échangèrent un regard ravi. La serre numéro cinq était celle qui contenait les plantes exotiques, et était l'une des plus agréables. L'odeur notamment se montrait assez envoûtante, ce qui pouvait toutefois se montrer dangereux, quand elle provenait d'un Géranium dentu affamé tentant de les attirer pour essayer de leur croquer quelques doigts, ou plus. Selon leurs aînés, il était déjà arrivé qu'un élève se fasse manger un bras. James ne savait pas si c'était vrai ou non, mais avait plutôt tendance à penser qu'ils racontaient des âneries, ce qui ne serait pas la première fois.
Suivant le professeur Londubat, les élèves longèrent les premières serres, pour arriver à celle qui les intéressait. Les élèves se rassemblèrent à l'intérieur de cette dernière, pour poser leurs sacs et en extraire leurs livres et leurs gants en cuir de dragon.
« Bonjour à tous ! s'exclama le professeur Londubat d'une voix claire et forte. J'imagine qu'il y a pire que cette serre aux senteurs agréables pour commencer l'année. Vous auriez parfaitement pu vous retrouver dans les cachots froids du professeur Borage, à concocter une obscure potion sentant les œufs pourris. »
Les élèves rirent à la remarque lancée de façon humoristique par leur enseignant. James n'aimait pas beaucoup la botanique en elle-même, mais appréciait assister aux cours. En plus d'être un très bon ami de son père, Neville Londubat était un excellent professeur, à la fois passionné, compréhensif et strict, sans oublier ses touches d'humour qui parvenaient à capter la plupart des élèves. Le sourire qu'il affichait était communicatif et tranchait avec la marque brillante qu'il avait sur la joue. Selon les légendes qui se passaient d'élèves en élèves dans l'école, ce serait Voldemort lui-même qui lui aurait fait cette balafre, lors de la bataille de Poudlard. James n'avait encore une fois pas pu tirer la vérité de son père ou du professeur, ces derniers se contentant de rire quand il posait la question.
« Je plaisante bien entendu, les potions sont une matière importante, bien que je sois aussi doué pour ces dernières qu'un troll des montagnes. Quoi qu'il en soit, je suis content de vous retrouver pour cette cinquième année, déjà. Et qui dit cinquième année, dit évidemment Buses. Je ne vais pas vous faire l'affront de vous rappeler à quel point ils sont importants, je sais déjà que le professeur Deauclaire et le professeur Flitwick se chargeront de le faire à ma place.
— Les Buses porteront sur tout ce que l'on a vu cette année uniquement, ou également sur ce que l'on a vu les autres années ? demanda Daniel Cera.
— Sur tout ce que vous avez vu jusqu'à présent et donc ce que vous allez voir cette année également, répondit le professeur Londubat. Il est naturel que l'on teste l'ensemble de vos connaissances, qui formeront vos compétences pour vos futurs métiers. D'autres questions ? »
Personne ne leva la voix, et James put observer les regards se tourner vers les uns et les autres, à la recherche d'une éventuelle interrogation, qui ne vint cependant pas. Le professeur Londubat frappa alors dans ses mains, l'air satisfait.
« Parfait ! Le sujet Buse étant refermé, nous allons pouvoir directement commencer le cours ! Pas d'inquiétude, nous allons entamer cette année doucement. Aujourd'hui, nous allons étudier une plante étonnante. »
Tout en disant cela, il se pencha derrière sa table, pour se saisir de la dite plante. James eut une petite grimace en la découvrant, et il ne fut pas le seul. Le pot de fleur que le professeur Londubat avait posé sur son bureau contenait une sorte de cactus grisâtre, à la différence près que là où le cactus avait des épines, cette plante avait des pustules à l'aspect repoussant, en tout cas du goût de James. Ils avaient l'air sur le point d'éclater, ce qui n'avait pas échappé aux élèves du premier rang, qui s'étaient légèrement reculés. Cela semblait amuser Londubat.
« Quelqu'un peut me dire quelle est cette plante ? » demanda-t-il à la cantonade.
Pas un mot ne s'éleva dans la salle, alors que tout le monde fixait l'étrange cactus d'un air sceptique. Gabriel se pencha à l'oreille de James.
« Je te parie dix Mornilles que l'on va devoir récolter ce que contiennent ces pustules. »
James déclina le pari, jugeant qu'il risquait très fortement de le perdre. Il reporta son attention sur le professeur, qui poussa un soupir devant l'absence de réponses de sa salle de classe.
« Alice, vu que tu connais déjà cette plante, peux-tu dire à tes camarades quel est son nom ?
— C'est un Mimbulus Mimbletonia, annonça la Poufsouffle. C'est une plante assez rare, originaire d'Assyrie. »
Alice avait l'air ennuyé qu'elle affichait à chaque fois qu'elle devait donner une réponse pendant le cours de son père. James comprenait assez ce comportement de la petite blonde des Poufsouffle, pourtant assez joviale d'habitude. Il n'aurait pas aimé lui non plus avoir à donner des réponses pendant un cours enseigné par l'un de ses parents.
Cependant, au nom de la plante, quelques regards semblèrent s'illuminer de ce que put voir James, et Gabriella Berry lâcha même un petit « Oh » indiquant qu'elle connaissait apparemment cette plante. Eliot, aussi, avait hoché la tête, ce qui devait signifier que lui aussi avait des connaissances dessus. Ces réactions allumèrent un éclat joyeux dans les yeux du professeur Londubat. James lui n'en avait jamais entendu parler, ce qui était assez normal en considérant son intérêt plus que limité, pour rester correct, pour la flore.
« Je vois à certaines réactions que certains semblent avoir quelques connaissances sur notre sujet du jour, sourit Londubat. Je suis un peu rassuré. Le Mimbulus Mimbletonia est une plante qui possède plusieurs spécificités et usages qui sont utiles pour les sorciers. Qui peut me donner la plus importante, qui sera celle qui nous intéresse aujourd'hui ? Mr Blunt ?
— Le Mimbulus Mimbletonia secrète de l'empestine, répondit le Poufsouffle, sûr de lui. C'est une substance qui possède une certaine utilité dans la confection de potions, notamment des remèdes.
— Uniquement lorsqu'il a été traité, mais c'est exact. Voici donc ce que nous allons faire aujourd'hui, extraire de l'empestine à partir de Mimbulus Mimbletonias. Enfilez vos gants, cela peut être salissant. »
Les regards des Gryffondor et des Poufsouffle se firent un peu surpris et perdus devant cet empressement. Pas plus d'explications que cela ? James, au même titre que ces camarades, trouvait cela bizarre. La main de Janis Da Firenze se leva.
« Comment on doit s'y prendre monsieur ?
— À vous de voir, répondit le professeur sans se dépareiller de son sourire. Cela va être notre exercice du jour, trouver la meilleure manière d'extraire l'empestine de cette plante. Soyez imaginatifs et astucieux. »
James, Gabriel, Eliot et Bloom échangèrent un regard un peu perdu devant cette consigne. Eliot secoua la tête, avant de plonger vers son sac pour récupérer ses gants. James fit de même, soupirant un peu. Le professeur Londubat passa devant leur plan de travail, pour déposer l'un de ces étranges cactus au nom totalement farfelu, en tout cas de l'avis du garçon. De près, la plante était encore plus repoussante que vue de loin. Bloom ouvrit la boîte d'entretien pour les plantes qui se trouvait sur la table, puis se tourna vers eux, ajustant également ses lunettes de protection sur son nez qu'elle portait généralement pour le Quidditch.
« Bon, quelqu'un a une idée par où commencer ? » demanda-t-elle.
Récolter l'empestine ne fut pas une tache facile. Le Mimbulus Mimbletonia était une plante plus capricieuse qu'on ne pouvait l'imaginer à première vue. La plupart des élèves en avaient fait l'expérience par les réactions défensives de la plante, consistant le plus souvent en un jet d'empestine bien sentie droit sur leur visage. Cependant, James se trouva heureux d'avoir évité le pire, quand à l'autre bout de la salle, un des groupes des Poufsouffle éclaboussa tout le périmètre autour d'eux de la substance, après avoir tenté de forcer. À chaque essai, pour chaque nouvelle technique, ils notaient les réactions qu'avait la plante, afin de déterminer vers quelle voie il valait mieux s'engouffrer. Eliot avait naturellement pris la direction des expériences, étant (et de loin) le meilleur d'entre eux dans cette matière.
À la fin du cours, James était en sueur du travail accompli. Cependant, il soupçonnait également le soleil, désormais assez haut dans le ciel, de réchauffer l'atmosphère de la serre par ses rayons. Le garçon avait retroussé ses manches et entrouvert son col, dans l'espoir de trouver un peu de fraîcheur. Mais il était satisfait. Ils étaient parvenus à trouver une méthode pour récolter l'empestine sans se faire agresser par la plante, qui leur valu un petit sourire du professeur Londubat. Finalement, ils purent enfin sortir, retrouvant la brise qui balayait le parc de Poudlard, et une atmosphère un peu plus fraîche.
« J'ai l'impression d'être gluant, ronchonna Gabriel, observant ses avant-bras. Je déteste ce Mimbulu-truc.
— Te plains pas, tu n'en as pas eu en pleine figure toi au moins, rétorqua Bloom, riant un peu. Sarah prétend même qu'elle en a eu dans la bouche. »
Le cours qui suivait était celui de potions, qui irait jusqu'à la fin de la matinée. Les Gryffondor durent donc monter tous les étages du château jusqu'à leur salle commune pour récupérer leurs affaires, puis faire le chemin inverse et descendre aux cachots pour les cours. James ronchonna un peu en s'asseyant en classe, pestant sur cet emploi du temps qui les forçait à faire tout ce trajet. Cependant, il retrouva un brin de bonne humeur lorsque le professeur Borage entra dans la pièce. Il aimait beaucoup le cours de potions, en grande partie grâce à elle. En même temps, il n'aurait pas pu en être vraiment autrement, songea James. Les cachots n'étaient guère accueillants, froids et sombres tels qu'ils étaient. C'était le professeur Borage qui apportait à ce milieu lugubre la flamme qui lui manquait.
Après avoir fait l'appel, la sorcière pris quelques minutes pour leur expliquer un peu le programme, et commencer à leur parler des Buses. Puis, elle se tourna vers le tableau en y pointant sa baguette, pour y inscrire le nom du sujet qui allait les intéresser pour ce début d'année.
« Nous allons étudier les potions de vieillissement, déclara la sorcière en abaissant sa baguette. Quelqu'un a-t-il des exemples de filtres à nous partager ?
— Il y a l'Infusion Éternelle, dit aussitôt Thomas Locke. Comme son nom l'indique, son effet est permanent, donc son usage est très réglementé, bien souvent interdit même. »
Un sourire naquit sur les lèvres du professeur Borage, qui vint se mettre devant son bureau.
« Un très bon exemple, en effet, Mr Locke, dit-elle. Il s'agit de loin de la plus dangereuse et la plus puissante des potions de vieillissement, comme vous vous en doutez. Vieillir, c'est se rapprocher toujours un peu plus de la mort après tout.
— Il y a une limite au vieillissement que peut faire cette potion ? demanda Anastasia.
— Heureusement oui, on ne peut guère gagner plus de deux ans avec une telle potion. Et elle est très compliquée à réaliser. Une utilisation de l'Infusion Éternelle dans un but néfaste est bien trop contraignante pour payer. Bien, d'autres potions ? Oui, Miss Murrey ?
— La Larme de Chronos, souffla Gwen en baissant la main. C'est un peu l'inverse de l'Infusion Éternelle. Elle permet de gagner jusqu'à dix années, mais cela ne dure que quelques heures au maximum.
— Je n'aurais pas dit mieux. »
Gwen eut un sourire radieux, tout en se tournant vers ses amies. Personne d'autre ne leva la main, ce qui fit sourire un peu plus leur professeur de Potions. Elle remit en place ses longs cheveux noirs, avant de pointer à nouveau sa baguette vers le tableau.
« Vous m'avez donc cité les deux potions de vieillissement les plus puissantes, récapitula-t-elle. L'Infusion Éternelle et la Larme de Chronos. Ce sont les plus connues, surtout à cause de leur effet, plus spectaculaire que les autres. Cependant, ce sont loin d'être les seules, et croyez bien que ces deux potions sont bien au-delà de vos capacités. On trouve de nombreux filtres moins puissants et plus simples à concocter, qui suffisent bien souvent aux utilisations que l'ont peut en faire dans la vie de tous les jours.
— Justement professeur, quelles peuvent être les utilités des potions de vieillissement ? demanda alors Wallace Mercer. Personne ne veut vieillir ! »
Malgré toute l'antipathie que James pouvait avoir envers Mercer, qui était l'un de ceux qui continuaient à le considérer responsable du réveil des défenses du château, il fallait avouer qu'il soulevait ici une question très juste. Le garçon venait en effet de se poser cette question, sans vraiment y trouver une utilité réelle. La plupart des élèves autour de lui semblèrent penser la même chose. Cependant, la main de Gabriel se leva, à la surprise de ses amis. James vit le regard de leur enseignante se mettre à briller, comme à chaque fois que Gabriel participait en cours. Elle admirait les travaux du père de son meilleur ami, et appréciait donc lorsque ce dernier intervenait, par les connaissances que Neil avait inculquées à son fils. Gabriel n'était pas nécessairement exceptionnel en potions, il restait malgré tout mieux formé sur la théorie qu'une bonne partie de ses camarades par cela.
« Oui Mr Madder ? l'interrogea le professeur.
— Les potions de vieillissement, comme toutes potions, naissent d'un besoin, commença Gabriel. Le besoin d'une potion de vieillissement est le besoin de paraître plus vieux, et il faut donc se demander pourquoi on veut arriver à ce résultat. On peut imaginer par exemple des sorciers assez jeunes, qui souhaitent paraître plus vieux pour pouvoir être plus facilement en couple avec une autre personne, ou encore la volonté de transgresser des interdictions liées à l'âge. Les raisons peuvent être multiples, mais si la potion existe, c'est qu'il y avait un besoin. »
La fin de son explication se termina en un regard appuyé d'un petit sourire vers Mercer et ses amis, qui fronça les sourcils et serra les dents à cette marque de légère provocation. À côté de lui, Algol Gamp et Ludwig Grayson avaient l'air tout aussi mécontents. James ne pouvait que s'en montrer satisfait. Le professeur Borage était radieuse également bien que ce ne fut pas pour les mêmes raisons.
« C'est une excellente explication, claire et nette, déclara la sorcière. D'ailleurs, Mr Madder, vous avez utilisé le terme « paraître ». Est-ce volontaire ? »
Gabriel hocha la tête, sans rien dire de plus, gardant son sourire.
« Quelqu'un pourrait-il donc me dire pourquoi on dit que l'on utilise une potion de vieillissement pour « paraître plus » vieux, et non pour « être » plus vieux ? »
La classe resta un moment silencieuse, réfléchissant à ce qui était demandé, et cherchant à trouver la réponse. James lui-même était perplexe, ainsi qu'agacé, par le petit sourire que gardait Gabriel, les narguant un peu. Des fois, il détestait vraiment son meilleur ami, qui n'avait apparemment pas l'intention de lui glisser le moindre indice alors qu'il avait la réponse. Paraître… Une potion de vieillissement ne faisait pas vraiment vieillir ? Non, ça n'avait aucun sens, sinon pourquoi l'Infusion Éternelle était-elle considérée comme un potion dangereuse ? Il devait y avoir une nuance quelque part, qui expliquait cela.
James se souvint alors d'une histoire que lui avaient raconté son père et son oncle George. Ce dernier, ainsi que son défunt jumeau, Fred Weasley premier du nom, avaient déjà utilisé une potion de vieillissement pour tenter de tromper une Limite d'Age magique. Mais cela avait échoué, la magie ne les avait pas reconnus comme étant plus vieux. Le garçon agrandit un peu les yeux, en comprenant la nuance.
« Cela n'affecte que la structure physique et l'apparence, dit-il en sortant de ses pensées. Mais il n'y a aucun impact sur le psyché de l'individu, qui garde le même âge dans son esprit, ou encore dans sa magie. Par exemple, un sorcier mineur ne peut pas se débarrasser de la Trace en utilisant une potion de vieillissement, il y sera toujours sujet.
— Très bien Mr Potter ! s'exclama le professeur Borage. Avez-vous compris la nuance ? Comme on dit, la magie ne ment jamais. J'accorde cinq points à Gryffondor ! »
Il y eut des sourires du côté des Gryffondor et des mines moins satisfaites du côté des Serpentard. Eliot donna un coup de coude à James, lui adressant un regard goguenard qu'il lui adressait toujours lorsqu'il donnait une réponse qu'il n'avait pas en classe. La sorcière prit finalement à nouveau sa baguette, et annonça qu'il était temps de prendre en note le cours
La cloche de fin sonna alors qu'ils avaient commencé à travailler sur le début de potion depuis une dizaine de minutes. Chaque groupe déposa chacun son tour une fiole de ce qu'ils avaient accompli durant ces dix minutes sur le bureau, avant de quitter la salle de classe. James et Gabriel furent rapidement rejoints par les autres Gryffondor, ainsi que par Lucas Moon et Vincent Wight.
« Depuis quand vous jouez les grosses têtes vous deux ? se moqua Lucas en frottant les cheveux de Gabriel.
— Mon père m'a forcé à apprendre ça cet été, autant que mes séances de torture estivales servent à quelque chose.
— À t'écouter, on pourrait croire que tu es à plaindre, fit remarquer Marta.
— Vous n'avez jamais vraiment rencontré le père de Gabriel, lança aussitôt Bloom. Plus coincé tu meurs.
— Oh, il avait l'air plutôt gentil quand je l'ai croisé il y a un an, dit Vincent.
— D'où tu as rencontré mon père ? s'étonna Gabriel.
— Mon père a fait appel à ses services une fois, pour je ne sais plus quoi.
— Mais toi James, comment tu as réussi à trouver ça ? reprit Octave. T'as pas vraiment de monde autour de toi qui est dingue de potions, et je ne te vois pas ouvrir tes livres pendant les vacances.
— Et tu dis vrai !
— La ferme Eliot ! dit aussitôt James. Enfin, oui, c'est juste une histoire que m'a raconté mon père, de sa scolarité. J'vous raconterai peut-être un jour.
— Comprendre jamais, reprit le jeune Dubois.
— La ferme Eliot.
— Tu te répètes mon vieux. »
Les cinquième années éclatèrent de rire, alors qu'ils remontaient vers le rez-de-chaussée, pour se diriger vers la Grande Salle. Cependant, en arrivant dans le hall d'entrée du château, une voix retentit.
« Gabriel ! James ! »
Les deux garçons se stoppèrent, tournant la tête vers celui qui les interpellait, surpris. Fendant la foule d'élèves qui entraient dans la Grande Salle, ils virent apparaître, un peu essoufflé, la chevelure blonde familière de Scorpius. Le jeune Malefoy parvint finalement à passer la foule, jusqu'à eux, s'arrêtant enfin pour reprendre son souffle.
« Qu'est ce qui se passe, Scorpius ? demanda Gabriel.
— J'ai été envoyé par Harvey, dit Scorpius, relevant la tête. On l'a croisé dans les couloirs en sortant du cours de métamorphoses. Il m'a demandé de vous dire de vous rendre à son bureau. Oh, et aussi de vous donner ça. »
Le garçon leur tendit alors un morceau de parchemin replié sur lui-même et cacheté par le sceau de l'école, prouvant qu'il n'avait pas été lu. James comprit aussitôt ce qui se passait. Et Gabriel également.
« Tchhh… Ça ne m'a pas manqué ça, grogna le jeune Madder.
— J'avais oublié ça aussi, avoua James, cependant bien moins agacé que son meilleur ami. Merci Scorpius.
— Ouais, ouais, merci… »
Le meilleur ami d'Albus resta un instant un peu interloqué devant le comportement de Gabriel, semblant ne pas comprendre. Eliot prit alors le relais.
« T'inquiète, il est toujours comme ça quand il doit aller voir Harvey, sourit le jeune Dubois en prenant Scorpius par les épaules. C'est pas contre toi.
— Si tu le dis…
— On va y aller donc, dit Bloom. Plus vite ce sera fait, plus vite on pourra manger.
— Vous pouvez allez manger maintenant si vous préférez, remarqua James.
— Voyons, avec qui je vais faire la conversation si vous n'êtes pas là ?!
— Dis tout de suite que je n'ai pas de sujets intéressants ! s'offusqua faussement Bloom.
— C'est toi qui le dit ! »
James ne put que sourire devant ce spectacle, alors que Bloom frappait Eliot derrière la tête. Il tourna ensuite la tête vers Gabriel. James perdit son sourire. Son meilleur ami était clairement renfrogné, plongé d'un coup d'un seul dans une humeur massacrante qui durerait sûrement quelques heures après leur visite à Harvey. Il ne put retenir un soupir. Il n'aimait pas quand cela arrivait.
« Bref, merci Scorpius, reprit James. On y va tout de suite, que ce soit vite fait. »
Scorpius leur fit un signe, avant d'entrer dans la Grande Salle, les laissant remonter la foule à contre-courant, en direction de l'escalier. L'ambiance était étrangement tendue, par la simple mauvaise humeur de Gabriel. Le garçon resta silencieux alors qu'ils montaient les marches de marbre, les mains obstinément plongées dans les poches de sa robe. James savait très bien que ses poings étaient sûrement serrés, autant que pouvait l'être sa mâchoire. Il jeta un coup d'œil à Eliot et Bloom, qui répondirent par le même regard un brin inquiet. Ils avaient beau s'être habitués à ce spectacle qui se répétait trois fois par an, chaque fois cela semblait s'empirer.
Ils remontèrent un dernier couloir, jusqu'à arriver devant une gargouille de pierre, qui leur était désormais familière. Gabriel sortit enfin de son mutisme, se tournant vers James.
« Bon, le mot de passe ?
— Tout de suite, tout de suite. »
James prit le morceau de parchemin que lui avait donné Scorpius, et fit sauter le sceau, pour l'ouvrir. Sur le papier était évidemment inscrit le mot de passe pour accéder au bureau, comme à chaque fois. James passa son regard sur les trois mots qui le composaient, avant de relever la tête vers la gargouille de pierre qui gardait l'escalier.
« Échec et Mat. »
Comme d'habitude, un terme lié aux échecs. La dernière fois, c'était « Coup du Berger ». La gargouille s'anima, laissant apparaître l'escalier. Gabriel n'attendit pas, se dirigeant directement vers ce dernier pour s'y engouffrer. James pour sa part tourna son regard vers Eliot et Bloom, un peu désolé pour le comportement de Gabriel bien qu'il savait ce sentiment inutile et infondé.
« Ça ne devrait pas durer trop longtemps, dit-il.
— On sait, ne t'inquiète pas », sourit Bloom.
James hocha la tête, puis partit à la suite de son meilleur ami dans les escaliers montant jusqu'au bureau de Harvey. Il n'eut pas besoin de frapper à la porte, elle était déjà ouverte, son meilleur ami y était déjà entré, sûrement sans frapper d'ailleurs. James s'engouffra dans la pièce.
Alors qu'il n'aimait pas spécialement y venir, James devait avouer beaucoup aimer le bureau du directeur. Pour peu qu'il puisse y venir pour des circonstances plus plaisantes, cela aurait même pu devenir l'un de ses endroits préférés. Il aimait l'aspect aéré et lumineux de l'endroit, cela grâce aux fenêtres, immenses, qui amenaient les rayons du soleil. Ces derniers se répercutaient sur les bibliothèques qui se trouvaient dans la pièce, remplies de grimoires épais. Il y avait également deux tables proches de l'entrée. La première avait un jeu d'échec posé dessus, entamé, mais pas terminé. James avait remarqué qu'à chaque fois qu'il venait la partie avançait, doucement, mais sûrement. Tout du moins, s'il s'agissait de la même partie, il n'en savait rien après tout. La seconde table était elle recouverte d'ustensiles magiques complexes en tous genres, dont James ignorait tout. Mais ce n'était pas ce qu'il préférait à propos de cette pièce. Non, ce qu'il préférait, c'était les murs, ornés de grandes tapisseries aux couleurs des maisons de Poudlard, et surtout des tableaux des anciens directeurs de Poudlard. Il avait toujours trouvé ces hommes et ces femmes illustres fascinants à observer. Présentement, la plupart d'entre eux s'offusquaient, comme d'habitude, du manque de respect qu'offrait Gabriel à Harvey. Quoi que le portrait de Dumbledore regardait cela plus avec tristesse depuis son cadre, de ce que James pouvait en juger.
Harvey s'était levé de son bureau, sur lequel trônaient des piles de parchemins en tous genres. Il le contourna, sa cape mauve flottant derrière lui, alors qu'il s'avançait vers Gabriel, qui le défiait du regard. L'homme pourtant ne laissait rien paraître, se contentant de les fixer de ses yeux noirs.
« Bien, je suis content de voir que le message est passé, déclara le directeur d'une voix douce. Je pense que je n'ai pas besoin de vous dire pourquoi je souhaitais vous voir.
— On y a droit à chaque retour de vacances, grogna Gabriel. Même si je vous avoue que j'ai de plus en plus de mal à comprendre pourquoi vous faites tout ça.
— Car c'est ce qui doit être fait, je le crains. Croyez-moi, ça me déplaît autant qu'à vous. »
Gabriel ne répondit rien, mais James pouvait voir ses poings trembler un peu, sous l'effet de la colère. Harvey l'avait aussi remarqué, mais ne dit rien, comme à son habitude, gardant cette douceur qui était la sienne, quoique teintée de mélancolie. James n'osa non plus prendre la parole. Ses sentiments étaient toujours mitigés envers le directeur, partagé entre le devoir qui les emprisonnait, et donc la compréhension, mais également aussi une pointe de colère, la même que son meilleur ami.
« Ces vacances vous ont été profitables, reprit Harvey en les observant un peu. Que ce soit physiquement, de ce que je peux voir, ou bien magiquement, de ce que je peux ressentir.
— Abrégez le baratin, et faites vite, ça me rend malade.
— Gabriel ! osa enfin intervenir James.
— Je sais ! Mais je n'y arrive pas, et je n'y arriverais jamais, okay ? »
Il lança un regard dur à James, qui s'en sentit un peu vexé. Lui n'y était pour rien dans cette histoire ! Il comprenait la colère de son meilleur ami, mais n'appréciait pas qu'elle retombe en partie sur lui. Le directeur de l'école les invita finalement à s'asseoir, alors qu'il allait récupérer sa baguette posée sur son bureau, sur lequel il prit place. James s'assit sur la chaise, attendant la suite.
« Bien, donc nous allons renouveler le Iurare, dit Harvey. Je vais encore devoir augmenter sa puissance, pour aller de paire avec votre développement magique, donc faites attention.
— Pourquoi ça ? demanda James, fronçant les sourcils. Ça ne devrait pas poser de problèmes, on a l'habitude.
— Vous arrivez à l'âge où la magie se développe le plus vite, je vais donc prendre des précautions en mettant la barre plus haute, expliqua le vieil homme. Comprenez donc que la douleur sera peut-être un peu plus importante. »
James ne répondit rien, mais serra un peu les poings. À côté de lui, Gabriel restait la mâchoire serrée, défiant toujours du regard le directeur. Ce dernier leva sa baguette, puis leva le sort, les laissant libres de leurs paroles pendant le court laps de temps avant qu'il ne renouvelle le sort.
« Pouvez-vous m'expliquer pourquoi on doit se soumettre à ce sort déjà ? cracha Gabriel.
— Le respect jeune homme ! lança le portrait d'un vieux directeur que James ne connaissait pas.
— Puis-je savoir, Monsieur ? corrigea sarcastiquement Gabriel. Après tout, vous le dites vous-même, toute entité magique possède un Cœur de Magie, donc il n'est pas étonnant que Poudlard en possède un ! Alors POURQUOI on doit se soumettre à ce sort. C'est pas comme si on pouvait révéler où il se trouve puisque… oh… je sais pas… on ne sait pas où il se trouve peut-être ? »
Le ton acide de Gabriel avait résonné contre les murs de pierre du bureau, laissant sa colère se répandre en écho. Le garçon s'était levé, ses yeux gris lançant des éclairs. James était mal à l'aise, comme oppressé. C'était toujours ça avec Gabriel. Sa colère était impressionnante, toujours intimidante. Il y avait toujours dans l'atmosphère qui l'entourait à ce moment là ce sentiment d'oppression, incompréhensible.
Mais le directeur ne flancha pas devant son meilleur ami. Il ne laissait jamais rien transparaître.
« Comment pouvez-vous accepter de vous faire ainsi malmener, Edward ? demanda la portrait d'un directeur a l'aspect ronchon.
— Ce garçon a toutes les raisons du monde de m'en vouloir Phineas, répondit calmement Harvey en fermant les yeux. J'ai fait des choix dont je ne suis pas fier, à leurs dépends.
— Vous ne pouviez pas faire autrement, tenta de minimiser James, se sentant encore plus mal à l'aise. Poudlard avait besoin de vous…
— On peut toujours faire autrement. Mais là n'est pas le sujet. Vous voulez une réponse, Mr Madder ? Je vais vous la fournir. Si vous êtes soumis au secret, c'est pour éviter non pas de dévoiler l'existence du Cœur de Poudlard, qui doit cependant être aussi peu abordé que possible, mais pour taire les circonstances de l'incident. Cela pour deux principales raisons.
— Et quelles sont-elles ? encouragea James, tandis que Gabriel restait silencieux.
— Déjà l'apaisement de notre communauté sorcière, dit l'homme en frottant sa barbe. Comment les parents pourraient-ils avoir confiance en Poudlard si une personne malintentionnée avait déjà eu accès au Cœur de Magie du château, avec le pouvoir potentiel de détruire ce dernier ?
— C'est votre problème ça ! rétorqua Gabriel. Vous avez fait une erreur, on n'a pas à en payer le prix.
— Et l'autre raison ?
— La seconde raison est plus théorique, mais toujours existante, surtout dans le contexte actuel. Nous cherchons à prévenir les mauvais sorciers d'avoir l'idée de suivre l'exemple de cet incident pour faire tomber Poudlard. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais cette école est l'un des centres névralgiques de la Grande-Bretagne sorcière. Sa chute serait comme le symbole de la fin, de la victoire des forces du mal. »
Le directeur se tut, son regard se portant sur les portraits de ses prédécesseurs, là avant lui à sa place, à la grande surprise de Gabriel et James, qui ne s'attendaient pas à un tel mouvement. Pour la première fois depuis le début de la conversation, le visage d'Harvey laissa transparaître des émotions. Une profonde tristesse, mêlée à de la douleur.
« Tous ces gens autour de nous ont contribué à faire tenir Poudlard debout, dit calmement le professeur Harvey, en tendant la main vers les portraits. Être directeur de l'école, ce n'est pas juste devoir gérer les élèves, les affaires internes de l'école et le conseil d'administration. Il y a plus. Le directeur de Poudlard est un sorcier qui se met en première ligne contre les forces du mal. Nous prêtons serment de protéger l'école et la population devant les fondateurs même. C'est une tâche éprouvante, lourde à porter. »
Il retourna son regard vers les deux garçons, esquissant un doux sourire, bien que triste.
« Je ne demande pas à ce que vous me pardonniez, vous ne le pourrez sûrement jamais. Et même si vous le pouviez, je ne chercherais pas votre pardon. J'ai échoué dans mon rôle de directeur il y a trois ans, je dois en payer le prix, et tout faire pour que jamais cela ne se reproduise.
— C'était une très belle explication de notre rôle, Edward, dit le portrait de Dumbledore de sa voix calme. Sachez qu'importe ce qu'en disent les gens autour de vous, vous êtes à nos yeux bel et bien digne de votre place. »
Harvey resta silencieux. James ne savait pas comment réagir à cela, réalisant pour la première fois tout ce que signifiait le poste d'Harvey. Gabriel lui-même semblait avoir perdu de sa véhémence. Le garçon regardait le directeur avec des expressions contradictoires sur le visage, montrant son tiraillement. Sa bouche s'entrouvrit, avant de se refermer, en une moue pincée. En face, le sorcier détourna la tête, ce qui restait assez étonnant pour un homme d'une telle stature.
Le silence plana un instant dans la pièce, tout juste brisé par les murmures des portraits tout autour d'eux. James, un peu inconsciemment, serra les accoudoirs de ses mains, s'en voulant presque d'avoir été aussi véhéments envers le directeur parfois. Gabriel ne disait rien non plus, et se laissa retomber sur la chaise, la faisant grincer sous le coup. Il plongea ses mains dans ses poches, une expression indescriptible sur le visage.
« Faites donc le renouvellement du Iurare, qu'on en finisse, lâcha finalement le jeune Madder.
— Si c'est ce que vous souhaitez, murmura Harvey. Mr Potter ?
— Si Gabriel est prêt, je le suis aussi. »
Le directeur hocha la tête, et pointa sa baguette sur eux. Les deux garçons avancèrent pour leur part leur main, celle qui leur servait à écrire et tenir leur baguette. James avança la main droite, Gabriel la main gauche, qu'ils superposèrent sous l'extrémité de la baguette du directeur. Ce dernier toucha le dos de la main de James, qui était sur le dessus, puis marmonna une formule, qui laissa jaillir, doucement, comme des chaînes d'or. Ces dernières s'enroulèrent autour des deux mains, laissant briller des reflets dorés dans le bureau. Cela dura quelques secondes, avant qu'elles ne s'évanouissent, laissant l'habituelle impression de démangeaison là où les chaînes s'étaient trouvées.
« Cela devrait suffire pour les mois à venir, déclara le directeur. Je n'ai plus de raison de vous retenir. »
Gabriel se leva alors aussitôt, sans dire un seul mot de plus, et se dirigea vers la porte. James marmonna des mots d'excuse, suivis d'un au revoir tout juste soufflé, puis se précipita à la suite de son meilleur ami, sentant l'exaspération grandir en lui. Il descendit les marches quatre à quatre, pour finalement retrouver Gabriel au pied de l'escalier, face à Eliot et Bloom.
« T'as besoin d'être aussi désagréable ? lança-t-il aussitôt à l'adresse de Gabriel. Moi aussi je suis agacé par tout ça, ça ne m'empêche pas de garder mon calme.
— Tu t'es surtout laissé attendrir par son beau discours, rétorqua Gabriel, avec mauvaise humeur. C'est son problème cette histoire, moi je retiens qu'on ne devrait pas avoir à payer pour tout ça.
— Hey, du calme vous deux, intervint Bloom. Vous allez pas vous disputer pour si peu, non ? »
La rouquine laissa aller son regard de l'un à l'autre, un sourire d'apaisement sur le visage. James lui se contenta de fixer Gabriel sans parvenir à se débarrasser de l'irritation qu'il ressentait envers lui. Gabriel en face avait pour sa part détourné le regard. Il s'était même mis à sourire.
« Juste Bloom ! On n'a pas le temps de se chamailler, j'ai quelque chose d'important à vous dire !
— Hola… marmonna Eliot. Ça sent le plan foireux façon Madder tout ça.
— Mais non, vous verrez ! Il faut juste qu'on trouve un endroit plus… discret.
— Qu'est ce que tu nous mijotes encore ? »
Gabriel lui répondit d'un simple clin d'œil, avant qu'il ne les entraîne dans les couloirs. Ils marchèrent jusqu'à une salle de classe vide, dans laquelle ils vinrent s'installer. Gabriel, aussitôt, lança un Assurdiato, avant de se tourner vers eux, toujours son sourire sur le visage.
« J'espère que ça vaut le coup, parce que tu retardes le repas là, grogna Bloom. J'ai faim…
— Si ça vaut le coup ? Regarde un peu ça, et tu vas voir si ça ne vaut pas le coup ! »
Gabriel, triomphant, posa alors sur le bureau autour duquel ils s'étaient regroupés, un morceau de parchemin sur lequel étaient griffonnés, de façon très brouillonne, quelques mots. James tourna la tête de côté pour pouvoir le lire. Il sentit son cœur avoir un arrêt.
Cœur de Poudlard.
Il n'avait pas osé… James releva les yeux vers son meilleur ami, incrédule, l'interrogeant de façon muette. En face, Gabriel hocha la tête, un sourire toujours sur les lèvres. James resta quelques instants sans rien dire, n'arrivant pas à y croire. Il avait osé.
« Le Cœur de Poudlard ? Qu'est ce que c'est ? demanda Bloom. Poudlard a un cœur ?
— Toute entité magique a un cœur, dit Eliot, prenant son ton sérieux. Que Poudlard en ait un ne me surprend pas. Mais tu entends quoi par ça, Gabriel ?
— Si je te dis que je ne peux rien dire à ce sujet, ça te mets sur la piste ? s'amusa le garçon.
— Attends… tu veux dire que…
— Exactement. »
Eliot fixa Gabriel avec des yeux écarquillés par la surprise, ce qui était suffisamment rare pour être relevé. Puis, il laissa tomber son regard vers le morceau de parchemin, comme s'il avait pu avoir autre chose d'écrire dessus. Bloom avait également levée les mains devant sa bouche, comprenant également ce que cela signifiait. Ce fut elle qui reprit la parole.
« Comment tu as fait pour écrire ça ? Enfin, c'est bien toi qui a noté ça, non ?
— J'ai profité du moment où Harvey nous a libérés du sort. J'avais préparé un bout de plume et ce morceau de parchemin dans la poche. Un peu d'adresse pour ne pas qu'on le remarque, et le tour était joué.
— Bon sang… Le Cœur de Poudlard ? Je commence à comprendre pourquoi tout cela a voulu être gardé sous secret, marmonna Eliot. Il faut vraiment éviter que ça se sache.
— Ce qui commence déjà assez mal. », fit James, acerbe.
Le choc passé, il avait enfin réussi à parler. D'un coup, tous les regards se tournèrent vers lui. Les yeux de Gabriel exprimèrent une franche surprise devant le ton agressif qu'avait utilisé son meilleur ami. Mais James pour sa part n'était plus agacé. Il était en colère contre Gabriel.
« On avait donné notre parole de ne dire cela a personne, reprit James. Et toi, simplement par vengeance envers Harvey, tu te décides d'envoyer balader ça, et mettre le secret en danger.
— Hey ! C'était juste pour le partager avec Bloom et Eliot, rien de plus ! se défendit Gabriel, fronçant les sourcils.
— Mais ça fait sortir le secret du cercle restreint dans lequel il était gardé jusque-là. C'est la première porte ouverte vers une erreur de notre part, et donc l'échec de tout ce qui a été construit jusque-là ! Harvey nous a pourtant bien expliqué pourquoi on ne devait, sous aucun prétexte, révéler cela !
— Il ne nous a pas vraiment laissé le choix ! On a été forcés d'accepter. On était jeunes, et on n'a pas vraiment compris ce que ça impliquait sur le moment.
— Mais on a quand même donné notre parole.
— Du calme vous deux, intervint Eliot. On va garder ça pour nous, et tout ira pour le mieux, non ? »
Le garçon s'était interposé physiquement entre les deux amis, les séparant de sa stature. James se sentait bouillir. En face, Gabriel lui renvoyait un regard noir.
« Depuis quand tu obéis aux règles ? lâcha finalement le jeune Madder. Depuis quand les secrets sont-ils si importants, alors même que tu as placé ton miroir dans le bureau de ton père pour l'espionner ?
— Ce n'est pas… laisse tomber.
— Tu es hypocrite ! continua Gabriel, hargneux.
— Et toi irresponsable ! contra James, se mettant à crier.
— Arrêtez ! tenta d'intervenir Bloom, mettant ses mains sur les épaules des deux garçons.
— Calmez-vous, pria à son tour Eliot, les maintenant à distance l'un de l'autre. Calmez-vous, et on en discutera calmement. »
Les voix des quatre amis résonnaient dans la salle de classe vide. James et Gabriel se fixèrent encore quelques instants en chien de faïence, la mâchoire serrée. James, en plus de la colère, se sentait vexé de la réplique de son meilleur ami, qui le faisait passer pour le méchant de l'histoire. Pourtant, c'était Gabriel qui avait dépassé les limites.
« Ce n'est pas un jeu Gabriel, reprit James, le ton toujours dur. Si on nous as mis sous secret, c'est bien pour une raison.
— Parce que tu crois vraiment que je vais aller dévoiler le secret à quelqu'un d'autre ? s'énerva le garçon.
— Quelqu'un pourrait tomber sur le papier.
— Oh, si ce n'est que ça le problème ! Incendio ! »
James sursauta aussitôt, sentant sa vieille peur du feu s'éveiller au fond de lui pendant que le morceau de parchemin s'embrasait sous l'effet du sort lancé par Gabriel. Le feu était fort, assez impressionnant même pour un simple Incendio. Bloom et Eliot avaient eux-mêmes fait un pas en arrière, surpris. James se reprit cependant, surmontant sa peur, pour tourner son regard vers Gabriel, avec la volonté de lui hurler quelque chose, terminer de lui dire ses quatre vérités une bonne fois pour toutes.
Son regard ne tomba que sur la porte de la salle se refermant en claquant violemment.
~Fin du chapitre~
En retard, en retard, toujours en retard. Et de beaucoup cette fois. =/
La cause est simplement mon job d'été, qui me pompe toute mon énergie, et donc me rend improductif à toute activité, surtout l'écriture. Autant dire que je n'avais pas prévu ça, et que j'en suis un peu pris au dépourvu. ^^' Mais bon, je dois bien gagner de l'argent pour financer mes études, ça reste donc assez important, aussi plaisant cela est-il pour moi (un indice : ça ne l'est pas). Je m'excuse donc du délai très long depuis le dernier chapitre, je vais essayer de réduire ça, mais dans le doute, estimez que jusqu'à fin août, mon rythme va être assez lent. Après août, je devrais retrouver un rythme plus normal, je gère bien mieux la Fac. Donc le rythme sera surement plus lent pendant les vacances, et je m'en excuse encore.
Ceci dit, je n'ai pas chaumé pour autant, puisque le chapitre que vous venez de lire n'est en réalité que la moitié de ce que devait être le chapitre 12 selon mon plan original. Donc il me semble avoir parlé d'une surprise chapitre précédent, en disant qu'il allait y en avoir une dans ce chapitre. Eh bien, à cause de la coupure, cette dernière sera en fait dans le chapitre 13. X) Je pense que ça devrait plaire à quelques personnes (moi je pense que ça va me plaire à l'écrire ^^ ).
D'ailleurs, faut aussi que je mentionne le texte de JK, qui donne des nouvelles de nos héros lors de la Coupe du Monde de Quidditch actuelle. Donc oui, je l'ai lu, et donc je vais tâcher d'incorporer ce que je peux incorporer dans Sigma (pas tant de choses que ça en fait). Le reste... eh bien, on peut dire que je suis hors canon à ce propos. ^^' C'est plus par précaution qu'autre chose que je le mentionne, je ne pense pas qu'on me le reprochera, mais sait-on jamais.
Je vous remercie donc d'avoir pris le temps de lire, ça me fait plaisir de vous partager ça. J'espère que ça vous aura plu. Je remercie également ceux qui laisseront des reviews, ou qui mettront la Fic dans leurs suivis ou favoris. Je vous adore les gens. À la prochaine, en espérant que ce soit plus rapide !
Niv'
