Bonsoir, bonsoir ! Alors, cela fait une éternité que je n'ai pas posté de nouveau chapitre et je m'en excuse. La raison ? Je sèche complètement sur cette fic ! Je pense que, de toute façon, vous le verrez pas vous-même...Pardon s'il y a des fautes, je n'ai pas eut le temps de me relire.
Certains personnages sont à J.K Rowling, d'autres m'appartiennent !
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Chapitre 11 :
Remus Lupin
L'ambiance était lourde. Très lourde. Assis en tailleur entre Draco et Leandros, Harry fixait Remus, Sirius et James. Alors que le loup garou les fusillaient du regard, les deux amis semblaient penauds, tête baissée et l'œil fuyant. Un grondement sourd sortait sans discontinuer de la gorge du loup, ne rassurant pas vraiment les personnes présentes. Seul Leandros avait l'air de s'amuser de la situation.
Ils étaient dans un petit cabanon où étaient souvent organisés des rassemblements, un peu éloigné du village pour plus de discrétion. C'était une grande pièce ronde dont le sol était recouvert de peaux de bêtes pour plus de confort. Au milieu se tenait une petite table de bois, ronde elle aussi. Leandros leur avait servit des verres d'une boisson étrange, particulièrement forte et amère. Harry n'en avait prit qu'une gorgée pour ne pas froisser le chef mais il avait fallu toute sa maîtrise pour ne pas s'étouffer.
Le jeune homme reporta son attention sur Remus qui avait les mâchoires serrées depuis de longues minutes. Le loup-garou n'était vraiment pas comme il se l'était imaginé. Il avait une allure beaucoup plus chétive, rassurante et un peu androgyne. Pas vraiment celle d'une créature agressive. Ou du moins...c'était avant qu'il n'ouvre la bouche.
_ Vous m'avez abandonné, dit-il alors avec un ton si froid, blessé et dur que Harry en frémit.
Sirius et James déglutirent alors que Lawrence se mettait un peu à l'écart.
_ C'est faux !, s'écria Sirius. Nous ne t'avons pas abandonné ! Je t'ai vu mourir sous les coups d'un autre loup-garou ! Tu es censé être mort, Remus !
_ Q-quoi ?, bafouilla celui-ci, semblant décontenancé.
_ Il dit la vérité, Remus, intervint James. Nous t'avons tous vu tomber.
Le loup-garou plongea dans ses pensées, sourcils froncés et bouche plissée. Il était vrai qu'il s'était fait battre à pleine couture par ce monstre ignoble et il en était ressorti encore plus furieux. Fenrir Greyback était un alpha puissant. Un alpha sans meute, certes, mais un alpha tout de même. Il était très jeune quand celui-ci l'avait mordu, transmettant la malédiction qui avait eut pour conséquence le rejet total de sa famille envers lui. Alors, quand huit ans plus tard ils s'étaient retrouvés sur le champ de bataille, toute la haine que Remus avait refoulée jusqu'ici lui avait fait perdre le contrôle. Il n'avait pas supporté le sourire narquois aux dents pointues, le regard doré rempli de folie posé sur lui, cette aura entièrement bestiale et terrifiante qui se dégageait de cet être monstrueux.
Son loup avait gémit pitoyablement dans sa tête, se recroquevillant, le queue entre les jambes. Mais Remus s'était contrôlé, comme toujours, et avait affronté Fenrir avec toute la hargne qu'il possédait. Cela n'avait malheureusement pas suffit. Épuisé et blessé, son attention avait été détournée, lui coûtant une nouvelle cicatrice . Greyback l'avait fait tombé, ses mâchoires se refermant sur sa cuisse avec violence, le faisant hurler. Il l'avait secoué comme un jouet qu'un chien agitait jusqu'à ce que Remus ne perde connaissance.
Quand il s'était réveillé, il était ici, et ses amis étaient loin.
Mais bon sang comme il leur en voulait ! Un en particulier...Son regard ambré se posa sur Sirius avec ressentiment. Lui, plus que quiconque, aurait dû savoir qu'il était encore en vie. Le thérianthrope et lui avaient toujours eut un lien étrange qui leur permettait de tout savoir sur l'état de l'autre. Remus savait qu'en cet instant, Sirius était peiné, troublé, bouleversé au point de lui donner le tournis. Et au fond, il savait qu'il n'était pas responsable.
Il s'était senti si seul pendant toutes ces années ! Mais il n'avait jamais osé partir rejoindre Sirius. Par peur, tout d'abord, de sa réaction. Et parce que, finalement, Remus n'était pas malheureux dans ce petit village. Il appartenait enfin à une meute et les autres lui avait appris bien des choses sur son loup, lui permettant de ne faire qu'un avec lui, chose qu'il avait toujours refusé de peur de devenir une bête sanguinaire. Pourtant, une part de lui manquait. Sirius manquait.
Aussi loin qu'il s'en souvienne, Remus avait toujours eut le béguin pour ce jeune homme jovial, beau, parfois incroyablement stupide et naïf, mais avec un cœur noble et loyal. Ils s'étaient rencontrés par hasard, au détour d'un sentier. Le loup-garou venait de partir de chez ses parents qui l'avaient jeté sans aucun regret. Il avait marché trois jours sans s'arrêter et sans regarder où il allait. Ses vêtements, déjà abîmés, étaient devenus de véritables loques et des larmes coulaient sans discontinuer de ses joues. Sirius l'avait simplement regarder de haut en bas, le visage grave, avant de le prendre subitement par la main, un énorme sourire plaqué aux lèvres et de l'emmener dans la forêt, là où vivait les Elfes Sylvains, là où vivait James.
Dès le moment où il avait vu ce sourire, Remus s'était perdu. Il n'avait jamais rien dît à Sirius, sa peur du rejet étant encore trop forte. Mais chaque personne qui les regardaient attentivement savaient. Remus était d'ordinaire une personne infiniment calme et discrète. Seulement, quand il était en présence de Sirius, tout changeait. Le thérianthrope avait le don de le faire enrager, de faire ressortir ce caractère dominateur qu'il avait acquis à cause de son loup, déclenchant des colères ahurissantes qui feraient trembler n'importe qui. Remus avait longtemps craint le pouvoir qu'avait Sirius sur lui. En sa présence, il perdait tout contrôle et il détestait cela.
Un lourd soupir sortit de sa bouche et ses épaules s'affaissèrent.
_ Je sais que vous n'êtes pas responsables, murmura-t-il. Et j'aurais pu vous retrouver moi-même...mais je n'en ai pas eut le courage. Je suis désolé.
James posa une main réconfortante sur son épaule, lui souriant avec affection.
_ Qu'as-tu fais après la guerre ?, s'enquit-il. Es-tu resté ici ?
_ Oui. Leandros m'a trouvé, inconscient et me vidant de mon sang. Il m'a ramené ici, au Refuge, et les habitants m'ont soigné. Les autres loups m'ont accepté très vite et ils m'ont appris à me contrôler les soirs de pleine lune, si bien que maintenant je peux me promener librement sans avoir peur de blesser quelqu'un. Je me sens bien auprès d'eux. Ils sont devenus ma famille.
_ Nous vous ferons visiter le Refuge tout à l'heure, déclara Leandros. Ainsi, vous comprendrez mieux ce qui a retenu Remus de vous retrouver. Mais, tout d'abord, j'aimerais savoir ce qui amène autant d'espèces différentes à venir me trouver.
_ C'est une longue histoire, commença Harry.
Il n'omis rien et révéla tout ce qu'il savait au Chef, aidé parfois de ses parents et de Draco. Ses origines, son enfance auprès d'Albus, l'attaque de son village, sa rencontre avec le Roi Lucius et le rôle primordial qu'était le sien durant la guerre.
_ Nous avons besoin de toute l'aide possible, déclara Harry.
_ Et vous voulez donc que le moment venu,nous partons en guerre ?, s'enquit Leandros avec un visage impassible.
_ Je sais que c'est beaucoup vous demander car vous avez énormément à perdre et peu à gagner, hormis la paix. Mais Voldemort est puissant. Très puissant. Il nous en as fait la démonstration en tuant l'un des notre sous nos yeux sans qu'on ne puisse agir. Et je ne peux pas le vaincre seul.
_ Je n'aime pas décider à la place de mes hommes. C'est pourquoi nous leur en parlerons ce soir. C'est notre coutume de se rassembler le soir avant le couvre feu. Surtout lorsqu'on sait que demain est un grand jour pour deux des nôtres.
_ Je comprends. Nous participerons avec plaisir, sourit Harry.
_ Bien. Mais vous ne pouvez pas y aller ainsi ! Si vous souhaitez rester un peu ici, il faut vous mettre dans la peau de notre peuple, rit Leandros. Remus ! Trouve une tenue convenable à nos invités ainsi qu'un toit pour la nuit.
_ Bien, Leandros.
Sur ces dernières paroles, Leandros sortit du cabanon pour rejoindre les membres de son peuple. Remus en fit de même, faisant signe à la troupe de le suivre. Les autres les attendaient patiemment devant, et les présentations furent brèves, bien que chaleureuses. Le loup-garou décida de les mener directement dans un endroit où ils pouvaient se reposer en paix après leur voyage. Sirius demeura à ses côtés, leur main se frôlant régulièrement au rythme de leurs pas.
Le thérianthrope jetait de nombreux coups d'œil à son confrère, le cœur battant, soulagé et à la fois anxieux. Le savoir vivant, en bonne santé, et au meilleur de sa forme le comblait de joie. Son ami d'enfance n'avait jamais parut plus serein et apaisé qu'en cet instant. Cette vie auprès des siens semblait lui faire le plus grand bien. L'homme brun eut un soupir en sentant toutefois la jalousie s'infiltrer dans son cœur. Lorsqu'ils étaient plus jeunes, il s'était promis de tout faire pour donner le sourire à Remus, lui rendre sa joie de vivre. Il avait bêtement pensé que sa seule présence et son humour décalé auraient suffis. Mais lorsqu'il le voyait maintenant, il admis avec dérision qu'il s'était lourdement trompé. La population des loups garous et des thérianthropes avaient été apparemment plus efficace que lui. Et cela le rongeait.
Sirius, comme le démontrait sa forme animale, était fidèle, loyal et ne songeait qu'à rendre ses proches heureux. C'était cela, sa raison d'être. Alors admettre que la personne la plus importante à ses yeux était mieux loin de lui le faisait se sentir affreusement mal.
_ Cesse cela, Patmol.
La voix de Lupin, aussi douce et tendre que dans ses souvenirs le sortit de ses sombres pensées. Ses yeux bleus se posèrent sur Remus avec étonnement et un soupçon de tristesse.
_ Je devine ce à quoi tu es en train de penser, murmura son ami. Mais tu te trompes. Tu m'as énormément manqué, ajouta-t-il en rosissant légèrement. Et te voir auprès de moi me rend très heureux. Comme je ne l'ai jamais été.
C'était niais. C'était sentimental. C'était horriblement émouvant. Mais c'était Remus. Et Sirius fut comblé. Avec un large sourire, il s'empara pour de bon de la main du loup et refusa de la lâcher, bien que Lupin n'émit aucune protestation.
La petite maison de bois où ils allaient loger était charmante, bien qu'un peu rudimentaire. Comme leur expliqua Remus, il fallait se laver dans la rivière, juste derrière le village, et la nourriture se composait de fruits et de viande grillée. C'est pourquoi l'habitation était presque nue de meubles. Les lits étaient en réalité des fourrures éparpillés sur les sols, avec énormément de coussins conçus entièrement par les femmes du village. Ils seraient obligés de tous dormir dans la même pièce, mais cela leur importait peu. Ils étaient tellement épuisés que tout leur convenait. Sans attendre, ils déposèrent leurs armes et s'affalèrent sans aucune grâce parmi les peaux.
Remus leur donna également des tenues plus adaptées au peuple des Thérianthropes et des loups-garou. D'ample chemises blanches agrémentées de pantalons en cuir. Les chaussures n'étaient pas une nécessité pour eux, alors le groupe décida de faire de même, trouvant cela plutôt agréable, comme une nouvelles forme de liberté.
Le village était très animé à cause de l'union des deux thérianthropes dont avait parlé Leandros. Partout, les habitants couraient de droite à gauche, tantôt avec des bouquets de fleurs entre leurs mains, tantôt avec des pâtisseries, du pain frais ou d'énormes volailles venant d'être chassées.
Harry regardait tout cela d'un air rayonnant mais, au fond de lui, la nostalgie s'insinua dans son cœur. Ce petit village paisible lui rappelait celui qu'il avait perdu. Il se souvenait encore de la bonne odeur qui se dégageait toujours de la boulangerie, la petite maison qu'il partageait autrefois avec Albus, ses amis avec qui il allait gambader toute la journée dans les bois ou encore la petite rivière où il aimait tant se réfugier.
La présence de son grand-père lui manquait atrocement. Pourtant il avait l'impression qu'il s'était déroulé une éternité depuis la bataille, sa fuite,et la rencontre avec ses camarades. Son héritage l'avait fait grandir, mûrir et il ne voyait plus les choses de la même façon. Profitant de l'émerveillement de ses compagnons et de Draco, Harry s'éclipsa discrètement et déambula, seul, entre les petites cabanes de bois.
Ses pas le menèrent au bord d'un torrent entouré d'immenses noisetiers. Il s'y assit, contemplant l'eau limpide de ses yeux verts rêveurs pendant plusieurs heures. Il songea à son grand-père, raviva ses souvenirs d'enfance, médita sur la mort de Irwin et sur Voldemort. Il fut dérangé dans ses pensées par un Remus Lupin plus détendu et au visage doux.
_ Tu n'es pas avec les autres, Harry ?, s'enquit celui-ci en s'asseyant à ses côtés.
_ Non, j'avais besoin d'être un peu seul, sourit Harry.
_ Oh, je peux te laisser si tu le souhaites ?
_ Non, restez. Vous ne me dérangez pas.
Les deux hommes restèrent silencieux, un moment, écoutant le bruit de l'eau roulant sur les rochers.
_ Mr Lupin ?, demanda alors, Harry, brisant le silence.
_ Appelle-moi, Remus, Harry !
_ Très bien, Remus. Dites-moi...Vous êtes un ami très proche de mes parents, n'est-ce pas ?
_ En effet, en particulier de James et Sirius.
_ Vous avez déjà été au royaume de mon père alors, avant la Grande Bataille ?
_ Oui.
_ Vous...Avez-vous connu, Tom Jedusor ?
_ Eh bien, oui, mais pour te dire la vérité je ne l'ai vu qu'une seule fois. Lorsque Lawrence me l'a présenté.
_ Et...qu'en avez-vous pensé ?
_ Il était d'une beauté incroyable. Son visage semblait être taillé dans le marbre le plus pur. C'était ...déroutant. Et ses yeux...jamais je n'en avait vu de pareils ! On pouvait y voir tout son pouvoir ! Mais...il n'avait pas l'air mauvais. Certes il avait l'air plein d'amertume mais de là à devenir le plus grand mage noir que ce monde est connu...
_ Ce n'est pas lui vous savez...C'est Voldemort, mais lui est innocent . J'en suis certain.
_ Harry, prononça sérieusement Rémus. Ecoute-bien ce que je vais te dire. Tom...n'est peut-être pas aussi maléfique que l'on pense. Mais s'il reste en vie, imagine ce que les autres peuples qu'il a fait souffrir diront. Ils l'insulteront, le frapperont peut-être...Il sera répudié, mis au banc des accusés...Parce qu'on aura peur de lui. Une telle vie...Personne n'en voudrait.
_ Vous voulez que je tue Tom parce que le monde est injuste et impartial ?, s'enflamma Harry.
_ Non, Harry. Les autres voudront que tu le tues...Parce qu'il ne trouvera jamais sa place parmi nous.
_ Auprès de moi, si ! Je ne tuerais pas un innocent et je ferais tout pour qu'il ne souffre plus ! Il est de ma famille, après tout.
_ Tes intentions sont louables, mais as-tu songé à ce que Tom veut ? Crois-tu qu'il pourra vivre en sachant qu'il a décimé des peuples entiers ? Moi, je ne pourrais pas. Le pourrais-tu ?
_ Ce n'est pas de sa faute...
_ Mais il l'a fait. Peut-être à cause de Voldemort, mais c'est sa main qu'on a utilisée. C'est sa magie qui a tuée. Il le saura.
_ Je ne pourrais jamais le tuer...Je ne sais même pas si j'aurais assez de courage pour tuer Voldemort.
_ Harry, si tu ne trouves pas ce courage...Alors tout le monde mourra.
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Le mariage chez les thérianthropes était un peu similaire aux autres. La mariée, en blanc, recouverte de dentelle, était très jolie. Le marié attendait au pied de l'autel fait de branches et de fleurs, dans une longue tunique en peau, blanche elle aussi. Pendant que la demoiselle avançait le long de l'allée, l'orchestre utilisait des cors et des flûtes pour jouer une mélodie plutôt rythmée mais aussi très délicate à l'oreille. Derrière la jeune fille, des petites filles et des petits garçons jetaient des pétales de fleurs et portaient la longue traîne.
Tous avaient le visage resplendissant. Harry fixa ses compagnons de route, et constata que, même eux, semblaient prendre plaisir à la fête. Alors pourquoi cette boule d'amertume et de colère enserrait-elle sa gorge ? Il écouta, un peu distrait, les vœux échangés entre les époux et applaudit avec les autres lorsqu'ils s'embrassèrent. Mais le cœur n'y était pas.
Décidant qu'il avait besoin de se défouler, Harry repartit, dès que l'occasion lui fut donnée. Il prit avec lui sa précieuse épée et retourna près du torrent afin de s'entraîner. Au bout d'une heure, il était déjà trempé de sueur, et sa rage n'avait pas diminuée. Ils restèrent trois semaines chez les thérianthropes. Et, pendant ces trois semaines, rares furent les personnes ayant pu apercevoir le brun. Il restait sans cesse au même endroit, à s'entraîner à l'épée ou à la magie.
Son visage était de plus en plus sombre et il n'était pas difficile, pour une personne extérieure, de deviner ce qu'il se passait dans son esprit. Car à chaque fois qu'Harry rencontrait quelqu'un c'était pour qu'on lui parle de Voldemort. Il en avait plus qu'assez de cette pression continuelle qui alourdissait chaque fois un peu plus ses épaules. Bien sûr, au départ il était déterminé à l'éliminer. Mais plus le temps passait et plus les doutes l'assaillaient.
Il devait tuer un homme parce que celui-ci était un monstre. Un monstre, parce que ce même homme avait lui aussi tué. Alors tuer Voldemort ne ferait-il pas de lui un monstre ? Tout cela n'avait aucune logique...Pourquoi un simple garçon comme lui devait avoir le pouvoir et le droit de tuer la créature la plus dangereuse et la plus meurtrière au monde ?
Épuisé, Harry se laissa tombé au sol, haletant, le corps parcouru de tremblements. Il en avait assez. Il aurait tant voulut pouvoir remonter le temps, revenir à l'époque où son grand-père le prenait encore dans ses bras quand il faisait un cauchemar, ou quand il faisait des grimaces ridicules pour le refaire sourire après un chute...Oh, comme il aimerait qu'Albus surgisse de derrière un arbre et qu'il lui dise en riant que tout cela n'était qu'une farce, un rêve, n'importe quoi...
_ Harry ?
Le jeune homme se retourna et vit Draco, le regard inquiet, venir le rejoindre.
_ Que fais-tu ici, tout seul ?, s'enquit le blond. Voilà des jours que je ne te vois plus.
_Oh...Pardonne-moi, Draco. Mais j'ai besoin d'être seul en ce moment.
_ Qu'est-ce qu'il ne vas pas ? C'est à cause de Voldemort ?
Ce fut la fois de trop. Harry se leva soudainement, les poings serrés.
_ Voldemort ! Voldemort ! Vous n'avez que ce nom à la bouche ! J'en ai plus qu'assez !
_ Harry...Mais enfin que t'arrive-t-il ?
_ Il m'arrive que je souhaiterais ne plus jamais entendre ce nom ! Je souhaiterais n'être jamais parti de mon village ! Je souhaiterais que mon grand-père soit là ! Je souhaiterais n'avoir jamais accepté cette stupide mission ! Je souhaiterais avoir la paix ! Est-ce trop demander ?, sanglota-t-il.
Il enfouit son visage dans ses mains, les épaules secoués par les pleurs, évacuant enfin toute la colère et la peur qu'il retenait depuis si longtemps.
_ Je suis si fatigué, gémit-il. Je n'en peux plus...Tout le monde me dit que je dois tuer Voldemort, que c'est mon rôle, que je suis le seul à pouvoir le faire, que si je refuses tout notre monde périra...Mais pensent-ils à moi ? Pensent-ils à mes sentiments ? Je ne pourrais jamais tuer un homme de sang-froid, peu importe ce qu'il a fait de mal...Je vais échouer, Draco. Nous allons mourir...parce que je n'arrive pas à trouver assez de courage et de bravoure pour supporter l'idée que je vais devoir exécuter un homme.
Harry sentit plus qu'il ne vit Draco avancer vers lui et poser des mains tendres sur ses épaules frêles. Le blond le retourna et le serra contre son torse avec une si grande délicatesse qu'Harry sentit tous ses problèmes s'envoler.
_ Mon amour...Tu as tout à fait le droit d'être éreinté et de douter. Qui ne le ferait pas à ta place ? Seulement, tu es l'espoir de tout un monde. Et il est trop tard pour faire marche arrière. Je peux comprendre que c'est un poids lourd à porter...mais qui te dis que tu dois le supporter seul ? Je suis ton compagnon, celui qui t'accompagnera toute ta vie. Et, en ce sens, nous devons être là l'un pour l'autre. C'est pourquoi je voudrais, au lieu de garder le silence et de te cacher, que tu viennes vers moi. J'aimerais que tu me dises tes peurs, tes craintes, que tu viennes trouver le réconfort dans mes bras au lieu de t'épuiser à l'entraînement. C'est mon rôle, Harry. Alors, laisse-moi le tenir. D'accord ?
Le nez enfouit dans le col de son compagnon, Harry acquiesça. Il culpabilisait d'avoir mis le prince de côté à ce point. Il avait raison. Le brun savait qu'il allait passer tout le reste de sa vie avec cet homme, et au lieu de lui faire confiance, il fuyait sa présence. Draco était un compagnon parfait, songea-t-il lorsque le blond raffermit son étreinte et passa une main cajoleuse dans sa longue chevelure noire, et il devait tout faire pour le garder à ses côtés.
Il avait comprit, à présent, que malgré la pression énorme qu'il subirait, Draco serait toujours là, à le soutenir et à l'épauler. Alors, peu importait les autres, finalement. Son prince était là, et c'était tout ce qui comptait.
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Emirhan n'arrivait pas à dormir. Ses yeux pourpres collés au plafond, les sourcils froncés, il sentait une incroyable fureur bouillir dans ses veines. D'un geste vif, il repoussa sa couverture et bondit hors du lit, peu soucieux des ronflements qui l'entouraient. Il sortit à l'air frais et inspira profondément, le rouge de ses prunelles scintillant dans la nuit.
Oh oui, il était si en colère ! Il serra les dents alors que de brèves étincelles carmines sortaient de ses doigts. Il n'avait qu'une envie, courir vers Voldemort, le tuer et tuer son père ensuite. Pourquoi fallait-il que cet imbécile se laisse manipuler ? Pourquoi n'était-il pas resté auprès de son autre père et lui ? Qu'allait-il se passer maintenant ?
_ Tu ne dors pas, fils ?
Severus posa une main sur l'épaule de son enfant qui la repoussa rageusement d'un mouvement. Le plus âgé eut un soupir et leva ses prunelles noires vers le ciel, qui l'était tout autant.
_ Tu as le droit d'être triste et en colère, tu sais, souffla-t-il doucement.
_ Je ne suis pas triste ! Je voudrais seulement pouvoir le tuer de mes propres mains !
_ Non, Emirhan. Non, tu ne veux pas le tuer et tu le sais. C'est ce qui te met tant en rogne, avoue-le.
_ Je ne vois pas de quoi tu parles, gronda le fils.
_ Oh si..., murmura Severus avec une grande tendresse dans la voix. Tu n'as jamais connu Tom, et tu crains de ne jamais le connaître. Parce que tu aimes ton père. Tu l'aimes tant que tu t'en veux pour cela. Pourquoi ? Parce qu'il est un meurtrier, hum ? Moi, je n'ai pas honte de le dire. J'aime toujours autant Tom. Et cela, peu importe ce qu'il a fait. Pour moi, il restera toujours cet homme noble et fort et que personne ne connaissait sauf moi. Même Lawrence n'arrivait pas à le percer à jour...Tu lui ressemble beaucoup, tu sais.
_ Oui, grogna Emirhan. Parce que j'ai ses yeux...Ces yeux qui font peur à tout le monde...
_ Non. Tu es aussi amer et coléreux que lui à ton âge. Tu as une fierté démesurée et tu es beaucoup trop arrogant pour ton bien, rit Severus.
Malgré lui, Emirhan sentit ses lèvres s'étirer et Severus ébouriffa ses cheveux, une habitude qu'il avait prise dès son plus jeune âge.
_ N'aie pas peur, mon enfant. Quoiqu'il se passe, n'oublie jamais que malgré ses erreurs, ton père nous aimait. Et il n'a aimé que nous.
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Pff....Vous n'imaginez pas à quel point je suis déçue de ce chapitre. De cette fic aussi d'ailleurs. Il y a tellement longtemps que je voulais l'écrire ! Et pour en finir, pas moyen de m'y mettre. Je bloque sur cette fic c'est incroyable ! Pas d'inspiration ! Rien ! Zéro ! J'ai même pensé à l'abandonner mais je me suis dit que si de rares lecteurs la suivent ils seraient déçus. Enfin...dites moi quand même ce que vous en pensez !
